Grand Catéchisme (Somme de doctrine chrétienne) (page 122)

Pierre Canisius · Doctrine

Texte français, domaine public · Source : jesusmarie.free.fr — Grand Catéchisme, trad. Peltier, tomes 1 à 6 · 205 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

2. II PIERRE, II, 18-19 : " Car tenant des discours pleins d'insolence et de folie, ils amorcent par les passions de la chair et les voluptés sensuelles ceux qui peu de temps auparavant s'étaient séparés des personnes attachées à l'erreur, - leur promettant la liberté, tandis qu'ils sont eux-mêmes esclaves de la corruption. "

3. Ecclésiaste, VIII, 14 : " Il y a des impies qui vivent dans la sécurité, comme s'ils avaient fait des œuvres de justice. " p.132 fin p.133 début

4. LUC, III, 8-9 : " Faites donc de dignes fruits de pénitence et n'allez pas dire : Nous avons Abraham pour père ; car je vous déclare que Dieu peut faire naître de ces pierres mêmes des enfants Abraham. - La coignée est déjà à la racine des arbres ; tout arbre donc qui ne porte pas de bons fruits sera coupé et jeté au feu. "

6. MATTHIEU, III, 8-10 : " Faites donc de dignes fruits de pénitence, etc. - Tout arbre qui ne produit pas de bons fruits sera coupé et jeté au feu. "

7. Actes, XXVI, 20 : " Mais j'annonçai d'abord à ceux de Damas et de Jérusalem et dans toute la Judée et ensuite aux gentils, qu'ils fissent pénitence et se convertissent en faisant de dignes œuvre de pénitence. "

8. Ecclésiastique, II, 22 : " Si nous ne faisons pénitence, nous tomberons dans les mains du Seigneur : chose tout autrement à craindre pour nous que de tomber dans les mains des hommes. "

9. Romains, II, 4-6 : " Est-ce que vous méprisez les richesses de sa bonté, de sa patience et de sa longue tolérance ? Ignorez-vous que la bonté de Dieu vous invite à la pénitence ? - Et cependant, par votre dureté et par l'impénitence de votre cœur, vous vous amassez un trésor de colère pour le jour de la colère et de la manifestation du juste jugement de Dieu, - qui rendra à chacun selon ses œuvres. "

10. Ecclésiaste, VIII, 11-13 : " Parce que la sentence de condamnation n'est pas immédiatement portée contre ceux qui font le mal, les enfants des hommes commettent le crime sans aucune crainte. - Mais cette patience même avec laquelle le pécheur est souffert après avoir cent fois prévariqué, m’a fait connaître que des biens sont réservés à ceux qui craignent Dieu et qui révère sa présence - Nul bien pour l'impie ; (Dieu) abrègera ses jours ; ceux qui ne craignent pas la face du Seigneur passeront comme l'ombre. "

11. Ecclésiastique, XV, 21-22 : " Il (Dieu) n'a commandé à personne de faire le mal, et il n'a donné à personne la licence de pécher ; - car il ne se plaît point à avoir un grand nombre d'enfants infidèles et inutiles. "

12. I Corinthiens, XIII, 1-3 : " Quand je parlerais toutes les langues des hommes et des anges mêmes, si je n'avais point la charité, je serais comme un airain sonnant ou une cymbale p.133 fin p.134 début retentissante. - Et quand j'aurais le don de prophétie que je pénétrerais tous les mystères, et que je posséderai toutes les sciences, et quand j'aurais toute la foi possible, au point de transporter les montagnes, si je n'avais point la charité, je ne serais rien. - Et quand j'aurais distribué, etc. "

13. Philippiens, II, 12 : " Ainsi, mes très-cher frères, comme vous avez toujours été obéissants, ayez soin, non-seulement lorsque je suis présent parmi vous, mais encore plus tandis que je suis absent, de travailler à votre salut avec crainte et tremblement. "

15. Proverbes, XXVIII, 14 : " Heureux l'homme qui est toujours dans la crainte ; mais celui qui a le cœur endurci se précipitera dans le mal. "

16. Romains, XI, 20-21 : " Pour vous, vous demeurez fermes dans votre foi ; mais prenez garde de vous élever, tenez-vous plutôt dans la crainte. - Car si Dieu, etc. "

