Grand Catéchisme (Somme de doctrine chrétienne) (page 127)
2. Le concile d'Epaône, tenu sous le pontificat de Gelase I (C'est une erreur : le concile d’Epaône s'est tenu l'an 517 sous le pontificat d'Hormisdas. Voyez LABBE, Conc., t. IV, col. 1573), can. 31 : " Par rapport à la pénitence à laquelle doivent être p.208 fin p.209 début soumis les homicides qui ont pu échapper aux tribunaux séculiers, le concile a été d'avis de se conformer religieusement aux règlements établis à Ancyre. "
3. Le concile de Tribur, canon 84 : " Au sujet de ceux qui se seraient volontairement rendus coupables d'homicide, le saint concile d'Ancyre a réglé, canon 21 (ou 22, d'après la supputation actuelle), qu'ils se soumettent à la pénitence pour le reste de leurs jours ; qu'ils soient admis cependant à l'achèvement de leur pénitence, c’est-à-dire au bienfait de la communion, sur la fin de leur vie ; que les observances canoniques et les décrets des saints Pères soient gardés inviolablement, suivant notre désir et celui de tous les orthodoxes. Quant à nous, pasteurs que nous sommes des brebis de Jésus-Christ, ayant égard au malheur des temps et à la faiblesse humaine, nous croyons bon et utile de modérer, en vertu de l'autorité qui nous appartient à nous tous assemblés, la pénitence de ceux qui se seraient rendus coupables d'homicide volontaire, et de marquer un terme à cette pénitence, de peur que, si elle était trop prolongée, elle ne finirait par le découragement ou l'insouciance, au lieu que, si on la borne à un temps déterminé, l'œuvre du salut fera d'heureux progrès. "
4. Ibidem, c. 55 : " Si quelqu'un se rend volontairement coupable de meurtre, l'entrée de l'église lui sera interdite les quarante premiers jours. Pendant ces quarante jours il ne mangera que du pain et du sel, et ne boira que de l'eau. Il marchera nu-pieds, ne portera point de linge, si ce n'est des caleçons, n'usera ni d'armes, ni de voitures, vivra dans la continence pendant tous ces jours-là, même par rapport à sa propre femme, n'aura aucun commerce avec les autres chrétiens ni même avec les autres pénitents. Si ses ennemis en veulent à sa vie, et que la nécessité d'éviter leurs pièges l'empêche d'accomplir sa pénitence, on la lui différera jusqu’à ce que l'évêque l’ait réconcilié avec eux. De même, si quelque infirmité corporelle le réduit à l'impuissance de jeûner comme il faut ; on usera d'indulgence envers lui, et on attendra, pour le soumettre à la pénitence que sa guérison soit achevée. Que si son infirmité est de longue durée, ce sera à l'évêque d’examiner dans sa prudence quelles règles il conviendra de lui prescrire, attendu que, comme l'observe saint Grégoire dans son Pastoral, les plaies spirituelles sont plus cachées que les plaies corporelles, et que le gouvernement des âmes est le plus difficile comme le plus important de tous les arts. " p.209 fin p.210 début
5. Ibidem, can. 56 : " Les quarante jours écoulés l’entrée de l'église lui sera encore interdite pendant une année. Il s'abstiendra de chair, de fromage, de vin et de toute boisson emmiellée excepté les jours de dimanches et de fêtes célébrés publiquement dans tout le diocèse. En maladie ou en voyage, ou s'il doit passer beaucoup de temps à la cour du prince, il pourra racheter le mardi, le jeudi et le samedi en donnant un denier, ou la valeur d'un denier, ou en se chargeant de nourrir trois pauvres pour l'amour de Notre-Seigneur, avec cette réserve toutefois qu'il pourra alors se permettre l'usage, soit de la viande, soit du vin, soit de l'hydromel seulement, mais non de ces trois choses à la fois. Une fois revenu de voyage ou guéri de sa maladie, il ne lui sera plus loisible de racheter ces jours-là, mais il devra faire exactement la pénitence prescrite. Cette année finie, l’église lui sera ouverte comme aux autres pénitents. "
