Grand Catéchisme (Somme de doctrine chrétienne) (page 128)

Pierre Canisius · Doctrine

Texte français, domaine public · Source : jesusmarie.free.fr — Grand Catéchisme, trad. Peltier, tomes 1 à 6 · 205 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

6. TERTULLIEN, de la Pudicité, c. 5 (al.

4) : " Quant aux autres emportements des passions qui attentent aux corps, aux sexes et aux lois de la nature, nous leur interdisons non-seulement le sanctuaire, mais même tout accès de l'église, parce que ce sont, je ne dis pas des péchés, mais des monstruosités (Cf. Les Pères de l’Eglise, etc., trad. par M. de Genoude, t. VII, pag. 737). "

7. S. AUGUSTIN, Confessions, liv. III, c. 8 : "

Les crimes contre nature, tels que ceux de Sodome, appellent partout et toujours l'horreur et le châtiment. Que si tous les peuples imitaient Sodome, ils seraient tenus de la même culpabilité devant la loi divine, qui n'a pas fait les hommes pour user ainsi d'eux-mêmes. Car c'est violer l'alliance qui doit être entre Dieu et nous, que de profaner par de vils appétits de débauche l’ordre naturel dont il est l'auteur (Cf. Les Confessions, etc., trad. par L. Moreau, pag. 77). "

8. Le même, Epist. CIX (al. 211) ad Sanctimoniales

: " L'amour que vous devez vous porter les unes aux autres n'est pas un amour charnel, mais une affection purement spirituelle, Car ces amusements immodestes, ces jeux indécents que se permettent, même entre personnes de leur sexe, des femmes qui ont mis en oubli les lois de la pudeur, doivent rester inconnus, non-seulement aux veuves et aux vierges consacrées à Jésus-Christ, mais même à toute femme et à toute vierge chrétienne. "

9. Le Code de Justinien, Lib. IX, tit. 9, ad legem

Juliam de p.221 fin p.222 début adulteris et stupro, lege XXXI Constantii et Constantis imperatorum : " Lorsque l'homme fait l'office de la femme, qu'attendre de ce commerce contre nature, où les sexes sont pris à rebours ; ou ce qui se pratique est tellement monstrueux, que c'est un crime même d'en parler ; où l'amour revêt une forme incompatible avec lui-même ; où il se dépouille de son attribut distinctif, qui est la fécondité ? Nous voulons que la loi s'arme de son glaive vengeur pour sévir exemplairement contre les enfants les qui se rendent ou se rendront coupables de ce crime monstrueux. "

V des péché capitaux, témoignage 9, tome III, page

451.

Question IV

Que nous dit l’Ecriture du crime de l’oppression exercée à l’égard des pauvres ?

Vous n'attristerez et n’affligerez point l'étranger, dit le Seigneur, parce que vous avez été étrangers vous-mêmes dans le pays d’Egypte. Vous ne ferez aucun tort à la veuve et à l'orphelin. Si vous les offensez en quelque chose, ils crieront vers moi, et j'écouterai leurs cris : et ma fureur s'allumera contre vous ; je vous ferai périr par l’épée et vos femmes deviendront veuves, et vos enfants orphelins. C'est pour cela, je veux dire, par la cruelle oppression qu'elle faisait peser sur les Israélites, que l’Egypte fut frappée de tant de plaies, et que l’armée entière des Egyptiens finit par être engloutie dans la mer avec son roi Pharaon, cet implacable tyran qui avait porté la cruauté jusqu’à ordonner le meurtre de tous les enfants mâles du peuple hébreu. J’ai vu, dit le Seigneur, l'affliction de mon peuple qui est en Egypte ; j'ai entendu le cri qu'il jette à cause de la dureté de ceux qui ont l'intendance des travaux ; et sachant quelle est sa douleur, je suis descendu pour le délivrer des mains des Egyptiens. De là aussi cette menace que Dieu fait entendre par la bouche d’Isaïe : Malheur à ceux qui établissent des lois d'iniquité et qui font des ordonnances injustes pour opprimer les pauvres dans le jugement, pour accabler par la violence, malgré la justice de leur cause, les plus faibles de mon peuple, pour dévorer la veuve comme leur proie, et pour mettre au pillage le bien des pupilles. On lit dans le même prophète ce reproche adressé à l'injustice et à l'inhumanité des magistrats : Vos princes sont des infidèles ; ils sont les compagnons des voleurs ;

