Grand Catéchisme (Somme de doctrine chrétienne) (page 105)

Pierre Canisius · Doctrine

Texte français, domaine public · Source : jesusmarie.free.fr — Grand Catéchisme, trad. Peltier, tomes 1 à 6 · 205 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

3. Le même, Hom. XLVIII ad populum Antiochenum

: " Le feu de l'enfer, j'en conviens, est un supplice intolérable, et au-delà de tout ce qu'on peut imaginer. Soyez persuadés cependant que la perte du royaume céleste est un mal plus intolérable encore. "

4. Le même, Epist. V ad Theodorum lapsum

: " Il en est de si peu sensés qu'ils ne voient d'autre mal à éviter que le feu de l'enfer. Mais moi, je dis au contraire qu'il y a un autre supplice beaucoup plus affreux, et que c'est celui de se voir privé de la gloire céleste, et je suis convaincu que tous les maux de l'enfer doivent causer beaucoup moins de regrets à ceux qui y sont soumis, que ne doit le faire la perte du ciel, malheur le plus grand de tous. "

5. Le même, Hom. VIII ad populum Antiochenum

: " C'est la coutume des coupables, que tout leur soit suspect ; une ombre, un simple bruit les glace d'effroi : ils croient que tout ce qui les entoure a conjuré leur ruine. S'ils voient un homme s'empresser pour une affaire, ils se persuadent aussitôt que c'est à eux-mêmes qu'il en veut ; s'ils aperçoivent des gens qui s'entretiennent entre eux, ils s'imaginent qu'on s'occupe d'eux-mêmes. Tel est le caractère du péché : il rend l’âme timide et soupçonneuse ; il se trahit lui-même sans qu'il soit besoin de dénonciateur ; sans accusateur il se condamne. " p.379 fin p.380 début " Bien différente est la conduite du juste : l’Ecriture fait une peinture admirable de la timidité de l'un, et de l'assurance de l'autre. L'impie, dit Salomon, prend la fuite, sans que personne le poursuive (Prov., XXVIII, 1). Mais qu'est-ce qui lui cause cette épouvante ? C'est sa conscience ; c'est cet accusateur secret qu'il porte partout avec lui ; et comme il ne peut se soustraire lui-même, il ne saurait non plus échapper à ce vautour intérieur qui le ronge et le dévore. Pour le juste, au contraire, il a, dit encore le Sage (ibid.), une confiance de lion. "

6. Le même, Hom. XVII in Genesim : " Rien de pire que le péché. Car, une fois entré dans notre âme, non-seulement il nous couvre de honte, mais encore il ôte la raison à ceux-là mêmes qui auparavant étaient remplis d'intelligence et de sagesse. "

7. Le même, Hom. LI (al. 52) in Joannum

: " Rien de plus hideux que le péché, rien de plus impur. C'est pourquoi le Prophète, voulant nous en donner une idée, s'écriait : La pourriture et la corruption s'est mise dans mes plaies (Ps. XXXVII, 6) (Cf. S. Joannis Chrysostomi opera, tome VIII, p. 309, édit. des Bénédictins ; p. 353, édition de M. Gaume. "

8. Le même, Homélie XXXVII (al. 38) in

Joannem : " Le péché est un mal bien funeste : il est la ruine de l'âme, et souvent par surcroît il répand sa contagion sur le corps lui-même. Il se commet en un instant, et le châtiment en durera toute l'éternité. Si, après en avoir été punis sévèrement une première fois, nous y tombons de nouveau, nous en subirons un châtiment encore plus sévère ; et cela avec raison. Car celui à qui une première correction n'a pas suffi, doit être traité comme un incorrigible et un insolent que les maux extrêmes peuvent seuls réduire. La correction infligée d’abord aurait dû toute seule le rappeler à lui-même et le rendre plus traitable ; mais puisqu'elle est restée sans effet sur lui et qu'il n'en persiste pas moins dans ses désordres, il ne devra imputer qu'à lui-même les terribles châtiments que ses provocations lui auront attirés. Mais si, quand une première correction ne nous a servi de rien, nous devons encourir, même ici-bas, un châtiment plus sévère, à quels supplices effroyables ne devons-nous pas nous attendre pour l'éternité, si tous les désordres que nous avons pu commettre sont restés impunis jusque-là ? Et pourquoi, nous demandera-t-on, p.380 fin p.381 début tous ne sont-ils pas châtiés de même ? Car nous voyons beaucoup de ces méchants qui n'en sont pas moins remplis de santé et d'embonpoint, et à qui tout réussi dans leurs entreprises. Mais que cela ne nous rassure pas sur leur compte ; au contraire, plaignons-les davantage. Car l'impunité dans laquelle ils vivent ici-bas leur pronostique un châtiment plus sévère pour l'éternité. C'est ce que faisait entendre saint Paul, quand il disait : Lorsque nous sommes jugés dans le siècle présent, c'est le Seigneur qui nous châtie, afin que nous ne soyons pas condamnés avec le monde. Car les peines de ce monde ne sont que des avertissements ; les supplices proprement dits, ce seront les peines de l'éternité (Cf. S. Joannis Chrysostomi opera, t. VIII, pag. 216, édition des Bénédictins).

