Politique tirée de l'Écriture sainte (page 9)

Jacques-Bénigne Bossuet · Doctrine

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Fiche de l’œuvre dans le savoir

et Josaphat, qu on prit pour lui, fut délivre, -%pm S 30, 7 *4-’- (3) Frn. m. St. seq. S' “* “ W U- xvm. aj, a8, *9rf îibbe »b i**cuitw«. HT. Trt. _ Dira tournant tous de pouvoir Acliab - contre qui on tirée au hasard. Mrcfq^ïS,n4 sccr"ut S,lf„-fav!dtpCqu’t^ ^ornent le soleil alloit sc çouclie j il lut tué combattons: mais d fcU.oit qo il périt, -» a" Sülcil cüUcliant ciblas croît , dans la prise de **ps:sjs^k ^gs2“-‘ . et on les lui crève » , nlus qu’honune de Uavid étoU sage «F^J^ son adresse pour son siècle j et il se ser it; „ Tn l’as lait , couvrir son crime. 1 ^ à décou- ■ «ffÆ 55 Zi ««'.„« ». '. S iLte» idP6»t»UeO£«î«“ « » tout Israël} et aux yeux p l'homme fait Les finesses Sont im;Ulc5 tout cc ^ la rtsftss -, « i m *.•» * »*• f*“ " î,"ÿ ZZZZ& V* s’oliamloBnei' » Di» > avec une pleine confiance. PROPU 51TIOK. Telle fat celle de David, •» tZ .“«ÎÆ. “«liai amenoient RSS dÏÏÏie U» ’selgaeur (5) : . h*»»* ai). -(,5 ) //. Æeff. *v.»4, a5, a®. POLITIQtîE » Jérusalem : si j’ai trouvé grâce devant le Séisme ’ i fieIa montrera ,et le tabernacle. Que s’il medii- ! ï"S,l5 Pla,sez I,as; jl le maître, qu’il Ct qu il im plaira i, Je suis soumis à sa volonté. Ses serviteurs fondaient en larmes » le voyant èblij J fu n- a vec tant de précipitation et d'ignominie ; J& S' Ve .’t m-mln cœurlntrÉP“,e’ *eur relève le couraJ , rdlc P3r "ne Se"ér0sité V'1 ,u* étoït i tu relie , renvoyer six cents de ses plus vaillans sol ÎSr "eL“"‘ lc Cclhr ■ i- ■- — * fnév tvble 7,r eX,?0Ser à-Une ruine <tIJ‘ pnroiM ineutable (i). « Pourquoi venez-vous avec nous! “ ÏrUrno ' r°"r m(ii, aï°"te-l-il , j’irai 01> je en même teni'* C° Tdle grandeur d’âme ! mai; U Zm üv ffl|oHc résigiJatlon à la volonté de Dieu! i reconnoula main divine qui le poursuit justement. 31e PROPOSITION. Cette piété est agissante. Il y a mi abandon â Dieu qui vient de force et de H£: lI^" Vmtl7 vicnt (,e Parcsse- S’abandonner i ! s‘?s laire de son côté tout ce qu’on peut, C’est lâcheté et nonchalance. q P ’ dC ^fvid “’*• Point ce bas caractère.

En etnps qu il attend avec soumission ce que Dieu tr™™ cl fl? s;i pSS Î. V d A bsalon , sans perdre on moment de temps, t0LIS,,cs nix,'es nécessaires aux troupes, à ses conseille! S, a ses principaux confidens, pour assurer sa retraite , et rétablir les affaires (a). ‘ Dieu le veut: agi,- autrement, c’est le tenter conlre l nip„ rll “ YrUS ,ne tentcrcï! Pas te Seigneur voire un . ^ ' ” Cc " esf pas eu vain tlu’il vous a donné une sagesse , une prévoyance, une liberté : il veut (0 H'Xeg. xv. 19, 20> 2,. — (aj Hid v„ »... TiïvEE de l’écbitobe. uv. vn. ,«u,e„ u*.. Ne U, “ï;,^rn^ep»»'^Sêâ’,êw agir en désespéré* XII* PROPOSITION- “SS Lffl^C'2S““' aw »“““» ^JhâSC.îTK' tés et d’idolâtrie ; ,es murailles de innocent, jusque en fai J*. ®[e pieu, «et livre à Jérusalem (0 , frappe e - ^ à Rabylone , et » ses ennemis qui le tr P Dieu datl3 son , chargé de ta, JM >' f® ££„, d° doutar » angoisse 3 & SG r i , t j ^ fit fies prières 5 t le Dieu de ses m ^^'Icouta sa prière , et il le pria instamment. t ÿne et Macfere, et ses prières pressante*. ,, ■ • 6,rard à la Dieu ne laisse pas 9“®^® u^me sans se , con verpénitence des impies , m - 1 ieliab, ayant entir, Us sont effrayes ' k Jvopbètc tendu les menaces que ül®^. , . S(FS habits, et couElie* en fut effraye M* ft a . el \\ coucha Y v,it sa clrair d’un c.hce , t l caua eU » . en son lit revfitu d’un ^c e l marüm ^ ^ „ ^ — (*) fl . Par. xxiutv ti» j /,') /r. /kg- sxi* ïo. — W / ■ - ' 13^ _ (3) îll ^1' sSj POUTïqt'B » '“b i6 *«** « mÊm, * temps de son fils. » - 1 est également un néant • mais c’cs, ff,,e ),,??* S » sr;?ï“- pK,s- "rand 1 pénitence d^D^n^LX0"^1 ^ pader(!e ‘ ’ ' iHssasgjs xnr phüK)5itio2ï. LÜ fournit aux princes dos motifs parti eu t iers de pénitence. Coitfenfsfr StÜl *> t,1S0it Da' ÎJ f 4 ^pendant de fi P*ls,Il,e.™«* m’aviez rend,, il ■Tel « I I, autrt‘ P“i*»noe que de ia Tairc eR le premier motif * * p-,,- Vf âTqaVi-aid'ÏÏm0nîaC; ^ “ mo«f< WériTde IV f- *nJem 1 la p~rC,,Ure T0ÜS’ mc dé— H «kàdK? ?!Ütif: C’CSt tfl,e Sî les P*‘inccs sont espj ^ pln'urmdV ZreUÏCJ Dieu œuvres® ' J°nS dc ,es «pargrpar leurs bonnes T-16 '<* Hitence plus édifiante” “* auSSJ Par une P6’ (l) Ps, L, 6r TIKLE de i’icaiTÈRE, LIV.

VII. ZoiJ XIVe PROPOSITION* Lôs rois de France ont une obligation pa rticulibre à aimer l’Eglise et à s'attacher au Saint -Siège, h La sainte Eglise romaine* la mère, la nourrice a et la maîtresse de toutes les Eglises* doit être conis su liée dans tous les doutes qui regardent la foi et a les mœurs ; principalement par ceux qui , comme » nous* ont été engendrés en Jésus-Christ , par son 3i ministère* et nourris par elle du lait de la doctrine n catholique. » Ce sont les paroles d’Hincmar * célè¬ bre archevêque de Reims, Il est vrai qu’une partie cîe ce royaume , comme ÜEgUse de Lyon et les voisines* ont repu la foi d’une mission qui leur venoit d’Ortcnt* et par le ministère de saint Polycarpo * disciple de Fapufre saint Jean. Mais comme l'Eglise est une par tout Funiyers, cette mission orientale n’a pas été moi us favorable à Fau¬ tante du Saint-Siège* que celle qui en est venu** direc¬ tement- Ce qui pavoit par la doctrine de saint Irénée* évêque de Lyon* qui* dès le second siècle , a célébré si hautement la nécessité de s'unir à l'Eglise ro^ maine (1), « comme à la principale Eglise de Funî- » vers, fondée par les deux principaux ap dires ? saint u Pierre et saint Paul. 3i If’Egüse gallicane a été fondée par le sang d’nne infinité de martyrs. Et je ne veux ici nommer qu’un saint Potliin , tm saint Irénée* les saints martyrs de Lyon et de Vienne* et saint Denis avec ses saints compagnons. L’Eglise gallicane a porté dos évoques des plus doc¬ tes * des plus saints * des plus célèbres qui aient jamais été ; et je ne ferai mention que de saint Ililaire et de saint Martin. Quand le temps fut arrive que l’empire romain deYOit tomber en Occident, Dieu* qui livra aux Bar¬ bares une si belle partie de cet empire, et celle où (i) Ircn , Lib, ut. ad\c U tais, cap* m* p&g* i^î 5 10 rOLITIQtlte étoît Rome, devenue le chef de la religion, il destin* a la France des rois qui tfë voient Être les délenseun de l’Eglise, Pour les convertir à la foi, avec toute k belliqueuse nation des Francs, il suscita un saint Rem!] homme apostolique, par lequel il renouvela tous le; miracles qu’on a voit vu éclater dans la fondation cta plus célèbres églises, comme le remarque saint IW lui-même dans son testament (i).

