Grand Catéchisme (Somme de doctrine chrétienne) (page 131)
12. Le même, lettre VIII (al. 7) au clergé et au peuple : " Je ne l'ignore pas, mes frères bien-aimés, pénétrés comme vous l'êtes de la crainte du Seigneur, vous lui adressez assidûment les plus ferventes prières. Néanmoins je viens faire un appel à votre religieuse sollicitude, et vous conjurer de désarmer le Seigneur, non plus seulement par des supplications, mais par des jeûnes, par des larmes, par des gémissements et par tous les moyens propres à le fléchir. . . " " Les verges, les fléaux nous ont frappés parce que nous n'avons à présenter à Dieu ni bonnes œuvres pour lui plaire, ni satisfaction pour expier nos péchés. Implorons donc du fond du cœur et avec toute l'énergie dont nous sommes capables, la miséricorde de Dieu (Cf. Ibidem, pag. 42-43). "
13. Le même, Lett. XXVI (al. 28), Réponse des prêtres à Moïse, p.252 fin p.253 début Maxime, etc., à saint Cyprien (Cf. Les Pères de l'Eglise, etc., trad. par M. de Genoude, t. V bis, pag. 84-85) : " Que devient la terreur des châtiments divins, si l'on accorde aux pécheurs un pardon si facile ? Au lieu de cela, il faut réchauffer doucement leur foi, la nourrir jusqu'au temps de sa maturité et leur apprendre à connaître, l’Evangile à la main, toute la gravité de leur faute. Loin de se prévaloir de leur nombre, qu'ils y trouvent plutôt un motif d plus pour nous de les réprimer Ce n'est pas la multitude insolente des coupables qui atténue la faute, mais plutôt la modération, la réserve, la patience, la discipline, l'humilité, la soumission qui attend et accepte le jugement à prononcer sur elle. Voilà quels sont les témoignages de la pénitence; voilà ce qui cicatrise les blessures ; voila ce qui relève les ruines d'un cœur qui s'est laissé abattre, ce qui étouffe les vapeurs encore brûlantes de nos péchés. Un médecin donne-t-il à un malade le même aliment qu’à un homme en bonne santé ? Non, sans doute ; au lieu de calmer les accès de la fièvre, une nourriture inopportune les exciterait davantage : le mal que la diète eût guéri en quelques jours, se prolonge par l'intempérance qui n'a pas su attendre. " " Il faut donc que ces mains souillées par des sacrifices impies, se purifient par les bonnes œuvres : que ces bouches infectées par des viandes criminelles, soient lavées par les paroles d'un sincère repentir, et que le sanctuaire de l’âme se renouvelle dans le changement d'un cœur nouveau. Qu'on entende les gémissements multipliés du repentir. Que les larmes de la foi coulent incessamment de tous les yeux, afin que ces mêmes yeux qui ont contemplé criminellement les idoles, expient par des pleurs expiatoires la faute qu'ils ont commise. "
14. S. AUGUSTIN, Lib. L homiliarum, hom. L, c.
5, sive in libro de pænitentiæ medicinâ, c. 5 : " Ce n'est pas assez d'amender les mœurs, etc. (comme dans le corps de la réponse). "
15. S. AUGUSTIN, Enchirid. ad Laurentium, c. 7
(al. 24 et 19) : " On ne doit pas se figurer qu'on puisse tomber tous les jours dans ces crimes qui excluent du royaume de Dieu ceux qui les commettent, pourvu qu'on les rachète tous les jours par des aumônes. Il faut commencer par changer de vie, et employer ensuite les aumônes pour obtenir de Dieu le pardon des péchés passés. Ce serait faire injure à Dieu, que de s'imaginer qu'on puisse acheter en quelque sorte de lui la liberté de pécher impunément. Dieu est assez miséricordieux pour effacer les péchés passés dans ceux p.253 fin p.254 début qui s'efforcent de satisfaire comme il faut à sa justice ; mais il n'a accordé à personne la permission de pécher (Ecclé., XV, 21) (Cf. Traités choisis de saint Augustin, t. II, p. 401). "
16. S. CYPRIEN, De lapsis : " Il vous faut le prier sans relâche, passer tous vos jours dans le deuil, prolonger vos nuits dans les veilles et les larmes, consacrer tout le reste de votre vie aux gémissements de la pénitence, vous prosterner dans la poussière, vous rouler sur la cendre et le cilice. Après avoir perdu Jésus-Christ, ce riche et précieux vêtement de l'âme, il faut que vous fuyiez les vains ornements du siècle. Après avoir touché aux viandes du démon, il ne faut plus aimer que le jeûne. Il faut que vous vaquiez aux œuvres de justice qui ont pour effet de nous purifier de nos péchés et que vous fassiez de fréquentes aumônes, parce que l'aumône rachète les âmes de la mort. Rendez à Jésus-Christ ce que le démon lui a enlevé. Comment garder, et surtout comment chérir un patrimoine qui n'a servi qu’à vous séduire et à vous vaincre ? Il faut fuir les biens que vous possédez comme on fuirait un ennemi, un poignard ou un poison qui donne la mort. S'ils restent entre vos mains, qu'ils servent du moins à la rançon de vos crimes. Faites-en d'amples aumônes, employez-les toutes entières à guérir les plaies de vos âmes, placez-les à intérêt entre les mains de Dieu qui nous jugera. Voilà comment était vive la foi sous les Apôtres ; ainsi les premiers chrétiens accomplissaient-ils les préceptes de Jésus-Christ. Ardents, prodigues de leurs biens, ils les abandonnaient tout entiers aux Apôtres pour être distribué aux indigents, et cependant ils n'avaient pas