"

9. Le même, Hom. XXVIII in Epistolam ad Romanos

: " Bannissons de nos cœurs le péché, qui est plus à craindre pour nous que le démon lui-même. Car le démon, absolument parlant, ne nous fait pas perdre le royaume des cieux, puisque, si nous nous tenons sur nos gardes par rapport à lui, il contribue plutôt à nous le faire gagner ; au lieu que le péch nous le fait perdre absolument. Le péché est un démon que notre propre volonté s'impose à elle-même, une folie de notre choix (Cf. Ibidem, t. IX, p. 726). "

10. Le même, Hom. XLI in Acta Apostolorum

: " Il nous importe moins d'être délivrés du démon, que de l’être du péché. Ce n'est pas le démon qui nous fermera l'entrée du royaume des cieux ; il contribuera plutôt quelquefois, quoique malgré lui, à nous y faire entrer (Cf. Ibidem, t. IX, p. 313). "

11. Le même, Hom. de Jonâ prophetâ :

" Le péché est la charge de toutes la plus pesante. Aussi le prophète Zacharie en trouve-t-il l'emblème dans le plomb ; et David, pour nous en faire le tableau, dit que ses iniquités se sont élevées au-dessus de sa tête et qu'elles se sont appesanties sur lui comme un fardeau insupportable (Ps. XXXVII, 8). "

12. S. BASILE, Hom. in Ps. XXXIII : " Tout fidèle chrétien a un ange près de lui, à moins qu'il ne l'éloigne par ses mauvaises actions. Car, de même que la fumée fait fuir les abeilles, et que les odeurs fétides contraignent les colombes à chercher ailleurs un asile, ainsi notre ange gardien est-il chassé de nous par les formes hideuses et l'horrible infection du péché. " p.381 fin p.382 début

13. S. AUGUSTIN, Lib. expositionis quarumdam propositionum ex Epistola ad Romanos, prop. 42 : " Par ces paroles de l’Apôtre, Vendu pour être assujetti au péché (Rom., VII, 14), il faut entendre que celui qui pèche vend son âme au démon en recevant pour prix les voluptés terrestres. C'est pour cela que nous disons que Notre-Seigneur nous a rachetés, parce que nous étions vendus de la manière que je viens de dire. "

Question IV

Quel est le chemin qui conduit à l’abîme du péché ? Il y a trois degrés principaux par lesquels on s'enfonce dans l'abîme du péché, savoir, la suggestion, la délectation et le consentement. La suggestion consiste dans les mauvaises pensées ou les tentations qui nous viennent de l'ennemi de notre âme, que cet ennemi soit le monde, ou que ce soit la chair, ou que ce soit le démon. La délectation, c’est le plaisir que nous cause à nous-mêmes la suggestion du tentateur. Le consentement enfin, c'est l'adhésion délibérée que donne au péché lui-même notre volonté séduite. C’est ce consentement qui fait comme la consommation du péché, et qui non-seulement souille l'âme et la tue, mais encore la rend digne devant Dieu des peines éternelles, quand même on n'en serait pas venu à l'exécution. C’est ce qui a fait dire avec beaucoup de raison, que la suggestion est comme la semence du péché, la délectation sa nutrition, et le consentement son accroissement complet. Si nous examinons encore de plus près quels sont les degrés les plus ordinaires qui conduisent au péché, nous trouverons que la suggestion fait naître la pensée et la pensée l’affection ; que de l'affection naît ensuite la délectation, de la délectation le consentement, du consentement l'action, de l'action l'habitude, de l'habitude de commettre le mal le désespoir de revenir au bien, du désespoir de revenir au bien la témérité de justifier ses péchés, de la témérité de justifier ses péchés l'impudence de s'en faire gloire, et de l'impudence de se faire gloire de ses fautes la damnation. Telle est la longue et horrible chaîne, tels sont les funestes liens, les horribles entraves, au moyen desquels Satan tient l'homme sous son empire et le précipite, hélas ! dans toutes sortes de maux, pour le faire aboutir à l'éternel abîme. Il est donc fort important d'observer et de discerner avec soin ces divers degrés p.382 fin p.383 début de croissance du péché pour ne pas exposer, en faisant fausse route, le salut de notre âme.

TEMOIGNAGES DE L’ECRITURE.

1. JACQUES, I, 14-15 : " Chacun est tenté par sa propre concupiscence, qui l'entraîne et le séduit - Quand la concupiscence a conçu, elle enfante le péché, et le péché étant consommé engendre la mort. "

3. Romains, VI, 12 : " Que le péché ne règne donc point dans votre corps mortel, en sorte que vous obéissiez à ses désir déréglés. "

4. MATTHIEU, V, 22 : " Quiconque se mettra en colère contre son frère méritera d'être condamné par le jugement ; celui qui dira à son frère : Raca, méritera d’être condamné par le conseil ; celui qui lui dira : Vous êtes un fou, mériter d'être condamné au feu de l'enfer. "

7. II Samuel, XXII, 6 : " Les filets du trépas m'environnaient de toutes parts, les pièges de la mort m'avaient surpris. " p.383 fin p.384 début TEMOIGNAGES DE LA TRADITION.

