Politique tirée de l'Écriture sainte (page 13)

Jacques-Bénigne Bossuet · Doctrine

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Fiche de l’œuvre dans le savoir

en Galgafa ; renouvelons le royaume- Et on re- » connut Soûl devant te Seigneur ; et ou immola j) des victimes ; et la joie lut grande dans tout n Israël (3). » Depuis ce temps il vécut en particulier; sc eontintant d’averLir te nouveau roi de scs devoirs, tîe tei porter tes ordres de Dieu , et de lui dénoncer scs juge mens (4)* , , Comme il vit ses conseils méprisés, il neut plus qq/à se retirer dans sa mai son à llamatha, oti? nuit et jour j il pïeuroit Saiil devant Dieu , et no cessoit d in¬ tercéder pour ce prince ingrat, « Pourquoi pleures-tu « SaiU que. j’ai rejeté de devant ma face? » lui dit te Seigneur (5). Va sucrer. un autre roi- Ce fut David. Il semblait que, pour récompense du souverain empire qu’il avoit perdu sur le peuple , Dieu le voulût luire l’arbitre des rois , el lui donner la puissance de les établir. La maison de ce souverain dépossédé, fut un as tic à David, pondant que Saijî le persécuLoH, Suül ne (0 /- Bcg, su. 3^j 4v S. — (a) Ibid* xu il. - (3) thid* i.| j — (JJ IbkL XV, — (5) Ibid, Vf U i. 402 politique respect A pas cet asile , qui de voit être sacré. Il JgL courrier sur courrier, et messager sur messaeer, nni.r y prendre David (,), qui fut 'contraint de pSg imle, de quitter ce sacré refuge, et bientôt après 1, îoyaume. tt Je secours de Samuel lui fut inutile. Ainsi vécut Samuel retiré dans sa maison , cuira un conseiller fîdele dont on méprisoît les avis, et oui na pl us qué prier Dieu pour son roi. Une si belle retraite laissa au peuple de Dieu un souvenir éterat] rt’èv? qU', ]IIS(lli’a,ors n’a voit point il exemple. Il y mourut plein de jours, et mérita une " t”url .Isra.ël s’assçmWftt à Ram allia pour l’ensevelir, : dC 83 m0,,t °n S",ndB llr PROPQSlTIOJïf Lc caractère de Nêkémim, modèle des ions gouverneurs* Les Juifs ré iab Assoient leur lempïe, et commenpoient à relever Jérusalem, sous les faVoraliles édiU des rois de Perse, dont iis ctoient devenus ■ sujets mj a conquête de Bnbj lone : maïs ils étaient traversés rar les continuelles hostilités des Samaritains?

et deleuis autres voisins , anciens ennemis de leur nation, et meme par les ministres des rois, avec une opini⬠treté innâcij^e (3). 1 Ce fut dans ces conjonctures que Nehémiaa fut envoyé par Artaxercës roi de Perse , pour en être le gouverneur* L'ambition* ne l'éleva pas A cette kute charge, mais l’amour de ses concitoyens; et il ne se prévalut des bonnes grâces du roi son maître, nue pour avoir le moyen de les soulager* Parti de Perse dans cette pensée, il trouva que Jérusalem desolée , et de tous cotés en ruine, n’étoit plus que le cadavre d’une grande ville, oû l'on ne connoissoit ni forts, ni remparts, ni portes, ni rues, m maisons. tlREE DE t' ECRITURE. LIY. X . 4^3 Après a v o ï r c o m ai c ne é de ré p a rer ces r u i n es p I us par ses exemples que par ses ordres, la première chose qu’il fit, fut de tenir une grande assemblée contre ceux qui opprimaient leurs frères. « Quoi , leur tli- » soit-il (i), vous exigez d’eux des usures; pendant n qu’ils ne songent qu’à engager leurs prés et leurs » vignes , et meme à vendre jusqu’à leurs eufanspour * avoir du pain, et payer les tributs an roi? Vous sa- » vcz, poursui voit-il, que nous avons racheté nos » frères 5 qu’on avoît vendus aux Gentils; et vous » vendrez les vôtres, pour nous obliger encore à les » racheter ? w II confondit par ce discours tous les oppresseurs de leurs frères. Et surtout quand il ajouta, en secouant son sein, comme s’il eût voulu s’épuiser lai-même (2) : « Moj^ et mes frères , et mes domes- » tiques, avons prêté du blé et de l’argent aux puu- * vres; et nous leur quittons cet emprunt a Les gouverneurs qui m’ont précédé, et encore » plus leurs ministres ( car c’est l’ordinaire }, a voient « accablé le peuple qui n’en pouvoil plus. Maïs moi, « au contraire , j’ai remis les droits attribués au gou- » verne ment (5). 0 II sa voit, qu’en certains états- d’in¬ digence extrême de ceux qui nous doivent, exiger ce qui nous est dû légitimement, c’est une espèce de vol. n Sa table était ouverte aux magistrats , et aux .3) voisins survenus.

On y trou voit des viandes choi¬ si sies , et. en abondance , et des vins de toutes les 33 sortes (4). » Il avoît besoin, dan la conjoncture, de soutenir sa dignités et conciUoit les esprits par cet éclat. « J’ai, dit-il (5), vécu ainsi durant douze ans- J’ai b rebâti la muraille à mes dépens ; personne n’étoit » inutile dans ma maison ; et tous mes domestiques 33 travaillaient aux ouvrages publics. » Yoici encore qui est remarquable , et d’une exacte justice : « Je n’ai acheté aucune terre (6). » C’est un (ï) II. Esdr. v. i, a, 3* 7,8. — (2) Ibid. 10 s i3. — (3) Ibid. 14 , t5* — (i) Ibid. 11 1 1S. — (5) Ibid. 1 L , 16. — (G) Ibid . 16, 4 54 l'ÜLlTiQVtL vol, de se prévaloir de son autorité et de îiixlip, publique j pour acheter ce qu’on veut , cl ü iém qn’ort y veut donner* Ce qu’il y n de plus beau, c’est qu’iï fbisoil cela dans la seule vue de Dieu et de son devoir, et ki disait avec confiance (i) : a Seigneur, sauve ne v de moi , selon tout le bien que j’oiiViit ù ce peuple 11 ne faut pas s’étonner s’il employait soîiautorilt « à faire observer exactement îe sabbat, les ontoir » nances de b loi, et tout le droit iévitîquc et mw- » dotal (a). » Tenons aux vertus militaires, si nécessaire A ci grand emploi. Pendant qu’on rebâtissait k y ilîe avec diligence, pour la mettre hors de péril, « il Tit partager b « citoyens * dont la moitié Mtbsoît, pendfml \\fc » l’autre gardait ceux qui tmvuïlïoîent , .» soit l’ennemi a main armée (3).'» Mais, dm Ou¬ vrage même, les travailleurs étaient prêts à pwndre les armes* Tout le monde était arme, et, comme im¬ prime l’Ecriture (d), « d’une main on t écrit Pépfr, » et on travail toit de T autre. » Et comme ib éloiEtil dispersés en divers endroits , Pondre était si bon, qu’en sa voit où se rassembler au premier signal. Comme on ne pou voit abattre Néhénùas par k? armes, on t admit de Rengager dans des traités tap* lieux avec Permeini (S). Sandballàt et lesfmlrésclttô a voient gagné plusieurs magistrats, et Penvirannobt de leurs émissaires, qui les vantaient auprès è M On t Admît de Pépou vanter par des lettres qu’on ftl* sa i t c è ü ri r , c t pa r de m u x b r u l 1 s - O n lui Tu iso I c raiu d rc do secrètes machinations confire sa vie ?

pour 1 -obliger à prendre la fiiîte , et cm ne cçssoît de lui proposer dta conseils timides, qui anroienl mis la terreur parniilï peuple. « Rc nïçr tn on s-nobfe , dis èib ut -Ü s ((>) , et Iciïoiîs »' des conseils secrets au dedans du temple, à Duîsclos. i ■Mais il répondait a vec une noble Æerlé gui rmmà (t) if. lisdr. v. — (4) Ibid. *2* tj). — (a) IBid. xiin — (3) ( 5) Ibid. VI* i, 2 et sen , — . Ibid, fï- lü vey, “ (6 J M> WTIRÉE I>E XÉCRÎTCRK, L1V, X, /j^ tout le inonde (i) : a Mes pareils rie craignent rien, » et ne savent ni se cacher ni prendre la fuite, » Pajr | tant de trames diverses, on ne tendoil qu’à le ralen¬ tir on à V amuser, si on ne pou voit le vaincre; mais il se trouva egalement au-dessus de la surprise et de la violence. La source de tant de biens ctoît une solide piété, un désintéressement parfait, une attention toujours vive à ses devoirs, et un courage intrépide. nr piiû position ■ Le caractère de J oa b , mêlé de grandes vertus ci de gran ds v i ces * so us D av î d, David trouva dans sa famille, et en la personne de Joub, fds de sa sœur Sarvia (a) , un appui de son trône. Dés le commencement de son règne, il le jugea le plus digne de. la charge de générai des années, àlaïs if voulait qu'il la méritât par quelque service signalé rendu à l'Etat; car il étoit indigne d’un si grand roi , et, peu glorieux à Joab ? que David parût n'avoir eu égard qu'au sang, et à l'intérêt particulier. Lorsque ce prince attaqua Jébus, qui fut depuis appelée Jéru¬ salem, et que David desünoit à être Je siège delà religion et de l'empire, iï fu cette solennelle dédaraLion (5) : « Celui qui aura Je premier poussé le Jé- « b usé en, et forcé la muraille., sera le chef de la mi- » lice. » Celui le prix qu'il proposa à la valeur, « Joab monta le premier; et il fut fait chef des ar- » niées. Ainsi fut prise la citadelle de Sien, qui lui » appelée ta cité de Davîd, à cause qu'il y établit sa J! demeure, » Après ce l Le belle conquête, « David bâtit la ville » aux environs ?

