Politique tirée de l'Écriture sainte (page 4)

Jacques-Bénigne Bossuet · Doctrine

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Fiche de l’œuvre dans le savoir

24. en Reg., 30, 26. — ? Il Reg., 1, 5.

que le prince l'appeloit à son conseil le plus intime, et sans doute principalement en ce qui regardoit la religion et la conscience.

On peut rapporter en cet endroit le conseil du Sage : « Ayez toujours avec vous un homme saint, dont l'ame revienne à la vôtre, et qui voyant vos chutes (secrètes) dans les ténèbres, les pleure avec vous !, » et vous aide à vous redresser.

De la conduite du prince dans sa famille : et du soin qu'il doit avoir de $a santé.

La sagesse du prince paroît à gouverner sa famille, et à la tenir unie pour bien de l'Etat.

Nous avons déjà remarqué que « les fils de David étoient les premiers sous la main du roi *, » pour exécuter ses ordres. Ils sont nommés dans les Septante Aularques, c'est-à-dire princes d la Cour, pour la tenir toute unie aux intérêts de la royauté.

Pour mettre la paix dans sa famille, il régla la succession en faveur de Salomon, ainsi que Dieu l'avoit ordonné par la bouche du prophète Nathan ?. La règle étoit de la donner à l'ainé *, si le roi n'en ordonnoit autrement. Et c'est encore la coutume des rois d'Orient.

L'indulgence de David, « qui ne voulut point contrister Amnon son fils ainé *, » celui qui viola Thamar sa sœur, est reprise dans l'Ecriture. Il souffrit aussi trop tranquillement les entreprises d'Absalon, qui étoit devenu l'ainé et qui voulut envahir le tróne. Mais Dieu le vouloit punir : et sa facilité, suivie d'une rébellion si affreuse , laissa un terrible exemple à lui et à tous les rois, qui ne savent pas se rendre les maitres de leur famille.

Ainsi quoiqu'il eüt encore une excessive indulgence pour Adonias, qui étoit l'ainé aprés Absalon, dés qu'il sut qu'il en abusoit jusqu'à prétendre au royaume contre sa disposition expresse et déclarée ; et qu'il avoit dans ses intéréts contre Salomon les prin1 Eccli., xxXiVi1 , 15, 16. — * I Paral., xvin, 17. — 3 | Peg., vit, 12, 13 et seq. — * 11] fieg., 1, 5, 6; et 11, 15, 22. — * 1] fleg., xitr, 94.

ces ses frères, avec la plupart des grands du royaume : il détruisit la cabale dans sa naissance, en faisant au lit de la mort sacrer son fils Salomon, et donna la paix à l'Etat ‘.

On sait les derniers ordres qu'il donna au roi son fils, pour le bien de la religion et des peuples. À ce moment Dieu lui inspira ce divin psaume dont le titre est pour Salomon, qui commence par ces beaux mots : « O Dieu, donnez votre jugement au roi, et votre justice au fils du roi *. » Tout n'y respire que paix , abondance, bonheur des pauvres soulagés sous la protection et la justice du nouveau roi, qui en devoit abattre les oppresseurs. C'est l'héritage qu'il laisse à son fils et à tout son peuple, en leur promettant un régne heureux.

Il y avoit déjà longtemps qu'on lui avoit dédié le psaume intitulé : « Pour le bien-aimé ?, » où les enfans de Coré virent en esprit le règne de Salomon, où fleuriroit la paix. Salomon y est exhorté « à la vérité, à la douceur et à la justice *. » C'étoient les souhaits de David, et c'est par là que son régne devoit flgurer celui du Messie, qui étoit le vrai fills de David.

Pour ne rien omettre, la reine fille du roi Pharaon, destinée à Salomon pour épouse, y est marquée ; et sous le nom de David, on lui adressoit ces paroles: « Ecoutez, ma fille, et voyez : et oubliez votre peuple, et la maison de votre père, » toute royale et toute éclatante qu'elle est, et épousez les intérêts de la famille où vous entrez. Vous en serez récompensée « par l'amour du roi, qui sera épris de vos beautés‘ ; » et vous trouvera encore plus belle et plus ornée au dedans qu'au dehors. C'est ainsi qu'Israél instruisoit ses reines, comme ses rois, par la bouche de David.

C'est cette reine si parfaite et si aimable, sous la figure de qui Salomon a chanté l'Epoux et l'Epouse, et les délices de l'amour divin. Ce roi magnifique la traita selon son mérite et selon sa naissance. Il lui bátit un palais superbe. Quoiqu'ellesüt que selon la coutume de ces temps il y eut pour la magniflcence de la cour, « soixante reiues et un nombre infini de femmes et de jeunes filles : elle sentit que seule elle avoit le cœur. Elle étoit la SulaAIT Reg., 1, 6, 9 et seq. — ?* Ps. Lxxi, 1 et seq. — ?* Ps. xi. — * Jbid., 5. — 5 [bid., 14. — € Ibid, 19. — 7 Cant. Cant., vi, 1.

mite (a), «l'unique parfaite, que les reines et toutes les autres louoient!. » Cette reine sans s'enorgueillir de ces avantages, se laissoit conduire au sage roi son époux, et entroit en son esprit en lui disant: « Je vous ménerai dans le cabinet de ma mère : là vous m'enseignerez? » par de douces insinuations. Et encore: « Ceux qui sont droits vous aiment?. » On n'est digne de vous aimer que lorsqu'on a le cœur droit : et vous aimer, c'est la droiture.

De semblables instructions avoient fait imiter à Bethsabée mére de Salomon la pénitence de David. Et c'est dans cet esprit qu'elle parloit en ces termes à son fils: « Que vous dirai-je, mon bienaimé de mes entrailles et le cher objet de mes vœux ? 0 mon fils, ne donnez point aux femmes vos riehesses : les rois se perdent euxmêmes en les voulant enrichir. Ne donnez point, ó Lamuel ! (c'est ainsi qu'elle appelle Salomon), ne donnez point de vin aux rois, parce qu'il n'y a point de secret où règne l'ivresse, de peur aussi qu'ils n'oublient les jugemens droits, et ne changent la cause du pauvre*. » C'est aprés ces belles paroles qu'elle fait l'image immortelle « de la femme forte, digne épouse des sénateurs de la terre *. »

Salomon lui-même a rapporté ces paroles de sa mère : et les a voulu consacrer dans un livre inspiré de Dieu, avec ce titre à la téte: « Paroles du roi Lamuel. C'est la vision dont sa mère l'a instruit*. » Il ne faut donc pas s'étonner s'il a si souvent répété dans tout ce livre : « Ecoutez les enseignemens de votre père”. » Et ailleurs: « J'ai été son fils tendre et bien-aimé, et l'unique de ma mére. Elle m'enseignoit, et me disoit: Mon flls, aimez la sagesse*.» Et ailleurs: « Conservez, mon fils, les préceptes de votre pére: et n'abandonnez pas les conseils de votre mère”. » Pour inspirer l'amour de la sagesse , Salomon faisoit concourir dans ce divin Livre les préceptes de son pére et de sa mére; les uns plus forts, les autres plus affectueux et plus tendres, et tous les deux faisant dans le cœur des impressions profondes.

1 Cant. vi, 8. — * Cant., vini, 2. — 3 Jbid., 1, 3. — * Prov,, xxxi, 2-5. — Jbid., 10-23. — * Ibid., 1. — 7 lbid., 1, 8. — 8 [bid., 1v, 3, 4. — 9 Ibid., VI, 20.

(a) Ile Edit. : Qu'elle seule avoit le cœur, elle la Sulamite.....

S'il faut remonter plus haut, Job, qui étoit prince en son pays, tenoit sa famille unie. « Il avoit sept fils et trois filles. Chacun de ses fils avoit son jour pour traiter toute la famille dans sa maison. . Les frères y convioient leurs sœurs. » Le soin de Job étoit « de les bénir tous quand le tour étoit passé, et d'offrir des holocaustes pour chacun d'eux : de peur, disoit-il, que mes enfans (dans leur joie) n’aient peut-être offensé le Seigneur. Ainsi faisoit Job tous les jours de sa vie '. »

Les princes, comme les autres, tenoient leurs enfans, et jusqu'à leurs filles, toujours préts à immoler leur vie pour le salut du pays.

La fille unique de Jephté, juge souverain d'Israél, voyant arriver son pére « qui déchiroit ses habits à sa vue, lui parla en cette sorte : Mon pére, si vous avez ouvert votre bouche au Seigneur (par quelque vœu qui me soit fatal), faites de moi tout ce que vous avez promis. C'est assez pour nous, que vous ayez remporté la victoire sur vos ennemis?. » Elle se trouva si bien préparée , qu'elle perdit la vie sans qu'il lui en coütàt un soupir, et laissa un deuil immortel à toutes les filles d'Israël.

Jonathas eût éprouvé le méme sort. Et encore qu'il eùüt regret à la vie, il alloit être sacrifié, si le peuple ne l'eàt arraché des mains de son père Saül *.

Quel soin le prince doit avoir de sa santé.

« Asa fut malade, à la trente-neuvième année de son règne, d'une violente douleur des pieds. Et dans son infirmité, il ne mit pas tant sa confiance au Seigneur son Dieu, que dans l'art des médecins. Et il mourut deux ans après, à la quarante-unième année de son régne *. »

Dieu n'a pas condamné la médecine, dont il est l'auteur. « Honorez, dit-il, le médecin à cause de la nécessité: car c'est le TrèsHaut qui l'a créé. La médecine vient de Dieu, et elle aura les

! Job, 1, 2, &, 5.— 3 Judic., x1, 35, 36 et seq.— * I Reg., xiv, 43-45.— * I1. Paral., xvi, 12, 13.

présens des rois. La science du médecin le relévera (a): et les grands la loueront à l'envi. Le Seigneur a créé les médicamens : et l'homme sage ne s'en éloignera pas. Dieu les a faits pour étre connus : et le Trés-Haut en a donné la connoissance aux hommes, pour découvrir ses merveilles. » Si vous trouvez que ces connoissances vont lentement, et qu'on n'invente pas assez de remédes pour vaincre tous les maux, il s'en faut prendre au fonds inépui. sable d'infirmité qui est en nous. Cependant le peu qu'on découvre doit aiguiser l'industrie.

Dieu veut donc que l'on se serve de la médecine et de l'étude des plantes, qui adoucissent les maux par des onctions salutaires: et ces heureuses inventions croissent tous les jours: » par les nouvelles découvertes que l'expérience nous fait faire.

Ce que le Seigneur défend, c'est d'y mettre sa conflance, et non pas en Dieu, qui seul bénit les remèdes, comme il les a faits, et en dirige l'usage. « Mon fils, ne négligez pas votre santé, et ne vous méprisez pas vous-même. Priez le Seigneur, qui vous guérira. Eloignez-vous du péché (dont votre mal estle vengeur). Multipliez vos offrandes, et donnez lieu au médecin : car c'est le Seigneur qui l'a créé (et qui vous le donne). Qu'il ne vous quitte pas, parce que son secours vous est nécessaire ?. »

Gardez-vous bien de le mépriser à la maniere de ceux qui, parce qu'il n'est pas un dieu qui ait la vie et la santé dans la main, en dédaignent le travail. « Le temps viendra que vous aurez besoin de son secours *, » et vous serez étonné de l'effet d'une main hardie et industrieuse.

! Eccli., xxxvitl, À, 2 et seq. — ? Ibid., 1. — 3 Ibid., 9-12. — * Ibid., 13.

(a) Ire Edit. : Le reléveront.

Les inconvéniens et tentations qui accompagnent la royauté : et les remédes qu'on y doit apporter.

On découvre les inconvéniens de la puissance souveraine , et la cause des tentations attachées aux grandes fortunes.

Il n'y a point de vérité que le Saint-Esprit ait plus inculquée dans l'histoire du peuple de Dieu, que celle des tentations attachées aux prospérités et à la puissance.

I] est écrit du saint roi Josaphat, « que son royaume s'élant affermi en Juda et sa gloire et ses richesses étant au comble, son cœur prit une noble audace dans les voies du Seigneur, et il entreprit de détruire les hauts lieux et les bois sacrés!, » où le peuple sacrifioit : ce qui avoit été vainement tenté par les pieux rois qui l'avoient précédé.

C'est là en effet le sentiment véritable que la puissance devroit inspirer. Mais tous les rois ne ressemblent pas à Josaphat.

« Le royaume de Roboam, fils de Salomon, s'étant affermi (par le retour de plusieurs des dix tribus séparées et par d'autres " heureux succès), il abandonna la loi du Seigneur, et tout Israël avec lui *. »

Amasias, victorieux d'Idumée, en adora les dieux ? : tant les grands succès, qui augmentent la puissance, déreglent le cœur.

Ozias, un si grand roi et si relizieux, « enflé pour sa perte (par ses grands succés et par sa puissance), négligea son Dieu, et voulut offrir l'encens, menaçant les prétres* » dont il usurpoit l'honneur.

Le saint roi Ezéchias se défendit-il du plaisir d'étaler sa gloire et ses richesses aux ambassadeurs de Dabylone, avec une ostentation que Dieu condamna par ces dures paroles d'Isale : « Le jour viendra que tous ces trésors seront transportés à Dabylone (à qui tu les as montrés avec tant de complaisance), sans qu'il en

‘il Paralip., xvit, 5, 6.— % Ibid., x1,17; xn, 1. — * [bid., xxv, 14. — * Jbid., Xzvi, 4, 16 et se].

demeure ici la moindre parcelle. » Tout alloit bien pour ce prince, à la réserve « de la tentation arrivée à l'occasion de cette ambassade : et Dieu la permit pour découvrir tous les sentimens de son cœur et l'orgueil qui s'y tenoit caché ?*. »

Cette sentence fait trembler. Dieu ordonne la magniflcence dans les Cours, comme nous l'avons démontré : Dieu a horreur de l'ostentation et la foudroie, sans la pardonner à ses serviteurs: Quelle attention ne doit pas avoir un roi pieux ? Quelle réflexion profonde ne doit-il pas faire, sur la périlleuse délicatesse des tentations dont nous parlons ?

Saint Augustin se fondoit sur ces exemples, lorsqu'il a dit qu'il n'y a point de plus grande tentation, même pour les bons rois, que celle de la puissance : Quantô altior, tantó periculostor *.