1. S. AUGUSTIN, Lib. I de sermone Domini in monte, c. 12 : " Remarquez qu'il ne dit pas (MATTH., V, 28), Quiconque aura en lui un mauvais désir pour une femme, mais, Quiconque aura regardé une femme avec un mauvais désir pour elle, ou pour mieux dire, avec l’intention d'avoir un mauvais désir pour elle : ce qui n'est plus seulement éprouver les tentations de la chair, mais pleinement consentir à la tentation, en sorte que, bien loin de réprimer le désir criminel, on l'assouvirait si l'on en trouvait le moyen. Car il y a comme trois degrés par lesquels on arrive à commettre le péché : la suggestion, la délectation et le consentement. La suggestion est le fait de la mémoire ou des sens corporels, comme lorsque nous voyons, entendons, sentons, goûtons ou touchons quelque chose. Si la pensée de jouir de l'objet présent ainsi par la mémoire ou par les sens cause à l'âme quelque délectation, et que cette délectation soit illicite, il faut la réprimer. Par exemple, lorsque, tout en gardant le jeûne, nous sentons notre appétit s’éveiller à la vue de quelques mets, il y a là une délectation, mais à laquelle nous ne donnons pas notre consentement, puisque la raison dont nous écoutons la voix nous en fait faire le sacrifice. Mais si nous y consentions au contraire, ce serait alors qu'il y aurait péché. Or, ce consentement est connu de Dieu, quand même les hommes n'en verraient rien. Ce sont là les trois degrés, disposés de telle manière que la suggestion est comme l'œuvre du serpent, auquel elle ressemble par la facilité avec laquelle elle se glisse et s'insinue, ou par la lubricité même de la sensation : car quoique les images ou les fantômes de l'imagination soient formés dans l'âme, leur cause cependant est extérieure et toute matérielle ; et si l'âme éprouve quelque affection secrète outre la sensation et le mouvement corporel, ce qu'elle éprouve est néanmoins toujours quelque chose de subtil et de glissant en quelque manière ; et plus cette affection se glisse subtilement dans l'âme, plus il est naturel de la comparer au serpent. Ces trois choses donc, comme j'ai déjà commencé à le faire entendre, rappellent le fait raconté dans la Genèse, la suggestion représentant fort bien les paroles insinuantes que le serpent dit à Eve. Puis, l'appétit charnel qui suit la suggestion, c'est la délectation, comme l'éprouve aussi la première cette mère commune de tout le genre humain. Enfin, lorsque la raison donne son consentement, elle fait ce que fit Adam en se laissant gagner par la première p.384 fin p.385 début femme. Et lorsque ces trois actes sont consommés, l'homme est chassé du paradis, c'est-à-dire qu'il se trouve déchu de l'heureux état de justice, et se voit condamné à mourir, et par un châtiment bien mérité. Car la suggestion qui lui a été faite ne lui a pas imposé la nécessité de consentir. Et tout ce que Dieu a fait est bon, mais pourvu que chaque chose reste à sa place, et que les créatures les plus élevées, telles que la créature raisonnable, ne se ravalent pas au rang de celles qui leur sont bien inférieures. Or, personne n'est forcé de se ravaler ainsi, et c'est pourquoi, lorsqu'on le fait, on est inexcusable et on doit en porter la peine. Car si l’on a commis le péché, c'est qu'on y a volontairement consenti. La délectation, tant que le consentement est refusé, ou est nulle ou du moins n'est que légère ; ce qui n'empêche pas que ce ne soit un grand péché d'y consentir, quand elle est défendue. Ensuite, si tout se borne au consentement donné, le péché est commis dans le cœur. Si l'on en vient de plus à faire l'action consentie, il semble que la convoitise se trouvant satisfaite devrait par-là même cesser. Mais il arrive que, la suggestion se renouvelant, la délectation n'en devient que plus vive ; encore le serait-elle bien davantage, si elle se tournait en habitude par la répétition des mêmes actes. Car il est pour lors bien difficile de la vaincre ; quoique cependant on puisse toujours en venir à bout avec la grâce de Jésus-Christ, pourvu qu'on ne se manque pas à soi-même et qu'on ne craigne pas de combattre sous les étendards de ce divin chef : et c'est ainsi que tout rentrera dans l'ordre, l'homme étant soumis à Jésus-Christ comme la femme à l'homme lui-même. De même donc qu'on arrive à commettre le péché par trois degrés, qui sont la suggestion, la délectation et le consentement, il y a dans le péché lui-même trois degrés nouveaux, qui sont comme trois morts plus terribles l'une que l'autre, savoir, la volonté de pécher en tant qu'elle demeure dans le cœur, cette même volonté réduit à l'acte, et enfin le péché passé en habitude. Tant qu'on ne fait que consentir intérieurement au mal, quoique mort déjà, on est encore dans la maison, pour ainsi parler ; quand on en est venu à l'acte extérieur, le cercueil qui renferme le mort est déjà à la porte de la ville ; enfin, lorsqu'on se trouve sous le poids de l'habitude criminelle, c'est que le corps est dans le sépulcre et qu'il sent mauvais. On n'a qu'à lire l’Evangile, et on verra que Notre-Seigneur a ressuscité de ces trois sortes de morts. Il sera peut-être bon aussi de peser les différentes manières dont s'y prend le Sauveur pour opérer p.385 fin p.386 début chacune de ces résurrections. A la première, il se contente de dire : Enfant, levez-vous (MATTH., IX). A la seconde, il dit : Jeune homme, levez-vous, je vous le commande (LUC, VII). A la troisième, il frémit en lui-même, il pleure, il frémit encore, et enfin il s'écrie : Lazare, sortez dehors (JEAN, XI). "

