Grand Catéchisme (Somme de doctrine chrétienne) (page 117)

Pierre Canisius · Doctrine

Texte français, domaine public · Source : jesusmarie.free.fr — Grand Catéchisme, trad. Peltier, tomes 1 à 6 · 205 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

13. MICHEE, III, 5-7, 11-12 : " Voici ce que dit le Seigneur contre les prophètes qui séduisent mon peuple, qui le déchirent à belles dents, et qui ne laissent pas de prêcher la paix ; et si quelqu'un ne satisfait pas à leur avidité, ils mettent leur piété à lui déclarer la guerre. - C'est pourquoi vous n'aurez pour vision que la nuit, et pour révélation que des ténèbres, le soleil sera sans lumière pour ces prophètes et le jour deviendra pour eux d'une profonde obscurité. - Ceux qui ont des visions seront confondus. - Leurs princes rendent des arrêts pour des présents ; les prêtres enseignent pour un vil salaire ; leurs prophètes prophétisent pour de l'argent ; et après cela ils se reposent sur le Seigneur, en disant : Le Seigneur n'est-il pas au milieu de nous ? Nous serons à couvert de tous maux. - C'est pour cela même que vous serez cause que Sion sera labourée comme un champ, que Jérusalem sera réduite en un monceau de pierres, et que la montagne où le temple est bâti deviendra une forêt. "

44. I Rois, XXII, 4-30, 34-38 : " Et le roi d'Israël dit à Josaphat : Viendrez-vous avec moi à la guerre que je vais porter a Ramoth en Galaad ? - Josaphat répondit au roi d'Israël : Vous et moi ne sommes qu'un ; mon peuple et votre peuple ne sont qu'un même peuple ; ma cavalerie et la vôtre sont une même cavalerie. Et il ajouta, en parlant au roi d'Israël : Consultez aujourd'hui, je vous prie, quelle est la volonté du Seigneur. - Le roi d'Israël assembla donc ses prophètes au nombre d'environ quatre cents, et leur dit : Dois- je aller combattre à Ramoth en Galaad, ou me tenir en paix ? Ils lui répondirent : Allez, et le Seigneur livrera la ville entre les mains du roi. Mais Josaphat dit : N'y a-t-il point ici quelque prophète du Seigneur, afin que par lui nous consultions le Seigneur ? - Le roi d'Israël répondit à Josaphat : Il y a encore un homme par qui nous pouvons consulter le Seigneur ; mais je hais cet homme-là, parce qu'il ne me p.39 fin p.40 début prophétise jamais rien de bon, et qu'il ne me prédit que du mal : c'est Michée fils de Jemla. Josaphat lui répondit : O roi ! ne parlez pas ainsi. - Le roi d'Israël appela donc un eunuque et lui dit : Faites venir tout de suite Michée, fils de Jemla. - Le roi d’Israël et Josaphat, roi des Juifs, étaient dans la cour, près de la porte de Samarie, assis chacun sur leurs trônes avec des habits d’une magnificence royale, et tous les prophètes prophétisaient devant eux. - Sédécias, fils de Chanaana, s'était fait faire des cornes de fer, et il dit : Voici ce que dit le Seigneur : Avec ces cornes vous frapperez la Syrie, jusqu’à ce que vous l'ayez toute détruite - Tous les prophètes prophétisaient de même et disaient : Allez contre Ramoth en Galaad, et marchez avec confiance, et le Seigneur la livrera entre les mains du roi. - Celui qu'on avait envoyé pour faire venir Michée lui dit : Voilà tous les prophètes qui, dans leurs réponses, prédisent un bon succès au roi ; que vos paroles soient donc semblables aux leurs, et dites-lui des choses heureuses. - Michée lui répondit : Vive le Seigneur, je ne dirai que ce que le Seigneur m'aura dit. - Michée se présenta donc devant le roi, et le roi lui dit : Michée, devons-nous porter la guerre à Ramoth en Galaad, ou demeurer en paix ? Michée lui répondit : Allez, marchez avec confiance, et le Seigneur livrera cette ville entre les mains du roi. - Le roi ajouta : Je vous conjure au nom du Seigneur de ne me parler que selon la vérité. -Michée lui dit : J'ai vu tout Israël dispersé dans les montagnes, comme des brebis qui n'ont point de pasteur. Et le Seigneur a dit : Ils n'ont point de chef ; que chacun retourne en paix dans sa maison. - Aussitôt le roi d’Israël dit à Josaphat : Ne vous avais- je pas bien dit que cet homme ne me prophétise jamais rien de bon, mais qu'il me prédit toujours du mal ? - Et Michée ajouta : Ecoutez la parole du Seigneur. J'ai vu le Seigneur assis sur son trône, et toute l'armée du ciel autour de lui, à droite et à gauche. - Et le Seigneur a dit : Qui séduira Achab, roi d'Israël, afin qu'il marche contre Ramoth en Galaad, et qu'il y périsse ? Et l'un dit une chose, et l'autre une autre. - Mais l'esprit s'avança, et se présenta devant le Seigneur, et dit : C'est moi qui séduirai Achab. Le Seigneur lui dit : Et comment ? - Il répondit : J'irai, et je serai un esprit menteur dans la bouche de tous ses prophètes. Le Seigneur lui dit : Tu le séduiras et tu en seras le maître ; va et fais comme tu le dis. - Maintenant donc le Seigneur a mis un esprit de mensonge en la bouche de tous vos prophètes qui sont ici, et le Seigneur a prononcé votre p.40 fin p.41 début arrêt. - En même temps, Sédécias de Chanaana, s'approcha de Michée, et lui donna un soufflet sur la joue, et lui dit : L'esprit du Seigneur m'a-t-il donc quitté et n'a-t-il parlé qu’à toi ? Michée lui dit : Tu le verras au jour où tu passeras de chambre en chambre pour te cacher. - Alors le roi d'Israël dit : Prenez Michée et qu'on le conduise chez Amon, gouverneur de la ville, et chez Joas, fils d’Amélech, - et dites-leur : Voici ce que dit le roi : Renfermez cet homme dans la prison, et qu'on le nourrisse du pain de la tribulation et de l'eau de l'angoisse jusqu’à ce que je revienne en paix. - Miché lui dit : Si vous revenez en paix, le Seigneur n'a point parlé par moi. Et il ajouta : Peuples, tous tant que vous êtes, soyez-en témoins. - Le roi d'Israël et Josaphat, roi de Juda, se mirent donc en marche sur Ramoth en Galaad. - Cependant le roi d'Israël dit à Josaphat : Prenez vos armes, et combattez avec vos habits ordinaires. Mais lui-même changea ses vêtement avant de donner la bataille. . . - Il arriva cependant qu'un homme ayant tendu son arc, tira une flèche au hasard, et elle vint percer le roi d'Israël entre le poumon et l'estomac. Il dit aussitôt à son cocher : Tourne bride, et retire-moi du milieu de l'armée, parce que je suis grièvement blessé.