Saül fut choisi de Dieu pour être roi, sans qu'il y pensât; et nous avons vu ailleurs, dans le temps qu'on l'élisoit, qu'il se tenoit caché dans sa maison*. Et néanmoins il succomba à la tentation de la puissance, en désobéissant aux ordres de Dieu et épargnant Amalec ; en offrant le sacrifice sans attendre Samuel, peut-étre dans la jalousie de régner en maitre absolu, pour secouer un joug importun ; et enfin en persécutant à toute outrance dans tous les confins du royaume, David le plus fidèle de ses serviteurs *.

Qu'arriva-t-il à David lui- méme, et jusques à quel excés succomba-t-il à la tentation de la puissance? Encore flt-il pénitence, et couvrit-il son ignominie par ce bon exemple. Mais Dieu n'a pas voulu que nous eussions une connoissance certaine d'une conversion semblable dans Salomon son fils, qui a été premierement le plus sage de tous les rois, et ensuite dans sa mollesse le plus corrompu et le plus aveugle. La tentation de la puissance le plongea dans ces foiblesses. Il adora jusques aux dieux des femmes qui lui avoient dépravé le cœur : et les énormes dépenses qu'il lui fallut faire en contentant leur ambition et en leur éri1]V feg., xx, 10, 11. — 3 11 Paral., xxxi, 31. — 3 August., Enarr. in Ps, CIXXVIIL, n. 9. — * | Reg., x, 2, 3, 9, 22, 2). — * | Reg., XV, 8, 9, 13, 14; XII, 8, 9; XVIII, XIX , xx et seq.

geant tant de teraples, jetèrent un si bon roi dans les oppressions qui donnérent lieu sous son fils à la division de la moitié du royaume.

Aveuglé par la tentation de la puissance, Nabuchodonosor se fit Dieu : et ne prépara que des fournaises ardentes à ceux qui refusoient leurs adorations à sa statue‘. C'est lui qui séduit par '88 propre grandeur, n'adora plus que lui-même. « N'est-ce pas là, disoit-il, cette grande Babylone que j'ai faite par ma puissance, et pour la manifestation de ma gloire? ? » Babylone, qui voyoit le monde entier sous sa puissance, disoit dans l'égarement de son orgueil : « Je suis, et il n'y a que moi sur la terre. » Et encore : « Je suis reine, la maitresse éternelle de l'univers; je ne serai jamais veuve ni seule; mon empire ne périra jamais ?. »

Un autre roi disoit en lui-méme, plutót par ses sentimens et par ses œuvres que par ses paroles* : « Le fleuve est à moi, et je me suis fait moi-méme; j'ai fait ce grand fleuve, qui m'apporte tant de richesses. » C'est ce que disent les rois superbes, lorsqu'à l'exemple d'un Pharaon roi d'Egypte, ils se croient arbitres de leur sort, et agissent comme indépendans des ordres du Ciel, qu ils ont oubliés.

Un Antiochus ébloui de sa puissance, qu'il croyoit sans bornes, « éleva sa bouche contre le ciel ; et attaquant le Trés-Haut par ses blasphémes, il en voulut écraser les saints et éteindre le sacrifice *. » On le voit paroitre en son temps, comme un homme qui ne croit rien impossible à sa puissance. Car «il croyoit pouvoir voguer sur la terre, et marcher sur les flots de la mer *. » Ainsi son audace entreprenoit tout, et il vouloit que le monde n'eàt point d'autre loi que ses ordres. Cependant il étoit l'esclave d'une femme, qu'il appela Antiochide de son nom, et vit des peuples entiers se révolter contre lui parce qu'ils étoient la proie d'une impudique, à qui le roi donnoit ses provinces”.

Hérode sur un tróne auguste et revétu des habits royaux, pendant qu'il parloit se laissa flatter « des acclamations du peuple qui lui crioit : Ce sont les paroles d'un Dieu et non pas d'un

1 Dan., ur, 6.— ? [bid., 1v, 2, 26, 27.— 3 [sa., XLvViI, 7, 9. — * Ezech., xxix, 3, 9. — S Dan., vu, 25; viu, 11, 12. — * 1E Mach., v, 21. — ! Ibid., 1v, 30.

homme : et mérita d'être frappé en ce moment par un ange, en: sorte qu'il mourut mangé des vers!. » Comme si Dieu, qu'il oublioit, lui eüt voulu dire, ainsi qu'à cet autre roi : « Diras-tu encore : Je suis un Dieu, toi qui es un homme et non pas un Dieu, sous la main qui te donne la mort?, » en t'envoyant une si étrange maladie?

Voilà les effets funestes de la tentation de la puissance : l'oubli de Dieu, l'aveuglement du cœur et l'attachement à sa volonté : d'où suivent des raffinemens d'orgueil et de jalousie , et un empire des plaisirs qui n'a point de bornes.

Cela fut ainsi dés l'origine. Et aussitót qu'il y eut des puissances absolues, on craignit tout de leurs passions. « Abraham dit à Sarai sa femme : Vous êtes belle : quand les Egyptiens vous verront, ils diront : C'est sa femme : et ils me tueront pour vous avoir. Dites que vous êtes ma sœur (comme elle l'étoit aussi en un certain sens). Pharaon fut bientót instruit de la beauté de Sarai : et Abraham reçut un bon traitement pour l'amour d'elle : et on lui donna des troupeaux et des esclaves en abondance : et on enleva sa femme dans la maison de Pharaon*. » Il en arriva autant à Abraham chez un autre roi, c'est-à-dire chez Abimélech, roi de Gérare dans la Palestine*. Et on voit que depuis l'établissement de la puissance absolue, il n'y a plus de barrière contre elle, ni d'hospitalité qui ne soit trompeuse, ni de rempart assuré pour la pudeur, ni enfin de süreté pour la vie des hommes.

Avouons donc de bonne foi qu'il n'y a point de tentation égale à celle de la puissance : ni rien de plus difficile que de se refuser quelque chose , quand les hommes vous accordent tout , et qu'ils ne songent qu'à prévenir ou méme à exciter vos désirs.

Quels remédes on peut apporter aux inconvéniens proposés.

Il y en a qui touchés de ces inconvéniens , cherchent des barrières à la puissance royale. Ce qu'ils proposent comme utile,

1 Act., Xi1, 22, 23. — 3. Ezech., xxvitit, 9, 23. — 5 Gen, xir, 11, 12 et seq. — Jbid., xx , 11, 12.

non-seulement aux peuples, mais encore aux rois, dont l'empire est plus durable quand il est réglé.

Je ne dois point entrer ici, ni dans ces restrictions, ni dans les diverses constitutions des empires et des monarchies. Ce seroit m'éloigner de mon dessein. Je remarquerai seulement ici , premiérement: que Dieu, qui savoit ces abus de la souveraine puissance, n'a pas laissé de l'établir en la personne de Saül, quoiqu'il sût qu'il en devoit abuser autant qu'aucun roi. Secondement : que si ces inconvéniens devoient contraindre le gouvernement jusqu'au point que l'on veut imaginer, il faudroit ôter jusqu'aux juges choisis tous les ans par le peuple, puisque la seule histoire de Suzanne suffit pour montrer l'abus qu'ils ont fait de leur autorité.

Sans donc se donner un vain tourment à chercher dans la vie humaine des secours qui n'aient pas d'inconvénient, et sans examiner ceux que les hommes ont inventés dans les établissemens des gouvernemens divers: il faut aller à des remédes plus généraux, et à ceux que Dieu lui-méme a ordonnés aux rois conire la tentation de la puissance : dont la source est dans ce principe.

Tout empire doit être regardé sous un autre empire supérieur et inévitable, qui est l'empire de Dieu.

« Ecoutez-moi , rois , et entendez : juges de la terre , apprenez votre devoir : prétez loreille, vous qui contenez la multitude, et qui vous plaisez à vous voir environués des troupes des peuples. C'est le Seigneur qui vous a donné la puissance , et toute votre force vient du Trés-Haut, qui examinera vos œuvres, et sondera vos pensées, parce qu'étant les ministres de son royaume, vous n'avez pas jugé droitement, et vous n'avez pas gardé la loi de la justice, et vous n'avez pas marché selon la volonté de Dieu. I1 vous apparoitra tout d'un coup, d'une manière terrible : et ceux qui commandent seront jugés par un jugement très-rigoureux et trés-dur. Car les petits seront traités avec douceur : mais les puissans seront puissamment tourmentés. Dieu ne fait

point d'acception de personne, ni il ne craint la grandeur de qui que ce soit , parce qu'il a fait le petit comme le grand, et il a un soin égal des uns et des autres : les plus forts auront à porter un tourment plus fort '. »

- ll ne faut ni réflexion ni commentaire. Les rois comme minis-- tres de Dieu, qui en exercent l'empire, sont avec raison menacés pour une infidélité particulière, d'une justice plus rigoureuse et de supplices plus exquis. Et celui-là est bien endormi, qui ne se réveille pas à ce tonnerre.

Les princes ne doivent jamais perdre de vue la mort : où l'on voit l'empreinte de l'empire inévitable de Dieu.

. «Je suis un homme mortel comme les autres (c'est ainsi que la Sagesse éternelle fait parler Salomon). Je suis fils de ce. premier homme qui a été formé de terre, et j'ai été fait chair (c'est-à-dire l'infirmite méme) dans le ventre de ma mère, qui m'a porté dix mois. J'ai été com«posé de sang : sorti d'une race humaine parmi le trouble des sens, dans une espèce de sommeil (ma conception n'a rien .que de foibleJ. Ma naissance m'a jeté, et comme exposé sur la terre : j'ai respiré le méme air que tous les autres mortels , et comme eux j'ai commencé ma vie en pleurant : on m'a nourri dans des langes avec de grands soins. Lea rois n'ont point un autre commencement : tous les hommes ont entrés dans la vie de la méme maniere, et ils la finissent aussi par un méme sort *. »

C'est la loi établie de Dieu pour tous les mortels : il sait égaler par là toutes les conditions. La mortalité , qui se fait sentir dans le commencement et dans la fin , confond le prince et le sujet : et la fragile distinction qui est entre deux, est trop superficielle et. trop passagère , pour mériter d'être comptée.

1 Sap., v1, 2, 3, # et seq. — * [bid., vit, 1-6.

Dieu fait des exemples sur la terre : il punit par miséricorde.

« Le prophéte Nathan dit à David : Vous étes cet homme coupable dont vous venez de prononcer la condamnation (dans la parabole de la brebis). Et voici ce que dit le Seigneur : Je vous ai fait roi sur mon peuple d'Israél: je vous ai donné la maison de votre seigneur avec tous ses biens : pourquoi donc avez-vous méprisé la parole du Seigneur, pour faire mal à ses yeux, en répandant le sang d'Urie, en lui Ótant sa femme et le tuant par l'épée des enfans d'Ammon ? Pour cela l'épée ne se retirera point à jamais de votre maison, parce que vous m'avez méprisé. Et voici ce que dit le Seigneur : Je susciterai le mal dans votre mai.8on : vos femmes vous seront enlevées à vos yeux : vous les verrez entre les mains de celui qui vous touchera de plus prés ( de . votre propre fils), aux yeux du soleil. Car vous l'avez fait en secret : mais moi j'accomplirai cette parole à la vue de tout Israël et à la vuedu soleil !.. Et parce que vous avez fait blasphémer le nom du Seigneur par ses ennemis, l'enfant ( qui vous est si cher) mourra de mort ?, » 20

Tout s'accomplit de point en point. Absalon fit éprouver à David tous les maux, et tous les affronts que le prophète avoit prédits. David jusque-là toujours triomphant et les délices de son peuple , fut contraint de prendre la fuite à pied avec tous les siens , devant son fils rebelle; et poursuivi dans sa fuite à coups de pierres, il se vit réduit à souffrir les outrages de ses ennemis ; et ce qu'il y a de plus déplorable , à avoir besoin de la pitié de ses serviteurs. Le glaive vengeur le poursuivit. Jeté de guerre civile en guerre civile , il ne se put rétablir que par des victoires sanglantes , qui lui coûtèrent le sang le plus cher *.

Voilà l'exemple que Dieu fit d'un roi qui étoit selon son cœur, et dont il vouloit rétablir la gloire par la pénitence.

1 11 Reg., xi, 7, 8 et seq. — ? Ibid., 44. — 3 Jbid., xv, xvi, XVII, xx.

Exemples des chátimens rigoureux. Saül: premier exemple,

« Qui voulez-vous que j'évoque d'entre les morts? » disoit l'enchanteresse, que Saül consultoit à la veille d'une bataille. « Evoquez-moi Samuel, répondit ce prince. Qui voyez-vous ? Je vois comme des dieux (quelque chose d'auguste et de divin) qui s'élève de la terre (et qui sort du creux d'un tombeau). Quelle en est la forme? Un vieillard s'éléve enveloppé d'un manteau. Saül reconnut Samuel à cet habit, et se prosterna en terre!. » Soit que ce füt Samuel lui-méme, Dieu le permettant ainsi pour confondre Saül par ses propres désirs, ou seulement sa figure. « Et Samuel lui dit : Pourquoi me troublez-vous dans le repos de la sépulture? Et que sert de m'interroger, puisque le Seigneur vous a rejeté de devant sa face, par votre désobéissance? Dieu livrera Israël aux Philistins. Demain vous et vos enfans serez avec moi (parmi les morts) : et les Philistins tailleront en pièces l'armée d'Israël *. »

À cette courte et terrible sentence, le cœur de Saül fut épouvanté. Le lendemain les Philistins firent un horrible carnage de toute l'armée, comme il avolt été dit : Jonathas et les enfans de Saül qui y combattoient à ses côtés, y périrent. Ce roi aussi malheureux qu'impie, arracha l'épée des mains de son écuyer, se perca lui-méme à son refus pour ne point tomber entre les mains de ses ennemis : et passa ainsi de la mort temporelle à l'éternelle *.

Second exemple : Baltasar roi de Babylone.

« Baltasar fit un grand festin. Et déjà échauffé par le vin, il fit apporter les vases d'or et d'argent, que son pére Nabuchodonosor avoit enlevés du temple de Jérusalem (comme si le vin y et été meilleur et que la profanation y ajoutát un nouveau goût). Le roi donc, ses femmes, ses maîtresses et les grands de sa Cour buvoient de ce vin, et louoient leurs dieux d'or et d'argent, d'ai3 Reg., xxvii, 41 et seq. — * Jbid., 15, 16 et seq. — ? Ibid., xxxt, 1-4.

rain et de fer, de bois et de pierre. Quand tout d'un coup il parut vis-à-vis d'un chandelier deux doigts (en l'air) comme d'une main humaine, qui écrivoient sur la muraille de la salle du banquet. À ce spectacle de la main qui écrivoit, le visage du roi changea, et ses pensées se troubloient : ses reins furent séparés : ses genoux branlerent, et se brisoient l'un contre l'autre. Il fit un grand cri : toute la Cour fut effrayée; on appela les devins ! » (selon la coutume ).

