Grand Catéchisme (Somme de doctrine chrétienne) (page 130)

Pierre Canisius · Doctrine

Texte français, domaine public · Source : jesusmarie.free.fr — Grand Catéchisme, trad. Peltier, tomes 1 à 6 · 205 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

34. JACQUES, V, 19-20 : " Mes frères, si quelqu'un d'entre vous s'éloigne du chemin de la vérité et que quelqu'un l'y fasse rentrer, - qu'il sache que celui qui convertira un pécheur et le retirera de son égarement sauvera son âme de la mort et couvrira la multitude de ses péchés. "

35. LUC, VII, 44-48 : " Et se tournant vers la femme, il dit à Simon : Voyez-vous cette femme ? Je suis entré dans votre maison : vous ne m'avez point donné d'eau pour laver mes pieds ; et elle au contraire a arrosé mes pieds de ses larmes, et les a essuyé de ses cheveux. - Vous ne m'avez point donné de baiser ; mais elle, depuis que je suis entré, n'a cessé de coller sa bouche sur mes pieds. - Vous n'avez point répandu d'huile sur ma tête, et elle a répandu ses parfums sur mes pieds. - C'est pourquoi je vous déclare que beaucoup de péchés lui sont remis, parce qu'elle a beaucoup aimé mais celui à qui on remet moins, aime moins. - Alors il dit à cette femme : Vos péchés vous sont remis. "

37. I PIERRE, IV, 8 : " Avant tout, ayez une charité persévérante les uns pour les autres ; car la charité couvre la multitude des péchés. "

38. Psaume L, 19 : " Le sacrifice qui plaît à Dieu, c'est un cœur touché de repentir ; vous ne rejetterez pas, ô mon Dieu ! un cœur contrit et humilié. "

39. LUC, XVIII, 13-14 : " Le publicain, au contraire, se tenant éloigné n'osait pas même lever les yeux au ciel ; mais il se frappait la poitrine, en disant : Mon Dieu, ayez pitié de moi qui suis un pécheur. - Je vous déclare que celui-ci s'en retourna justifié chez lui, et non pas l'autre. "

40. MATTHIEU, XVIII, 32 : " Alors son maitre l'ayant fait venir, lui dit : Méchant serviteur, je vous avais remis tout ce que vous me deviez, parce que vous m'en aviez prié. " p.243 fin p.244 début

41. Ecclésiastique, XXI, 1 : " Mon fils, avez-vous péché, ne péchez plus à l'avenir ; mais priez pour vos fautes passées, afin qu'elles vous soient pardonnés. "

45. JONAS, III, 5-9 : " Les Ninivites crurent à

Dieu ; ils ordonnèrent un jeûne public, et se couvrirent de cilices depuis le plus grand jusqu'au plus petit. - Cette nouvelle ayant été portée au roi de Ninive, il se leva de son trône, quitta ses habits, se couvrit d'un sac et s'assit sur la cendre. - Ensuite il fit crier partout et publier dans Ninive cet ordre : Que les hommes et les bêtes, les bœufs et les brebis, ne mangent rien : qu'on ne les mène point aux pâturages, et qu'ils ne boivent point d'eau. - Que les hommes soient couverts de sacs, ainsi que les animaux, et qu'ils crient vers Dieu de toute leur force ; que chacun se convertisse ; que chacun quitte sa mauvaise voie et l'iniquité dont ses mains sont souillées. - Qui sait si Dieu ne reviendra point à nous pour nous pardonner, s'il n'apaisera point sa fureur, et s'il ne révoquera pas l'arrêt de notre perte, qu'il a prononcé dans sa colère ? "

46. MATTHIEU, XII, 41 : " Les Ninivites s'élèveront au jour du jugement contre cette race, et la condamneront ; car ils ont fait pénitence à la prédication de Jonas, et il y a ici plus que Jonas. "

47. LUC, XI, 32 : " Les Ninivites s'élèveront au jour du jugement contre ce peuple, et le condamneront ; car ils ont fait pénitence à la prédication de Jonas, et cependant il y a ici plus que Jonas. "