Ce grand saint et ce nouveau Samuel, appelé puni sacrer les rois , sacra ceux de France, en la perauni? de Clovis , comme Ï1 dit lui-même (a) , « pour êln w les perpétuels dé tenseurs de l’Eglise et des path » vres.» , qui est le plus digne objet de la royauté!! lés bénit et leurs successeurs, qu’il appelle tow\ow ses enfans; et prioit Dieu, nuit et jour, qu’ils per* verassent dans la foi» Prière exaucée de Dieu avec Lia prérogative bien particulière; puisque la France eil lé seul royaume de la chrétienté qui n’a jamais vu scr le trône que des rois enfans de l’Eglise. tous les saints qui étoient alors, lurent réjouis dn baptême de Clovis ; et, dans le déclin de l’empirc romain, ils crurent voir, dans les rois de France* « une nouvelle lumière pour tout l’Occident, et pou » toute l’Eglise (5). b he pape Anastase ÏI crut aussi voir, dans k rojaume de France, nouvellement converti, « üih b colonne de fer, que Dieu 61e voit pour le soutien d: iî sa sainte Eglise; pendant que la charité se refroidis- » soit partout ailleurs », et même que les empe¬ reurs avoient abandonné la foi. tîe Pelage II se promet des descendais de Clovri, comme des voisins charitables de ritâlieet de Rom, la même protection pour le Saint-Siège, qu’il avoit repue des empereurs (5). Saint G régoïre-le- Grand en¬ chérit sur ses saints prédécesseurs, lorsque, touché (i) Test. S. Remis. apud. Ffad , Uh j , Cap, xnn. Ml Pair, tom . xvii.— (a) Jbid. — (3) Epm. A vk. Vknn.d Uodw tom y , Conc. Gall. p. \S^. — (4) Anast. //, i i, ad CLodov. tom, iy, Conc. coi 1282. — (5) Pdati, H, £p. ad Aunach. tom , i, Conc. GulL p * 87 6. TïftÉË lïË L’icHITTJRB. UY> Yfï. 3tt de la foi et du aèle des rois» il les met « autant au-desv sus des autres souverains, que les souverains sont » au-dessus des particuliers (1). » Les e n fa n s de Clovis n ’ay a nt pas marché dans les voies que suint iterûi leur uvoit prscvitcs , Dieu suscita une autre race pour régner en France. Les papes et toute l’Eglise la bénirent en la personne de Pépin j qui en fut le chef (2), L’empire y lut établi, en la personne de Charlemagne et de ses successeurs* Aucune famille royale n’a jamais été si bienfaisante envers l’Eglise romaine ; elle en Lient toute sa grandeur temporelle: et jamais l’empire ne fui mieux uni au sacerdoce, ni plus respectueux envers les papes , que lorsqu’il fut entre les mains des rois de France, Après cas bienheureux jours, Home eut des maî¬ tres fâcheux; et les papes eurent tout à craindre , tant des empereurs, que d’un peuple séditieux.

Maïs ils trouvèrent toujours en nos rois ces charitables voisins que le pape Pelage II avoit espéré, La France j plus favorable à leur puissance sacrée , que P Italie, et que Home même, leur devint comme un second siège, où ils tenaient leurs conciles , et d’oit ils faîsoicnt en¬ tendre leurs oracles à toute l’Eglise : comme il paroît parles conciles de Troyes, de Clermont, de Toulouse, de Tours et de Reims, Une troisième race était montée sur le trône ; race , s'il se peut , plus pieuse que les deux autres; sous la¬ quelle la France est déclarée par les papes « un » royaume chéri et béni de Dieu, dont ^exaltation » est inséparable de celle du Saint-Siège (5) »; rare aussi, qui se voit seule dans tout IVinivers, toujours couronnée et toujours régnante, depuis sept cents ans entiers sans interruption; et ce qui lui est encore glo¬ rieux, toujours catholique ; Dieu, par soi§ infinie misé¬ ricorde , n’ayant même pas permis qu’un prince, qui étoit monté sur le trône dans U hérésie , y persévérât. { 1 ) Greg. ÏÏTag Bp. lib. iVj Bp. vï ; tom. 11 , col. 795. — (a) Paul. I Bp. x ,, ad Franc * tom. n, Conc. G a IL p. — (3) Alex. IJL Bp. xxx ; tom. x. Cane. coL 1313. Greg, IX . Tom » xi, Conc. coL 3f>7* 3*2 fcÜUTIQÿÉ Puisqu’il p.iroît, par cet abrégé de notre histoire qiEe k plus grande gloire des rois de France leur victi de leur foi , et de la protection constante qu’ils d donnée à IM%lise? ils ne laisseront pas affaiblir çcti gloire; et la race régnante la fera passer à la postée, jusqu’à la tin des siècles. Elle a produit saint Louis * le plus saint rai qnV ait vu parmi les Chrétiens. Tout ce qui reste atijrtJ d’iiui de princes de France* est sorti de lut. El cornu! Jésus- Christ disoit aux Juifs « Si vous êtes en fat] » d Abraham t faites les œuvres d’Àbrahaîn » ; il k me reste qu’à dire à nos princes: Si vous êtes en fat de saint Louis* laites les œuvres de saint Louis (*). (j) Joan vm, 3p. ( } baserons ici nu fragment des 3/emoirvs iî £,ouis A IV- f qui a un rapport particulier aux matières tri, lues dans ce Lv« vu.

On y remarquera que Jus mstrncLk;

Uu père a son fils s accordent parfaitement avec les Jetons à 1 instituteur à son élève; et on verra un même temps qudjn importance ce gifand roi œeltoit à inspirer nu üaupliin, a tu aie occasion , les son Lime us de religion dont il eloit lui mCme ponetré.

Après avoir parlé des mesures qu’il prit pour 3a répressk des duels , il continue ainsi :

« Je rétablis , par une nouvelle ordonnance, la rigueur n dus anciens «lits contre lus juiumcnSj dont je fis hteuldl >'f dpi us. queiqu us exemples ; ut, pour autoriser touLes eusac* J> txJérieures par une marque du piété puisomi die, >ï j aibii publiquement à p:ed, avec tous mes domestiques , )> aux stations du jubilé; yonlutïL que tout le monde cou* n çÛt, pal- le profond, respect que je rcndoÎMvâ Uieu, qui * c’eloit du sa grâce ut de sa. protection , plutôt que du m ÎS propre Conduite , que je prélendois obtenir L'accomplitfi- ». “ient de mes dc&scms et la félicité du mes peuples. D Car vous devez savoir, avant 'toutes choses 7 mon flbr it q uc nous ne sfiumms montrer trop de respect porte cek tt qui nous fait respecter de tant de milliers d'hommes. w La première partie de la politique est celle qui nous enw geigne à le bien servir. La soumission que nous avons jnïur j> lui est la pins Jjclle leçon que nous puissions donner de n celle qui uQuaestdoe ; et nous péchons contre la prudence* ii aussi bien que contre là justice, quand nous manquons de ïi vénération pour celui dont nous ne gommes que les lien* » tenant Ce que noua ayons d'avantà^es sur Ica auba tiü£e de L'ÉciimJEE. liy. vit- 3i 3 » hommes est pour nous un nouveau titre de sujétion; et, ?ï jipjfés ce q u il a fait pour nous , notre dignité se relève par ii loua lea devoirs que nous lui rendons. Mais sache! que , » pour le servir selon ses désirs , il ne faut pas se contenter i> de lui rendra un culle extérieur , comme font la plupart » des autres hommes ; des obligations plus signalées veulent » de nous des devoirs plus épurés : et comme , en nous donw nantie sceptre, il nous a donné ce qui parotide plus écla- ïj tant sur la terre, nous devons, en lui donnant notre cœur, »

lui donner ce qui est de plus agréable à ses yeux.

v Quand nous aurons armé tous nos sujets pour ta défense » de sa gloire ; quand nous aurons relève ses autels abattus ; sj quand nous aurons fait connaître son nom aux climats les » plus reculés de la terra, nous n’auronsftûL que Tune des parm t ies d e n o tre de v ol r ; et s a n s do u te no us n*a u tons pas fai L celle jj qu'il désire le plus de nous , si nous ne nous sommes soumis ïj nous-mûmes au joug de ses commande mens, Les actions « de bruit et d’éclat ne sont pas toujours colles qui le « touchent davantage; et ce qui se passe dans le secret de n notre cœur est souvent ce qu*îl observe avec plus d’at- » te n lion* » Il est infiniment jaloux de Su gloire ; mais il sait mieux ïi que nous discerner en quoi elle consiste* Il ne nous a petitit être faits si grands, qu'a fin que nos respects Thoriorassent u davantage; et si nous manquons dû remplir en cela scs » desseins , ne ut- fille qu’il nous laissera tomber dan s lit é poussière de laquelle il nous a tirés.

>1 Plusieurs de mes ancêtres, qui ont voulu donner à leurs m successeurs de pareils enseigne mens, ont al tendu pour cela a l'extrémité de leur vie ; mais je ne suivrai pas en cela » leur exemple* Je vous en parle dès cette heure T mon fils , u et vous en parlerai toutes les fois que j’en trouverai fioc- » casion. Car, outre que jf estime [qu’on ne peut de trop ït bonne heure imprimer dans les jeunes esprits des pensées îi de cette conséquence", je crois qu'il se peut faire que ce n qu’ont dit ces princes , dans un état si pressant, ait queï- V quefois été attribué à la vue du péril où ils se troiivoicnt; » au lieu que vous en parlant maintenant , je suis assuré que » la vigueur de mon âge, la liberté de mon esprit et l’état >ï florissant de mes affaires, ne vous pourront jamais laisser i> pour ce discours aucun soupçon de foi blesse ou de dé— w guiseme nt. »

Vu y* Mdm. de Louis XI F, mm * iGth à 166G : jiagmens* i rç part, pu g. 33 et suiv, ( Edit, de Fers.