Mais tous ces devins ne purent lire cette écriture. On fit venir Daniel, comme un homme qui avoit l'esprit des dieux. Et ce fidèle interprète fit cette réponse : « O roi, le Trés-Haut avoit élevé Nabuchodonosor votre père : il fit en son temps tout ce qu'il voulut sur la terre. Quand son cœur s'enfla, et que son esprit s'enorgueillit, il fut frappé, et sa gloire fut éteinte. La raison lui fut ótée; et déposé de son trône, il se vit rangé parmi les bêtes, broutant l'herbe comme un bœuf et battu par les eaux du ciel, jusqu'à ce qu'il eût connu que le Trés-Haut donnoit les royaumes à qui il vouloit. Vous donc, à roi Baltasar son fils, qui savez toutes ces choses, vous n'en avez point profité : et ne vous étes point humilié devant le Seigneur; mais vous avez profané les vaisseaux sacrés de son temple, et avez loué vos dieux de bois et de métail. C'est pour cela que le doigt de la main (qui a paru en l'air) vous est envoyé. Et en voici l'écriture : MaxE. Le Seigneur a compté les années de votre régne, et en a marqué la fin. TaéceL. Vous avez été mis dans la balance, et on ne vous a pas trouvé du poids qu'il falloit. Paarës. Votre royaume a été divisé, et a été Conné aux Medes et aux Perses?. »

« En cette nuit Baltasar fut tué, et Darius le Méde fut mis sur son trône.» -

Troisième exemple : Antiochus (surnommé l'Illustre ), roi de Syrie. « Antiochus marchoit dans les provinces supérieures de la

grande Asie : et il apprit les richesses d'Elymaide ville de Perse, et de son temple, oà Alexandre fils de Philippe roi de Macédoine,

! Dan., v, 1, 2 et seq. — ? Ibid., 18—238. — 3 Ibid., 30, 31.

qui avoit commencé l'empire des Grecs, avoit déposé les riches dépouilles de tant de royaumes vaincus. Et il s'approcha de la ville, qu'il vouloit surprendre; mais l'entreprise fut découverte; et battu par ses ennemis, il revenoit en fuite avec honte. »

« Plongé dans une profonde tristesse, il apprit auprès d'Ecbatanes l'une des capitales de son royaume, la défaite de ses généraux (Nicanor et Lysia-), qu'il avoit laissés en Judée pour la subjuguer. Et emporté de colère, il crut pouvoir réparer sur les Juifs l'opprobre où l'avoient jeté ceux qui l'avoient contraint à prendre la fuite, menacant Jérusalem dans son orgueil de n'en faire plus qu'un sépulcre de ses citoyens *. »

Pendant qu'il ne respiroit que feu et sang contre les Juifs, poursuivi par la vengeance divine, il précipitoit le cours de ses chariots, et reçut en versant de rudes coups. Les nouvelles qui lui venoient coup sur coup du mauvais succès de ses desseins en Judée, l'effraya et le mit en trouble. Dans l'excés de la mélancolie où l'avoient jeté ses espérances trompées, il tomba malade : la (a) tristesse se renouveloit dans une longue langueur, et il se sentoit défaillir. Au milieu de ses discours menacans, Dieu le frappa d'une plaie cachée qui lui causa d'insupportables tourmens. « Ce qui étoit le juste supplice de ceux qu'il avoit inventés contre les autres : celui qui croyoit pouvoir commander aux flots de la mer, et se croyoit au-dessus des astres, porté sur un brancart, rendoit témoignage de la puissance de Dieu, dont le bras l'atterroit. ll sortit des vers de son corps. L'armée n'en pouvoit souffrir la puanteur, qui lui devint insupportable à lui-même *. »

« Alors il appela ses serviteurs les plus affidés, et leur dit : Je ne connois plus le sommeil : je suis abimé dans la tristesse, moi dont les joies étoient si emportées. Le souvenir des maux que j'ai faits sans raison dans Jérusalem, et le pillage injuste de tant de richesses , ne me laissent pas de repos. Et je meurs sans consolation dans une terre éloignée *. »

Alors il commenca à se réveiller comme d'un profond assou! | Mach., vi, 1, 2 et seq. —* II Mach., ix , 1, 2 et seq. — ? Ibid. v1,6, 8. — * | Mach., v1, 10, 11, 12, 13. (a) LIe édit. : Sa.

pissement : et dans le continuel accroissement de ses maux , ren- - trant enfin en lui-même : « Il est juste, s'écria-t-il , d'être soumis à Dieu , et qu'un mortel ne s'égale pas à sa puissance. Il imploroit la miséricorde, qui lui étoit refusée. Il protestoit d'affranchir Jérusalem qui avoit été l'objet de sa haine. Il promettoit d'égaler aux Athéniens les Juifs, qu'auparavant il vouloit donner . en proie, grands et petits, aux oiseaux et aux bêtes ravissantes. I] ne parloit que des beaux présens qu'il destinoit au temple saint : et promettoit de se faire Juif, et d'aller de ville en ville publier la gloire et la puissance de Dieu!.» Mais il ne requt point la miséricorde qu'il vouloit acheter et non fléchir, ni aucun fruit d'une conversion que Dieu, qui lit dans les cœurs , connoissoit trompeuse et forcée.

« Ainsi mourut d'une mort misérable, sur des montagnes éloignées , cet homicide et ce blasphémateur : ainsi recut-il le traitement qu'il avoit fait à tant d'autres *. »

C'est assez d'avoir rapporté ces tristes exemples : et nous nous tairons du nombre infini qui reste.

Le prince doit respecter le genre humain, et révérer le jugement de la postérité.

Pendant que le prince se voit le plus grand objet sur la terre des regards du genre humain, il en doit révérer l'attention, et considérer dans chacun des hommes qui le regardent un témoin inévitable de ses actions et de sa conduite.

Surtout il doit respecter le jugement de la postérité , qui rend des arréts suprémes sur la conduite des rois. Le nom de Jéroboam marchera éternellement avec cette note infamante : « Jéroboam qui pécha , et fit pécher Israël *. »

Les louanges de David iront toujours avec cette restriction : a Excepté l'affaire d'Urie Héthéen*.» Encore pour David, sa gloire est réparée par sa pénitence : mais celle de Salomon n'étant point connue, il demeurera aprés tant d'éloges que lui donne

1 II Mach., 1x , 11, 12, 13, 14, 15, 16, 47. —? Jbid. 11, 98. —? IV Reg., xiv, 24; XV, 9. — à lil Reg., XV, 5.

I'Ecclésiastique, avec cette tache inhérente à son nom : « O sage, tu t'es abaissé devant les femmes, tu as mis une tache dans ta gloire ! Tu as profané ton sang : et ta folie a donné lieu au partage de ton royaume. » Rien n'a effacé cette tache.

Et si l'on veut prendre l’Ecclésiaste comme un ouvrage de la pénitence de Salomon , profitons-y du moins de cet aveu : « J'ai parcouru dans mon esprit toutes les occupations de la vie humaine : l'impiété de l'insensé et l'erreur des imprudens ; et le fruit demes expériencesa été de reconnoitre que la femme étoit plus amère que la mort ?. »

Le prince doit respecter les remords futurs de sa conscience.

Combien de fois le cœur percé de componction , David a-t-il dit en lui-même : Urie étoit connu comme un des forts d'Israël et des plus fidèles à son roi : cependant je lui ai óté l'honneur et la vie : « O Seigneur, délivrez-moi de son sang » ( qui me persécute)! La plaie que je lui ai faite par les traits des Ammonites, pendant qu'il combattoit dans les premiers rangs pour mon service , est toujours ouverte devant mes yeux : « et mon péché est toujours contre moi *. » Que n’eût-il pas fait pour se délivrer de ce reproche sanglant ?

Que la crainte d'un semblable sentiment arréte les mains sanguinaires , et prévienne la profonde plaie que fait dans les cœurs la victoire que remportent les basses et honteuses passions.

Réflexion que doit faire un prince pieux , sur les exemples que Dieu fait

des plus grands rois.

Qui m'a dit , si j'étois rebelle à la voix de Dieu , que sa justice ne me mettroit pas au nombre de ces malheureux qu'il fait servir d'exemples aux autres ? Dieu craint-il ma puissance? et quel mortel en est à couvert ?

Mais peut-étre que c'est seulement sur des scélérats qu'il exerce

1 Eccli., xzvit, 21, 92, 93. — * Eccle, Vit, 96, 91. — 3 Ps., L, 16.— * Ibid., 5.

ses vengeances? Non: il imputa à David le dénombrement du peuple, par oà ce prince paroissoit seulement prendre trop de confiance en ses forces : et sans autre miséricorde que de lui donner l'option de son supplice, il lui ordonna de choisir entre la famine, la guerre et la peste. Nous venons de voir Ezéchias étaler ses richesses aux Dabyloniens, ce qui n'étoit aprés tout qu'une ostentation ; et cependant le Seigneur lui dit en punition, par la bouche de son prophète Isaie : « Je transporterai ces richesses de tant de rois à Babylone : et les enfans qui sortiront de toi, seront esclaves dans le palais de ses rois *. »

C'est des rois les plus pieux que Dieu exige un détachement plus entier de leur grandeur. C'est sur eux qu'il venge le plus durement la confiance qu'ils mettent dans leur pouvoir, et l'attachement qu'ils ont à leurs richesses. Que ne fera-t-il donc pas dans la nouvelle alliance, aprés l'exemple et la doctrine du Fils de Dieu descendu du ciel, pour anéantir toutes les grandeurs humaines ?

Réflexion particulière à l'état du christianisme.

Il faut ici se souvenir que le fondement de toute la doctrine chrétienne, et la première béatitude que Jésus-Christ propose à l'homme, est établie dans ces paroles : « Bienheureux les pauvres d'esprit, parce qu'à eux appartient le royaume des cieux ?. » Expressément il ne dit pas : Bienheureux les pauvres : en effet, comme si l'on ne pouvoit étre sauvé dans les grandes fortunes. Mais il dit : Bienheureux les pauvres d'esprit, c'est-à-dire bienheureux ceux qui savent se détacher de leurs richesses : s'en dépouiller devant Dieu par une véritable humilité. Le royaume du ciel est à ce prix : et sans ce dépouillement intérieur, les rois de la terre n'auront pas de part au véritable royaume, qui sans doute est celui des cieux.

Rien ne convenoit davantage à Jésus-Christ, que de commencer par cette sentence le premier sermon oà il vouloit, pour ainsi

! IV Reg., xx, 17, 18. — * Matth., v, 3.

parler , donner le plan de sa doctrine. Jésus-Christ, c'est un Dieu abaissé : un roi descendu de son trône : qui a voulu naître pauvre, d'une mère pauvre, à qui il inspire l'amour de la pauvreté et de la bassesse, dés qu'il l'a choisie pour sa mére. « Dieu, dit-elle ‘, a regarde la petitesse, la bassesse de sa servante!. » Ce n'est pas seulement la vertu de cette mére admirable qu'il a choisie pour son fils, mais encore la petitesse de son état. C'est pourquoi elle ajoute aussitôt aprés : «Il a dissipé ceux qui s'enorgueillissent- dans leur cœur : il a déposé les puissans de leur tróne, et il a élevé les petits et les humbles : il a rempli de biens ceux qui ont faim (ceux qui sont dans le besoin, dans l'indigence), et il a renvoyé les riches les mains vides *. »

La divine Mére exprime par ce peu de mots, tout le dessein de l'Evangile. Un roi comme Jésus-Christ, qui n'a rien voulu garder de la grandeur extérieure de tant de rois ses ancètres, n'a pu se proposer autre chose en venant au monde, que de rabaisser les puissances à ses yeux, et d'élever les humbles de cœur aux plus hautes places de son royaume.

On expose le soin d'un roi pieux à supprimer tous les sentimens qu'inspire la grandeur.

« Seigneur, disoit David, je n'ai point enflé mon cœur, je n'ai point élevé mes yeux : je n'ai point marché dans les hauteurs, ni dans des choses admirables au-dessus de moi?. (J'ai combattu les pensées ambitieuses : et je ne me suis point laissé posséder à l'esprit de grandeur et de puissance). « Si je n'ai pas eu des sentimens humbles, et que j'aie élevé mon ame (Seigneur, ne me regardez pas). Semblable à un enfant qu'on a sevré de la mamelle de sa mére : ainsi mon ame a été sevrée (des douceurs de la gloire humaine, pour étre capable d'un aliment plus solide et plus substantiel). Qu'Israél (le vrai Israél de Dieu, c'est-à-dire le chrétien) espére au Seigneur maintenant, et au siécle des siecles *. » Qu'il n'ait point d'autre sentiment, ni pour le passé ni pour l'avenir.

1 Luc., 1, 48. — * Jbid., 51, 52, 53. — * Ps. cxxx , 1 et seq.

C'est la vie de tout chrétien, et des rois ainsi que des autres : car ils doivent comme les autres étre vraiment pauvres d'esprit et de cœur; et comme disoit saint Augustin, « préférer au royaume où ils sont seuls, celui où ils ne craignent point d'avoir des égaux ‘. »

David rempli de l'esprit du Nouveau Testament, sous lequel il étoit déjà par la foi, a ramassé ces grands sentimens dans un des plus petits de ses psaumes : et il le donne pour entretien et pour exercice aux rois pieux.

Tous les jours, et dés le matin, le prince doit se rendre devant Dieu attentif à tous ses devoirs.