à expier de semblables crimes. Je le déclare : si vous priez de tout votre cœur, si vous versez des larmes, si vous poussez les gémissements d'une sincère pénitence, si vous sollicitez le pardon de votre faute par les œuvres non interrompues de la miséricorde, vous pourrez trouver grâce devant celui qui a dit avec bonté (EZECH., XVIII et XXXIII) : Quand, vous tournant vers moi, vous gémirez alors vous serez sauvé et vous saurez en quel abîme vous étiez. Et encore (EZECH., XXXIII, 11) : Je ne veux pas la mort de celui qui meurt, mais qu'il se convertisse et qu'il vive. Et le prophète Joël inspiré par le Seigneur lui-même, ne proclame-t-il pas ainsi la puissante bonté du Seigneur (JOEL, II, 13) : Revenez au Seigneur votre Dieu ; car il est doux, clément, patient, et prodigue de pardon, et il sait révoquer les arrêts de sa justice.
p.254 fin p.255 début Oui, le Seigneur peut faire grâce aux coupables et révoquer ses arrêts. Il peut pardonner miséricordieusement au repentir sincère qui se manifeste par la prière et par les œuvres. Il peut sanctionner ce que les martyrs ont demandé et ce que les prêtres ont fait en faveur de pareils suppliants. Il y a plus : si la colère divine est entièrement apaisée, l'outrage réparé et l'expiation surabondante, il peut se faire que le Seigneur, renouvelant les forces du vaincu, confie de nouveau à ses mains les armes de la foi. Je le vois déjà, cet athlète, instruit par la douleur, aguerri par la défaite, provoquer l'ennemi, et recommencer les combats du Seigneur. Le chrétien déchu qui satisfera ainsi à la justice de Dieu, et qui, puisant dans le repentir et la honte de sa chute même un nouvel accroissement de courage et de foi, se relèvera ainsi avec honneur par le secours divin, réjouira l’Eglise autant qu'il l'avait attristée et méritera non plus seulement le pardon, mais la couronne (Cf. Les Père de l’Eglise, etc., trad. par M. de Genoude, t. V bis).
"
17. S. AUGUSTIN, Serm. XLI de Sanctis, qui est sermo quartus de animabus fidelium defunctorum : " Quiconque, sachant qu'il est engagé dans quelque péché mortel, etc. (comme dans le corps de la réponse). " Voir ce même passage cité plus au long au chapitre du sacrement de Pénitence, question IX, témoignage 15, tome III, page 113.
18. Le même, Lib. L homiliarum, hom. XVI, comme plus haut, du sacrement de pénitence question IX, témoignage 15, tome III, page 113.
19. Le même, Enchirid. ad Laurentium, c.
23 (al. LXVII, n. 18) : " Il y a des personnes qui croient que tous ceux qui ne renoncent pas à la foi en Jésus-Christ et qui, ayant été baptisé dans l’Eglise catholique, ne s'en séparent ni par le schisme ni par l'hérésie, seront sauvés en passant par le feu, quand même ils auraient persévérés jusqu’à la mort dans les plus grands crimes, sans les effacer par la pénitence ni les racheter par des aumônes. Ces personnes avouent bien que ces mauvais chrétiens seront punis longtemps à proportion de la grandeur de leurs crimes ; mais elles prétendent que le feu qui les brûlera ne sera pas éternel Pour moi, le jugement le plus favorable que je puisse porter de ceux qui, étant d’ailleurs catholiques, ont une pareille pensée c'est qu'ils se laissent tromper par un certain sentiment d'humanité et de compassion toute naturelle. Car p.255 fin p.256 début assurément, si nous consultons sur ce point l’Ecriture sainte, nous y trouverons une doctrine bien différente. J’ai composé sur cette question un traité qui a pour titre : De la foi et des œuvres. J’ai prouvé comme je l'ai pu, avec l'aide du Seigneur, par l’autorité des saintes Ecritures, que la foi qui sauve n'est autre que celle que saint Paul a caractérisée très-clairement, quand il a dit qu'en Jésus-Christ ni la circoncision ni l'incirconcision ne servent de rien, mais que ce qui sert beaucoup c'est la foi qui opère par l’amour (Gal., V, 6). Si donc un chrétien fait de mauvaises actions au lieu de bonnes, sa foi alors, selon l'apôtre saint Jacques, est certainement une foi morte en elle-même (JAC, II, 17). Cet apôtre dit encore : Si quelqu'un dit qu'il a la foi, et qu'il n'ait pas de bonnes œuvres, sa foi pourra-t-elle le sauver (JAC., II, 14) ? Or, si un homme qui vit dans le crime devait, par cela seul qu'il a encore la foi, être sauvé en passant par le feu, et si c'était ainsi qu'il faudrait entendre ce mot de saint Paul : Il sera sauvé mais pourtant comme à travers le feu (I Cor., III, 15), il s'ensuivrait que la foi sans les œuvres pourrait sauver, et que ce qu'enseigne saint Jacques, apôtre comme saint Paul, serait faux. Saint Paul lui-même aurait parlé faussement, quand il a dit : Ne vous y trompez pas : ni les fornicateurs, ni les idolâtres ni les adultères ni les efféminés, ni les abominables, ni les voleurs, ni les avares, ni les ivrognes, ni les médisants, ni les ravisseurs du bien d'autrui, ne posséderont le royaume de Dieu (I Cor., VI, 9 et suiv.). Car enfin, si les chrétiens qui persévèrent dans ces crimes ne laissent pas d'être sauvés en considération de leur foi en Jésus-Christ, comment l’Apôtre aurait-il pu dire qu'ils n'entreront pas dans le royaume de Dieu (Cf. Traités choisis de saint Augustin, t.