- Le combat dura tout le jour, et le roi d'Israël demeura dans son char en face des Syriens. Le sang coulait de sa plaie sur tout son char, et il mourut vers le soir. - Et avant que le soleil fût couché, un héraut sonna de la trompette dans toute l'armée et dit : Que chacun s'en retourne dans sa ville et dans son pays. - Et le roi mourut, et il fut porté à Samarie, où il fut enseveli.

- On lava son char et les rênes de ses chevaux dans la piscine de Samarie ; et les chiens léchèrent son sang, selon la parole que le Seigneur avait prononcée. "

16. Id., IX, 15-17 : " Le vieillard, l'homme en dignité sont les premiers que Dieu menace, les prophètes menteurs sont les derniers. - Alors ceux qui appellent ce peuple heureux seront reconnus pour des séducteurs et le peuple qu'ils appelaient heureux tombera dans le précipice. - C'est pour cela que, etc. "

17. Id., XXX. 9-14 : " Ce peuple provoque sans cesse ma colère ce sont des enfants menteurs, des enfants qui ne veulent point écouter la loi de Dieu. - Ils disent à ceux qui voient : Ne voyez point, et à ceux qui prophétisent : Ne prophétise point pour nous ce qui est droit et juste ; dites-nous des choses qui p.41 fin p.42 début nous séduisent ; prophétisez-nous des choses qui nous amusent. Eloignez-nous de la voie, détournez-nous du sentier, faites disparaître de devant nous le Saint d'Israël - C'est pourquoi voici ce que dit le Saint d'Israël : Parce que vous avez rejeté la parole du Seigneur, et que vous avez mis votre confiance et votre appui dans le désordre et la violence, - cette iniquité retombera sur vous comme une haute muraille qui s'entrouvre et tombe tout-à- coup, - et qui se brise comme un vase de terre qu'on casse avec effort en mille morceaux, sans qu'il en reste seulement un têt pour y mettre un charbon de feu, ou pour puiser un peu d'eau dans un fosse. "

18. Romains, XVI, 17-18 : " Je vous prie, mes frères de prendre garde à ceux qui causent parmi vous des divisions et des scandales en s'éloignant de la doctrine que vous avez apprise : ayez soin d’éviter leur compagnie. - Car de tels hommes ne servent point Jésus-Christ Notre- Seigneur, mais leurs appétits grossiers ; et par des paroles douces et flatteuses ils séduisent les âmes simples. "