« Ecoutez, Seigneur, mes paroles d'une oreille favorable : entendez le cri de mon cœur : soyez attentif à ma prière, mon Roi et mon Dieu. Je vous ferai ma prière, et vous m'écouterez dès le matin. Je me présenterai à vous dés le matin, et je considérerai que vous êtes un Dieu qui haïssez l'niquité. L'homme malin n'approchera point de vous : les méchans ne subsisteront point sous vos yeux. Vous haissez tout homme qui fait mal : vous perdrez ceux qui profèrent le mensonge. Le Seigneur a en abomination l'homme sanguinaire et le trompeur. Pour moi, j'espère en la multitude de vos miséricordes. J'entrerai dans votre maison : j'adorerai dans votre saint temple en votre crainte. Amenezmoi dans votre justice : aplanissez vos voies devant moi, pour me délivrer de ceux qui me tendent des piéges. La vérité n'est point en leur bouche : leur cœur est plein de fraude pour me surprendre : leur bouche est un sépulere ouvert (pour engloutir l'innocent). Ils adoucissent leurs langues (par des paroles flatteuses). Jugez-les, Seigneur : rendez leurs desseins inutiles : repoussez-les selon le nombre de leurs impiétés, parce qu'ils ont irrité votre colère. Mais que ceux qui espèrent en vous, se réjouissent : ils vous loueront à jamais. Vous protégerez ceux qui aiment votre nom : vous habiterez en eux, ils se réjouiront en

! Aug., de Civit, Dei, lib. V, cap. xxiv.

vous : bénisse2 le juste. Vous environnerez leur tête comme d'un bouclier, selon votre bonne volonté :, »

On voit David, un si grand roi, dés le matin et dans le moment où l'esprit est le plus net et les pensées les plus dégagées et les plus pures, se mettre en la présence de Dieu, entrer dans sol temple faire son adoration et sa prière en considérant ses de: voirs, sur ce fondement immuable, que Dieu est un Dieu qui hait l'iniquité : ce qui oblige ce prince à la réprimer en lui-même et dans les autres. C'est ainsi qu'on se renouvelle tous les jours, et qu'on évite l'oubli de Dieu, qui est le plus grand de tous les maux.

Modèle de la vie d'un prince dans son particulier : et les résolutions qu'il y doit prendre.

« 0 Seigneur, je célébrerai par mes chants votre miséricorde et vos jugemens : je vous chanterai des psaumes, et je m'instruirai dans la voie parfaite et sans tache, quand vous approcherez de moi. Je marchois dans mon innocence, et dans la simplieité de mon cœur, au milieu de ma maison. Je ne mettois dens mon esprit aucune pensée injuste : je haissois celui qui se détournoit de vos voies. Un mauvais cœur ne m'approchoit pas ; je ne connoissois point le mal: je ne laissois aucun repos à celui qui médisoit en secret de son prochain. Les yeux superbes, et les eœurs avares et insatiables n'avoient point de place à ma table (et dans ma familiarité). Mes yeux se tournoient vers les fidéles de la terre, pour vivre en leur compagnie : je me servois de celui dont les voies étoient innocentes et irréprochables. Le superbe n'habitoit point dans ma maison: le menteur ne plaisoit pas à mes yeux ; (mon zèle s'allumoit dés le matin contre les méchans et les impies) : je les faisois mourir dés le matin, (je méditois leur perte), afin de les exterminer tous de la cité du Seigneur *,. »

. C'est ainsi que parloit David en roi zélé pour la religion et pour la justice : et il apprenoit aux rois par son exemple quels con1 Ps. v, 1 et seq. — ? Ps. C, 1 et sea.

seillers , quels ministres , quels amis et quels ennemis ils doivent avoir. Quel spectacle de voir le plus doux et le plus clément de tous les princes , dès le matin au milieu du carnage spirituel des ennemis de Dieu, quand il les voyoit scandaleux et incorrigibles ! Mais quel plaisir de considérer dans ce psaume admirable son innocence, sa modération , son intégrité et sa justice ; ceux qu'il approche de lui, ceux qu'il en éloigne; son attention sur luiméme , et son zèle contre les méchans!

Avec toutes ces précautions , il est tombé, et d'une chute terrible : tant est grande la foiblesse humaine : tant est dangereuse la tentation de la puissance. Combien plus sont exposés ceux qui sont toujours hors d'eux-mémes, et ne rentrent jamais dans leur conscience ! C'est donc le grand reméde à la tentation dont nous parlons: et je ne puis mieux finir cet ouvrage, qu'en mettant entre les mains des rois pieux ces beaux psaumes de David.

En quoi consiste le vrai bonheur des rois.

Apprenons-le de saint Augustin, parlant aux empereurs chrés tiens , et en leurs personnes à tous les princes et à tous les rois de la terre. C'est le fruit et l'abrégé de ce discours.

« Les empereurs chrétiens ne nous paroissent pas heureux, pour avoir régné longtemps ; ni pour avoir laissé l'empire à leurs enfans après une mort paisible ; ni pour avoir dompté, ou les ennemis de l'Etat , ou les rebelles. Ces choses , que Dieu donne aux hommes dans cette vie malheureuse ( ou pour leur faire sentir sa libéralité, ou pour leur servir de consolation dans leurs misères), ont été accordées méme aux idolátres qui n'ont aucune part au royaume céleste , oà les empereurs chrétiens sont appelés. Ainsi nous ne les estimons pas heureux pour avoir ces choses, qui leur sont communes avec les ennemis de Dieu : et il leur a fait beaucoup de graces, lorsque leur inspirant de croire en lui, il les a empéchés de mettre leur félicité dans des biens de cette nature. Ils sont donc véritablement heureux , s'ils gouvernent avec justice les peuples qui leur sont soumis ; s'ils ne s'enorgueillissent

point parmi les discours de leurs flatteurs, et au milieu des bassesses de leurs courtisans; sileur élévation ne les empéche pas de se souvenir qu'ils sont des hommes mortels; s'ils font servir leur puissance à étendre le culte de Dieu , et à faire révérer cette majesté infinie ; s'ils craignent Dieu, s'ils l'aiment, s'ils l'adorent; s'ils préfèrent au royaume où ils sont les seuls maîtres, celui où ils ne craignent point d'avoir des égaux ; s'ils sont lents à punir, et au contraire prompts à pardonner ; s'ils exercent la vengeance publique, non pour se satisfaire eux-mêmes, mais pour le bien de l'Etat qui a besoin nécessairement de cette sévérité ; si le pardon qu'ils accordent tend à l'amendement de ceux qui font mal, et non à l'impunité des mauvaises actions ; si lorsqu'ils sont obligés d'user de quelque rigueur, ils prennent soin de l'adoucir autant qu'ils peuvent par des bienfaits et par des marques de bonté ; si leurs passions sont d'autant plus réprimées qu'elles peuvent étre plus libres ; s'ils aiment mieux se commander à eux-mémes et à leurs mauvais désirs, qu'aux nations les plus indomptables et les plus fléres; et s'ils sont portés à faire ces choses, non par le sentiment d'une vaine gloire, mais par l'amour de la félicité éternelle, offrant tous les jours à Dieu pour leurs péchés un sacrifice agréable de saintes prières , de compassion sincère des maux que souffrent les hommes et d'humilité profonde devant la majesté du Roi des rois. Les empereurs qui vivent ainsi sont heureux en cette vie par espérance ; et ils le seront un jour en effet, quand la gloire que nous attendons sera arrivée !. »

Tout est faible sous un paresseux. « Soyez prompts B dans tous vos ouvrages , et la foiblesse ne viendra (1) Pro v\ xn. if\. — (2) Ibid. xni. '4* (3 )ïlid. xxt. — (i) Ibid . xy ni» 9, — (5) IbuL xxii. i3. — (6)7W. xxyj. i3, 14 7 10. — (7) Ibid * xyu>. — (3) EccL s. i3. IIKKE DE î,’ ÉCRITURE. Il Y* IV* U 5 »r jamais au -Aérant de yous, pour traverser vosflei^ * seins (i). if Les affaires en effet sont difficiles; on n’en sur¬ monte la difficulté que par une activité infatigable. On manque tonales jours tant d’entreprises, que ce n’est qu’à force d’agir sans cesse qu’on assure le suc¬ cès de ses desseins. « Semez donc le matin ; ne cessez » pas le soir ; vous ne savez lequel des deux profî- » tara ; et si c’est tous les deux., tant mieux pour » vous (a).. » II* PBO POSITION* Il y a une fausse fermeté* L’opiniâtreté invincible de Pharaon le fait voir. G*étoit eildaTOssément » et non fermeté. Cette dureté est fatale à lui et à son royaume* L’Ecriture en fait foi dans tout le livre de l'Exode* La force du commandement poussé trop loin ; jamais plier» jamais condescendre, jamais se relâcher, s’achar¬ ner à vouloir être obéi à quelque prix que ce soit ; c’est un terrible fléau de Dieu sur les rois et sur les peuples* Celui qui a dit : « Ne tournez pas à tout vent (3)» , avoitAit un peu auparavant ; « Ne forcez point le cours » d’un fleuve (4)- ” H y 11 une légèreté» et aussi une roi (leur excessive* Une fausse fermeté conseillée à Koboam , par de jeunes gens sans expérience» lui fit perdre dix tribus. Le peuple demandoït d’être un peu soulage des impôts très-grands que Salomon exigeoit : soit qu’ils se plai¬ gnissent sans raison d’un prince qui a voit réndu l’or et l’argent communs dans Jérusalem; ou qu’en effet Salomon les eû t grevés dans Je temps qu’il donna tout à ses passions* Les vieillards qui counoissoient l’état des affaires» et l’humeur du peuple juif, lui conseilloient de l’apaiser avec de douces paroles suivies de quelques effets, « Si vous donnez quelque chose à (i) EccL XXXI, 137.

— (3) Ibid * \r 6, — (3) Ibid* v, n* - (4) mi iv* 3a* J t6 fOUTÏQLt » leurs prières, et que vous leur parliez doucement , ils vous serviront toute votre vie (1). » Mais la jeunesse téméraire, qu'il consulta dans la suite , se moqua de la prévoyance des vieillards, et lui conseilla , non un simple refus, mais .on refus ae~ compagne de paroles dures et de menaces insuppor¬ tables. n Mon petit doigt, leur dit-il (sj, est plus gros n que tout ïe corps de mon père : mon père vous a fou- ï> les , et moi je vous foulerai encore davantage : mon » père vous alouettes avec dos verges, et moi je vous » fouetterai avec des chaînes de fer : et le roi nsac- » quîesça pas au désir du .peuple, parce que Dieu » s'étoit éloigné de lui, et voûtait accomplir ce qu'il » avoit dit contre Salomon £5)-: qu'en -punition do ses » crimes il partager oïl son royaume après sa mort. * Ainsi cette dureté de Roboam ctoit un fléau envoyé de Dieu, et une juste punition tant de Salomon que de lui. Les jeunes gens quM consul toit ne manquoîenl pas de prétextes. Il Faut soutenir Fautorhé ; qui se laisse aller au commencement, on lui met à la fin le pied sur la gorge* Mais par-dessus tout cela il falloîE connoître les dispositions présentes, et céder à une force qu on ne pou voit vaincre. Les bonnes maximes outrées perdent tout. Qui ne veut jamais plier, casse tout à coup. nic propos i ri o y, le 'priiXcc doit eerm mcnccr par soi-mêins a com¬ mander avec fermeté, et se rendre maître de scs passions* « Ne marchez point après vos désirs, retirez-vous b de votre propre volonté. Si vous suivez vos désirs, » vous donnerez beaucoup de joie à vos ennemis (4). » 31 faut donc résister à ses propres volontés, et être ferme premièrement contre soï-même. Le premier de tous les empires est celui qu'on a sur (i) ///, Heg. xu. 7. — (d) Ibid, ïq > xi. 3 1 j, etc . — (4) EccL xvm. 30, 31, xi * — (3) 'Ibid. TUILE DE L ÉCKITÜRK» LÏV- IV. ses désirs. a Ta cupidité te sera soumise, et lu la do¬ it mineras (i). & C'est la source et le fondement de toute l'autorité.

Qui l'a sur soi-même, mérite de Ta voir sur les au¬ tres. Qui n'est pas maître de ses passions, n'a rien de fort ; car il est f bible dans le principe. Sédceias, qui disoit aux grands (a] i a Ce roi ne » vous peut rien refuser », n'étoit foible devant eux , que parce qu il l étoit en lui-même, et ne savoît pas maîtriser sa crainte* 1 Lvilmémdac, abattu par la même passion , se laissa maltraiter cl abattre par les seigneurs qui ïuidîsoienl ; « Liriez- nous Daniel, ou nous vous tuerons (3), n Si Darius eût eu assez de force sur lui-même pour soutenir la justice, Î1 auroit eu de l’autorité sur les grands qui lui rie ma ml oient le même prophète, et il auroit pas eu la fbibîesse de sacrifier un innocent à leur jalousie (4). Pilate 3 voit succombé intérieurement à la tentation ri ^ ^'^ur5 quand il se laissa forcer é crucifier JésusUmsl. 11 a voit beau avoir en main tonte la puissance romaine dans la Judée , il netoît pas puissant, puisqu il ne put résister à Pirnqulté connue, David , quelque grand roi qu'il fût, n'étoît plus puissant, quand sa puissance ne lui servit qu'à des ac¬ tions qu'il a pie urées toute sa vie, et qu'il eût voulu n avoir pas pu faire. Salomon n'etoit plus puissant, quand sa puissance le rendit te plus foibïe de tous les hommes, Hérode n'étoît point puissant, lorsque désirant de sauver saint Jean-Baptiste, dont une malheureuse lui demandoït la tête, il n'osa le faire, « de peur de la lâcher (o); » il entra dans son crime quelque égard de paX - - - - - J 1^1 IlliC IfUUUUI *. les : assistais, devant lesquels il craignit s’H nianquoit ^accomplir le serment qu'il de 60 roi. ^l0it d'avtur promis la tête unt Jean-Baptiste ; mais, û cause du serment qu'il (l :).©îV* i ] teen* * , Ï4) Ibid • 7* (sj^er. xxxvm. 5. — (3) Dan. $iv, 28, ^ 12 saq. — (5) Marc. yi. 2(u 1 1 S POtITIQT'Ë » avcît fait T et des assistant, il commanda qu’on la » donnât (i). » C’est la p J us grande de toutes les faiblesses que de craindre trop de paroîtrè foi b le. Tout cela fait connoîtrc qu’il n’y a point cle puis¬ sance , si on n’est première ment puissant sur soimême ; ni de fermeté véritable , si on n’est premièrement ferme contre ses propres passions.

a lï faut souhaiter, dit saint Augustin fa)., d’avoir » une volonté droite, avant que de souhaiter d’avoir » une grande puissance. » IV6 PHÛPQSmON. La crainte de Dieu est le vrai contre-poids de ta puissance : te prince te craint d’autant plus < fu’ii ne doit craindre que lui* Pour établir solidement Je repos public, et affermir un Etat, nous avons vu que lu prince a dù recevoir une puissance indépendante de toute autre puissance qui soit sur la terre. Maïs i! ne faut pas pour cela qu’il s’oublie ni qu’il s’emporte, puisque moins il a de compte à rendre aux hommes, plus il a de compte à rendre à Dieu. Les médians qui n’ont rien à craindre des hommes, sont d’autant plus malheureux , qu’ils sont réservés , comme Caïn, à la vengeance divine. ft Diuti mît un signe sur Caïn , aiin que personne né jj le tuât (3). » Ce n’est pas qu’il pardonnai à ce par¬ ricide ; mais il l'alto it une main divine pour le punir comme il méritai U 11 traita les rois avec les mêmes rigueurs. L’impu¬ nité à l’égard des hommes les soumet à des peines plus terribles devant Dieu. Nous avons vu que la prbru^ntë de leur état leur attire une primauté dans les suppfees. « La miséricorde est pour les petits; mais les puMans (i) Matt. xiy. q, — (a) Jug* de Triait, lib* Vpf caP ■ I^* — (3) Gen, iv. i5» TIRL12 Ti E I/£CMTURE, LIV- IV* I1Q » seront puissamment tourmentés ; aux plus grands » est préparé un plus grand tourment (i), » Considères comme Dieu les frappe dès celle vie. Yü}rez comme il traite un Àehab; comme il traite un Àntiochus ; comme il traite un Nabuchodonosor, qu’il relègue parmi les bêtes; un Balthazar, a qui il dénonce sa mort et la ruine de son royaume , au milieu d’une grande fête qu’il faisait a toute sa cour; enfin comme il traite tant de méchans rois : il n’épargne pas la gran¬ deur, mais plutôt il la fait servir d’exemple. Que ne fera-t-il point contre les rois impénïtens, s’il traite si rudement David humilié devant lut, qui , lui demande pardon? « Pourquoi as-tu méprisé ma /> parole 5 et as-tu fait le mal devant mes yeux?

