Grand Catéchisme (Somme de doctrine chrétienne) (page 137)
21. S. AUGUSTIN, Tract. de utilitate jejunii :
" Si la chair, que son propre poids entraîne vers la terre, est un fardeau pour l'âme et un bagage qui l'arrête dans son vol, plus on aura d'attrait pour la vie angélique, plus on consentira volontiers à se décharger de ce fardeau embarrassant. Or, ce qui nous aidera à nous en décharger, c'est le jeûne.
"
" Gardez-vous donc bien de penser que ce soit là une pratique frivole ou inutile, de peur que, si vous vous en acquittiez simplement pour vous conformer à l'usage de l'Eglise, vous ne veniez à penser ou à vous dire en vous-mêmes ou d’écouter le tentateur qui cherche secrètement à vous le suggérer : Pourquoi jeûnes-tu ? Tu imposes à ton âme des privations, tu lui refuses ce qui la rendrait heureuse ; tu prends le soin absurde de te punir toi-même, d’être à toi-même ton bourreau.
Est-ce que c'est la volonté de Dieu que tu te rendes toi-même malheureux ? Dire qu'il se réjoui de tes souffrances, c'est le supposer cruel. Mais répondez à ce tentateur : Si je me punis moi-même, c'est afin que Dieu ne me punisse pas ; j'étale devant lui ma misère, afin qu'il vienne à mon secours, que je me rende agréable à ses yeux et que j'aie à bénir sa bonté. Pour mettre une victime sur l'autel, il faut bien la faire souffrir. Mon corps pèsera moins à mon âme. Répondez encore à ce mauvais conseiller, à cet avocat des instincts gloutons, par la comparaison suivante : Si vous aviez pour monture un cheval fougueux qui pourrait vous occasionner quelque chute funeste, n'est-il pas vrai que pour voyager avec plus de sécurité, vous retireriez à cet animal une partie de sa nourriture, pour dompter par la diète celui que vous ne pourriez dompter avec le frein ? Mon corps, voilà ma monture ; le but de mon voyage, c'est Jérusalem ; mais au lieu de me diriger vers ce but, le plus souvent il m'emporte au hasard, et voudrait me faire sortir de la voie ; ma voie, c'est Jésus-Christ et celui qui voudrait m'emporter hors de cette voie, je craindrais de le mater par le jeûne ? Si quelqu'un pense ainsi, il prouve par sa propre expérience l'utilité du jeûne. Est-ce que ce corps, aujourd'hui dompté par le jeûne aura toujours besoin de l’être ? Maintenant qu'il est comme incertain de sa course, qu'il subit les conditions de sa mortalité, il a ses emportements, ses écarts qui pourraient mettre l'âme en péril. C'est un corps corruptible jusqu'ici : mais vienne la résurrection ! Car il ne sera pas toujours p.342 fin p.343 début dans cet état ; il ne revêt pas encore les conditions d'une céleste substance ; nous ne sommes pas encore devenus semblables aux anges de Dieu (Cf. S. Augustini opera, t. VI, col. 615, édition des Bénédictins ; col. 1034, édit de Gaume). "
22. S. AMBROISE, Lib. de Eliâ et jejunio, c. 2 : " La vertu du jeûne est grande. C'est une milice si honorable, que Jésus-Christ lui-même a bien voulu s'y enrôler ;
si puissante en même temps, qu'elle a élevé de simples hommes jusqu'au ciel. Et pour chercher mes exemples plutôt dans nos semblables que dans les actes divins, Elie, pour avoir jeûné put d'un seul mot rendre le ciel d'airain pour le peuple sacrilège de la Palestine. Que dirai-je de ses autres miracles ? C'est pour avoir jeûné qu'il put rappeler du sein de la mort le fils de la veuve. C'est à jeun qu'il fit d'un seul mot descendre la pluie sur la terre ; c'est à jeun qu'il fit tomber le feu du ciel ; c'est à jeun qu'il fut emporté au ciel dans un char de feu ; c'est par un jeûne de quarante jours qu'il obtint d'être favorisé du commerce de Dieu même. Ses mérites croissaient avec ses jeûnes. C'est par la vertu de ses jeûnes qu'il arrêta le cours de l'eau du Jourdain, et qu'il put en passer à pied sec le lit desséché en un instant. Dieu dans sa sagesse le jugea digne d'être enlevé dans le ciel avec son corps même puisque, tout revêtu qu'il était de son corps, il menait une vie céleste, et présentait à la terre l'image d'un habitant des cieux. "
Ibidem, c. 3 : " Qu'est-ce que le jeûne sinon une chose céleste, l'image du ciel même ? Le jeûne est la force, l'aliment de l’âme. Le jeûne est la vie des anges ; le jeûne est la mort du péché, l’abolition des crimes, le remède qui nous rend la santé, le principe de la grâce, le fondement de la chasteté. C'est le degré ménagé à notre faiblesse pour nous faire monter jusqu'à Dieu. " Ibidem, c. 4 : " La gourmandise nous ôte le vêtement de l'innocence ; le jeûne nous le rend. C'est ce que Dieu nous a fait entendre par ces paroles du Psalmiste : J'ai revêtu mon âme par le jeûne (Ps. LXVIII, 4). Précieux vêtement, qui couvre l'âme, pour qu'elle ne soit pas surprise par le tentateur, et dépouillé par lui. Précieux voile, qui couvre le péché, qui le fait disparaître sous l'abstinence, qui le fait disparaître devant la grâce. Heureux ceux à qui leurs iniquité ont été pardonnées et dont les péchés sont couverts (Ps. XXXI, 1). La grâce couvre les péchés p.343 fin p.344 début en les pardonnant, en les effaçant. L'abstinence les couvre en nous en purifiant, en les enveloppant d'un voile de tristesse, en les rendant pardonnables par le repentir. Car le jeûne et l'aumône se prêtent une force mutuelle pour nous procurer la délivrance de nos péchés. "
Ibidem, c. 7 : " Le jeûne arrête l'impétuosité des flammes, musèle les lions, rend solides les vagues de la mer, fait fondre les rochers en sources abondantes d'eau vive. Le jeûne a pu changer la nature des éléments, rendre solide l'eau des fleuves, et liquide la pierre des rochers. "
Ibidem, c. 8 : " Le jeûne est une école de continence, une leçon de pudicité ; il humilie l'esprit, mortifie la chair, enseigne la sobriété, exerce à la vertu, purifie le cœur, incline à la miséricorde, inspire la douceur, donne des attraits à la charité ; il honore la vieillesse et protège la jeunesse. Le jeûne est le soutien donné à notre faiblesse, l'aliment qui entretiendra en nous la santé de l’âme. "