p.222 fin p.223 début tous aiment les présents, ils ne cherchent que le gain et l’intérêt. Ils ne font point justice aux pupilles, et la cause de la veuve n’a point d'accès auprès d’eux.

On y lit encore ces autres paroles : Mon peuple a été dépouillé par ses exacteurs. Et il n'est pas douteux que souvent des villes et des provinces entières sont menacées des plus grands malheurs pour ce crime détestable que commettent sans scrupule leurs magistrats.

TEMOIGNAGES DE L’ECRITURE.

1. Exode, XXII, 24, 25-27 : "Vous ne contristerez ni n'affligerez l'étranger etc. (comme dans le corps de la réponse). - Si vous prêtez de l’argent à ceux de mon peuple qui sont pauvres parmi vous, vous ne les presserez point comme ferait un exacteur impitoyable, et vous ne les accablerez point d'usures. - Si votre prochain vous a donné son habit pour gage, vous le lui rendrez avant le coucher du soleil. - Car c'est le seul habit qu'il ait pour se vêtir, c'est la seule couverture qu'il ait pour mettre sur lui quand il dort ; s'il crie vers moi, je l'exaucerai : car je suis bon et compatissant. "

2. Deutéronome, XV, 7-11 : " Si, dans le pays que le Seigneur votre Dieu doit vous donner, quelqu'un de ceux de vos frères qui demeureront dans votre ville tombe dans la pauvreté, vous n'endurcirez point votre cœur et vous ne fermerez point votre main ; - mais vous l'ouvrirez au pauvre, et vous lui prêterez ce dont p.223 fin p.224 début vous verrez qu'il aura besoin. - Gardez-vous de vous laisser surprendre à cette pensée impie, et de dire dans votre cœur : La septième année, qui est l'année de la rémission, approche ; et de détourner ainsi vos yeux de dessus votre frère qui est pauvre, sans vouloir lui prêter ce qu'il vous demande, de peur qu'il ne crie contre vous vers le Seigneur, et que cela ne vous soit imputé à péché. - Mais vous lui donnerez, et vous ne montrerez point un mauvais cœur lorsqu'il s'agira pour vous de soulager sa misère afin que le Seigneur votre Dieu vous bénisse en tout temps et dans toutes les choses que vous entreprendrez. - Il y aura toujours des pauvres dans le pays où vous habiterez. C’est pourquoi je vous ordonne d'ouvrir votre main à votre frère pauvre et sans secours, qui se trouvera demeurer avec vous dans votre pays. "

3. Ibid., XXIV, 10-13, 17 : " Lorsque vous redemanderez à votre prochain quelque chose qu'il vous devra, vous n'entrerez point dans sa maison pour en emporter quelque gage ; - mais vous vous tiendrez dehors, et il vous donnera lui-même ce qu'il aura. - S'il est pauvre, le gage qu'il vous aura donné ne passera pas la nuit dans votre maison ; mais vous le lui rendrez aussitôt avant le coucher du soleil, afin que, dormant dans son vêtement, il vous bénisse, et que vous soyez trouvé juste devant le Seigneur votre Dieu. Vous ne violerez point la justice dans la cause de l’étranger et de l'orphelin, et vous n’ôterez point à la veuve son vêtement pour qu'il vous tienne lieu de gage. "

