Politique tirée de l'Écriture sainte (page 12)
Le nouveau roi parla à Adoptai d'mi ton à îiîaltre ; lien ne branla dans le royaume , et la ï& Lellion qui grundoil fut assoupie. (i) /. Pur. xxym, i , % et seq* TIREE DE DÉCRITE RE. LIV\ rX, $1 3 . Elle ne revint qu’au commencement du régné de Roboam* Et c’est là un temps de fùiblesse qui! faut toujours observer avëc plus de soin , si l’on veut biblt assurer le repos public. xn* proposition. Les roîs sont toujours armés . Nous avons vu sous David les légions Célctbî et Phélethi, que Banaîas comrnandoit, toujours sur pied* Il avoit aussi conservé le corps de six cents vaillant combattais , commandés par Ethal Gelhéen , et des autres qui étoient venus avec lui pendant sa disgi’fuîe (i). Je ne parlerai point des autres troupes entretenues, si nécessaires à un Etat : ce sont tous des corps im¬ mortels, qui, en se renouvelant dans le même esprit qu’ils/ ont été formés, rendent éternelles leur fidélité et leur valeur. On ornoit ces troupes choisies , d’une Façon parti¬ culière , pour les distinguer ; et c’est à quoi étoient destinés les deux cents piques garnies d’or, et les deux cents boucliers lourds et pesons, couverts de lames d’or, avec trois cents autres d’une antre figure, pareillement couverts d’or très -affiné , et d’un grand poids, que Salomon gai doit dans ses arsenaux fa). Outre ies garnisons des places , qu’on trouve par¬ tout dans les livres des Rois et des chroniques ; et* outre les troupes qui étoient sur pied, il y en avoit d’infinies sons la main du roi , avec des chefs dési¬ gnés, eL qui étoient prêts au premier ordre (3). On ne sait en quel rang placer les gens de guerre , qui se relevoîent au nombre de vingt-quatre mille , à chaque premier jour du mois, avec douze commandans (4) , (i) //. Jiegn XV, i8, 19, III, Feg, K 8, 70, 33. /. Fur. xiï. 1 et scq. — (3) IIL Heg. x, 16, 17. Il, Far. ix« i5, — (3) IL Par. xvii. 14 cl scq. xxyi* 12, i3. (4) 4 Fur, avu J f 2 n serf. 4*t> POLITIQUE 11 n’est pas nécessaire de marquer que, pour point charger TElat des dépenses, on les assembloit selon le besoin* dont l’on a beaucoup d’exemples.
Ainsi tes Etats demeurent forts au dehors emn 1 ennemi , et au dedans contre les médians et tes «. bolles; et h paix publique est assurée. tirée m l’écritüre. liy, x. 4*7 \V\l W\l mv\V k,W V Vt, J»IV l VV V VV V VW iVlMV ‘kA.V VVN. WN ^AA tvv\vv\ VlMttmVWWV'AV LIVRE DIXIÈME ET DERNIER. SUITE DES SECOURS DE LA ROYAUTÉ. LE3 RICHESSES , OU LES FINANCES ; LES CONSEILS ; LES IKCOX V ÈSLEïîS ET TESTA-TIDÏSS QUI ACCOMPÀGïï&îtT LA ROYAUTÉ j ET LES UE MED ES QIl’üN Y ÛOIT APPORTER. ARTICLE PREMIER. Des richesses ou des Jinances. Du commerce p et des impôts. V* PROPOSITION H y a des dépenses de nécessité ; U y en a de splendeur et de dignité. a Qui jamais fit la guerre a ses dépens ? Quel soldat » ne reçoit pas sa paye ( i) ? * On peut ranger* parmi ces dépensés de nécessité r t outes celles qu’il faut pour la guerre : comme la for¬ tification des places les arsenaux ^ les magasins et les munitions dont iî a été parlé. Les dépenses de magnificence et de dignité ne sont pas moins nécessaires * à leurs manières * pour le soutien de ïa majesté y aux yeux des peuples et des étran-r gers. Ce seroit une chose infinie de raconter les magni¬ ficences de Salomon (2). Premièrement dans le temple j qui fui l- ornement ■ (i) /. Cor. ix. 7. — (s) IÏL Beg. yi , yjr, vin, 1 x. //* Par . 1 ? 1 1 j 1 1 1 j iVj v* yi 7 y u * 4 POITTTQrK comme la défcnsè du royaume et de ïa ville, Km J 1 Fègàlôit dans toute lu terre, non plus que fc fet 1 qu on y servoit, Ce temple porta jusqu'au ciel, J dans toute ta postérité, la gloire de la nation, et ]j ] nom de Salomon son fondateur (î). Treize ans entiers furent employés é bâtir k palJ < du roi dans Jérusalem, avec les bois, les pierres, 3e f marbres et les matériaux les plus précieux ; coimiïJ i avec la plus belle et la plus riche architecture qu'on : eût jamais vue* Onl'appdoit le Liban, a cause de la i multitude de cèdres qu’ûïi y posa , en hautes cüloons ; comme une forêt, dans de vastes et de longues** leries , et avec un ordre merveilleux (a)* O n y a d mi roit en particulier le t rô n e ro y a 1 , od le tt resplendis soit d'or, avec la superbe galerie où ÏE foà érigé.
Le siège en étoît d'ivoire, revêtu de rorlepb Î)ur; les six degrés par où l'on mon toit au t rône, et es escabeaux où posoient les pieds, étoîent du mm métal; les omemens qui J 'environ noient étaient m d'or massif (5)* Auprès, se voyoit l'endroit particulier de la galerie j o ii se rendoit la justice, tout construit d'un parti ouvrage* Salomon Bâtît en même temps le palais de larcin; sa femme j fille du roi Pharaon (4), oû tout étmedo» ! de pierreries ; et où , avec la magnificence, on vajdt ! reliure une propreté exquise. Ce prince appela pour ces beaux ouvrages, tnnl dt ! son royaume que des pays étrangers , les ouvriers Jo plus renommés pour le dessin, pour la seuipturc>poii[ rareb itecture (5) , dont les noms sont consacrés àjî- [ mais dans les registres du peuple de Dieu, c’e&l-ib dire dans ïes saints livres* Ajoutons des lieux destinés aux équipages (6), où (i) /. Par. xxix* > sj , aS. — (a) III. fieg, vu. M etseq. (3) fbid, x. io, an, //* Par. ix- ij* ifi, - f (4) 1U ÎUg. m i , ix. 24. Il Par. tnlii. - (S)//, m u. 1 3 s 14.— (6) III. Ileg, iy, aG. 5. ^3. II. Ar. j» !t ix* a5. T21CË I>E L^civnriXE. ur, f\ ï£J les chevaux ? les chariots* tes attelages étoient innom¬ brables. Les tables , et les officiers de la maison du roi pour ]a chasse, pour les nourritures * pour tout le service * dans leur nombre comme dans leur ordre , repmi-* dotent à cette magnificence (1). Le roi étoit servi en vaisselle d’or : tous les vases de la maison du Liban étaient de fin or (a) ^ et le Saint-Esprit ne dédaigne pas de dkscemlre dans tout ce détail ? parce qu’il servit , dans ce temps de paix , a faire admirer et craindre* au dedans et au dehors * la puissance d’un si grand roi. Une grande reine, attirée par la réputation dotant de merveilles, vint les voir darrS le plus superbe ap¬ pareil * et avec des chameaux chargés de toute sorte de richesses (5). Mais, quoique accoutumée àla gratw deur où elle étoit née , elle de tueur oit éperdue ù l’as¬ pect de tain de magnificences de la cour de SiUomoru Ce qu’il y eut de plus remarquable dans son voyage , c’est qu’elle admira la sagesse du roi plus que toutes ses.au très grandeurs ; et qu’il arriva,, cc qui arrive tou¬ jours à rapproche des grands hommes, qu’elle recon¬ nut dans Salomon un mérite qui âurpa&oit sa répu¬ tation.