48. I Rois, XXI, 25-29 : " Achab n'eut donc point son semblable en méchanceté, étant comme vendu pour faire le mal aux yeux du Seigneur ; car il y était excité encore par Jézabel sa femme. - Et il devint tellement abominable, qu'il suivait le culte des idoles des Amorrhéens, que le Seigneur avait exterminés à l'entrée des enfants d'Israël dans le pays. - Achab ayant entendu ces paroles déchira ses vêtements, couvrit sa chair d'un cilice, jeûna, et dormit enveloppé d'un sac, et il ne marchait plus que la tête baissée. Alors le Seigneur adressa sa parole à Elie de Thesbé et lui dit : - N'avez-vous pas vu Achab p.244 fin p.245 début humilié devant moi ? Puis donc qu'il s'est humilié à cause de moi, je ne ferai point tomber sur lui, pendant qu'il vivra, les maux dont je l'ai menacé ; mais, sous le règne de son fils, je les ferai tomber sur sa maison. "

49. Sagesse, XI, 24 : " Vous avez compassion de tous les hommes, parce que vous pouvez tout ; et vous dissimulez leurs péchés afin qu'ils fassent pénitence. "

51. Nombres, XXV, 11-13 : " Phinées, fils d’Eléazar, fils du prêtre Aaron, a détourné ma colère de dessus les enfants d'Israël, parce qu'il a été animé de mon zèle contre eux, pour m'empêcher moi-même d'exterminer les enfants d'Israël dans ma fureur. - C'est pourquoi dites-lui que je lui donne la paix de mon alliance, - et que le sacerdoce lui sera assuré à lui et à sa race, par un pacte éternel parce qu'il a été zélé pour son Dieu, et qu'il a expié le crime des enfants d'Israël. "

52. Psaume CV, 30-34 : " Mais Phinées se leva, et il répara l'injure, et le fléau cessa ses ravages. - Et ce zèle lui valut le prix dû à la justice, comme il a été payé à sa race de génération en génération. "

54. Actes, VIII, 22-25 : " Faites donc pénitence d'un si grand péché et priez Dieu qu'il vous pardonne, s'il est possible, cette pensée de votre cœur ; - car je vois que vous êtes rempli d'un fiel amer, et engagé dans les liens de l'iniquité (dit saint Pierre à Simon le magicien). "

55. II Corinthiens, VII, 10 : " Car la tristesse qui est selon Dieu produit pour le salut une pénitence stable ; mais la tristesse de ce monde produit au contraire la mort. "

57. II Timothée, II, 19-21 : " Le Seigneur connaît ceux qui sont à lui, et, quiconque invoque le nom du Seigneur, qu'il s’éloigne de l'iniquité. - Au reste, dans une grande maison, il n'y a pas seulement des vases d'or et d'argent, mais il y en a aussi de bois et de terre ; et tandis que les uns servent à des usages honorables, les autres sont réservés à des usages honteux. - Celui donc qui se conservera pur en s'abstenant de ces choses dont j’ai parlé sera un vase d'honneur, un vase saint, p.245 fin p.246 début propre au service du Seigneur et prêt pour toutes sortes de bonnes œuvres. "

59. EZECHIEL, XVIII, 27 : " Et lorsque l'impie se sera détourné de l'impiété dans laquelle il aura été jusque -là, et qu'il agira selon l'équité et la justice, il rendra ainsi la vie à son âme. "

60. I Corinthiens, III, 12-15 : " Si ensuite on élève sur ce fondement un édifice d’or, d'argent, ou de pierres précieuses ou si l'on en élève un de bois, de foin, de paille, - l'ouvrage de chacun paraîtra enfin, et le jour du Seigneur le fera connaître tel qu'il est ; car c'est par le feu qu'il se manifestera ; et ce feu mettra à l'épreuve l'ouvrage de chacun. - Celui qui aura bâti sur ce fondement un ouvrage qui résiste à une telle épreuve en recevra la récompense. - Celui dont l'ouvrage aura été consumé par le feu, en souffrira de la perte : il ne laissera pas néanmoins d’être sauvé, mais ce ne sera que comme en passant par le feu. "

TEMOIGNAGES DE LA TRADITION.