) 1Î05S UET. P O LÏTIQtîE * 1 4 J14 ' POLITIQUE LIVRE HUITIÈME. SUITE DES DEVOIRS PARTICULIERS DE IA ROYAUTÉ. DE LA JUSTICE. ARTICLE PREMIER. Que la justice est établie sur la religion. Iïe PROPOSITION, Dieu est le juge des juges, et préside aux i jugement « Dieu a pris sa séance dans l’assemblée des dieux- “ et 5 assis m milieu d’eux ? il juge les dieux (i V » Ces. , ,feux* ^tue D*eu juge s sont les rois 3 et les juges «leinljîes sous leur autorité , pour exercer leur justice, ïl les appelle des dieux, à cause que le nom de Dieu, dans la langue sainte * est un nom de juge ; et qu’aussi 1 autorité de juger est une participation de la justice souTreiaine de Dieu, dont il a revêtu les rois de la terre. , qui leur mérite principalement le nom de dieux, c est l’m dépendance avec laquelle ils .doivent jutrer, sans distinction de personnes , et sans craindre le grand nom plus que le petit; « parce que c’est le ju- » gement du Seigneur >. , disoit Moïse (a), oû l’on doit juger avec une indépendance semblable à celle de Dieu , sans craindre ni ménager personne. Il est dit que Dieu juge ces dieux de la terre, parce qu il se fait devant lui une perpétuelle révision de leurs jugemens. Le psaume continue, et fait parler Dieu en cette, (i) Ps. lxxxi. i. — (a) Veut, i. 17. HUÉE IIE l’écrite ET- UV. VIII. socle (1) : « J listes à quand jugecei^vous avec injus- * lieu, et que vous regarderez en jugeant (non le .. droit), mais les personnes des hommes?» Il touche la racine de toute inji'islice , qui consiste à avoir égard aux personnes plutôt qu’au droit « Jugez pour le pau vre et pour le pupille; justifiez „ ]e foi b le et le pauvre. Arrachez le pauvre et le men- » dîanldcla main du pécheur qui l’opprime (a), » « Jugez pour le pauvre, » Cela s’entend, s'il a le droit pour lui ; car Dieu défend ailleurs (5) , devoir a pitié du pauvre en jugements ; parce qu'il ne faut non plus juger par pitié, que par complaisance où pa? colère, mais seulement par raison» Ce que la justice demande , c’est F égalité entre les citoyens, et que celui qui opprime demeure toujours le plus folblp devant la justice»

C'est ce que veut ce mot: Arracher Ce qui marque une action forte contre l'oppresseur s afin d'opposer la force à la force ; la force de la justice a celle de l'iniquité» Après cette sévère répréhension, et ce commande¬ ment suprême, Dieu se plaint, dans la suite du psaume , des juges qui u'ecoutent pas sa voix» « Ils » n’ont pas compris, ils n’ont pas su; ib marchent a dans les ténèbres : tous les fondemens de la terre « seront ébranlés (4)- » Il n’y a rien d'assuré parmi les hommes si la justice ne se fait pas» C'est pourquoi Dieu regarde en colère les juges injustes, et les fait souvenir qu’ils sont mortels. «Je » l'ai dit ; Vous êtes des dieux (5) » : et je ne m’en dédis pas : « et vous êtes tous les en fans du Très- « Haut a, par ce divin écoulement de la justice sou¬ veraine de Dieu sur vos personnes; « mais vous moua rez comme des hommes, et tombez (dans le sépul- » cre) comme tous les princes (6)» » Vous serez jugés avec eux. Après quoi il ne reste plus qu’à se tourner vers Dieu, et lui dire: Il n'y a point de justice parmi les (i) Ps* a. — (s) Ibid. 3, 4* * — - (3) Exod. xxiu. 3, — (4) Ps* ixxxi. 5. — (à) Ibid. G* — (6) Jliid* 7. i'ï- 3 POLITIQUE liüiiimes : « élevez-vous, ô Dieu; jugez vous- même la terre» puisque toutes les nations sont votre hé.; 1, >i ritage (î). » e C’est ainsi que le Saint-Esprit nous montre, dans te di v in psaume , la justice établie sur la religion. « uc proposition, La justice appartient à Dieu, et c'est lui qui h donne aux rois . « O Dieu, donnes voire jugement au roi, et volrt * justice au fils du roi , pour juger votre peuple selon 1 » la justice j et vos pauvres avec nu jugement w droit (a). » C’est la prière que fUtsoit David pour Salomon. le peuple , que le roi doit juger, est le peuple de Djeu plus que le sien* Les pauvres sont à lui par un titre plus particulier, puisqu’il s’en déclare le père* C est donc à lui qu’appartiennent m propriété là justice et le jugement ; et c’est lui qui les donne mi rois ; c’est-à-dire , qu’il leur donne non seulement 1 autorité de juger , mais encore ^inclination , cl 1 application à le faire comme il Je veut , et selon ses lois éternelles.

in* PR o POSITION* La justice est le vrai caractère d’un roi 3 et ceM eüc qui affermit son tronc, David connut et prédit te règne heureux de Sa¬ lomon* « La justice se lèvera en ses jours , avec l’ahon- » dance de là paix , pour durer autant que la lune u dans le ciel (3J, » La justice se lève , comme un beau soleil, dans le règne d’un bon roî ; la paix la suit comme sa compagne inséparable* Ee meme David le déclare ainsi (q). « Les montagnes recevront la pair » pour tout le peuple, et les collines seront remplie ^ delà justice. » Elle tombera sur les montagnes etsur (0 tmh 3. — (ï) Ibid, txxi* (3) IbùL (q) Ibid 3* TUÉE nE DÉCRITE RE- LIV- vllh M? )et collines, comme la pluie qui les arrose et qui les engraisse. Le trône du roi s’affermira, « et sera stable » comme le soleil et comme la kmc /P/' comme dit tin autre psaume (a), « son tvun* ^Ln’e. s rcra comme le soleil; et comme la lune, qui » pour durer toujours; témoin fidèle dans le ciel , par la régularité de son cours, de 1 immutabilité des desseins de Dieu. _ . Si quelque empire doit s'étendre, o estcejptd u n pi mcc tusle. Tout le monde le désire pour maître. «Ildomi4 nera d’une mer à Tautre, et du fleuve (principal de )} son domaine ) jusqu’à l’extrémité du monde. Les a Ethiopiens se prosterneront devant lui ; ses ennea mis lui baiseront les pieds. Les rois de J hnrsc, et » des îles les plus éloignées, les rois d Arabie ei de x, Saba lui offriront des présens. Tous les rois 1 ado n reroivt ; toutes les nations prendront plaisir a le h servir (3). » _ t C'est lu description du règne de Jeàus-Llm&t 5 et le règne d’un prince juste en est la figure : « Parce D qu’il délivrera le foiblect le pauvre de la maui du » puissant qui l’opprime (4).» Le pauvre demeurait sans assistance ; mais il a trouve dans le prince un secours assuré. L’est un second rédempteur du peuple, après Jésus- Christ ; et l’amour qu’il à pour la justice a son effet. PROPOSITION* IV* Sous un Dieu juste, U n'y a y oint de pouvoir purement arbitraire.

Sons un Dieu juste, il n’y a point de puissance qui soit affranchie, par sa nature, de toute la loi natu¬ relle, divine ou humaine* 11 n'y a point au moins de puissance sur la terre uiit ne soit sujette à la justice divine. Tous les juges, et meme les plus souverains, que Dieu pour cette raison appelle des dieux, sont exa- (î) Fs. lx*X, 5. — (â) Ibid. îtxxxvi», 38* — (3) Ibid. l\xi, 3, 9j lOj, il, — (4) dtnd. 12, ',lc> PO LIT t OHE minés et corrigés par un plus grand juge. « Dieu esi » assis au milieu des dieux , et là il juge les dieux f i comme il vient d’être dit. v ; * Ainsi tous les jugemens sont sujets à révision, devani un plus auguste tribunal. Dieu dit aussi ™ celte raison (fi): « Quand le temps en sera venu, je » jugerai les justices, » les juge me ns rendus par de; justices humaines * repasseront devant mes yeux. Ainsi les jugemeos les plus souverains et les plus absolus, sont comme les autres , par rapport à Dieu, sujels à la correction ; avec cette seule différence! qu'elle se fait d’une manière cachée* Les juges de la terre sont peu attentifs à cette r M s ion de leurs jugemens , parce quelle ne produit point d’effets sensibles, et qu’die est réservée à une autre vie j mais elle n en est que plus terrible, puisqu’elle est inévitable* Quand le temps de ces jugemens divias sera venu? « vous n’aurez de secours, ni du levant* j> ni du couchant, ni des montagnes solitaires «■ , et des lieux- retirés,1 d où il descend souvent des secours cachés ; « parce qu’alors Dieu est juge (5) » , contre lequel il n’y a point de secours* t(? ïï a en main la coupe de sa vengeance, pleine n d un vin pur et brûlant (4) s ? d’une justice qui ne sera temperée par aucun mélangé adoucissant. Au contraire , « H sera mêlé d amertume » , de liqueurs nuisibles et empoisonnantes* CVstune seconde raison pour craindre cette terrible révision des jugeai cris burnains : elle se fera dans une siècle où la justice sera tonte pure, et s’exercera dans sa pleine et inexorable rigueur, « Celte coupe est en la main du Seigneur ; et w il l’épanche sur celui-ci et sur celui-là », à qui il la présente à boire* II la présente aux pécheurs endurcis et incorrigibles, et surtout aux juges injustes* n 11 »