Les présens qu’elle lui fit, en or, en pierreries , et en parfums les plus exquis* furenL immenses , et de¬ meurèrent cependant beaucoup au-dessous de ceux que Salomon lui rendit (/|), Par où le Saièt-Bsprit nous Lut entendre qu’on doit trouver dans les grands rois une grandeur d’aine qui surpasse tons leurs tré¬ sors, et que c’est la ce qui fait véritablement une âme royale. Les grands ouvrages de Josaphat, d’Ozins . d’Ezé- chias, et des autres grands rojs de Tuda; les villes,, les aqueducs, les bains publics, et les autres choses qui furent, non seulement pour la sûreté et pour lu (i) II L iv. 22 , (s) Ibid, x, 21. Il, Ptir. ix, sa. — (3) ///. Àûg. x. t , a et IL Pai\ îx. i, a et seq. — (J) III. £e g-, x. l , 2 et //, Par. ix. i > a cl seq. 4ao POLITIQUE commodité publique , mais encore pour rornemeirf do palais, et du royaume, sont marqués avec xl dans 3’Ecnture (i). Elle n’oublie pas les meubles nn; deux qui paroient leur palais, et ceux qu’ils y foi garder j non plus que les cabinets des parfums h vaisseaux d’or et d’argent, tous les ouvrages ™[- et les curiosités qu’on y ramassait. Bien défendoit l’ostentation que la vanité inspire et la toile endure d’un cœur enivré de ses richesses - mais j] vouloit cependant que la cour des rois' fl! éclatante et magnifique, ponr imprimer aux peuple un certain respect. 1 Et encore aujourd’hui, nu sacre des rois, crrnimi on a déjà vu, l’Eglise fait cette prière (2) ; u Fuisse » la dignité glorieuse, et la majesté du palais, flirt H fclat«r aux yeux de tous la grande Splendeur é » la puissance royale; en sorte que la lumière,’» » blable à celle d’un éclair , en rayonne de tou » cotés! b Toutes paroles choisies pour exprimer h magnificence d’une. cour royale, qui est demander! Dieu , comme un soutien nécessaire de la royauté. H* rnoposmoiû Un Etat florissant est riche en or et en üffjti if; et c est un êtes fruits d’une longue paix. for abondoît tellement dorant le règne de Salomon, « qu’on y comptoit l’argent pour rien; et qu’il M »
(pour ainsi parler) aussi commun que les pierra; | » et les cèdres aussi vulgaires que les sycomores * qui w croissent (fortuitement) dans la campagne bu Comme c èloit la le fruit d’une longue puix , te Saint - Esprit le remarque, pour faire aimer aux ( princes la paix, qui produit de si grandes choses, j ( 1 ) I^ - ïteg- ï3 , 20. IL Par. xvii f xxti , xxxn.9; ï — W Cerem franc. > p«g. 35, (h - (3) HL **£ £■ 21, 27, fl. Par. ix. 2û, 27. TIRÉE DE l'ÉCHETURE» IIY- %. Il Ie FROBQBljEIOH. La première source de tant de richesses est te commerce et (a navigation , ü Car les navires du roi alloïcnt en Tharsîs, et en b pleine mer, avec les sujets iFHiram, roi de TyrJ » et rapportèrent tous les trois ans (le For, de Far- » genE, et de H voire , avec les animaux les plus b rares (i)* » Salomon a voit une flotte à Asiongaber auprès d’Aïlath, sur le bord de la mer Rouge ; et Hiram, roi dcTyr, y joignent la sienne , où étcïent lesTyriens, peuples les plus renommés de toute la terre pour la navigation et pour le commerce : qui rapportoîent d’Ophir (quel qu’ait été ce pays)* pour le compte de Salomon, quatre cent vingt talens (For, souvent morne quatre cent cinquante, avec les bois les plus précieux et des pierreries 6*}* La sagesse de Salomon paroît ici par deux endroits : Puri , qu’après avoir connu la nécessité cki commerce, pour enrichir son royaume, il ait pris, pour rétablir, le temps d’une paix profonde, où i\Etat n’ctoît point accablé des dépenses de la guerre : l’autre, que ses sujets n’étant point encore exercés dans le négoce et dans Fart de naviguer, il ait su s’associer les habiles marchands, et les guides les plus assurés dans la na¬ vigation qui fussent au monde , c’est-à-dire les Tyricns; et faire avec eux des traités si avantageux et si sûrs* Quand les Israélites furent instruits par eux-mêmes dans les secrets du commerce, ils se passèrent de ces alliés : et l’entreprise, quoique malheureuse, du roi Josaphnt, dont la flotte périt dans le port d’Asïongabev (5) , fait voir que les rois continu oient le com¬ merce et les voyages vers Ophir; sans qu’il y soi L fuit mention du secours des Tyricns* (i) III.
ïte$. X. 22. II. Par . ix. 21* — (u) HL Bûe. ix. afi, 37, 28, x- if. //♦ Par. y nu 17, 18*- (3) ///, Re& mh. 49- U- Par- SA. 36, 3j. 4 sa roLmQtB tv4 PROPOSITION* SecondesourcedesrîchcsscB : tedomaintdu prime, Du temps de David , il y avoit des trésors dans J& ru sale tri ; et Ajsmoth , ûh tTAdïeh en était ic gardé (4 P o il r ïcs ti ‘és o rs qu’on ga rd o i t dans les vill es f dan* les Villages, et dans les châteaux ou dans les louis, Joathan, fils d’Ozias , en avoit la charge. Ezri, G[$ de Chelub, avoii soin de ceux qui étaient occupes du labourage et aux travaux de la campagne* Il y avoit un gouverneur particulier pour ceux qui faisoiertï les vignes et p renoient soin des celliers : et cWt Semeias et Zabdias. Balanan était préposé pour h culture des oliviers et des figuiers ; et Joas veilJoîUur les réservoirs d’imile. On voit par là que le pr&e avoit des fonds ^ et des officiers préposés pour le? régir. On marque aussi les villages qui et oient à lui, cl le soin qu’il eut de les entourer de murailles fa). Ou laisoll des nourritures dans les pâturages de hm\b tagne de Saron, et sur les vallons qui y Étaient tb- üïics* L Ecriture spécifie les bëtcs à cornes s les ckmeaox. et les troupeaux de brebis. Chaque o m vrage avoit son préfet : « et tels étaient les gouverneurs, ou j> les in tendons , qui avaient soin des biens et des « richesses du roi David (5). » La même chose continue sous les autres rois. El il est écrit d’Ozias (4) « qu’il creusa beaucoup de » citernes, parce qu’il nourrissoîl beaucoup de trou- » peaux dans les pâturages, et dans les vaslcs cam- )> pagnes; qu’il prenoit grand soin de la culture des » vignes, et de ceux qui y étaient employés, dans les » coteaux et sur le Carmel; et qu’il était fort affocw donné à l’agriculture* » Ces grands rois connoissoient Je prix des richesse* naturelles , qui fournissent les nécessités de la vie, et (i) P Par. xxvij. 2â, 25, 27, 28. — (a) III. Be*. îx 19, —{3} I. Pm\ xx vu. 39, 3o, 3 j. — (4) i/, Par , x.un ^ TIBÊË TjE L’ictUTÜÎlEp TlV.
fao enrichissent les peuplés plus que les mines d’or cf d’argent. Les Israélites) ay oient appris dès leur origine ces utiles exercices. Et il est écrit d’Abraham (i) « qu’ij » éLoît très-riche en or et en argent. » Ce qui, sans connaître les lieux où la nature resserre ces riches métaux r lui provenoît seulement des soins de la pour* rîture et des troupeaux. D’oi^ est venue aussi la répiN talion de la vie pastorale, que ce patriarche et ses descendais ont embrassée* y* proposition. * Troisième source des richesses : i es tributs im¬ posés aux rois et aux nations vaincues , qu'on uppeloit des présens* Ainsi David imposa tribut aux Moa biles et à Damas * et y établit des garnisons pour leur faire payer ces présens (2). Salomon avait soumis tous les royaumes depuis le fleuve de la terre des Philistins, jusqu’aux confins de l’Egypte. Et tous les rois de ces pays lui offraient des présens , et lui dévoient certains services (5). Le poids de For, qu’on payait tous les ans a Sa¬ lomon, étoit de six cents talens; outre ce qu’a voient accoutumé de payer les ambassadeurs de diverses nations, et les riches marchands étrangers 3 et tous les rois tT Arabie , et les princes des autres terres, qui lui apportaient de l’or et de l’argent (4)* C’est ainsi qu’on l’ayoit chanté par avance sous le roi David (5), que les filles de Tyr (c’est-à-dire les villes opulentes ) , et leurs plus riches marchands, apporteraient leurs pré¬ sens a la cour de Salomon. Tous les rois des terres voisines envoyaient chaque année leurs présens à Salomon, qui consistaient en vases d’or et d’argent, en riches habits, en armes, en 4M fOlîTiQtË parfums, en cWjraux et en mulets (i); c’ést-MÎwj ce que chaque pays avqit de meilleur. Les Ammonites apportoient des prêsfens ü Ozi^' cl son nom êtoit célèbre jusqu'aux confins de IF pi'te (a). r comptait, parmi ces présens , non seulement I or et l’argent , mais encore des troupeaux ; et c’iq ainsi que les Arabes payaient par an à Josnphat m mille sept cents béliers,, et autant de boucs ou de chevreaüx(5), Vlr PU 0 POSITION, Quatrième source des richesses : tes impôts (jut payait te peuple.