II, p. 394-396) ? "
20. Le même, Lib. de fide et operibus, c.
16, comme plus haut, chapitre du sacrement de Pénitence, question IX, témoignage 6, tome III, p. 107.
21. Le même, Lib. de octo quæstionibus
Dulcitii, quæstione I, ut ibidem.
Question II
Que doit-on penser au sujet des péchés légers ?
Ce qu'il faut en penser, c'est que ces sortes de péchés légers tels que les distractions, les paroles oiseuses, le rire immodéré p.256 fin p.257 début et autres semblables, qu'on a coutume d'appeler fautes journalières ou vénielles et dont on ne peut être entièrement exempt dans cette vie, car, comme dit l'Apôtre nous manquons tous en bien des choses, quoiqu'ils ne donnent pas la mort à l'âme, et qu'ils semblent peu considérables, ne doivent pas cependant être commis sans scrupule, ainsi que nous l'avons déjà observé. Car tous ces péchés déplaisent à Dieu, ou, comme dit saint Paul, contristent le Saint-Esprit, troublent la conscience, refroidissent la charité, arrêtent le progrès des vertus, et conduisent à d'autres péchés plus graves ou à des tentations plus dangereuses. De là ces maximes du Sage : Celui qui ne tient pas compte des petites choses, tombera peu a peu : Celui qui aime le danger, périra dans le danger : Tel fait une seule faute, a qui il en coûte la perte de grands biens. Préservons-nous donc, autant que possible, de ces taches qui ternissent toujours plus ou moins la beauté de l'âme, puisqu'il est écrit que rien de souillé n'entrera dans la Jérusalem céleste. Et si nous ne prenons soin de nous en purifier dans cette vie, elles feront notre tourment après notre mort, et ne pourront plus être expiée que par les flammes si à craindre du purgatoire. Car, bien que ces flammes ne doivent pas toujours durer, elles seront cependant, si nous voulons en croire saint Augustin, un supplice plus terrible que tout ce que les hommes peuvent endurer de maux ici-bas.
p.257 fin p.258 début TEMOIGNAGES DE L’ECRITURE.
5. Psaume XXXI, 5-7 : " Je vous ai fait connaître mon péché et je n'ai point caché mon injustice. - J'ai dit : Je confesserai contre moi-même mon injustice au Seigneur, et vous m'avez remis l'impiété de mon péché. - C'est pour cette raison que tout homme fidèle vous priera dans le temps favorable. "
6. Ephésiens, IV, 30 : " N'attristez point le saint esprit de Dieu, dont vous avez été marqué comme d'un sceau pour le jour de la rédemption. "
8. Apocalypse, XXI, 27 : " Il n'y entrera rien de souillé, ni aucun de ceux qui commettent l'abomination ou le mensonge ; mais ceux-là seulement qui sont écrits dans le livre de vie de l'Agneau. "
9. Psaume XIV, 1-3 : " Seigneur, qui demeurera dans votre tabernacle ? ou qui reposera sur votre sainte montagne ? - Celui qui vit sans tache, et qui pratique la justice, - qui parle selon la vérité qu'il a dans le cœur qui n'a point usé de tromperies dans ses paroles. "
10. Ps. XXIII, 3-4 : " Qui est-ce qui montera sur la montagne du Seigneur ? ou qui est-ce qui s'arrêter dans son lieu saint ? - Celui dont les mains sont innocentes et dont le cœur est pur ; qui n'a point pris son âme en vain, ni fait un serment trompeur à son prochain. "
TEMOIGNAGES DE LA TRADITION.