faudra Pava 1er tout entière, et jusqu’à la lie*.» El il n’y aura plus pour eux de miséricorde ; en sorte qüe cette vengeance sera éternelle, ( 0 P*. i.\X3U. i* — (a) Ibid, Lxxiy* 3* — (3) Ibid. * - (4) J6ldt q, * ' tirée DE l’jsc&iterb. liv. vin. Sic) ARTICLE II. Du gouvernement que l’on nomme arbitraire. 1™ PROPOSITION* Il y a parmi tes hommes une espèce de gouvernement y que Von appelle arbitraire, mais qui ne se trouve point parmi nous , dans tes Etats par¬ faitement policés* Quatre conditions accompagnent ces sortes de gouvernement, , T Premièrement, les peuples sujets son tncs. esclaves , c’est-ù-dîre vraiment serfs ; ei parmi eux il n’y a point de personnes libres* Secondement, on n’y possède nen en propriété ; tout le fond appartient au prince : et il n’y a point tie droit de succession , pas même de fils è père* Troisièmement , le prince a droit de disposer a son gré, non seulement des biens , mais encore de la vie de ses sujets, comme on fëroit des esclaves* Et enfin , en quatrième lieu, ü n’y a de loi que sa volonté* ... T Yoib\ ce qu’on appelle puissance arbitraire*. Je ne veux pas examiner si 'elle est licite ou illicite* Il y o des peuples et de grands empires qui s’en contentent ; et nous n’avons point à les inquiéter sur la forme de leur gouvernement. Il nous su Oit de dire que celle-ci est barbare et odieuse. Ces quatre conditions sont bien éloignées de nos mœurs ; et ainsi le gouvernement arbitraire n’y a point de lieu* C’est autre oîiose que le gouvernement soiL absolu , autre chose qu’il soit arbitraire (i)- Jl est absolu par rapport à la contrainte ; n’y ayant aucune puissance capable de forcer le souverain , qui, en ce sens, est indé¬ pendant do tonte autorité humaine* Mais Ü ne s’ensuit {[) Ci devant , AV; iY> 'art. J ï *t smv* foutjqce pas de là que le gouvernement soit arbitraire ; par» qn outre que tout est soumis au jugement de Dieu, CE qm convient aussi au gouvernement qu’on vient de nommer arbitraire , c’est qu’il y a dcs dan3 , empires, contre lesquelles tout ce qui se fait est nu] de droit ; et il y a toujours ouverture à revenir contre, ou dans d autres occasions, ou dans d’autres temps: ce sorte que1 chacun demeure légitime possesseur de ses biens; personne ne pouvant croire qu’il puisse ja¬ mais nen posséder en sûreté au préjudice des lois?

dont la vigilance et l’action contre les injustices et les violences est immortelle, ainsi que nous l’avons eipliijiie ailleurs plus amplement. Et c’est là ce qui sV peilc ie gouvernement légitime, opposé, par sa nnture i au gouvernement arbitraire, ft°us ne toucherons ici que les deux premières con* Uitions de cette puissance qu’on appelle arbitraire , au* nous venons d exposer. Car* pour les deux dernières, elles parussent si qoistrôires à Vhnmmitè et à la so¬ ciété, qu elles sont trop visiblement opposées au gou¬ vernement légitime. 0 IIe proposition. Dans 1 6 gouvernement légitime j tes personnes sont libres* , ^ Pe ^lllt gtie rappeler les passages où nous avons établi que le gouvernement et oit paternel, et que les rois etoîent des pères (i) : ce qui fait la dénomination des eulans, dont la différence d'avec les esclaves, cVst qu ils naissent libres et ingénus. Le gouvernement est établi pour affranchir tous les hommes de toute oppression et de tou le violence, comme il a été souvent démontré (2^. Kt c'est ce qui fait l’état de parfaite liberté; nTy ayant dans le fond rien de moins libre que ranarchic, qui 6te d'entre Ici hommes toute prétention légitime , et ne connaît d'autre droit que celui delà force. (1) Ci- devant , tir m> pttg* 72 et mit* . - üi $uhr. ”* r » pag' et sim>* Lù>* lu, art. “ (a) Cï-rfeyant , ib, j, art. 1 1 1 , pa?< r j xirée de i7 écriture* liv. vin» 3at me pno position* la propriété des biais est légitimé et inviolable . Nous avons vu sous Josuè ta distribution des terres , selon les ordres de Moïse (i). ... O’esl le moVeri de tes faire cultiver : et 1 eipeiience fait voir (lue ce qdi est non seulement en commun , mais encore sans propriété légitime et meommutable, est négligé et à l’abandon. C’est pourquoi il n est pas permis de violer cet ordre, Comme 1 exemple suivant le fait voir, d’une manière terrible. iv* PROPOSITION* On propose V histoire d’ Achat d'Israël, de ta , reine Jeiabel sa femme, et de habolh. « Naboth, habitant de Jclrahcl, qui étoit la ville »

royale, y avoit une vigne auprès du palais dAjf chib roi de Satnarie. Le roi hit dit : Donnez-moi » votre vigne pour faire un jardin potager, paice » qu’elle est voisine et proche de ma maison, et je » vous en donnerai une ailleurs ; ou , si ^ vous » plus commode, je vous en paierai le prix qu elle vaut. » A Dieu ne plaise, répondit Naboth, que je vous » donne l’héritage de mes pères. » Ce qui aussi etoit défendu par la toi de Dieu. « Acliab retourna u sa mai- „ son plein d’indignation et de fureur, contre a re- » nonse de Naboth; et, se jetant sur son lit, ît >v tourna le visage vers la muraille , et ne put manger. » Jéiabei, sa femme, le trouvant en cet état, lui » dit : Quel est le sujet de votre affliction ? et pour- » cruoi fie mangez-yous pas ? II lui raconta la pro- » position qu’il avoit faite à Naboth , avec sa réponse. » Jézabet lui repartit : Vraiment vous êtes un homme » de grande autorité, et un digne roi d Israël, qui » savez bien commander. Levez-vous, mangez, soyez » en repos; je vous donnerai cette vigne. Jille ecri- (i) Jos, xin , xi y et setj., ci-devant, pag. i<}. S'22 POLITIQUE * Vit aussitôt une lettre au nom d’Àehab , et la scei ri )> de sou anneau 3 et l’envoya aux sénateurs et ai » t » grands qui demeuroient dans la ville avec N aboli i < ” Et la teneur delà lettre était : Ordonnez un jeû* **' » solennel 3 et faites asseoir Naboth avec les preniir » du peuple ; suscitez contre lui deux faux témoini » n qui disent : Il a parlé contre Dieu et contre îe roi * » qu’on le lapide, et qu’il meure, Ccl ordre fut eit » » cuté.; et les grands rendirent compte de rexécuii w » a JézabeL Ce qu’ayant appris, la reine dit à Achat » » Allez, et mettez-vous en possession de la vigneo » b jVaboth , qui n’a pas voulu consentira ce que vol » souhaitiez^ car il est mort. Âehab alla donepoi * » se mettre en possession de cette vigne, » Alors la parole de Dieu fut adressée à Elle: » Thesbite (son prophète) , et il lui dit: Lève~tôi|| jj marche an-devant d’Aehab « qui va posséder la vigw »

de Naboth, et lui dis : Voici la parole du Seigneuri îï Tu ns fait mourir un innocent ; et, outre cela,!: » as possédé ce qui ne t’appartenoit pas. Et tu âj » teras : Mais le Seigneur a dit : En ce lieu oùrjts chiens ont léché le sang de Naboth ( injustement b » pidé comme criminel et blasphémateur) , ils léchs » ront ton sang (i). n Àchab crut éluder la rigueur de cette juste sen-“ tenue , en faisant une querelle particulière à Elle, qui a voit eu ordre de la lui prononcer, et lui disant: *t M avez- vous trouvé votre ennemi , jmur me traîkP » de cette sorte? Oui, lui dit Elle, au nom du Sri- » gneur. Je vous ai trouvé mon ennemi, puisqÿ s> vous, êtes vendu (comme un esclave, à l’iniquité) » pour faire ruai devant le Seigneur, Et moi de mon jj coté, dît le Seigneur, j’amènerai sur toi le mal j> (le mal d’un juste supplice, pour le trial que tuas n commis injustement); je détruirai la postérité et tout » ce qui t appartient, sans rien éjiargner; et je ne a laisserai pas survivre un chien de la maison d’Â* “ chah, et tout ce qu’il y aura de plus méprisable en ( I ) UL Ih'g, i , ci scq. TIAEË BE L’ÉCMTr&E. LIT* VIII * 5^0 » Israël. Et je ferai Je ta maison comme j’ai fait Je » celle tic Jéroboam et de celle de Baasn , deux rois » d’IsrM, que j'ai entièrement exterminés; puisque , » comme eux, tu as provoqué ma colère , et que tu » as fait pécher Israël (par tes exemples scandaleux a et tes ordres injustes)* Et le Seigneur a prononcé- a contre Jézabd : Les chiens lécheront le sang de » JézahçJ dans les champs de JczraheL Si A chah pé- a rit dans la ville, les chiens mangeront ses chairs ; » et s’il meurt à la campagne, elles seront la proie » des oiseaux du ciel » L’Ecriture ajouLe « qu’il n'y a point eu d’homme jo plus méchant qu’Àchab, vendu pour faire mal aux » yeux du Seigneur. Su femme Jézabel (qu’il a voit » crue dans son premier crime) le portait au mal. » Elle acquit tout pouvoir sur son esprit , pour son mal¬ heur ; et il fut le plus malheureux, comme le plus abominable, de tous les rois, « poussant l'abomination jusqu’à adorer les idoles des Amorrheens , que le »