Tu » as tué Crie par le glaive des en fans d’Àmmon ; tu » lui as ravi sa femme- Le glaive s’attachera à ta maison » à jamais, parce que lu m’as méprisé- Et voici ce a que dit ïe Seigneur : Je susciterai contre toi ton » propre fds : je te ravirai tes femmes, et les donnerai » à un antre qui en abusera publiquement, et a la u lumière du soleil- Tu l’as fait en secret, et tu as » cru pouvoir cacher ton crime; et moi j’en ferai le » châtiment à la vue de tout le peuple , et devant le » soleil, parce que tu as fait blasphémer les ennemis » du Seigneur (à), » Dieu le fit cornac il l’a voit dit, et il n’est pas né¬ cessaire de rapporter ici la révolte d’Absalon et toutes ses suites. Ces chatimcns fout trembler- Mais tout ce que Dieu exerce de rigueur et de vengeance sur la terre n’est qu’une ombre à comparaison des rigueurs du siècle futur, « C’est une chose horrible de tomber entre les » mains du Dieu vivait (5)- w H vit éternellement; sa colère est implacable, et toujours vivante ; sa puissance est invincible; H n’oublie jamais ; il ne se lasse jamais; rien ne lui ‘échappe- ?“!’■ Tl. 6, 7, 9. — (a) II. Rcg. su. 9, io, de. (3) Mebr , \ - 3i, lao POLITIQUE . v in i, Wl, LIVRE CINQUIÈME ARTICLE PREMIER, Que f autorité royale est soumise à la raison iu proposition Le gouvernement est un ouvrage de raison et d’intelligence. QUATRIEME ET BERLIER CARACTERE DE 1/ AUTORITE ROYALE, 1 attenant, 6 rois * entendez; soyez instruits . a juges de la terre (i), s> J ous les hommes sont faits pour entendre ; mais tous principalement; sur qui tout un grand peuple se repose, qui devez Être 1 aine et l'intelligence d*im Etat, en qui se doit trouver la foison première de tous ses mouTenions : moins vous avez à rendre de raison aux autres, plus tous devez avoir de raison et d'intelli¬ gence en tou s-mêmes. Le contraire d'agir par raison , c'est agir par pas¬ sion ou par humeur. Agir par humeur, ainsi qu'agis* soit Saul contre David, ou poussé par sa jalousie, ou possédé par sa mélancolie noire, entraîne toute sorte d'irrégïiiarîté, d'inconstance, d’inégalité, de bîzarrerîe, d'injustice, d'étourdissement dans la conduite.

N'cût-on qu'un cheval à gouverner, et des troupeaux a conduire, on ne le peut faire sans raison : combien plus en a-t-on besoin pour mener les hommes, et un troupeau raisonnable ? w Le Seigneur a pris David comme il mènent les lai TinÉE DE l'eCMTÜP.E. LTV. V- * brebis J pour lui donner à conduire Jacob son serviU teur, et IsraëUon héritage , cl il les a conduits dans » l'innocence de son cœur, d'une main habile et inlel- » lige nie (i). » Tout se fait parmi les hommes par V intelligence et par le conseil. « Les maisons se bâtissent par la sa¬ is gesse, et Raffermissent par la prudence. L'habileté » remplit les greniers, et amasse les richesses. L'homme jj sage est courageux ; l'homme habile est robuste et » fort, parce que la guerre se fait par conduite et par » industrie; et le salut se trouve où il y a beaucoup » de conseil (a), » La sagesse dit elle-même : « C'est par moi que les » rois régnent , par moi les législateurs prescrivent ce » qui est juste (5)> » Elle est tellement née pour commander, qu'eîic donne l'empire à qui est né dans la servitude, « Le b gage s e r vi te u r co m ma n d era aux enfans de I a rn a i so n » qui ne sont pas sages , et il fera leurs partages (4)- « Et encore : « Le^s personnes libres s’assujetironl é un » serviteur sensé (5). » Dieu , en installant Josuê, lut ordonne d’étudier la loi de Moïse, qui étoit la loi du royaume, « afin, » dit-il (6), que vous entendiez tout ce que vous faîtes,» Et encore : « Alors vous conduirez vos desseins , m et vous entendrez ce que vous faites, » Dayid en dit autant à Salomon, dans les dernières instructions qu'il lu i donna en mourant, «Prenez garde » à observer la loi de Dieu, afin que vous entendiez » tout ce que vous faites, et de quel côté vous aurez » a vous tourner (7), » Qu'on ne vous tourne point; tournez-vous vousincmes avec connaissance ; que la raison dirige tous vos mouvemens : sachez ce que vous faites, et pour¬ quoi vous le faites. Salomon avoit appris de Dieu même combien la { I ) Ps.

LXXVII. ■JÛ, J 1*2. - (3) Pr&V. XXIV, 3 J 4? fb *-*(3) Ibid vin i5, — (§) IbUL xvii, 0, (5) EccL x. 28* — (6) Jos. 1. 7, 8. —(7) ///, lïeg. 11. 3, Bossuet. Politique. 6 ,3a rouTiQïE sagesse était nécessaire pour gouverner un ras i^iissssz^jr» ■■ •*. et lui dit M " nP™n j songe durant la nuit, o i ^ / ' Demandez -moi ce que vous Tondis Salomon répondit : O Seigneur ! vous avez ^ à une grande miséricorde envers mon père Dav d comme il a marche devant vous en justice et es vente et d’un cœur droit, vous loi avez aussi ™lé vos grandes misé rien »w , . c dUasl faute ™ r <fe „uafc.Æ, surfis . pæwasssë r^r Où commencer, ni par où Jinirles affairé si oEte » me trouve au milieu a„ J * Jltle ™ uu xxuir jes uUi uresl [£ v* me trouve au milieu du peuple que vous avez choisi peuple mtmi et innombrable. Donnez donc à voTré I r;r",r SaSeSSCetl’infdIi^n “^etuneœurdS afinqu d puisse juger et gouverner votre peuplent dis! “ ^l’^tre le bien et le mal. Car- quipouX^ » nercL j uger ce peuple immense? La demande de S ilo * mnn Plut au Seigneur ; et il lui dit : PuXque vous" « avez demandé celte chose, c. que vous n’XpS » demande une longue vie, ni de grandes richesses ou ; de ;ous venger de vos ennemis; mais que “av ez > jÎrfaifselonTv538 P°V ^ ÜVec ^« nement , cm ,r ré t -ré ,ré‘rr,leS’ et îe ™>» donné un cœm sage a intelligent, en sorte qu’il n’v eut ia- >" vous’ Maïs™11* 11 "-J a“ra Un homme si sage que vous. Ma ls je vous ai encore donné ce que vous ne » m. avez pas demandé, c’est-à-dire les richesses et » la gloire; et jamais U n’y a eu roi qui en eut tant » que vous en aurez. « Ce songe de Salomon étoil une extase, où l'esprit de ce grand roi, séparé des sens et uni à Dieu, jouisbon de la yen Labié intdîigGiice, U vit en cet état, mie manderl dL SeUfc *'** qU’Url Pi'int;ft deVt,U ^ il vit le poids des affaires, et la multitude immense ;0///. lîcg. ut. 5, G, -j, etc. II. Par. n j, 8, etc. Tl&ttE DB l/ÈCMTr&K. LIV* V. Î30 cîti peuple qu’il avoït à conduire. Tant d’humeurs , tant d’intérêts , tant d’artifices , tant de passions, taut de surprises a craindre, tant de choses a considérer.

Unit de monde de tous cotés à écouter et à connoître ; quel esprit y peut suffire? Je suis jeune, dît-il, et je ne sais pas encore me conduire L’esprit ne lui manquoît pas, non plus que la résolution. Car il a voit déjà parlé d’un ton de maître à son frère Ado nias ; et, dés le commencement de son règne , il a voit pris son parti dans une conjonc¬ ture décisive, avec autant de prudence qu’on en pou¬ vait désirer : et toutefois il tremble encore , quand il voit celle suite immense de soins et d’a flaires* qui ac¬ compagnent la royauté; et il voit bien qu’il n’en peut sortir que par une sagesse consommée* Il Ja demande à Dieu, et Dieu la lui donne : mais en même temps il lui donne tout le teste qu’il n’avoit pas demandé ; c’est-à-dire , et les richesses, et la gloire* Il apprend aux rois que rien ne leur manque quand ils ont la sagesse, et qu’elle seule leur attire tous les autres biens. Nous trouvons un beau commentaire de la prière de Salomon dans le livre de la Sagesse, qui fait parler ainsi ce sage roi (i) : J’ai désire le bon sens, et Î1 » m’â été donné; j’ai invoqué l’esprit de sagesse, et » il est venu sur moi* J’ai préféré la sagesse aux o royaumes et aux trônes ; au prix de la sagesse les » richesses m’ont paru comme rien : devant elle l’or « m’a semblé un grain de sable , et l’argent comme » de la boue : elle est plus aimable que la santé et la » bonne grâce. Je l’ai mise devant mut comme un u flambeau , parce que sa lumière ne s’éieint jamais» » Tous les biens rne sont venus avec elle, et j’ai reçu » de ses mains la gloire, et des richesses immenses, » n* pRüromiQiY* La véritable fermeté est te fruit de t* intelligence* « Considérez ce qui est droit, et que yqs yeux (i) Sap* vu* y, 8 , 9> etc. 1 2 4 POLITIQUE » précèdent vos pas; dressez-vous un chemin, et tou tes « vos démarches seront fermes (i). » Qui voi, devant soi, marche sûrement Autant donc que la fermeté est nécessaire au troui erneuignt , autant a-t-il besoin de la sagesse . Le caractère de la sagesse est d’avoir une conduite smvte.

« L homme sage est permanent comme le so- » lei) ; le fou change comme la lune (2). » Le plus sage de tous les rois fait dire ces paroles à la sagesse r « A moi appartient le conseil et l’équité, » a moi la prudence, à moi la force (3). » Ces choses, à le bien prendre, sont inséparables. " L homme sage est courageux ; l’homme habile est robuste et fort (/j). » Les brutaux n'ont qu’une fausse hardiesse. «Nabal * et01t ™pér»eux, et personne n’osoit lui parler dans » sa maison (y) » Tant qu’il crut n’avoir rien à craindre-de David, il disoit insolemment : « Qu’ai -îe ”, a faB de Davitî? qui est le fils d'Isaï (G) ? ..'Aussi¬ tôt qu il eut appris que David avoit juré sa perte, quoiqu on lui eût dit que sa femme l’avoil apaisé , « le » cœur lui manqua, il demeura comme une pierre » et mourut au bout de dix jours (?). » Roboam est méprisé pour son peu de sens. « Salo- » mon laissa après lui la folie de la nation ; Roboam, » qui manquoit de prudence, et qui divisa le peuple « par les mauvais conseils qu’il suivit (8). » Comme il n’avoit point de sagesse, il n’avoit point de fermeté ; et son propre fils est contraint de dire ; « Roboam étoït un homme malhabile, et d’un eou- » rage tremblant, et il n’eut pas la force de résister » aux rebelles (9). » Au lieu de malhabile, et de cou¬ rage tremblant, l’hébreu perte : « C’étoit un en- » font tendre de cœur. » Ce n’est pas qu’il ne leur ait fait la guerre. « Roboam et Jéroboam eurent toujours » la guerre entre eux (io). » ( 1 ) Prou* iv * u5 > 26. — (a) MccL xxvm x 2 , {3 ) Prou TtïtEE T>E L^ECRïTtjftK. L1V. Y * 1^5 J] n'est point accusé d’avoir manqué de courage mi¬ litaire ; mais c’est qu’il n* avoit pas ccttc force qui fait prendre et suivre avec résolution un bon conseil* À voir pourtant du quel ton il parla à tout le peuples on le endroit forme et résolu* Mais il n’étôit terme qu’en paroles; et, nu premier mouvement delà sédition , on lui voit honteusement prendre la fuite* «Roboatn en- » yoya Aduram, qui avoit la charge de lever les Iri- »

buts j et les enfans d’Israël le lapidèrent. Ce que w Roboam n’eut pas plus tôt su, qu’il se pressa du » monter dans son chariot , et s’enfuit en Jérusalem ; a çt le peuple d’Israël se sépara de la maison de » David (t), )> Voilà Vhomme qui se van toit d’être plus puissant que Salomon : il parle superbement, quand il croit qu’il fera peur à un peuple suppliant* À la première émeute, il tremble lui-même, et il affermit les re¬ belles par sa fuite précipitée. Ce n’est pas ainsi qu’avoit fait son aïeul David* Quand il apprit la révolte d’Àbsalon , il vit ce qu’il y avoit à craindre, et se relira promptement, mais en bon ordre et sans trop de précipitation , « marchant à » pied avec ses gardes J et ce qu’il avoit de meilleures » troupes ; et se posta dans un lieu désert et de difficile » accès, en attendant qu’il eût des nouvelles de ceux » qu’il avoit laissés pour observer les mouvemens du » peuple (a]* a 11 est vrai qu’il allait, en signe de douleur, « nu* to pieds, et la tête couverte, lui et tout le peuple » pleurant (3), » Cela êtoit d’uu bon roi, et d’un bon père j qui voyoit son fils bicn-aimè à la tête dés re¬ belles ; et combien de sang il falloit répandre ; et que c’étoit son péché qui' attîroît tous ces malheurs sur sa maison et sur son peuple. 11 s’abaissoit sous la main de Dieu, attendant l’évé¬ nement arec un courage inébranlable : « Si je suis » agréable à Dieu , il me rétablira dans Jérusalem : (i )//. iV- x, i3s 19, — (a) II. xv* i4s iB, aS* - (3) lùid. 3o. 12^ POOTIQUE Q'ii: s’il me dit : Tu ne me plais pR<> , il est le maître. » qu il lasse cc qu j| trouvera le meilleur f i). » ülant donc ainsi résolu , il pourvoyait à tout avec une présence d esprit admirable ; et ii trouva sans lié- ci d’Achi^belg)" qUi di^'a COnsdls «**» Et quand, après la victoire, il vit Séba, fils de Bochri,’ qm ram assoit les restes des séditieux, il ne se reposa pa nr 1 avantage qu’il venoit de remporter; /et il lànAb- : bfa n,Hls fera pl« de peine qu’Ab- » salon . prenez donc tout ce qu’il y a ici de gen* de ” r!,T'e rdC IV6llr V’î1 nC se ictle dans quelque ville toile, et ne nous échappe (5).