6. Ibidem, can. 57 : " Il passera la seconde et la troisième année dans les mêmes exercices de pénitences, si ce n'est qu'il sera le maître de racheter les trois jours de la semaine, en quelque lieu qu'il se trouve, soit à la maison, soit en voyage. Il observera tout le reste, comme à la première année. "
7. Ibidem, can. 58 : " Pendant chacune des quatre autres années, il jeûnera trois carêmes ; un avant Pâques, pendant lequel il s'abstiendra de fromage, de poissons succulents, de vin et d'hydromel ou d'autre boisson apprêtée ; un second avant la Nativité de saint Jean-Baptiste, et si les quarante jours ne peuvent se trouver entiers avant cette fête, il y suppléera après la fête ; le troisième enfin avant la Nativité de Notre-Seigneur, et il s'abstiendra pendant ce temps de l'usage de la viande et des autres choses ci-dessus désignées. Pendant ces quatre années, il mangera et boira de tout ce qu'il voudra le mardi, le jeudi et le samedi de chaque semaine. Il sera en droit de racheter le lundi et le mercredi avec un denier, ou avec la valeur de cette pièce de monnaie ; mais il observera exactement le jeûne du vendredi. Les sept années de sa pénitence accomplies, il sera réconcilié à la manière des autres pénitents et admis à la sainte communion (Cf. LABBE, Conc., t. IX, col. 464-466, (ad annum 895)). "
8. S. AMBROISE, Lib. II de Caïn et Abel, c.
9 : " Que de justesse dans ces expressions : La voix du sang de ton frère crie ! Ce n'est pas son frère même qui crie : même dans la mort, il ne s'est dépouillé ni de sa douceur, ni de sa piété fraternelle. Il p.210 fin p.211 début n'accuse point le frère qui l'a tué, car il ne veut pas paraître lui-même fratricide. Caïn, ce n'est ni la voix d'Abel, ni son cœur qui t'accuse, mais c'est la voix du sang que tu as versé. Ce n'est donc point ton frère mais c'est ton propre crime qui t'accuse. Par-là toute récrimination est rendue impossible au meurtrier. Il ne peut pas se plaindre d'être accusé par la voix d'autrui, puisqu'il trouve dans son crime son propre accusateur. Les paroles sont moins éloquente que les faits ; mais de plus, la terre aussi rend témoignage elle qui a bu le sang de la victime. Que de justesse donc dans cette expression : La voix du sang de ton frère crie de la terre ! Dieu ne dit pas : La voix du sang de ton frère crie du corps de ton frère, mais cette voix crie de la terre. Ton frère a beau te pardonner ; la terre ne te pardonne pas. Ton frère a beau se taire ; la terre te condamne. Elle est tout à la fois témoin et juge de ton crime : témoin d'autant plus redoutable, qu'elle est encore toute trempée du sang que tu as versé, juge d'autant plus implacable, que ce crime l'a souillé au point qu'elle a ouvert sa bouche pour recueillir le sang de ton frère versé par ta main. "
9. S. AUGUSTIN, Lib. XXII contra Faustum Manichæum, c. 70 : " Parmi les actes irréguliers il faut ranger l'action de Pierre, qui, tirant son glaive pour défendre son divin Maître, coupa une oreille à un de ceux qui venaient de se saisir de lui, et s'attira de sa part pour cette action ce reproche sévère et menaçant : Rengainez votre glaive ; car celui qui se sert de l'épée périra par l’épée (M ATTH., XXVI, 82). Or, celui-là se sert de l'épée qui s'arme d'un glaive pour verser le sang d'un autre, sans en avoir reçu l'ordre ou la permission de son légitime supérieur. Car il est vrai sans doute que Notre-Seigneur avait ordonné à ses disciples de porter des armes avec eux ; mais il ne leur avait pas ordonné de s'en servir pour frapper. "
Question III
Que nous enseigne l’écriture au sujet du péché de sodomie et de sa punition ?