1. S. AUGUSTIN, Enchirid. ad Laurentium, c. 78
: " Quant à ce qui fait la différence entre les péchés légers et les péchés graves, ce n'est pas d'après le jugement des hommes qu'il faut en juger.
p.258 fin p.259 début mais par celui de Dieu lui-même. Car nous voyons que les apôtres n'ont permis certaines choses que par indulgence. Tel est ce conseil que saint Paul donne aux personnes mariées : " Ne vous privez pas l'un l'autre de ce que vous vous devez, si ce n'est à concert et pour un temps, afin de vous appliquer plus librement à la prière et ensuite vivez ensemble comme auparavant, de peur que Satan ne prenne occasion de votre incontinence pour vous tenter. On pourrait croire en lisant ces paroles, que ce n'est pas un péché d'user du mariage sans avoir pour motif la génération des enfants, ce qui est la fin naturelle du mariage, et pour le seul plaisir charnel, ou en vue d'éviter par ce moyen le danger de pécher mortellement par la fornication, par l'adultère ou par quelque autre impureté qu'on ne saurait nommer sans honte, et où pourrait entraîner la passion que le démon excite en nous. On pourrait, dis-je, penser que l'usage du mariage dans de telles conditions serait entièrement exempt de pécher, si le même apôtre n'avait ajouté tout de suite aux paroles que je viens de citer : Je vous dis cela comme une chose qu'on vous pardonne, et non comme une chose qu'on vous commande (I Cor., VII, 5). Or, peut-on nier qu'il y ait du péché dans une chose pour laquelle un apôtre déclare que ceux qui la font ont besoin de pardon ? Il en est de même de ce que saint Paul dit encore dans cette épître : Il y en a parmi vous qui, ayant quelque affaire contre un autre, ne craignent point d'aller la plaider devant les infidèles au lieu de la faire juger par les saints (I Cor., VI, 1, etc.). Et un peu après : Si donc vous avez des contestations entre vous pour des intérêts temporels, prenez pour juges ceux qui sont les moindres dans l’Eglise. Je le dis à votre honte. Ne se trouve-t-il donc parmi vous aucun homme sage qui puisse juger entre des frères ? Faut-il qu'un frère ait des procès avec son frère ? Et faut-il qu'il porte sa cause devant des infidèles ? On pourrait encore penser que le mal que saint Paul reprend n'est pas d'avoir des procès avec quelqu'un, mais seulement d'en porter la discussion hors de l’assemblée des fidèles. Mais ce que l’Apôtre ajoute nous oblige à en juger autrement : C'est déjà assurément une faute, dit-il, que vous ayez des procès les uns avec les autres (I Cor., VI, 7). Et afin que ceux qui étaient dans ce cas ne s'excusassent pas sur la justice de leur cause, sur l'injustice qu'ils avaient à souffrir et qu'ils voulaient uniquement faire cesser par la sentence des juges, l'Apôtre prévient ces sortes de réflexion ou d'excuses en disant : Que ne souffrez-vous plutôt l'injustice ? Que ne vous laissez- p.259 fin p.260 début vous plutôt enlever ce qui vous appartient ?
Et par conséquent il en revient à ce que Notre-Seigneur nous dit lui-même : Si quelqu’un veut vous enlever votre robe, et vous intenter sur cela un procès, abandonnez-lui encore votre manteau (MATTH., V, 40). Et dans un autre endroit : Ne redemandez pas votre bien à celui qui l’a pris (LUC, VI, 30). Jésus-Christ a donc défendu ses serviteurs d'avoir des procès avec d'autres pour des choses temporelles (Selon les commentateurs tant anciens que modernes, le sens de ces paroles du Sauveur et de son apôtre se réduit à ce principe constant et invariable, qu'il faut toujours être prêt du fond du cœur à tout souffrir, à tout céder, à tout perdre, pour conserver la charité, qui est le plus grand de tous les biens, et que la plus juste défense cesse même d’être permise, dès qu'elle est enlevée de l'esprit de vengeance, de colère de haine ou d'avarice. On ne peut attribuer d'autres sentiments au saint docteur dans le texte dont il s'agit) ; et c'est en suivant cette doctrine, que l’Apôtre déclare qu'il y a du péché.