19. II PIERRE, II, 1-3, 12, 14, 17, 18, 19 : "

Or, comme il y a eu de faux prophètes parmi le peuple, il y aura aussi parmi vous de faux docteurs qui introduiront de pernicieuses hérésies et qui renonçant au Seigneur qui les a rachetés, attireront sur eux-mêmes une prompte ruine. - Leurs débauches et leurs impuretés seront imitées par plusieurs, qui seront cause que la voie de la voie sera blasphémée parmi les peuples. - En vous séduisant par des paroles artificieuses, ils trafiqueront de vos âmes pour satisfaire leur cupidité ; mais le jugement qui les menace depuis longtemps approche à grands pas, et la main qui doit les perdre n'est pas endormie. . . . . - Mais ceux- ci, comme des animaux sans raison, etc. - Ils attirent eux par des amorces trompeuses les âmes légères et inconstantes, etc. - Ce sont des fontaines sans eau, des nuées agitées par des tourbillons de vent ; de noires et profondes ténèbres leur sont réservées. - Car, tenant des discours d'insolence et de folie, ils amorcent par les passions de la chair et par les voluptés sensuelles ceux qui naguère s'étaient séparés des hommes infectés d'erreur. - Ils leur promettent la liberté, tandis qu'ils sont eux-mêmes esclaves de la corruption, puisque quiconque est vaincu devient esclave de son vainqueur. "

22. Proverbes, I, 10-14 : " Mon fils, si les pécheurs cherchent à te séduire, fuis leurs caresses. - S'ils disent : Viens avec nous, dressons des embûches pour répandre le sang ; tendons en secret des pièges à l'innocent, encore qu'il ne nous ait fait aucun mal ; - engloutissons-le tout vivant, comme ferait l'enfer, et tout entier, comme on enfouit celui qui descend dans la fosse ; - nous trouverons dans sa perte toutes sortes de biens et de richesses, nous remplirons nos maisons de ses dépouilles. - Entre en société avec nous ; n'ayons tous qu'une même bourse. "

23. Ibid., XVI, 29-30 : " L'homme injuste attire son ami par ses flatteries, et le conduit par une voie qui n'est pas bonne. - Le voilà fermant à moitié les yeux pour méditer des bouleversements, et se mordant les lèvres pour consommer l'iniquité. "

24. Proverbes, XVII, 15 : " Celui qui justifie le méchant et celui qui condamne le juste, sont tous deux abominables devant Dieu. "

25. Ibid., XXIX, 5-6 : " L'homme qui tient à son ami un langage flatteur, tend un filet à ses pieds ; - le filet enveloppera le méchant qui pèche et le juste louera Dieu et se réjouira. "

26. Ecclésiaste, VII, 6 : " Il vaut mieux être repris par un homme sage, que d'être séduit par les flatteries des insensés. "

27. JEREMIE, XI, 3-9 ; " Ils ont préparé leur langue comme un arc de mensonge, et non de vérité, ils se sont fortifiés sur la terre, parce qu'ils ne font que passer d'un crime à un autre, et qu'ils ne me connaissent pas, dit le Seigneur. - Que chacun se garde de son prochain, et que nul ne se fie son frère, parce que le frère ne pense qu’à perdre son frère et que l'ami use de tromperie contre son ami. - Chacun se rit de son prochain, et ils ne disent point entre eux la vérité, car ils ont instruit leurs langues à débiter le mensonge, et ils se sont étudiés à commettre l'injustice. - Votre demeure est au milieu d'un peuple tout rempli de fourberie ; ce sont des trompeurs, et ils ont refusé de me connaître dit le Seigneur. - Voici donc ce que dit le Seigneur des armées : Je vais les faire passer par le feu, et les éprouver. Car puis- je faire autre chose à l'égard de la fille de mon peuple ? - Leur langue est comme une flèche qui perce ; elle n'articule des mots que pour tromper ; ils ont la paix sur les lèvres en parlant à leurs amis, et en secret ils leur tendent des p.43 fin p.44 début pièges. - Ne punirai-je point ces excès, dit le Seigneur, et ne me vengerai- je point d'une nation si criminelle ? "

TEMOIGNAGES DE LA TRADITION.

1. S. CHRYSOSTOME, Homélie II sur David et Saül

(Cf. Opera S. Joann. Chrysost., tome IV, pag. 759-760, édit. du Montfaucon ; pag. 879, édit. de Gaume ; Homélies, etc., de saint Jean Chrysostôme, trad. par l'abbé Auger, tome III, pag. 213-214) : " Ce n'est pas seulement la pratique de la vertu, mais ce sont aussi les éloges et les hommages déférés à la vertu qui méritent récompense, comme ce n'est pas seulement le parti qu'on prendrait d'embrasser le vice, mais encore les louanges qu'on donnerait aux gens vicieux qui feraient encourir une punition sévère, et je dirai même, quelque singulier que cela puisse paraître, plus sévère que si l'on vivait soi-même dans le désordre. C'est une vérité qui nous est confirmée par saint Paul. Cet apôtre, après avoir énuméré tous les genres de malice, et s'être élevé avec force contre les hommes qui foulent aux pieds les lois divines, ajoute en parlant de leurs approbateurs (Rom., I,