Seigneur avoit exterminés par l’épée des entons » d’Israël* a En exécution de cette sentence, Àchab et Jézabel périrent, ainsi que Dieu l’avoit prédit. La vengeance divine poursuivit aussi, avec une impitoyable ri¬ gueur, les restes de leur jang; et leur postérité , de l’un et de l’autre sexe, fut exterminée, sans qu’il en restât un seul (i). Le crime que Dieu punit avec tant de rigueur , c’est, dans Achab et dans Jézabel, la volonté dépra¬ vée de disposer à leur grc, indépendamment de la loi de Dieu, qui êtoit aussi celle du royaume, des biens , de l’honneur, de la vie d’un sujet ; comme aussi de se rendre les maîtres des jugemens publics, et de mettre en cola l’autorité royale* Ils y ou lo lent contraindre ce sujet ù vendre son hé-» ritage. C’est ce que n’ayoionL jamais fait les bons rois, David et Salomon, dans le temps qu’ils b àt iss oient les magnifiques palais dont il est parlé, dans FEcrL (ï) IV* Reg. ix, x > xi* $34 POUTINE turc. La lui vouloïl que chacun garJfii i 'héritage dj1 scs pères , pour la conservation des biens des tribu?! C’est pourquoi , Bien compte lui -meme entre k crimes d’Achab, non seulement qu’ri avoit tué, mai encore qu i! a voit possède ce qui ne lui pou voit ap parler» r. Cependant , il est expressément manjuf qu'Achab offrait la juste valeur du morceau de tern q»’îl vouloît qu'on lui cédât, et même un échan* avantageux* Ce qui montre combien étoit répu té saW; et inviolable le droit de la propriété légitime* et coinhîcn l'invasion étoit condamnée. Cependant Àdiab étoit en furie du refus de Nabollj 11 en perd le boire et ïe manger, et compte pourrie: un si grand royaume , et tant de possessions , s'il u'I ajoute une vigne pour augmenter sou jardin. Tant i royauté est pauvre de soi; et tant elle est incapable di contenter un esprit déréglé. Sa femme Jézabel survient; et, au fîeu de gucr; cet esprit malade, au contraire, elle lui persuade, par des manières moqueuses, qu'il a perdu toute au¬ torité s'il ne fait tout à sa fantaisie. Enfin , sans gaM (lcr aucune forme de jugement, elle ordonne elfemême les voies de fait qu’on a vues.

Elle sacrifie encore la religion à ses injustes des seins. Elle veut qu’on se serve de celle du jeûne fm bïic, pour immoler un homme de bien à la vengeance i du roi ÿ et à celte idée d'autorité qu’on fait consister A faire tout ce qu’on veut. ba considération où étoit Naboth ne l’arrête pas. I C’éloit un homme d’importance, puisqu’on le m tl entre les premiers du peuple. Jézabel fait semblant à ^ui conserver son rang et sa dignité, pour le perdre plus sûrement; et, joignant la dérision â la violence et A l'injustice, à ce prix elle se croit reine, et croit rendre la royauté au roi son époux* En même temps, la justice divine se déclare, Achat» est puni en deux manières : Dieu le livre au crime, \ pour le li vrer plus justement au supplice, Jézabel n’a voit déjà que trop de pouvoir sur ce prince * puisque Eiie n'eut pas plus îGl exterminé les usée de l’Écriture, lit. viii. 5a5 &us prophètes de Baal, que le n>1 «n do™“ ■V JézaUel, pour sacrifier un si grand prophète a la Vengeance d?c celte femme , autant impèneusequ. imS). Mais depuis qu’elle l’eut rem l« «naître < de *C nii’ii vouloit, d’une manière si détestable , elle eut , SA ,T «mal., MM pouvoir .ur IM do ce malLuijrinco, qui « Bn.» M* toi * - femme, comme vendu ù 1 iniquité. ^ Comme il allait A l'abandon de en me en crime, i A fut oréciolté de supplice en supplice* lui et sa famille , uù tout fut immolé à une juste, perpetuel o et*1* inexorable vengeance. Et c’est ainsi q^ furent punis ceux qui vouloient introduire dans le rojaume dflsrael la puissance arbitraire* t Cependant, au milieu de ces châlimens ,OÙ la main P de Dieu est si déclarée contre une lamil e rojale, Dieu, toujours juste, et toujours 'e"«c“ la dignité des rois, dont d est la Source , la cou cne tout entière en cette occasion, puisque 1 injustice d’Àchab n’est pas de punir de mort celui <[ui parie contre le roi mais devoir imputé un tel attentat à un homme0 qui est innocent. En sorte qu’il passe pour constant que c’est là un digne sujet du dernier sup¬ plice , et que ce crime, de mal parler du roi, est presque traité d’égal arec eclui de blasphémer contre Dieu.

ARTICLE III. De la législation , et des jugement. iT* rnoPüsniOïï* On définit l’un et l’autre. La loi donne la règle, elles jugemens en font l’ap¬ plication aux affaires et aux questions particulières , ainsi qu’il a été dit (2). (1) HI fiez. six. i, a. — (?) Ci-devant , AV. t, «ri. iv, patf* 23 et suit1* rdtiTiQüE “Si c’est Véritablement, ctrd’iih cœur sincère, que « voué Tante z la justice, en fans des hommes, jugei » droitemcrit(i), » Si vous aimez la justice dictée par h loi , mettez -la donc en pratique, et qu’elle soit la seule règle de vos juge mens. nc proposition* Le premier effet de (a justice et des lois est de con* server non seulement à tout te corps de i'jgtat, mais encore à chaque partie qui le compose, tes droits accordés par les princes précédons. Ainsi fut conservée ïi la tribu de Juda la préroga¬ tive dont elle a voit toujours joui, de marcher à* la tête des tribus* Ainsi celle de Lévi jouit éternellement de droits accordés par la loi ? selon les favorables explications des anciens rois. Ainsi fut conservé aux tribus de Cad et de Ruben ce qui leur avoit été accordé par Moïse (2), pour avoir passé les premiers le Jourdain. . , A!nsi ,ies Gabaonites furent toujours maintenus dans execution du traité fait avec eux par Josué (3): aussi leur fidélité fut inébranlable. La bonne fui des princes engage celle des sujets, qui demeurent dans Fobeîssance, non seulement par la crainte, maïs encore inviolablement par affection IIIe P RO POSITION* Les louables coutumes tiennent tien de lois * Ayant que David montât sur la trône , il s’étoit clevé une dispute entre les soldats qui a voient été au combat et ceux qui éiuîent restés par son ordre à garder les bagages; et ce s-ge prince jugea en faveur des derniers, et prononça cette sentence (4) : «La part { q f 9- /V LVÏÏ- ” Ca) AW. xxxit, 33. Jos. sut. 8. — -devant, liv. vu f art. \y xj.vc propos. , pag. 20 3. — (4)/. Seÿ.xx-x, 2/ictseq. ' 1 h J T1HÈE DE l'ÉCRITURE. HT. VIII. « du butin sera la même pour ceux qui <;Om- „ battu et pour ceux qui sont demeure»

pou. la » garde des bagages; et ils partageront egalement. » Et de ce jour, et depuis, cette ordonnance sub- » sïstc, et a été comme une loi en Israël.» la conservation de ces anciens droits et de ces louables coutumes concilie aux grands royaumes une idée non seulement de fidélité et de sagesse, mais en¬ core d’immortalité , qui fait regarder 1 Etat “S™® gouverné , ainsi que l’univers, par des conseils d une immortelle duree, iv* proposition . Lis prince doit ta justice; et U est lui-même le premier j uge> « Faites-nous des rois qui nous jugent, comme en -, ont les autres nations (i).» C’est ridée des peuples, lorsqu’ils demandent des rois à Samuel- Et ainsi e nom de roi est un nom de juge. ' Quand Absaioti aspira à la royauté, « il aluni a la » porte des villes, et dans les chemins publics, m- .. terro géant ceux qui venoient de tous côtes au juge- » ment du roi , et leur disant : Vous rne paroisse/. » avoir raison ; mais il n’y a personne préposé par le » rui pour vous entendre. Et il'ajoutoit : Qui m ela- ,, blîra juge sur la terre, afin que tous ceux qui ont » des affaires viennent ic moi, et que je juge justes ment (al?» Il n’osoit dire : Qui me fera roi? la ré¬ bellion eût été trop déclarée ; mais c’étoit le nom de roi qu’il demandait sous celui de juge. Il décrloit le gouvernement du roi son père, ca disant qu’il n’y a voit point de justice; c’étoit une ca¬ lomnie ; et. loin de négliger la justice, David la ron¬ do it lui mot no avec un soin merveilleux. « Il regnort » sur Israël , et dans les jugemens il faïsoit justice à » tout son peuple (5). » Nathan vint ù David lui porter la plainte du pauvre. (i) L Ileg* vin, 5, — (a) /A £eg> 2 “ (3) Ibid, y ni. i5, . . 5^8 POLITIQUE ù qui un riche injuste avoît enlevé une brebis qu,il| àrmoit (ï); et David, irrité, reput la plainte. C’ctoitj une parabole ; mais puisque la parabole sc tire des choses les plus usitées, celle-ci montre la coutume cle porter aux rois les plaintes des particuliers; et Da- ïïd rendît justice, en disant : « Il rendra la brebis au i jï quadruple (a), »