depuis le lieu appelé ftldïu; et Joab » ( qui avoît eu tant de part à la victoire ) acheva le J! reste (4) h » Ainsi il se signala dans la construction (i) //- Esih\ y il n, — (2) /, Pur. 11. 165 — (3) //. Rcg* v, 7, S. L Pur . xj. 4» ô, 6, 7. —(4) Ibid , 8. 456 rouTtQte des ouvrages publics, comme dans les combats, i; ! tînt, auprès de David , ïa place que l’histoire èm auprès d’Auguste au grand Agrippa son gendreQuand David, pour son malheur, eut cmrepri! dans Juda et dans Israël le dénombrement deshoiimt capables de porter les armes, qui lui attira le flb j de Dieu, joab, a qui il en donna le cornHinndctnunl. '■ fit, en fidèle ministre , ce qu’il put pour djètuiimei. ' en lui disant (i) : « Que le Seigneur augmente k » peuple du roi mon seigneur, jusqu’au centuple l » ce qu’il est ! Mais que prétend îe roi mon seîgip f » par un tel dénombrement? N’est-ce pas assex que a vous sachiez qu’ils sont tous vos serviteurs? Qui » cherche?- vous davantage, et pourquoi faire un; a chose qui tournera en péché à Israël? » Dieu jh voulait pas qu’Israëljiii son roi, mît sa confiance dam la multitude de ses combattons, qu’ü falloît hiissermultiplieri celui « qui a voit promis d’en égaler le numk » aux étoiles du ciel , et au sable de la nier (a), n Le roi persista; et Joab obéit, quoiqu’à regKt Ainsi , au bout de neuf mois , îl porta au roi îe dénoo brement, qui, tout imparfait qu’il étoît, fit mi ! David, ù diverses reprises, qu’il a voit qui me ml I mille combat tan s sous sa puissance (5). <! Le cœur de David fut frappé, quand il vit le é- » nombrement (4)* w II sentît sa faute; et sa toic: ne fut pas plus tôt satisfaite, qu’elle se tourna euemords et en componction : en sorte qn’ïl n’osa faire b sérer le dénombrement dans les registres royaux (a)< f Que lui servit d’avoir vu sur du papier tant de nul* liers de jeunesse prête à combattre, pendant que h peste que Dieu envoya ravageoit le peuple, eteofepl des las de morts ? Joab a voit prévu ce malheur; duo a pu remarquer dans son discours , avec toute que la chose méritoït, tous les ménage mens possifc et les plus douces insinuations.

(j) Iï iïff, xxiv. 2,3, /, Par, xxi, a, 3. — (aH ^ xxvn. — (3) Jbîd . xxi. 4 t b, d. /A &*g’ xxlv< ^ (4) //. üeg. xxiv. 10. — (5) I. Par, xxviiTlilEE UE L'icRm'BE. OVp X, 4 0? Nous avo.ûs déjà vu, en un nuire endroit, et lors¬ que David, Après* Ju mort d’Absulun 5 s’abandorma à la douleur »i comme Joab lui lit connaître qull met¬ tait «li désespoir tous ses serviteurs ; qu’ils voyoient tous qiiO David les au roi l sa enflé s volontiers pourÀbsa- ; que d’armée*étoitdéjù< découragée, et qu’il alloit s'attirer des maux -plus grands que tous ceux qu’il a voit juiftaj éprouvés ,( ij}. G’ctoit parler a son maître avec- t^ute Jft liberté qticil’importance de la chose» son aèbe ret fres seV vices loi inséraient* H alla jusqu’à une espèce! dé sachant bien que: la douleur , poussée à rdxtrémité j veut être comme gourmande ç et abattue par un g es p èce de v i u le ncç ; â ù|r Chic n t & c lie t ro u v e to ujpiu's Je quoii s’ont, retenir elje^méniq ? et consume Tesp ri t o um me le Co rpê pur 1 e jpjfjï s ni o r tel de tons kspoisons Au reste jil aimoitla glob’e de son roî. Dans le siège imputant do lf1 ville! et des, forteresses de Rabbatbj il ht dire à David : « J’ai combattu heureusement,, la n ville est pressée ; assemblez le, reste des troupes ? n. et veue z, achever îe siège » afin que la victoire ne ». soit pond atti’ibuéci à mon «0111(3), >j Ce n’étoit pas un trait d’habile courtisan ; David n’avoit pas besoin d’honneurs mendiés; et Joab savoit quanfe.il iàJJoit finir les conquêtes. Mais c’étoit ici une action d’éclat, où .il s’agïssoit de venger sur lés Ammonites un in¬ signe outrage fait, aux ambassadeurs de David ; et la eojqïuiC luire des temps demanrîoit qu’on en donnât la gloire au prince* Quand il fallut lui parler pour le retour d’Absalon» et entrer dans les affaires de la famille royale» Joab ? bien instruit qu’il y a des choses où il vaut mieux agir par d’autres que pur soi-meme , ménagea la délicatesse du roi; et il employa auprès de David cette femme sage de Thécué* Mais un prince si întelligentreconmit bien¬ tôt a la main de Joab, et lui dit (3) : J’ai accordé votre (1) II Reg* xix.

i, 3 et saq, Ci- devant^ ùV. v, art. 11 ( ni* propos. , pag. 1 60 , ifii ; et encore tir. i\3 art, in . v* propos . , paq. $72. — (3) II. Régi xiu 27, 28. — (3) Ibid. \iv. iq , 21 j 22, lioSSI’ET* POOTIQCE* 4^6 POLITIQUE w demande; faites revenir Absaïou. Joab , prosterné » i» terres répondît : Votre serviteur connaît au jour- » d’hui qn’iî a trouvé grâce devant son seigneur* » puisqu’il fait ce qu’il lui propose. » Il sentît la bonté du roi dans cette occasion , dû il s’agissoil de LintêrÊt d’autrui , plus virement que dans les fgrftces quoique infinies, qu’il a voit reçu es en sa personne. Je passe les autres traits qui feroïeirt commît rti lT|iab il été de Joah; et ses sages ’ ménage ni en s. Les ven¬ geances particulières* et ses ambitieuses jalousies, lui firent perdre tant d’avantage , et an roi l’titîlîïé de tant de services. Nous avons raconté ailleurs le houleux assassinat d’Abner, que David ne put punir sur un Inniime aussi nécessaire à l’Elot qu’était Joab* et dont il fut contraint de se disculper en publie ( r). lise vit même forcé de destiner sa place à un autre; et il choisît Àraasu (2), qui en é toit digne. Maîsîbat fe tua en Iraître, « Et scs amis disoieiiï : Voila ■ celui » qui voulait avoir la charge de Joâb (5). » ll mcU toit sa gloire à se faire redouter* comme un homme que l’on n’altaquoit pas impunément. En un ïftot, i! étoït de ceux qui veulent le bien, mais qui veulent le faire seuls sous le roî. Dangereux caractère* s’il en fftt jamais; puisque la jalousie des ministres* toujours prêts à se traverser les uns les autres t et à tout immoler à leur ambition, esi une source inépuisable de mauvais conseils , et naguère moins préjudiciable au service , que la rébellion. C’est le désir de sO maintenir, qui le fit entrer dans les intérêts d’Àdonias , contre Salomon et contré David. On sait les ordres secrets que ce roî mourant fut obligé de laissera son successeur (4), contre en mi¬ ni sire qui s’étoit rendu si nécessaire, que les conjonc¬ tures ne lui p em et toîent pas dé le punir.

Il fallut enfin (1) II. Ileg. ni. ?8 et scfj. Ci-devant > lü>* is, art* HJ, ix* propos* > p&g. 308, 3(5t), — (2) //. Bcg. xix* i3 - Ç3) Ihid. xx. io>ii. — (4) ///- u. ïïfcEE DE l’ÉCIUTCÜË* LIV. X. Verser son sang , comme il a voit versé celui des autres. Trop complaisant pour David , il fui complice de la mort d’Urie, que ce prince rendît porteur des ordres donnés pour sa perle a Joab même (i). Dieu le punit par David j dont il flatta la passion. C’est alors plus que jamais qu’il devait le contredire ; et faire sentir aux rois que c’est les servir que d’empêcher qu’ils ne trouvent des exécuteurs de leurs sanguinaires desseins. IV* PROPOSITION Uoloferne , soit s Na bue h odonosor ^ roi d& Nînive et d*As$yrie. Judith lui parle en cos termes (2J: u Vive Nabucho* ^ donosor, roi de la terre î et vive sa puissance qu’il * a mise en vous , pour la correction de toute âme 0 errante ï Non seulement les hommes lui seront sou- « mis par votre vertu, mais encore les bêtes lu; qbéî- » ront. Carie bruit de votre sagesse s’est répandu par ■J toutes les nations de l’univers* On sait, par toute » la terre, que vous êtes le seul bon et le seul puissant » dans tout son royaume ; cl le bon ordre que vous y 3* établissez se publie dans toutes les provînmes; » Il paraît, par ces paroles, qu’il n’étoit pas seule¬ ment chef des armes ; mais encore qu’il a voit la di¬ rection de foutes les affaires., et qu’il avoit la réputa¬ tion de faire régner lu justice, et de réprimer les in¬ jures et les violences, Son zèle pour te roi son maître éclate dans ses pre¬ mières paroles à Judith (5) : « Soyez en repos, et ne > craignez rien : je n’ai jamais nui a ceux qui sont dis- » posés ù servir ïe roi Nabu ch odonosor. >> Partout fl parle avec raison, arec dignité. Les or¬ dres qu’il dorme dans la guerre seront approuvés de tous les gens du métier; et on ne trouve rien à désirer à ses précautions dans les marches, ni à sa prévoyance pour les recrues, et la subsistance des troupes, (O IJ lïeg* xi. 14 , ï5, 17.— (2) JuA xi.

