Grand Catéchisme (Somme de doctrine chrétienne) (page 116)

Pierre Canisius · Doctrine

Texte français, domaine public · Source : jesusmarie.free.fr — Grand Catéchisme, trad. Peltier, tomes 1 à 6 · 205 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

10. Actes, III, 13-15 : " Dieu a glorifié son fils Jésus que vous avez livré et renié devant Pilate, qui avait jugé qu'il devait être renvoyé absous. - Mais vous, vous avez renié le Saint et le Juste, vous avez demandé qu'on vous accordât la grâce d'un homicide, - et vous avez fait mourir l'auteur de la vie. "

11. Ibid., II, 22-23 : " O Israélites, écoutez les paroles que je vais vous dire : Vous savez que Jésus de Nazareth a été un homme que Dieu a rendu célèbre parmi vous par les prodiges, les merveilles et les miracles qu'il a faits par lui au milieu de vous. - Ce Jésus vous ayant été livré dans la profondeur des desseins de Dieu, et dans l'ordre de sa prescience, vous l’avez fait mourir, et vous l'avez crucifié par les mains des méchants. "

12. Romains, I, 28-32 : " Comme ils n'ont pas fait usage de la connaissance qu'ils avaient de Dieu, Dieu aussi les a livrés à p.27 fin p.28 début un sens dépravé, en sorte qu'ils ont fait des actions indignes. - Remplis de toute sorte d'injustice, de méchanceté, de fornication, d'avarice, de malignité, ils ont été envieux, meurtriers, querelleurs, trompeurs ; ils ont été pleins de malignité, semeurs de faux rapports, - calomniateurs, ennemis de Dieu, outrageux, superbes, altiers, inventeurs de crimes, désobéissants à leurs parents, - sans prudence, sans modestie, sans affection, sans foi, sans miséricorde - et quoiqu'ils connussent bien la justice de Dieu, ils n'ont pas compris que ceux qui font ces choses sont dignes de mort, et non-seulement ceux qui les font, mais aussi ceux qui approuvent ceux qui les font. "

TEMOIGNAGES DE LA TRADITION.

1. S. IRENEE, Lib. IV adversùs hæreses, c. 46 (al. 27) : " De même que sous l'ancienne loi ceux qui se livraient à l'iniquité et au meurtre de leurs frères étaient châtiés et retranchés de la société du peuple, ainsi maintenant l'œil, le pied ou la main, quand ils sont un objet de scandale, doivent être retranchés, de peur qu'ils n'entraînent la perte du reste du corps. D'ailleurs l’Apôtre nous l'enseigne, quand il nous dit : Mais quand je vous ai écrit que vous n'ayez point de commerce avec eux, j'ai entendu que s'il y a parmi vos frères quelqu'un qui soit impudique, ou avare, ou idolâtre, ou médisant, ou ivrogne, ou ravisseur du bien d’autrui, vous ne mangiez pas même avec celui-là (I Cor., V, 11). Et il dit encore dans un autre endroit : Que personne ne vous séduise par de vains discours ; car c'est là ce qui attire la colère de Dieu sur les incrédules. N'ayez donc rien de commun avec eux (Ephés., V, 6). L'état de damnation où sont ceux qui pèchent se communique à ceux qui les fréquentent, parce que cet état même finit par leur plaire ; c'est pour cela que saint Paul disait aux Corinthiens : Ne savez-vous pas qu'un peu de levain suffit pour aigrir toute une masse de pâte (I Cor., V, 6) (Cf. Les Pères de l’Eglise, trad. Genoude, t. III, p. 423) ? "

2. Le clergé de Rome écrivant à saint

Cyprien, inter Epistolas S. Cypriani 31 (al. 30) : " Nous nous sommes déclarés dans nos lettres précédentes, non-seulement contre ceux qui ont apostasié publiquement par des billets criminels. . . . . , mais aussi contre les autres qui, pour n'avoir pas comparu quand le parjure se consommait, n'en sont pas moins coupables de ce parjure même puisque la demande faite par eux d'inscrire leur apostasie équi- p.28 fin p.29 début valait à leur présence. Ordonner le crime, c'est y participer. Le lâche a beau nous dire qu'il n'a pas prévariqué en personne ; il est apostat, dès qu'il a autorisé la lecture publique de son apostasie. "