« Je suis une femme Veuve, et j’avoîs deux fils, dî- » soit au même David cette femme de Thécué, qui, » s’étant querellés à la campagne, sans que personne j » les pftt séparer, Fun a frappé Fàutrc, et if en est » mort ; et la famille poursuit son frère, pour le faire ! » punir de mort. Ils me ravissent ni on seul héritier, » et cherchent à éteindre la seule étincelle qui me » reste sur la terre , pour faire revivre le nom de j f> mon mari. Et le roi lui répondit : Allez en repos à fl votre maison ; et j’ordonnerai ce qu'il faudra en » votre Faveur (3). » Elle ajoute ; « Que cette iniquité demeure sur mai, * et sur la maison de mon père ; mais que le roi et » son trône en demeurent innocens (4). » On ne crojoit pas le roi innocent, ni son trône sans tache, S’il refusoit de rendre justice. Aussi David répondit: a Amenez -moi vos parties, ceux qui s'opposent d vous, et qui vous poursuivent ; et on cessera de » vous nuire (5). » La poursuite paroîssoit juste, selon la rigueur de la loi, qui condamnoît à mort le meurtrier; et c'étoit le cas d’avoir recours à la grfice et à la clémence dut prince , dans une cause si favorable à une mère af¬ fligée. La femme pressoit David , en lui disant : « Que le w roi se souvienne du Seigneur son Dieu, et ne laisse » pas niu-ltipl ier par lu vengeance le sang répandu.» hile ne craint point d'appeler David devant le juge des rois. Et ce juste prince approuva sa plainte , et (0 If* Xli. t et sect. ~~ ($) Ibid. 6. — (3} Ibid. aïV* 5 et séq. - (4) ml. 9, — (5) Ibid, m, hrte tnup t i9 î i\] li¬ aui vel vol TlnÈE DE l’Écriture. L1V. VIII. 5 £9 lui dit : U Vive le Seigneur; il ne tombera pas un » cheveu de la tête de votre flls(i). » On sait le jugement de Salomon qui lui attira dans tout le peuple celte crainte respectueuse qui fait obéir les rois , et qui établit leur empire. v’ proposition. Les voies de la justice sont aisées à connoüre. Le chemin de la justice n’est pas de ces chemins tortueux qui, semblables à des labyrinthes, vous (ont toujours craindre de vous perdre.

« Lu roule du juste » est droite : c’est uu sentier étroit, et qui n a point » de détour; l’on y marche en sûre le (a)-» Un païen même disoit (5) qu il ne faut point fuite ce qui est douteux et ambigu. L’équité, poursuit cet auteur , éclate par elle-meme , et le doute semble en¬ velopper quelque secret dessein d’injustice. Voulez-vous savoir le chemin de la justice , mar¬ chez dans le pays découvert; allez, où vous conduit votre vue; et « que vos yeux, comme dit le sageU)> „ précédent vos pas. »La justice ne se cache pas. Il est vrai qu’en beaucoup de points elle dépend des lois positives *, mais le langage de la loi est simple : sans vouloir briller ni raffiner, elle ne veut cire que nette et précise. , ^ Comme néanmoins ü est impossible qui trouve des difficultés et des questions compliquées, le prince , pour n'être pas surpris, et pour donner lied i un plus grand éclaircissement de la Tente , y ap¬ porte le remède qu'on va expliquer, Tie proposition. le prince établit des tribunaux; il en nomme (es sujets avec grand choix j et les instruit de leurs devoirs . Ainsi Ta voit pratique Moïse lui-même (5), de peur de se consumer par un travail inutile. fi) Il fteg. w h.— (a)-/*»* xjvi. 7^#) f±lfn Offïc* Ub. î , cap. i*. — W Frw* ut. G,-r (a) Exod* xa m. l3 et setg politise C’est de quoi iî rend compte an peuple en Cl termes (i) : « Je ne puis pas terminer seul tontes k ii Ha ires m vos procès. Choisissez parmi vous i Josl‘ hommes sages et habiles , dont la conduile soit af. , lai prouvée. Et j ai tiré de vos tribus, des gens sagp a«pt nobles et connus ; et je les ai établis vos juges, W lébi leur disant : Ecoutez le peuple; et prononcez c en r <]UL sera juste, entre le citoyen ou l’étranger, sanj distinction de personnes, jugeant le petit comme! grand ; parce que c’est le jugement du Seigneur! qui n’a nul égard aux personnes. Et vous me rap porterez ce qui sera de plus difficile. » Ou voit trois choses dans ces paroles de Moïse premier lieu, I établissement des juges sous le prince eï\ second lieu , leur choix et les qualités dont i!i doivent Être ornés : en troisième Heu , la réserve dei affaires les plus difficiles nu prince même.

Ces juges étaient établis dans toutes les villes,* dans chaque tribu; et Moïse Tavoit ainsi ordonné (aj, À cet exemple s nous avons vu les tribunaux éU* blispar Josàpbat (3), prince zélé pour la justice, s'il en fut jamais parmi les rois de Juda et sur le trône dr David. Ces tribunaux étoient de deux sortes. Il y avril! ceux de toutes les villes particulières; et il y en avoit un premier clans la capitale du royaume * et sous les yeux du roi; à l'exemple , et peut-être pour perpétuer le giand sénat des soixante et dix, que Moïse n voit établi. Nous avons aussi remarqué le soin qu’il prenoit de les instruire en personne (4), k l’exemple de Moïse, Ce qui a voit deux boni effets ; le premier* de faire sentir la capacité du prince; ce qui tenait tout le inonde dans Je devoir : et le second, de graver plus profondément dans les cœurs les règles de la justice. Dans la suite , on voit subsister parmi les Juifs ‘Cés deux sortes de tribunaux. (i)DvitL i. 1 3 a seq . — (a) IbUL XVI. i B. — f3 )H. Par. xix. J , Ov.7t 8* Ci-deyant r Uv. v, art* i . \\mr propos., P«g et suiy. (4) //. Par. xix. 9, i0l tirée de l'écriture, liv. tiii. * 1 Dans les actions solennelles oü il s’agissoit de ciel, me grand bien de l’Etat, les bons roi! , comme Josias fi], « ramassaient ensemble les sénateurs,. „ tant des villes dc Juda que ceux de Jérusalem. » II apprenoit de leur concours ce qu’il fulloit faire pour le bien commun , ut de l’Etat en general, et des villes eu particulier. ARTICLE IV, Des vertus qui doivent accompagner (a justice. ire propos moTî. Il y en a trots principales , marquées par te docte et pieux Gerson(t) , dans un sermon prononce devant le roi : ta constance, la prudence, et la clémence ♦ La justice doit Être attachée aux règles, ferme et constante : autrement, elle est inégale dans sa con¬ duite; et, plus biiarre que réglée, elle. va selon 1 humeut qui la domine, # * Elle doit savoir connoîlre le vrai et Je miiv? dans les faits qu’on lui expose : autrement, elle est aveugle clans son application.