5, G.-v (3) Ibid, 1 . 4% mtmqtü , ïl ne faut point attendre de religion des hommes éftlbftijHJx. « SI votre Dieu accomplît la promesse qi]e y tous me fai Les 5 de me livrer votre peuple , il sera >j mon Dieu comme le vôtre (d)* » Le Dieu des mm superbes est do u jours celui qui contente leur ambition, fi C'étoit un opprobre j-purrnHcs Assyriens, sî une « femme se moquait d'un homme (ü) '» , en conser¬ vant sa pudeur. Les gens de guerre , par-dessus les outres, se piquent de ces malheureuses victoires, et regardent un sexe i n firme comme la proie assurée d’une profession si brillante, ■H oléferne , possédé de celle passion insensée , parut hors de lui-même Ha vue de l'étonnante beauté à Judith ; êl la gruçe de scs discours acheva sa perte. La raillerie S'cn niêla : « Quelle agréable conquête que ^ celle d’un pays qui nourrit un si beau sang? et quel j»\ plus digne sujet de nos combats (5) ? » L'aveugle Assyrien sc mit en joie; enivré d’amour plus que de y in, il ne soiigcoit qu’à contenter ses désirs* Ou croit ces passions, qui, dit-on, ne font tort i personne , innocentes ou indifférentes dans les hommes de commandement. C’est par là que périt ITololerne , tm si habile homme dYdïçurs* C’est par là que se ruinèrent les affaires de TAss^rie, et d’un si grand roi. Chapon en . sait réyéncment, à la honte étemelle des grandes armées* Une femme les met en déroute par un seul coup de sa fuiblc main, plus aisément que n’auroîent fait cent mille combattons. Si on voulait raconter tous les malheurs , tous les désordres , tous les contre-temps que les histoires rap¬ portent à ces passions, qu’on ne juge pas indignes dw héros, le récit en serait trop Joug; et il vaut micui marquer Ici d’autres caractères. V? Ve PROPOSITION. Aïïihn, soies A ssucrm roi de Perse. L’aventure est si célèbre y et Jè caractère si connu* qu’il en faudra toucher les principaux traits* (ï) Jud* xr 2ï. — (2) Ibid . xii. 11, — (3) Ibid, x, 18. mÉE de l’bcbitvri:. L1V, n Le roi As su crus éleva Aman au-dessus de tous les h grands du royaume, lï tous les sqrvïieiir^ du roi a flèchissoïent le genou , et ado voient le favoris »

comme le roi l’avn U commandé ; excepté le seul » Murdochée (i),» 11 éluit Juif, et sa religion oc ha permettent pas une adoration qui te nuit de 1 honneur divin. Aman , enflé de sa faveur s «appela sa femme et ses a amis j et commença ù Ifeür vanter ses richesses, le » grand nombre de ses en fans, et la gloire où le roi y Pavoit élevé (2)* » Tout coucouroït a sa grandénr; et la nature même sept hl oit seconder les volontés du roi, Et’jil ajouta j comme le comble de sa faveur: * La reine même n’a invité que moi seul au festin » qifèJle donne au roi; et demain j’aurai cet honneur. 13 Mais * quoique j’aie tous ces avantages , je crois n\*fn voir rien , quand je vois le Juif Mardocliée qui , a w la porte du roi , ne branle pus de sa place i\ mofi !) abord (5), >1 Ce qui flatte les ambitieux , c’est une image de toute-puissance, qui semble eu faire des dieux sur la terre. On ne peut voir sans chagrin Pemlvoit par où elle manque , et tout paroît manquer par ce seul pndroit ■ plus l’obstacle qu’on trouve à ses grandeurs parait feîble , plus l’àmbîtioh s’irrite de ne le pas vain¬ cre ; et tout le repos de la vie en est troublé. Par malheur pour le favori, il a voit une femme aussi hautaine et aussi ambitieuse que lui, « Faites » élever , lui dit-elle (4)? une potence de cinquante >ï coudées ; et faites-y pendre Mardochée, Ainsi vous » irez en joie au festin du roi, » Lne vengeance écla¬ tante et prompte, est aux fîmes ambitieuses le plus délicat de tous les mets, « Ce conseil plut au favori : » et il fit dresser le funèbre appareil, » a Mais il jugea peu digne de lui de mettre les mains » sur Mardocbée seul^ et il résolut de perdre a la fois » toute la nation (5) » : soit qu’il voulût couvrir une (1) Esth. ne t, a. — fa) Ibid. v. 10 5 n, — (3) Ibid, l3, — ( j) Ibid, îij, — 0} IbüL ni, d. rOUÏJQVE vengeance particulière sülis un ordre plus général • soiL qu i! s en prît à la religion , qui inspirait ce relus J Mardochee ; soit qu’il se plût à donner à l’univer< une marque plus éclatante de son pouvoir, et q,JCfe supplice d un seul particulier fût une trop légère pituie * sa vanne.

6 J c Le prétexte ne pouvoit pas être plus spécieux. » ]| * ***?:**&' ,li[-ïf au roi (0, dispersé partout TObc empire, qui trouble la paix publique par ses ” W ««tes. , Personne ne s’intéresse à la conjvalion d une nation si étrange. Ils sont en divers ^ < fil Tr^rTV SMS rouvtlh' s cntrc-sccouV’M. esl fac,Ju d« l«s opprimer. C’est une race désobéissante à vos ordres, ajoute cet ; artificieux ministre , dont il faut réprimer l’insolence. On ne pouvoit pas proposer à un roi , une vue pclîtique mieux coloree ; la nécessité et la facilité concouroien ensemble. Aman d’ailleurs, qui savoitque sot.- vent les plus grands rois , pour le malheur du genre humain, au milieu de leur abondance, ne sont pas insensibles al augmentation de leurs trésors, ajouta pour conclusion (2) : « Ordonnes .qu’ils périssent: (et * par la confiscation de jéursbiens) je ferai entrer dix mille foie ns dans vos coffres» n Le roi ctoit au-dessus de la tentation d’avoir de l’ar¬ gent, mais non au-dessus de celle de le donner, pour **"v‘P T mi"ist,e si «g*««ble, et qui lui parut si affectionne aux intérêts de l’Etat et de sa personne, argent est ù vous, <31 1- II {5), faîtes ce que tous voudrez de ce peuple ; et il ïuï donna son anneau pour » sceller les ordres» » Ua favori heureux n’est plein que de lui-même. Aman n imaginé pas que le roi puisse compter d’an¬ tres services quelessicns* Ainsi, consulté sur les honneurs que le roi avûit destinés à Mardocliue qui lui a voit sauiéla vie, il procure les plus grands honneurs a son ennemi, et à lui-même la plus honteuse humiimtiom Les rois se plaisent souvent à donner les plus (')Etâh ïn. a — faj Ibid 9» — (3) Ibid, té, n. tiivée t>£ riie&m^E. ijv. x. 4*® grands dégofits à leurs favoris, ravis de se montrer inhîlres. Il fallut qulAirran marchât à pied devant Mardoehée, et qu’il fût ïc héraut de sa gloire dans toutes les places publiques (i). On vit dès lors, et on lui prédit Üasc.ejidant que Mardcehée alîoit prendre sur lui; et sa perte s’approchait. Vînt enfin le moment du festin fatal de la reine (2) , dont le favori s’étml tant enorgueilli.