Les habitants de Sodome, dit l'Ecriture, étaient devant le Seigneur des hommes perdus de vices, et leur corruption était montée à son comble. Ce péché infâme et exécrable se trouve condamné dans les épîtres de saint Pierre et de saint Paul ; et d'ailleurs, la nature elle-même le réprouve. L’Ecriture nous déclare dans le p.211 fin p.212 début termes suivants combien ce crime est énorme : Le cri qui s'élève de Sodome et de Gomorrhe est devenu de plus en plus fort, et leur péché est monté à son comble. C'est ce qui fit que les anges dirent à Lot, qui s'était conservé pur au milieu de ce peuple, et qui avait en horreur ces infâmes désordres : Nous allons détruire ce lieu, parce que le cri des abominations de ces peuples s'est élevé de plus en plus devant le Seigneur, et il nous a envoyés pour les perdre. . . Alors le Seigneur fit descendre du ciel sur Sodome et Gomorrhe une pluie de soufre et de feu, et il perdit ces villes avec tous leurs habitants, et tout le pays d'alentour avec ceux qui l’habitaient. L'Ecriture ne passe pas non plus sous silence les causes qui ont amené les habitants de Sodome à tomber dans cet énorme péché et qui pourraient également faire tomber d'autres personnes à leur exemple. Car voici ce que nous lisons dans Ezéchiel : Voici quelle a été l'iniquité de Sodome, votre sœur : c'a a été l'orgueil, l'excès des viandes, l'abondance de toutes choses, et l'oisiveté où elle était, elle et ses filles : elles ne tendaient point la main au pauvre et à l'indigent.
Ceux-là sont exposés à tomber dans cet affreux péché qui ne craignent pas de violer la loi divine, ou pour mieux dire, la loi naturelle écrit dans le Lévitique. Voici comme cette loi s'y trouve exprimée : Vous ne commettrez point cette abomination qui consiste à se servir d'un homme comme si c'était une femme. Vous ne vous approcherez d'aucune bête, et vous ne vous souillerez point avec elles. Si l'on a le malheur de le faire, la terre elle-même s'en trouvera souillée, la colère divine s'allumera au plus haut degré contre le peuple, et ce crime ne pourra être expié que par la mort du coupable : tel est l'avertissement que donnent encore à ce sujet les livres saints. De là vient que saint Paul revient plus d'une fois sur l'énormité de ce crime, qu'il condamne à diverses reprises les impudiques et les efféminés. C'est de ce crime aussi que se rendit coupable Onan, fils de Juda, que la vengeance divine atteignit bientôt, pour avoir empêché par d'impudiques moyens sa femme de devenir mère, et avoir outragé la nature, aussi bien que les lois de l'honnêteté, par des turpitudes dont sont incapables les animaux mêmes les plus lubriques.
p.212 fin p.213 début TEMOIGNAGES DE L’ECRITURE.