4. Ecclésiastique, XXXV, 16-19 : " Le Seigneur ne fera point acception de personnes contre le pauvre, et il exaucera la prière de l'opprimé. - Il ne méprisera point la prière de l'orphelin, ni les gémissements que la veuve répandra devant lui. - Les larmes de la veuve ne descendent-elles pas sur son visage, et ne crient-elles pas vengeance contre celui qui les fait couler ? - Du visage de la veuve, elles montent jusqu'au ciel ; et le Seigneur, qui l’exauce, ne se plaira point à la voir pleurer. "

5. JEREMIE, XXI, 12 : " Maison de David, voici ce que dit le Seigneur : Rendez la justice dès le matin, et délivrez l'opprimé des mains de son persécuteur, de peur que mon indignation ne s'allume comme un feu, et qu'elle ne s’embrase sans que personne puisse l’éteindre, à cause de la perversité de vos pensées. "

6. Id., XXII, 3-5 : " Voici ce que dit le Seigneur

: Agissez selon l'équité et la justice ; délivrez l'opprimé des mains de son persécuteur ; ne contristez ni l’étranger, ni l'orphelin, ni la veuve ; p.224 fin p.225 début ne les opprimez pas injustement, et ne répandez pas le sang innocent en ce lieu. - Si vous observez avec soin cette ordonnance, il passera par les portes de ce palais des rois de la race de David, qui s'assiéront sur son trône, et qui monteront, eux et leurs serviteurs et leurs peuples, sur des chariots et sur des chevaux. - Que si vous n'écoutez point mes paroles, je jure par moi-même, dit le Seigneur, que ce palais sera réduit en une solitude. "

7. MALACHIE, III, 5 : " Je me hâterai de venir, pour être moi-même juge et témoin contre les empoisonneurs, contre les adultères et les parjures, contre ceux qui retiennent le salaire de l'ouvrier, qui oppriment les veuves, les orphelins et les étrangers, sans être retenus par ma crainte, dit le Seigneur des armées. "

8. II Samuel, XII, 1-6 : " Le Seigneur envoya donc

Nathan vers David ; et Nathan étant venu le trouver, lui dit : Il y avait dans une ville deux hommes, dont l'un était riche, et l'autre pauvre. - Le riche avait un grand nombre de brebis et de bœufs ; - au lieu que le pauvre n'avait en tout qu'une petite brebis, qu'il avait achetée et nourrie, qui avait été élevé dans sa maison parmi ses enfants, mangeant de son pain, buvant dans sa coupe, et dormant sur son sein ; et il la chérissait comme sa fille. - Un étranger étant venu voir le riche, celui-ci ne voulut point toucher à ses brebis ni à ses bœuf pour lui faire festin ; mais il prit au pauvre sa brebis, qu'il donna à manger à son hôte. - David, indigné, dit à Nathan : Vive le Seigneur ! L'homme qui a fait cette action est un enfant de la mort. - Il rendra quatre fois le prix de la brebis, pour avoir agi de la sorte, et pour n'avoir point épargné le pauvre. "

9. Exode, VII, VIII, IX, X, XII et XIV, où sont rapportées les diverses plaies dont l'Egypte fut frappée en punition de l'oppression que Pharaon faisait peser sur le peuple hébreu. "

10. Exode, I, 8-16, 22 : " Cependant il s'éleva en Egypte un roi nouveau, à qui Joseph était inconnu. - Et il dit à son peuple : Vous voyez que le peuple d'Israël est devenu très-nombreux et plus fort que nous. - Venez, opprimons-le habilement, de peur qu'il ne se multiplie de plus en plus, et que s'il s'élève quelque guerre, il ne se joigne à nos ennemis, et qu'après nous avoir vaincus, il ne sorte de l’Egypte. - Il établit donc sur eux des intendants pour les accabler de travaux ; et les Israélites bâtirent à Pharaon des villes pour servir de magasins, Phithom et Ra- p.225 fin p.226 début messès. - Mais plus on les opprimait, plus leur nombre se multipliait et s'élevait. - Les Egyptiens haïssaient les enfants d'Israël, et les affligeaient en les insultant ; - et ils leur rendaient la vie à charge, en les condamnant à des ouvrages de mortier et de briques, et aux travaux de la terre et au plus dur esclavage. - Et le roi d'Egypte parla aux sages-femmes des Hébreux, dont l'une se nommait Séphora et l'autre Phua, - et il leur fit ce commandement: Quand vous recevrez les enfants que viendront enfanter les femmes des Hébreux, et au moment de l'enfantement, si c'est un enfant mâle, tuez-le ; si c'est une fille, laissez-la vivre. . . - Alors Pharaon fit ce commandement à tout son peuple : Jetez dans le fleuve tous les enfants mâles qui viendront à naître et ne réservez que les filles. "