Ibidem, c. 9 : " Le jeûne est donc un sacrifice de propitiation, un moyen d'augmenter la grâce en nous : témoins les femmes fortes que le jeûne à élevées par une augmentation de grâce au-dessus de la faiblesse de leur sexe. "
Ibidem, c. 10 : " Le jeûne nous apprête un festin mystique, ce festin dont le Prophète royal à dit ces paroles : Vous avez préparé une table devant moi contre ceux qui me persécutent (Ps. XXII, 3). Celle table ou ce festin n'est acquis qu'à ceux qui ont faim, et ce calice enivrant n'est donné qu'aux sobres, ou à ceux qui ont soif des grâces célestes. Si donc c'est au jeûne à nous introduire à cet auguste festin, s'il nous est nécessaire d'éprouver cette faim pour nous procurer les biens éternels, comment pourrions-nous douter que le jeune exerce sa douce influence même sur les choses qui se rapportent au bonheur d'ici-bas ? Gardons-nous cependant de penser que toute faim dont on éprouve le tourment soit un jeûne agréable à Dieu ; pour lui être agréable, il faut qu'elle ait sa crainte pour principe. Que personne ne prétende pouvoir jeûner et pécher en même temps, ou croie innocenter ses péchés par le jeûne. Car le jeûne est au contraire l'exterminateur des péchés. "
Ibidem, c. 11 : " Que personne ne mette ce qui flatte la volupté au-dessus de ce qui est grand. La volupté semble une chose douce ; le jeûne au contraire est amer à notre goût délicat. Sachons sacrifier cette douceur à cette amertume. Le corps lui- p.344 fin p.345 début même se trouve bien de ce qui est amer. Car de même que les vers qu'une trop grande abondance de nourriture engendre dans les intestins des enfants, ne peuvent être expulsés qu'au moyen de breuvages amers, ou de médecines dont l'odeur insupportable les fasse mourir, ainsi le péché qui se cache dans les plus profonds replis de l'âme ne peut être détruit que par la vertu du jeûne. "
23. Le même, Epist. LXXXII ad Ecclesiam Vercellensem, dit en réfutant l'erreur de quelques disciples de Jovinien : " J'apprends que vous avez dans votre ville (Verceil) Sarmation et Barbatien (C'étaient, apparemment des disciples de Jovinien, dont saint Ambroise avait découvert les erreurs, comme il le dit dans sa lettre XLII au pape Sirice), hommes grands parleurs, qui disent qu'on n'a aucun mérite à garder l'abstinence et la frugalité, que la virginité ne nous attire aucune grâce ; que tous dans les divers états sont également estimables ; que c'est une folie de châtier sa chair par les jeûnes pour l'assujettir à l'esprit. Mais si l'apôtre saint Paul avait regardé cela comme une folie, il ne l'aurait jamais pratiqué, il ne l'aurait jamais écrit pour l'instruction des autres. Et cependant il s'en glorifie en disant : Je châtie mon corps, et je le réduis en servitude, de peur qu'après avoir prêché aux autres, je ne sois réprouvé moi-même (I Cor., IX, 27). Quiconque donc ne châtie pas son corps, et veut prêche aux autres, est au nombre des réprouvés. "
Ibid., n 8 : " Quoi en effet de plus capable de nous imprimer ce caractère que ce qui nous excite à la débauche, à la corruption, à la mollesse ; que ce qui nous plonge dans l'impureté, nous entretient dans l'incontinence, allume en nous le feu des passions ? De quelle nouvelle école vous sont envoyés ces épicuriens, soi-disant philosophes, mais au fond pauvres ignorants, qui prêchent l'amour du plaisir, conseillent à chacun de prendre ses aises, et n'attachent aucun mérite à la chasteté. Ils ont été avec nous, mais ils n'étaient pas des nôtres. Car je ne rougis pas de dire la même chose après saint Jean l'Evangéliste (I JEAN, II, 20). Etant ici, ils jeûnaient, ils gardaient la continence dans leur monastère : ils n'y trouvaient pas moyen de faire bonne chère, toute dispute licencieuse leur était interdite. "
Ibid., n 9 : " Ces hommes délicats n'ont pu souffrir cette régularité : ils sont sortis du monastère ; puis, voulant y rentrer, ils n'ont pas été reçus.
J'avais appris bien des choses sur leur p.345 fin p.346 début compte, qui m'avertissaient de me tenir en garde. Je les avais avertis, mais sans rien gagner. Pleins de colère, ils ont commencé à semer une doctrine qui, grâce à leurs efforts pour la répandre est devenue la source de tous les vices. Ainsi ont-ils, hélas ! perdu tout le mérite de leurs jeûnes d'autrefois, comme de la continence qu'ils ont gardé pendant un temps. Maintenant, par une malice diabolique, ils envient aux autres leurs bonnes œuvres parce qu'ils ont perdu tout le fruit des leurs propres. . . "
Ibid., n 14 : " . . . Comment donc la volupté, qui seule nous a exclus du paradis, pourrait-elle nous y rappeler ? " Ibid., n 15 : " Aussi Jésus-Christ Notre-Seigneur, voulant nous fortifier contre les tentations du démon, s’est-il préparé au combat par le jeûne afin que nous sussions que nous n'avons point d'autre moyen pour vaincre les attraits du péché. Enfin, le démon s'arma dans la première de ses tentations des traits de la volupté, lorsqu'il dit au Sauveur : Si vous êtes Fils de Dieu, faites que ces pierres se changent en pain. C'est pourquoi Jésus-Christ lui répondit : L'homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole de Dieu ; n'ayant pas voulu faire, quoiqu'il le pût, ce changement miraculeux, afin de nous apprendre par cette salutaire maxime à nous attacher bien plus à la lecture des Ecritures qu'à la recherche des voluptés. Et puisque ces hommes soutiennent qu'il ne faut pas jeûner, qu'ils nous disent pourquoi Jésus-Christ a jeûné, si ce n'est pas pour nous donner l'exemple de jeûner nous-mêmes. Enfin, il nous a enseigné encore dans la suite qu'on ne surmonte pas facilement le péché si l'on ne jeûne : Cette espèce de démons, a-t-il dit, ne peuvent être chassés que par la prière et par le jeûne. "
Ibidem, n 16 : " D'où vient aussi que l’Ecriture rapporte de Pierre qu'il a jeûné (Act., X, 10), et que durant son jeûne et sa prière, Dieu lui révéla le mystère de la vocation des gentils à la grâce du baptême, sinon de ce qu'elle a voulu nous faire voir que le jeûne rend les saints eux-mêmes plus éminents en sainteté.