Question VI

Quand est-ce qu’on participe par provocation au péché d’autrui ? C'est ce qui a lieu toutes les fois que, soit par paroles, soit par actions ou de toute autre manière nous poussons sciemment quelqu'un à se mettre en colère, à se venger, à proférer des blasphèmes, à user de violence, ou à quelque autre chose semblable. Comme quand la femme de Job, en insultant à la patience de son mari, le portait autant qu'il était en elle à blasphémer contre Dieu. De même la femme de Tobie, non moins agaçante que celle de Job, par les reproches irritants dont elle ne se lassait pas de harceler son époux, forçait en quelque sorte celui-ci de déplorer devant Dieu les maux de sa maison en mêlant ses prières de soupirs et de larmes. L'Ecclésiastique nous donne au contraire cet avertissement : Evitez les disputes, et vous diminuerez les péchés. Car l'homme colère allume les querelles ; le pécheur jettera le trouble parmi les amis, et il sèmera l'iniquité au milieu de ceux qui vivaient en paix. Salomon a dit de même : Le méchant cherche toujours des querelles ; le ministre de la vengeance sera envoyé contre lui.

TEMOIGNAGES DE L’ECRITURE.

1. I Samuel, I, 6-7 : " Phenenna jalouse affligeait

Anne et la tourmentait, jusqu’à lui faire reproche avec insulte de ce que le Seigneur l'avait rendue stérile. - Elle en usait de même tous les ans, lorsque le temps était venu de monter au temple du Seigneur. " p.29 fin p.30 début

2. Psaume CV, 15-16 : " Le Seigneur leur accorda leur demande, et les rassasia jusqu’à l'excès. - Leur envie éclata contre Moïse dans le camp, et contre Aaron, pontife du Seigneur. "

3. II Machabées, XIV, 23-27 : " Nicanor demeura ensuite à Jérusalem où il ne fit rien contre l’équité et il congédia les grandes troupes qu'il avait levées. - Il aimait toujours Judas d'un amour sincère et il sentait une inclination particulière pour sa personne. Il le pria même de se marier, et de songer à avoir des enfants. Ainsi Judas se maria, et continua de vivre en paix et en amitié avec lui. - Mais Alcime voyant la bonne intelligence qui était entre eux, vint trouver Démétrius et lui dit que Nicanor favorisait les intérêts de ses ennemis, et qu'il lui avait destiné pour successeur Judas, qui trahissait le roi et son royaume. - C'est pourquoi le roi, irrité par le rapport criminel de ce méchant homme, écrivit à Nicanor qu'il trouvait fort mauvais qu'il eût fait ainsi amitié avec Machabée et qu'il voulait qu'aussitôt Machabée fût amené prisonnier à Antioche. "

4. Galates, V, 26 : " Ne nous laissons point aller à la vaine gloire, nous piquant les uns les autres, et nous portant envie les uns aux autres. "

5. Ephésiens, VI, 4 : " Et vous, pères, n'irritez point vos enfants, mais ayez soin de les bien élever en les corrigeant et en les instruisant selon le Seigneur. "

8. Tobie, II, 15-23 : " Comme des rois insultaient au bienheureux Job, ainsi ses parents et ses alliés se raillaient de son genre de vie, en lui disant : - Où est votre espérance pour laquelle vous faisiez tant d'aumônes et ensevelissiez les morts ? - Mais Tobie les reprenant, leur disait : Ne parlez pas ainsi : - Car nous sommes enfants des saints, et nous attendons cette vie que Dieu doit donner à ceux qui ne violent point la fidélité qu'ils lui ont promise. - Pour ce qui est d'Anne, sa femme, elle faisait tous les jours de la toile, et elle apportait du travail de ses mains ce qu'elle pouvait gagner pour vivre. - Il arriva donc qu'ayant reçu un jour un chevreau, elle l'apporta à la maison. - Son mari ayant entendu ce chevreau crier, dit à sa femme : Prenez garde que ce chevreau n'ait été dérobé ; rendez-le à ceux à qui il est : car il ne nous est pas permis de rien manger ou p.30 fin p.31 début toucher de ce qui est dérobé. - Alors sa femme lui répondit en colère : Il est aisé de voir combien toutes vos espérances étaient vaines, et à quoi ont abouti toutes vos aumônes. C'est par ces discours et d'autres semblables que sa femme l'insultait journellement. "