19. JACQUES, II, 14-26 : " Mes frères, que servira-t-il à un homme de dire qu'il a la foi, s'il n'a pas les œuvres ? La foi pourra-t-elle sauver ? - Si un de vos frères ou une de vos sœurs n'ont ni de quoi se vêtir, ni ce qui leur est nécessaire chaque jour pour vivre, - et que quelqu'un d'entre vous leur dise : Allez en paix, préservez-vous du froid et de la faim, sans leur donner cependant de quoi satisfaire à leurs besoins, à quoi serviront vos paroles ? - Ainsi la foi qui n'est pas accompagnée des œuvres est morte en elle-même - De sorte qu'on pourra dire : Vous avez la foi, et moi j'ai les œuvres ; montrez-moi votre foi que les œuvres n'accompagnent pas, et moi je vous montrerai ma foi par mes œuvres- Vous croyez qu'il n'y a qu'un Dieu ; vous faites bien ; mais les démons le croient aussi, et ils tremblent. - Or voulez-vous savoir, homme vain, que la foi sans les œuvres est morte ? - Votre père Abraham ne fut-il pas justifié par les œuvres lorsqu'il offrit son fils Isaac sur l'autel ? - Voyez-vous comme sa foi coopérait à ses œuvres et comme ce fut de ses œuvres qu'elle reçu sa perfection ? - Ainsi fut accomplie cette parole de l’Ecriture : Abraham crut ce que p.134 fin p.135 début Dieu lui avait dit, et sa foi lui fut imputée à justice, et il fut appelé ami de Dieu. - Vous voyez donc que l'homme est justifié par les œuvres et non par la foi seule. - Rahab aussi, cette femme débauchée, ne fut-elle pas de même justifiée par ses œuvres en recevant chez elle les espions, et les renvoyant par un autre chemin ? Car comme le corps est mort lorsqu'il est sans âme, ainsi la foi sans les œuvres est morte en elle-même. "

20. Galates, V, 6 : " Car en Jésus-Christ, ni la circoncision ni l'incirconcision ne servent de rien, mais seulement la foi qui agit par la charité. "

21. Ecclésiastique, V, 4-9 : " Ne dites pas : J’ai péché, et que m'en est-il revenu de funeste ? Car le Très-Haut est lent à punir les crimes. - Ne soyez pas sans crainte au sujet de l'offense qui vous a été remise, et n'ajoutez pas péché sur péché. - Ne dites pas : La miséricorde de Dieu est grande ; il aura pitié de la multitude de mes péchés. - Car son indignation est prompte aussi bien que sa miséricorde, et il regarde les pécheurs dans sa colère. - Ne diffère point vous convertir au Seigneur, et ne remettez pas pour cela d'un jour à l'autre : - Car sa colère éclatera tout-à-coup, et il vous perdra au jour de la vengeance. "

22. Ecclésiaste, IX, 1-3 : " Les justes et les sages, et toutes leurs œuvres sont dans la main de Dieu ; et cependant l'homme ne sait s'il est digne d'amour ou de haine. - Toutes choses sont incertaines et réservées pour l'avenir ; tout arrive également au juste et à l'impie, au bon et au méchant, au pur et à l'impur, à celui qui immole des victimes et à celui qui méprise les sacrifices ; l'innocent est traité comme le pécheur et le parjure comme celui qui respecte les serments. - Ce qu'il y a de plus fâcheux dans tout ce qui se passe sous le soleil, c'est que les même choses arrivent à tous ; de là vient que les cœurs des enfants des hommes sont remplis de malice et d'une sotte présomption pendant toute leur vie, après quoi ils descendent parmi les morts. "

24. Ps. XCVIII, 4 : " Ce roi puissant (l'Eternel) chérit la justice ; vous avez établi, Seigneur, des lois pleines de droiture ; vous avez rendu des jugements équitable parmi les enfants de Jacob. " p.135 fin p.136 début TEMOIGNAGES DE LA TRADITION.

1. S. GREGOIRE- LE-GRAND, in caput tertium libri I

Regum, sur ces paroles, Dominum est ; quod bonum est in oculis suis, faciat : " Il est le maître qu'il fasse ce qui est bon à ses yeux. Celui qui n'examinera que superficiellement cette réponse d’Héli, trouvera qu'il aura répondu avec autant de sagesse que d'humilité ; mais si on veut bien l'approfondir, on n'y trouvera qu'une humilité fausse. Héli aurait été véritablement humble, s'il s'était mis en devoir de réparer la faute qui lui était reprochée. Oh ! qu'Héli trouve d'imitateurs dans tous ces hommes, qui lisant tous les jours dans les saintes lettres les menaces que Dieu fait aux pécheurs et qu'ils sentent qu'ils ont encourues, ne craignent pas de les braver par la crainte qu'ils ont de déplaire aux hommes, ménagent les hommes de peur de les trouver implacables, et ne se gênent pas d'offenser Dieu, qu'ils comptent trouver toujours indulgent ! Mais une confiance aussi déraisonnable provoque les vengeances de Dieu, plutôt que d'attirer ses miséricordes. Car dans la bouche d'un pécheur impénitent et déterminé à ne pas changer de vie, que signifient ces paroles, Il est le maître, qu'il fasse ce qui est bon à ses yeux, sinon une confiance présomptueuse dans la miséricorde d'un Dieu qui n'ordonne rien qu'avec sagesse ? Or, pour que cette confiance n'ait pas un tel défaut, il faut qu'en même temps on répare par la pénitence et qu'on efface par ses larmes la faute dont on espère le pardon. Ainsi donc présumer, tout en continuant à pécher de la clémence de son Créateur, c’est s'exposer à être englouti dans l'abîme profond de la justice divine. Je le répète, présumer de la miséricorde de Dieu, sans se purifier par la pénitence des péchés commis, c'est courir les risques d'un jugement sévère et rigoureux.