Les hommes ne connaissent point leur destinée» Les ambitieux sont aisés à tromper, puisqu’ils aident eux- mêmes à la sé¬ duction, et qu’ils ne croient que trop aisément qu’on les favorise. Ce fut à ce festin, tant désiré par Aman, qu’il reçut le dernier coup, par la juste plainte de celte princesse. Le roi ouvrit les yeux sur le conseil sangui¬ naire que lui avoit donné son ministre ; et U en eut horreur» Pour comble de disgrâce , le roi , qui vit Aman aux pieds de la reine pour implorer sa clémence , s’alla encore mettre dans l’esprit qu’il entreprenoit sur son honneur; chose qui n’avoit pas Ja moindre apparence en l’étal où étoît Aman» Mais )n confiance une fols blessée se porte aux sent unens les [dus extrê¬ mes. Aman périt ; et, déçu par sa propre gloire , il fut lui-même Partisan de sa perte, jusqu’à avoir fabriqué la potence où il fut attaché, puisque ce fut celle qu’il aVoil préparée à son ennemi. ARTICLE IV» Pour aider le prince à bien connoître les hommes s on lui en montre en général quelques caractères tracés par le SaintEsprit dans les livres de la Sagesse . r * p ho position. Qui sont ceux quHt faut éloigner des emplois pu - falics? et des cours mêmes? sJil est possible. Nous avons remarqué ailleurs qu’une des plus nécessaires connotes an ces du prince était de connût- (i) Est h, vi. 1 1 3 et — (3) Ibid, vu» i , 3 et seq> 464 POLITIQUE tre les hommes. Nous lui .avons fâcilî le cette ennuoissaucc, en réalisant clans plusieurs pariicuHers des caractères marqués en bien et eh mal. Nous éneore tirer des livres de la Sagesse , des cnrtictém generaux, qui feront cohnoître qui sont ceux ciüTiï faut Soigner des emplois publics , et des cours mêmes 5 ïi se peut. J ü y en a qui ne trouvent rien de bon que ce qu’ils pensent, rien de juste que ce qu’ils veulent' iberoient a von renfermé dans leur esprit tout ce qu'il y a d’utile et de bon sens -y sans vouloir rien écouter, C’est à ceuxlà que Salomon dit (i) : « Ne soyez point sn^es en 4 ™us-niûmës. » Et ailleurs 0) : * Le feu n’entend »

, rien que ce qu’il a dans sa tête ; et les paroles pru- » .dentés n’y ont point d'entrée; » Et enfin (5)| fi b insünsé,croit toujours avoir raison ; le sage écoute » conseil. » Il y a aussi a l’innocent, qui croit à toute parole: * mais Je sage ( tient le milieu) et considère » pu s (4)- » C’est le parti que 1 e p ri ticte p ru de n t doit toujours suivre. “ brouillon cause des procès; et Je discoureur » séparé les princes (5) », en disant indiscrètement cc qui nuit, comme ce qui sert. « L’homme a deux langues ( a deux paroles) ; le » menteur et le brou dion a fiée te un langage simple; » mais il pénètre dans le sein (6), j> 11 y laisse des im¬ pressions, et bât des blessures profondes, par scs rap¬ ports déguisés. “ Chassez le railleur et le moqueur, et laeontcn- » tion s’en ira avec lui ; les disputes et les injures » cesseront [y)* » Surtout craignez le flatteur , qui est le vice des cours, et la peste de la vie humaine, « Les morsures » de l’ami ( qui ne vous offense qu’en disant!» vérité) tf valent mieux que les baisers trompeurs d’an en- (0 Prov* ni. 7, — (s) Ibid, xvtiï. 2. — (3) Ibid. xir. |5.— ( -\J tbid* xiv. i5. — (5) Ibid xvi. 28. — (û) Ibid. xyiU- $■ xxv j. 22, — (7} Ibid- xxu, 10. TlUEE ÎVL L^CRÏTTJftt, UV, X* , |(Î5 » nemi ( i ) w , qui se cache sous une belle apparence^ Le fqnfaron , v celui qui se vante et s'exalte , fait des « querelles (a). » À chaque iriot on se sent poussé à le contredire* « L'homme qui se haïe cïc s'enrichir ne sera point » innocent (5)* a Et ailleurs: « La pauvreté pousse » au crime : et le désir des richesses aveugle (4)* » Les fortunes précipitées sont suspectes* Le bieii médio¬ cre qu'on a de ses pères , fait présumer une bonne éducation* a L'impatient ne se sauvera pas de la perte (5)* » Les affaires se gâtent entre ses mains, par la précipi¬ tation et les contretemps. Au contraire, « l'esprit paresseux et irrésolu vent « et ne veut pas (6). » Il ne sait jamais se déterminer : tout lui échappe des mains , parce que , ou il ne donne point aux affaires le temps de mûrir, ou qu'il ne connoit point les momens- Et parce qu'il a ouT dire qu'il ne faut rien précipiter, et que « celui dont »

le pied va vite tombera (7) , il se croit plus sage, » dans sa lenteur, que sept sages qui prononcent » des sentences (8) , dont les paroles sont autant » d'oracles* » Pour éviter ces ïncon venions, la décision du sage est que « toute affaire a sou moment, et son occasion (9)* a Il ne faut ni la laisser échapper, ni trop aller audevant; mais l'attendre , et veiller toujours* Vous êtes toujours en joie, toujours content de vousmême? Vous ne voyez rien : les choses humaines ne portent pas ce perpétuel transport. C'est çe qui fait dire à rEcdésiaste ( 10) ; « Le cœur du sage est celui où » iJ y a de la tristesse ; et le cœur de l'insensé est celui » qui est toujours dans la joie* » « Ne soyez point trop juste, nî plus sage qu'il ne >1 faut ; de peur que vous ne deveniez comme un (1) Prou, xxyïi. G* — (2) IbiiL xxvm 25,™ (3) Thid. 20* (4) AÇçJ. xxv 11* 1* — {5) Pt 'ou. xix. 19. — (G) Ibid: xi u. 4. — (7) Ibid, xix. 2. — (S) Ibid, xx> i, 16.— (q) jtccics. \iïi, G. — (10) Ibid. yli. 5* 4P# tüUïi^tn » stupide {j)j>3 sans vie et sans mouvement Elr* trop ^ippuleux , c’eût une foi blesse. Vouloir assu* rer les choses humaines, plus que leur nature ne le permet, c’en est une autre, qui fait tomber non seulement dons la léthargie et dans l'engourdissement, mais encore dans le désespoir. Il y a un vjee contraire, de tout oser sans mesure, de ne faire scrupule de rien. El le sage le reprend aussitôt après : « M’agissez pas comme un impie (a);& Ko vous affermissez pas dans le crime, comme Vil u ")r -iv oit point de loi ni de religion pour vous. Ceux qui songent à contenter tout le monde, et nagent comme incertains .entre deux partis; ou qui se tournent tantôt vers l’un ou tantôt vers l’autre, sont ceux dont il #$t écrit (5) : « Le cœur qui entre eu deux » voies (et qui veut tromper tout ïu monde) aura un J) mauvais succès. » Il c’aura ni ami fidèle, ni alliance assurée , et ü mettra à la fin tout Je monde contre lai. C’est è de tels esprits que le sage dit (4): « iïç w tournez point à tout vent ; n’entrez point en toute n voie, et n’aycz point une langue double.

» Que vos dé ma relies soient fermes ; que votre conduite soit régulière ; et que la sûreté soit dans vos paroles. « M’ayez point la réputation d’un brouillon . el j’ qu’on ne vous confonde point par vos paroles (5). » 'tels sont ceux à qui on ne cesse de reprocher la Icgèreté de leurs paroles , qui se détruisent les unes les autres. Ceux qui s’ingèrent auprès des rois, qui se veulent rendre nécessaires dans les cours, sont notés parcelle sentence (6) : « Ne vous empressez pas à paroilït B ^uge auprès des rois. » La sagesse ne se déchue qu’a propos. Ces gens , qui veulent toujours donner tous les bons conseils, sont ceux dont il est écrit {?): * Tout conseiller vante son conseil » , et par là le rend mutilé et méprisable. (0 Ecchs. vu. 17. — (5) Ibid. 18, — (3) EccL m. 28,— W Ibid, v. 11— (5) Jbid. iG. — (6) Ibid. Vu. 5.— (7) Jbkl 8. TIJ\EE DE L'ÉC&lTtîîTu LJ Y, X. f\(ïj L'homme avare duit Être en exéêra tidtt» « Celiirqûi » est mauvais a lui-mf*ne, eL qui se plaint tout ce » qu'il goâte de ses biens, à qui sera-t-il bon? Il n’y » a rîen de plus mauvais que celui qui s'envie ù ïaî— » même son soulagement; et c’est la juste punition a do sa malice ( i). >j Enfin les caractères les plus odieux sont réunis , et marques dans ces paroles, « Il y a six choses que le « Seigneur liait, dit le sage {2) ; et son aine déteste » la septième: les yeux altiers, la langue amie du « mensonge, les mains qui répandent le sang inno- » cent, le coeur qui forme de noirs desseins, les pieds » légers pour courir au mal, le faux témoin, enfin n celui qui sème la discorde parmi ses frères, » IIe PROPOSITION, On propose trois conseils du sage , contre ti*êï$ mauvais caractères . k îfe vous opposez point à la vérité ; et, si vous ÿ tous êtes trompé, humiliez- vous (3), » Qui est le mortel qui ne se trompe jamais? Faites un bon usage de vos Jantes , et qu’elles vous éclairent pour une autre occasion, “ Ne rougissez pas d'avouer vos finîtes ; mais ne » vous laissez pas redresser par tout le monde (4) a* comme sont les hommes foi b les , qui se désespèrent et perdent courage, ft ÉSe résistez pas à celui dont la puissance est su- »