32 ; II, 1) : Quoiqu'ils sachent fort bien que, d'après les règle de la justice de Dieu, ceux qui font ces actions sont dignes de mort (C’est le sens du texte grec), non-seulement ils se portent à faire ces même actions, mais encore ils applaudissent à ceux qui les commettent. C'est pour cela, ô homme, que vous êtes sans excuse. Vous voyez que saint Paul parle de manière à faire entendre que le désordre où l'on tombe en approuvant le mal est plus grave que ne l'est ce mal lui-même. Oui, approuver le crime est plus punissable que de le commettre ; et cela est d'autant plus vrai, que cette approbation donnée au crime est la marque d'une âme perverse et incorrigible. Celui qui fait le mal, mais le condamne en même temps, peut changer un jour et se corriger ; au lieu que celui qui approuve le vice se prive lui-même du remède qu'offre le repentir. Je conclus que c'est avec beaucoup de raison que saint Paul déclare qu'approuver le mal est quelque chose de pire que de le commettre. Comme donc celui qui loue les méchants mérite une punition égale ou même plus rigoureuse, ainsi celui qui admire les bons participe aux couronnes qui leur sont réservées. C'est ce qu'on peut voir encore dans les saintes Ecritures. Dieu, parlant à Abraham, lui dit : Je bénirai ceux qui vous béniront, et je maudirai ceux qui vous maudiront (Gen., XII, 3). " p.44 fin p.45 début

2. S. CYPRIEN, Serm. de lapsis : " Puisqu'il est écrit : O mon peuple, ceux qui t'appellent heureux te trompent ; ils dérobent à tes yeux le sentier où tu dois marcher ; caresser et endormir le pécheur par de trompeuses complaisances, c'est fomenter sa malice, et nourrir son mal au lieu de le guérir, tandis qu'en reprenant et en instruisant son frère par des conseils généreux, on le relève et on le conduit au salut. Je reprends et je châtie ceux que j’aime, dit le Seigneur. Ainsi le prêtre du Seigneur ne doit point tromper le pécheur par des ménagements perfides, mais il doit recourir pour le guérir aux remèdes qui sauvent. C'est un médecin malhabile, que celui qui se borne à palper d'une main légère des plaies envenimées et qui, au lieu d'extirper l'humeur maligne infiltrée dans les entrailles du malade, en accroît l'intensité par de vains palliatifs. Imprudent ! ouvrez la plaie, enfoncez le fer, et guérissez le mal par un remède énergique en retranchant les parties viciées. Le malade frémit et se débat sous la douleur ; qu'importe ? Dans quelques jours, lorsque la santé lui sera rendue, aux plaintes succèderont les actions de grâces. "

LXI : " Ils bénissaient de bouche, et maudissaient de cœur.

Beaucoup en effet s'attachent à faire l'apologie du mal, appellent facétieux le bouffon, de bonne compagnie celui qui tient des discours orduriers, veulent qu'on n'ait que de l'estime pour l'homme emporté et colère, vantent l'esprit d'économie de l'homme parcimonieux et avare, la libéralité au contraire de l'homme prodigue, les mœurs faciles de l'impudique et de l'adultère : en un mot, ils pallient tous les vices sous le couvert des vertus qui les avoisinent. Les gens de ce caractère bénissent de bouche, et maudissent de cœur. Car leurs paroles laudatives sont au fond la condamnation de ceux qu'ils louent, et l'approbation qu'ils leur donnent ne fait autre chose que sceller leur condamnation aux supplices étemels. "

4. S. AUGUSTIN, in Ps. LXXXIV, Enarrat. I : " Dans tout ce que vous louez, vous ne louez les choses que parce qu'elles sont bonnes. Il faudrait avoir perdu l'esprit pour louer ce qui n'est pas bon. Si vous vouliez louer un homme injuste de son injustice même, ne seriez-vous pas injuste ? Si vous vouliez louer un voleur en cela même qu'il est voleur, ne seriez-vous pas par cela seul coupable du même vice ? Si au contraire vous louez un juste parce qu'il est juste, en louant sa justice n'avez-vous pas vous-même part à sa justice ? Vous ne loueriez pas un juste, si vous ne sentiez que vous l'aimez ; vous ne l'aimeriez p.45 fin p.46 début pas, s'il ne se trouvait déjà en vous quelque sentiment de justice (Cf. Sermons de saint Augustin, etc., t. VII, pag. 68). "

5. S. JEROME, Lib. I adversùs Pelagianos

: " Si un serviteur de Dieu doit ne laisser sortir de sa bouche aucune parole amère et n'avoir rien que de doux et d'attrayant dans son langage, ou les prêtres et les docteurs ne sont pas des serviteurs de Dieu, eux qui doivent reprendre hardiment les pécheurs, et adresser leurs réprimandes indistinctement à tous, sans flatter personne, ou, s'ils sont non-seulement dos serviteurs de Dieu, mais même au premier rang de ses serviteurs, c'est sans raison que vous avez donné aux serviteurs de Dieu pour partage les paroles doucereuses et miellées ; tandis que c'est au contraire le propre des hérétiques et de ceux qui s’étudient à séduire leurs auditeurs, selon ce que dit saint Paul : Ces hommes ne servent point Jésus-Christ Notre-Seigneur, mais leur ventre, et par des paroles flatteuses ils séduisent les âmes simples. L'adulation est toujours insidieuse, adroite, caressante. Et c'est avec esprit que les philosophes ont défini le flatteur un ennemi qui cherche à enjôler. La vérité au contraire est amère, a l'air triste, porte un front ridé et déplaît à ceux qu'elle reprend. C'est ce qui a fait dire à l’Apôtre : Vous suis-je devenu odieux, pour vous avoir dit la vérité ? Le Poète comique a dit de son côté : La complaisance nous fait des amis, et la franchise nous fait des ennemis. C'est pourquoi Dieu ordonnait de manger l'agneau pascal avec des laitues amères, et le vase d'élection nous exhorte à célébrer la pâque dans la vérité et la sincérité. Que la vérité et la sincérité soient en nous, et l'amertume ne tardera pas à se faire sentir. "