2. II PIERRE, II, 6-9 : " S'il a puni les villes de Sodome et de Gomorrhe, en les ruinant de fond en comble, et les réduisant en cendres, pour les faire servir d'exemple à ceux qui vivraient dans l'iniquité, - et s'il a délivré le juste Lot, que ces impies affligeaient et persécutaient par leur vie infâme, - ce juste qui demeurait parmi eux, étant tous les jours tourmenté dans son âme, amie de la justice, par tout ce qu'il voyait et entendait de leurs actes illégitimes : - le Seigneur sait délivrer ceux qui le craignent des maux par lesquels ils sont éprouvés et réserver les pécheurs pour la peine qu'ils subiront au jour du jugement, etc. "
3. Romains, I, 25-29 : " Et ils ont transféré à des images qui ne leur représentaient que des hommes mortels, et à des figures d'oiseaux, de quadrupèdes et de reptiles, l'honneur qui n'est dû qu'au Dieu immortel. - C'est pourquoi Dieu les a livrés aux désirs de leurs cœur et à l'impureté en sorte qu'ils ont déshonoré eux-mêmes leurs propres corps, - eux qui avaient mis le mensonge à la place de la vérité de Dieu, et rendu à la créature l'adoration et le culte souverain, au lieu de ne le rendre qu'au Créateur qui est béni dans tous les siècles. Amen. - C'est pourquoi Dieu les a livrés à des passions honteuses ; car les femmes parmi eux ont changé l'usage qui est selon la nature en un autre qui est contre la nature ; - les hommes de même, p.213 fin p.214 début rejetant l'union des deux sexes, qui est selon la nature, ont été embrasés de désirs impudiques les uns pour les autres, l'homme commettant avec l'homme des crimes infâmes, et subissant ainsi en eux-mêmes la juste peine de leur égarement. - Et comme ils n'ont pas fait usage de la connaissance qu'ils avaient de Dieu, Dieu aussi les a livrés à un sens dépravé, en sorte qu'ils ont fait des actions indignes de l'homme : - remplis de toutes sortes d'injustice, de méchanceté, d’impureté etc. "
4. I Timothée, I, 9-10 : " La loi n'est pas établie pour le juste, mais pour les méchants et les esprits rebelles, pour les impies et les pécheurs, pour les scélérats et les profanes, etc., pour les fornicateurs, les abominables, etc., pour toute autre chose enfin qui peut être opposé à la saine doctrine. "
5. Ephésiens, V, 5-6, 12 : " Nul fornicateur, nul impudique, nul avare, dont le vice est une idolâtrie, ne sera héritier du royaume de Jésus-Christ notre Dieu. - Que personne ne vous séduise par de vains discours ; car c'est là ce qui attire la colère de Dieu sur les hommes rebelles à la vérité. - La pudeur ne permet pas même de dire ce que ces personnes font en secret. "
6. Juges, XIX, 22-25 : " Pendant qu'ils étaient à table, et que fatigués du chemin ils mangeaient et buvaient pour reprendre leurs forces, il vint des hommes de cette ville, qui étaient des enfants de Bélial, c'est-à-dire rebelles au joug de la loi, et environnant la maison du vieillard, ils commencèrent à frapper à la porte, en criant au maître de la maison, et lui disant : Faites sortir cet homme qui est entré chez vous, afin que nous abusions de lui. - Le vieillard sortit pour leur parler, et leur dit : Gardez-vous, mes frères, gardez-vous bien de faire un si grand mal ; car j'ai offert à cet homme l'hospitalité : cessez de songer à une telle folie. - J'ai une fille vierge, et cet homme a sa femme ; je vous les amènerai, et vous assouvirez sur elles votre passion. Je vous prie seulement de ne pas commettre à l'égard d'un homme ce crime contre nature. - Mais ils ne voulaient point se rendre à ses paroles, etc. "
7. Juges, XX, 46-48 : " Ainsi vingt-cinq mille hommes de la tribu de Benjamin furent tués en cette journée en divers endroits, tous gens de guerre et très-vaillants ; - de sorte que tous ceux de cette tribu qui purent s'échapper et s'enfuir dans le désert ne montaient qu'au nombre de six cents, et ils se tinrent campés au rocher de Remmon pendant quatre mois. - Les enfants d'Israël, étant revenus du combat, firent passer au fil de l'épée tout ce p.214 fin p.215 début restait dans la ville, depuis les hommes jusqu'aux bêtes, et toutes les villes et les villages de Benjamin furent consumés par les flammes. "