Lors donc que nous citons Héli comme exemple des prédicateurs coupables, nous ne faisons pas envisager uniquement la faute de sa molle indulgence, mais aussi la témérité de sa confiance après sa faute commise. Car, tandis qu'il aurait pu apaiser le courroux divin par l'humilité de son repentir, il encourut le châtiment que lui méritait sa faute, en négligeant de mettre à profit l'avertissement qu'il avait reçu. Si d'un côté Dieu est la justice et l'équité même, il est de l'autre, d'après la foi des peuples, surabondamment miséricordieux.

C'est ce qui a fait dire au Prophète : Ses miséricordes sont au-dessus de ses ouvrages (Ps. CXLIV, 9). De là vient, qu'auprès avoir menacé par le prophète Jonas les p.136 fin p.137 début Ninivites d'une ruine entière il accorda à leur repentir le salut de leur ville (JON., III, et suiv.). De là vient encore, qu'il prédit d'abord au roi Ezéchias par la bouche de son prophète la mort qui devait être la peine de la vanité de ce roi, et qu'ensuite ce roi, qu'effraya une semblable prédiction, ayant répandu devant le Seigneur les larmes d'un repentir sincère, eut le bonheur d'échapper par les moyens que la crainte lui fit prendre, à la mort qu'il avait mérité. Et le Seigneur n'avait-il pas promis d'abord à Héli que sa maison et celle de son père servirait toujours en sa présence ? Et cependant, ce même Dieu qui avait assuré la maison de ce pontife de sa protection tant qu'elle lui avait été fidèle la réprouva à la fin au point de dire à son sujet : Mais maintenant je suis bien éloigné de cette pensée (I Samuel, II, 30). Si donc Dieu peut révoquer ses promesses à l'égard de ceux qui, en se pervertissant, s'en rendent indignes, à combien plus forte raison arrêtera-t-il les effets de ses menaces, lorsque se montreront convertis à ses yeux ceux à qui leurs précédentes iniquités auront attiré d'abord l'annonce de ses vengeances ? Que pourrons-nous donc alléguer pour notre excuse, nous, qui commettons tous les jours de nouveaux crimes, et n'en sommes pas moins tranquilles sur notre sort à venir ? Cette sécurité même dans laquelle nous nous entretenons par rapport la sévérité des jugements de Dieu, est ce qui doit nous inspirer le plus de crainte, puisque nous voyons une sécurité semblable dans ce malheureux pontife, après même que sa négligence l'eut rendu l'objet de l'anathème céleste. "

2. Le même, Moralium in Job lib. XXXIII, c. 15 (al. 7) : " Notre. Rédempteur est bon et juste ; mais il ne faut pas dire, pour pécher plus librement : Puisqu'il est bon, il me pardonnera si je pèche ; ni après avoir péché : Puisqu'il est juste, je n'ai pas lieu d'espérer qu'il me pardonnera. Car Dieu pardonne les crimes lorsqu'on les pleure ; mais on doit craindre de commettre ce qu'on n'est pas assuré de pouvoir pleurer assez dignement. Il faut redouter la justice de Dieu avant de pécher mais après qu'on a péché, il faut prendre confiance en sa bonté. Et on ne doit ni tellement craindre sa justice, qu'on ne puisse être fortifié par la consolation de l'espérance, ni se confier tellement en sa miséricorde, qu'on néglige d’appliquer à ses blessures le remède d'une digne pénitence. "

" Mais on doit considérer que celui dont on présume qu'il pardonnera avec bonté sait aussi juger avec une sévérité très-rigou- p.137 fin p.138 début reuse. Si donc l’espérance que le pécheur a dans la bonté de Dieu lui cause beaucoup de joie, il faut que le pénitent qui travaille à se corriger tremble de crainte à la pensée de sa justice. Ainsi l'espoir de notre confiance doit être mêlé d'appréhension, en sorte que, comme d'une part la justice de ce juge si sévère nous épouvante pour nous obliger à nous corriger de nos péchés, de l'autre la grâce de ce Sauveur qui nous délivre avec tant de miséricorde, nous invite à en espérer le pardon avec confiance. "

" C'est pour cela qu'un ancien sage dit dans 1’Ecriture (Ecclé., V, 7) : Ne dites pas, les miséricordes du Seigneur sont grandes, il ne se souviendra pas de mes péchés. Car il joint aussitôt la miséricorde à la justice, lorsqu'il ajoute : Car la miséricorde et la colère viennent également de lui (Cf. Morales de saint Grégoire, t. IV. S. Grégoire lisait ainsi les paroles de l'Ecclésiastique rapportée ici en dernier lieu : Misericordia enim et ira ab illo). "