Bans tous les Etats , le peuple contribue auxdiarça p u 1> 1 iq ues , e ’e sl-a- d l re à sa p ro p re c o n se r va lion ; ti cette partie qu'il donne de ses biens, lui en assuré le reste , avec sa liberté et son repos. L’ordre des finances , sous les rois David et Sa¬ lomon , était qu’il y avoit un surintendahi préposé j tous les impôts, pour donner les ordres généraux (4). Il y avoit s pour le détail, douze intendans dJ stribues par cantons , et ceux-ci étaient chargés, chaîna a son mois , des contributions nécessaires à la dépense du roi et de sa maison (5), Leur département étoit grand , puisqu'un seul a volt à sa charge soixante grandes villes environnées de murailles, avec des serrures d’airain (C), On Itt aussi de Jéroboam iquc Snlomon, qui w le voyoît, dans sa jeunesse , homme de couragG, » appliqué et industrieux {ou agissant, comme parle w l’original ) 5 le préposa aux tribus de la maison d: w Joseph m ; c’est-à-dire des deux tribus d’Æphraii et de Manassé. Ce qui montre, en passant, les qua¬ lités qu’un sage roi demandait pour de telles fonctions: (0 IL Fur, IX. aS, o'. — (2) Ihidi xxvj xvii. li, — (4) II. Ihg. xx* 2 f\. HL Bcé. n'. 6* xn. iS. //. Par. x. iB*— (5) J IL lïcg. iy, 7, S etwq.-(6)M i3i — (7) Ibid xi, 28, TIRÉE DE C ÉCRITURE. tlV. X. 4^5 encore que sa prudence ait été trompée dans le choix de la personne. Y!!* PROPOSITION Le prince doit modérer tes impôts et ne point accabler le peuple. « Qui presse trop la mamelle pour en tirer du lait* « en réchauffant et la tourmentant, tire du beurre : ?f qui se mouche trop fortement , luit venir le sang . a qui presse trop les hommes , excite des révoltes et » des séditions, » C’est la règle que donne Salomon ( \ )♦ L’exemple de l\oboam apprend sur cela le devoir aux rois, ? t Comme cette histoire est connue , et qu’elle a déjà été touchée ci-devant (a) , nous ferons seulement quelques réflexions. En premier lieu , sur les plaintes que le peuple fit à Roboam , contre Salomon, qui a voit fait des levées extraordinaires (5), Tout abondoit dans son règne, ainsi que nous avons vu* Cependant , comme His¬ toire sainte ne dit rien contre ce reproche, et qu’il j passe au contraire pour avéré, il est à croire que sur la fin de sa vie , abandonné à l’amour des femmes , sa foi blesse le povtoit à des dépenses excessives, pour contenter leur avarice et leur ambition* C’est le malheur, ou plutôt l’a veugle ment , où sont menés les plus sages rois, par ces déplorables excès.
En second lieu , la réponse dure et menaçante de Roboam poussa le peuple à la révolte, dont l’effet le plus remarquable lut d’ accabler à coups de pierres A du ram, chargé du soin des tributs, quoique en¬ voyé par le roi pour l'exécution de ses rigoureuses réponses. Ce qui effraya tellement ce prince, qu’il monta précipitamment sur son char, et s’enfuit vers Jérusalem (4) : tant Î1 se vit en péril. En troisième lieu, la dureté de Roboam à refuser (i) Pr ov. xxx, 33. — (2) Ci-devant ? iv, mt. n , 11* pvmws. , pas. itSj hG* — (3^ II J \ Peg* xu i, 3j 4* fur. x. Ü , 3,4* — (4) Jie$' l$' H* £*ai'' tout soulagement' i son peuple, et la menace olxfe d en a&WVfever 11» îniitr iuejTii’.'. ■ t n - MÇ( _ I, - - j 4_ s_ l ui CJ t ItüllCUSË ç[ inhumaine, est attribuée à un aveuglement permis dt Bien , et regardé comme un effet de cette iiistîctpi met 1 esprit de vertige dans les conseils des rois. , L f. . H . 5 en unis aux mauvais cou. Étnibj et châtie tout ensemble les uns et les au I res, Bn cinquième lieu , la suite est encore plus lerriiilt. *-1. J . -7 . ^ |JLL1S LtrilUiF. mcu PenT1J,: CIUC peuple soulevé oubliât toutrespcct en massacrant ? 'comme aux yeux du roi, vtn.fàm prmapaux ministre^ et renonçant tout ouvertement! 1 obéissance En sixième fieu, ce n’est pas que ce massacre e( cette révolté ne tussent des crimes. On sait assaini' IJicu en permeL dans les uns, pour châtier ceus <ta autres. Le peuple eut tort, Roboam eut tort ; et Dieu purnt énorme injustice d’un roi, qui se faisoifjvs honneur d’opprimer sou peuple, c'est-à-dire a en fans. En septième lieu, cette dureté de Itoboam tfc par un seul trait le sou venir de David et de toutes s« hontes, aussi bien que celui de ses conquêtes d Je scs autres grandes actions. « Quel intérêt, dît le “ -rPeupte d Israël (4)? prenons-nous à Dayid, et qi le ~ (2) II. Par - xmr. X- i5, — (4) ÎÏL % xJh TIREË D’H L'1 ECRITURE. tîY . X. 437 ï - noua importe ce que deviendra le fils irisai' ? O » David, pourvoyez ù votre maison, et à là tribu de u Juda.
Pour nous, alïons-nous~en chacun chez nous* & sans nous soucier de David ni de sa race. » Jéru¬ salem, le temple, la religion, la loi de Moïse furent aussi oubliés; et le peuple ne fut plus sensible qu’à sa vengeance. Enfin , en huitième lieu } quoique l'attentat du peuple fût inexcusable, Dieu sembla vouloir ensuite autoriser le nouveau royaume qui s'établit par co soulèvement * et il défendit ïi ttoboam de la ire la i guerre aux tribus révoltées, « parce que, dit-il (i)? u tout cela s*est fait par ma volonté » , par ma per¬ mission expresse, eL par un juste conseil. Jéroboam paroît devenir un roi légitimé, par le don que Dieu lui fit du nouveau royaume. Ses successeurs constam¬ ment furent de vrais rois, que Dieu fit sacrer par ses prophètes* Ce n’étoit pas qu’il aimai ces princes, qui I faisoient régner toutes sortes d'idolâtries et de mé¬ chantes actions ; mais il voulut laisser aux rois un monument éternel, qui leur fît sentir combien leur dureté envers leurs sujets étoit odieuse à Dieu et aux, hommes. J £ vin" proposition. Conduite de Joseph dans le temps de ceMehorribté famine } dont toute V Egypte et ic voisinage furent affligés, t Joseph , en vendant du blé aux Egyptiens , mît tout Fargent de l’Egypte dans les coffres du roi. Par ce moyen, il acquit aussi pour le prince tous leurs bestiaux , et enfin toutes leurs terres , et mémo jusqu’à leurs personnes, qui furent mises dans la servitude (^). Loin de s’oftcnsër de cette conduite, toute ri go ut reuse qu’elle paroisse, la gloire de Joseph fut immor¬ telle. Ce sage ministre tourna tout au bien publie. Il O) ///. lîeg. xi ic a3, -4, //■ Pur. xi. 3, 4* - (a) Gyti IfcVJi* (3 , |ij, |5 et ... : , ; POUTÎQl’E m,T pi a‘* PCïp,° * (faoi ensemencer leur ffw que Pharaon leur rendit; il roda /es îmnfil, ^voient au roi, â la cinquième partie de leml ret(?n“* . 1 lonneur ;l ,a religion, en exemptant de ce frit erres Sacerdotales, C’est ainsi qu’il accomplit ta e devoir d’un .zélé ministre envers le roi et 55 peup t,ctqu il mérita le titre de Sauveur du inonde (r), IX" PB O POSITION* Remarques sur tes paroles de Jésus-Christ tti ses apôtres , touchant (es tributs.
v Rendez à César ce qui est à César, et ;i Diciin ” qui est à Dieu » , dît Jésus- Christ7a). p0Br ' iv«'l' f7iid Ü0l sentcilcc’. s;,ns demander comment fl avec quel ordre se levoient les impôts, il ne iwri* SfcVsçr * “ * “”r *»* » ^ » Son apôtre prononce de même (3) : «Henfelt tu ut é qui vous devez le tribut; et l’impôt i ■ '®“vdT,.limpîî ( en ;uSenl ou *n espèce,* T. Ia, coutume l’établit ) ; l’honneur à qui m r !'ïi®* lonneur ; la crainte à qui vous devei la Sairn Jean-Baptiste avoit dit aux publicaias.dnné de le ver les cirons de l’empire : « N’exigez rien aV » delà de ce qui vous est ordonné (4). » I '\U J^0n B ®nlre P°int dans les manières d'établfr t jimÇ Publics, (pie chaque nation ’connoît Li seule réglé divine, « inviolable parmi tous les luom est de ne point accabler les peuples, dà wsurer les nu puis sur les Besoins de fJEtat. cl sur les charges publiques, xe proposition Réflexions surfa doctrine précédente} ctdc finition des véritables richesses* On doit conclure * des passages que nous avons (f) Sen. xii. /f 5, — (a) Mauh. xxn, aj, — (3) Rom, un» 7* —\4) bue, III, |3, w TIRÉE DE L*ÉCR ITERE. LIV. X. 4^9 rapportes , que les véritables richesses sont celles que nous avons appelées naturelles ,Tk cause qu'elles four¬ nisse nt ù la nature ses vrais besoins. La fécondité de la terre, et celle des animaux, est une source inépui¬ sable des vrais biens : l’or et l'argent ne sont venus qu 'après, pour faciliter les échanges. Il faut donc, à l'exemple des grands rois que nous avons nommés; prendre un soin particulier de cul¬ tiver la terre, et d'entretenir les pâturages des ani¬ maux , avec l'art vraiment fructueux d 'élever des troupeaux, conformément à cette parole (1) : «Ne s négligez point îes ouvrages, quoique laborieux, de >s la campagne, et' le labourage que le Très-Haut a b créé* » Et encore (a) : « Prenez garde a vos bes- * tîaiix; ayez soin de les bien connoître. Considérez j) vos troupeaux. » Le prince, qui veille à ces choses, rendra ses peuples heureux , et son Etat florissant.