En permettant cependant que ces procès entre des frères se terminent dans l’Eglise par le jugement des autres frères et en défendant au contraire très-sévèrement de les porter aux tribunaux des infidèles, il est évident que la permission qu'il donne est encore ici un pardon accordé aux faibles. C'est à cause de ces sortes de péchés et d'autres semblables, ou même moindres, dans lesquels on tombe, ou par paroles, ou par pensées, que l'apôtre saint Jacques reconnaît et déclare que nous péchons tous en bien des choses (JAC., III, 1). De là vient la nécessité où nous sommes de prier tous les jours, et de répéter souvent à Dieu : Pardonnez-nous nos offenses ; mais n'oublions pas avec quelle sincérité et quelle vérité nous devons ajouter aussi : Comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensé (Cf. Le Manuel de saint Augustin, dans l'ouvrage cité, tome II, pag. 412-416). "
2. Ibidem, c. 79 (al. 24 et 21) : " Il faut encore remarquer qu'il y a des péchés qu'on croirait fort légers, si l'autorité des saintes Ecritures ne nous apprenait qu'ils sont plus considérables qu'on ne pense. Qui croirait, par exemple, qu'on se rende digne de l'enfer en appelant son frère fou, si la Vérité elle-même ne l'avait déclaré ? Mais en même temps, elle nous présente un remède bien puissant pour guérir la plaie que ce péché fait à l'âme, en ajoutant, immédiatement après le précepte de la réconciliation fraternelle : Si vous présentez, dit Jésus-Christ, une offrande a l'autel, et que la vous vous souvenez que votre frère a quelque chose contre vous (MATTH., V, 23), et le reste que p.260 fin p.261 début tout le monde sait. De même qui se persuaderait que c'est un si grand péché d'observer les jours, les mois, les années et les temps, comme le font ceux qui veulent commencer quelque ouvrage à certains jours, à certains mois, à certaines années et ne le veulent pas à d'autres, parce qu'ils s'imaginent, suivant des préjugés pleins de vanité et de fausseté, que ces temps-là sont heureux ou malheureux, si saint Paul ne nous faisait sentir la grandeur de ce mal par l'idée qu'il en avait lui-même ? Il tremble pour ceux qui se livraient à ces vaines observances : Je crains bien pour vous, leur dit-il, que ce ne soit en vain que j’aie travaillé au milieu de vous (Cf. Le Manuel de saint Augustin, dans l'ouvrage cité, tome II, pag. 416-417). "
3. Le même, Cité de Dieu, liv. XXI, c. 27 : " Mais quel est cet ordre de vie, quels sont ces péchés qui ferment les portes du royaume, sans toutefois qu'elles demeurent inflexibles aux prières des saints amis ? Il est très-difficile de le découvrir et très périlleux de le décider. Quant à moi, malgré tous les efforts que j’ai pu faire jusqu’à ce jour, je n'ai pas su parvenir à sonder ce mystère. Et peut-être nous demeure-t-il caché de peur que notre zèle à éviter tout péché ne se ralentisse. Car, si l'on savait quelles sont ces vicieuses habitudes qui, malgré leur persévérance fortifiée par l'oubli de tout amendement moral, permettent cependant de rechercher et d'espérer l'intercession des saints, la paresse humaine, s'enveloppant sans souci dans le tombeau de ses vices, ne demanderait à aucune vertu de l'en dégager en se reposant du soin de sa délivrance sur les mérites de ces amis obtenus au prix des aumônes du trésor d'iniquités Mais comme nous ignorons aujourd'hui quelle est la mesure d'iniquité qui obtient pardon malgré qu'on y persévère, le zèle de notre réforme intérieure redouble dans cette incertitude la vigilante assiduité de nos prières, et empêche notre ardeur de se ralentir dans le soin de nous faire de saints amis avec l'argent d'iniquité (Cf. La Cité de Dieu, etc., trad. par L. Moreau, t. III, p. 455). "
4. S. ISIDORE, Lib. II de summo bono, c. 18 : "
Beaucoup peuvent passer leur vie sans commettre de crimes, mais ils ne le peuvent pourtant pas sans commettre de péché. Car de quelques vertus qu'on puisse être orné ici-bas, on ne saurait parvenir cependant à se rendre exempt de tout péché, ainsi que nous le déclare l'apôtre saint Jean par ces paroles :
Si nous disons que p.261 fin p.262 début nous sommes sans péché, nous nous séduisons nous-mêmes, et la vérité n'est point en nous (I JEAN, I, 8). Certaines actions semblent être des péchés qui n'en sont pas si elles se font avec une intention droite : tels sont les supplices infligés aux malfaiteurs par l'autorité publique, si l'on s'y propose non de satisfaire ses ressentiments, mais d'exercer la correction. Il y a en outre certains péchés légers que commettent tous les jours, tout en prenant soin de s'en corriger, ceux qui ne font encore que commencer à entrer dans la voie de la perfection, et dont se préservent comme de crimes ceux qui sont plus avancés dans cette même voie. Que ne doit-on donc pas faire pour se préservé des crimes énormes, puisque les hommes jaloux de leur perfection