2. Le même, Lib. XII de Trinitate, c. 12, n. 17 : " Lorsque l’âme, exerçant sur les objets sensibles la faculté de raisonner dont elle est douée, est invitée par l'appât que lui présentent les sens à mettre dans ces biens passagers et particuliers sa fin dernière, au lieu de ne la faire consister que dans ce bien universel qui est le bien immuable ou le souverain bien, c'est alors comme le serpent qui parle à la femme. Si elle consent à cet attrait, elle mange alors du fruit défendu. Si ce consentement se renferme dans la pensée et que la raison prenant le dessus empêche qu'on ne fasse servir ses membres à l'iniquité (Rom., VI, 13), c'est le fruit défendu mangé par la femme seule. Mais si l'on consent tellement à pécher en mésusant des choses de ce monde qui s'offrent à nos sens, qu'on aille jusqu’à faire l'action mauvaise dès qu'on en a le pouvoir, c'est la femme qui entraîne son mari à manger avec elle le fruit défendu. Car il ne peut se faire qu'on se décide non-seulement à penser avec plaisir à quelque péché, mais encore le commettre réellement, sans que la raison, au pouvoir de laquelle il est d'appliquer les forces corporelles à l'action, ou d'en arrêter le jeu, cède elle-même et se soumette à faire l'action mauvaise. "

" Nous ne devons pas nier pour cela que l'on pèche, lors même qu'on se borne à penser avec plaisir à des choses défendues, sans avoir la volonté de les faire, et simplement pour s'en délecter en soi-même, tandis qu'on devrait en rejeter même la pensée aussitôt qu'elle se présente à l'esprit ; nous voulons dire seulement que le péché est bien moindre que si l'on se portait à faire réellement l’action criminelle. C'est pourquoi nous devons demander pardon et frapper notre poitrine pour ces péchés de pensée comme pour les autres, en disant : Pardonnez-nous nos offenses ; et faire de même ce qui est dit ensuite, c'est-à-dire, pardonner nous-mêmes à ceux qui nous ont offensés. Car on ne peut pas raisonner de nous dans cette circonstance comme de nos deux premiers parents, qui faisaient chacun une personne à part, de sorte que si la femme avait seule mangé du fruit défendu, elle aurait seule aussi été condamnée à mourir ; on ne peut pas dire de même de quelqu'un que, s'il se borne à penser p.386 fin p.387 début avec plaisir à des choses mauvaises dont il devrait détourner sur-le-champ sa pensée, et que, sans se résoudre à faire l'action elle-même défendue, il se contente de s'en repaître l'esprit, il n'y ait alors qu'une partie de lui-même qui s'expose à la damnation, comme la première femme aurait pu se perdre toute seule sans son mari : ce serait folie de le penser. Car ici il n'y a pas deux personnes, mais une seule, et elle sera tout entière condamnée si ces péchés dits de pensée, qui, sans supposer la volonté de faire la chose mauvaise, supposent celle d'y prendre plaisir en soi-même, ne sont effacés par la grâce du Médiateur (Cf. S. Augustini opera, etc., tome VIII, pag. 921-922, édition des Bénédictins ;

col. 1398-1399, édition de Gaume). "

3. S. GREGOIRE, Hom. XVI in Evangelia : " Il est bon que nous sachions distinguer dans la tentation trois choses, la suggestion, la délectation et le consentement. Pour nous, quand nous sommes tentés, nous nous laissons aller aisément à la délectation, et même assez souvent au consentement formel, parce que, corrompus dès notre origine, nous trouvons en nous-mêmes un ennemi à combattre sans relâche. Mais un Dieu incarné dans le sein d'une vierge, et venu au monde sans péché, ne trouvait point en lui-même une contradiction semblable. Il a donc pu être tenté par suggestion, mais non par aucune délectation mauvaise qu'il ait pu éprouver. Et ainsi toute cette tentation qu'il a essuyée de la part du démon s’est passée au dehors, sans l'affecter en lui-même. "