XIe PROPOSITION. Les vraies richesses un royaume sont ies hommes» On est ravi quand on voit, sous les bons rois, la multitude incroyable du peuple, par la grandeur étonnante des armées. Au contraire , ou est houleux pour Achab, et pour le royaume d'Israël épuisé de peuple, quand ou voit camper son année, « comme » des petits troupeaux de chèvres (3) » ; pendant que l'armée syrienne, qu'elle avoit en tète, couvrait toute la face de la terre. Parmi le dénombrement des richesses immenses de Salomon, il n'y a rien de plus beau que ces pa¬ roles (4) ; « Juda et Israël étoienl innombrables comme » le sable de la mer. « Mais voici le comble de la félicité et de la richesse; c'est que tout ce peuple innombrable « mangeoit et ' (i) Eccl. vu. iG. — « (2} îbid. 2§; et Proy. xiyn. 23* *— (î) ///. Iteg. xi. 27. — (4) Ibid . iv. 2a. 45» rnttiiQtE » lui voit du fruit de ses mains, et chacun s mis sa » et son figuier, et étoil en joie (i). .. Car la joie les corps sains et vigiweux, et fait profiter Piano» repas que l’on prend avec sa famille, loin de [acrais de l'ennemi, et bénissant, comme l’auteur de tanli* biens, le prince qui aime la paix; encore qu’il S(1;t(. état de faire la guerre, et ne la craigne que parjjM,‘ et par justice. Un peuple triste et languissant mp courage et n’est propre à rien : la terre mCn^ ressent de la nonchalance oi) il tombe; et les fa* sont foibles et désolées. XIIe PfiOrOSJTIQîr. Moyens certains ^augmenter U pmpk C est qu il soi t un peu à son aise, comme onrhi de voir. Sous un pnncc sage 5 Toisiveté doit être odieimat on ne la doit point laisser dans la jouissance de s:d injuste repos, t/est elle qui corrompt les moeurs ü^lie les brigandages. Elle produit aussi km:- 1 oians 5 autre race qu il faut bannir d’un royaume bic policé; ; et se souvenir de cette loi (a) : « Quïl oV ait J> d indigent ni de mendiant parmi vous, * (Jii ne doit pas les compter parmi les citoyens, \m quds sont à charge é l'Etat, eux et leurs eu bs ftlais j pour ôter la mendicité ?
il faut trouver k moyens contre Pinel îgence. Soi tout il faut avoirs o i n des î n ai ï a gc s * ren lire facilï et heureuse J’éducalïon des en fa ns, et s'opposer am u ti tons illicites. La fidélité., la sainteté et Je bonheur mariages est un intérêt public, et une source de félicité pour les Etats. Cette loi est politique autant que morale et reli¬ gieuse (5) : « Qu’il n’y ait point de femmes de» » vais e vie parmi les filles d Israël, ni de débauché » parmi ses enfans. » Soient maudites de Dieuctite , C*) /// Jïeç. xi. 20, 25, — (2) DeuL xv. xxm. i 7, v 1 1 TtRKË DE l'uCHIÏÜEE, II V, X * A$^ lionimes, les unions dont on ne veut point voir de fruit, et dont les voeux sont d être stériles- Toutes les femmes de la famille d'Àbimelech le devinrent, par un exprès jugement de Dieu , a cause de Sara , femme d Abraham (j). Au contraire , Dieu favorise et bénit les fruits des mariages légitimes* On voit croître ses en fans autour de sa table comme de jeu nés oüviert (2) : une femme , ravie d'ëtre mère , est regardée avec com¬ plaisance de celui qu'elle a rendu père de sî aimables enfaus. On leur apprend que la modestie, la frugalité, et Fépargne, conduite par la raison, est la principale partie de la richesse; et, nourris dans une bonne maison , mais réglée, ils savent mépriser la vanité qu'ils n’ont point vue chez leurs paréos* La loi seconde leurs désirs, quand elle réprime le hixe. Les premiers qu'elle sou le voit contre leurs en fa ns déréglés, etoient les pères et les mères, qu’elle con¬ traigne! t à les déférer au magistrat, en lui disant : “ A oila notre fils désobéissant, qui, saus écouter nos a avis et nos corrections , passe sa vie dans fa bonne » chère, dans le désordre, et dans la débauche, i> JLa peine de ce débauché incorrigible étoit «d’èlre lapidé; » et tout Israël, saisi de crainte, 5e relirait du dé- ” sordre (3), » On n’en étoit pas quitte en disant; Je ne fais tort à personne; on se trompe : dans les dé règle me ns qui empêchent ou qui troublent les manages, ii faut éviter et punir, non seulement le scantltde, J injqrc qu'on lait aux particuliers , mais encore celle qu on fait au public, qui est plus grande et plus sérieuse qu’on ne pense.
Concluons donc, avec le plus sage de tous les rois ; * La &lüîre ™ et sa dignité, est la multitude du « peuple ; sa boute est de le voir amoindri et dimi- » nué par sa faute (4)* » (1) G en. xx, xxi. nj, ^o. [7, iS. — (a) Ps. cxxvn. 3.— (3) Dcut. ai. — (4) Pmi’, xiv. 28, f\*52 tmtriQrE ARTICLE IL Les. conseils. Nous en ayons déjà beaucoup parlé, et posé ^ -principes (i) , surtout quand nous avons traité b moyens dont un prince se doit servir pour acquérir les connoîssances qui lui sont nécessaires pour Irieo gouverner. Mais l'on approfondit ici encore 4a™- tage ce qui regarde une matière de cette importa; et Ton réunit j sous un même point de vue, b pré¬ ceptes et les exemples que TEeriture nous fournit, même quelques uns de ceux qui se trouvent di^j- -ses dans cet ouvrage, afin qu 'après en avoir posé h principes, on en puisse voir dans un même lieu l'ap¬ plication et le détail dans toute son étendue. 1TC FItOPQSmOÏÏ* Quels ministres , ou officiers s sont tèmattptii auprès des anciens rois. Sous David, Joab eotmnanduil Tannée: ürtniv avottla conduite des légions Ccretlii et Phélelïtijfi étui eut comme la garde du prince, et . se mbl oient êrf dé tac bée s du commandement général des arméfti sons un chef particulier , qui ne répondoit q ll "au roi A dura m étoit chargé des tributs ou finances. îosapliat ctoit secrétaire et garde des registres. Si va, qu’on ap pelle ailleurs Saraias, est appelé scribe, bointoclit- îré auprès du prince t Ira étoit prêtre de David iV Jonathan, oncle de David, son conseiller, liomini intelligent et lettré; il étoit, avec Jabiel, gouverner des enians du roi. Achîtopbel fut le conseiller du roi: cl après lui , Joiada et Àbiathar ; et Ch usai étoit W du rui (3J* (i) Ct~ devant , Uv. v, art, \ypag. 1 20 et sniv^eltitt . i'i pa§. 1 5% et suit', — 1^2) il. Mep,. vin, ifi, 1 7, 18. vsrîh a j, 26. — (3) L Pur. xxvm 32, 33, 3^. TUILE DE t’éCElTÜRïI* LIV. X- l\7)d On marque, auprès de Salomon, des personnes appelées gens de lettres : Banaias, commandant 1rs troupes.
Azariasj fils de Nathan, étoit: ù la tête de ceux qui assis t oie ni auprès du roi. Zabud étoit prêtre, et l’a m i d u roi. Aliï sa r , s ’il étoit p e rm is d e *tra d u i rc ainsi, étoit grand-maître de sa maison; et Adoniratn étoit chargé des finances (i). On nomme aussi les grands-prêtres, on les princi¬ paux d’entre les prêtres qui étoient alors {2), pour montrer que leur sacré ministère leur donnait rang parmi les Officiers publics, et que, sous les rois, ils se mêle ient des plus grandes affaires : témoin Sadoc, qui eut tant de part à celle où il s’agissôit de donner un successeur au royaume (5). La dignité de leur sacerdoce étoit si éminente, que cet édfot donnoit lieu à dire que «les enfans de David « étaient prêtres (4) », quoiqu’ils ne pussent pas l’être, n’étant pas do la race sacerdotale, ni de la tribu d’où les prêtres étoîent tirés* Mais on leur donnoit ce grand nom pour montrer la part qu’ils nvoîent dans les grandes affaires. Ce qui semble être la même chose que ce que l’Ecriture remarque ailleurs (5) ; « Les en- » fans de David étoient les premiers sous la main du a roi a ; c’est-à-dire , étoient les premiers à porter et à exécuter ses ordres. Le soin qu’on prenoît u les élever dans les lettres, paroît par la qualité d’homme lettré qu’on donne à Jonathan , leur gouverneur* Il est aussi marqué sous Galas que les trouprs étoient commandées par Jéhiel et Mansias(ô), qui sont appelés scribes, docteurs, ou gens de lettres : pour montrer que les grands hommes ne^dédaignoienL pas de joindre la gloire du savoir à celle des armes. Ce qu on appelle lettrés, étoient ceux qui étoient versés dans les lois, et qui dirigeoieni les conseils du prince à leur observance. (i) ///. üeg IV. 3, 3, 4 ♦ 6, — (a) Ibid. — (3) Ibid . i. ^ > J4* -(4) // jr% vin. i8. — (5) /* Pa,\ xvn e i 7. — (pj //. Par. xxvi. n. * BqSSEET, PotmQt'E, Ia 4J4 POLÎT! QU K ïæ soin de la religion se déclare non seulement mT la part qu*avoienties grands-prêtres dans le ministère public, mais encore par VoiTwa de prêtre du roi «u[ semble être celui qui régloit dans la maison du pn^ les affaires de la religion.