Enfin, c'est en jeûnant que Moïse obtint les tables de la loi ; et c'est aussi en jeûnant que Pierre mérita de connaître toute l'étendue du bienfait de la nouvelle alliance. Ce fut de même par le mérite de ses jeûnes que Daniel ferma la gueule des lions, et prédit les évènements des temps futurs.
Quel moyen nous reste-t-il d'ailleurs de nous sauver, si nous n'expions nos péchés par le jeûne, puisque 1'Ecriture nous déclare que le moyen de nous affranchir du péché, c'est le jeûne et l’aumône (TOB., XII, 8) ? "
p.346 fin p.347 début Ibidem, n 17 : " Quels sont donc ces nouveaux docteurs, qui viennent nous assurer que le jeûne n'est nullement méritoire ? Le langage qu'ils tiennent n'est-il pas le langage de ces gentils qui disaient : Mangeons et buvons, nous mourrons demain ? De ces gentils, dont saint Paul faisait si bonne justice, lorsqu'il disait : Si, pour parler à la manière des hommes, j’ai combattu à Ephèse contre des bêtes farouches, quel avantage en tirerai-je, si les morts ne ressuscitent pas ? Mangeons et buvons, nous mourrons demain (I Cor., XV, 32). "
Ibidem, n 30 : " Oh! qu’Elisée n'avait guère d'esprit de nourrir les prophètes ses disciples avec des fruits sauvages et des herbes amères Oh ! qu'Esdras, qui rétablit de mémoire les saintes Ecritures, n'en avait guère gardé le souvenir ! Oh! que saint Paul était imprudent de se glorifier de ses jeûnes, si les jeûnes ne servent à rien ! "
Ibidem. n 31 : " Mais comment ne serviraient-ils à rien, s'ils servent à effacer les péchés ? Si vous les joignez à l'humilité et à la miséricorde, vos os, comme parle Isaïe, cet organe de l'Esprit-Saint, s'engraisseront, et vous deviendrez comme un jardin pleinement arrosé. Votre âme donc et les vertus dont elle est ornée s’engraissent spirituellement par le jeûne, et votre esprit devenant plus fécond multiplie les fruits de sa justice, de sorte qu'il se passe en vous une de ces ivresses sobres que célèbre le prophète lorsqu'il dit : Que mon calice qui cause l'ivresse est admirable (Cf. Les Lettres de saint Ambroise, etc., trad. par le P. Duranti de Bonrecueil, t. III, p. 126-149) ! "
24. S. LEON-LE-GRAND, Serm. I de jejunio septimi mensis
: " Je connais par expérience, mes frères, votre soumission et votre zèle ; vous ne vous contentez pas seulement d'observer les jeûnes d'obligation ; vous en pratiquez même de volontaires. Cela n'empêchera pas que je ne seconde votre piété par mes exhortations, afin que s'il s'en rencontre dont la dévotion soit plus languissante, ils suivent dans ces jours-ci l'exemple des autres, et se soumettent à une pénitence qui est observée de tout le monde. Il faut avoir égard par-dessus toutes choses à une coutume si saintement établie, afin que nous méritions le secours de Dieu contre nos ennemis par l'humiliation qui est attaché au jeûne. Je regarde cette abstinence comme une chose de la dernière conséquence, et je l'ordonne par l'autorité que Dieu m'a confiée ; mais p.347 fin p.348 début qu'on l'observe par un motif de charité, en sorte qu'en mortifiant son propre corps, en le privant d'une partie de ses aliments ordinaires, on songe à soulager les pauvres. . . "
" Puisqu'il est à propos que nous célébrions le jeûne du septième mois, je vous exhorte à jeûner la quatrième et la sixième férie, et à passer le samedi en prière dans l'église du bienheureux apôtre saint Pierre, qui nous délivrera de nos tribulations par ses prières, et par la grâce de Notre-Seigneur Jésus-Christ (Cf. Sermons de saint Léon-le-Grand, p.548-549). "
Ibidem, Serm. II : " Il faut que l'homme intérieur se prévale de l'empire qu'il a sur l'homme extérieur, et que l'esprit soumis à la volonté de Dieu fasse un bon usage des choses temporelles. Les secours d'un Dieu miséricordieux ne nous manqueront jamais pour entretenir ce bon ordre ; c'est pour cela qu'il nous a ordonne de jeûner dans de certains temps, afin d'augmenter les forces de l'âme en affaiblissant celles du corps. "
" Le septième mois où nous sommes, mes frères, est destiné à cette sainte abstinence, et il faut nous acquitter avec joie de ce devoir ; et sans parler des jeûnes que chacun s'impose en particulier, selon sa dévotion et selon ses forces, il faut redoubler de zèle pour observer celui-ci auquel tout le monde est obligé. Dans les combats que l'ennemi du nom chrétien nous livre, l'abstinence est d'un grand secours pour repousser ses efforts ; les démons qu'on ne pouvait chasser des corps qu'ils obsédaient, quelque commandement que leur en fissent ceux qui les exorcisaient, en ont été chassés par la vertu du jeûne et de la prière, comme le Sauveur du monde nous en assure par ces paroles : Cette sorte de démon ne se chasse que par la prière et par le jeûne (MATTH., XVII, 20). La prière de ceux qui jeûnent est donc agréable à Dieu et terrible aux démons, et on ne peut douter de l'avantage qu'on peut en retirer pour son propre salut, puisqu'elle est si avantageuse au salut des autres. "
" Quoique nous devions tous être animés du même zèle pour pratiquer de concert cette abstinence, mes frères, s'il se rencontre cependant quelqu'un qui ait moins de force que de bonne volonté, il faut qu'il supplée par les aumônes au mérite du jeûne qui ne peut s'accorder avec sa faiblesse physique (Cf. Ibidem, p.551-552). "
Ibidem, Serm. III : " Les oracles des prophètes nous ont p.348 fin p.349 début appris, mes frères quelle est l'efficacité des jeûnes qui se font par de pieux motifs, et combien ils ont de force pour fléchir la miséricorde de Dieu, et pour soutenir la faiblesse humaine. Les prophètes protestent souvent que le peuple d'Israël, qui avait tant de fois irrité la justice divine, ne se servit point d'autre remède que du jeûne pour l'apaiser. Voilà pourquoi le prophète Joël exhortait les Israélites à jeûner : Le Seigneur votre Dieu a dit : Convertissez-vous à moi de tout votre cœur, employez le jeûne, les pleurs, les gémissements ; brisez vos cœurs et ne vous contentez pas de déchirer vos vêtements ; convertissez-vous au Seigneur votre Dieu, parce qu'il est miséricordieux et patient. . . Faites retentir la trompette en Sion, ordonnez un jeûne saint, publiez une assemblée solennelle, faites venir tout le peuple, avertissez-le qu'il se purifie (JOEL, II, 12-13, 15). Suivons, mes frères, les conseils du prophète, et servons-nous en ce temps-ci d'un remède si salutaire, et d'une pratique dont les anciens se sont si bien trouvés, afin que les chrétiens acquièrent par leur dévotion ce que les Juifs ont perdu par leur prévarication. "
" Les œuvre de piété qui sont publiques et qui se pratiquent à toute la communauté des fidèles, sont plus saintes et d'un plus grand mérite que celles que chacun s'impose en son particulier. L'abstinence que chaque fidèle observe en secret, est pour son utilité et pour sa sanctification personnelle ; mais le jeûne que toute l’Eglise impose au corps des fidèles n'exclut personne de cette sanctification générale : la force du peuple de Dieu se redouble, lorsque tous les cœurs des fidèles se réunissent par le nœud d'une sainte obéissance, et que toute cette milice chrétienne est également prête à bien faire, et fortifiée de tous côtés. "
" Nous jeûnerons donc la quatrième férie et la sixième ; nous ferons la vigile samedi dans l'église du bienheureux apôtre saint Pierre ; et nous espérons que ses mérites et son intercession nous obtiendront la miséricorde de Dieu, par la grâce de Notre-Seigneur Jésus-Christ, etc.