périëure ; eTn 'allez pas contre le torrent, ou contre » le courant du fleuve, qui entraîne tout (5), » Le téméraire croit tout possible, et rien ne Farréte, Voici encore trois caractères maudits par le sage : « Malheur au coeur double, qui marche en doux fl voies (6) a , et fait son fort du déguisement et de rinçons tance. (1) MccL xi v. 5, e. — (3) /W, VJ. jÇ, î r (J) LcçL IV. 3o, — (4) ma. 3 f . — ( 5 s Ibid. Zd u, ï.j* 1 S r ï £> - — ~(6j Ibid 4CS POTJTIQGE ft Majheur au cœur lâche (qui se laisse abattre au » premier coup), faute de mettre sa .confiance- en >* Dieu (1). » « M al he \i r . à rC élu i qui p erd 1 a p atî e p ce (a ) n t qui >0 lasse de poursuivre un bon dessein, 111* raorosmÔN. Lô caractèrc de faux ami. C?est celui qu’il faut le plus observer. Nous levons .déjà marqué ; mais ou ne peut trop le faire observer au prince y pour l’en éloigner ; puisque ç’éstla marque la plus assurée aune âme mal élevée , et due cœur corrompu, « Tout ami dit : J’ai fait un ami (5) , et ce lui est une grande joie* « Mais il y a un ami , qui n’est ami » que de nom : n’est- ce pas de quoi s’affliger jusqu'à n la mort », quand on voit Tahus d’un nom si saint? Cet ami de nom seulement, « est Tarai selon le temps, et qui vous abandonne dans Talïlielîon (4)D< lorsque vous avez le plus de besoin d’un tel secours « Il y a Tarai compagnon de table (5). b It ne cherche que son plaisir , et vous quitte dans l'ad¬ versité. K L’ami qui trahit le secret de son ami , est le dé¬ fi sespoîr d’une âme malheureuse (II) » , qui ne sait plus à qui se fier , et ne voit nulle ressource à son malheur, a Mais il y a encore un ami plus pernicieux. C’est » celui qui va découvrir les haines cachées , et ccquW » a dît dans la colère, et dans la dispu le (5;). » Il y aj’ami léger et volage , ta qui ne cherche qu'une » occasion j un prétexte pour rompre avec son amii » c’est un homme digne d’un étemel opprobre (S). » Un homme qui fait paraître une fois en sa vie un tel défaut , est caractérisé à jamais, et fait l’horreur éter¬ nelle de la société humaine, (1) Eccl 11.

i5. — (2) Ibid. iG. — (3) Ibid. r- — (4) Ibid. vi. S. — (5) Ibid, 10.— (6) Ibid -KYH. a-r- {7) Ibid, yi- 9- — (R) Piqv. xym. 1 , TIRÉE DE D’ÉCUlTtiftE, LïV. X, 4<>y IVe PROPOSITION. Le vrai usage des amis cl des conseils. a Le fér s’aiguise par le fer; et Fami aiguise les » vues de son ami ( i)« » Le bon conseil ne donne pas de l’esprit a qui n en a pas; mais il excite 5 il éveille celui qui eu a : « lî * faut avoir un conseil en soi-meme (a) , si Ton veut que le conseil serve- Il y a même des cas où il se faut c mseiller soi-même. Il faut se sentir 5 et prendre sur soi certaines clio se s décisives y où Tou ne peut vous conseiller que faiblement. La règle que fe sage donne pour les amitiés est ad¬ mirable. « Séparez-vous (le votre ennemi; « ne lui donnez point votre confiance : « mais prenez garde » u Failli (ù) »; n’en épousez point les passions* vE raorosïT icn. L ' art i i lié dût l sup p o ser ta crtdn le de Dieu. <£ Lin bon ami est un remède d’immortalité et de n vie : celui qui craint Dieu , le trouvera (4). » La crainte de Dieu donne des principes; et la bonne foi se maintient sous scs yeux qui percent tout. VI® proposition. Le caractère d’un homme d’Etat. n Le conseil est dans le cœur de l’homnic comme ï> une eau profonde: Fhommc sage l’épuisera (5). » On no le découvre point * tant ses conduites sont pro¬ fondes; mais il sonde le cœur des autres ? et un dlroit qipjt devine , tant ses conjectures sont sûres. Il ne parle qu’à propos; car « il sait le temps et la j» réponse {(>)■ » Isaïe Fâppeïlc architecte (?). Il fait des plans pour long-temps; il les suit : H ne bâtit pas au hasard. (]) Prov. xxvii, 17. — (s) Eccl. x&xvïi. 8. — (3) Ibid. vi. i3. — (4) dbiâ* ité — (5) Prov. xx. 5. — £ccfcs« ym. 5, — {7) ïsai. in. 3. -i'° POLITIQUE L égal lit; de sa conduite est une marque de sa „ gesse J et le fait regarder comme un homme ■i«nrI uans toutes ses démarches. « L’homme de bien d!î » -a sagesse , demeure comme le soleil ; le fou cbaL » comme 'a lune (,) , Le vrai sage ne change S “ déf‘"- “ hu“»"“ p«: vit6 proposition.

La piété donne quelquefois du crédit, mèmt auprès des médians rois, Elisée disoit à la Sumimitc (a) : « Avez-vous quel- » que affaire ? et voulez-vous que je parle au roi ou ï *“ chef de la justice ? » L'im^e Atiab^SS doit i.e roij I appelait, mon père (5). ^ . p" «é’-odéeraignoil *aint Jean-Baptiste, sachant que c ctoit un homme saint et juste; et, quoiqu’il le tint ” *“ Pn,son * * ecoutoit volontiers, et faisoit beau¬ coup de choses A sa considération (4). » A lu fin pourtant on sait le traitement qu’il lui fit. Et Adiabsn préparent un semblable à Elisée : «Que je soSl “ jitf;6 l6,J » <lil ce P,i,lce (5) i si aujourd’hui la tète * d Elisée est sur ses épaules !» h iodre à ceax-Ià même qui™ îvcnl paSj mois h terreur superstitieuse <rut eât sans amour, rend l’homme foiblc, timide, défi ,L crue), sanguinaire, et tout ce que' veut la passion. Tin* PROPOSITION. La faveur ne voit guère deux générations. Quels plus grands services que ceux do Joseph P II «voit gouverne l’Egypte quatre-vingts ans avec UDt puissance absolue, et avoit eu tout h; temps de s’aflt rmir lui et les siens. « Cependant il vint un nouveau » roi qui, ne connuissoit pas Joseph (6). » Le prince J'I, £CC,'(Î?\Ï IKA£B- iv- *3- ~ (3) Ibid. " 20'"(5) !r- *** «• 3— T1HÉ& BË L^ÉrÆITltJVE- tIVr, 1 7 * ouliîia que l’Etat lui devait non seulement sa grandeur, mais encore son salut; et il ne songea plus qu à ■ perdre ceux que son prédécesseur avoîl favorises. IXe PROPOSITION On voit auprès des anciens l'ois un conseil do religion. S’il fallait parler ici du ministère prophétique t nous avons vu Samuel , auprès de Saül , 1 interprète des vo¬ lontés de Dieu (i). NatMm, qui reprit David de son péché j entroit dans les plus grandes affaires dclRtat ('2), . ... filais, outre cela, nous connaissons un ministère plus ordinaire, puisque Ira est nomme h le prêtre de s David (3). » Zabud ctoït celui de Salomon ; et il est appelé « Pauli du roi (4) » : marque certaine que le prince rappelait à son conseil le plus intime; ei sans doute principalement en ce qui regardoit la religion et la conscience.

On peut rapporter en cet endroit le conseil du sage (5) : « Ayez toujours avec vous un homme saint , » ^d ont Va me revienne à la vôtre, et qui, voyant vos » chutes (secrètes) dans les ténèbres, les pleure avec » vous » , et vous aide à vous redresser. ARTICLE V. J}q la conduite du prince dans su famille ? et du soin qui! doit avoir de sa saute. proposition La sagesse du prince paraît à gouverner sa famille* d à ta tenir unie pour le bien de i* Etat. 3Sors avons déjà remarqué que « les fils de David v étoientles premiers sous la main du roi (C) » , pour (1) I. Régi ÏT xij xuf ïttî, XV, XVI. — (3) HT- Rcg. ** 10, 12, 23, 24. — (3) II. Xfg. xx. sG. — (4) UL R%. iv5. — (5) EccL xxxvi 1. là, 16. — (6) /, Par.* vm- >> 47 a rôLïTiQrt exécuter ses ordres. Us sont nommes, dans les Sm tanie, au laïques, c^st-a-dïre princes du h €0||. pour la tenir tout unie aux intérêts de la royauté ’ l'our mettre îa paix dans sa famille, il rfelp la succession eu faveur de Salomon, ainsi tme-Db I a voit ordonné par /abouche du prophète Nàlhan f 1} La règle etoif de la donner à rainé (at, si le roi 1 1 Va ordonnent autrement. Et c'est encore la coutume rois d Orient. L’indulgence de David, « qui ne voulut point coo_>> trister Amnon son fils aîné (5) », celui qui viola ï nauiar sa sœor, est reprise dansTEcnlure. llÉ|i aussi trop tranquillement ks eut reprises d’Absalop' q u i état L d e ven u 1 a în é , e t ( j u i v ou lut e n va h i r le trône Mats Dieu le vouloït punir ; et sa facilité , suivie d!tw rébellion si affreuse, laissa un terrible exemple à lui et à tous les rois qui ne savent pas se rendre les maitm de leur famille. Ainsi, quoiqu’il eût encore une excessive înduEgctice pour A'donias , qui étoil l’aîüé après AhsaJon, des qu'il sut qu’il en abusoit jusqu a prétendre au royaume, contre sa "disposition expresse et déclarée, et qu’il avoit dans scs intérêts contre Salomon les princes ses frères, avec la plupart des grands du royaume , il détruisit la cabale dans sa naissance, en taisant au lit de la mort sacrer son fils Salomon, et donna ta paix è i'Ejtat (4), On sait les derniers ordres qu’il laissa au roi son fus, pour le bien de la religion et des peuples.