Tel étoii , coinma on a tu, Im sous David , et Zabud sous Salomon , dont il h encore appelé Pami. €ette qualité d’ami du roi, qu’on a vue dansledè* nombrement des ministres publics* appelés et carac¬ térisés par un tenue particulier, est remarquable, et faisoit souvenir le roi quTI n’étoit pas exempt des be¬ soins et des faiblesses communes de la nature W inaine; et qu'ainsi, outre ses autres ministres, qu\m appelait scs conseillers, â cause qu’ils lui donnoienl leurs avis sur les affaires , i! d éveil choisir avec sain un ami, c’est -d -dire nn dépositaire de ses peina secrètes et de ses autres sentîmens des plus intimes, La charge de secrétaire et de garde des registres publics* semble originairement venir de Moïse, à qui Dieu parla ainsi (1) :« écrivez ceci dans un livre w (la déiaite dcsÂinalùcîïes), pour servir de munir* ft ment étemel; car je détruirai de dessous le ciel kmiw « d’ A m ale c . » C o m ni e s ’ il d i s üï t : Je vé u x q ue 1 ’un se souvienne des faits mémorables, afin que le gouvei> nement des hommes mortels, conduit pur Jerpé rïénce et les exemples des Choses passées, ait des couse ils immortels. C’est parle moyen de ces registres qu’on -se. sou vc> ni>U de ceux qui a voient servi l’Etat , pour en roartpr là rc connoissance envers leur la mille. Une des maximes les plus sages du peuple de Dieu, était que les services rendus au public ne fussent pütot oubliés. Ainsi, dans le sac de Jéricho, on publia cci ordre (2) : * Que cette ville soft anathème; que h mh « AUihab vive, elfe et toute sa famille, parce quelle » a sauvé nos envoyés, » Lorsqu’on passa au fil de l’épée tons les habitons de Lmi\ f on eut soin de sauver, avec toute sa pa- (i) Exodr xvn, j — (2) JTqs* vu 17. TIIŒE DE dL^CMTlTiE* HV. X* 4^3 renié , celui qui a vol t montré h passage par où Ton y aborda (i). Le publie ordinairement passe pour ingrat; et il étoit de l’intérêt de TElat de le purger de cette tache, afin qu’on ffit invité à bien servir. Personne iTîgnorc comme Àssnérus, roi de Perse, dans une insomnie qui le travaillait, se fit lire les archives, où U trouva te service de Mardoidiée, qui lui avoït sauvé la \îe, enregistré suivant la cou¬ la me (i2s) ; et comme il fut excite par celle .lecture à le re connoîtie par ime récompense éclatante , tuais plus glorieuse au roi qu’à Mardoehée meme.
Lorsqu’on informa Barrus ? roi de Perse ^ de .la oou* duite des Juifs retournés dans leur pays, ses ofïicim les interrogèrent pour en rendre compte au roi, et lui racontèrent ce que leurs vieillards avoîent ré¬ pondu touchant les ordonnances de Cyrus dans la première année de son règne. Après quoi * ils ajoutoient ces paroles : u Maintenant , s’il plaît au roi , ii . » fera rechercher dans la bibliothèque royale , et ». dans les registres publics qui se trouveront à Bn- » hyïone , ce qui a été ordonné par Cyrus sur la » réédîfculion du temple; et il nous expliquera ses » volontés (3), » Les registres se trouvèrent , non point à Bubylono , comme on a voit cru, mais dans Loba tares (4) ; tout y éloit conforme i\ la prétention des Juifs, qui aussi fut autorisée par le roi. Tel étoit Tu sage des registres publics et delà charge établie pour les garder, Bile cou se r voit la mémoire des services rendus; elle immortalisent les conseils; cl ces archives des rois , en leur proposant les exem¬ ples des siècles passés ? étaient des conseils toujours prêts à leur dire la vérité , et qui ne pouvoient être flatteurs» Au reste f on ne prétend pas proposer pour règles in variables ces pratiques des anciens royaumes , et ce dénombrement des olïiciers de David et de Salomon; „(J) Jud* T. 24 J -2$. — ,(2) Es&her. yi. 1 , 2 ût $éq< — (3)' /» L$dr+ y. 7, 17, — (4) Tbïd. yï. 1,2^ seq+ : 4^6 politique c’est assés qu’ils puissent donner des vues aux grmk rois, dont la prudenco se gouvernera selon les lie uj et les temps. Il* PROPOSITION. Les contri ts des rois de Perse par qui dirigés, u Le roi consuHa les sages qui étoient toujoujÉaii. a près de sa personne , qui savoient les lois et le » droit, et les coutumes des ancêtres; et il Taisois * tout par leur conseil (i). » Les premiers et les pb intimes étoient les sept chefs , ou , si l’on veut traduire ainsi, les sept ducs, ou les princes des Perses et des MèiïeSj qui voyoient le roi; car le reste, mMe des seigneurs , ne le voyoient guère.
IIIe proposition. Réflexion sur t* utilité des registres pu blics, jmu aux conseils vivons . L’utilité des registres publics étoit appuyée sur cette sentence du sage {2) : a Qu’est-ce qui a été ? « » qui sera. Qu’est-ce qui a été lait? ce qui se fera encore. 11 n’y a rien de nouveau sous le soleil ; et n personne ne peut dire : Cela est nouveau ; car il a » déjà précédé clans les siècles qui ont été açanl n nous » ; et les grands êv 611e mens des choses hu¬ maines ne font , pour ainsi parler , que se renouveler tous les jours sur le grand théâtre du monde, 1E semble qu’il n’y a qu’à consulter le passé , comme un fidèle miroir de ce qui sef passe à nos veux, D’autre coté, le sage ajoute que, quelques regis¬ tres qu’on tienne, il échappe des circonstances qui changent les choses. Ce qui lui fait dire (5) rc ha mé- « moire des choses passées se perd ; la postérité ousi b lier a ce qui est arrivé auparavant. » lît ü est rare de trouver des exemples qui cadrent juste avec les evénemens sur lesquels il se faut déterminer. (1) Esthvn J. i3, 14. — (2) Eccfcs. i.’p, 10. — (3) Ibid, TIRÉE DE l’É CRITERE. LIV. X. II faut donc joindre les histoires des temps passés avec le conseil des sages* qui, bien instruits des con¬ tâmes et du droit ancien, comme on vient de dire des ministres des rois de Perse , en sachent faire l'ap¬ plication à ce qu’il faut régler de leurs jours. De tels ministres sont des registres vivans, qui, toujours portés à conserver les antiquités, ne les changent qu’étant forcés par des nécessités imprévues et particulières , avec un esprit de profiter à la fois et de l’expérience du passé, et des conjonctures du pré¬ sent. C’est pourquoi leurs conseils sages et stables produisent des luis qui ont toute la fermeté, et, pour ainsi dire, riinmobllite dont les choses humaines sont capables. » SI vous Paves agréable , disent ces minïs- très à Assuérus (ï), qu’il parte un édit de devant » ie roi, selon la loi des Perses et des Modes, qu’il a ne soit point permis de changer , et qui soit public, >1 pour être inviolable dans toute l’étendue de votre d empire.