11. Sagesse, X, 6-8 : " C'est la sagesse qui délivra le juste, lorsqu'il fuyait du milieu des méchants qui périrent par le feu tombé sur les cinq villes, - dont la corruption est attestée par cette terre qui fume encore et qui est demeurée toute déserte, où les arbres portent des fruits qui ne mûrissent point, et où une statue de sel reste toujours debout, en souvenir de la punition infligée à une âme qui refusa de croire. - Car ceux qui ne se sont pas mis en peine d'acquérir la sagesse, non-seulement sont tombés dans l'ignorance du bien, mais encore ont laissé aux hommes des témoignages de leur folie, sans que leurs fautes aient pu demeurer cachées. "
12. Deutéronome, XXIX, 22-23 : " La postérité qui viendra après nous, les enfants qui naîtront dans la suite d'âge en âge, et les étrangers qui seront venus de loin, voyant les plaies de ce pays et les maux dont le Seigneur l'aura affligé. - voyant qu'il l'aura consumé par le soufre et par un sel brûlant, de sorte qu'on n'y jettera plus de semence et que rien n'y verdira, qu'il y aura renouvelé enfin une image de la ruine de Sodome et de Gomorrhe, d'Adama et de Séboïm, que le Seigneur a détruite dans sa colère et sa fureur. . . "
13. Epître catholique de saint Jude, 7-8
: " De même Sodome et Gomorrhe, et les villes voisines qui s'étaient livrées comme elles aux excès de l'impureté en se souillant d'une manière abominable, sont devenues un exemple en subissant la peine d'un feu éternel. - Et cependant ces hommes souillent encore leur chair par de semblables désordres. "
14. Genèse, XIII, 10 : " Lot levant donc les yeux, considéra tout le pays situé le long du Jourdain, qui s'étendait de ce lieu-là jusqu’à Ségor, et qui, avant que Dieu détruisit Sodome et Gomorrhe, était tout arrosé d'eau, comme un jardin de Dieu et comme l’Egypte. "
16. Lévitique, XVIII, 22-25 : " Vous ne commettrez point cette abomination, etc. (comme dans le corps de la réponse.) La femme ne se prostituera point non plus de cette manière à un animal, parce que c'est un crime. - Vous ne vous souillerez par aucune de ces infamies dont se sont souillés tous les peuples que je chasserai devant vous, - et qui ont déshonoré ce pays-là ; et je punirai moi-même les crimes détestables commis sur cette terre, en sorte qu'elle rejettera avec horreur ses habitants de son sein. "
17. Deutéronome, XXVII, 21 : " Maudit celui qui dort avec des bêtes, quelle qu'en soit l'espèce et tout le peuple répondra : Amen. "
18. Lévitique, XX, 13, 15-16,23 : " Si quelqu'un abuse d'un homme comme si c'était une femme, qu'ils soient tous deux punis de mort, comme ayant commis un crime exécrable ; leur sang retombera sur eux. - Celui qui se sera corrompu avec une bête, quelle qu'en soit l'espèce, sera puni de mort, et vous ferez aussi mourir la bête elle-même. - La femme qui se sera corrompue avec une bête, quelle qu'en soit l'espèce, sera punie de mort avec la bête, et leur sang retombera sur elles. - Ne vous conduisez point selon les lois des nations que je dois chasser de la terre où je veux vous établir ; car elles ont fait toutes ces choses, et je les ai en abomination. "
20. JOEL, III, 2-3 : " J'assemblerai tous les peuples, et je les amènerai dans la vallée de Josaphat ; et là j'entrerai en jugement avec eux au sujet d'Israël mon peuple et mon héritage, qu'ils ont dispersé parmi les nations, et de ma terre qu'ils se sont partagée. - Ils ont tiré mon peuple au sort ; ils ont exposé des enfants dans des lieux de prostitution, et ils ont vendu les jeunes filles pour avoir du vin et s'enivrer. "
21. I Corinthiens, VI, 9-10 : " Ne savez-vous pas que ceux qui commettent l'injustice ne seront point héritiers du royaume de Dieu ? Ne vous y trompez pas : ni les fornicateurs, ni les idolâtres, ni les adultères, ni les impudiques, ni les abominables, ni les voleurs, ni les ivrognes, etc., ne seront héritiers du royaume de Dieu. "
23. Galates, V, 19-21 : " Or, il est aisé de connaître les p.216 fin p.217 début œuvres de la chair, qui sont la fornication, l'impureté l'impudicité, la dissolution, etc., - et autres semblables, au sujet desquelles je vous déclare comme je vous l'ai déjà dit, que ceux qui commettent ces crimes n'obtiendront point le royaume de Dieu. "
24. Genèse, XXXVIII, 8-10 : " Juda dit à
Onan, son second fils : Epousez la femme de votre frère et vivez avec elle, afin que vous suscitiez des enfants à votre frère. - Onan voyant la femme de son frère aîné et sachant que les enfants qui naîtraient d'elle ne seraient pas à lui, empêchait qu'elle ne devînt mère et qu'on n'en vît naître des enfants qui seraient censé être nés de son frère. - C'est pourquoi le Seigneur le frappa de mort, parce qu'il faisait en cela une chose détestable. "
TEMOIGNAGES DE LA TRADITION.