4. Le même, Lib. IV Moralium, c. 27 (al.

46) : " Le péché se forme dans le cœur par quatre degrés, et par quatre autres il s'accomplit dans les actions. Les quatre degrés par lesquels le péché se forme dans le cœur sont la suggestion, la délectation ou le plaisir, le consentement et l'impudence qu'on aurait de chercher à le justifier. La suggestion vient du démon, le plaisir vient de la chair ; le consentement vient de la volonté, et l'impudence qui cherche à justifier le péché commis vient de l'orgueil. Aussi est-ce par ces quatre moyens que le démon a détruit l’innocence du premier homme. Car le serpent suggère le mal ; Eve y prit plaisir ; Adam y consentit, et ensuite il refusa impudemment d'avouer sa faute. Or, ce qui s'est passé dans le premier auteur de notre race, se passe encore tous les jours dans ses descendants. C'est le serpent qui donne son perfide conseil, p.387 fin p.388 début lorsque l'ennemi invisible de nos âmes nous insinue en secret ses pernicieuses suggestions. C'est Eve qui prend plaisir aux paroles du serpent, lorsque la chair se laisse attirer et gagner par cet appât, c'est Adam qui consent aux désirs de sa femme en oubliant sa supériorité sur elle, quand la raison se laisse entraînée par les désirs charnels et dément ainsi à la rectitude qui lui a été donnée. Enfin c'est Adam qui, rappelé par la voix de Dieu, refuse d'avouer sa faute, lorsqu'on se fait gloire de ses chutes même avec d'autant plus d'audace qu'on se trouve plus loin du chemin de la vérité. "

" Le péché d'action s'accomplit aussi en passant par quatre degrés semblables. Car premièrement on pèche en secret ; après cela on commet le péché sans honte même à la vue des hommes ; puis on s'en fait une habitude ; enfin on s'y endurcit, soit qu'on se laisse séduire par la présomption, soit qu'on se laisse vaincre par le désespoir (Cf. Les Morales de saint Grégoire, etc., t. Ier, p. 375-376). "

5. Le vénérable BEDE, in I caput Jacobi

: " La tentation a lieu de trois manières : par la suggestion, par la délectation et par le consentement. La suggestion est le fait de notre ennemi ; la délectation, ou bien même le consentement, est le fait de notre faiblesse. Si notre ennemi ne peut nous entraîner par ses suggestions à prendre plaisir ou à consentir au péché, la tentation elle-même rehausse le prix de notre victoire, et ajoute des fleurons à la couronne de vie que nous n'aurons plus qu'à attendre. Si au contraire il réussit à nous détourner tant soit peu de la voie droite, et à nous faire trouver dans le vice des attraits trop séduisants, le plaisir que nous y prenons est déjà une chute, mais qui seule ne va pourtant pas jusqu’à nous donner la mort. Enfin, si ce plaisir conçu dans la pensée est suivie de la mauvaise action qu'il enfante, c'est la mort pour nous, et notre ennemi peut en toute sûreté chanter victoire. Appuyons cette doctrine par des exemples. Joseph fut tenté par les paroles que lui adressa la femme de son maître (Gen., XXXIX) ; mais comme il ne donna point entrée dans son cœur au mauvais désir, la tentation se borna à la suggestion, sans aller jusqu'à la délectation ni surtout jusqu'au consentement : aussi ne fut-ce pour lui qu'une victoire, David fut tenté en voyant une femme qui n'était pas la sienne, et comme il n'avait pas su vaincre l'appétit charnel, la concupiscence l'emporta et l'entraîna dans le mal. Et quand il p.388 fin p.389 début eut consommé le crime qu'il avait conçu il se trouva par son propre aveu jugé digne de mort (II Sam., XII, 3) : mort cependant qu'il détourne de dessus sa tête par son prompt repentir. Judas fut tenté par l'amour de l'argent, et comme il était avare, sa concupiscence l'emporta et l'entraîna, et il tomba dans l'état de mort en consentant au péché.

Job fut tenté en bien des manières ; mais comme l'amour divin prévalait en lui sur l'amour de ses possessions, et même de sa propre personne, il put bien être tenté par les suggestions de l'ennemi, mais sans pouvoir être amené à consentir ou même à prendre simplement plaisir au péché.