déplorent comme des fautes graves les fautes légères où il leur arrive encore de tomber ? Appliquons-nous à nous garantir non-seulement des péché considérables, mais encore des fautes légères. Car beaucoup de péchés légers en font un considérable comme des gouttes d’eau en se multipliant deviennent des fleuves immenses. Entassez des grains de sable, et vous aurez des montagnes. Des péchés qui ne sont rien dans un homme du peuple, sont des crimes dans un autre qui se trouve voué à un état de perfection. Car le péché est d'autant plus considérable que celui qui le commet est plus élevé au-dessus des autres. L'énormité de la faute croît en effet à proportion des mérites du coupable, et souvent ce qui se pardonne aux petits ne se pardonne pas aux grands. "
5. S. AUGUSTIN, De decem chordis, c. 11 : " Si les voluptés du siècle s'offrent à vous pour vous séduire, appliquez-vous aux œuvres de miséricorde, à la pratique de l’aumône, du jeûne et de la prière Car tels sont les moyens de vous purifier de vos péchés journaliers, péchés dont on ne saurait entièrement se préserver, à cause de la fragilité humaine. Ne vous rassurez pas sur ce que ce sont des péchés légers, mais craignez-les à cause de leur nombre. Faites-y attention, mes frères ce sont des péchés légers, ce ne sont pas de grands péchés : c'est-à-dire, que ce n'est pas ici un lion, dont une seule morsure suffirait pour donner la mort ; mais de simples insectes qui, quand ils sont nombreux, peuvent également la donner. Quelqu'un qu'on jetterait dans un nid de guêpes n'y perdrait-il pas la vie ? Ce ne sont pas là des animaux bien forts, sans doute ; mais notre nature est faible, et des cirons suffiraient pour nous donner la mort. Faites donc de même attention aux péchés légers, précisément parce qu'ils sont p.262 fin p.263 début peu considérables en eux-mêmes et craignez-les parce qu'ils sont nombreux. Qui ne mépriserait un grain de sable ? Et cependant laissez beaucoup de ces grains entrer dans un navire, et ce navire sera submergé. Qu'est-ce qu'une goutte de pluie ? Et pourtant ce sont les pluies qui alimentent les fleuves, et qui dégradent les édifices. Gardez-vous donc bien de rien mépriser de tout cela. Mais vous direz peut-être : Eh ! qui peut vivre sans commettre de ces péchés ? Pour vous ôter cette excuse, Dieu qui connaît notre fragilité, nous a, dans sa miséricorde, fournit des remèdes dont il ne tient qu’à nous de nous servir. Quels sont ces remèdes ? Ils sont au nombre de trois : les aumônes, les jeûnes et les prières. Mais pour que vos prières elles-mêmes ne soient pas menteuses, il faut qu'il ne manque rien à vos aumônes. En quoi consiste la perfection de l'aumône ? En ce que vous donniez votre superflu à celui qui manque du nécessaire et que vous pardonniez à votre ennemi le tort qu'il vous fait. . . . . "
" J'appelle fautes journalières celles qui se commettent avec la langue presque sans qu'on s'en aperçoive, comme serait une parole dure, ou bien un rire immodéré ou toute autre peccadille de ce genre. On peut pécher même dans les choses permises.
Le mari qui se donne des licences avec sa légitime épouse, pèche si exceditur concumbendi modus procreandis liberis debitus. Car le but du mariage, c'est la procréation des enfants ; les lois mêmes civiles le déclarent formellement, lorsqu'elles traitent de cet objet : du moment où l'acte conjugal dépasse ce but légitime, il y a péché mais ce péché pourra être expié par l'aumône. Il vous est bien permis de prendre des aliments ; mais si vous en prenez au-delà du besoin, vous péchez par-là même. Les péchés que je viens de dire sont de ces péchés qui se commettent tous les jours ; et ils cessent d'être légers dès-là qu'ils sont nombreux. Ils peuvent triompher de nous par leur nombre, s'ils ne le peuvent pas par leur grandeur. Nous disons que des péchés de cette nature peuvent être expiés par des aumônes journalières. Ne laissez donc passer aucun jour sans faire l'aumône. Faites attention que tous les jours aussi vous commettez mille péchés, je parle de ces péchés légers. "
6. Le même, In Ps. CXXIX : " Si vous vous mettez peu en peine de tel péché parce qu'il vous semble petit, qu'au moins la grandeur de la peine vous épouvante. Mais ce sont des fautes légères, dites-vous ; ce sont des fautes peu importantes : on ne peut s'empêcher d'y tomber dans cette vie. Rassemblez toutes p.263 fin p.264 début ces fautes que vous appelez légères : vous verrez qu'elles feront une masse énorme. Chaque grain de blé est quelque chose de fort menu ; mais tous ces grains menus, pris à part, ne laissent pas de faire, mis ensemble, un tas considérable. Qu'est-ce qu'une goutte d'eau ? Cependant ces gouttes réunies suffisent pour remplir les fleuves et pour rompre toutes les digues (Cf. Sermons de saint Augustin, etc., t. VI, p. 608). "
V. Eccl. hist. sæc. V, p. 100) : " Vous direz peut-être