11. Ibid., XIV, 27-28 : " Moise étendit donc la main sur la mer, et dès la pointe du jour elle retourna au même lieu qu'elle avait auparavant occupé. Et les eaux vinrent à la rencontre des Egyptiens qui s'enfuyaient, et le Seigneur les enveloppa au milieu des flots. - Et les eaux se retournèrent et couvrirent les chars et les cavaliers de toute l'armée de Pharaon qui était entré dans la mer en poursuivant Israël, et il n'en échappa pas un seul. "

13. ISAIE, X, 1, 3-4 : " Malheur à ceux qui établissent, etc. (comme dans le corps de la réponse). - Que ferez-vous au jour où Dieu vous visitera, au jour des calamités qui viendront fondre sur vous des régions lointaines ? A qui aurez-vous recours ? A qui confierez-vous le soin de votre gloire, - pour n’être point accablés sous le poids des chaînes, pour ne pas tomber sous un monceau de corps morts ? Après tous ces maux, sa fureur n'est point encore apaisée, et son bras est toujours levé. "

14. Deutéronome, XXVII, 19 : " Maudit celui qui viole la justice dans la cause de l'étranger de l'orphelin et de la veuve. Et tout le peuple répondra : Amen. "

15. JOB, XXIV, 1-4,9-13 : " Les temps ne sont point cachés au Tout-Puissant ; ceux qui le connaissent ignorent ses jours. - Les uns outrepassent les limites de leurs terres, ravissent les troupeaux et les emmènent dans leurs pâturages. - Ils enlèvent à l'orphelin l'âne qui est toute sa richesse, et ils prennent à titre de gage le bœuf de la veuve. - Ils détournent le pauvre de la voie qu'il voudrait tenir, et les affligés de la terre se cachent à leur approche. - Ils p.226 fin p.227 début ravissent le bien de l'orphelin, et ils dépouillent l’indigent. - Ils arrachent à ceux qui sont nus leurs derniers vêtements, et à ceux qui ont faim leurs dernières gerbes. - Ils se reposent sur le midi au milieu des tas de ceux qui, après avoir foulé le vin dans leurs pressoirs, sont épuisés par la soif. - Ils font gémir les hommes dans les villes, et les âmes blessées poussent leurs cris ; et Dieu ne tirera pas de tout cela une éclatante vengeance ? - Ils ont été rebelles à la lumière ; ils n'ont point connu les voies de Dieu, et ils ne sont point revenus dans ses sentiers. "

16. MATTHIEU, XXIII, 14 : " Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites, qui, sous prétexte de vos longues prières, dévorez les maisons des veuves ; c'est pour cela que vous subirez une condamnation plus rigoureuse. "

18. JEREMIE, V, 28-29 : " Ils sont gras, ils sont vigoureux

; et ils violent ma loi par les actions les plus criminelles : ils ne prennent point la défense de la veuve ; ils ne soutiennent point le droit du pupille, et ne font point justice aux pauvres. - Ne punirai- je point ces excès, dit le Seigneur, et ne me vengerai-je point d'une nation si criminelle ? "