6. Le même, Lib. II adversùs Jovinianum, c. 19 (al. 6) : " Il nous reste maintenant à aborder notre Epicure, qui s'embrase du feu de la volupté dans ses jardins, parmi des jeunes gens et des femmelettes. - Des hommes bien repus, bien propres et bien blancs se déclarent pour toi. Ajoute, si tu veux, une raillerie socratique ; tous les porcs, tous les chiens en font autant ; et, comme tu aimes la viande, ajoute aussi les vautours, les aigles, les éperviers et les hiboux. La multitude qui environne Aristippe ne nous effacera jamais. Tous ceux que je verrai beaux, que je verrai frisés et bouclés, leurs cheveux artistement rangés, leurs lèvres colorées, tous ceux-là sont de ton troupeau, ils grognent parmi les tiens. Ceux de notre bande sont tristes, pâles, p.46 fin p.47 début incultes, comme étrangers dans ce siècle et, bien qu'ils se taisent de bouche, ils disent néanmoins d'allure et de geste (Ps. CXIX, 5) : Infortuné que je suis ! mon exil n'a point de terme. Je suis relégué parmi les tentes de Cédar, c'est-à-dire dans les ténèbres de ce monde (C’est le sens étymologique du mot hébreu) ;

car la lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont point comprise (JEAN, I, 5). Ne te glorifie pas de ce que tu as de nombreux disciples ; le Fils de Dieu enseigna dans la Judée et il n'était suivi que de douze apôtres. J’ai foulé seul le pressoir, dit-il (Is., LXIII, 3), et aucun d'entre les peuples n'est venu se joindre à moi. Il resta seul dans sa passion, et la constance de Pierre à le suivre se laissa effrayer, tandis que le peuple entier applaudissait la doctrine des pharisiens, et disait : Crucifiez, crucifiez cet homme : nous n'avons d'autre roi que César (JEAN, XIX, 15), c’est-à-dire, nous suivons les vices, et non les vertus ; Epicure, et non pas le Christ ; Jovinien, et non l'apôtre Paul. Si plusieurs acquiescent à ton sentiment, ce n'est en eux qu'un indice de volupté car ils approuvent ton langage bien moins encore qu'ils ne plaident en cela la cause de leurs vices. Dans les places publiques, chaque jour un devin mensonger frappe au nez les sots (qui s'arrêtent le regarder), et en tordant son bâton, leur en fracasse les dents, après le leur avoir présenté à mordre ; et malgré cela, il ne manque pas de gens qu'il réussit à amorcer. Et toi, tu te targues d'une grande sagesse, parce que tu vois courir après toi de nombreux pourceaux, que tu nourris pour qu'ils servent de pâture à l'enfer ? Après ta prédication et ces bains ou se lavent également les hommes et les femmes, toute cette ardeur de volupté, qui auparavant couvrait d'un voile de pudeur ses turpitudes, se trouve à nu et exposé à la vue ; ce qui se passait auparavant dans le secret, parait maintenant en public. Tu as mis en évidence de tels disciples, tu ne les as pas faits. Ce qu'a produit ta doctrine, c'est que les péchés ne sont pas même suivis de repentir. Tes vierges, à qui, en travestissant les paroles de l’Apôtre, tu as enseigné ce que jamais personne n'avait lu ni entendu, qu'il vaut mieux se marier que de brûler, ont changé en maris ostensibles des époux secrètement adultères. Non, l’Apôtre, ce vase d’élection, n'a point donné ce conseil. Mais c'est le conseil dont parle Virgile (Enéid., IV, 172. Sa faute dans son cœur prend le nom d'hyménée) :

Conjugium vocat, hoc præetexit nomine culpam. "

" Il y a environ quatre cents ans que la prédication du Christ p.47 fin p.48 début promène son flambeau dans le monde. Depuis lors, d'innombrables hérésies ont déchiré sa tunique.