: C’est bien là un péché, mais ce péché est léger. Nous ne disons pas non plus que ce soit un péché mortel ; mais cependant si on le commet fréquemment et qu'on ne le rachète pas par des jeûnes ou par des aumônes, l'âme ne s'en trouvera que trop souillée. Gardez-vous bien de vous tranquilliser sur vos péchés sur ce prétexte que ce sont des péchés légers. Car des gouttes de pluie amoncelées suffisent, et pour remplir les fleuves, et pour renverser des édifices et pour déraciner des arbres. Vous qui dites que ce sont des péchés légers, je voudrais bien savoir si vous consentiriez à ce qu'on fit à votre corps autant de petites plaies, ou à vos vêtements autant de déchirures ou de petites taches qu'il vous arriverait de fois de les commettre. Quoi ! vous ne pourriez souffrir qu'on fit à votre corps ces plaies, ou à vos vêtements ces déchirures ou ces taches, et vous ne craignez pas de les faire à votre âme ? "
8. Le même, Tract. XII in Joannem : " Les péchés qui paraissent petits en comparaison d'autres plus considérables ne laissent pas de donner la mort, si on les laisse se multiplier ; semblables en cela aux gouttes d'eau qui, quoique peu de chose en elles-mêmes, parviennent par leur multitude à former des fleuves entiers, ou aux grains de sable qui, en s'amoncelant, finissent par écraser ce qui les supporte. Notre âme ressemble encore à un vaisseau que sa sentine mal vidée ne ferait pas moins couler à fond qu'une vague impétueuse qui viendrait tout-à-coup le renverser. L'eau n'entre à la vérité que goutte à goutte dans la sentine ; mais à force d'entrer sans qu'on se donne la peine d'en vider le navire, elle finit par le submerger. Or, qu'est-ce que vider la sentine de notre âme, sinon empêcher au moyen des bonnes œuvres des gémissements et des jeûnes, des aumônes, du pardon des ennemis, que les péchés de chaque jour p.264 fin p.265 début ne s'amassent dans notre âme en assez grand nombre pour l'accabler (Cf. Les Traités de saint Augustin sur l'Evangile de saint Jean, tome Ier, pag. 421) ? "
9. S. CHRYSOSTOME, Hom. LXXXVII (al. 86) in
Matthæum : " Il faut donc résister au mal dès ses premières approches ; car quand même le péché dont nous sommes tentés ne devrait en entraîner aucun autre après lui, nous ne devrions pas être pour cela sans inquiétude ; combien donc ne devons-nous pas en être plus occupés, assurés que nous sommes que ce péché négligé sera bientôt suivi de plusieurs autres ? Faisons donc tout au monde pour le détruire dès ses commencements. Car il faut considérer, non pas si ce péché est léger en lui-même mais si, pour peu qu'on le néglige, il ne deviendra pas le principe et comme la racine d'autres péchés plus considérables. "
" Vous allez être étonnés sans doute de ce que je vais dire : c'est que nous n'avons pas si grand besoin d'user de précaution contre les grands crimes, que contre ces fautes qui nous paraissent légères. Car nous sommes garantis contre les premiers par l'horreur même qu'ils nous inspirent, au lieu que la petitesse des autres est précisément ce qui fait que nous négligions de nous en défendre, et que nous soyons sans ardeur pour les combattre et les vaincre ; aussi, dès que nous sommeillons à leur égard, ne tardent-elles pas à s'aggraver. .
. "
" Personne ne passe tout d'un coup de la vertu à l'extrême perversité. Car il y a au fond de l'âme une certaine pudeur naturelle, une certaine honte de commettre le mal, qui ne permet pas qu'on s'y livre sans remords dès le premier instant, et qu'on ne peut éteindre ou étouffer que par degrés.
. . Voyez, en effet : que quelqu'un s'emporte à rire sans sujet, et qu'un autre l'en reprenne, un troisième viendra qui n'y trouvera point de mal, et qui dira que c'est une chose tout-à-fait innocente. Car qu'est-ce qu'un éclat de rire ? et quel mal peut-il s'ensuivre ? Et pourtant c'est de là que naissent les paroles bouffonnes, comme des paroles bouffonnes naissent les paroles déshonnêtes et de celles-ci les actions honteuses (Cf. Homélies de saint Jean Chrysostôme sur saint Matthieu, t. III). "
VIII : " Pour donner la mort, il suffit d'un coup d'épée, pour perdre tout un édifice, il suffit d'une fente ouverte dans la muraille ; pour p.265 fin p.266 début frapper un rameau de stérilité, il n'y a qu'a le détacher de sa racine. Ainsi les plus petites choses ne sont pas de petite conséquence, puisque les plus grandes en dépendent. Lors donc qu'il nous arrive de commettre une petite faute ou de tomber dans une légère négligence, que la légèreté de la faute ne nous porte pas à la négliger, puisque, négligée, elle deviendrait bientôt grande, de même qu'un vêtement qui commence à se rompre, s'il n'est pas promptement réparé, n’est bientôt plus susceptible de l’être ou comme un toit qui n'est pas entretenu avec soin, devient par son délabrement la cause de la ruine de toute une maison. Pénétrés de ces vérités, ne nous permettons donc jamais facilement des fautes même légères, de crainte que nous ne tombions dans de plus grandes (Cf. S. Joannis Chrysostomi opera, t. X, p. 70, édit. de Montfaucon ; pag. 82-83, édit. de Gaume). "