A ce moment. Dieu lui inspira ce divin psaume, dont le titre est .pour Salomon, qui commence par ces h ea us mots (5) ; a Q Dieu, donnez votre jugement air toi, » et votre justice au fils du roi. jj Tout n’y respire q ne p a ix , a b ondatice , bo nlre u r des pa u v res soulagés sous la protection et la justice du nouveau roi, qui en j de voit abattre les oppresseurs. C'est Hiéritage qu’il (i) /A lieg, r vu, U n. a*. ~ (3) y et sj(j, —‘{5) À. ia, t 3 et fcq. — M ///. //. Iteg. xu i. ai. — (4) rxxi. i cl seq , tirée he b'ic&nmz, liv, x. 4/^ laisse à (son. fils., et h tout' son peuplé ? en leur promettant lm>1 règne heureux. Il y a voit déjà long-temps qu’on lui avoit dédié le p sa u tu é i ut itu 1 é : . ,a i? o u r. le b i e n .-a î tn é ( i ) » > ou les eufhns clé^ Curé virent en esprit te régne de Salomon » oàvfleuriroit La paix. Salomon y est exhorté « à la vé- m rite f >àrlà douceur et à là justice (%). » C’étoiènt les souhaits de David,. et c’est par là rfue son règne de voit figurer celui du Messie» qui était le vrai-fils de David. Pour ne rien omettre, la reine, fille du roi Pharaon» destinée ù Salomon pour épouse , y est marquée; et» sons, le nain de David, on lui adressait - ces pa¬ roles (3) : ; « Ecôoto ma fille, et voyez; et oubliez 3î votre peuple ? et la maison de votre père » , toute royale et tout éclatante qu’elle est; et épousez les in¬ térêts de la famille où vous; entrez. Vous en serez ré¬ compensée « par l’amour du roi ; qui sera épris de vos » beautés (4) »; et vous trouvera encore plus belle et plus ornée au dedans qu’au dehors. C’est ainsi qu 'Israël instruisait scs raines? comme scs rois , par la bouche de David. GV'SL celle reine si parfaite et si aimable » sous la figure de qui Salomon a. chanté l’époux et Pépobse» et lus délices de l’amour divin. Ce roi raignifiqiié la traita selon son mérite» et selon sa naissance. Il lui bâtit un palais superbe. Quoiqu’elle sût que» selon lu coutume de ces temps» il y eût pour la magnificence de lascoiuy« soixante reines?

et un nombre infini de a femmes et de jeunes filles (5) » » elle sentit que. seule elle a voit le cœur. Elle étoît la Siilamite » « l’u- » nique parfaite» que les reines et toutes les autres » louoient ((>).» Cette reine» sans s’enorgueillir de ces avantages , se laissent conduire au sage roi son époux, et entrpit en son esprit en lui disant : « Je vous » mènerai dans le cabinet de ma mère : là vous m’ena soignerez (7) par de douces insinuations. Et cn« ( 1 ) Ps. xuv. — (a) IhuL 5, - (3) Ibhl x i — (/t) Ibid. is. — (5) Cftnt* CatiL vi. 7. — (G? Ibid . t — (?) Cunt* Vin. 3 FOLITIQt K core : a Ceux qui sont droits vous aiment M. „ Qu n est digne de vous aimer que lorsqu'on ai le c«ur Jimt; et vous aimer, c’est la droiture. ’Dc semblables instructions avaient fait imiter i Cethsabee , mere de Salomon, la pénitencd de David L V,3Vdfns tet e'Plif *Iu’ellc parloït en! ces termes* son fils (3) : (i Que vous dirai-je, mon bien-aiméde » mes cuti ailles , et le cher objet de mes vœux ? 0 mon ” . ’ ne (,orjn[?ï point aux femmes vos richesses ; 1rs v rots se perdent eux-mêmes en 1rs voulant enrichir. * point, ô Lamucl (c’est ainsi qu’elle am a pelle balomon )! ne donnez point de vin aux roji, ” parce qu il n’y a point de secret où régne lîmesse “ t e peur, aussi qu’ils n’oublient lesjugcmens droits, » et ne changent la cause du pauvre. » C’est après ws belles paroles qu’elle fait l’image immortelle « de la = femme forte, digne épouse des sénateurs delà » terre (3), » Salomon lui-mCme a rapporté ces paroles dé sa mere, et les a voulu consacrer dans un livre inspiré c ieu., avec ce litre h la tôle : « Paroles du roi La* ” C *** ]a vision dont sa mere t’a instruit «U Il ne; iaut donc pas s’étonner s’il a si souvent répété ans ont ce livre (5} : «Ecoutez les enseigne mens de ’ :0t? ]'ëre\* nîJ,ours (°) ■ « JW été son fils tendre et bien -fumé; et Punique de ma juin» o m enseignoit , et me disoit :> Mon fils, aimez la sagesse, » Et ailleurs (7) : t Conservez, mon 131$, (S Préceptes de votre père; et n’abandonnez pns les conseils de votre mère.»

Pour inspirer Patnour de la sagesse, Salomon faîsoit coucou rir dans ce divin livre les préceptes de son père et de sa mère; les uns plus Torts, les antres plus affectueux et plus tendres; et tous les deux faisant dans le cœur des impressions profondes, S il faut remonter plus haut, Job? qui étoit prince (0 Cant* VUJ, h 3, — (a) Prov y_xxr « ï A t — UREE l)E i/ÉCRlTI RE- LLV. X . 4? 5 en son pays, tenoit sa famille unie- « Ilavoît sept fils ?J et trois filles. Chacun de ses fils avoït son jour pour jj traiter toute la famille dans sa maison. Les frères y )i eonvi oient leurs soeurs. » Le sein de Job êtoit ■« de a les bénir tous quand le tour étolt passe, et d’oiTrir j> des holocaustes pour chacun d’eux : de peur, disoit* a il, que mes enfans (dans leur joie) noient peut* » cire oiïensé Je Seigneur* Ainsi faisait Job tous les » jours de sa vie (r), » Les princes , comme les autres, tenoiont leurs enfans, et jusqu’à leurs filles, toujours prêts à immoler leur vie pour le salut du pays, , La fille unique de Jephte, juge souverain d’Israël, voyant arriver son père «qui déchirait scs habits à sa » vue , lui parla on celte sorte (2) : Mon père , si vous n avez ouvert votre bouche au Seigneur (par quelque a vœu qui mfcf&oit fatal), faites de moi tout ce que a vous avez promis. C’est assez pour nous, que vous a ayez remporté la victoire sur vos ennemis. » Elle se trouva si bien préparée, qu’elle perdît la vie sans qu'il lui en coûtât un soupir, et laissa un deuil immor¬ tel à toutes les filles d’Israël, Jouathas eût éprouvé le même sort. Et encore qu’il eût regret ù la vie , il allait être sacrifié , si le peuple ne l’eût arraché des mains de son père Saul (3). Il* PROPOSITION. Quel soin 4e prince doit avoir de sa santé, « Asa fut malade, i\ la trente-neuvième année du a son règne, d’une violente douleur des pîeds* Et dans a son infirmité , il ne mit pas tant sa confiance au Seï- » gneur son Dieu, que dans Fart des médecins. Et il » mourut deux ans après, à la quarante- unième an-* a née de son règne (4), »

Dieu n-a pas condamné la médecine, dont il est l’auteur* « Honorez, dit-il (5), le médecin, à cause (1) JoL if 2, 4 y 5. — (-2) JucL xï. 35, 3G et sca. — (3j /. Règ. xiv. i}J> 44 > 45- — (4) //■ Par, ui. 12 , i3. — (5) Ecct. xxxviïî. ï j 2 et 4 7® poutîqvï 3J de- la nécessité ; car c est ïe Très-Haut qui pa c,^ » La médecine vient de Dieu , et elle aura ies V des rois.' La science du médecin k relovera ;dL * grands in loueront à Penvi. Le Seigneur a créé h E iriêdîcamens ; et l 'homme sage ne s’en éloigné » pas. Dieu les a faits pour être connus; et ïcTrt^ v » Haut en adonné la connaissance hux ho tomes, mt 1 » découvrir scs merveilles. » Si vous trouvez qui fej connaissances vont lentement, et qu’on li’inventeiMs assez de remèdes pour vaincre tous les mans, IL, n faut prendre an fonds inépuisable dMnfn mité qui est fr! nous. Cependant le peu qu’un découvre doit Mb Lin dus trie/ Dieu vent donc que Ton se serve de la médecine, * et de l’étude des plantes, qui adoucissent k$mm « par des onctions salutaires ; et ces heureuses ihfoi- » tiens croissent tous les jours (ï ) » , pasr les noavdb découvertes que l'expérience nous foittfr ire* Ce que le Seigneur défend, c'est d7y mettre sa con¬ fiance, et non pas en Dieu, qui seul bénit les remèdes, comme il les a faits, et en dirige l'usage. « Uù n lik, n ne négligez pas votre santé, et ne vous mêprisetpi! y> vous-même. Priez Je Seigneur, qui voue guùir.. » Eloignez-vous du péché ( dont votre toàl est le .» vengeur ). Multipliez vos offrandes, et donnez lieu » au médecin ; car c’est le Seigneur qui l'a créé {pE » qui vous le donne). Qu’il ne vous quitte pas, paat » que son secours vous est nécessaire (2). a Gardez - vous Lien de le mépriser, à la manière de ceux qui, parce qu’il n'est pas un dieu, qui àitlnie et la sanie dans la main, en dédaignent le travail « Le temps viendra que vous aurez besoin désuni î> cours (5)» ; et vous serez étonné de P effet dW main hardie et industrieuse. vj'l XXXV1JI- 7- - (a) ^ùl. ÿ, 10, ,1,1!.- (3 j'Jùtff, iôt tïree de l'ecïutu&e, iiv- x.