9. Tobie, III, 1-2, 7-11 : " Alors Tobie jetant un profond soupir, commença à prier avec larmes, en disant : - Seigneur, vous êtes juste ; tous vos jugements sont pleins d'équité et toutes vos voies ne sont que miséricorde, vérité et justice, etc. - En ce même jour, il arriva que Sara, fille de Raguel, à Rages, ville des Mèdes fut ému d'un reproche que lui fit une des servantes de son père. - Elle avait épousé sept hommes l'un après l'autre, et un démon nommé Asmodée les avait tués aussitôt qu'ils s'étaient approchés d'elle. - Comme elle reprenait cette servante pour une faute qu'elle avait commise, celle-ci lui répondit : Que jamais nous ne voyions de toi ni fils, ni fille sur la terre, meurtrière de tes maris ! - Ne veux-tu pas me tuer aussi, comme tu as déjà tué sept maris ? A cette parole, Sara monta dans une chambre haute de la maison, et y demeura trois jours et trois nuits sans boire ni manger ; - et persévérant dans la prière, elle demandait à Dieu avec larmes qu'il la délivrât de cet opprobre. "

10. Ecclésiastique, XXVIII, 10,12-19 : "

Evitez les disputes, et vous diminuerez les péchés, etc. - Le feu s'embrase dans la forêt selon le bois qui s'y trouve, et la colère de l'homme s'allume à l'égard de son pouvoir, et il la porte plus haut à proportion qu'il a plus de richesses. - La promptitude à disputer allume le feu ; la querelle précipitée répand le sang, et la langue qui rend un faux témoignage cause la mort. - Si vous soufflez sur l'étincelle, il en sortira un feu ardent ; si vous crachez dessus, elle s'éteindra et c'est la bouche qui fait l'un et l'autre. - Celui qui médit en secret et l'homme à deux langues sera maudit, parce qu'il jettera le trouble parmi plusieurs qui vivaient en paix. - La langue d'un tiers en a renversé plusieurs, et elle les a dispersés de peuple en peuple. - Elle a détruit les villes fortes et opulentes, et elle a fait tomber les maisons des grands. - Elle a taillé en pièce les armées des nations, et elle a défait les peuples les plus vaillants. - La langue d'un tiers a fait expulser les femmes fortes, etc. "

11. Proverbes, XV, 18 : " L'homme colère éveille les querelles ; celui qui est patient apaise celles qui étaient déjà allumées. " p.31 fin p.32 début

13. Ibid., XXII, 10 : " Chassez le railleur, et les disputes s'en iront avec lui ; alors les plaintes et les outrages cesseront. "

14. Ibid., XXVI, 17-22 : " Celui qui, en passant par un endroit, se mêle dans une querelle qui ne le regarde point, est comme celui qui saisit les oreilles à un chien furieux. - Comme celui qui lance des flèches et des dards pour en tuer un autre est coupable de sa mort, - ainsi l'est celui qui use d'artifices pour nuire à son ami, et qui dit, lorsqu'il est surpris : Je ne l'ai fait qu'en jouant. - Quand le bois est consumé le feu s'éteint ; et les querelles s'apaisent, quand il n'y a plus de semeurs de rapports. - Le feu rallume le charbon, la flamme le bois ; l'homme querelleur allume de même les disputes. - Les paroles du semeur de rapports paraissent simples et innocentes ; mais elles pénètrent jusqu'au fond des entrailles. "

16. Proverbes, XXX, 33 : " Celui qui presse trop la mamelle, en fait sortir un lait épais ; celui qui se mouche trop fort tire le sang ; et celui qui excite la colère amène les querelles. "

18. Ibid., III, 30-35 : " Ne faites point de procès à un homme sans sujet, et lorsqu'il ne vous fait aucun tort. - Ne portez point envie à l'homme injuste, et ne marchez point dans ses voies : - Car le Seigneur déteste les pervers, et il communique ses secrets aux simples. - Le Seigneur frappera d'indigence la maison de l'impie ; au lieu qu'il bénira les maisons des justes. - Il se moquera des moqueurs, et il répandra ses faveurs sur ceux qui sont doux. - Les sages posséderont la gloire ; l'élévation des insensés sera leur confusion. "