1. Le concile de Trente, session V, canon 3 : " Si quelqu'un ose dire que le péché d'Adam, qui est un dans sa source, et qui étant transmis à tous par voie de propagation, et non d'imitation, devient propre à chacun, peut être effacé ou par les forces de la nature humaine, ou par quelque autre remède que par les mérites de Jésus-Christ Notre-Seigneur, l'unique médiateur, qui nous a réconcilié à Dieu par l'effusion de son sang, en se faisant ainsi notre justice, notre justification et notre rédemption ; ou si quelqu'un nie que ces mêmes mérites de Notre-Seigneur Jésus-Christ soient appliqués tant aux enfants qu'aux adultes, par le sacrement de Baptême quand il est conféré dans la forme prescrite par l’Eglise : qu'il soit anathème puisqu'il n'y a point d'autre nom sous le ciel, donné aux hommes, par lequel nous puissions être sauvés (Act., IV, 42) ; ce qui a donné lieu à cette parole : Voici l'agneau de Dieu, voici celui qui efface les péchés du monde (JEAN, I, 5) , et à cette autre : Vous tous qui avez été baptisés, vous avez été revêtus de Jésus-Christ (Gal., III, 27). "

2. Le même concile, session VI, chapitre 2 : " De là il est arrivé que le Père céleste, le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation, qui, tant avant la loi que sous la loi avait annoncé et promis Jésus-Christ son Fils à plusieurs saints p.246 fin p.247 début patriarches, l'a envoyé aux hommes lorsque les temps ont été heureusement accomplis, pour racheter les Juifs qui étaient sous la loi, et faire embrasser la justice aux gentils qui ne la cherchaient pas, pour faire enfin de tous les hommes les enfants adoptifs de Dieu. C'est ce même Jésus-Christ que Dieu a proposé pour être, par la foi que nous aurions dans la vertu de son sang, la victime de propitiation pour nos péchés, et non-seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier. "

3. Même session, chapitre 7 : " La cause méritoire de notre justification, c'est le Fils unique et bien-aimé de Dieu, Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui, lorsque nous étions ses ennemis, nous l'a mérité en souffrant pour nous sur la croix par un effet de l'amour extrême dont il nous a aimés et a satisfait pour nous à Dieu le Père. "

4. Ibidem, chapitre 8 : " Quand nous entendons dire à l’Apôtre que l'homme est justifié par la foi, et d'une manière gratuite (Rom., V, 22), nous devons prendre ces paroles dans le sens que l'Eglise catholique s'est toujours accordée à leur attacher, et dans lequel elle les a toujours expliquées aux fidèles, savoir, qu'il est dit de nous que nous sommes justifiés par la foi, parce qu'en effet la foi est le commencement de notre salut, qu'elle en est le fondement, qu'elle est la racine de toute justification, et que sans elle il nous est impossible de plaire à Dieu (Hébr., XI, 6) et d’être rangé au nombre de ses enfants ; ensuite, que c'est gratuitement que nous sommes justifiés, parce que rien de ce qui précède la justification, soit la foi, soit les œuvres ne peut nous mériter la grâce de la justification elle-même : car, si c'est une grâce, elle n'est donc pas l'effet de nos œuvres autrement, comme le dit le même apôtre (Rom., XI, 6), et cette grâce n'en serait plus une. "

5. S. AUGUSTIN, Tract. LXVII in Evangelium Joannis

: " On ne saurait rejeter avec trop de force ceux qui, abusant de ce passage de l’Ecriture (In domo Patris mei mansiones multæ sunt, JEAN, XIV, 2), veulent s'en servir pour établir un lieu mitoyen, hors du royaume des cieux, qui ne soit ni le paradis ni l'enfer, pour y placer les enfants morts sans baptême qui sans ce sacrement ne peuvent prétendre à ce royaume céleste. Une foi semblable n'est point la vraie foi ; car ce n'est point là la véritable foi catholique (Cf. Traité de saint Augustin sur l'Evangile de saint Jean, tome III, pag. 273-274). " p.247 fin p.248 début