1. S. GREGOIRE, Lib. XIV Moralium in Job, c. 10
(al. 5) : " L'Ecriture nous enseigne bien clairement que le soufre est la figure de la corruption de la chair, lorsqu'elle rapporte que Dieu fit tomber sur Sodome une pluie de feu et de soufre (Gen., XIX). Car, comme il avait résolu d punir les péchés de ce peuple abominable, il a voulu indiquer par le genre de la punition celui du crime. En effet, la puanteur est dans le soufre, et l'ardeur est dans le feu. En conséquence, ces hommes dont les infâmes désirs s'allumaient au foyer d'un cœur corrompu, méritaient bien d'avoir l'infection du soufre et les ardeurs du feu pour châtiment, afin qu'une peine si justement assortie leur fît comprendre à quels crimes épouvantables ils s'étaient abandonnés (Cf. Les Morales de saint Grégoire, t. II, p. 445). "
2. S. AUGUSTIN, Cité de Dieu, liv. XVI, c. 30 (Cf. La Cité de Dieu, trad. nouv. par L. Moreau, t. II, p. 505-506) : " Après cette promesse, Lot étant sorti de Sodome, une pluie de feu tombée du ciel réduisit en cendres cette ville et cette contrée impie, où les abominations de l'amour contre nature étaient devenues aussi communes que les actions permises par les lois ; mais la vengeance de ces crimes est une image du jugement de Dieu à venir. En effet, quand les anges défendent à ceux qu'ils sauvent de regarder en arrière, qu'est-ce à dire, sinon que, dépouillés du vieil homme par la grâce de la renaissance spirituelle, nous ne devons pas retourner de cœur à notre ancienne vie, si nous voulons conjurer les rigueurs suprêmes de la justice p.217 fin p.218 début divine ? Enfin, là où elle s'est retournée, la femme de Lot demeure changée en statue de sel : vive leçon qui réveille le goût trop souvent blasé des fidèles. "
3. TERTULLIEN, Apologétique, c. 40 : " La
Palestine n'avait pas encore reçu de l'Egypte l'essaim des Juifs, le berceau du christianisme ne s'y était pas encore formé, quand une pluie de feu consuma, sur les frontière de cette contrée, Sodome et Gomorrhe. Cette terre ravagée exhale encore l'odeur de l'incendie. Si quelques fruits croissent péniblement sur ses arbres, végétation trompeuse à l'œil, ils tombent en cendres sous la main qui les touche (Cf. Les Pères de l'Eglise, etc., tract. par M. de Genoude ; t. VIII, pag. 773. Voir sur ce sujet les Réponses de Bullet aux difficultés des incrédules). "
4. Le même, ou plutôt l'auteur inconnu du poème sur Sodome qui lui est attribué chapitre IV : " Nulle part je ne vois plus Sodome, nulle part ne se montrent plus ses édifices impies.