» C’étoît l'esprit de la nation ; et tant les rois que les peuples tenoient pour maxime cette immutabilité des décrets publics. Les grands, qui voulaient perdre Daniel, vinrent dire au roi (2) : « N’avez-vous pas défendu de laîrc » durant trente jours aucune prière aux dieux et aux y> hommes, sous peine d’être jeté dans la fosse aux » lions. U est ainsi, répondit le roi ; et il a été pron nonce par un édit qui doit être inviolable à jamais. » Quand après il voulut chercher une excuse en fa¬ veur de Daniel, qui avoit prié trois fois le jour tourné vers Jérusalem, on osa lui dire : « Sachez, prince, fl que c’est la loi des Mèdes et des Perses , qu’îl n’est r pas permis de changer les ordonnances du roi (5). » C’étoit en effet la loi du pays; mais on abuse des meilleures choses. La première condition de ces lois, qu’on doit regarder comme sacrées et inviolables, c’est qu’elles soient justes ; et on aperce voit du pre¬ mier regard une impiété manifeste, à vouloir faire la (O 1. so1-(a)2tot. vi. ta. — (3) Ibid. 7, i5. 4"8 POLmtjrï loi à Dieu même, cl à lui défendre de recevoir le; iioeux de ses serviteurs. Le roi de Perse devoir donc connoître qu’il avoir été surpris dans cette loi jéom&it if est expressément marqué (1) ; et qlle c’éfoit là m cabale des grands contre son service , aiin de perdre Daniel', le plus fidèle et ie plus utile de tous ses mi¬ nistres , dont le crédit leur donna de la jalousie. IVe PROPOSITION. Le prince se doit faire sou taper. C'est le conseil que donna Jéthro à Moïse 3 qnr, par un zèle de la justice et une immense charité, tW loït tout faire par lui-même, «Que fai tes -tous, lui w dit-ïi (2), en tenant ïe peuple du matin au soir à » attendre votre audience? Vous tous consumez par » un travail inutile, vous et le peuple qui vous envi* ” ronne ; vous entreprenez un ouvrage qui passe m 39 forces. Réservez-vous les grandes affaires ; et ctoi- » s iss es les plus sages et les plus craignant Dieu j qui » jugent le peuple a chaque moment (qui expédiât ô ics affaires à mesure qu’cUes viennent) , et qtri »
vous fassent rapport de ce qu’il y aura de plus rm- » portant. » Remarquez trois sortes d "affaires : relies que ie prince se réserve expressément * et dont il düitpre* cohnoissancè par lui-même ; celles de moindre iinportance, dont la multitude l’accahlcrnît, et aussi qu’il laisse expédier u scs officiers ; enfin celles ®fot il ordonne qu’on lui lèra le rapport, ou pour les rtë* cider.Iuï-même3 ou pour les faire examiner a vetqilus dé soin. Par ce moyen, tout s’expédie avec ordre et distinction. Vç PROPOSITION, l es plus sapes sont ies plus dociles à croire conseil* Moïse, nourri dès son enfance dans toute la sages sc des Egyptiens, et de plus, inspiré de Dieu dans Je (r) Dan, vu 6. — (9) Exod, xyin. et seq. TiiïiiE ue L*ECRmru-* iiv. x* 4*9 degré le plus éminent tic la prophétie, non seulement consulte Jéthro , et lui donne la liberté de lui repro¬ cher dans l1 immensité de son travail une espèce de folie; mais encore il reçoit son avis en bonne part, et il exécute de point en point tout ce qu’il Lui conseils loi t. C’est ce qui vient d’être dit. M’avons-nous pas aussi déjà vu avec quelle docilité David, trop accablé de douleur de lu mort de son fils Âbsaïon, écouta les reproches amers de Joab, se ren¬ dit à son conseil, et changea entièrement de conduite ? Et Salomon, le plus sage des rois, ne demandait -il pas à Dieu un cœur docile, en lui demandant la sa¬ gesse ? Tl* PROPOSITION. Le conseil doit être choisi avez discrétion* » Ayez, plusieurs hommes avec qui vous viriez en » paix (;\ qui vous donniez accès auprès de vous); » mais pour conseiller, chqlsissjez-en un entre mille (i). a Vil* PS O POSITION. Le comeitier du prince doit avoir passé par beaucoup d’épreuves. « Celui qui n’a point été éprouvé, que saît“iI(c)fP>î 11 ne sait rien ; il ne sc commit pas lui- même ; et comment démêlera-t-il les pensées des autres, qui est le sujet des plus importantes délibérations ? Au contraire, y celui qui est exercé pensera beaucoup n , continue le sage, lï ne fera riea légèrement, et ne marchera point, à l'étourdi* C’est ce qui faisoit dire au saint homme Job :« Où * se trouvera la sagesse?
Oti ne la trouvera pas dans » la terre de ceux qui vivent doucement (5)*» et non¬ chalamment parmi les plaisirs, Et encore (4) : « Elle est cachée aux yeux des * hommes ; les oiseaux (les esprits sublimes qui sem- (i) EccL vi. 5. — (2} Ibid, jixxiv, 9, — (3) Job. xxvni. 12 j i3. — (4) Ibid* 21 , 22. 44° POUTIQtE JJ blcnt percer les nues) ne la connoissent pas, La » mort (J 'extrême vieillesse) a dit : Nous en ave^ » ouï h renommée. » C'est à force d’expérience, en pâtissant beaucoup, qu a la fin vous en acquerrez quelque petite lumière. 7111e PROPOSITION* Quelque soin que te prince ait pris de choisir U d’éprouver son conseil ? U ne s’y doit point livrer * * Si vous avez un ami, acquérez-le avec épreuve, ?> et ne vous livrez point à. lui par trop de facilité (i].> Le caractère d’un prince livré le fait connaître mépriser* Hérode (Agrippa, roi de Judée) étoit irrité contre * ceux de Tyr et de Sidon. Us le vinrent trouver a d'un commun accord; et, ayant gagné B la s te, qui » étoit chambellan du roi , ils demandèrent la pais, » parce que leur pays tiroït sa subsistance des terres fl du roi* Hérode , dune , ayant pris jour pour leur fl parler, parut vêtu d’une robe royale, et, étant a sur son trône, il les haranguait (dans une audience « publique , selon la coutume du temps) ; elle peuple » disait : C'est un dieu qui parle , et non pas un » homme (a)* » On voit ici une ambassade solennelle, une audience publique avec tout l’appareil de la royauté, les accla¬ mations de ton i le peuple pour le prince qui croît avoir tout fait ; niais on savait le fond; c’est, enfin que les Tyriens a voient mis Bios le dans leur intérêt, qui étoit grand dans cette affaire; et peut-être IV voî ent-ils corrompu par leurs présens. Quoi qu’il en soit, tout étoit fait avant le traité solennel; et si Fort en fît l’honneur au roi, tout Je monde savoît, et on se no mm oit à l’oreille le vrai auteur du succès. Le Saint-Esprit n’a pas dédaigné de marquer en un mot ce caractère d’Hérode Agrippa , pour apprendre (0 j ïïeclu vi.
7* *— (a) Act. xiç 21 3 23. TIREE DE 1/ECÏllTtmE. LIV* X* 44* aux princes qui ne sont que Tains l'estime qu’on fait d7eux, et comme on les repaît d’une fausse gloire* jx* proposition* Les conseils des jeunes gens* qui ne sont pas nourris aux affaires , ont une suite funeste t surtout dans un nouveau règne. Sur la plainte de Jéroboam - faite à Roboam , fils et successeur de Salomon , à la télé des dix tribus, pour lui demander quelque diminution des impôts du roi son père, ce prince leur répondit (i ) : «Venez dans a trois jours. Et le peuple s’étant retiré, il tînt eon- » seïl avec les vieux conseillers du roi son père, et ïï leur dit : Quel conseil me donnez-vous, et quelle d réponse ferai-je à ce peuple ? Ils loi dirent : Si (auw jourd’hüi , et dans le commencement de votre n règne) vous déférez à leur prière, et que vous leur a disiez des paroles douces, ils vous serviront le » reste de vos jours. Roboam méprisa le conseil de » ces sages vieillards, et appela les jeunes gens qui » a voient été élevés auprès de lui , et qui le sui voient » toujours. Ils lui parlèrent comme de jeunes gens îï nourris avec lui dans les plaisirs; et ils lui dirent : » i épondez ainsi à ce peuple * Mou petit doigt est lopins gros que tout le corps de mon père : mon père » vous a imposé un joug pesant, et moi jeVaugmenn terai ; mon père vous a frappés avec des fouets, et h moi je vous frapperai avec des verges de fer. Ro- » boain, selon ce conseil, lorsque Jéroboam avec a tout le peuple revint a lui au troisième jour, leur » ré pondît d tire ment, leur répé ta les m urnes p a ro lé s » que les jeunes gens lui a voient inspirées, et rejeta » le conseil des vieillards. Il ne déféra donc point » aux prières de son peuple; parce que le Seigneur a s’étoit retiré de lui , pour accomplir la prophétie iy d1 Aidas ie Silonke , sur la division du royaume. » Quand les dix tribus e firent ouï cette réponse, ils (j) III , Reg, xii» 5 ^ G et $eq* II, Pmi x* 3, 4 et seq, “J" H- CGLmQCï ». si: rctirt-ieuf , co se disant les uns aiwautres • 0»!