(Cf. Sermons de saint Léon-le-Grand, p. 555-556, 560). "
Ibidem, Serm. IV: " L'habitude que vous avez de m'entendre, mes frères, fait que vous supportez plus aisément mes discours. Le temps où nous sommes m'excite à remplir tous mes devoirs de pontife, et votre ferveur empêche que vous ne trouviez difficile ce qu'on exige de vous. Toutes ces circonstances se trouvent p.349 fin p.350 début rassemblées par la grâce de Dieu : Ce n'est plus la lettre qui tue, c'est l'esprit qui vivifie ; où est l'esprit de Dieu, là est la liberté (II Cor., III, 6, 17), qui n'accomplit point la loi par un esprit de crainte, mais par un motif de charité : l'obéissance adoucit le commandement ; on n'obéit pas par une dure nécessité quand on aime ce qui est commandé. Lorsque nous vous exhortons, mes frères, à pratiquer certaines vertus, qui étaient commandées même dans l'Ancien-Testament, nous ne vous imposons pas le joug de l'obéissance judaïque et nous ne vous exhortons pas à suivre les traces d'un peuple charnel : l'abstinence chrétienne est bien plus parfaite que celles des Juifs ; si nous avons quelque chose de commun avec eux pour le temps, nos meurs sont bien différentes des leurs. Leurs mortifications extérieures et l'abattement de leurs visages étaient les accompagnements de leurs jeûnes infructueux ; mais pour nous, nous n'affectons aucun changement dans notre extérieur, nous ne nous abstenons point des actions justes et légitimes nous mortifions par une abstinence raisonnable le désir que nous avons de manger ; et sans condamner les créatures de Dieu, nous gardons de la modération dans l'usage des viandes qui nous sont permises. "
" Quoiqu'il nous soit libre de châtier notre corps par des mortifications volontaires, et d'employer les efforts que nous jugeons à propos pour dompter les mouvements de la chair, qui combattent les désirs de l'esprit, il est néanmoins nécessaire que tous les fidèles aient des temps marqués pour jeûner tous ensemble. La dévotion est plus efficace et plus agréable à Dieu, lorsque tous les fidèles sont unis par les mêmes sentiments et par les mêmes affections dans la pratique des œuvres de piété ; les bonnes œuvres publiques sont préférables aux particulières, et on retire de plus grands avantages des actions qui se font par toute la communauté. Que chaque particulier soit exact et diligent à observer ce qui lui est commandé ; après avoir imploré la protection de Dieu, qu'on prenne les armes spirituelles pour résister aux efforts des puissances infernales. Quoiqu'un chrétien puisse combattre seul en particulier ses ennemis, il est plus expédient pour lui de le faire en public, et de ne pas se produire avec ses forces isolées : il vaut mieux qu'il se fortifie du secours de ses frères, et qu'il se mérite sous l'étendard d'un roi invincible, pour soutenir de part avec les autres une guerre générale. Quand plusieurs combattent ensemble un ennemi commun, ils courent moins de danger, que quand on combat seul à seul ; celui qui se p.350 fin p.351 début pare du bouclier de la foi est moins exposé aux blessures, parce qu'il est défendu non-seulement par ses propres armes, mais aussi par les armes de ses frères : comme ils soutiennent une cause commune, ils remportent aussi une commune victoire. . . " " Nous sommes obligés en tout temps d'aimer et de pratiquer la vertu : il y a cependant certains jours consacrés à l'abstinence et à la mortification du corps, afin que l’âme qui est encore embarrassée des désirs de la terre, ait quelque intervalle pour vaquer aux choses divines, et pour produire des fruits dignes du ciel, parce qu'elle est une portion du champ de Dieu : quand on à semé avec soin, on doit espérer de faire une bonne récolte. . . "
" Nous jeûnerons la quatrième férie et la sixième et nous ferons la vigile le samedi dans l'église de l'apôtre saint Pierre ; nous espérons par ses prières que Dieu nous fera miséricorde, et qu'il agréera le sacrifice de notre jeûne par la grâce de Notre-Seigneur Jésus-Christ (Cf. Sermons de saint Léon-le-Grand, p. 561-563, 565, 566). "
Ibidem, Serm. V : " Je vous exhorte vivement, mes frères, à la pratique du jeûne du septième mois, et j’espère que mes exhortations paternelles vous porteront à observer par des motifs chrétiens la même abstinence que les Juifs pratiquaient autrefois. C'est un usage salutaire, et que les deux Testaments, l'Ancien et le Nouveau, ont également approuvé, de travailler à fléchir la justice de Dieu par la mortification du corps et de l'esprit : rien ne touche Dieu plus efficacement, que quand on se juge soi-même et qu'on s'humilie perpétuellement pour demander pardon de ses fautes, parce qu'on y tombe perpétuellement aussi. . . "
" Voilà pourquoi, pour sanctifier nos corps et nos âmes, nous jeûnerons la quatrième férie et la sixième, et nous ferons le samedi la vigile dans l'église du bienheureux apôtre saint Pierre, espérant obtenir l'accomplissement de nos désirs par ses prières et par la grâce de Jésus-Christ (Cf. Ibidem, p. 567-568, 572). "