19. ZACHARIE, VII, 8-11 : " Le Seigneur parla ensuite à Zacharie, et lui dit : - Jugez selon la vérité et que chacun exerce la miséricorde et la charité envers son frère - N'opprimez ni la veuve, ni le pupille, ni l'étranger ni le pauvre, et que nul ne forme dans son cœur de mauvais desseins contre son frère. - Mais ils n'ont pas voulu m'écouter ils m'ont tourné le dos, et ont appesanti leurs oreilles pour ne pas m'entendre. "

20. Psaume XCIII, 3-9 : " Jusqu’à quand,

Seigneur, jusqu’à quand les pécheurs se glorifieront-ils ? - Jusqu’à quand leur bouche vomira-t-elle l'outrage ? Jusqu’à quand parleront-ils avec jactance, tous ces artisans d'iniquité ? - Ils ont, Seigneur, humilié votre peuple, ils ont opprimé votre héritage. - Ils ont mis à mort la veuve et l'étranger ; ils ont immolé l'orphelin. - Ils ont dit : Le Seigneur ne voit point, le Dieu de Jacob n'entend point. - Détrompez-vous, ô les plus insensés du peuple, hommes stupides, ayez enfin de la raison. - Quoi ! celui qui a construit l'oreille n'entendrait pas ? celui qui a formé l'œil ne verrait pas ? "

21. AMOS, V, 11-12 : " Parce que vous avez foulé aux pieds le pauvre, et que vous lui avez enlevé son froment, vous bâtirez des maisons, et vous ne les habiterez point, vous p.227 fin p.228 début planterez des vignes délicieuses, et vous n'en boirez point le vin. - Car je connais vos crimes qui sont en grand nombre ; je sais que vous êtes puissants à faire le mal, que vous êtes les ennemis du juste, que vous recevez des présents, et que vous opprimez le pauvre à la porte des villes. "

22. ISAIE, III, 12, 14-15 : " Mon peuple a été dépouillé par ses exacteurs. - Le Seigneur entrera en jugement avec les anciens et les princes de son peuple, parce que vous avez dévoré la vigne, et rempli vos maisons de la dépouille du pauvre. - Pourquoi foulez-vous aux pieds mon peuple ? pourquoi meurtrissez-vous de coups le visage des pauvres, dit le Seigneur Dieu des armées. "

Question V

Quel crime enfin y a-t-il, d’après l’Ecriture, à retenir ou à diminuer le salaire des ouvriers ? Nous lisons dans l’épître de saint Jacques le reproche véhément que cet apôtre fait aux riches au sujet de leur avarice inhumaine, et de l'extrême injustice dont ils se rendent coupables en frustrant les ouvriers de leur salaire. Sachez, leur disait-il, que le salaire que vous faites perdre aux ouvriers qui ont fait la récolte de vos champs, crie contre vous, et que leurs cris sont montés jusqu'aux oreilles du Dieu des armées. L’Ecclésiastique contient sur ce même sujet les maximes suivantes : Un peu de pain, voilà la vie des pauvres ; celui qui le leur ôte est un homme de sang. Celui qui arrache à un homme le pain de ses sueurs, est comme celui qui assassine son prochain. Celui qui répand le sang et celui qui prive le mercenaire de sa récompense sont frères. Voilà donc ce qui a été prescrit sur cet article par la loi de Dieu : Vous ne refuserez point à celui qui est indigent et pauvre ce que vous lui devez, n'importe qu'il soit votre frère ou qu'étant venu de dehors il demeure avec vous dans votre pays et dans votre ville ; mais vous lui rendrez le même jour le prix de son travail avant le coucher du soleil, parce qu'il est pauvre et qu'il n'a que cela pour vivre, de peur qu'il ne crie contre vous vers le Seigneur, et que le sujet de ses cris ne vous soit imputé à péché. p.228 fin p.229 début TEMOIGNAGES DE L’ECRITURE.