477 ARTICLE VI ET DERNIERLes incônvimienséi tentations (jid accompagner, t la royauté j et les remedes (pion y doit apporter, , 1T* PROPOSITION. ; ; i On découvre (es incoiivéniens de ta puissance soitvera ine , et ta cause (Les tcjitdiions i&ttiicliees a ux (f J '(t i id es fo i;f un es . Ïl xvy appt de vérité -que le Saint-Esprit ait plus inculquée , dam l’histoire du peuple de Dieu, que celle des tentations attachées aux prospérités M ù la puissance. IL est écrit du saint roi Josaphul, «que son royaume » s'étant affermi eu Juda, et sa gfqire eUys richesses * étant au comble, son cœur prit une noble audace » dans les voies du Seigneur, et il entreprit de détruire >* tes liants lieux et les bois sacrés (1) », où le peuple sacrUjoit : ce qui avuit été vainement tenté par les pieux rois qui Lavoient précédé. C’est là eu effet le sentiment véritable que la puis¬ sance devroit inspirer- Mais tons les rois ne ressemblent, pas à Josaphat. u Le royaume de Roboarn, fils de Salomon , s'étant u affermi (par le retour de plusieurs des dix tribus » séparées, et par d'autres keuicux succès), il abanjj donna la Loi du Seigneur, et tout Israël avec lui (a).» ÀmnsiaSjvioLorieux dTdumée, en adora Iqs dieux (3) : tant les grands succès, qui augmentent la puissance, dérèglent le cœur. Ü7Ûas, un si grand roi, et si religieux, « enflé pour » sa perle (par ses grands succès, et par sa puisd sance)> négligea son Dieu , et voulut offrir IVncens, (i) II, Pur, xyu. 5, G . — &) Ibid. *i. 17- xii, 1, — (3) Ibid, xxt- <4‘ POLITIQUE » menaçant les prêtres (i) », dont il usurpoit l'hni. ncur* Le siint roi Ezédnas, sc défendît -il du pta sa gwre et scs richesses aux ambassadeurs JE Babyfone * avec une ostentation que Dieu condamna par ces dures paroles d’Isaïe (a) ; a Le jour viemln n yuc t0l3S ces trésors seront transportés a Tîabjtone u (à qui tu tes as montrés avec tant de cômplatsance) sans qtul en demeure ici la moindre paie dit J Tout aïioîl bien pour ce prince j a la réserve *i de !a w tentation arrivée ù ^occasion de celle ambassade ï> et Dieu ïa permît pour découvrir tous les mfmm * 9?

son cœi^ €t iorg!lcî] qui s’y Çenoit cachï(5) , Cette sentence fait trembler. Dieu ordonne W gnificente dans les cours* comme nous Pavons tlt mon¬ tré r Dieu a horreur de Doslenlalion , et la foudroie, sans la pardonner à ses serviteurs* Quelle attention nû doit pas avoir un roi pieux ? Quelle réflexion profonde ne doit-il pas faire ; sur La périlleuse délicatesse cb tentations dont nous parlons ? Saint Augustin se fondort sur ces exemples, lotir qu iï a dit qu il n’y a point de plus grande tentation , meme pour les bons rois* que celle de la puissance: Qu auto aitior, tantô pericutoszoï' ( 4)* Saîïl lut choisi de Dieu pour être ro i , sans qu’il y pènsât^ et nous avons vu ailleurs y dans le temps qu'on J elisoit * qu’il se ienoït caché dans sa maison (5), Et neanmoins il succomba é la tentation de la puissance, en désobéissant aux ordres de Dieu, et épargnant Ann a le c; en offrant le sacrifice Sans attendre Samuel; peut-être dans la jalousie de régner en maître absolu, pour secouer un joug importun; et enfin , en persé¬ cutant à toute outrance j dans tous les confins' du royaume? David le plus fîdéle de ses serviteurs (G)- Qu arriva-t-il à David lui-mêinç j et jusques à quel TIREE DE l/ÉCfllTCKÏi, Llf, X» üxci'S succomba -t-il à la tentation de la puissance? Encore .fit-il pénitence, et couvrit-iLson ignominie par ec bon exemple. Mais Di eü n'a pas voulu que nous eussions une ccumiussanee certaine d'une cîOri ver¬ sion semblable dans Salomon son (ils,' qui a été pre¬ mièrement le plus sage de tons les rois, et ensuite, dans sa molle sse-, le plus corrompe et le plus aveugle, La tentation de Id puissance Je j plongea dans ces foiblesses, il adora jusqu es amsdîeul des femmes qui lui avoient déprave le coeur; elles énormes1 dépenses qu'il lui fallut faire en contentant leur ambition , et en leur érigeant tant de temples, jetèrent un si bon roi dans les oppressions, qui donnèrent tîeu, sous son fils, à la division de la moitié du royaume. Aveuglé par la tenfationde la puissance, Nabucbndon os or se fit Dieu, et ne prépara que des fournaises ardentes à ceux qui refusoient leurs adorations à sa statue (i).

C'est lui qui, séduit par sa pr pre gran¬ deur, n’adora plus quedubiueme* « N’est-cc pas lé , > disoit-iî (2), cette grande Babyïone, que j’ai faite « par ma puissance , et pour la manifestation de ma a gloire ? n Babylone , qui voyoit le monde entier sous sa puissance, dîsoit dans l’égarement de son orgueil : d- Je suis, et il n’y a que moi sur la terré, n Et encore : ft Je suis reine, la maîtresse été me lie de Pu ni vers ; je » ne serai jamais veuve ni seule ; mon empire ne pé- tira jamais (3), # Un autre roi disoit en lui-même , plutôt par ses sentïmens et par scs œuvres, que par ses paroles (4) : « Le fleuve est à moi , et je me suis lait moi -même ; a j'ai fait ce grand fleuve, qui m’apporte tant de ria oh esses. » C'est ce que disent les rois superbes , lorsqu’à l’exemple d'un Bharaon , roi d'Egypte, iis se croient arbitres de leur sort, et agissent comme indé- pendans des ordres du ciel, qu'ils ont oubliés, UnÂntîochus, ébloui de sa puissance, qu’il croyoît sans bornes y « éleva sa bouche contre le ciel ; et at- (i) Dan. m. — (a) Ibid. ivh a, afi r 27. — (3) foi in xlviï„ 9, — (4) ËZVCh* XKlXi'Sv 48° ' POLITIQUE * Luq;iunt le TK-s-Hum par.Lsésiyaspîïèmci, il t, )i vULildl (iciflser.ît s; saint s , ej fi teindre Je sacrifice f il ' Qi);!e. TQjt,paroilris.e Son -temps, ;00mn)n un honm qi|i ne.qrqjt, ïieti ' impossible à sa puissance’-- car , j| ” croy*fltlPW9ir, voguer M U terre* et] ■rotùriiom » les limite. Ainsi son «bjJatSe entra,,,, nuit Lotit, et i l vptijyit que le momie A le fil pciul d’antrt loi que ses ^ordres.. Cependant ii apis: J&sclareàd'wKi femme, qu’il a p pp ht- A i i t i f,< ybi il f ,<le iun ■ noiit , et vit des peuples entiers ^ i'èvt)kpt>:W)nli-e lui , parce niïils étüicut la proie d’une impudique , à qui le mi ririhnriii : ses provinces (o).. r Iï érode sur un . trône auguste iiitiEevfMi W JiûJjiu royaux, pendant qnUparloit* sejafeuïi flatter «jdes ac- ^ ». clamuUons du |>euple;qiû Jui orioit : Ce -scfiHJ^tia- » rôles d’im i>içu ( et- hçiy pa$.