Ibidem, Serm. VII : " Les apôtres, qui savaient bien que Jésus- Christ n'étai pas venu détruire la loi, mais l'accomplir, ont tellement distingué entre les préceptes de l'Ancien-Testament, qu'ils en ont laissé quelques-uns, sans y rien changer de ce qu'ils ont cru conforme à la doctrine évangélique, de sorte p.351 fin p.352 début que les maximes de la morale judaïque sont devenues les maximes de la morale chrétienne. Les différentes victimes, les purifications, le repos du sabbat, tout cela a été aboli avec la circoncision ; mais nous avons tiré des livres de l'Ancien-Testament plusieurs préceptes moraux, qui ont la même force parmi nous, que celle qu'ils avaient parmi les Juifs. . . "
" Si nous avons adopté, mes chers frères, la doctrine de l'ancienne loi touchant le jeûne du septième mois, qui a été institué pour purifier nos corps et nos âmes, ce n'est pas pour nous soumettre au joug de la loi, mais c'est pour nous sanctifier par l'abstinence, qui nous est recommandée dans l’Evangile de Jésus-Christ. La vertu des chrétiens est plus pleine et plus parfaite que celle des pharisiens et des scribes ; non que pour cela elle détruise la loi, mais en ce sens qu'elle rejette ce qu'il y a de charnel et de grossier dans la loi. Nos jeûnes ne doivent point se faire par les mêmes motifs que les jeûnes des Juifs, dont le Saint-Esprit disait, par l'organe du prophète Isaïe : Je ne puis supporter vos néoménies, vos sabbats et vos fêtes ; mon âme a de l'aversion pour vos jeûnes et vos assemblées (Is., I, 13). Le Sauveur du monde, prescrivant à ses disciples la manière dont ils devaient jeûner leur disait : Quand vous jeûnez, ne soyez pas tristes comme font les hypocrites, qui affectent d'avoir le visage pâle et défiguré, afin que les hommes sachent qu'ils jeûnent : je vous le dis en vérité, ils ont reçu leur récompense (MATTH., VI, 16). . . "
" Nous jeûnerons solennellement la quatrième férie et la sixième et nous ferons samedi la vigile dans l’église du bienheureux apôtre saint Pierre, espérant qu'il nous protégera par ses mérites et par son intercession, afin que les fidèles aient autant de pouvoir que de bonne volonté, par la grâce de Notre-Seigneur Jésus-Christ, etc. (Cf. Sermons de saint Léon-le-Grand, p. 577-578, 579, 581). "
Ibidem, Serm. VIII : " La tempérance et une frugalité honnête est plus heureuse qu'une luxure effrénée ; les humbles jouissent d'une plus douce gloire que les orgueilleux, et il y a plus d'élévation d'esprit à se conduire avec une telle modération entre les choses permises et défendues, qu'on attache toutes ses espérances aux biens célestes, sans se borner aux choses de la terre. Or, pour que l'âme du chrétien s'élève à cette hauteur de vues, et obtienne sur le corps l'empire qui lui appartient, il faut avoir recours au jeûne qui domptera ce dernier par ses salutaires p.352 fin p.353 début rigueurs. Quoique sous ce nom de jeûne on puisse comprendre en général toute sorte de mortification ou de privation, le jeûne proprement dit consiste en particulier à se retrancher des aliments, en se refusant par le choix actuel de sa volonté, et pour le bien de son âme, ce qu'il a été si pernicieux à nos premiers parents de s'accorder malgré la défense qu'ils en avaient reçue, afin que si la concupiscence nous a fait alors des blessures mortelles, l'abstinence en devienne maintenant pour nous la guérison. "
" Quoique tous les temps soient propres à ces remèdes, le temps où nous sommes, mes frères, y est particulièrement destiné : il à été choisi pour cela par Moïse et par les apôtres. Appliquons-nous donc pendant ce septième mois à nous purifier avec un soin particulier. Nous obtiendrons de la miséricorde de Dieu, si nous faisons concourir ensemble le jeûne, l'aumône et la prière, que nos passions soient réprimées, que nos prières soient exaucées et que nos péchés nous soient pardonnés par les mérites de Notre-Seigneur Jésus-Christ, etc. (Cf. Sermons de saint Léon-le-Grand, p. 584-585). "
Ibidem, Sem. IX : " Vous êtes suffisamment instruits au sujet de ces pratiques religieuses dont la tradition nous fait une loi, et que la coutume a depuis longtemps consacrées, et votre piété ne vous permettra pas de vous en dispenser. Mais comme le ministère sacerdotal oblige un pontife à étendre ses soins sur tous les enfants de l'Eglise, et à se rendre utile aux savants et aux ignorants, nous vous exhortons à pratiquer exactement et avec joie le jeûne du septième mois, en mortifiant à la fois l'esprit et le corps. . . "
" C'est pour cela qu'on à ordonné des jeûnes dans les Quatre-Temps de l'année pour nous faire souvenir que nous avons besoin de nous purifier en tout temps, et de faire tous nos efforts, tandis que nous sommes dans l'agitation de cette vie mortelle, pour effacer par les jeûnes et par les aumônes les péchés que nous avons commis par la fragilité de la chair, et par la corruption de la concupiscence. . . "
" Jeûnons donc la quatrième férie et la sixième et samedi, nous ferons la vigile dans l'église du bienheureux apôtre saint Pierre, qui nous aidera par son intercession à obtenir de la miséricorde de Dieu, que nos jeûnes et nos œuvres de piété lui soient agréables par la grâce de Jésus-Christ notre Sauveur (Cf. Ibidem, p.
586, 589-890.)
p.353 fin p.354 début
25. Le même, De jejunio decimi mensis, serm I
: " Les principaux actes, etc. " Voir à la question précédente, témoignage 2, page 312.