19. ISAIE, XXIII, 1 : " Malheur à vous qui pillez

; ne serez-vous pas aussi pillé ? Malheur à vous qui méprisez ; ne serez-vous pas aussi méprisé ? Lorsque vous aurez achevé de dépouiller, vous serez dépouillé ; lorsque vous serez las de mépriser, vous tomberez dans le mépris. " p.32 fin p.33 début

Question VII

Quand est-ce qu’on participe par flatterie au péché d’autrui ? C'est ce qui a lieu, toutes les fois que nous louons quelqu'un du mal qu'il a fait, ou du mauvais caractère qu'il a déployé et que, le voyant engagé dans une voie criminelle, nous l’encourageons par nos éloges à y avancer de plus en plus. Mais malheur, comme dit le Prophète, à ceux qui préparent des coussinets pour les mettre sous tous les coudes, et qui font des oreillers pour y appuyer la tête des personnes de tout âge, afin de surprendre ainsi les âmes. C'est dans ce défaut que tombent certains prédicateurs et ces magistrats qui flattent inconsidérément les passions populaires, et fomentent par une lâche complaisance les désordres publics. Que de sagesse dans ces paroles d'Isaïe : O mon peuple, ceux qui vous disent heureux vous séduisent et ils pervertissent la voie où vous devez marcher ! C'est pourquoi saint Paul exhorte les fidèles à se mettre en garde contre ces faux docteurs qui, par des paroles flatteuses, séduisent les âmes simples. Car le pécheur est loué dans les désirs de son âme et le méchant est béni ; mais en cela même le pécheur irritera le Seigneur, comme l'atteste le Prophète royal.

TEMOIGNAGES DE L’ECRITURE.

1. Proverbes, XXIV, 24-28 : " Ceux qui disent au méchant : Vous êtes juste, seront maudits des peuples et détestés des nations. - Ceux qui le reprennent en seront loués ; et la bénédiction descendra sur eux. - Répondre avec droiture, c'est donner un baiser à la bouche. - Préparez votre ouvrage au dehors, et remuez votre champ avec grand soin, pour bâtir ensuite votre p.33 fin p.34 début maison. - Ne soyez point un faux témoin contre votre prochain, et que vos âmes ne séduisent personne. "

2. Ibid., XXVII, 2, 5, 6 : " Qu'un autre vous loue, et non votre bouche ; que ce soit un étranger, et non vos propres lèvres. - Une réprimande ouverte vaut mieux qu'une amitié qui se cache. - Les blessures que fait un ami sont la preuve de son amitié ; Dieu nous garde des baisers d'un ennemi ! "

3. Ibid., XXVIII, 23 : " Celui qui reprend un homme trouvera grâce ensuite auprès de lui, plutôt que celui qui le trompe par des paroles flatteuses. "

3. ISAIE, V, 20 : " Malheur A vous qui appelez mal ce qui est bien, et bien ce qui est mal ; qui donnez aux ténèbres le nom de lumière et à la lumière le nom de ténèbres ; qui faites passer pour doux ce qui est amer, et pour amer ce qui est doux. "

6. EZECHIEL, XIII, 1-23 : " Le Seigneur me parla encore en ces termes et me dit : - Fils de l'homme, adresse tes prophéties aux prophètes d'Israël qui se mêlent de prophétiser et tu diras à ces hommes qui prophétisent, de leur chef :