6. S. LEON- LE-GRAND, Serm. IV de nativitate Domini

: " Une foi véritable et sincère est le meilleur rempart qu'on puisse opposer (aux faux docteurs) ; cette foi incapable de changement, et à laquelle on ne peut rien ajouter, pas plus qu'on n'en peut rien retrancher. Si la foi n'est simple, dit l'Apôtre, ce n'est plus une véritable foi. Il n'y a qu'un Seigneur, qu'une foi et qu'un baptême. Il n'y a qu'un Dieu père de tous, qui est au-dessus de tous, qui étend sa providence sur tous, et qui réside en nous tous (Eph., IV, 5). Attachez-vous, mes frères à cette unité avec une fermeté inébranlable, afin de conserver la sainteté : que la foi vous aide à remplir tous les commandements du Seigneur : car sans la foi il est impossible de plaire à Dieu ; sans la foi il n'y a rien de saint, rien de chaste, rien qui ait vie. Le juste vit par la foi : celui qui la perd, en se laissant séduire par les artifices du diable, est mort, quoiqu'il paraisse vivant. Comme la foi est le principe de la justice, elle est aussi le principe de la vie éternelle, selon cette parole du Sauveur du monde : Or, la vie éternelle consiste à vous connaître vous qui êtes le seul Dieu véritable, et Jésus-Christ que vous avez envoyé (Cf. Sermons de saint Léon-le-Grand, pag. 119-120). "

7. ORIGENE, Hom., lib. II in Leviticum : " Vous venez de voir combien il y a dans la loi de sacrifices pour les péchés ; voyez maintenant combien il y a de moyens institués dans l’Evangile pour les remettre. L'Evangile nous montre le premier de tous dans le baptême que nous recevons pour la rémission de nos péchés, le second, dans le martyre souffert pour Jésus-Christ ; le troisième, dans l'aumône. Car le Sauveur a dit lui-même : Donnez l’aumône de ce que vous avez et tout sera pur pour vous (LUC, XI, 41). Le quatrième moyen d'obtenir la rémission de nos péchés, c'est de pardonner à nos frères les offenses dont ils se seraient rendus coupables envers nous. Car voici à ce sujet les paroles de Notre-Seigneur : Si vous remettez du fond du cœur à vos frères ce qu'ils vous doivent, votre Père vous remettra à vous-mêmes vos péchés ; si au contraire vous ne leur pardonnez pas du fond du cœur, votre Père ne vous pardonnera pas non plus. Lui-même nous a appris à dire dans nos prières : Remettez-nous nos dettes, comme nous remettons les leurs à ceux qui nous doivent (MATTH., VI, 12). Le cinquième moyen d'obtenir la rémission de nos péchés, c'est de convertir quelque pécheur et de le retirer de son égarement. Car voici comme s'en explique p.248 fin p.249 début la sainte Ecriture : Celui qui convertira un pécheur et le retirera de son égarement, sauvera une âme de la mort, et couvrira une multitude de péchés (JAC., V, 20). Le sixième, c'est un amour ardent pour Dieu, ainsi que Notre-Seigneur l'a dit lui-même : Je vous le dis en vérité, beaucoup de péchés lui sont remis, parce qu’elle a beaucoup aimé (LUC, VII, 47). L'Apôtre a dit aussi : La charité couvre la multitude des péchés (I PIERRE, IV, 8). Il est encore un septième moyen, quoique pénible autant que laborieux :