d\un. homme: ; eUiéiiia » d’être frappé eir?eq uiomont par un ange , «tiofe » qu’il raourut m^ngé :de.s vers Comme si Dieu, qyM oubfroic , lui e.üt voulu dire, ainsi qu’à cetaulrt ™hfâ) : * tu encore : Je suis un Dieu , lot qui v es un homme , et non pas nu Dieu , sous humain qui » te donne la morl p3 en l’envoyant une si krmt mplndio P . ■ ■ .... Voilà edàtri lLmestcsuIp la tentation, detapià sa n ce : là ) n b 1 i de |>ie ti , 1 5a y e g gleni en t d u c m iy t\ i aitadiiimciiL a sa volonté ; dVuï su i veut fiés jal]Jin> mens d orgueil et de jalousie , et un "empire dés pïais 1rs , q u î n ’a iut de bo rue SiP : j : Cela Jfrt ainsi dès Porigine. Kl aussitôt qu’il y eus des puissances absolues , on craignit tout de îeufc po¬ sions : « Abraham dît à Saraï sa femme (G) : V dw j ï -êtes belle; quand les Egyptiens vous verront, ,\k » diront : C est sa Lemrnc; et ils me tueront poiir vous jj avoir. Dites que vous Êtes ma sœur ( cottunc elle » Pé toit aussi en un .certain 'sens-). Pharaon fui bientôt ?: msiruît de la beauté de S^raï; dt Abraham rorutiw CO vu. 25. vm. n, ï2. — (a) //. flfach. v.an- (J.; /é/V/„ iv; (4) y/d .Mi^ 23. — (5;*&Wi.taviJJt) ? ®3* — (G) Ùe>i> xii, 11,12 etscq. TtïlEE BE L^ÉcntTtRE, LIT- X* $1 * bon traitement pour Famour d’elle; et on lui donna » des troupeaux et des esclaves en abondance ; et on tî enleva sa femme dans la maison de Pharaon- » Il en arriva autant à Abraham chez un autre roi , c’est- à-dire chez Àbimeïech, roi de Gérare dans la Pales¬ tine (i), Et on voit que , depuis TéLablissemimt de la puissance absolue ? il n’y a pins de barrière contre elle, ni d’hospitalité qui ne soit trompeuse, ni de rempart assuré pour la pudeur, ni enfin de sûreté pour la vie des hommes. Avouons donc, de bonne foi, qu’il n’y a point de tentation égale à celle de la puissance ; ni rien de plus d illicite que de se refuser quelque chose, quand les hommes vous accordent tout, et qu’ils ne songent qu’à prévenir, ou même à exciter yos désirs, ir PROPOSITION. Quels remèdes on peut apporter aux ineonv émeus proposés * II y en a qui, touchés de ces ioeon venions, cherchent des barrières à la puissance royale.

Ce qu’ils proposent comme utile, non seulement aux peuples, mars en¬ core aux rois , dont Fempire est plus durable quand il est réglé. Je ne dois point entrer ici, ni dans ces restrictions, ni dans les diverses constitutions des empires et des monarchies. Ce serait m’ éloigner de mon dessein. Je remarquerai seulement ici, premièrement, que Dirai, qui savait ces abus delà souveraine puissance , n’a pas laissé de l’etablîren la personne de Saiil, quoiqu’il sût qu’il en de voit abuser autant qu’aucun roi : seconde¬ ment, que si ces inconvéniens dévoient contraindre le gouvernement jusqu’au point que Ton veut imagi¬ ner, U fuudroit oter jusqu’aux juges choisis tous les ans par le peuple, puisque la seule histoire de Susanne suffit pour montrer Tahus qu’ils ont fait de leur autorité, (ï) Gén. xx. ti , ia, Bossuet, Folitiqué, * i 4^ POLITIQUE Sans donc se donner un vain tourment a chercher dans la vie humaine des secours qui n’aient pas dmconvénienl; ei sans examiner ceux que les hommes ont inventés dans les établÈssemcns des gouvernemens divers, il fuuta|Ier à des remèdes plus généraux, et à ceux que Dieu lui -meme a ordonnés aux rois, contre la tentation de la puissance; dont la source est dans ce principe. IIIe PilOPOSlTlOX* Tout empire doit être regardé sous un autn empire supérieur clinévüaMe, qui est Vampire de Dieu . « Eco u lez-moi, rois, et entendez: juges de la terre. » apprenez votre devoir : prêtez l'oreille, vous qui u contenez la multitude 3 et qui vous plaisez à vous 0 voir environnés des troupes des peuples. C'est le a Seigneur qui vous a donné la puissance, et toute a votre force vient du Très-Haut, qui examinera vos » œuvres, et sondera vos pensées ; parce quTétant les « ministres de son rojaume , vous n’avez pas jugé a droite ment, et vous n’avez pas gardé la lui de la n justice, et vous n’avez pas marché selon lu volonté a de Dieu. 11 vous apparoîtra tout d’un coup, d’uhe a manière terrible; et ceux qui commandent seront » juges par un jugement très-rigoureux* et très- dur, a Car les petits seront traités avec douceur; mais les a puissans Seront puissamment tourmentés.

Dieu ne fl tait peint d’acception de personne , ni il ne craint w la grandeur de qui que ce soit; parce qu’il a fait le a petit comme Je grand, et il a un soin égal des uns a et des autres : les plus forts auront à porter un w tourment plus fort (i). » Il ne faut ni réflexion ni commentaire, hes rois, comme ministres de Dieu, qui en exercent Pempire, sont avec raison menacés, pour une infidélité particu¬ lière, d’une justice plus rigoureuse, cl de supplices (i) Sap . Yî. 2, 3, 4 et seep 1IP.itL I>ï l'ÉCK’ü'BE- LIY- ï. 4“^ «■lui exquis. Et celui-là est bien endormi, qui ne se réveille pas ù ce tonnerre* IY* PROPOSITION» les princes ne doivent jamais perdre de vue ta mort , où l’on voit V empreinte de l empli e mevitable ds Dieu, « Je suis un homme mortel comme ïes autres. » C’est ainsi que la Sagesse éternelle fait parler Salo¬ mon (,}. « Je suis iils de ce premier homme qui a » été formé de terre ; et j’ai été fou chair ( c|U- „ dire l’infirmité même ) dans ïe. ventre de ma mue ,. „ qui m’a porté dîx mois. J’m etc compose de sang , 3 sorti d’une race humaine parmi le trouble deb >, dans une espèce de sommeil. » Ma conception na lien que de foible. « Ma naissance ma jete, et » comme exposé sur la terre ; j’ai respire le meme » air que tous les autres mortels ; et, coiaineeux , j ai » commencé ma vie en pleurant; on ni « noum 4 dan, des langes avec de grands soin,. Les rnis u ont . point un autre commencement : tous les hommes . ont entré dans la vie de la même manière, et ils la » finissent aussi partm même sort. » . . C’est la loi établie de Dieu pour tous les mortels ■ il sait égaler par là toutes les conditions. La mortalité, qui se fait sentir dans le commencement et dans la fin , confond le prince et le sujet ; et la fragile . Ustinction qui est entre deux, est trop superficielle et trop passagère, peur mériter d’etre comptée. \° PROPOSITION» Dieu fait des exemptes sur la terre : U punit par miséricorde. « Le prophète Nathan dit à David (a) : Vous êtes „ cet homme coupable dont vous venei de pronon - (,) SaP.

vu. i , 3, 4,'5, 6 - W x,,‘ 8 ciseq, oli 48 4 POLITIQUE ” cer la condamnation ( dans la parabojc de la hrt- ÏJ Ijîs ). Et voici ce que dit le Seigneur; Je vous ,ii » lait roi sur mon peuple d'Israël ; je vous a] donné j> la maîson de votre Seigneur avec tous ses Liens: » p ont quoi donc avez- vous méprisé la parole du » Seigneur, pour faire mal a ses yeux, en répandant » le sang d’Urie* en lui ôtant sa femme, et le tuant » par l’épée des enfans d’Anunon P Pour cela l’épée » ne se retirera point à jamais de votre maison, » parce que vous m’avez méprisé. Et voici ce quedj[ » le Seigneur : Je susciterai le mal dans votre maison ; » vos femmes vous seront enlevées à vos yeux ; vous » les verrez entre les mains de celui qui vous tou- » cihera de plus près ( de votre propre fils ), aux yeiii » du soleil. Car vous Pavez fait en secret ; mais mol » j- accompli rnî celle partie à la vue de tout Israël, 3> et h la vue du soleil..... Et parce que vous avez l'ait ï> blasphémer le nom du Seigneur par ses ca¬ ri ne mis . l’enfant (qui vous est si cher J mourra è » mort ( i). ri Tout s’accomplit de point en point. Absalon fit éprouver à David tons les maux, ct’tous les affronts que le prophète avoit prédits. David, jusque là tou¬ jours triomphant et les délices de son peuple, futconfraint de prendre la fuite à pied avec tous les siew, devant son fi/s rebelle; et, poursuivi dans sa fuite j coups de pierres, il se vit réduit à souffrir les ou¬ trages de scs ennemis ; et, ce qu’il y a de plus déplo¬ rable, à avoir besoin de la pitié de ses serviteurs. Le glaive vengeur le poursuivit. Jeté de guerre civile en guerre civile, il ne se put rétablir que par des vic¬ toires sanglantes, qui lui coûtèrent le sang h plus cher (2). Voilà l’exemple que. Dieu fit dlm roi qui étoït selon son cœur, et dont il voulait rétablir la gloire par la pénitence. (0 //, lieg. xu. 0, —(a) Ibid . xy, xvi, jtvm, Xs* tuile bt. l'Îcmtcbe. ut. ylc L^oposmoN. l\§ Exemptes deschâlim'M rigoureux-Saul: prem in exemple « Qui voulez - vou9 que j’évoqüe suS'ua’vS'u’lneSiUr?-).

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