3. Le même, Lib. VI epistolarum, Epist. 22 ad

Gregoriam cubiculariam Augustæ : " Quant à ce que vous m'avez fait l'honneur d'ajouter dans vos lettres, que vous ne me laisseriez pas de repos, tant que je ne vous aurais pas écrit en vertu d'une révélation que vos péchés sont pardonnés, c’est là une question difficile et inutile tout à la fois : difficile, parce que je suis indigne d'être favorisé d'une révélation semblable ; inutile, parce que vous ne devez cesser de craindre pour vos péchés, que lorsque parvenue au terme de votre vie, vous ne pourrez plus en faire pénitence. Jusqu’à ce que ce jour-là soit arrivé, c'est pour vous un devoir de vous alarmer et de vous inquiéter au sujet de vos fautes, et de vous en purifier par des larmes journalières. L'apôtre saint Paul avait bien été transporté jusqu'au troisième ciel, jusque dans le paradis même, où il avait entendu des paroles mystérieuses qu'il n'est permis à aucun homme de répéter et pourtant il disait saisi de crainte - : Je châtie mon corps et le réduit en servitude, de peur qu'après avoir prêché aux autres, je ne sois réprouvé moi-même (I Cor., IX, 27). Il craint encore, quoique déjà introduit dans le ciel ; et nous voudrions ne plus craindre, nous qui sommes toujours sur cette terre ? Considérez attentivement, ma chère fille, que la sécurité est ordinairement la mère de la négligence. Vous ne devez donc point aspirer à obtenir dans la vie présente une sécurité qui vous rendrait négligente dans l'accomplissement de vos devoirs. Car il est écrit : Heureux l'homme qui est toujours dans la crainte (Prov., XXVIII, 14). Et encore :

p.138 fin p.139 début Servez le Seigneur dans la crainte, et réjouissez-vous en lui avec tremblement (Ps. II, 11). Il est donc indispensable que votre âme soit retenue par la crainte pendant la courte durée de cette vie, pour pouvoir ensuite se réjouir sans fin dans une paix inaltérable. "

4. S. AUGUSTIN, ou selon d'autres saint Fulgence, évêque de Ruspe, de fide ad Petrum diaconum, c. 3 : " En quelque jour que ce soit qu'un homme aura fait une vraie pénitence de ses péchés, et qu'éclairé de la lumière d'en-haut, il aura amendé ses mœurs, il recevra sans aucun doute le bienfait du pardon, parce que Dieu, comme il le dit par son prophète (EZECH., XXXIII, 11), ne veut pas la mort du pécheur ou du mourant, mais plutôt qu'il sorte de ses voies mauvaises et qu'il .revienne à la vie. Personne cependant ne doit, sous prétexte qu'il a tout à espérer de la miséricorde divine, persévère dans l'habitude du péché, puisque, lors même qu'il ne s'agit que de maladies corporelles, personne ne veut demeurer dans cet état malgré l'espérance qu'il conçoit de sa future guérison. Car il pourrait arriver à ceux qui négligent ainsi de se retirer des sentiers du vice, en se flattant d'être toujours assuré que Dieu leur pardonnera, d'être surpris tout-à-coup par la divine justice, sans avoir le temps de se convertir, ni pouvoir par conséquent obtenir le bienfait du pardon. C'est pourquoi la sainte Ecriture donne à chacun de nous cet avis paternel : Ne différez point à vous convertir au Seigneur, et ne remettez pas pour cela d'un jour à l'autre ; car sa colère éclatera tout d’un coup, et il vous perdra au jour de la vengeance (Eccles., V, 8-9). Le saint roi David dit aussi : Si vous entendez aujourd'hui sa voix, gardez-vous bien d'endurcir vos cœurs (Ps. XCIV, 8). Les paroles suivantes de saint Paul n'ont pas un autre sens : Prenez donc garde, mes frères, que quelqu'un ne tombe dans un dérèglement de cœur et dans une incrédulité qui le sépare du Dieu vivant,- mais plutôt exhortez-vous chaque jour les uns les autres, pendant que dure ce temps que l'Ecriture appelle Aujourd'hui, de peur que quelqu'un de vous, étant séduit par le péché, ne tombe dans l’endurcissement (Hébr., III, 12-13). On vit donc dans l'endurcissement, soit que, désespérant d'obtenir le pardon de ses fautes, on perde le courage de s'en convertir, soit qu'on présume tellement de la miséricorde de Dieu, qu'on reste par ce motif dans l'état de péché jusqu’à la fin de sa vie. C'est pourquoi nous devons nous pénétrer en même temps, et de l'amour de la miséricorde de Dieu, et de la crainte de sa justice, afin que ni le désespoir ne nous fasse p.139 fin p.140 début renoncer à obtenir le pardon de nos fautes, ni la présomption ne nous empêche de nous en corriger, étant bien assuré que la justice du souverain juge exigera de nous l'acquittement rigoureux de toutes les dettes qui ne nous auront pas été remises par la clémence de notre divin Rédempteur. Car autant la miséricorde est disposée à recevoir en grâce ceux qui se convertissent, autant la justice est résolue à punir inexorablement ceux qui restent endurcis. Ce sont ces derniers qui, coupables du péché contre l'Esprit-Saint, n'obtiendront leur pardon, ni dans le siècle présent, ni dans le siècle à venir. "