Par conséquent, ce que dit l'Apôtre que le péché, lorsqu'il est consommé, engendre la mort, doit s'entendre contrairement à ce qu'il venait de dire de celui qui souffre la tentation, et qui, par suite de cette épreuve, mérite de recevoir la couronne de vie. Car autant celui qui surmonte la tentation mérite une telle récompense, autant celui qui se laisse surmonter par elle, en cédant à la concupiscence, encourt justement sa peine. "

6. S. GREGOIRE-LE-GRAND, in responsione ad undecimam interrogationem Augustini Cantuariensis archiepiscopi : " Tout péché s'accomplit par trois degrés différents, par la suggestion, par la délectation et par le consentement. La suggestion est l'œuvre du démon, la délectation celle de la chair, le consentement l'œuvre de la volonté. Car lorsque le serpent suggéra le premier péché commis dans le monde, Eve qui personnifiait la chair trouva le fruit délectable, et Adam qui personnifiait la volonté donna son consentement. Et il est besoin de beaucoup de sagacité pour distinguer avec précision entre la suggestion, la délectation et le consentement. En effet, qu'on ne prenne aucun plaisir au péché que suggère le malin esprit, le péché alors n'existe nullement. Lorsqu'au contraire la chair éprouve du plaisir, le péché dès-lors prend pour ainsi dire naissance ; et il est consommé si la volonté donne son consentement avec réflexion. La suggestion est donc comme la semence du péché, la délectation en est l'aliment, et le consentement en forme le développement complet. Il arrive souvent aussi que la chair se délecte de la pensée mauvaise suggérée par l'esprit malin, sans que la raison consente à cette délectation. Et comme la chair ne peut pas se délecter sans le concours de l'âme, l'âme cependant qui résiste aux voluptés de la chair se trouve en quelque sorte enchaînée malgré elle par la délectation charnelle, de sorte qu'elle la p.389 fin p.390 début combat par raison et lui refuse son consentement, sans pouvoir toutefois l'empêcher de se faire sentir ni cesser d'y être enchaînée, état qui la fait gémir et soupirer après sa délivrance. C’est ce qui faisait dire à ce généreux soldat de l'armée céleste : Je sens dans les membres de mon corps une autre loi qui combat contre la loi de mon esprit, et qui me tient captif sous la loi du péché, qui règne dans les membres de mon corps (Rom., VII, 23).

S’il était captif, il n'est donc pas vrai qu'il combattît : il combattait cependant ; disons donc qu'il était captif et ne l'était pas tout à la fois. Ainsi la loi des membres combattait contre la loi de l'esprit. Il combattait ; donc il n'était pas captif. Voilà donc l'homme tout à la fois pour ainsi dire captif et libre. Libre, par la justice à laquelle il reste attaché, captif, par la délectation qu'il supporte malgré lui. "

8. S. ISIDORE, évêque de Séville,

Lib. II de summo bono, c. 23 : " Voici par quels degrés le péché se forme en nous. La mauvaise pensée produit une délectation, celle-ci engendre le consentement, le consentement amène l'action, l'action l'habitude, et l'habitude une sorte de nécessité ; et l'homme ainsi embarrassé dans ces liens se trouve enveloppé dans le vice comme dans un réseau au point qu'il ne peut s'en dégager, à moins que la grâce divine ne l'en retire en le prenant comme par la main. Commettre le péché, c’est tomber, pour ainsi dire, dans un puits ; s'en faire une habitude, c'est rendre l'orifice du puits si étroit, que celui qui y est tombé une fois, ne peut plus en sortir. Quelquefois cependant Dieu délivre ces malheureux désespérés en leur facilitant les moyens de revenir par la conversion à la véritable liberté de ses enfants. Car sa miséricorde demande que nos péchés soient remis, et un effet de sa protection c'est que nos péchés ne nous engloutissent pas dans l'abîme. C’est un bien grand mal que de pécher ; mais c'est un mal encore plus grand de s'en faire une habitude. On se retire du premier sans beaucoup de peine ; mais, pour sortir de l'autre, il faut de grands efforts, une forte application à résister à l'habitude contractée. Le Prophète dit de ceux qui sont dans l'habitude de faire le mal, qu'ils sont tombés au fond de l'abîme, parce que l'habitude est comme une chaîne qui ôte à l'homme sa liberté, en sorte qu'on pèche lors même qu'on ne voudrait pas pécher. Se relever au contraire tout aussitôt de sa chute, ce n'est pas être tombé p.390 fin p.391 début au fond de l'abîme. L'Apôtre nous dit qu'il y a dans nos membres une loi qui nous porte au péché. Cette loi, c'est l'habitude du péché contracté à force de le commettre, habitude dont nous ne sortons pas ensuite quand nous le voulons, parce qu'elle est devenue comme une nécessité qui nous retient dans ses chaînes. "

9. S. AUGUSTIN, Confessions, livre VIII, c. 5 :

" C'est après un tel loisir (celui dont Victorinus jouissait depuis sa conversion) que je soupirais, non plus dans des liens étrangers, mais dans les fers de ma propre volonté. Le démon tenait dans sa main mon vouloir, et il m'en avait fait une chaîne, et il m'en avait lié. Car la volonté pervertie fait la passion ; l'asservissement à la passion fait l'habitude, le défaut de résistance à l'habitude fait la nécessité. Et ces nœuds d’iniquité étaient comme les anneaux de cette chaîne dont m'enlaçait le plus dur esclavage. . . " " Vainement (ô mon Dieu) je me plaisais en votre loi selon l'homme intérieur, puisqu'une autre loi luttait dans ma chair contre la loi de mon esprit, et m'entraînais captif sous la loi du péché, incarné dans mes membres. Car la loi du péché, c'est la violence de l'habitude qui entraîne l'esprit et le retient contre son gré, mais non contre la justice, puisqu'il s'est volontairement asservi. "