c'est la pénitence, qui consiste en ce que le pécheur lave son lit de ses larmes, s'en repaisse la nuit et le jour, et ne rougisse pas de déclarer son péché au prêtre du Seigneur, et de lui en demander le remède, à l'exemple de celui qui a écrit ces paroles : J'ai dit : Je confesserai contre moi mon péché et vous m’avez pardonné le crime dont je m'étais rendu coupable (Ps. XXXI, 5). Par là on se conforme aussi à cet avertissement de l’apôtre saint Jacques : Quelqu'un est-il malade, qu'il appelle près de lui les prêtres de l’Eglise, et que ceux-ci lui imposent les mains et lui fassent des onctions avec de l'huile au nom du Seigneur, et la prière de la foi sauvera le malade, et s'il a des péchés ils lui seront remis. Vous donc, lorsque vous vous présentez pour recevoir le baptême, c'est comme si vous offriez un veau en sacrifice, car c'est dans la mort de Jésus-Christ que vous êtes baptisé. Etes-vous conduits au martyre, c'est un bouc que vous offrez alors, en portant un coup mortel au démon, auteur du péché. Lorsque vous faites l'aumône, et que vous vous laissez toucher de pitié pour les indigents, c'est la graisse des chevreaux dont vous chargez l'autel sacré. Si vous pardonnez du fond du cœur à votre frère l'offense dont il serait coupable envers vous, et qu'étouffant tout ressentiment contre lui, vous ne lui témoigniez que douceur, simplicité et franchise, soyez persuadé que vous avez immolé dans ce moment un bélier ou un agneau en sacrifice. Si, docile aux divines leçons et occupé nuit et jour à méditer comme une colombe et à étudier la loi du Seigneur, vous retirez quelque pécheur de son égarement qu'après lui avoir fait quitter les voies tortueuses du vice, vous le rappeliez à la simplicité de la colombe ; si vous le faites entrer dans la société des saints, et le portez ainsi à imiter la fidélité de la tourterelle ; sachez bien que vous avez offert en cela au Seigneur un couple de tourterelles ou deux petits de colombes. Si la charité, cette vertu plus grande que la foi et que l’espérance, vient à abonder dans votre cœur, en sorte que vous aimiez votre prochain, non- p.249 fin p.250 début seulement comme vous-même, mais comme nous a appris à le faire celui qui a dit : Le plus grand amour qu'on puisse témoigner, c'est de donner sa vie pour ceux qu'on aime (JEAN, XV, 13) ; sachez alors que vous avez offert des pains de la plus fine fleur de farine, détrempés dans l'huile de la charité, dégagés de tout levain de malice et de corruption, purs azymes enfin de sincérité de vérité. Etes-vous dans les larmes et dans le deuil, plongez dans l'amertume de l'affliction, mortifiez-vous votre chair, travaillez-vous à la dompter par le jeûne et l'abstinence, pouvez-vous dire de vous-même que vous êtes dans la tribulation comme le métal dans la fournaise ; c'est un gâteau de pure farine, frite dans la poêle ou sur le gril, que vous aurez offert. De toutes ces manières, vous aurez offert, en suivant l'Evangile, des sacrifices plus véritables et plus parfaits, que tous ceux qu'Israël pouvait offrir en obéissant à la loi. "

8. S. AUGUSTIN, Lib. II contra Cresconium grammaticum, c. 12 : " Ceux qui vous quittent pour revenir à nous, ne font rien, pensez-vous, pour se purifier des actes de leur vie passés parce qu'ils ne se font pas baptiser de nouveau ; comme si les hommes ne pouvaient être purifiés de leurs erreurs qu'au moyen du baptême, tandis que (ce sacrement), qui est un, ne peut pas être réitéré. Mais on peut aussi être purifié par la parole de vérité et par celui qui a dit : Maintenant vous êtes purs à cause de la parole que je vous ai fait entendre (JEAN, XV, 5). On peut l’être encore par le sacrifice d'un cœur contrit et humilié et par celui dont il a été dit : Le sacrifice que Dieu demande est un cœur brisé par la douleur ; Dieu ne méprise point le cœur contrit et humilié (Ps. L, 19). On peut l'être de plus par les aumônes, et par celui qui a dit : Donnez l'aumône, et toutes choses seront pures pour vous (LUC, XI, /il). On peut être purifié enfin par la charité, qui surpasse tout le reste en excellence, et par celui qui a dit par l'organe de l'apôtre Pierre : La charité couvre une multitude de péchés (I PIERRE, IV, 8). Car avec la charité, tout se fait dans l'ordre ; sans la charité, tout se fait en pure perte. "

9. S. CHRYSOSTOME, Concione IV de Lazaro : " Si nous voulons échapper à ces châtiments terribles (du siècle à venir), à ce compte sévère que nous aurions à rendre alors, que chacun de nous rentre dans sa propre conscience, et que, déroulant à ses propres yeux sa vie entière, et entrant dans un détail circonstancié de toutes ses fautes, il se condamne lui-même, se punisse et se châtie lui-même, se demande compte lui-même p.250 fin p.251 début de ses infidélités et que pour cela il s'excite, et à la componction, et au repentir, et aux larmes, et à la confession, et au jeûne, et à l'aumône, et à la continence, et à la charité, afin que par tous ces moyens nous puissions nous décharger ici-bas du poids accablant de nos péchés et passer avec confiance à une vie meilleure (Cf. S. Chrysostomi opera, t. Ier, p. 761-762, édit. de Montfaucon, page 953, édit. de Gaume). "