Ecoutez la parole du Seigneur. - Voici ce que dit le Seigneur Dieu : Malheur aux prophètes insensés qui suivent leur propre esprit, et ne voient rien. - Vos prophètes, ô Israël, ont été parmi vous comme des renards dans des lieux ruinés. - Vous n'êtes point allés à la rencontre de l'ennemi, et vous ne vous êtes point opposés comme un mur pour la maison d'Israël, pour tenir ferme dans le combat, au jour du Seigneur. - Ils n'ont que des visions vaines, et ils ne prophétisent que le mensonge, en disant : Le Seigneur a dit ceci, quoique le Seigneur ne les ait point envoyés ; et ils persistent à assurer ce qu'ils ont dit une fois. - Les visions que vous avez eues ne sont-elles pas vaines, et les prophéties que vous publiez ne sont-elles pas pleines de mensonges ? Et après cela vous dites : C'est le Seigneur qui a parlé, quoique ce ne soit point moi qui aie parlé. - C'est pourquoi voici ce que dit le Seigneur Dieu : Parce que vous avez publié des choses vaines, et que vous avez eu des visions de mensonge, je viens à vous, dit le Seigneur Dieu. - Ma main s'appesantira sur les prophètes qui ont des visions vaines, qui prophétisent le mensonge. Ils ne se trouveront point dans l'assemblée de mon peuple ; ils ne seront point écrits dans le livre de la maison d'Israël ; ils n'en- p.34 fin p.35 début treront point dans la terre d'Israël : et vous saurez que c'est moi qui suis le Seigneur Dieu. - Parce qu'ils ont séduit mon peuple, en lui annonçant la paix, et il n'y avait point de paix ; et comme mon peuple bâtissait une muraille, ils l'ont enduite de boue sans y mêler de paille. - Dis à ceux qui enduisent une muraille sans y rien mêler, qu'elle tombera : car voici que j'enverrai une forte pluie, de grosses pierres tomberont du ciel, et un vent de tempête la jettera par terre. - Et en voyant la muraille tombée, ne vous dira-t-on pas : Où est l'enduit dont vous l'avez enduite ? - C'est pourquoi, voici ce que dit le Seigneur Dieu : Je ferai souffler dans mon indignation un vent de tempête ; une pluie inondante se débordera dans ma fureur, et des pierres énormes tomberont dans ma colère pour renverser tout ce qui se rencontrera. - Et je détruirai la muraille que vous avez enduite de boue sans mélange de paille ; je la réduirai au niveau du sol, et ses fondements seront mis à nu ; elle s'écroulera, et vous serez enveloppés dans sa ruine ; et vous saurez que c'est moi qui suis le Seigneur. - Mon indignation s'assouvira sur cette muraille, et sur ceux qui l'enduisent sans y mêler ce qui l'aurait affermie. Je vous dirai alors : La muraille n'est plus, et ceux qui l'avaient enduite ne sont plus ; - Ils ne sont plus, ces prophète d'Israël qui se mêlaient de prophétiser à Jérusalem et qui avaient pour elle des visions de paix ; et il n'y avait point de paix, dit le Seigneur Dieu. - Et toi, fils de l'homme, tourne-toi contre les filles de mon peuple, qui se mêlent de prophétiser de leur propre chef, et prophétise contre elles, - et dis : Voici ce que dit le Seigneur Dieu : Malheur à celles qui préparent des coussinets pour les mettre sous tous les coudes, et qui font des oreillers pour en appuyer la tête des personnes de tout âge, afin de surprendre les âmes ; et lorsqu'elles ont surpris les âmes de mon peuple, elles assurent de ces âmes qu'elles sont pleines de vie. - Elles m'ont déshonoré dans l'esprit de mon peuple pour un peu d'orge et pour un morceau de pain, en annonçant la mort aux âmes qui ne devaient point mourir, et la vie à celles qui ne devaient point vivre, et abusant par leurs mensonges de la crédulité de mon peuple. - C'est pourquoi voici ce que dit le Seigneur Dieu : Je détruirai ces coussinets au moyen desquels vous surprenez les âmes, comme des oiseaux qu'on prend dans leur vol ; je les enlèverai de dessous vos bras, et je délivrerai les âmes que vous avez prises, ces âmes faites pour être libres. - Et je renverserai à terre vos oreillers, et je p.35 fin p.36 début délivrerai mon peuple d'entre vos mains, et ils ne seront plus à l'avenir en vos mains comme une proie, et vous saurez que c'est moi qui suis le Seigneur. - Parce que vous avez attristé par vos mensonges le cœur du juste, que je n'avais point attristé moi-même et que vous avez fortifié le bras de l'impie pour l'empêcher de revenir de sa voie inique et de trouver la vie ; - c'est pourquoi vous ne raconterez plus vos visions vaines, et vous ne débiterez plus vos oracles trompeurs, parce que je délivrerai mon peuple d'entre vos mains, et vous saurez que c'est moi qui suis le Seigneur. "