Nulle part on ne trouvera habitation plus désolée, habitants plus dénués de ressources. Toute cette contrée n'est qu'un bûcher, qu'un amas de cendres, dont la sombre couleur rappelle un antique incendie. Elle n'est plus, cette fertilité que Lot admirait autrefois. . . Personne n'est tenté de labourer une terre que le feu du ciel a rendue à jamais stérile. Si quelques sillons à demi tracés essaient d'offrir les dons de l'automne, les yeux peuvent un instant être enchantés à la vue de poires, de pêches ou de pommes qui invitent à les cueillir ; mais à peine touchés, ces mêmes fruits tombent réduits en cendres, et l'on ne trouve plus dans ses mains qu'une poudre vaine. Ainsi le ciel et la terre à la fois n'offrant de toutes parts qu'un vaste tombeau, la mer elle-même y est sans vie ; son calme est celui de la mort ; les chaudes haleines des zéphyrs n'y animent point ses flots ; les autans n'y font pas même bruir ses vagues, et ses abîmes ne recèlent aucun poisson, aucun coquillage, aucun monstre marin qui ait vie. . . . . "
" Voici un autre prodige que présente cette mer attristée. Tout ce qu'on y jette y surnage ; il semble que les corps y soient dépouillés de leur pesanteur ; si au contraire une légère étoupe, flottant sur sa surface dans une écaille comme dans une nacelle, y est allumé au contact de la flamme, et qu'ensuite cette flamme vienne à s'éteindre, les débris de l'embrasement iront p.218 fin p.219 début au fond de l'abîme. C’est ainsi que Sodome et Gomorrhe rappelleront de siècle en siècle le châtiment infligé à ces hommes injustes, qui dans leur endurcissement avaient perdu la crainte de Dieu, et seront un perpétuel avertissement du soin avec lequel Dieu veille du haut du ciel au maintien de ses lois, et étend ses regards sur tout l'univers. "
5. S. CHRYSOSTOME, Hom. IV in Epistolam ad Romanos, de masculorum concubitoribus loquens : " Je ne crains pas d'affirmer que de pareils coupables sont pires que des homicides ; car il vaut mieux mourir, que de vivre en subissant un tel outrage. L'homicide, en effet, ne fait que sépare l'âme du corps, au lieu que cet impudique cause la perte de l'une comme de l'autre. Bref, quelque crime que vous imaginiez, vous ne le trouverez pas comparable à celui-là ; et si ceux qui consentent à en être les victimes sentaient bien leur malheur, ils préféreraient mille morts, plutôt que d'endurer cette ignominie. "
" Rien de plus contraire à la raison, rien de plus incompatible avec le devoir, que cet outrage fait à la nature. Car si saint Paul a dit au sujet de la fornication : Quelque autre péché que l'homme commette, c'est hors de son corps qu'il le commet, mais celui qui commet une fornication pèche contre son propre corps (I Cor., IV, 18) ; que dirons-nous de cette criminelle folie, qui surpasse la fornication en perversité au-delà de tout ce qu'on peut exprimer par le langage humain ? Car je ne dis pas seulement qu'en vous y laissant aller vous devenez femme, d'homme que vous étiez, mais je dis qu'en perdant votre dignité d'homme, vous n'acquérez pour cela rien des attributs de l'autre sexe, qu'ainsi vous déshonorez également les deux, et méritez la répulsion et les rebuts de l'un comme de l'autre. Et pour vous rendre la chose sensible, si quelqu'un vous offrait de vous métamorphose en cet animal dont le cynisme athénien a emprunté le nom, bien loin de l'écouter, ne le fuiriez-vous pas comme la peste ? Mais par ce crime que vous consentez à commettre, vous ne passez pas sans doute à l'espèce canine, mais vous devenez quelque chose de bien plus vil que cet animal ; car un chien est après tout utile à quelque chose, au lieu qu'un pédéraste n'est bon à rien. Que dirai-je en effet ? Si quelqu'un se vantait à nous de pouvoir rendre les hommes susceptibles d'enfanter comme les femmes, ne