3. Ibid., VII, 22-23 : " Ne maltraitez point le serviteur qui travaille avec fidélité, ni le mercenaire qui vous prodigue sa vie. - Que le serviteur intelligent vous soit cher comme votre âme ; ne lui refusez pas la liberté qu'il mérite et ne le laissez pas tomber dans l'indigence. "

5. Lévitique, XIX, 13 : " Vous n'opprimerez point votre prochain, et vous n'usurperez point son bien ; le prix du mercenaire qui vous donne son travail ne demeurera point chez vous jusqu'au matin. "

6. Tobie, IV, 15 : " Lorsqu'un homme aura travaillé pour vous, payez-lui aussitôt son salaire, et que la récompense du mercenaire ne demeure jamais chez vous. "

7. MALACHIE, III, 5 : " Alors je me hâterai de venir, pour être moi-même juge et témoin contre les empoisonneurs, contre les adultères et les parjures, contre ceux qui retiennent le salaire de l'ouvrier, qui oppriment les veuves, les orphelins et les étrangers, sans être retenus par ma crainte, dit le Seigneur des armées. "

Question VI

A quelle partie de la doctrine chrétienne convient-il de rapporter toute cette étude sur les péchés et à quoi peut-elle être utile ?

Cette étude se rapporte à la première partie de la justice chrétienne, qui consiste à discerner et à éviter le mal. Le fruit doit en être de faire un sage discernement de ce qui est mal, ou con- p.229 fin p.230 début traire à la loi de Dieu, et par-là même au salut des hommes, afin de s'en préserver, ou de l'expier par une prompte pénitente, si l'on ne s'en est pas suffisamment garanti. Cette étude nous fait connaître en même temps en quoi le sage diffère de l'insensé et le juste de l'impie : car, comme nous le dit l'écrivain sacré, le sage craint et se détourne du mal ; l’insensé passe outre, et se croit en sûreté. En effet, l'insensé ne reçoit point les paroles de prudence, si vous ne lui parlez selon ce qu'il a dans le cœur, comme l'atteste Salomon, qui a dit encore ces paroles : Le sentier des justes est comme la rivière qui va toujours croissant jusqu’à ce qu'elle illumine tout l'espace. La voie des méchants n’est que ténèbres ; ils ne savent où ils tombent. La plupart des hommes, avouons-le, vivent dans une ignorance honteuse relativement aux péchés dont nous venons de faire le détail et qui perdent les âmes en tant de manières ; d'autres, quoiqu'ils en aient la connaissance distincte, ne prennent pas soin de les éviter ou ne les détestent pas comme ils le doivent. Mais les plus coupables de tous sont ceux qui s'endurcissent dans l'habitude du péché et auxquels s'applique cette maxime du Sage : Lorsque le méchant est descendu au plus profond des péchés, il méprise tout ; mais l'ignominie et l'opprobre le suivent. Ce que le méchant dont veut parler le Sage méprise en particulier, ce sont les règles de la justice chrétienne qui ont pour objet non-seulement la connaissance et le discernement des péchés mais les mesures à prendre pour s'en garantir ou pour les expier.

p.230 fin p.231 début TEMOIGNAGES DE L’ECRITURE.

Proverbes, XIV, 16 ; XVIII, 2 ; IV, 18, 19 ; XVIII, 3 (comme dans le corps de la réponse).

TEMOIGNAGES DE LA TRADITION.

1. S. AUGUSTIN, De gratiâ et libero arbitrio, c. 3 : " Ceux-là mêmes qui ne connaissent pas la loi de Dieu ne seront pas pour cela exempts de punition ; car tous ceux qui ont péché sans être sous la loi, périront sans être jugés par la loi ; et ceux qui ont péché étant sous la loi, seront jugés par la loi (Rom., II, 12).