7. JEREMIE, XIV, 13-17 : " Les prophètes leur disent

: Vous ne verrez point le glaive ; la guerre et la famine ne seront point parmi vous ; mais le Seigneur vous donnera en ce lieu une véritable paix. - Le Seigneur m'a répondu : Ces prophètes prophétisent faussement en mon nom ; je ne les ai point envoyés ; je ne leur ai rien ordonné de ce qu'ils disent, et je ne leur ai point parlé. Les prophéties qu'ils vous débitent ne sont que des visions de mensonges, des divinations pleines d'impostures, de vaines illusions de leur propre esprit. - C'est pourquoi voici ce que dit le Seigneur : Quant à ces prophètes qui prophétisent en mon nom, quoique je ne les aie point envoyés, et qui disent : Le glaive et la famine ne visiteront point cette terre ; par le glaive et par la famine ces prophètes eux-mêmes seront consumés. - Et les cadavres de ceux à qui ils prophétisent, consumés par la famine et par le glaive, seront jetés sur les places de Jérusalem sans qu'il y ait personne pour les ensevelir ; ils y seront jetés, eux et leurs femmes, leurs fils et leurs filles, et je ferai déborder sur eux les maux dont ils sont les auteurs. "

8. JEREMIE, XXIII, 13, 40 : " Je n'ai vu que folie parmi les prophètes de Samarie : ils prophétisaient au nom de Baal, et séduisaient mon peuple d'Israël - J'ai vu les prophètes de Jérusalem semblables à des adultères. Je les ai vus marcher dans la voie du mensonge ; ils ont affermi le bras des méchants pour que personne ne se convertisse du dérèglement de sa vie ; ils sont tous devenus pour moi comme Sodome, et le peuple de cette ville comme Gomorrhe. - C'est pourquoi, voici ce que dit aux prophètes le Seigneur des armées : Je les nourrirai d'absinthe, et je les abreuverai de fiel, parce que c'est des prophètes de Jérusalem que la corruption s'est répandue sur la terre. - Voici ce que dit le Seigneur des armées : N’écoutez pas les paroles de ces prophètes qui vous prophétisent et qui vous trompent ; ils p.36 fin p.37 début publient les visions de leur cœur et non ce qu'ils ont appris de la bouche de Jéhovah. - Ils disent à ceux qui me blasphèment : Le Seigneur l'a dit, vous aurez la paix ; et à tous ceux qui suivent la corruption de leur cœur : Il ne vous arrivera point de mal. - Mais qui d'entre eux a assisté au conseil de Dieu, et l'a vu, et a entendu ce qu'il a dit ? - Voici que le tourbillon de la colère du Seigneur va éclater, et la tempête, après avoir rompu la nue, va se décharger avec fracas sur la tête des méchants. - La fureur du Seigneur ne retournera point en arrière jusqu’à ce qu'elle ait réalisé et accompli les pensées de son cœur. Vous comprendrez plus tard quels auront été ses desseins sur vous. - Je n'envoyais point ces prophètes et ils couraient ; je ne leur parlais point, et ils prophétisaient. - S'ils eussent assisté à mon conseil, ils auraient fait entendre mes paroles à mon peuple, et ils l'auraient retiré de sa voie perverse et du dérèglement de ses pensées. - Ne suis-je Dieu que de près ? dit le Seigneur ; ne le suis-je pas aussi de loin ? N'est- ce pas moi qui remplis le ciel et la terre ? dit le Seigneur. - J’ai entendu ce qu'ont dit ces prophètes qui prophétisent le mensonge en mon nom, en disant : J'ai eu un songe, j'ai eu un songe. - Jusqu’à quand cette imagination sera-t-elle dans le cœur des prophètes qui prophétisent le mensonge, et donnent pour des vérités les séductions de leur cœur - qui veulent faire oublier mon nom à mon peuple par les songes qu'ils débitent à qui les consulte, comme leurs pères ont oublié mon nom pour celui de Baal. - Que le prophète qui a eu un songe raconte le songe qu'il a eu, et que celui qui a entendu ma parole annonce ma parole dans la vérité ; car, qu'y a-t-il de commun entre la paille et le blé ? dit le Seigneur. - Mes paroles ne sont-elles pas comme le feu, dit le Seigneur, et comme le marteau qui brise la pierre ? C'est pourquoi me voici, dit le Seigneur, tout prêt à éclater contre ces prophète qui dérobent mes paroles chacun à leurs frères ; - contre ces prophètes, dit le Seigneur, qui aiguisent leurs langues et qui disent : Voici ce que dit le Seigneur ; contre ces prophètes, dit le Seigneur, qui ont des visions de mensonge et les racontent à mon peuple, et le séduisent par leurs mensonges et leurs prestiges, quoique je ne les aie point envoyés et que je ne les aie chargés de rien. Aussi ces faux prophètes n'ont nullement servi à ce peuple, dit le Seigneur. - Si donc ce peuple, ou un prophète ou un prêtre t'interroge et te dit : Quel est le fardeau du Seigneur ? tu lui diras : C'est vous-même qui êtes ce fardeau ; aussi vous re- p.37 fin p.38 début jetterai-je, dit le Seigneur. - Chacun de vous dira désormais à son prochain et à son frère : Qu'a répondu le Seigneur ? Qu'est- ce que le Seigneur a dit ? - Et on ne parlera plus de fardeau du Seigneur ; car la parole de chacun sera son propre fardeau, parce que vous avez perverti les paroles du Dieu vivant, du Seigneur des armées, notre Dieu. - Tu diras aux prophètes : Que vous a répondu le Seigneur ? Qu'est-ce que le Seigneur a dit ? - Que si vous dites encore : La parole du Seigneur est pesante, je vous déclare, dit le Seigneur, que, parce que vous avez dit : La parole du Seigneur est pesante, quoique je vous eusse envoyé dire : Ne dites point que la parole du Seigneur soit pesante ; - je vous prendrai moi-même, et je vous emporterai comme un fardeau, et je vous abandonnerai, et je vous rejetterai loin de ma face, vous et la ville que j'ai donnée à vos pères et à vous. - Je vous couvrirai d'un opprobre éternel, et s'une ignominie dont la mémoire ne s'effacera jamais. "