10. S. GREGOIRE-LE-GRAND, Lib. XXV Moralium, c.

12 (al. 8) : " Tout péché qu'on n'a pas soin d'effacer promptement par la pénitence est, ou péché et cause de péché nouveaux, ou péché et peine d'un péché antérieur. Et, en effet, tout péché que la pénitence n'a point expié entraîne dans un autre par son propre poids (Cf. Les Morales de saint Grégoire, etc., t. III, p. 672). "

Question V

Quels sont les moyens les plus faciles d’éviter le péché ? Le premier, c'est de bien considérer quels dangers et quels maux les péchés que nous commettrions entraîneraient à leur suite. Un autre, c'est d'y résister tout d'abord et avec courage, et de repousser dès le principe les suggestions mauvaises qui nous y feraient tomber trop aisément. Un troisième enfin, c'est de leur opposer avec énergie la pratique des vertus contraires, en nous appuyant toujours sur la grâce de Jésus-Christ. Voici donc les avis que nous donne l'Ecclésiastique : Ne vous p.391 fin p.392 début laissez point aller à vos mauvais désirs, et détournez-vous de ce que vous ferait suivre votre propre volonté. Si vous contentez votre âme dans ses désirs déréglés, elle vous rendra la joie de vos ennemis. De là aussi cet oracle divin : Si vous faites bien, n'en serez-vous pas récompensé ? Et si vous faites mal, ne porterez-vous pas aussitôt la peine de votre péché ? Mais le désir qui vous y porte est soumis à votre pouvoir, et vous devez le dominer. Et c'est ici que trouve son emploi cette armure spirituelle, dont l'apôtre saint Paul veut que les soldats de Jésus-Christ se munissent contre le péché et contre toutes les embûches du démon pour qu'ils puissent combattre avec avantage, résister dans les jours mauvais, et éteindre tous les traits enflammés de l'ennemi.

TEMOIGNAGES DE L’ECRITURE.

3. JACQUES, IV, 7-8 : " Soyez soumis à Dieu ; résistez au contraire au démon, et il s'éloignera de vous. - Approchez-vous de Dieu, et il s'approchera de vous. "

4. I PIERRE, V, 8-9 : " Le démon, votre ennemi, tourne autour de vous comme un lion rugissant, cherchant qui il pourra dévorer. - Résistez-lui donc, en demeurant fermes dans la foi, sachant que vos frères dispersés dans le monde endurent les mêmes tribulations que vous. "

5. Romains, XII, 1, 5, 9-21 : " Je vous conjure donc, mes frères, par la miséricorde de Dieu, de lui offrir vos corps comme une hostie vivante, sainte et agréable à ses yeux, et de lui rendre un culte vraiment spirituel. - Et ne vous conformez pas au siècle p392 fin p.393 début présent ; mais transformez-vous en des hommes nouveaux par le renouvellement de votre esprit, en sorte que vous cherchiez en toutes choses ce qui est conforme à la volonté de Dieu, ce qui est bon, ce qui est digne de louange, ce qui est parfait. - Je vous exhorte aussi, vous tous, selon le ministère qui m'a été donné par grâce, de ne point vous élever au-delà de ce que vous devez dans les sentiments que vous avez de vous-mêmes, mais de vous tenir dans les bornes de la modération, selon la mesure du don de la foi que Dieu a départi à chacun de vous.

- Car, comme dans un seul corps, nous avons plusieurs membres, et que tous ces membres n'ont pas la même fonction, - ainsi, quoique nous soyons plusieurs, nous ne formons en Jésus-Christ qu'un même corps, et nous sommes tous membres les uns des autres. - Ayez le mal en horreur, et attachez-vous fortement au bien. - Que chacun ait pour son prochain une affection vraiment fraternelle ; prévenez vous les uns les autres par des témoignages de déférence. - Ne soyez pas nonchalants dans ce qui est de votre devoir ; conservez-vous dans la ferveur de l'esprit ; souvenez-vous que c'est le Seigneur que vous servez. - Réjouissez-vous dans l'espérance des biens promis ; soyez patients dans les maux, persévérants dans la prière, - charitables pour soulager les nécessités des saints, toujours prêts à donner l'hospitalité. - Bénissez vos persécuteurs ; bénissez-les, et ne faites point d'imprécations contre eux. - Réjouissez-vous avec ceux qui se réjouissent, et pleurez avec ceux qui pleurent. - Soyez tous unis dans un même esprit ; ne vous élevez point à des pensées trop hautes, mais contentez-vous volontiers de ce qu'il y a de plus humble. Ne soyez point sages à vos propres yeux. - Ne rendez à personne le mal pour le mal ; ayez soin de faire le bien, non-seulement devant Dieu, mais aussi devant tous les hommes. - Vivez en paix, si cela se peut, et autant qu'il est en vous, avec toutes sortes de personnes. - Ne vous vengez point vous-mêmes, mais donnez lieu à la colère ; car il est écrit :