Presque toute erreur était venue de la nation chaldéenne, de la syriaque et de la grecque. Après tant d'années, Basilides, maître en fait de luxure et d'impudiques embrassements, se retrouve transformé en un Jovinien, Euphorbe d'un nouveau genre, afin que le peuple latin ait aussi son hérésie. N'y a-t-il eu dans tout l'univers aucune autre province qui ait reçu la prédication de la volupté et dans laquelle se soit glissé le serpent tortueux ; n'y en a-t-il eu aucune autre que celle qui, par les enseignements de Pierre, avait été fondée sur le Christ, cette pierre principale ? L'étendard de la croix et l'austérité de la prédication avaient détruit les temples des idoles ; mais la luxure, mais les passions des basses régions du corps de l'homme s'efforcent au contraire de renverser la puissance de la croix. Voilà pourquoi le Seigneur dit par Isaïe (III, 12) : Mon peuple, ceux qui vous béatifient vous séduisent et troublent les sentiers de vos pieds ; puis encore par Jérémie (LI, 6) : Fuyez du milieu de Babylone, et sauvez chacun votre âme, et (VI, 14) gardez-vous de croire aux faux prophètes qui disent : La paix, la paix, et il n'est pas de paix ; qui (VII, 4) ne cessent de crier : Temple du Seigneur, temple du Seigneur. Les visions de tes prophètes (Lament., II, 14) ne sont que mensonge et folie ; ils n'ont point dévoilé ton iniquité pour te rappeler à la pénitence ; eux (Ps. XIII, 4-5) qui dévorent le peuple de Dieu comme on dévore un aliment, ils n'ont point invoqué l'Eternel. Jérémie, qui annonce la captivité est lapidé par le peuple ; Ananias, fils d'Azur brisait pour le moment présent des colliers de bois, et en préparait de fer pour l'avenir. Toujours les faux prophètes promettent de douces choses, et plaisent un moment. La vérité est amère, et ceux qui la prêchent sont remplis d'âpreté : car c'est dans les azymes de vérité et de sincérité que se célèbre la pâque du Seigneur, et dans les amertumes qu'elle se mange. Une parole excellente, assurément, et bien digne d'être entendue de l'épouse du Christ, parmi les vierges, les veuves et les célibataires (nom qui leur vient de ce qu'ils sont dignes du ciel), c'est la sentence suivante : " Jeûnez rarement, mariez-vous souvent " ; car vous ne pouvez bien remplir l'œuvre du mariage, si vous ne prenez du vin, et des viandes, et des noyaux. Il faut des forces pour la volupté. La chair consumée par la diète maigrit bien vite. Gardez-vous de craindre la fornication. Celui qui une fois a été baptisé dans le Christ ne peut tomber ; car, pour satisfaire les passions, il a la ressource du mariage. Que si vous p.48 fin p.49 début tombez, la pénitence vous réintégrera, après avoir été hypocrites dans le baptême, vous serez d'une solide foi dans la pénitence. Ne vous troublez pas, en vous imaginant qu'entre le juste et le pénitent il y ait quelque différence, et que le pardon ménage, il est vrai, une petite place dans la maison de Dieu, mais qu'il ôte la couronne. Il n'y a qu'une même rétribution pour tous. Celui qui sera à la droite, entrera dans le royaume des cieux. "

" C'est par de tels conseils que vos porchers sont plus riches que nos pasteurs, et que les boucs entraînent avec eux nombre de chèvres. Ils sont devenus comme des chevaux qui hennissent après leurs cavales (JEREM., V, 8) ; sitôt qu'ils ont vu des femmes, une ardeur furieuse les dévore et l'impatience de leur passion, (ô horreur !) ils cherchent à la justifier par des exemples pris dans l'Ecriture. Mais les femmelettes mêmes, ces piteuses créatures tout indignes qu'elles sont de pitié, chantent par manière de refrain ces paroles de leur précepteur : " Eh ! qu'est-ce que Dieu demande, si ce n'est la multiplication du genre humain ? " Et elles ont perdu non-seulement la pudicité mais encore la honte, en plaidant pour la volupté avec encore plus de lubricité qu'elles ne l'exercent. Tu as de plus dans ton armée plus d'un lieutenant ; tu as des gardes et des vélites gras et dodus, proprets, sémillants, tapageurs, qui te défendent avec les poings et les pieds. Les nobles te cèdent le haut des rues, les riches te baisent le front ; car, si tu n'étais venu, les riches ne pourraient entrer dans le paradis. Grandis donc en vertu, ou plutôt en vices. Tu as même dans tes camps des amazones à la mamelle découverte, au bras et aux genoux dénudés, et qui provoquent au combat des voluptés les hommes qui vont à leur rencontre. Puis, comme tu es un riche père de famille, tu nourris dans tes volières, non pas des tourterelles, mais des huppes, qui volent par tous les égouts des fétides voluptés. Harcèle-moi, renverse -moi, reproche-moi quels crimes tu voudras, accuse-moi de vivre dans la luxure et les délices, tu ne m'en aimeras que davantage, si tel je suis, car je serai de ton bétail. "

" Mais je te parlerai, à toi qui, en confessant le Christ, as détruit le blasphème écrit sur ton front, Cité puissante, Cité maîtresse du monde, Cité louée par la voix de l’Apôtre (Rom., I, 8), interprète ton nom. Rome est un nom de force chez les Grecs, un nom de sublimité chez les Hébreux. conserve ton nom : que ta force te rende sublime, et que la volupté ne vienne pas t’abaisser. La malédiction dont le Sauveur te menace dans l'Apo- p.49 fin p.50 début calypse, tu peux t'y dérober par la pénitence ; car tu as l'exemple des Ninivites. Prends garde au nom de Jovinien, nom dérivé des idoles. Le Capitole n'a plus son autel ; les cérémonies et les temples de Jupiter sont tombés. Pourquoi son nom et ses vices seraient-ils en honneur chez toi ? Encore sous les rois et sous Numa Pompilius, tes ancêtres adoptèrent avec moins de peine la continence de Pythagore, que sous les consuls la luxure d'Epicure. "

Question VIII

Quand est-ce que, par réticence de notre part, nous devenons cause du péché d’autrui ?