serions-nous pas indigné de sa proposition ? Mais ceux qui sont possédés de la rage dont nous parlons font de leur corps quelque chose de bien pire ; car il vaudrait mieux pour eux être tout-à- p.219 fin p.220 début fait femmes, que de se faire femmes sans cesser d’être hommes, ou plutôt, d'abjurer, comme ils font, les deux sexes à la fois. Voulez-vous vous convaincre encore d'une autre manière de l’énormité de cette action ? Demandez pourquoi les lois punissent ceux qui font eunuque qui que ce soit de leurs semblables, et on vous dira que c'est uniquement parce que ceux qui le font portent atteinte à l’intégrité du sexe le plus noble. Pourtant, ceux qui se portent à cet acte dénaturé outragent moins la nature que les autres dont nous parlons ici ; car enfin les eunuques, même après avoir subi leur cruelle mutilation peuvent encore être employés à quelque service, au lieu qu'il n'y a pas d'êtres plus inutiles au monde qu'un homme perdu ainsi par la débauche : son corps et son âme ne sont plus que de la boue, que l'on ne peut plus même fouler aux pieds sans danger d'en contracter la souillure. Quels feux de l'enfer pourront être assez ardents pour expier d'aussi énormes crimes ? Que si vous souriez à ce nom d'enfer, si vous faites difficulté de croire à son existence, rappelez-vous le feu qui consuma Sodome : car voilà, oui, voilà même pour la vie présente une image de ce feu à venir. Comme Dieu prévoyait que beaucoup de gens voudraient douter de ce qui suivra la résurrection, il a fait tomber un jour ce feu dévastateur, pour engager les hommes à se former leur foi d'après les choses mêmes qu'il a mises sous leurs yeux.
Tel est en effet cet incendie de Sodome ; et j'en prends témoin ceux qui se sont transportés sur les lieux, et qui ont vu de leurs yeux ces effroyables effets de la vengeance divine, ces traces ineffaçables des foudres célestes. Tâchez de concevoir combien ce péché doit être énorme, puisqu'il a comme contraint l'enfer à faire sur la terre cette irruption prématurée. Comme beaucoup de gens se moquaient de ce qu'ils en entendaient dire, Dieu a voulu, par ce prodige extraordinaire, leur rendre la chose plus croyable en faisant parler les faits. Si la pluie tombée sur Sodome n'était pas naturelle, c'est que les crimes de ses habitants ne l'étaient pas non plus ; et elle a inondé leur ville et leur contrée, comme une passion funeste inondait leurs âmes. C'est pour cela que cette pluie a produit des effets tout contraires à ceux que la pluie produit naturellement, puisqu'au lieu de fertiliser la terre et de lui faire produire des fruits abondants, elle l'a rendue inféconde et tout-à-fait stérile. Tel était aussi l'infâme commerce que pratiquaient entre eux les habitants de Sodome : il frappait les deux sexes à la fois d'impuissance et de stérilité. Y a-t-il rien de plus p.220 fin p.221 début abominable qu'un homme qui s'est fait victime de cette monstrueuse passion ? Y a-t-il rien qui mérité mieux l'exécration du ciel et de la terre ? O fureur ! O aveuglement ! D'où est venue cette passion maudite et ennemie du salut des hommes ; d'autant plus leur ennemie, qu'elle fait périr leurs âmes et leurs corps à la fois ? O hommes indignes de ce nom, plus déraisonnables que les animaux sans raison, plus étrangers à la pudeur que les chiens qui courent nos rues ! Car ceux-ci reconnaissent du moins certaines lois dans leurs accouplements ; au lieu que vous y vous déshonorez tellement votre espèce, que vous la faites descendre au-dessous des plus vils animaux. Quel est le principe de ces vices monstrueux ? L'amour du plaisir et l'ignorance où l'on est de Dieu ; car du moment où l'on perd sa crainte, on devient ennemi de toute vertu (Cf. S. Chrysostomi opera, t. IX, p. 457-458, édit. de Montfaucon ; pag. 498-499, édit. Gaume). "