» intérêt avons-nous à la maison de David ? jù Ml » nous importe de conserver l’héritage an fils d'Isaîs »> Ile lirons -nous ebscim dans nos pavillons; et èe * David gouverne sa maison. » Ce fut d’abord à Roboani une sage précaution ilt prendre un temps pour demander conseil ? et de «e tourner vers les ministres expérimentés, nui nvobi servi sous Salomon. .Mais ce prince ne trouva nas si puissance et sa grandeur assez Ornée par des cméli modérés, La jeunesse impérieuse ti vive lui «kj*. vanbige y mais son erreur fui extrême. Ce que b sages vieillards çor^di Dotent le }>| u g ? c’éîoieat tk$ paroles douces; mars , au contraire? la flére et mmdente jeunesse* au Ueu qu’en conseillant desohoses dures, elle devoit du moins en tempérer la rigueur par la douceur des expressions , joignit timh au retus, et affecta de rendre les discours pies superbe; et plus fâcheux que lu chose même, Ces l aussi wm perdit tout Ce peuple „ qui avait (ait sa requête m quelque modestie, en demanda m seulement une gère diminution du fardeau (i)* tut poussé à bout parla dureté des menaces dont la réponse fut accom¬ pagnée. Ces téméraires conseillers ne manqu oient pas de prétextés. 11 faut ? disoient- Üs, abattre d’abord un peuple qui commence ù lever la tête ; sinon -, eVst Ift icnuic plus insolent. Mais ils se trompèrent, hwi& d avoir su connoitre la secrète pente des dix tribus à faire uu royaume ù part et ù se désunir de celle de JtKÏa A dont ils étoient jahmx. Les vieux ce riseilfcrs* qui avaient vu si souvent, du temps de David? b iris te s effets, de cette jalousie, les voulaient reroellre de\ nxu les yeux de üobeam , et les lui auraient pu taire entendre; et, bien instruits, de ces dangereuses dispositions* itj conseillaient une douce réponse. La jeunesse flatteuse cl bouillante méprisa ces imipéfa* mens, et porta la jalousie des dix tribus jusqu’à, km (îJ ///, Rvg. xïi, 4, Il Par. x C / , TIBËË liE L'^CRITÏÏBE. LIV . X. 4jj faire dire avec amertume et raillerie : Quel Intérêt avons-nous à la grandeur de Juda?
David, contentezvous de votre tribu. ftous voulons un roi tiré des nôtres. La puissance veut être flattée, eL regarde les mé~ nagemens comme une faiblesse. Mais outre cette rai¬ son , les jeunes gens , nourris dans les plaisirs , comme remarque le texte sacré, espéroionl trouver, dans les richesses du roi * de quoi entretenir leur cupidité, et craignoïcnt d’en voir ïa source tarie par la diminu¬ tion des impôts- Ainsi, en flattant le nouveau roi, ils songeoient à ce secret intérêt. Le caractère de Roboarn aîdoit à l’erreur* « C’était >ï un homme ignorant et d’un courage timide; înca- >i pablc de résister aux rebelles(i) »; comme son dis Àbia est contraint de l’avouer* Ignorant , qui ne savoit pas les maximes du gouvernement ? ni Fart de manier les esprits. Timide , et du naturel de ceux qui, fiers et menaparas d’abord , lâchent Je pied dans le péril ; comme on a vu que fit Roboarn, lorsqu’il prit la fuite au premier bruit. Un homme vraiment cou¬ rageux est capable de conseils modérés ; mais, quand l\ est engagé, il se soutient mieux. xe proposition. M faut ménager tes hommes d' importance, et ne tes pas mécontenter* Après la mort de SauJ, lorsque tout le monde ail oit à David, « Abner, fils de Ner ( qui coin mande it les » armées sous Saul), prit ïsboselb, fils de ce roi, » et îe montra à Farinée de rang en rang , et le fit h rcconnoÎLie roi par les dix tribus (a). » Un seul homme , par son grand crédit , fit un si grand ou¬ vrage. Le même Àboer, maltraité par Isboselh sur un sujet peu importait, dit à ce prince (5) : « Suis- je à (i) IL Pan siii. 7. — (2)//. lîcg. tu 8, 9. — (3) Ibid. ■ni. 7, 8. 9, 10. 444 POLITIQUE * mépriser, moi qui , seul fidèle à votre père Saii] . » tous ai fait régner ? Et vous me traitez comme m » m al In? u re ux , p o u r une fe m m e ? V ive k Seignetsr ! » j’é tàblîrai le Irène de David, » Il le fit; et Isbascth fut abandonné. Ce n’est pas seule tue ni dans les règnes sous ïsboselh, « qui craignait Abner, et qui assoit « lui répondre (j) , ».
qu'on a besoin de tels ménagemens Kuus avons vu que David ménagea Juab, et b famille de Sarvia, quoiqu’elle lui fût a charge* Quelquefois aussi il faut prendre de vigoureuses résolutions * comme fit Salomon. Tout dépend de savoir connaître les conjonctures, et de ne pas pousser toujours les braves gens sans mesure, et à toute out rance'* xi* PRorosmox* Le fort du conseil est de tacher à dêconceilw t ennemi , et 11 détruire ce (jidil a de 'plus ferme. Les conseils ne font pas moins que le courage da^ les grands périls* Ainsi, dans la révolte d’Àb salon , où il s'agissait du salut de tout le royaume, David ne se soutint pas seulement par courage , mais il employa toute si prudence (2), comme on a déjà remarqué ailleurs^), LU pour aller à la source, il tourna tout son esprit à détruire le conseil cTAcliitophcl , où étoit toute [a torce du parti contraire. Pour s’y opposer utilement, il envoya Chusaï, qu’iï munit des instructions et des secours nécessaires, lui donnant Sadoc et Abiathar, comme des hommes de confiance , pour agir sous lui, Par ce moyen , Chusaï l’emporta sur Acbi tophel, qui, s® voyant déconcerté, désespéra du succès, et se donna la mort (4). L’adresse de Chusaï contre ÀcIuEophel paraît, en (1) //, üeg. 1 1 1 . 11* — (2} Ibid. xv. 3r , 33 cl seg, - (3) Ct-deuatit } la’. \} art . 1 , xnr propos. t pag. J,j3 cl sm*\ u > aH' iJI ; V' propos. , pag, 3^2 et suiv.™( 4) //* %. iVU. 1 4 j à3. TIREE DE L'ECRITE RE* LIY* X. 41^ ce que 3 sans ^attaquer la récitation de sa prévoyance , trop reconnue pour être affûiblie , U se contente de dire ( 0 ■ w ^our ceUe fois 1 A ch i top bel n'a pas donné a un bon conseil. » Ce qui ne l'accuse que d'un dé¬ faut passager , et comme par accident. XIIe proposition. J t faut savoir pénétrer et dissiper ïes cabales , sam leur donner le temps de se reconnaître. Par cola on doit observer tout ce qui se passa dans la révolte d’Adomas , fils de David, qui , contre sa vo¬ lonté, vouloit monter sur le trône destiné ù Salomon, Cette histoire est déjà rapportée ailleurs (a) dans toute son étendue.
Yoici ce qu’on remarque seule¬ ment ici. - À la fin de la vie du roi son père, Àdonîas fit un festin solennel à la famille royale, et à tous lus grands de sa cabale (5). Ce festin fut a Joab, et à ceux de son intelligence, comme un signal de la rébellion; mais il ouvrit les yeux au roi. 11 prévint Àdonias; et dans ce festin , où ce jeune prince avoît espéré de s’au¬ toriser, on vint lui annoncer sa perte 3 et que Salomon étoit couronné. A ce moment Feiîioî se répand dans le parti ; la cabale est dissipée : « chacun s’en retourna » dans sa maison. » Le coup est frappé ; etr la trahison s’en va a vec l’espéranceLa vigilance et la pénétration des fidèles ministres de David, qui avertirent ce prince à propos; la fer¬ meté de ce roi, et sus ordres exécutés avec prompti¬ tude , sauvèrent l’Etat et achevèrent ce grand ouvrage , sans effusion de sang. XIII* PROPOSITION. Les conseils relèvent le courage du prince* Ezéchîas, menacé par le roi d’Assyrie, * tint con- (i) //. Beg. wit + 7. — (a) Ci-devant, lh* lx7 art. vi , xic propos, f pag. j 1 3 et suîp, — (3) HL Beg. 1. j } 5 } y , 19 ai saq. 4 S'-1 POLITIQUE » seil avec les grands du royaume, et avec les RenJ » de courage (i). » El ce concert produisit les grands ouvrages et les généreuses résolutions qui relevèrent tes cœurs abattus , et qui firent dire à Isaïe (2) : t Ce » prince aura des pensées dignes d’un prince. « ' Lc peuple doit ressentir cet effet. Et Judith nvoit raison de dire à Ozjas, et aux chefs qui défendoient Eétliulie (3J : « Puisque vous êtes les sénateurs, et » que l’Srtie de vos citoyens est en vos mains, élcm » leur courage par vos discours, » s iv' pro cosmos. Les lotis succès sont souvent dus à un sage corne Hier. “ Joas roi de Juda régna quarante ans. Il fit bien » devant le Seigneur, tout le temps que Joiada vi- >! eut, et lui donna ses conseils (4). Après la mort de » Joiada, les grands du royaume vinrent à ses pieds; » et, gagné par leurs flatteries, il suivit leurs mau- » vais conseils (5) », qui à la fin le perdirent XVÇ PROPOSITION, bit bonté est naturelle eux rois; et ils n'ont tkn Utnt à craindre que tes mauvais conseils.