5. S. BERNARD, Serm. XXXVIII ex parvis sermonibus

: " Après que leurs infirmités se sont multipliées, ils ont couru avec vitesse (Ps. XV, 4). Pourquoi les hommes sont-ils si lâches à faire pénitence durant leur vie, et s'en reposent-ils sur la confession qu'ils songeront à faire quand ils se verront réduits à l'extrémité ? Comment pensent-ils pouvoir dans l'espace d'une heure recueillir toutes les pensées de leur âme, après l'avoir laissée se prendre à tous les objets répandus dans le monde, et s'emporter à tous les désirs ? Je ne dis pas, c'est le Seigneur qui parle, que je ne sauve personne de ceux qui s'entretiennent dans ces dispositions ; car je puis en un moment remettre tout dans l'ordre ; mais je ne réunirai point à moi ceux qui restent dans leurs souillures (Saint Bernard donne ici aux paroles, non congregabo conventicula corum de sanguinibus, du verset 11 du psaume XV, un sens différent de celui que lui attribuent les autres interprètes), jusqu’à ce que, leurs infirmités s'étant multipliées, leurs péchés les abandonnent avant qu'ils aient eux-mêmes abandonné leurs péchés.

Si ma mémoire n’est pas en défaut, vous ne trouverez dans tout le canon des Ecritures que le bon larron qui soit sauvé entre tous les pécheurs de cette espèce. Gardez-vous donc bien de courir les risques d'une situation aussi périlleuse. Sans doute que l'Esprit souffle non-seulement où il veut, mais encore quand il veut, et qu'il ne lui en coûte rien d'inspirer tout-à-coup à quelques-uns les sentiments d'une contrition parfaite, dont d'autres sont à peine capables après de longs efforts ; mais qui vous a dit qu'il doive venir ainsi à votre secours à votre dernière heure, après que vous l'aurez constamment repoussé ? L'esprit de sagesse est plein de bonté (Sag., I, 6), j'en conviens, mais il ne laissera pas impunies les lèvres du maudit (Maledictum. Le texte de la Vulgate porte maledicum, médisant). Voulez-vous savoir quel est cet homme ? Maudit est celui dont l'espérance même est un péché. "

p.140 fin p.141 début

6. S. AUGUSTIN, Lib. de fide et operibus, c. 14

: " Passons maintenant à l'examen d'une erreur dont doivent se désabuser toutes les âmes religieuses, de crainte qu'une fausse sécurité ne les perde, si elles viennent à croire que la foi seule leur suffit pour se sauver, et que sous ce prétexte elles négligent de mener une bonne vie et de se maintenir dans les voies de Dieu en faisant le bien. Car il s'en trouvait quelques-uns du temps même des apôtres, qui ne comprenant pas certains passages obscurs de saint Paul, s'imaginaient qu'il leur disait : Faisons le mal parce qu'il en revienne du bien, parce qu'il avait dit (Rom., V, 20) : La loi est survenue pour donner lieu à l'abondance du péché ; mais, où il y a une abondance de péché, Dieu a répandu une surabondance de grâce. Ce qui est vrai en ce sens, que les hommes qui avaient reçu la loi en présumant avec orgueil de leurs propres forces, et sans avoir cette humilité de la foi qui leur eût fait obtenir le secours divin pour corriger leurs inclinations vicieuses, s'étaient rendus coupables de péchés plus énormes en même temps que plus nombreux en manquant de fidélité à cette loi même. Et ainsi forcés par la conscience de leurs crimes, ils se réfugiaient dans la foi qui leur était prêchée comme dans un asile, où ils se tenaient assuré d'obtenir grâce et secours du Dieu miséricordieux qui a fait le ciel et la terre, afin que la charité se répandant dans leurs cœurs par la vertu de l'Esprit-Saint, ils fissent avec amour ce qui leur était ordonné malgré les désirs contraires du siècle, selon ce qui est écrit dans les Psaumes : Après que leurs infirmités se sont multipliées ils ont couru avec vitesse (Ps. XV, 4). Quand donc nous entendons saint Paul nous dire qu'il reconnaît que l'homme est justifié par la foi sans les œuvres de la loi (Rom., III, 28), ce n'est pas pour nous engager à ne plus nous mettre en peine d'accomplir les œuvres de justice en nous contentant de professer la foi dont il nous fait un précepte, mais pour que personne n'ignore qu'on peut être justifié par la foi, quand même on n'aurait pas pour recommandation les œuvres de la foi. Car ces œuvres doivent suivre le bienfait de la justification, plutôt que le précéder. Ainsi je n'ai point à m'étendre davantage sur cette question dans le présent ouvrage, d'autant plus que je l'ai traité au long dans un autre ouvrage composé exprès, et intitulé : De litterâ et spiritu.