11. Le même, Serm. de levium peccatorum periculis
: " N’appelons pas léger un mal qui, quand on le néglige, peut être mortel, ou tromper cruellement celui qui s'en fait un jeu, puisqu'il est écrit : Celui qui ne tient pas compte des petites choses, tombe peu à peu (Ecclé., XIX, 1). "
12. S. BERNARD, Serm. I de conversione S. Pauli
: " Saint Paul a obtenu miséricorde parce qu'il a péché par ignorance, n'ayant pas encore la foi. Apprenez de là, mes frères, que Dieu, comme un juste juge, ne considère pas seulement ce que font les hommes, mais encore dans quelle disposition d'esprit ils le font, et prenez garde en conséquence de croire légères les fautes même les plus légères, dès-lors que vous les commettriez sciemment. Que personne ne dise en son cœur : Ce ne sont que des peccadilles, je ne me mettrai pas en peine de m'en corriger ; je puis sans conséquence fâcheuse rester dans l'habitude de ces péchés véniels. Un tel langage, mes frères serait celui de l'impénitence ; ce serait lé le blasphème contre l'Esprit-Saint, blasphème irrémissible. "
13. Le même, Tract. de præcepto et dispensatione
: " Soit, appelons crime ce qui doit être puni du feu de l'enfer ; quel nom donnerons-nous à ce que la Vérité même nous déclare ne devoir être condamné que par le jugement (MATTH., V, 22) ? Nous ne disconviendrons pas qu'il ne s'agisse encore là de quelque chose de condamnable, puisque celui qui le fait mérite d'être condamné au moins de cette manière. Si c'est quelque chose de p.266 fin p.267 début condamnable, c'est donc aussi un péché.
Or, tout péché est un attentat commis contre quelque commandement divin. Mais contrevenir à un commandement, c'est ce qui s'appelle désobéir. Concluons de là que celui qui se met en colère contre son frère commet une désobéissance sans commettre pour cela de crimes. Voila donc un péché léger ou véniel même pour un religieux, et qui le constitue transgresseur, non d'un commandement humain, mais d'un commandement divin. A ce genre de transgression appartiennent les paroles vaines et frivoles, et en général toute parole, toute action et toute pensée oiseuses. Car rien de tout cela n'a lieu sans transgression de quelque commandement, et d'un commandement divin. Toutes ces choses en effet sont des péchés, et Dieu défend toute espèce de péchés ; et cependant on ne les considère pas comme des crimes, mais seulement comme des péchés véniels, à moins que, le mépris s’y joignant, on ne s'en fasse un jeu et une habitude, et alors ce n'est pas l'espèce du péché, mais la disposition de celui qui le commet, que l'on considère. Car l'orgueil que suppose le mépris ou l'obstination que renferme l'impénitence donne de la grièveté à la violation d'une prescription légère et convertit en crime de révolte ce qui ne serait qu'une simple transgression. "
14. S. AUGUSTIN, in Psalmum XXXVII, comme à l'article du sacrement de Pénitence question IX, témoignage 4, tome III, page 106.
16. S. GREGOIRE, in Psalmum III pænitentialem
; voir ibidem, témoignage 56, page 128.
Question III
Quels moyens avons-nous de nous purifier des péchés légers ?
Voici ceux que recommandait à cet effet, et que mettait en pratique l’Eglise des premiers siècles : s'accuser humblement de ses fautes, réciter l'oraison dominicale, se frapper la poitrine, et autres actes de cette espèce qui témoignent de notre piété envers Dieu, ou même qui peuvent avoir pour objet d'édifier le prochain, enfin les macérations corporelles pratiquées volontairement par motif de religion. Les personnes sages recourent à ces divers remèdes d'autant plus volontiers et avec d'autant plus d'ardeur, qu'elles ont une connaissance plus éclairée et plus approfondie p.267 fin p.268 début de la sévérité avec laquelle la justice divine punit les péchés des hommes. C'est ce que l'on comprendra, si l'on médite seulement cette terrible sentence de Notre-Seigneur : Je vous déclare que les hommes rendront compte, au jour du jugement, de toute parole inutile qu'ils auront dite ; ou bien cette parole de l'apôtre saint Pierre : C'est à peine si le juste sera sauvé. C'est ce qui faisait dire à Job, malgré la justice de ses œuvres et l'innocence de sa vie : Je tremblais à chaque action que je faisais, sachant que vous ne pardonnez pas à celui qui pèche. Et à l'apôtre Paul : C'est une chose terrible que de tomber entre les mains du Dieu vivant. Si nous nous jugions nous-mêmes, disait ailleurs le même apôtre, assurément nous ne serions pas jugés. Heureux, dit le Sage, l'homme qui est toujours dans la crainte ; mais celui qui a le cœur dur tombera dans le mal.
TEMOIGNAGES DE L’ECRITURE.