Ce discernement est un avan¬ tage qu’elle lient de la prudence. Enfin elle doit quelquefois se relâcher : autrement elle est excessive et insupportable dans ses rigueurs; et cet adoucissement de la rigueur de la justice est l’effet de la clémence; La constance l’affermit dans les maximes; la pru¬ dence réclamé dans les faits; la clémence lui fait supporter et excuser la faiblesse* La constance la sou¬ tient; la prudence l’applique; et la clémence la tem» père. (i) IJ\ Reg. xxiu, \> — (a) Genon de Just. tom , iv* POLITIQUE il* Pnoposmoîï. La constance et la fermeté sont nécessaires ài justice, contre 4* iniquité oui dmninc dans ] mondeLe genre humain , dès son origine ÿ étoit devenu* criminel aux yeux de Dieu , qu’il résolut de le perJ; par le déluge : « voyant que Ja malice des ïtoinm » etort grande sur la terre, et que toute la pensée i a cœur humain étoit tournée au mal en tout temps Mj Voila cette malheureuse fermeté dans le mat. foi commencement du inonde. Cette pente naturellemti invincible du cœur humain vers le mal, fait dire au- " ;i';e le PécTl6 est à la porte (2) : » c’cst-à-fo qu d ne cesse de. nous presser a lui ouvrir. Toutes les eaux du déluge n’ont pu effacer a» tache 1» inhérente au cœur humain. « Parcouru » disoit Jérémie. (5) , toutes les rues et toutes |r ” PI:,ces “« Jérusalem : considérez attentivement " , * " — - * ^ ^ ««uiu VCLIICJJI* El voyez si vous trouverez un homme de bien et ï; » bonne foi* u Par une fausse constance * ils se seul ils ont endurci leurs visais affermis dans le vice : --r - vi mua VlüUijtt i> comme un rocher, et n’ont pas voulu revenir di » leurs injustices (4). t J Mali,L'llr 4 mo*» disoit Mîcbée (5) ; il n’y a pluj » de saint sur la terre; Ja droiture ne se trouve plu; » parmi les hommes; chacun tend des pièges à son » ami, pour en répandre le sang; une chasse cruelle >1 et barbare s’est introduite , oü chacun tâche Je 11 P1 endre non des bêtes, maïs ses amis comme M ” P1’01?' Ne cr<»jra* pius un ami; ne vous fiez plus au »

magistrat; ne dites point votre secret à celle qui u se repose dans votre sein. Car le fils outrage son » pere ; la fille s'élève contre sa mère; le maître a » pour ennemis ceux de sa propre maison. » 'foules les lamdlcs sont divisées, et les liaisons du sang n’oit point de heu. «$«*??■ T'; rf IbiJ- ,v- 7--0> Mnm. V. 1. - W IbuL 3, — (5) flfick. y lié î 7 6* tih&e de l'éciutcr*. ut yiif. 353 Si, dans ce désordre des choses humaines, vous croyez trouver un refuge dans la justice publique , vous vous (rompez. Tille n’a plus de règle ni de fer¬ meté. « Tout ce qu’un grand ose demander, le juge se „ croit obligé de fe lui donnercomme une dette (i).* Le mal est appelé bien; et il n*y a plus de loi parmi les hommes. ; . Les magistrats (qui dey oient soutenir les foihles ) » sont des lions mgissans qui les dévorent; les juges » sont des loups ravissans, qui ne réservent pas juss qu’au matin la proie qu'îïs ont prise le soir {2). » Ils contentent sur-le-champ leur appètiL insatiable. C’est ainsi que sont les hommes , naturellement loups les uns aux autres. David s’en étoit plaint le pi'emier. « Il n'y a pins de juste , disnit-il (3), il n’y. a plus de juste sur la terre : il n’y a. plus d’homme u intelligent, il n’y en a point qui cherche Dieu : » tous se sont éloignés de la droite voie ; tous sont » inutiles. Il n’y a pas un homme de bien; il n’y en » a pas même un seul. » Contre ce débordement de l’iniquité, il n’y a qu'une seule digue, qui est la fermeté de la justice* 111e proposition. Si l a justice n’est ferme , elle est emportée par où déluge d’injusticeSi te devoir du juge est, comme dit F Ecclésias¬ tique (4), « d’enfoncer les cabales de l’iniquité, i> comme un bataillon réuni, il haut, pour accomplir ce devoir, que la justice ne soit pas seulement forte mais encore qu’elle soit invincible et intrépide. Au¬ trement, il arrivera ce que disoït Isaïe (5) : « Le jugeb ment recule en arrière : la justice (qui vouloît enn trer, repoussée par un si grand concours d’intérêts >1 contraires ) sc tient éluïgnée ; »

et l'équité ne peut plus forcer de si grands obstacles* (1) Midi. vu. 3 ,-(2) W. ni, 3. — (3) Ps. xut. a* 3. Rom. m, 10 et seq* — (4) RccL vu. fh fsw* lix* 14. où 4 POLITIQUE Si le respect que Pon conser justice est affaibli , on ne la rend qu’à demi, et le ment pour sauver les apparences. Ainsi, disoit prophète (i), « Pin justice h prévalu; PoppoMlioü la vérité s’csi rendue la plus puissante- La loi de É injustice colorée, et elfe n’en est que plus daûgt reuse, v La justice, dîsoit îc Sage (a), est immortelle » perpétuelle, « L’ égalité est Pesprït de cette vert C’est en vain que ce magistrat se vanté quelque^ de rendre justice : s’il ne la rend en tout et parfont l’inégalité de sa conduite fait que la justice n’avotu pas pour sien, meme ce qu’il fait selon les régie: puisque la règle cesse d’être règle, quand elle né pas perpétuelle, et ne marche pas d’un pas égal. Au jmtieu de tant de contrariétés, rendre lajuj. tiee, c’est une espèce de combat, où, « si Pon n; » marché en face contre l’ennemi, et qu’on ne s’op- » pose pas comme une muraille (c’est-à-dire comrn » une digue affermie ) pour la maison d’Israël, tt » pour le peüpïe de Dieu (5), » on est vaincu, II faut être, par une ferme résolution , et paruiJE forte habitude , comme « une place fortifiée ( et dé- » fendue de tous cotés), comme nue colonne de fer, s comme une muraille d’airain (Zj) : » autrement, oa est bientôt forcé. Le prince doit donc, par sa constance et par si fermeté, rendre aisé et facile l’exercice de la jus¬ tice : car les choses difficiles ne sont pas de longue durée* (j) Habacuc. j. 3, f±. — (4) Jerern. h 18, -(2) Sap* 1* 1 5, — (3) Ëzeçh. xi il» TIbÆë DE l’ÉCMTERE* U Y. TI If. 335 IVe PÜOF051T10ÏÎ. De ta 'prudence > seconde vertu compatjiW de {a justice* La prudence peut être excitée par tes dehors,, sur la vérité des faits ; mais elle veut s9 en instruire par eUe-mime. a Le cri contre Socïome et Gomorrhe s’est aug- » m enté ? el leurs crimes se sont multipliés jusqu’à » l'excès. Je descendrai , dit Je Seigneur; et je veru rai si la clameur qui est élevée contre ces villes est »

bien fondée, ou s’il en est autrement, afin que je r» le sache (i). « Celui qui sait tout, et ne peut être trompé, se ra¬ baisse, disent les saints Pères, jusqu'à s'informer, afin d’instruire les princes, sujets à tant d’ignorances et à tant de surprises , de ce qu’ils ont à faire. Il leur donne trois instructions. Premièrement, quand 1) dit : « Je veux savoir ce qui en est » , il leur moiltre le désir qu’ils doivent avoir de connaître la vérité des faits dont ils doivent juger. Secondement, en Faisant connoître que le cri est venu jusqu’à lui, 11 leur apprend que leur oreille doit être toujours ouverte, toujours attentive , toujours prête à écouter ce qui se passe. Enfin en ajoutant : « Je descendrai, et je verrai » , il leur montre qu’après avoir écouté, il faut venir à une exacte perquisition , et n’asseoir son jugement que sur une connoissance certaine. Les rapports et les bruits communs doivent exci¬ ter le prince ; mais il ne doit se rendre qu’à la vérité connue (a)* Ajoutons qu’il ne suffit pas de recevoir ce qui se présente; il faut chercher de soi-même, et aller audevant de la vérité, si nous voulons la découvrir. Nous Payons déjà vu (5j. Les hommes, et surtout les grands, ne sont pas si (i) Gen ♦ xvm. ^of ai. — (a) Cî-dcvanî, Uv. v, art. H , ue propos, j pag, i55 et suir* — (3) Ibid, y* propos. , pag, iG5 et suù. 35G POLITIQUE heureux que la vérité aille ü eux d elle-même, ni d’L f seul endroit, ni qu’elle perce tous les obstacles m t les environnent. Trop de gens ont intérêt qu’ils ih , Sachent pas la vérité tout entière : et souvent m: qui les environnent, s’épargnent les uns les autre pour ainsi dire, a la pareille. Souvent même on mil ] de leur découvrir des vérités importunes* qu’ils i: veulent pas savoir. Ceux qui sont toujours avec eu se croient souvent obligés de les ménager* ou jw , prudence, ou par artifice, II faut qu’ils descendent^ te haut faite de grandeur, d’où rien n’ap proche qife; tremblant; et qu’ils se mêlent en quelque façon paru' le peuple , pour reconnoîlre les choses de près,* recueillir deçà et delà les traces dispersées de |j vérité.