» Par, cet ordre, il aSSUra lu rcP°s P'lhl‘c> et étouffa la sédition dans sa naissance. il U" L0'nme vraî1ment fort, qui sait craindre où lUaut, et qui sait prendre à propos les bons conseils. m' PROPOSITION. La sagesse du prince rend le peuple heureux. “ \e, r,:\ insensé perdra son peuple : les villes se- » ront habitées par la prudence de leurs ptinees (À). » . oici les fruits bienheureux du sage gouvernement de .Salomon : « J,e peuple de Juda et d’Israël étoit in- » o ombra h le ; ils buvaient, ils mange oient et il» vi- ” voient a leur aise ; et ils demeui'oient sans rien crain- » dre , chacun dans sa vigne, et sous son figuier ffij. » « L or et 1 argent étoîeut communs en Jérusalem " comme les pierres : et les cèdres naissaient clans les * TaiIee?. m «ussi grande quantité què les syco- » mores (b). » J Sous un prince sage tout abonde : les hommes, les tiens delà terre, l’or et l’argent. Le bon ordre amène tous les Liens* La même chose arriva sous Simon le Mnchabée. Son caractère étoit la sagesse. Parmi les Machabées, W 7/AeS-*y' 25 1 » - (a) Ibid. 33, 34. - (3) Ibid T1KÉE BE l’ÉCftltt’RE. LIT. T- *3? enfnns de Malliatias, Judas étoit le fort (1); et Simon était le sage. Matfaatias l’avoit bien connu, lorsqu it parle ainsi à ses entans (a): «Votre frère Simon est » homme de bon conseil : écoutei-le en toutes choses, » et regarde z-le comme votre père, » Nous avons déjà vu comme le peuple fut heureux sous sa conduite ; mais il faut voir le particulier, 11 avait trouvé les affaires en mauvais état ; « sous » lui , les Juifs furent affranchis du joug des Gen- * tib (5). » « Toute la terre de Juda étoit en repos durant les p jours de Simon ; il chercha le bien de ses citoyens ; » aussi p renoie ut -ils plaisir à voir sa gloire et sa n grandeur* 11 prît Juppé , et y lit un port, et il y> s’ouvrit un passage dans les iïos de la mer, II etenu dit les bornes de sa nation , et fit beaucoup de cona quêtes, Personne ne fui pou voit résister. Chacun » cultivent sa terre en paix ; la terre de Juda et les % arbres produisoient leurs fruits; les vieillards^ assis »

dans les places publiques, ne partaient que de l 'a bonsi dance où on vivait; la jeunesse prenoit plaisir A se » parer de riches babille me ns , et portoït l habit mi- î> li taire. Il pourvoyoit à la subsistance des villes, et » les forLifioit ; la paix étoit sur la terre , et Israël vi- ï> voit en grande joie, chacun dans sa vigne et sous ï> son figuier, sans avoir aucune crainte; personne » ne les attaquait : les rois ennemis êtoient abattus* a Il protégeait les fotbles; il faisait observer les lois; » il ôtoit les méehons de dessus la terre; il ornoit le a temple, et augmentent les vaisseaux sacrés (4)- i> Enfin, il faisoït justice, il gardait ht foi, et ne » songeait qu’au bonheur et à la grandeur de son >ï peuple (5 J,» Que rie fait point un sage prince? Sous lui, les guerres réussissent; la paix s’établit ; la justice règne ; les lois gouvernent; la religion fleurit; le commerce et la navigation enrichissent le pays ; la terre même (ï)L Much , II* 66. r- fa) Ibid , 65. — (3) JW, sm. 4t.— f|) Ibid, xiy, 4i 6 y efe, — (5) Ibid , 35, * POLITIQUE semble proJüjre les fruits plus volontiers. Tels sont les eiïets de la sagesse* Le sage n’avoit-il pas raison de dire : «Tous tes biens me sont venus avec elle ( i)?» Qn^on doive tant de biens aux soins et à la pru¬ dence d’un seul homme : peut-on Taïmer assez ? Nous voyons aussi que la grandeur de Simon faisoit les délices du peuple* Il iTy a rien qu’ils ne lui accor¬ dent (2)* Quand Dieu veut rendre un peuple heureux, il lui envoie un prince sage* Hiram, admirant Salomon , qui savoïi tout faire a propos, lui éenvoït (3) : « Parce » que Dieu a aimé son peuple, il vous a lait roi* El il » ajoutait : Béni soit le Dieu d’Israël, qui a fait le * ciel et la -terre, et qui a donné à David un fils sage* » habite , sensé et prudent* » « Heureux vos sujets et vos domestiques qui sont ” Jef jours devant vous, et écoutent votre sagesse ! 31 s ecrîoh la reine de Saba (4)* Béni soit le Seigneur » votre Dieu, à qui vous avez plu, qui vous a fait 3 roi d1 Israël, parce qu’il aimoit ce peuple d’un i} amour éternel , et vous a établi pour y faire justice »

et jugement* n IVe PROPOSITION, La sagesse sauve tes Etats plutôt que la force * « Il y avoit une petite ville , et peu de monde ch- » dans. Un grand roi est renu contre die; il l’a enceinte de tranchées, où il a bâti des forts de tous » côtés ; et il a formé un siège devant cette place* Il « s*y est trouvé un homme pauvre et sage, et il a 43 délivré sa ville par sa sagesse* Et j’ai dit en moi- » même que la sagesse vaut mieux que la force (5)* » C’est ainsi que Salomon nous explique les effets de ïa sa gesse* Et N répète encore une fois (6) : ** La sagesse » vaut mieux que les armes; maïs qui manque en » une chose, perd de grands biens* i> tirée de l'écriture, liv. v. '59 .orôbats sont hasardeux ; la guerre est ià- pour les deux partis; la sagesse, qui prend carde à tout , et ne néglige rien, a des voies non seulement plus douces et plus raisonnables, mais encore plus sûres. Dans la révolte de Séba contre David, le rebelle se retira dans Abéla, villdittiportante , où Joab ne larda nas à r assiéger par ordre de David (i). Pendant qu'on en ruinoit les murailles, une femme de la ville de¬ manda ù parler à Joab, el lui tint ce discours au nom de la ville qu’elle introdmsoit comme lui parlant : es 11 » y a un certain proverbe, que, qui veut savoir la s vérité , la demande ùÀbéla(a).» (Cette ville étoït en réputation d’avoir beaucoup de sages citoyens qu'on venoit consulter de tous côtés.) « C’est moi qui ré- » ponds la vérité aux Israélites; cependant vous voû- b lez me .détruire , et ruiner une mère en Israël? n ( C’est-à-dire une ville capitale.) Pourquoi renver- » sez-vous P héritage du Seigneur, et une ville qu’il a p donnée a son peuple? A Dieu ne plaise, répondit )j Joab, que je veuille la renverser ; mais Séba s’est „ soulevé contre le roi : Ilvrez-le tout seul , et nous » laisserons la ville en repos. La femme lui répondît : » On vous jettera sa tête du haut de la muraille. » Elle paria au peuple assemblé, et discourut sage- » ment, de sorte qu’on résolut de faire ce qu’elle »

a voit dit; et Joab renvoya l’armée. » Voilà une ville sauvée par la sagesse. La sagesse finit tout à coup , sans rien hasarder, et en ne perdant que le seul coupable, une guerre qui a voit donné tant d’appréhension à David, Béthuiie , assiégée par Holopïierne, est sauvée par les conseils de Judith , qui empoche, premièrement qu’on ne suive la pernicieuse résolution de se rendre, déjà prise dans le conseil; et ensuite fait périr les en¬ nemis, par une conduite aussi sage que hardie (3), 1 POLITIQUE r’engc des États. La guerre met tout en hasard. « L’em- » pire du sage est stable (i). » «La sagesse fortifie le sage plus que s’il était sou- « tenu par les principaux de la ville (2). » v' pnoposmoN. Les sages sont craints et respectes. David était vaillant, et savoit parfaitement l’art de la guerre. Ce n’est pas ce qui donnoit le plus de crainte à Saül. « Hais il le craîgnoit , parce qu’il ctoit » très-prudent en toutes clioies (3). » David lui -même craîgnoit plus le seul Achïlophel quç tout ie peuple qui ctoit avec Absalon ; parce qu en ce temps « on consultait Achîtophel comme si n c’efd été un dieu » C étoit autant la sagesse que la puissance de Salo¬ mon qui tenoit en crainte ses voisins, et conscrvoit son royaume dans, une paix profonde. Parce que JosaphaE était sage, instruit de Ja loi, et prenant soin d’en faire instruire le peuple, tous ses \ oîsins le cvaignoîent, « Le Seigneur répandit la ter- « rcur sur les royaumes voisins , et ils n’osoïent faire w Ja guerre a Josaphat ; les Philistins lui npportoîent « des présens, et les Arabes lui payoienE tribut (5). » Josaphat éloît talli queux; mais l’Ecriture aUrïbue tous ces beaux eileîs à Ja piété et à la sagesse de ce roi , qui n^a voit pas encore fait Ja guerre > dans le temps qu il ctoit si redouté de ses TOisïns. Si la sagesse fart respecter le prince au dehors, il ue iaut pas s’étonner qu’elle Je fasse respecter au de¬ dans, Quand Salomon eut rendu ce jugement mémo¬ rable, oti il montra un si grand discernement, wtout »

Israël entendit la sentence que le roi avait pronon- » cée, et ils craignirent Je roi, voyant que la sagesse » de Dieu étoit en lui ((i), » i-— (a yÉcçles. vu. so.-(3 )/, Ree.xvm. i5. “W XVI* (5j//. Par. x\ïk 7s 8/io, u, etc. — (6) ///. Re$. an sS, T1EEE de II T. V. l3l Il y a quelque chose de divin i\ ne se tfomper pas ; et rien n’inspire tant de respect , nî lant .de crainte. Et voyez comme l'Ecriture marque exactement l'effet naturel de chaque chose. La bonne grâce de Salomon lui a voit déjà attiré l’amour des peuples, « I! parut dans le trône de son père , et il plut à a tous (i), » Voici quelque chose de plus grand. Il montra un discernement exquis; et on le craignît, de celte crainte respectueuse , qui tient tout le monde dans le devoir. C'est donc avec raison qu’on lui fait dire ; * La sagesse vaut mieux que les forces; et l'homme pru- » dent est au-dessus de l'homme fort (2), a vi* paorosmoîî, C*est Dieu qui donne ta sagesse. « Toute sagesse vient du Seigneur; elle a été avec » lui devant tous les siècles, et y sera â jamais. Qui n a compté le sable de la mer, et les gouttes de pluie , î> et les jours dtl monde? Qui a mesuré la hauteur des » cieux , et la largeur de la terre ; et les profondeurs » de l'abîme ? Qut a pénétré cette sagesse de Dieu » qui a précédé toutes choses ? La sagesse a été pro- » duitc la première ; l'intelligence est engendrée den vaut tous les siècles. À qui a été connue la source » de lu sagesse , et qui a découvert toutes ses adresses ? » Il n’y a qu’un seul sage , un seul redoutable : c’est » le Seigneur assis sur le trône de la sagesse. C’est î> lui qui l’a créée par son esprit , et qui l'a connue , w et qui l’a comptée , et qui en sait toutes les mesures, » Il l’a répandue sur tousses ouvrages, et sur toute » chair, à chacun selon qu'il lui a plu; et il l'a donnée i> à ceux qui l’aiment, b C’est par où commence l’Ec¬ clésiastique (3), Dieu est le seul sage ; en lui est la source de la sa¬ gesse , et c’est lui seul qui la donne. (i) /.