« Les mau yaïs ministres jdîsoit le grand roi Àr!a™ gerces (6) (dans la lettre qu'il adressa an peuple n de cent vingt-sept provinces soumises à son cni- » pire) j en imposent par leurs mensonges artificieux, ?» aux oreilles des princes y qui sont simples* et qui* s naturellement bien faisans* jugent des antres hommes » par eox-m crues* » ' f }f' Pur' 3 et scn.— (2) rsai\ xxur, 8, - , jj J a 'd. \i j i . si. — * (| ) I/s. Jieg. xut i ? 2. //* Pfir* xNh, i j 2 — (a) tbuL 17, iS et seq. — (6) Esth. xVî* & TIRÉE DE LrUCÏÜTVSE. UV, X, 447 XVI® PftO POSITIFS, Ra sa/fe miiliqm * même des Gentils et des Ro- î na ut s y est Iq née par le Sain t-Esjt rit . Nous en trouvons ces beaux traits dans le livre des Ma chah ce s. « Premièrement j qu’ils ont assujéti l’Espagne , » avec les mines d’or et d’argent dont elle abondent, » par leur conseil et leur patience ( 1 ). » Où l’on fait cette réflexion importante : que sans jamais rien pré¬ cipiter, ces sages Romains., tout belliqueux qu’ils étoïenl, croyôfént avancer et aflermîï leurs conquêtes, plus encore par conseil et par patience, que par la force des armes. Le second trait de la sagesse romaine, loué par le Saint-Esprit, dans ce. divin livre, c’est que leur ami™ lié étoît sûre (a); et que, non contens d’assurer le repos de leurs alliés,, par leur protection, qui ne leur manquoit Jamais , üs sa voient les enrichir et les agran¬ dir : comme ils firent le roi Eumènes, en augmentant son royaume des provinces qu’ils a voient conquises. Ce qui faisoit désirer leur amitié é tout le monde. Le troisième trait, c’est qu’ils gagnoient de proche en proche, soumettant premièrement les royaumes voisins; et se contentant, pour les pays éloignés, de les remplir de leur gloire, et' d’y envoyer de loin leur réputation comme rayant- cou mère de leurs vic¬ toires (3). On remarque aussi que, pour régîcr toutes leurs démarches, « et faire des choses dignes d’eux, ils » te noient conseil tous les jours, sans division et sans » jalousie (4) n j et uniquement attentifs ù la patrie, et au bien commun.
Au reste, dans ces beaux temps de la république romaine, au milieu de tant de grandeurs, on gardoit l’égalité et la modestie cou vendable a un Etat populaire, u sans que personne voulût dominer sur ses eonci- (0 /, Maçh. vin, 3,-™ (5) Ibhh 33. — (3) Ibid. 1 3 . — (J) ibidi i5y 1 G, 448 imiTtQTJE » toyens ; sans pourpre , sans diadème, et sans aucuu n titre fastueux, On obéissoît au magistrat un « nue! (i) » , c’est-à-dire aux consuls , dont chacun ayoit son année, avec autant de soumission et de ponctualité , qu’on eût lait dans les monarchies les plus absolues. Il ne reste plus qu’a remarquer que quand ce bd ordre changea , le peuple romain vit tomber sa ma¬ jesté et sa puissance. Tels sont les conseils qu’on peut prendre de h polîtique romaine * pourvu qu’on sache d’ailleurs mesu¬ rer tous ses pas par la règle de la justice. XVIIe PROPOSITION* La grande sagesse consiste à employer charnu scion ses taiens . « Je sais que votre frère Simon est un homme de » conseil , êcoiitez-ïe en tout, il sera comme voire * père. Judas Mardi abée est brave et courageux dès sa a jeunesse : qu’il marche à la tête des armée#, et fl qu’il lasse la guerre pour le peuple (a). » C’est ainsi que parla Mathathias , prêt à rendre les derniers soupirs; et il posa dans sa famille les fondemens de la royauté à laquelle elle étoit destinée bientôt après, sur tout Je peuple dTsraëh Au reste, Simon étoit guerrier comme Judas; et la suite le fkbien paroître, filais cen’étoît pas aumêiue degré ; et le Saint-Esprit nous enseigne à prendre les hommes par ce qu’ils ont de plus éminent. XVIII* PB o position* // faut prendre garde aux qualités person¬ nelles , et aux intérêts cachés de ceux doîü on prend conseil* « Ne traitez point de la religion avec l'impie; aide fl la justice, avec l’injuste ; ni avec la femme ja- (0 L Jtfach . YUI. iG. — (à) Ibid u. 65,66* TIRÉE T>E l’ÉGBITUBlE. LIV. X, 449 » louse, des affaires de sa rivale* Ne consultez point » les cœurs timides, sur la guerre; ni celui qui tra- »
fiqtie, sur le prix du transport des marchandises » ( qu’îl fera toujours excessif ) j ni sur la valeur des » choses ii vendre, celui qui a dessein de les acheter; h ni les envieux de quelqu’un , sur la récompense que » vous devez à ses services. N’écoutez pas le cœur « dur, et impitoyable, sur la largesse et sur les bien- „ faits (qu’il voudra toujours restreindre); ni sur 3) les règles de l’honnêteté et de la vertu , celui dont les 33 mœurs sont corrompues; ni les ouvriers de la cnm- » pagne, sur le prix de leur travail journalier ; ni ce- » lui que vous louez pour un an , sur la fin de son » ouvrage ( qu’il voudra toujours tirer en îongu eui » et n’y mettre jamais de fin ); ni un serviteur b paresseux , sur les ouvrages qu’il faut entre - b prendre (i), » N’appelez jamais de telles gens à aucun conseil- ^ , L’abrégé de tout ce sage discours est de découvrir l’aveugle ment de ceux qui prennent des conseils inté¬ ressés et corrompus, ou même douteux et suspects, pour se déterminer dans les affaires importantes, xixe proposition. la première qualité d’un sage conseiller ^ c’est qu’il soit homme de bien. « Ayez toujours auprès de vous un homme saint; b celui que vous conn offrez craignant Dieu et obser- >, valeur do la loi ? dont i’üine sera conforme à la » votre (a) »; sensible a vos intérêts, et dans les mêmes dispositions pour hv vertu. « L’âme d’un homme de bien ( sans fard, qui ne » saura point vous flatter) vous instruira de la vérité, b plus que ne feront sept sentinelles que vous aub rez mises en garde sur une tour, ou sur quelque lieu b éminent, pour tout découvrir, et vous rapporter » des nouvelles (3). » (i) EccL xxxv U. î'j, i3 et seq- Il finit ici conférer 1 ori¬ ginal grec avec; la Y ulgatc, — (2) Ibid , i5, — '■ (3) Ibid * 1820LmQUE 45o ARTICLE IL O "■ propose au prince divers carâc&re, des ministres ou conseillas : bons , mêlés de bits et de mal ^ et médians* i™ faoi>osition. On commence par ie caractère de Sanmd Je ne veux pas tant remarquer ce qu’lm si caractère a de surnaturel et de prophétique, que ce qui le rapproche de nous et des Voies ordinaire Samuel a cela de grand' et de singulier, qti^yaai, durant vingt ans, et jusqu’à sa vieillesse, jugé |« peuple en souverain, il se vit comme dégradé mu plaindre.
Le peuple lui vient demander un roi, Oa ne ïui cache pas le sujet de cette demande. <1 Vous èteî » vieux 5 lui dit-on (i), et vos en fans ne marchent » pas dans vos voies. Donnez-nous un roi qui nous » juge. « Ainsi on lui reproche son grand lige, elle niée on tente ment qu’un a voit de ses enfaus, Qtioi de plus dur è pu pérc , qui, bien loin de J’ospérriDce qu il pou voit avoir en récompense d’un si long dû sage gouvernement , de voir ses enfhns succéder à sa dignité , s eu voit dépouillé lui-même de sou vivant? II sentit 1 affront i « Ce discours déplut aux)1 eux dû M Samuel (2), » Mais, sans.se plaindre ni murmurer, son recours lut « de venir prier Je Seigneur, qui lui m ordonne d’acquiescer au désir du peuple (5), *> Cé qui c1 toit le réduire a la vîe privée, Iî ne lui reste qu’à se soumettre au roi qu’il avait étabü, ce toit Saul ; et de lui rendre compte de sa conduite devant tout le peuple* ce peuple qu’il avait vu, durant tant d’années , recevoir ses ordres souverains- « J ’a 1 to u j 0 u rs é té so u s vq s je 1 1 x d cp u is ma jeu nesse, w Dites, devant le Seigneur et devant sou Christ, 0)1. Rdg. vjiiv 4, 5. — (4) Ibid . G, — (3) Ibid. 7, TlRÉÈ DE L'ÉCElTUftE* II V. X* if 5 U a si j\ii pris te bœuf ou Tymi de quelqu’un; si j’ai y, opprimé quoiqu’un , ou si j’ai pris des posons do lu v main de qui que eu soit : et je le rendrai- » Cbï ire ut rien à lui reprocher- « Et il ajouta : Le Seia gaeur et sou O lui seront témoins contre vous de a mon innocence (*) », et que ce n’est point pour mes crimes que vous m’avea déposé- Ce fut là toute sa plainte ; et tant qu’il fui écoute , iJ n’abandonna pas totaWi- fuit te soin des affaires- Ou voit le peuple s’adresser à tu t dans, tes eotij onduics im¬ portantes (te), avec la meme confiance que s’il ne l/a voit point offensé, T Loin de dégoûter ce peuple du nouveau roi qu on avoit établi à sou préjudice J il profita de toutes les conjonctures favorables pour affermir son trôné- Et 1e jour d’une glorieuse victoire de Saul sur les Pbilistiiiéj il donna ce sage conseil : « Voues r allons tous »