C'est lorsqu'en gardant le silence mal à propos, nous causons un dommage, soit à quelqu'un de nos subordonnés soit à tout autre de nos semblables. Par exemple, c'est ce qui arrive, si, chargé d'enseigner, d'avertir ou de reprendre un individu ou une communauté nous cessons sans un juste sujet de remplir cette fonction dans un moment où par-là nous nous serions rendus utiles. C'est pourquoi le Seigneur dans Isaïe adresse cet avis à tout prédicateur de l’Evangile : Criez sans cesse, faites retentir votre voix comme une trompette ; annoncez à mon peuple les crimes qu'il a commis, et à la maison de Jacob ses prévarications.

Apprenons d'un autre côté le péril que courent ceux qui, n'ayant pas la force d'aboyer, sont appelés non sans raison des chiens muets : Si, lorsque je dirai a l’impie : Vous serez puni de mort, vous ne lui annoncez pas ce que je vous dis, et si vous ne lui parlez pas afin qu’il se détourne de la voie de son impiété et qu'il vive, l’impie mourra dans son iniquité, mais je vous redemanderai son sang. Tant il est nécessaire d'observer ce que saint Paul recommande avec de si fortes instances : Annoncez la parole aux hommes ; pressez-les à temps, à contretemps ; reprenez, suppliez, menacez, sans vous lasser jamais de les supporter et de les instruire ; comme ce qu'il dit ailleurs : Reprenez devant tout le monde ceux qui se rendent coupables de quelque crime, afin que les autres aient de la crainte. p.50 fin p.51 début TEMOIGNAGES DE L’ECRITURE.

2. JEREMIE, XXIII, 21-22 : " Je n'envoyais pas ces prophètes et ils couraient ; je ne leur parlais point et ils prophétisaient - s'ils eussent assisté à mon conseil, ils auraient fait entendre mes paroles à mon peuple, et l'auraient détourné de ses voies perverses et de l'iniquité de ses pensées. "

3. Id., XXVI, 1-3 : " Au commencement du règne de Joachim, fils de Josias, roi de Juda, le Seigneur me dit ces paroles. - Voici ce que dit le Seigneur : Tiens-toi sur le seuil de la maison du Seigneur, et tu feras entendre à tous les habitants des villes de Juda, qui viennent adorer dans la maison du Seigneur, tout ce que je t'ai ordonné de leur dire. N'en retranche pas une parole. - Peut-être écouteront-ils et reviendront-ils de leur mauvaise voie ; et je me repentirai du mal que j'ai résolu de leur faire à cause de la malice de leur cœur. "

4. Id., L, 1-2 : " Paroles du Seigneur contre Babylone, et contre le pays des Chaldéens par la bouche de Jérémie prophète. - Annoncez ceci parmi les nations, et faites-le entendre ; levez l'étendard, publiez, ne cachez rien, dites : Babylone est prise, Bel est confondu, Mérodach est vaincu ; leurs statues sont brisées et leurs idoles sont renversées. "

5. JONAS, I, 1-4 : " Le Seigneur adressa sa parole à

Jonas, fils d’Amathi, et lui dit : - Lève-toi, et va dans Ninive la grande ville ; là, élève la voix, parce que sa malice est montée jusqu'à moi. - Et Jonas se leva pour fuir à Tharsis, de devant la face du Seigneur. Il descendit à Joppé, et ayant trouvé un vaisseau qui faisait voile pour Tharsis, il y entra avec les autres, et paya son passage pour aller à Tharsis et fuir de devant la face du Seigneur. - Mais le Seigneur envoya sur la mer un vent furieux, etc. " p.51 fin p.52 début

6. I Corinthiens, IX, 16-17 : " Car si je prêche l’Evangile, ce n'est point pour moi un sujet de gloire, puisque je suis obligé nécessairement à ce ministère ; et malheur à moi, si je ne prêche pas l’Evangile ! Si je le prêche de bon cœur, j'en aurai la récompense ; mais si je ne le fais qu’à regret, je m'acquitte seulement de l'emploi qui m'a été confié. "

7. ISAIE, LVI, 10 : " Les gardiens d'Israël sont aveugles et sans intelligence ; ce sont des chiens muets qui ne sauraient aboyer, qui ne voient que de vains fantômes qui dorment et qui se plaisent dans leurs songes. "