Ibidem, Serm. II : " Qu'y a-t-il de plus propre à nous sanctifier que le jeûne qui nous approche de Dieu en quelque manière ? Il nous donne la force de résister au démon et de dompter les vices qui flattent la concupiscence. Le jeûne est l'aliment de la vertu : c'est l'abstinence qui enfante les pensée chastes, les désirs raisonnables, les conseils salutaires. Les mortifications volontaires ralentissent la concupiscence de la chair, et donnent à l'esprit des forces nouvelles. Mais comme le jeûne n'est pas l'unique instrument de notre salut, il faut y joindre la charité envers les pauvres. . . "
" Il faut donc que nous jeûnions la quatrième férie et la sixième, et que nous passions le samedi en prière dans l'église du bienheureux apôtre saint Pierre, qui nous aidera par son intercession à obtenir l'accomplissement de nos vœux par la grâce de Notre-Seigneur Jésus-Christ, etc. (Cf. Sermons de saint Léon-le-Grand, p. 52-53). "
Ibidem, Serm. III : " Si nous nous laissons aller à une lâche oisiveté et à une nonchalance criminelle, notre cœur demeurera stérile et sans vertu, semblable à une terre inculte, toute hérissée de ronces et d'épines, qui ne produit que de mauvaises herbes, propres à être jetées au feu, au lieu du bon grain qu'on ramasserait dans les greniers. Ce cœur pénétré de la grâce de Dieu, comme d'une rosée, est conservé par la foi : les jeûnes l’exercent, les aumônes le préparent, les prières le rendent fertile et empêchent que des plantes amère et sauvages n'y prennent racine. C'est à quoi nous devons travailler en tout temps ; mais c'est surtout dans les jours où nous sommes, qui sont principalement destinés à ce saint exercice, qu'il nous faut redoubler de soins et de zèle C'est le propre de la piété de faire le bien même qui n'est commandé par aucune loi ; comme c'est une impiété au contraire, de ne pas se mettre en peine de faire celui que la loi nous prescrit. "
" Je vous exhorte de tout mon pouvoir à la pratique du jeûne du dixième mois. Je sais que vous êtes tous disposés à observer cette abstinence avec beaucoup de ferveur : que chacun fasse des aumônes selon ses facultés et selon les biens qu'il a reçus de Dieu. Les ennemis de notre salut, qui sont au désespoir quand p.354 fin p.355 début ils voient que nous nous appliquons nous sanctifier, redoublent leurs efforts et leurs artifices pour nous traverser dans la pratique de la vertu ; ils font craindre la disette à ceux qui auraient le plus de penchant à donner l'aumône ; la rigueur du jeûne abat le courage des autres, de sorte que plusieurs se relâchent là-dessus, et ne l'observent pas avec toute l'exactitude qu'ils devraient (Cf. Sermons de saint Léon-le-Grand, p. 53-55). "
Ibidem, Serm. IV : " Ceux qui sont obligés de combattre des ennemis aussi dangereux (que le sont le démon, le monde et la chair), peuvent se servir de trois principaux remèdes pour se guérir des blessures qu'ils reçoivent dans leurs combats, savoir une prière persévérante, des jeûnes rigoureux et d'abondantes aumônes. Ces trois moyens employés concurremment nous rendent Dieu propice, effacent nos péchés, affaiblissent les forces et déconcertent les efforts du tentateur. Une âme fidèle doit toujours être revêtue de cette triple armure ; mais sa ferveur doit redoubler surtout dans les temps particulièrement destinés à la pratique des œuvres de piété.
"
" Mettons dans ce rang le jeûne solennel du dixième mois : il ne faut pas le négliger sous prétexte que c'est une pratique tirée de l'ancienne loi, et comme si l'on se faisait, à l'imitation des Juifs, un scrupule de manger de certaines viandes : cette coutume n'est pas du nombre des anciennes purifications, et n'a rien de commun avec le choix qui se faisait alors de certains bestiaux et de certains oiseaux pour les immoler. Toutes ces choses, qui n'étaient que des figures, ont cessé, quand les vérités qu'elles signifiaient ont été accomplies ; la grâce du Nouveau-Testament n'a point aboli le jeûne qui est d'un grand secours pour conserver la pureté du corps et la ferveur de l'esprit. Comme le christianisme observe les préceptes du décalogue et qu'on lit dans l’Evangile : Vous adorerez le Seigneur votre Dieu, et vous le servirez lui seul ; vous aimerez votre prochain comme vous-même (MATTH., IV, 40 ; XXII, 57) ; ainsi les préceptes qui regardent le jeûne n'ont point été abolis par la loi nouvelle. Aujourd'hui, comme autrefois, le jeûne nous fortifie contre le péché, amollit en nous le feu de la concupiscence, repousse les tentations, abat l'orgueil, réprime les saillies de la colère et conduit jusqu'à une vertu consommée les bons désirs que le cœur enfante.
Il faut cependant que le jeûne soit secondé par le mérite p.355 fin p.356 début de la charité, et par un usage prudent de l’aumône.