Je ne crois pas que la pensée de l'Apôtre, lorsqu'il parlait ainsi, ait été de faire entendre que ceux qui pèchent sans connaître la loi seront jugés plus sévèrement que ceux qui la connaissent. Car, quoiqu’il semble que le mot périr dont il se sert à l'égard des premiers, soit plus dur que celui d’être jugé qu'il emploie à l'égard des seconds, il faut faire attention à la suite de son discours. Il parle en cet endroit des gentils et des juifs, dont les premiers n'étaient pas sous la loi, au lieu que les seconds y étaient assujettis. Or, qui oserait prétendre que les juifs qui pèchent sous la loi ne périront pas pour n'avoir pas cru en Jésus-Christ, parce que saint Paul dit d'eux qu’ils seront jugés parla loi ?

C'est une vérité constante, que personne ne peut être sauvé sans la foi en Jésus-Christ. Ces juifs subiront donc un jugement qui les condamnera à périr éternellement.

En effet, si la condition de ceux qui ignorent la loi de Dieu était pire que celle de ceux qui la connaissent, comment serait vraie cette parole de Jésus-Christ dans l’Evangile : Le serviteur qui n'a pas connu la volonté de son maître et qui fait des choses dignes de punition, sera battu plus légèrement ; mais celui qui connaît la volonté de son maître et qui fait des actions punissables, sera battu plus rudement ? Ce passage fait voir qu'un homme qui connaît la loi pèche plus grièvement que celui qui ne la connaît pas ; et il fait voir en même temps qu'il ne faut pas pour cela chercher une ressource dans les ténèbres de l'ignorance, pour y trouver une excuse. Car il y a bien de la différence entre ne pas savoir, et ne pas vouloir savoir. C'est une volonté très-condamnable dans un homme, que celle dont il est dit : Il n'a pas voulu s'instruire pour faire le bien (Ps. XXXV, 4). Pour ceux qui ne sont pas du nombre de ces personnes qui ne veulent pas savoir, mais qui sont simplement dans l'ignorance, leur ignorance ne les excuse pas de ma- p.231 fin p.232 début nière à les exempter d'être punis par le feu éternel, quoique leur supplice puisse être moins rigoureux. Tel sera le sort de tous ceux qui n'ont pas la foi, quand même ce défaut de foi viendrait de ce que la foi ne leur aurait pas été prêchée. Car ce n'est pas sans fondement que David dit à Dieu : Répandez votre colère sur les nations qui ne vous connaissent pas (Ps. LXXVIII, 6), et que saint Paul nous apprend que le Seigneur viendra au milieu des flammes exercer sa vengeance sur ceux qui ne connaissent pas Dieu (II Thess., I, 8). Cependant cette ignorance même n'est pas pleinement involontaire. L'Ecriture nous en fournit une preuve, lorsqu'elle invite la volonté de l'homme à acquérir la science du salut, en nous disant : Ne soyez pas comme le cheval et le mulet qui n'ont pas d'intelligence (Ps. XXXI, 9). Et par-là elle enlève à l'homme le prétexte de dire : Je n'ai pas su, personne ne m'a instruit, j'ai manqué d'intelligence ; et de se croire pour cela innocent. Il est pourtant vrai qu'un tel homme, quoique coupable, l'est beaucoup moins que celui dont l'Ecriture fait ce portrait : Le mauvais serviteur ne sera pas corrigé par des paroles, parce qu'encore qu'il entende bien, il n'obéira pas (Prov., XXIX, 19). Enfin il y a une autre espèce de pécheurs. Ce sont Ceux qui disent avec sincérité : Je ne puis faire le bien qui m'est ordonné parce que je suis maîtrisé par ma convoitise. Ce pécheur ne s'excuse pas sur son ignorance ; il ne rejette pas non plus son péché sur Dieu ; il reconnaît le mal qui est en lui, et il en est affligé, et cependant saint Paul dit à ce même homme : Ne vous laissez pas vaincre par le mal, mais surmontez le mal par le bien (Rom., XII, 21). C'est à la volonté même que s'adresse ce précepte de ne pas se laisser vaincre : il l'avertit qu'elle n'est vaincue que parce qu'elle le veut. Car vouloir et ne pas vouloir, sont des actes propres de la volonté. "

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