9. JEREMIE, XXVII, 9-10, 14-15 : " Vous donc, n'écoutez pas vos prophètes ni vos devins, ni vos inventeurs de songes, ni vos augures, ni vos magiciens, qui vous disent : Vous ne serez point assujettis au roi de Babylone. - Car ils vous prophétisent le mensonge, pour vous envoyer bien loin de votre terre, pour vous perdre et vous faire périr. - N'écoutez point les paroles des prophètes qui vous disent : Vous ne serez point assujettis au roi de Babylone ; car ce qu'ils vous disent n'est que mensonge. - Je ne les ai point envoyés, dit le Seigneur, et ils prophétisent faussement en mon nom, pour vous chasser de votre terre et vous faire périr, vous et vos prophètes qui vous annoncent l'avenir. "

10. Id., XXVIII, 15-17 : " Et le prophète

Jérémie dit au prophète Hananias : Ecoute, Hananias, le Seigneur ne t'a point envoyé et tu as fait que ce peuple a mis sa confiance dans le mensonge. C'est pourquoi, voici ce que dit le Seigneur : Je t'exterminerai de dessus la terre, et tu mourras cette année même pour avoir parlé contre le Seigneur. - Et le prophète Hananias mourut cette année-là même, au septième mois. "

11. JEREMIE, XXIX, 8-10 : " Voici ce que dit le Seigneur des armées, le Dieu d'Israël : Ne vous laissez point séduire par vos prophètes, ni par vos devins qui sont au milieu de vous, et ne faites point attention aux songes que vous avez songés ; - parce qu'ils vous prophétisent faussement en mon nom ; ce n'est point moi qui les ai envoyé, dit le Seigneur. - Car voici ce que dit p.38 fin p.39 début le Seigneur : Lorsque les soixante-dix ans, que vous devez passer à Babylone seront accomplis, etc. "

12. Lamentations de Jérémie, II,

14, 18 : " Vos prophètes ont eu pour vous des visions fausses et extravagantes, et ils ne vous découvraient point votre iniquité pour vous exciter à la pénitence ; mais ils ont eu pour vous des rêveries pleines de mensonges, ils ont rêvé la fuite de vos ennemis. - Tous ceux qui passaient par le chemin ont frappé des mains en vous voyant. Ils ont sifflé, et secoué leurs têtes sur la fille de Jérusalem. "

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