La vengeance m'est réservée, et c'est moi qui l'exercerai, dit le Seigneur. - Au contraire, si votre ennemi a faim, donnez-lui à manger ; s'il a soif, donnez-lui à boire : car, en agissant de la sorte, vous amasserez des charbons de feu sur sa tête. - Ne vous laissez pas vaincre par le mal ; mais travaillez à vaincre le mal par le bien. "

6. Ephésiens, IV, 1-3, 22-32 : " Je vous conjure donc, moi qui suis dans les chaînes pour le Seigneur, de vous conduire d'une manière digne de l'état auquel vous êtes appelés, - pra- p.393 fin p.394 début tiquant en tout l'humilité la douceur, la patience, vous supportant les uns les autres avec charité, - vous appliquant à conserver l'unité d'un même esprit par le lien de la paix. - Dépouillez-vous du vieil homme, ou des restes de ce que vous étiez autrefois, et qui n'engendreraient que corruption par suite de l'attrait des plaisirs séducteurs. - Renouvelez-vous dans l'intérieur de votre âme. - Revêtez-vous de l'homme nouveau, tel qu'il a été fait à l'image de Dieu dans la justice et la sainteté qui sont l'apanage exclusif de la vérité. - C’est pourquoi, renonçant au mensonge, que chacun ne parle à son prochain que conformément à la vérité, parce que nous sommes membres les uns des autres. - Si vous vous mettez en colère, gardez-vous de pécher ; que le soleil ne se couche point sur votre colère - Ne donnez point accès au démon. - Que celui qui dérobait ne dérobe plus ; mais qu'il travaille plutôt de ses mains à quelque ouvrage bon et utile pour avoir de quoi donner à ceux qui sont dans l'indigence. - Que votre bouche ne profère aucune parole mauvaise ; mais que tout ce que vous direz soit propre à nourrir la foi, et à inspirer la piété à ceux qui en seront témoins. - Ne contristez pas l'Esprit de Dieu, cet Esprit-Saint par lequel vous avez été marqués comme d'un sceau pour le jour de votre rédemption. -Que toute aigreur, tout emportement, toute colère, toute querelle, toute médisance, toute malice soient bannis d'entre vous. - Soyez au contraire bons et miséricordieux les uns pour les autres, vous pardonnant mutuellement, comme Dieu vous a pardonné en Jésus-Christ. "

7. Philippiens, IV, 5-9 : " Que votre modestie soit connue de tous les hommes : le Seigneur est proche. - Ne vous inquiétez de rien ; mais en quelque état que vous soyez, présentez à Dieu vos demandes par des supplications et des prières accompagnées d'actions de grâces. - Que la paix de Dieu qui surpasse toutes nos pensées, garde vos cœurs et vos esprits en Jésus-Christ. - Enfin, mes frères, que tout ce qui est vrai, tout ce qui est honnête, tout ce qui est juste, tout ce qui est saint, tout ce qui peut vous rendre aimables, tout ce qui est de bonne édification, tout ce qui est acte de vertu, tout ce qui est louable dans le règlement des mœurs, soit l'entretien de vos pensées. - Mettez en pratique la doctrine que vous avez apprise et reçue de moi, ce que vous avez entendu dire de moi, et ce que vous avez vu en moi. "

8. Ephésiens, VI, 10-18 : " Enfin, mes frères, fortifiez-vous dans le Seigneur et dans sa vertu toute-puissante. - Revêtez-vous de toutes les armes de Dieu, pour pouvoir vous défendre p.394 fin p.395 début des embûches et des artifices du démon. - Car nous avons combattre, non contre des hommes de chair et de sang, mais contre les principautés et les puissances infernales, contre les princes du monde, c'est-à-dire de ce siècle ténébreux contre les esprits de malice répandus dans l'air. - C'est pourquoi prenez les armes de Dieu, invincibles à tous les traits, afin que vous puissiez résister dans les jours mauvais et demeurer prêts à soutenir tous les assauts. - Soyez donc fermes ; que la vérité soit la ceinture de vos reins, que la justice soit votre cuirasse. - Que vos pieds aient pour chaussure la disposition à suivre comme à annoncer l'Evangile de la paix. - Servez-vous par-dessus tout du bouclier de la foi, afin de pouvoir repousser tous les traits enflammés de l'esprit malin. - Prenez encore le casque du salut et le glaive spirituel, qui est la parole de Dieu ; - invoquant Dieu en esprit et en tout temps, par toutes sortes de supplications et de prières et vous employant, avec une vigilance et une persévérance continuelles, à prier pour tous les saints et pour moi. "

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