Le jeûne dénué du secours de cette vertu ne contribue pas tant à purifier l'âme, qu'à affaiblir le corps ; c'est plutôt souvent un effet de l'avarice, que celui d'une véritable pénitence, quand on se contente simplement de s'abstenir de l'usage des viandes, sans exercer d'autres œuvres de piété. "
" Il faut donc, mes frères, nous disposer à ces bonnes œuvres avec la grâce de Dieu, par le jeûne de la quatrième et de la sixième férie, et par les prières que nous ferons le samedi dans l'église du bienheureux apôtre saint Pierre, afin qu'aidés par son intercession, nous puissions mériter la miséricorde de Dieu (Cf. Sermons de saint Léon-le-Grand, p. 56-59). "
Ibidem, Serm. V : " Tous les temps, mes frères, sont propres à l'exercice de ces bonnes œuvres (à la pratique de l’aumône) ; mais surtout le temps où nous sommes doit redoubler notre ferveur, puisque les saints Pères inspirés par le Saint-Esprit, ont consacré le dixième mois au jeûne afin que, la récolte, étant faite, on remercie Dieu par une abstinence volontaire des biens qu'il nous à donnés, et qu'on se souvienne de faire de l'abondance des biens un tel usage qu'on soit plus libéral envers les pauvres, à mesure qu'on devient plus sobre et plus austère par rapport à soi-même. La prière accompagnée du jeûne et de l’aumône est très-efficace pour obtenir le pardon des péchés qu’on a commis : de tels suffrages la rendent fort agréable à Dieu. . . "
" Nous jeûnerons donc la quatrième férie et la sixième. Nous passerons le samedi à prier Dieu dans l’église du bienheureux apôtre saint Pierre, qui veille incessamment sur le troupeau que Dieu lui a confié, comme nous le croyons et comme nous en faisons tous les jours l'heureuse expérience. Il obtiendra de Dieu, par ses prières, que l'Eglise qu'il a édifiée par ses prédications apostoliques soit jusqu'à la fin affranchie de toute erreur (Cf. Ibidem, p. 161-167). "
Ibidem, Serm VI : " Les pratiques de l'Ancien-Testament donnent beaucoup de poids et d'autorité aux préceptes évangéliques, lorsque ce qui a été d'usage dans l'ancienne loi s'observe encore dans la nouvelle. Le Sauveur du monde disait en parlant de lui-même : Ne pensez pas que je sois venu détruire la loi ou les prophètes ; je ne suis pas venu les détruire, mais les accomplir (MATTH., V, 17). Toutes les prophéties et les figures qui annonçaient la venue de Jésus-Christ ont cessé par l'accomplissement p.356 fin p.357 début de la vérité ; mais les maximes qui regardent le règlement des mœurs, la piété, le culte de Dieu, ont toujours la même force : tout ce qui convient aux deux Testaments subsiste encore, et n'est point sujet au changement. Le jeûne des Quatre-Temps est imité des pratiques de l'ancienne loi, et nous l'observons tous les ans par tradition. La justice et la piété exigent de nous des actions de grâces pour les fruits que Dieu nous donne avec tant de bonté. . . "
" Jeûnons la quatrième férie et la sixième ; employons le samedi à la prière dans l'église du bienheureux apôtre saint Pierre, afin que l'intercession de cet apôtre nous obtienne le secours et la protection de Dieu par les mérites de Notre-Seigneur Jésus-Christ (Cf. Sermons de saint Lion-le-Grand, p. 68-69, 73). "
Ibidem, Serm. VII : " La continence a triomphé de la luxure ; .l'humilité a banni l'orgueil ; ceux qui étaient plongés dans l'ordure de l'impudicité sont tous brillants de l'éclat de la chasteté. La divine Providence, mes frères, a ajouté à ces grands changements le mérite du jeûne qu'on observe à certains jours par toute l'Eglise. Quoique ce soit une chose louable que tous les membres de Jésus-Christ se rendent recommandables par leurs fonctions particulières, le mérite est encore plus grand lorsque tous les fidèles s'appliquent de concert à la pratique des mêmes vertus, afin que nos ennemis invisibles, qui regardent notre sanctification comme le plus cruel de leurs supplices, soient vaincus par chaque fidèle en particulier et par tout le corps en commun. Le dixième mois où nous sommes, mes frères, nous avertit de redoubler notre ferveur, et d'allumer de plus en plus dans nos cœurs le zèle de la charité, après en avoir banni la tiédeur et l'infidélité. "
" Jeûnons la quatrième férie et la sixième, et passons le samedi en prière dans l'église du bienheureux apôtre saint Pierre (Cf. Ibidem, p. 75-77).
"
Ibidem, Serm. VIII : " L'utilité du jeûne parait principalement, mes frères, dans les jeûne que l’Eglise nous prescrit, et qu'elle a assigné aux diverses saisons de l'année par l'inspiration du Saint-Esprit, afin que les fidèles se souviennent qu'ils doivent pratiquer l'abstinence en tout temps. Le jeûne du printemps s'observe pendant le carême celui d'été à la Pentecôte ; le jeûne de l'automne est dans le septième mois, et enfin celui p.357 fin p.358 début d'hiver s'observe dans le mois ou nous sommes, qui est le dixième : cette distribution nous fait entendre qu'il faut observer les préceptes divins dans toutes les saisons, et que Dieu nous instruit dans tous les temps de l'année, afin que nous n'ignorions aucun de nos devoirs, et que nous sachions précisément ce que nous devons dire et ce que nous devons faire. . . "
" L'abstinence est un moyen très-propre à détruire les vices : l'efficacité de cette vertu tempère la soif de l'avarice, arrête les saillies de l'ambition, ralentit le feu de la luxure. Des effets si merveilleux doivent nous en faire sentir l'utilité ; mais il ne suffit pas de s'interdire l'usage des viandes ; il faut encore étouffer tous les désirs charnels. . . "
" Nous jeûnerons les jours de la quatrième et de la sixième férie et nous passerons le samedi en prière dans l'église du bienheureux apôtre saint Pierre, qui obtiendra par son intercession que nos jeûnes, nos prière et nos aumônes soient agréables à Dieu, par la grâce de Notre-Seigneur Jésus- Christ qui vit et règne avec le Père et le Saint-Esprit dans les siècles des siècles (Cf. Sermons de saint Léon-le-Grand, p. 79-83). "
26. Ibidem, de jejunio Pentecostes, serm. I : "
La fête que nous célébrons aujourd'hui, mes frères, et qui est consacrée par la descente du Saint-Esprit, est suivie, comme vous le savez, d'un jeûne solennel, institué pour guérir les maux de l'âme et du corps, et que nous devons observer avec toute l'exactitude et toute la ferveur dont nous sommes capables. Depuis que les apôtres ont été remplis de la vertu d'en haut, et que l'Esprit de vérité est descendu sur eux, nous ne pouvons plus douter que l'institution du jeûne aussi bien que les autres points de la doctrine céleste que nous professons, ait été suggérés par le Saint-Esprit, afin que les âmes sanctifiées par le jeûne soient plus en état de recevoir l'onction de ses grâces. Les disciples de Jésus-Christ étaient sous la protection du Tout-puissant ; la divinité du Père, du Fils et du Saint-Esprit soutenait les chefs de l'Eglise naissante. Ce n'étaient point les forces du corps, ni les secours naturels, qu'il leur fallait employer pour combattre leurs persécuteurs ou pour résister aux efforts et aux mauvais desseins des méchants : la bonne chère et les délices altèrent la vertu des hommes, ce qui plaît aux sens corrompt le cœur ; l'âme raisonnable devient plus épurée, à mesure que le corps est dompté et mortifié. "
p.358 fin p.359 début " Les docteurs qui ont illustré l'Eglise naissante par leurs exemples et par leurs traditions, ont fondé sur le jeûne les premiers éléments de la milice chrétienne afin que ceux qui se préparaient à combattre les puissances infernales prissent les armes de l'abstinence pour réprimer l'impétuosité des vices. . . "
" Nous jeûnerons la quatrième férie, et de même la sixième et nous prierons le samedi dans l'église du bienheureux apôtre saint Pierre, dont l'intercession nous obtiendra, comme nous en avons la ferme confiance, d'être délivrés de nos ennemis visibles et invisibles, par la grâce de Notre-Seigneur Jésus-Christ (Cf. Sermons de saint Léon-le-Grand, p. 518-519, 521). "
Ibidem, Serm. II : " Il ne faut pas douter, mes frères, que toutes nos saintes pratiques soient d'institution divine, et que nous tenions de la tradition apostolique les coutumes établies dans 1'Eglise. C'est le Saint-Esprit qui agit encore sur le cœur des fidèles pour les encourager à l'observation des divins commandements. Le Saint-Esprit, qui avait été promis de Dieu, descendit sur les apôtres le jour de la Pentecôte qui est le cinquantième depuis la Pâque, et les combla par sa présence de lumières plus éclatantes et de grâces plus abondantes ; et nous devons être persuadés que le jeûne qui suit immédiatement la fête de la Pentecôte doit être compté entre les autres dons du Saint-Esprit. Comme la concupiscence à ouvert la porte à tous les péchés, ainsi la continence est l'origine et la source de toutes les vertus (Cf. Ibidem, p. 522-523). "
Ibidem, Serm. VI : " Nous ne devons point douter, mes frères, que les apôtres inspirés par le Saint-Esprit aient été les premiers instituteurs du jeûne et qu'ils se soient préparés par l'abstinence à la pratique des autres vertus. Les fidèles qui se sanctifient par la mortification, et qui se servent du jeûne pour amortir le feu de la concupiscence, sont plus en état d’accomplir les préceptes de la loi de Dieu. "
" Voilà pourquoi je vous exhorte, mes frères, si vous voulez effacer les taches de vos péchés par la mortification et par les œuvres de piété, à jeûner la quatrième férie ainsi que la sixième, et à passer le samedi en prière dans l’église du bienheureux apôtre saint Pierre, afin que ses mérites et son intercession rendent nos vœux et nos jeûnes agréables à Dieu, par la grâce de Notre-Seigneur Jésus-Christ (Cf. Ibidem, p. 526-529).