Saint Àtnbroîse a ramassé Inut ceci en peu è mots (1). tt Quand Dieu dit qu’il descendra, il a part » ainsi pour votre instruction, afin que vous appn- » niez â rechercher les choses avec soin. Je des» w dr ai pour voir ; c’e st-à- d ire , p r en ez so iu d e descendit, w vous qui ôtes dans les hautes places. Descende » par le soin de vous informer ; de peur qutl4 » éloigné, vous ne voyiez pas toujours ce qui a » passe, Approchez-vous, pour voir les chaeas dt n ptés. Ceux qui sont placés si haut* ignorent Eoi- * jours beaucoup de choses. » v° tboposition, Defu démence * troisième vertu ; et premièrmt ffll ijueite est ta joie du genre humain- « La sérénité du visage du "prince est la vie 4e ses B sujets, et sa clémence est semblable à la pluie du w soir (2). : w ou si Pon veut, peut— Oü*c plus- confor¬ mément au texte original* « à la pluie de l’arrièrc- » saison. » À la lettre, il faut entendre que la dé¬ mence est autant agréable aux hommes* qu’une pluie 0 )Jmbi\de AbrgJL, Uh. r, cap. y], n. ij- tow. i,cof. — (2) Pt w, xvi, i5. mk ÏÆ LtT. rfh. qrfî vient sür le soir , ou dans l’a otomne , iempérer Fa chaleur du jour, ou celle d’une saison plus br&lftnte > et humecter la terre que l’ardeur du soleil a desséchée. Il sera permis d'ajouter que, comme le matin dé¬ signe la vertu , qui seule peut illuminer la vie Ro¬ maine, le soir nous représente, au contraire , l’état où nous tombons par nos fautes; puisque c’est ïk en elfet que le jour décline, et que la raison cesse tl’éclairer- Selon cette explication, la rosée du malin seroit la récompense de la vertu; de même que la pluie du soir seroit le pardon accordé aux fautes* El ainsi Salomon nous 1er oit entendre que* pour ré¬ jouir la terre , et pour produire les fruits agréables de la bienveillance publique, le prince doit faire tomber sur le genre humain et l’une et Mitre rosée ; en récompensant toujours ceux qui font bien* et par¬ donnant quelquefois k ceux qui manquent , pourvu que le bien public et la sainte autorité des lois ny soient point intéressés.

"Nous avons vu que David * le modèle des bons rois, promit sa protection à une mère , à qui on vouloit ôferson second fils, le reste de son espérance et de sa famille , en punition de la mort qu’il avoit donnée h son aîné, par un coup plus malheureux que malin (i)* G’est ainsi que l’équité tempère souvent la rigueur que la justice demandoit, contre celui qui avoit ôté îa vie à son frère. David a voit compris que la justice doit être exercée avec quelque tempéra¬ ment ; qu’elle de v [eut inique et insupportable* quand elle use impitoyablement de tous scs droits; et que la bonté, qui modère ses rigueurs extrêmes, est une de ses parties principales; vie pRorosmox. la clémence est îa gloire d’mi règne ■ Moïse, que l’Ecritui'e appelle roi (a), et un rois (t) Ci-devant , l h*, ni, art. m7 Mie propos., pag* Q i — (7) Dent* xxxnr 5. ■ Bossuet. Boutique, 538 poiiTiQrÈ absolu et si rigoureux quand il falloir est rendmtnÆ * comme « le plus doux de tous les hommes (i). » * tureHement il eût pardonné : quand il pnirissoît, ce ï n'ëtoit pas lui , mais la loi qui exerçoit la rigueur 1 pour le bien commun, « Souvenez-vous de David, et de toute sa dau- ! » ceur {%). » C'est ce que chanta Salomon son fils, 1 à la dédicace du temple; et il semblent que la cl^ ! menee de David eût fait oublier to.üLes ses autre? vertus. Heureux le prince qui peut dire avec Job (3) : «la » clémence est crue avec moi dès mon enfance : ti » elle est sorLie avec moi du ventre de ma mère, » C’étoit mi beau caractère donné aux rois d'Israël même parleurs ennemis : « Les rois de la majp » d'Israël sont démens (4)* » y n* proposition* C’est un grand bonheur de sauver un homme. « Délivre ceux qu'on mène à la mort : ne cm » point d'arracher ceux que Ton entraîne au lm\- » beau (5).'» C'est le plus beau sacrifice que Ton puisse offrir nu père de tous les vivons, que de lui sauver un de# enians; si ce n'est qu’il soit de ceux dont la vie Kt la mort des autres, ou par sa cruauté, ou par sm exemples, vme proposition* C’est un motif de clémence que de se souvenir qu’on est mortel* ft Nous mourons tous, disait à David eeüe fejium î> sage de Thécué (6) ; et comme les eaux, uous ûoiü M écoulons sur lu terre, sans espérance de retour »

et Dieu ne veut point qu'un homme périsse; mè ( i) Num. xu, .3. — (a) Fs. cxxxi. r, — (3) Job. xx.u il! — (D ///- /teÿ xx. 3k — (5) Prov. xxiy, m. — (6) IL Itq XIV. i3, i 1 j - UREE T)Ë L’ÉCRITtrUT!, IIV. 1*111, 3or> i ïl repasse en lui-mëme la pensée de ne perdre pas » entièrement celui qui est rejeté- Pourquoi donc ne » pensez- vous pas à rappeler un banni et un dis- * gracié ? » La rie est si malheureuse d’clle-meme , et s’écoule si vite, qu’il ne faut pas, s’il se peut, laisser passer dans Paccablcmcnt des jours si brie fs. La mortalité nous rend faibles* et dans cette fragilité on fait aisé¬ ment des fautes ; il faut donc se porter à l’indulgence* et excuser les faiblesses du genre humain, IXe PROPOSITION, Le jour d*un& victoire , qui nous rend maîtres de t u>$ ennemis , est un jour propre à la démence. Saul défit les Ammonites : et ses fidèles sujets, qui virent son trône affermi par cette victoire, indignés contre ceux d'entre le peuple qui, peu auparavant, nié- prisoit le nouveau roi, disoient à Samuel (i) : « Où » sont ceux qui disoient : Est-ce que Saül régnera sur » nous? Qu’on nous les livre, et nous les ferons » mourir, Saul répondit : Nid ne sera tué en ce jour, » qui est un jour de salut que Dieu donne au peuple. » El nous devons imiter sa miséricorde. C’est encore une raison de pardonner, lorsque Dieu livre nos ennemis entre nos mains, par une grâce et une providence particulière* « Frappe z- les d'aveuglement, Seigneur, » disoît Elisée, des Syriens qui faîsoîent la guerre aux Israé¬ lites (a)* « El Dieu les frappa d’aveuglement. * Et en cet étal le prophète tes mena au milieu de Samarie. « Le roi d’Israël dit ù Elisée (5) : Mon père, ne faut- » il pas les tuer? Gardez-vous- en bien, reprit Elisée; car vous ne les avez pris ni par votre épée ni par » voire arc, pour ainsi les massacrer; mais donnez- » leur du pain et de l'eau, afin qu’ils en prennent en U liberté, et les renvoyez à leur seigneur. » CO /■ iïrg- », i3. — (a) IF. JW vi„ ig_ (ï) Ibfd. 2 i , i5.

rouTiQtn Ln l>rince no se montre jamais plus -rand & m dcdemcncir OI'SqUl1 aïCC 6UX du «**«««1* *, xc faopositioïî. Dans les actions de démence „ U est souvent convenable de laisser ijuelfne reste depunitm pour la révérence des lois , et pour l’exemple, « Vos misons m’ont apaisé envers Absalon , , maigre l attentat enorme a commis sur sonfrtJ Àmnon , disoit David à Joab (i). « Faites doue «J » nir ce jeune prince dans sa maison : mais qu’il np * voie point la face Arroi. Ainsi il Tut rA&peJé daul * üi 3È J demeura deux ans, sans oser* » présenter de ni ni le roi » Moïse avait donné un 'semblable exemple, IorsW Marie sa sœur, devenue lépreuse pour avoir dérober demanda pardon f. Moïse par l’entremise d’Aàrtfc « Lt Moïse crm au Seigneur, et le pria de la délivre. « Mais le Seigneur répondit : Si son père fri* » quelque faute) lui avoit craché sur le visage, n’ètèil » il pas jü^le qu’c ïlc portât sa confusion du rmitr,' » durant sept jours? Qu’elle soit donc élmghéei » camp durant sept jours; et, après, elle sera m w peleè îi r xîe proposition. Il y a itne fausse indulgence * Telle fut celle de David envers Amnon son fils aîné, dont le crime le contrisia beaucoup (3) ; mais cela ni sufiïsoit pas, et .1 faïloit le punir. Au lieu que «Ét - vou ait! pas affliger l’esprit d’Amiio.l son fils aîné, » qu il amioit beaucoup, » il laissa sou attentat Jmpuni ; ce qui causa la vengeance d’AIitealon qui tua son frere. 1 Ce grand roi eut aussi trop d’indulgence pouf entreprises d’ÀbsaJon et d’Àdôïiîas. Ce dernier Æ 31V' 9,,-0®***®— CO Xii. i3 IfW il* *in, 21, aSj 29, TIBkB BE UT* VIU* 54 1 » leVoit excessif emqiit dans la vieillesse de David. €c » père trop indulgent ne le reprît pas, en lui disant : b Pourquoi fakes-vous ainsi (1) : tj Et son excessive facilite eut les suites qu’on sait assez. On sait aussi Pindulgence d’Héli, souverain pontife , homme saint d’aiflëurs, et la manière étrange dont Dieu le punît (ta). Ce sont des fautes dangereuses^ dont on voit que les gens de bien, portés naturellement ù l'indulgence, ont plus à se garder que les autres hommes* su* rao position* Lorsque Us crimes se multiplient y injustice doit devenir plus sévère* C’est ce qui paroit dés J 'origi ne du.

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