Cette opinion ayant donc pris naissance à cette époque, les épîtres des autres apôtres, c’est-à-dire de saint Pierre, de saint Jean, de saint Jacques et de saint Jude ont eu particulièrement pour but de la combattre, et d’établir au con- p.141 fin p.142 début traire que la foi ne sert de rien sans les œuvres comme saint Paul lui-même en vantant le mérite de la foi, n'entendait pas parler d'une foi telle quelle, qui se borne à croire en Dieu, mais d'une foi vraiment évangélique ou féconde en bonnes œuvres qui aient pour principe la charité : La foi, dit-il, animé de la charité (Gal., V, 6). Saint Paul est si loin de croire, comme quelques-uns, qu'une foi quelconque suffit pour le salut, qu'il va jusqu'à dire : Quand j'aurais toute la foi possible, jusqu’à transporter les montagnes, si je n'ai pas la charité, je ne suis rien (I Cor, XIII, 2). Mais que la foi soit au contraire animée de la charité, dès-lors on est assuré de mener une bonne vie ; car l'amour est l'accomplissement de la loi (Rom., XIII, 10). C'est évidemment pour cette raison que saint Pierre, dans sa seconde épître, ayant à exhorter les fidèles à qui il écrivait à mener une vie sainte et pure, après avoir dit que ce monde passera tôt ou tard pour faire place à de nouveaux cieux et à une nouvelle terre, où les justes auront désormais leur demeure, pour nous faire comprendre par-là quelle doit être notre sainteté de vie, si nous voulons partager un jour la même demeure ; sachant que quelques esprits mal disposés s’autorisaient de quelques expressions obscures de l'apôtre saint Paul pour se croire assurés de leur salut en se bornant à avoir la foi sans se mettre en peine de bien vivre, dit expressément qu'il y a dans les écrits de cet apôtre certains passages difficiles à entendre, que quelques-uns détournaient, ainsi que les autres Ecritures, de mauvais sens pour leur propre ruine (II PIERRE, III, 16), bien que cet apôtre n'eût pas une autre doctrine que tous ses collègues sur la nécessité des bonnes œuvres pour pouvoir parvenir au salut éternel. Saint Jacques de son côté s'élève avec force contre ceux qui prétendent que la foi sans les œuvres peut suffire pour le salut, et il les compare aux démons par ces paroles remarquables : Vous croyez qu'il n'y a qu'un Dieu ; vous faites bien, mais les démons le croient aussi, et la pensée qu'ils en ont les fait trembler. Que pouvait dire cet apôtre qui fut à la fois plus véritable, plus fort et plus précis, puisque nous lisons dans l’Evangile que les démons, en confessant Jésus-Christ pour le fils de Dieu, s'attirèrent pour cela une réprimande de sa part, quoique cette confession fût au fond la même que celle que fit saint Pierre et qui lui mérité des éloges. Mes frères, dit saint Jacques, que servira-t-il a quelqu'un de dire qu'il a la foi, s'il n’a point les œuvres ? La foi pourra-t-elle le sauver (JAC., II, 14) ? Il dit encore que la foi sans les œuvres est morte. Combien se p.142 fin p.143 début trompent donc ceux qui n'ont que cette foi morte, et qui néanmoins se promettent de vivre éternellement. "

7. Ibidem, c. 22 : " Qu'on ne soit donc pas assez imprudent pour oser se persuader à soi-même qu'on connaît Dieu, si on ne le confesse qu’à la manière des démons, c’est-à-dire avec une foi morte ou sans bonnes œuvres et pour se croire par conséquent assuré de parvenir à la vie éternelle, d’après cette parole de Notre-Seigneur : La vie éternelle consiste à vous connaître pour le seul vrai Dieu, et Jésus-Christ que vous avez envoyé (JEAN, XVII, 5). Car on doit se remettre aussi devant les yeux cette autre parole : Nous sommes assurés que nous le connaissons véritablement si nous gardons ses commandements. Celui qui dit qu'il le connaît et qui ne garde pas ses commandements, est un menteur, et la vérité n’est point en lui (I JEAN., II, 3-4). Et pour qu'on ne pense pas que ses commandements se réduisent à la foi seule, quoique personne n'ait osé dire pareille chose, surtout comme il parle de commandements qui, pour ne pas effrayer par leur multitude, se réduisent à deux dans lesquels sont renfermés la loi et les prophètes ; quoiqu'on puisse fort bien dire que les commandements de Dieu se rapportent à la foi seule, si par cette foi on entend non une foi morte, mais la foi vive qui est animée de la charité ; quoi qu'il en soit, saint Jean lui-même a expliqué plus loin sa pensée quand il a dit : Le commandement qu'il nous fait est de croire au nom de son fils Jésus-Christ et de nous aimer les uns les autres (I JEAN, III, 23). L'utilité de la foi qui nous fait croire en Dieu, qui nous le fait adorer, qui nous le lait connaître consiste donc en ce qu'elle nous porte à lui demander les grâces nécessaires pour bien vivre, et à nous faire obtenir notre pardon de lui quand il nous arrive de pécher, à ne point nous endormir dans une fausse paix tout en faisant les actions qu'il réprouve, mais à désavouer au contraire toutes ces actions mauvaises, et à lui dire : Pour moi, j'ai dit : Seigneur, ayez pitié de moi ; guérissez mon âme car j'ai péché contre vous (Ps. XL, 5) : paroles que ne savent à qui adresser ceux qui ne croient pas en lui, et que prononcent inutilement ceux qui sont tellement éloignés de lui, qu'ils sont étrangers à la grâce du Médiateur. De là ces paroles que nous lisons dans le livre de la Sagesse (XV, 2), et que je ne sais comment pourront entendre ceux qui s'endorment dans une funeste sécurité :