ParaUp* xxix* a3, — (a) Sap , yi. i* — (3) EccL I. t, 2 j 3, 4, éfc. l5a POLITIQUE C’est ù luPcpie la demande le sage. « O Dieu de » mes pères l ô Seigneur miséricordieux , qui avez » tout fait par votre parole! donnez-moi la sagesse » qui est toujours auprès de votre trône. Vous m’a- » vez fait roi, et vous m’avez ordonné de vous bâtir u un temple. Votre sagesse est avec vous; elle entend » tous vos ouvrages : elle étoit avec vous quand vous a avez fait le monde ; elle savoit ce qui vous plàjsoil, » et ce qui étoit droit dans tous yos commandernens* » Envojez-la-moi des deux , du trône sublime où » vous êtes assis plein de gloire et de majesté; afin » qu’elle soit toujours , et travaille toujours avec mol, » et que je commisse ce qui yo s est agréable; car elle » sait tout: el le m e k r a u b s er v er u n e j us te mè d io e ri té » dans toutes mes actions * et me gardera par sa puîsa sauce. Et maeonduîle vous plaira, et je gouvernerai a votre peuple avec justice ; et je serai digne du trône » de mon père (i). fl Qui désire ainsi ia sagesse, et qui la demande ùl Dieu avec cette ardeur , ne manque jamais de l’ob¬ tenir. w Je t’ai donné un cœur sage et intelligent (a), a El encore: « Dieu donna la sagesse â Salomon, et » une prudence exquise , et une étendue de cœur a (c’est-à-dire d’intelligence ) , comme le sable de la » mer (3). a Ï1 lui a donné la sagesse , pour l’intelligence de la loi et des maximes ; la prudence, pour l’a; plieation ; réteJidue de connaissance, c’est-à-dire une grande capacité , pour comprendre les difficultés et toutes les minuties des affaires. Dieu seul donne tout cela. vne proposition. Il faut étudier ta sagesse . Dieu la donne, il est vrai ; mais Dieu la donne à ceux qui la cherchent. «i J’aime ceux qui m’aiment, dit la Sagesse elle- (i) iïiip* îx. i , (\7 7, 8, gu. — (s) II L flzg. m. ia. — (3) Ibid, iv ^ 29TIREE DE I.1 ÉCRITURE. El Y, V, l33 n même (i) ; et qui me cherche du matin * nie b trouve. » u Le commencement (le la sagesse est un véritable »

désir de la savoir (2). v> « Aimez mes discours , dit-elle (5) * et désirez de » les entendre ; et vous aurez la science. » « La sagesse se laisse voir facilement à ceux qui » Faiment, et se laisse trouver à ceux qui la cher- » client : elle prévient ceux qui la désirent, et se b montre la première à eux. Qui s’éveille du matin » pour penser ù elle s ne sera pas rebuté ; il la t rou- » vera à sa porte. Y penser, c’est la perfection : qui b veille pour f obtenir sera bientôt content; car elle » tourne de tous côtés pour se donner à ceux qui sont » dignes d’elle ; elle leur apparoît avec un visage » agréable, et n’oublie rien pour aller a leur reuj> contre (4)* a Elle est bonne , elle est accessible ; niais il faut l’aimer, et travailler pour ravoir. 11 ne faut pas plaindre les peines qu’on prendra à cette recherche , on en est bientôt récompensé. « Mon b fils, faites-vous instruire dès voire jeunesse, et la » sagesse vous suivra jusqu’aux cheveux gris : caltia vez-la avec soin, comme celui qui laboure et qui a sème, et attendez ses bons fruits. Vous travaillerez a un peu pour l’acquérir , et vous ne tarderez pas à » manger ses fruits (5). Mettez yos pieds dans ses enn traves, votre cou dans ses liens, votre épaule sous a son joug. A lu ûn vous y trouverez le repos , et elle » vous tournera en plaisir (6). » Vin' PROPOSITION» Xc prince doit étudier et faire étudier tes choses utiles : quelle doit être son étude* II ne faut pas s’imaginer le prince un livre à la main , ^OLITIQÜE oc un fjDnt soucieux , et des 3’eux proiunrîéûïenfc attachés A J a lecture. Son livre principal est le monde : son étude c’est d’ètre attentif A ce qui se passe devant lui pour en profiter. Ce n’est pas que la lecture ne lui soit utile * et le plus sage des rois ne l’a pas négligée* « Comme PEccJésiastc (c’est Salomon) ètoit très- « sage , il a instruit son peuple , et il a rechercîîé les » sages sentences, L’EccIésîaste a étudié pour trouver 51 des discours utiles ; cl il a écrit des choses droites * ü des paroles véritables.

Les discours des sages » sont comme un aiguillon dans le cœur; les maîtres w Q0* on* ram lissés étaient conduits par un seul ” Pa^€llr (*)■ nw C’etoit le roi qui prenoit soin et de chercher par luï-mème , et de faire chercher aux autres les discours utiles à la vie. « Mon fils, n’en désirez pas davantage* » C’est-à- dire * renfermez- vous dans les choses profitables ; laissez les livres de curiosité. « On multiplie les livres u sans fin ; et de trop longues spéculations épuisent » le corps (2), b Les vraies études sont celles qui apprennent les cho¬ ses utiles à îa vie humaine. Il y en a qui sont dignes de application du prince habile. Dans les autres, c’est assez pour lui d’ exciter l’industrie des sa va ns par les récompenses ; dont la principale est toujours , aux esprits bien laits , l’agrément et l’estime d’un maître entendu. 11 ne convient pas au prince de se fatiguer par de longues et curieuses lectures. Qu’il lise peu de livres ; qu il lise* comme Salomon, les discours sensés et utiles* Surtout qu’il lise l’Evangile, et qu’il le médite* C est là sa loi, et la volonté du Seigneur* ix * proposition Le prince doit savoir ia toi * Il est fait pour juger, et c’est la première institution (i)Eççtes.jL h. 9, io, 11*— (ÿîbid.jn. TIREE T>E i/ËCIUTtïLE. tiV. Y* l35 la royauté. « Faites-nous un roi qui nous juge* 5Ï Et encorut « Noua voulons être comme les autres nan tiens , et avoir un roi qui nous juge ( 1 )• " Aussi avons-nous vu que Dieu commande aux rois d’écrire la loi de Moïse, d’en avoir toujours avec eux un exemplaire authentique , et de la lire tous tes jours de leur vie (a). C’est pour cela que, dans leur sacre, onia leur mettoit en main* « Ils amenèrent au temple le fils du roi , » et lui mirent le diadème , et fa marque royale sur » la tête ; ils Un mirent aussi la loi à la main, et le » firent roi. Le pontife Jûïada et ses enfam le sacré- » rent ; et tout le peuple cria : Vive le roi {3} ! » Le prince doit croire aussi que dans la nouvelle alliance ïï reçoit l’Evangile de la main de Dieu, pour sc régler par celte lecture* Le peuple doit savoir la loi, sans doute, du moins dans ses principaux points; et se faire instruire du reste dans les occurrences; car îl la doit pratiquer* Mais le prince, qui, outre cela , la dok faire pratiquer aiix autres , et juger selon ses décrets , la doit savoir beaucoup davantage* On ne sait ce qu’on Fait, quand on va sans règle, et qu’on n’a pas la loi pour guide: la surprise, la pré¬ vention, l’intérêt et les passions offusquent tout « Le »

prince ignorant opprime sans y penser plu sieurs per- >ï sonnes, et fait triompher la calomnie (4)* M « Mais le commandement est un flambeau devant » les yeux ; la loi est une lumière (5), » Le prince qtù la suit , voit clair ; et tout l’Etat est éclairé. « Que si l’œil de l’Etat (c’est-à-dire le prince) est „ obscurci, que seront les ténèbres mêmes, et com- » bien ténébreux sera tout le corps (6) ? » Qu’il sache donc le fond de la loi , par laquelle il doit gouverner* Et, s’il ne peut pas descendre à toutes les ordonnances particulières que les affaires font nai- (i) /* Reg. vin. 5, ao. — (2) Peut. xvn* ig; — (3) //. Parap. axuu 11. — (4) Pw, xsvm. ïG. - (5) Ibid. ti* 23. (6) Mûtth.yù a3POLITIQtE ti;e tous les jours, qu’il sache du moins les grands pHniipes de la justice , pour n’étre jamais surpris. C’étoit le Deutéronome , et le fondement de la loi, que Dieu obligeoit d étudier et dû savoir Que la vie du prince est sérieuse ! il doit sans resrn méditer la lot. Aussfn’y a-t-il rien parmi les hommes royauté. Seneux m de P,us grave , que l’office de la X* PB O POSITION* Le prince doit savoir (es affaires. Ainsi a-t-on vu Jephté, élu prince du peuple de Dieu , prouver, par la discussion des droits de ce peuple , que le roi des Ammonites leur faisoit injustement la guerre £1], nn«!hiI0iyaffaiÜe J.sca,é® avcc t0l,te l’exactitude f . f' Dans eette discussion, les principes du droit sont j oints par Jephté avec la recherche des faits, et la conno'ssaflee des antiquités. C’est ce qu’on appelle savoir les affaires* 1 * Le prince, qui sait ces choses, met visiblement la tenir1! ^ 3<>n CÔt : Ï?S Pel,PIc» encouragés à soutemi la guerre, par i assurance de leur hon droit: scs ennemis sont ralentis: lus voisins n’ont rien à dire. Une semblable discussion fit beaucoup d’honneur bimon le Machabée (a). « Le roi d’Asie lui envoya » redemander par Athénohius la citadelle de Jéru- » salera, avee J0ppé et Gazara, places importantes, » (jo il s j q te noit être de son royaume* n $nrf CGÜii demande , fait premièrémenï les distinctions nécessaires* Il distingue les anciennes terres qi u apparten oient de tout temps aux Juifs 3d?avec celles qu ils a voient conquises depuis peu* « Nous n’avons, dit-il (3), rien usurpé sur nos voi- »

sms, et ne possédons rien du bien d’autrui, mais » ac ri ta ge de nos pères * que nos ennemis ont nos- » soue quelque temps injustement* dans lequel nous (i )Jud* si étç. $upt p, 29* Qtr TIRÉE DE L’ ÉCRITURE. LIV. V. U? , sommes rentrés aussitôt que nous en avons trouvé ; M' et nous ne faisons que revendiquer » l’hcntajee de nos pères. » , , „ All„ On a vu les offres qu’il fit pour Joppe et pour Gav.ara , encore qu’il les e(lt prises par une borné et îuste cuerre; et il sc mit si bien à la raison, « qu Athe- \ Lbius , envoyé du roi d’Asie , n’eut nen a répnn- " il' es^t' beau et utile que les affaires d’une certaine importance soient discutées autant quil se F>F le prince même, avec un s. grand ra's0"“; Quand il s’en fie tout-à-fait aux autres , d s *;*P“SC Être trompé, ou à voir ses droits négligés. Per“°” ne pénètre plus dans les affaires, que celui qui y a le principal intérêt. xi* proposition. le prince doit savoir connaître ics occasions et f {es temps. C'est une des principales parties de la science des affaires, qui toutes dépendent de lu. .< Chaque chose a son temps , et tout passe sous , le ciel dans l’espace qui lui est marque. Il y a le « temps de naître , et le temps de mourir; le temps » de planter, le temps d’arracher; le temps de Lies » ser , et le temps de guérir; le temps de batn , et le » temps d’abattre; îe temps de pleurer, et le temps » de rire; le temps d’amasser, et le temps de repan- „ dre ; le temps de couper, et le temps de coudre- » ( c'est-è-dire le temps de s’unir, et le temps de » rompre1) ; le temps de parler , et le temps de se taire ; „ le temps de guerre , et le temps de paix. Dieu B même , fait tout en certains temps (a). » Si toutes choses dépendent du temps , la science des temps est donc la vraie science des affaires , et le vrai ouvrage du sage. Aussi est-il écrit « que le cœur m du sage connaît le temps , et réglé sur cela son - jugement (5). « (i)/, Slach. xv. 35. (a)— Ecdes. ni. i YU1. 5. 2, env— (3) Ibid. . "npomt* moMigtr „ .

. LnoneeffilJ. ■ laire i» guerre ( i ). . Nul „c m ,ir,'T,'«, ""!m': P"'"u.‘ •• *f pussent les' i*™. ™r'™ «wf-*"" = i»i deSLtTd! Î1 lemps a faîlla principale louange i^sagcaae le Salomon. « Béni soit le Dieu d’Israël grani oS"’ ’ ° * ^ d’™^èml de sJ f^^SS^tSj^esggf RZTrkr r-mJw: * Boma »« (3) ; pr “Irir t0°tüS ,Câ histol>« saie tes et ^w^rjaisr-*' '» * les princes mangent dans le temps, pour la nS s«te , et non pour ]a délicatesse* (5). » C’est une CSpèC6 de P«ur montrer Ve TctCmp‘ Zràl : «» A 8- - (*) " Parai. la. _ (3) / '■ 1 ■ ~ W bec/, iv. 23. - (S) Eccks. t6, %. TÏTVÉl DE l’ÉCMTERE. I-IV. V. *^9 gruvcrne tout : et que chaque chose a un temps propre, xnF proposition Le p rince doit connaître les hommes. C’est \i\ sans doute sa plus grande affaire , de sa¬ voir ce qu’il faut croire des hommes , et h quoi ils sont propres, , » il faut, avant toutes choses, qu il connaisse le naturel de son peuple : et c’est ce que le sage lui prescrit, eu la figure d’un pasteur: « Çotmoîssez, i dît-il (i), la face de votre brebis, et considérer a votre troupeau, » , _ . . T Sans regarder aux condi lions , il doit juger üc chacun , parce qu’il est dans son fond, « Ne méprises » pas le pauvre, qui est homme de bien: n devez H pas le riche , à cause qu’il est puissant (2), * ht encore: «Ne louez ni ne méprise? Thomme par ce u qui paroît à la vue : Tabeîlle est petite, ^et il n y a » rien de plus doux que ce qu’elle fût (5). » Il faut surtout qu’il connoisse ses courtisans. « Pre- * nez garde à ceux qui vous environnent, et tenez * conseil avec les sages (4}- n , T - , , Autrement tout ira an hasard dans un Liât, et u y arrivera ce que déplore le sage (5). « «Fai vu sous » le soleil qu’on ne confie pas la course au plus vite, n ni la guerre au plus vaillant ; que ce n’est point aux » sa «■es qu’on donne du pain ; ni aux plus habiles qu’on n donne les richesses ; et que ce ne sont pas les plus » intdligêns qui plaisent le plus: mais que la reo^ o contre et le hasard font tout sur la terre, »