10. Le même, Hom. VII (al. 6) in Joannem

: " Quittant donc cette vaine curiosité (qu'ont les hérétiques de scruter la foi), brisons nos cœurs par le repentir, pleurons nos fautes passées ainsi que le Christ nous l'a ordonné, pénétrons-nous de douleur au souvenir de nos crimes, demandons-nous à nous-mêmes un compte rigoureux de toutes nos infidélités passées, appliquons-nous à nous en purifier par la pénitence. Dieu a mis pour cela mille moyens à notre choix. Soyez, nous dit-il par son prophète, le premier à confesser vos fautes, et vous serez justifié (Is., XLIII, 26). Nous lisons de même dans les Psaumes : J'ai dit : Je confesserai contre moi-même mon injustice au Seigneur, et vous m'avez pardonné mon iniquité (Ps. XXXI, 5). Car rien n'est plus propre à atténuer nos fautes, que de nous les reprocher à nous-même et de les avoir sans cesse présentes à la mémoire. Il est cependant un autre moyen encore plus efficace que celui-là : c'est de n'avoir de ressentiment contre aucun de ceux qui nous ont offensé, et de leur pardonner à tous leurs offenses. Voulez-vous en apprendre un troisième ? Ecoutez Daniel vous dire : Rachetez vos péchés par des aumônes, et vos iniquités par la compassion exercée envers les pauvres (DAN., IV, 24). Disons encore un autre moyen, savoir, le recours fréquent à la prière, la persévérant dans les demandes que nous adressons au Seigneur. Nous trouverons aussi une puissante consolation avec l'expiation de nos péchés dans la pratique du jeûne pourvu que cette pratique ne nous fasse pas négliger le devoir de la charité fraternelle : soyons assurés que par-là nous éteindrons les foudres vengeurs de la colère de Dieu. Car, comme dit le Sage, l’eau éteint le feu le plus ardent, et l’aumône aussi résiste aux péchés (Ecclé., III, 33). Faisons-nous un devoir de mettre en pratique tous ces moyens. Si nous y sommes fidèles, si nous y sommes persévérants, si nous faisons de ces exercices l'occupation de toute notre vie, non-seulement nous effacerons nos fautes passées, mais encore nous nous assurerons p.251fin p.252 début les plus grands biens pour l'avenir. Car, par-là nous ôterons au démon toute occasion de nous assaillir et de nous faire succomber, soit à des tentations de volupté et de mollesse, soit à une fatale curiosité (Cf. S. Chrysostomi opera, t. VIII, p. 47, édit de Montfaucon ; page 54, édit.

de Gaume). "

11. S. CYPRIEN, Lettre au peuple de Carthage, à l'occasion de cinq prêtres schismatiques du parti de Félicissime, Epist. XL (al. 59) : " Aujourd'hui ils méditent avec une astuce empoisonnée la ruine de ceux qui sont tombés, ils détournent des voies où se trouve la guérison tous ces combattants mutilés découragés par la tempête, et incapables dans leur faiblesse de prendre une résolution énergique qui les sauve ; ils suppriment les veilles, les prières, et toutes les œuvres de Dieu par lesquelles il faut fléchir assidûment le Seigneur, et invitent les coupables à une précipitation funeste par l'appât séducteur d'une paix perfide. Mêmes calculs, mêmes projets de ruine dans Félicissime et partisans. Ce qu'ils veulent, c'est que Dieu ne soit plus prié ; c'est que le parjure, après avoir renié Jésus-Christ, ne sollicite plus la miséricorde de celui qu'il a renié ; c'est que la pénitence ne succède plus à la faute ; c'est que l'évêque et le prêtre ne soient plus les ministres de la satisfaction ; c'est que, sur les ruines de l'autorité avilie de ceux-ci, on élève dans l’Eglise une doctrine nouvelle, sacrilège, contraire à la discipline de l'Evangile (Cf. Les Pères de l'Eglise, etc., trad. par M. de Genoude, t. V bis, pag. 112-113). "

Tous les livres