Quand nous aurions péché nous ne laisserions pas d'être à vous, nous qui savons quelle est votre grandeur, c'est-à-dire que nous appartenons à un Dieu qui a la vo- p.143 fin p.144 début lonté et en même temps le pouvoir de guérir de leurs péchés ; ceux qui s'en repentent, mais qui d'un autre côté ne craint pas de prononcer la condamnation de ceux qui persévèrent dans leur malice. Enfin, après avoir dit : Nous ne laisserions pas d'être à vous, l'Ecrivain sacré ajoute : Nous qui savons quelle est votre puissance, puissance en effet à laquelle le pécheur ne saurait échapper ou se soustraire. C'est pourquoi il dit encore à la suite de ces paroles : Si nous ne péchons pas, nous savons que vous nous comptez au rang de ceux qui vous appartiennent. Car quel est l'homme qui, pensant comme il le doit à cette demeure préparée auprès de Dieu même à ceux qu'il a prédestinés à ce bonheur et qu'il compte à ce titre, ne fera pas tous ses efforts pour vivre de manière à se trouver un jour digne d'y être admis ? Ainsi ce que dit saint Jean : Je vous ai écrit ces choses afin que vous ne péchiez point ; si cependant quelqu’un pèche, nous avons pour avocat auprès du père Jésus-Christ, le juste par excellence, qui intercédera pour nos péchés ; ces paroles, dis- je, ne doivent pas avoir pour effet de nous enhardir à pécher encore, mais plutôt de nous faire renoncer aux péchés que nous aurions commis, assuré que nous sommes d'en obtenir le pardon, grâce à cet avocat puissant que ne savent point invoquer les infidèles. "

8. S. AUGUSTIN, Enchirid. ad Laurentium, c. 67

(al. 23 et 18) : " Il y a des personnes qui croient que tous ceux qui ne renoncent pas à la foi chrétienne et qui, après avoir été baptisés dans le sein de l'Eglise catholique, ne s'en séparent ni par l'hérésie ni par le schisme, seront sauvés en passant par le feu, quand même ils auraient persévérés jusqu’à la mort dans les plus grands crimes, sans les effacer par la pénitence ni les racheter par des aumônes. Ces personnes avouent bien que ces mauvais chrétiens seront punis longtemps à proportion de la grandeur de leurs crimes ; mais elles prétendent que le feu qui les brûlera ne sera pas éternel. Pour moi, le jugement le plus favorable que je puisse porter de ceux qui, étant d'ailleurs catholiques, ont une pareille pensée, c'est qu'ils se laissent tromper par un certain sentiment d'humanité et de compassion toute naturelle. Car assurément, si nous consultons là-dessus l’Ecriture sainte, nous y trouverons une doctrine bien différente. J'ai composé sur cette question un traité qui a pour titre : De la foi et des œuvres. J'y ai prouvé autant que j'ai pu le faire avec l'aide de Dieu, par l'autorité des saintes Ecritures, que la foi qui sauve est celle-là seulement que saint Paul a caractérisée assez clairement quand p.114 fin p.145 début il a dit : En Jésus-Christ, ni la circoncision, ni l'incirconcision ne servent de rien, nais la foi seulement qui opère par l'amour (Gal., V, 6). Si donc un chrétien fait de mauvaises actions sans en faire de bonnes qui les corrigent, sa foi, selon l'apôtre saint Jacques, est alors très-certainement une foi morte en elle-même (JAC., II, 17). Cet apôtre dit encore :