8. EZECHIEL, III, 17-21 : " Fils de l'homme, je t'ai établi sentinelle dans la maison d'Israël, tu écouteras la parole de ma bouche, et tu leur annonceras ce que tu auras appris de moi. - Si, quand je dis à l'impie : Tu mourras, tu négliges de le lui annoncer, et que tu ne lui parles pas, pour qu'il se détourne de sa voie impie, et qu'il vive, l'impie mourra dans son iniquité mais je te redemanderai son sang. - Si au contraire tu annonces à l'impie la vérité, et qu'il ne se convertisse pas de son impiété, et ne quitte pas sa voie criminelle, il mourra dans son iniquité mais toi, tu auras délivré ton âme. - Que si le juste abandonne sa justice, et commet l'iniquité, je mettrai devant lui une pierre d'achoppement ; il mourra, parce que tu ne l'auras pas averti, il mourra dans son péché et le souvenir de toutes les actions de justice qu'il avait faites sera effacé ; mais je te redemanderai son sang. - Que si au contraire tu avertis le juste de ne pas pécher et qu'il ne pèche pas, il vivra certainement parce que tu l'auras averti, et tu auras délivré ton âme. "

9. Id., XXXIII, 1-9 : " Le Seigneur me dit encore ces paroles : - Fils de l'homme, parle aux enfants de ton peuple, et dis-leur : lorsque j'aurai amené le glaive sur une terre, et que le peuple de cette terre prenant l'un des derniers des siens l'aura établi pour lui servir de sentinelle, , - et que cet homme ensuite, voyant le glaive s'avancer sur cette terre, aura sonné de la trompette et averti le peuple ; - si celui qui a entendu le son de la trompette ne se tient pas sur ses gardes, et que l'épée survenant l'emporte et le tue, quel que puisse être cet homme, son sang retombera sur sa propre tête : - car il a entendu le son de la trompette, et il ne s'est pas tenu sur ses gardes ; il sera responsable de son sang versé ; mais s'il se tient sur ses gardes, il sauvera sa propre vie. - Si au contraire la sentinelle, voyant le glaive s'avancer, ne sonne point de la trom- p.52 fin p.53 début pette, et que le peuple ne se tenant point sur ses gardes, le glaive survienne et leur ôte la vie, ils seront surpris dans leur iniquité ; mais je redemanderai leur sang à la sentinelle infidèle. Maintenant, fils de l'homme, tu es celui que j'ai établi pour servir de sentinelle à la maison d'Israël ; tu écouteras donc les paroles de ma bouche, et tu leur annonceras ce que je t’aurai dit. - Si, lorsque je dirai à l'impie : Impie, tu mourras très certainement, tu ne parles pas à l'impie pour qu'il se retire de sa mauvaise voie, s'il meurt ensuite dans son iniquité, je te redemanderai son sang à toi-même - Mais si tu avertis l'impie de se convertir, et de quitter s avoie, et que néanmoins il ne se convertisse point, ni ne quitte sa voie, il mourra dans son iniquité et tu auras délivré ton âme. "

10. Actes, XX, 17-21, 26-27 : " Etant à

Milet, Paul envoya à Ephèse pour faire venir les prêtres de cette Eglise ; - Et quand ils se furent rendus et assemblés auprès de lui, il leur dit : Vous savez de quelle manière je me suis conduit pendant tout le temps que j'ai été avec vous, depuis le premier jour où je suis entré en Asie ; - servant le Seigneur en toute humilité et avec larmes, parmi les traverses qui m'ont été suscité par les Juifs. - Et je ne vous ai rien caché de tout ce qui pouvait vous être utile, rien ne m'ayant empêché de vous l'annoncer, et de vous en instruire et en public et en particulier, - prêchant aux juifs aussi bien qu'aux gentils de revenir à Dieu par la pénitence et de croire en Notre-Seigneur Jésus-Christ - Je vous déclare donc aujourd'hui que je suis innocent du sang de vous tous. - Car je n'ai point hésité à vous annoncer toutes les volontés de Dieu. "

12. Esther, IV, 13-14 : " Mardochée envoya dire à Esther : Ne croyez pas que, parce que vous êtes dans la maison du roi, vous puissiez seule sauver votre vie, si tous les juifs viennent à périr : - car si vous demeurez maintenant dans le silence, Dieu trouvera quelque autre moyen pour délivrer son peuple, et vous périrez, vous et la maison de votre père. Et qui sait si ce n'est point pour cela même que vous avez été élevé à la dignité royale, afin d'être en état d'agir dans une occasion comme celle-ci ? "

14. Tite, I, 7, 9, 12, 13 : " Il faut que l'évêque etc. - p.53 fin p.54 début Qu'il soit fortement attaché aux vérités de la foi, telles qu'on les lui a enseignées, afin qu'il soit capable d'exhorter selon la saine doctrine, et de convaincre ceux qui s'y opposent, etc. Un de leurs compatriotes, dont ils se font un prophète a dit d'eux : les Crétois sont toujours menteurs : ce sont de méchantes bêtes qui n'aiment qu’à manger et à ne rien faire. - Ce témoignage qu'il rend d'eux est véritable. C'est pourquoi reprenez-les fortement, afin qu'ils conservent la pureté de la foi. "

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