C’est ce qui arrive sous un prince inconsidéré, qui ne sait pas choisir les hommes, maïs qui prend ceux que Le hasard et l’occasion , ou son humeur, lui présentent. , La surprise et Terreur confondent tout dans un tel règne* «J’ai vu sous le soleil un mal, où le prince se (i) Prav « XXVI i. a3, — (2) Êccl. x, ûGt — (3) Ibid. XR 3. (4) Ibid. ix. 21. — (5r) Ecctùs. ix. H, rüUTlQtE ’ îf.isae aIIej'IPar surprise : un fou tient les hautes » places, et les grands sont à ses pieds (1) „ ehoi7rTiq-Ui ^oîsitmal, ejt puni par son propre Choix, « Celui qui envoie porter des paroles LL on, sera condamné par ses propres œuvres M » P?Ut “TOlr ,jien C0r'uu les hommes, sauva scs affaires dans la révolte d’Absalon. Il vît ,u| tout“ chifonhel et'f1 6toit dans ,es conseils d’Acnttopliel, et tourna tout son esprit à les détruire II connut la capacité et la fidélité de rVuife6 Cüfl,rnim * Prendre la -3 \int A lui ly teie couverte cle poussière et les hah.ts déchirés. David lui dit : Si ou ve’ner , rCr" ?” à charSc = ^ vous faites » seniDjjnt de suivre le parti d’Ahsnln». ^ . * pe» h conseil 'OU' **- JI ne se Irompa point dans sa pensée. Chusai em¬ pocha Absalon de suivre un conseil dMeliît, 1 i pnr un cordeau (5). t ’ el se m Fel 11 David, non content d’envover cIimmv t„: des personnes affidées. Il ne falloifpas s’y troniDcr • table ax20tfCe faUX 1>as’ Ie Pcccipice était inévi- >! «1 J d00C “ que David dit •< Chusaî : « Tout » iïJt vo,,s' apprendrez des desseins d’4 bsa Ion , * aUX prClrcs Sadoc et Ab/athar : ils ont deux . «it (S),''.’'" ”“* “ “**!• I» «OUseiS,S(S‘nr?Ua,I>aS* A?rès avoîr FomPu les des¬ seins d Achitophel, il manda é David, par ces dru v hommes, tout ce qui s’étoit passé (n) . et lui donna un avis qui sauva I’JStat. W ’ 1 ,U1 aonnj Ainsi David, pour avoir connu les hommes dont *-• « **» m •’£ ii'\fCCl3£ *■ P‘w • XXV!- 6 - (3) II, Hc;,, xv Ti) TIRKE DE l’É miTTJ RE. E1V. v. 1 4 1 Au contraire , Roboam pour avoir mal connu l’hu¬ meur de son peuple, et l’esprd ^ Jeroboamqm e soulcvoit, perdit dix tribus, cest-a-dire plus de la moitié de son royaume.

, Le prince qui s’habitue à bien connoitreles hommes, parait en tout inspiré d’en-haut ; tant il donne droit au but Joab avoit envoyé une femme habile pour insi¬ nuer quelque chose à David. Ce prince connut d abord ' qui v en oit le conseil. « I! répondit a cette femme (0 : Ditcs-moi ta vérité; n’est-ce pas Joab qui vous eovoîe me parler P Seigneur, lui dit-elle, par le salut de votre âme, vous ne vous êtes dé¬ tourné ni à droite ni ù gauche. Votre serviteur Joab m’a mis à la bouche tonies les paroles que j ai dites . » mais vous, seigneur, vous êtes sage comme un » ange de Dieu , et il n’y a rien sur la terre que vous C’est ce que vouloit dire Salomon dans celte belle sentence : « La prophétie est dans les lèvres du roi ; a il ne se trempe point dons son jugement (2).» Ce sage roi Tavoit éprouvé * dans ce jugement mé¬ morable quHi rendit entre ces deux mères, l arce qu d connut la nature , et les effets des passions, la malice et la dissimulation ne purent se cacher a ses yeux * n Et tout le peuple connut que la sagesse de Dieu » étoit en lui (3)* " . . Outre que la grande expérience, et la connoissance des hommes, donnent à un prince applique un dis cernement délicat, Dieu l’aide en effet quand il s’applique ; car « le cœur du roi est entre scs » mains (4)* » , , ^ C’est Dîeu qui mit dans le cœur de David ces salutaires conseils qui lui remirent la couronne sur la tête. Ce ne fut pas la prudence de David, «ce d fut le Seigneur lui-même, qui dissipa les conseils » utiles d’Aohitophel (5j. » (1) IL Res, xiv. 18, 19, ao- — W F^}^rr%°h7^ (S) ///. 'Rè$\ in- aS, — (4 )Pvov* ni. *•— ' W IL il**' ,xvm *4> 1 42 POLITIQUE Aussi s’étoît-ii d’abord tourné à Bien. «O Seigifeur, & confondez le conseil d’Achitophel (i) l ® Voilà donc deux choses que le prince doit faire ; premièrement 5 s'applique* de tonte sa force à Lien connaître les hommes ; secondement * dans cette application , attendre les lumières d’en-haul , et les demander avec ardeur; car la chose est délicate et enveloppée.

Ji ne së peut rien ajouter à ce que dit sur ce sujet 1 Ecclésiastique. Je rapporterai son discours, comme il est porté dans le grec, bien plus clair que notre ver tien latine (a) : « Tout conseiller vante son cuitw j maïs il y en a qui conseillent pour eux- » mêmes. Gardez-vous donc d’un conseiller, et regar- » riez, avant toutes choses, quel besoin vous en avez, » et quels sont ses interets. Car souvent il conseillera » pour lui-même, et hasardera vos affaires pour » faire les sienne!*. ï! vous dira : Vous faites bien; » et il prendra garde cependant à ce qui vous a n i- » vera, pour en profiter. Ne consulte* donc pas m avec un homme suspect. Regardez les vues d’un » chacun. Ne prenez pas l’avis d’une femme sur celle » dont elle est jalouse, ni d’un homme timide sur » la guerre, ni du marchand sur la difficulté des a voitures, ni du vendeur sur le prix de ses mar- » chandises- { Chacun se fera valoir, et regardera » son profit. ) Ne consultez non plus lYn vieux, sur w la récompense des services; ni celui dont le cœur b est dur , sur les libéralités et sur les grâces; ni » Fhnmme lent, sur quelque entreprise que ce soit ; b ni Je mercenaire que vous avez à votre service, b sur la fin de Fourrage qu’il a entrepris ( car il a b intérêt de le faire durer le plus qu’il pourra}; ni » un serviteur paresseux, sur les travaux qu’il laut » entreprendre. Ne prenez point de tels conseils; h mais ayez auprès de vous un homme religieux, » qui garde les commandemens , dont l’esprit re~ b vienne au vôtre, et qui compatisse à vos maux (0 II , xym XV- 3i* — (a) Mccl sxxyn. 8, ^ etc. TIREE DE l’ÈCMTCRE. LIT* V. 1^5 « quand vous tombées. Et fai t es- vous un conseil „ dans volve cœur; car vous n’en trouver*® point » de plus fui fde* L’esprit d’un homme lui rapporte i> plus de nouvelles que sept sentinelles mises sur * de hauts lieux, pour découvrir, et pour observer* » Et par-dessus tout cela, priez le Seigneur, aim s qu’il conduise vos voies* » XIII* PROPOSITION. Le prince doit se connaître lui-même* Hlaîs de tous les hommes que le prince doit c onnoûve , celui qu’il Lui importe plus de bien connoîire, c’est Lui-même* a Mon iils i éprouvez votre âme dans toute votre „ vie; et si elle vous semble mauvaise, ne lui donnez »

pas de pouvoir (i } : c’est-à-dire * ne vous laissez pas aller à des désirs* Le grec porte: « Mon fils, ,, éprouvez votre 3 me \ eounoissez ce qui lut est u mauvais , et gardez-vous de lui donner* » Tout ne convient pas à tous ; il faut savoir a quoi on est propre* Tel homme qui seroit grand, employé à copiâmes choses, se rend méprisable, parce qu lise donne à celles où il n’est pas propre. Connoître ses défauts est une grande science : car on les corrige, ou on y supplée par d autres moyens* « Mats qui connoît ses fautes ? » ^ dit le Psalmiste (2). Nul ne les connoît par lui-même ; u faut avoir quelque ami fidèle qui vous les montre. Le gage nous le conseille. « Qui aime à savoir , aune d d être enseigné ; qui hait d’être repris , est an- » sensé (S). « „ _ ^ . En cûèt c’est un caractère de folie, d adorer toutes ses pensées , de croire être sans defaut, et de ne pouvoir souffrir d’en être averti* * L’insensé inar- ï chaut dans sa voie. Louve tous les autres fous (4)-n fi) jSccl. XXXV IL 3o* — (a) Fs* xvm* i3* (3) Frw* xii , i . — (4) x* 3. 144 FO LIT! QUE Et encore : « Ne conférez point avez fe fou* qui ne » peut aimer que ce qui lui plaît (i), » Le sage cl il au contraire (2} : « Qui donnera un >î coup de fouet a mes pensées, et une sage instruc- » tien à mon coeur ? afin que je ne m’épargne prts » moi-même, et que je connaisse nies défauts : de » peur que mes ignorances et mes fautes ne se mul- » tiplient, et que je ne donne de la joie à mes enne- » mis , qui me verront tomber a leurs pieds- » Voilà ce qui arrive al’msenséj qui ne veut pas eonnoître ses fautes- Les princes 5 accoutumés à la flat¬ terie 5 sont sujets pins que tous les autres hommes à ce défaut- Parmi une infinité d'exemples, je n’en rappor¬ terai qu’un seul, Àchab ne v oui oit point entendre le seul prophète qui lui disoit la vérité, parce qu’il la dïsoït sans flat¬ terie- a Josaphat, roi de Juda , dit à Achat* , roi » d'Israël (5): N’y a-t-il pas ici quelque prophète du n Seigneur ? Il nous en reste encore un, répondît »

le roi d’Israël , qui s’appelle Miellée , fds de Jemla; mais je le hais , parce qu’il ne me prophétise que du » mal , et jamais du bien, w Il le reprenoit de ses crimes, et Tavertissoit des justes jugemens de Dieu , afin qu’il les évitât, Achab ne pouvoit souffrir ses discours- II aimoît mieux être environné d’une troupe de prophètes flatteurs, qui ne lui chante lent que ses louanges, et des triomphes ima¬ ginaires- 11 voulut être trompé , et il le fut. Dieu le livra à l'esprit d’erreur, qui remplit le cœur de ses prophètes, de flatteries et d’illusions, auxquelles il crut pour son malheur ; et il périt dans la guerre où ses prophètes lui annonçaient tant d’heureux succès. Au contraire , le pieux roi Josaphat reprend le roi d’Israël, qui ne vouloit pas qu’on écouté! ce prophète de malheurs-, u Ne parlez pas ainsi, roi d’Israël (qj.u Il faut écouter ceux qui nous montrent, de la part de Dieu, et nos fautes, et ses jugemens. (t) EccL viiT- 20. — (a) Ibid. xxm. 2 , 3. — (3) ///. lîeg. xxïi. 7, 8, IL (iaraUp* xyin. 6/7, — (4) Ibid, TIKÉF. CE Ï/ÉCBITVUE. UV. T. >45 Xe même roi Josaphat, au retour <lc la guerre où il ôt oit été a \ t'O Açhub , écouta avec soumission le ptopivèlc Jéhu qui ïüi dit (i) : « Vous donnez secours à n un impie 5 et vous faites amitié avec les ennemis de n Dieu : vous méritiez sa colère ; mais U s’est trouve » en vous de bonnes oeuvres* » Il marchoit en tout sur les pas de son père David , qui, recevant .avec respect les justes réprébensions des prophètes Nathan et Gad(s), reconnut ses blutes* et en obtint le pardon* Ce ne sont pas seulement les prophètes qui! faut ouïr : le sage regarde tons ceux qui lut découvrent ses fautes avec prudence* comme Ses b oui mes envoyés de Dieu pour l'éclairer* Il ne faut point avoir égard aux conditions ; la vérité conserve toujours son au¬ torité naturelle, dans quelque bouche qu'elle soit* « Les hommes libres obéissent aux serviteurs sensés; n l'homme prudent et instruit ne murmuré pas étant >i repris (3)* » L'homme qui peut souffrir qu'on le reprenne est vraiment maître de Lui-même* « Qui méprise FinsU truc t ion , méprise son âme : qui acquiesce aux ré-* 3> préhensions j est maître de son cœur (4)< »

xivM phofosittoet* Le prince doit savoir ce qui se passe au dedans cè au dehors de son royaume * Sous un prince habile et bien averti , personne n'ose mal faire. On croit toujours l’avoir présent , et même qu’il devine les pensées. « Ne dites rien contre » le roi dans votre pensée ; ne parlez point contre lui » dans votre cabinet ; car les oiseaux du ciel rapporte¬ ra vont vos discours (5)- » Les avis volent à lui de toutes parts; il en sait faire le discernement, et rien n’échappe à sa connais¬ sance. (i) Paraiip. sut, a, 3> — (2) //. Jteg, xir et xxïv. — (3) EccLx. aS. — (4) Prou, 3a* — (5j Mccîes, x. 20. UüSSl'ET. POUTINE* 7 *-1$ vùttnqrz Ce 'Soldat à qui Joab, son général, commandoit quelque chose contre les ordre du roi, « lut report ” dit (i-) : Quelque somme que vous me donnassiez, * JS ne ferois pas ce que tous me dites : car te roi Ta * de! enfin : et quand je ne craindras pas ma propre » conscience , le roi le saurait ' et pourriez-vous me » protéger ? » « Nathan vint à Bethsabée, mère de Salomon, et » lui dit : Ne savez-vous pas qu’Àdonîas, fils d’Hans M Çih 5 s’est fait reconnaître roi ; et le roi notre maître » l’ignore encore ? Sauvez yotre vie , et celle de Sa- » loin un ; allez promptement, et parlez au roi (a J l » Vn mal connu est è demi guéri ; les plaies cachées de¬ viennent incurables. Voilà pour ic dedans. Et pour le dehors ; Amasias, roi de Jucla, enflé de la victoire nouvellement rem¬ portée sur les ïchiméens , voulut mesurer scs forces avec le roi d’Israël plus puissant que lui. «Joas, roi » d Israël, lui ht dire : Le chardon du Liban voulut » marier son fils avec la fille du cèdre; et les bêtes ’> ool étaient dans le bois de cette montagne, en pas- » sant, écrasèrent le chardon. Vous avez défait les a Iflumtanfe Pt votre cœur s’est élevé, Contentez-vous » de la gloire que vous avez acquise , et demeurez en » repos. Pourquoi voulez- vous périr, vous et votre * peuple? Amasias n’acquîcspa pas à ce conseil, il » marcha contre Joàs; il fut battu et pris.

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