Si quelqu'un dit qu'il a la foi, et qu'il n'ait pas de bonnes œuvres, sa foi pourra-t-elle le sauver (JAC., II, 14) ? Or, si un homme qui vit dans le crime doit, par cela seul qu'il a la foi, être sauvé en passant par le feu, et si c'est ainsi qu'il faut entendre ce passage de saint Paul, Il sera sauvé, mais en passant toutefois comme par le feu (I Cor., III, 15), il s'ensuivra que la foi peut sauver sans les œuvres et que ce qu'enseigne saint Jacques, apôtre comme saint Paul, sera faux. Saint Paul lui-même aura parlé faussement, lorsqu'il a dit : Ne vous y trompez pas, ni les fornicateurs, ni les idolâtres ni les adultères, ni les efféminés, ni les abominables, ni les voleurs, ni les avares ; ni les ivrognes, ni les médisants, ni les ravisseurs du bien d'autrui ne posséderont le royaume de Dieu (I Cor., VI, 9). Car enfin, si les chrétiens qui persévèrent dans ces crimes n'en doivent pas moins être sauvés en considération de leur foi en Jésus-Christ, comment l’apôtre aura-t-il pu dire qu'ils n'entreront pas dans le royaume de Dieu (Cf. Le Manuel de saint Augustin, parmi les Traités choisis, tome II, p. 394-396) ? "

9. Le même, Lib. de Hæresibus ad Quodvultdéum, hær. 54 : " Les aétiens tirent leur nom d’Aétius et sont les mêmes que les eunomiens, appelé ainsi d'Eunomius disciple d'Aétius, et c'est sous ce dernier nom qu'ils sont le plus connus. Car comme Eunomius excellait dans la dialectique, il soutint cette hérésie avec plus de subtilité et d'éclat, affirmant sans détour que le Fils est dissemblable en tout au Père et que le Saint-Esprit est également dissemblable au Fils. On dit de plus qu'il était tellement ennemi des bonnes mœurs qu'il ne rougissait pas de dire qu'on pouvait indifféremment commettre les plus énormes péchés et y persévérer même pourvu qu'on gardât la foi dont il se faisait l'apôtre. "

10. S. JEROME, In caput IV Oseæ : " Ces paroles du Prophète s'entendent sans aucune peine des hérétiques qui, à mesure qu'ils deviennent nombreux, élèvent une tête de plus en plus altière contre Dieu même, se faisant gloire du nombre de leurs secta- p.145 fin p.146 début teurs, ne devenant par cela même que plus séduisants, se nourrissant ainsi des péchés du peuple, et dévorant les maisons des veuves par des paroles douces et flatteuses. Car, pour rassurer ceux qu'ils voient tomber dans quelque faute, ils ne manquent pas de leur dire : Dieu ne demande de vous que la pureté de la foi ; conservez-la seulement, et il ne se mettra pas en peine de ce que vous pourrez faire. Par ces sortes de discours, ils flattent les âmes des pécheurs, et les entretiennent dans leurs iniquités, en sorte que ceux-ci, bien loin de faire pénitence et de s'humilier de leurs fautes, s'applaudissent de leur perversité même, et marchent tête levée dans la voie du crime. C'est pourquoi le peuple comme le prêtre, et ceux qui enseignent comme ceux qui sont enseignés, encourront un jugement également sévère. "

11. Le concile de Trente, session VI, c. 9 : " Quoiqu'il y ait obligation de croire que les péchés n'ont été remis à aucune époque pas plus qu'ils ne le sont maintenant, autrement qu'en vue de Jésus-Christ par une miséricorde le Dieu toute gratuite, il ne s'ensuit pas qu'on doive dire à qui que ce soit que ses péchés sont remis, ou qu'ils l'ont été, par cela seul qu'il se dit avoir la foi et être assuré d'en avoir obtenu la rémission puisqu'une confiance toute semblable, qui n'a rien que de téméraire et d'opposée à la piété, peut se rencontrer de même dans des hérétiques et des schismatiques, comme cela se voit en effet de nos jours, où, sous un tel prétexte, une grande guerre est déclarée contre l’Eglise catholique. . . Il faut bien se garder aussi de dire que ceux qui sont réellement justifiés doivent se croire eux-mêmes fermement être en état de grâce, ou qu'on ne peut être absous de ses péchés et justifié devant Dieu, qu'autant qu'on se croit certainement absous et justifié, en sorte qu'une telle foi soit indispensable pour obtenir la grâce de l'absolution ou de la justification, comme si celui qui n'aurait pas cette assurance, doutait par-là même des promesses que Dieu nous a faites, ou de l'efficacité de la mort et de la résurrection de Jésus-Christ. Car si, d'une part, aucune âme pieuse ne doit douter de la miséricorde de Dieu, des mérites de Jésus-Christ, de la vertu et de l'efficacité des sacrements ; de l'autre, quiconque rentre en soi-même, et considère sa propre faiblesse et l'imperfection de ses dispositions, peut fort bien avoir des doutes ou des inquiétudes sur son état de grâce, puisque personne ne saurait être assuré avec la certitude de la foi et sans possibilité d'erreur, d’être véritablement dans la grâce de Dieu. "

p.146 fin p.147 début

12. Ibidem, canon 12 : " Si quelqu'un dit que la foi justifiante n'est autre chose que la confiance en la divine miséricorde, qui remet les péchés en vue de Jésus-Christ ou que cette confiance est la seule qui nous justifie ; qu'il soit anathème. "

Tous les livres