"
p.359 fin p.360 début
27. Le même, De Quadragesimâ, Serm. I
: " Nous sommes parvenus au saint temps de carême, où nous devons nous punir de notre lâcheté et de notre négligence passées, pour en effacer le crime ; mais c'est aussi en cette sainte saison que la malignité des démons est plus envenimée et qu'ils font de plus grands efforts afin que ceux qui doivent célébrer la Pâque soient coupables et impurs en quelque chose, et que ce mystère qui devrait être pour eux une source de bénédictions, les replongent dans de nouveaux crimes, s'ils s'en approchent indignement. "
" Le saint temps de carême approche, mes frères, où nous devons redoubler notre zèle et notre application au service de Dieu : comme nous entrons dans une espèce de combat, il faut nous préparer à soutenir les tentations de nos ennemis ; car nous devons être persuadés que, plus nous nous appliquerons à l'affaire de notre salut, plus nos ennemis redoubleront leurs attaques avec violence. Mais celui qui habite en nous est plus fort que celui qui est contre nous ; nous sommes fortifiés par la force même de celui en qui nous avons mis notre confiance. Le Sauveur a permis au démon de le tenter, afin que nous soyons instruits par l'exemple de celui qui nous protège (Cf. Sermons de saint Léon-le-Grand, p. 231-232). "
Ibidem, Serm. II : " Un homme n'a qu'une piété suspecte même dans les autres temps de l'année, si sa piété n'est pas plus ardente dans celui du carême. C'est fort à propos qu'on nous à répété cette maxime de l'Apôtre : Voici maintenant le temps favorable, voici le jour du salut (II Cor., VI, 2). En effet, peut-on trouver un temps plus favorable à la vertu, et des jours plus salutaires, puisque c'est dans ces temps qu'on déclare une guerre ouverte aux vices, et qu'on s'applique plus particulièrement à la vertu (Cf.
Ibidem, p. 258) ? "
Ibidem, Serm. III : " Tant que nous sommes revêtus d'une chair mortelle, notre ancien ennemi ne cesse de nous tendre des pièges pour nous faire tomber dans le péché ; et sa fureur est plus ardente contre les membres de Jésus-Christ lorsqu'ils sont sur le point de célébrer les plus augustes mystères. Le Saint-Esprit à eu soin de nous enseigner cette vérité, afin que nous nous préparions par un jeûne de quarante jours à la fête de Pâques. Voici le temps de nous purifier par cette sainte abstinence, et de nous imposer une pénitence si utile ; nous serons p.360 fin p.361 début plus en état d’honorer la Pâque de Jésus-Christ et de la célébrer dignement, si nous vivons saintement pendant le carême et si nous observons avec fidélité le jeûne qui nous est prescrit. - Dans ces jours de jeûne livrons-nous avec plus de zèle que jamais à la pratique des bonnes œuvres, et quoique nous soyons obligés de les pratiquer en tout temps, cette sainte saison demande un redoublement de ferveur (Cf. Sermons de saint Léon-le-Grand, p.). "
Ibidem, Serm. IV : " Mes frères, dans l'intention où je suis de vous parler du saint jeûne de carême, puis-je mieux commencer ce sermon que par les paroles de l'Apôtre qui était l'interprète de Jésus-Christ et qu'en répétant ces paroles que nous venons de lire : Voici maintenant le temps le plus favorable, voici maintenant le jour du salut. Quoique le Seigneur nous comble de ses grâces en tout temps, et que sa divine miséricorde vienne sans cesse à notre secours, il faut cependant que l'âme s'applique avec plus de zèle à faire des progrès dans la vertu, et qu'elle conçoive de plus vives espérances dans ces temps où l'accomplissement des mystères de notre rédemption nous invite spécialement à exercer de nombreux actes de piétés afin que nous puissions célébrer avec une grande pureté de cœur et d'esprit le saint et incomparable mystère de la passion de Notre-Seigneur. Nous devrions toujours adorer ces divins mystères avec la même piété, avec le même amour, et rester toujours devant Dieu aussi purs que nous devons l'être pendant la fête de Pâques. Mais peu de personnes possèdent assez de ferveur pour cela ; la fragilité de la chair nous empêche de persister dans la stricte observance des divins préceptes ; et les embarras et les inquiétudes de cette vie causent de si grandes distractions, que les âmes les plus vertueuses elles-mêmes ne peuvent se garder d'être souillées par la poussière du monde. Aussi Dieu dans sa sagesse nous à donné le carême pour purifier nos âmes, pour racheter par de bonnes œuvres et le jeûne de la piété les fautes que nous avons pu commettre dans le cours de l'année. Puisque nous sommes sur le point d'entrer dans ces saints jours où les lois divines nous prescrivent de purifier notre âme et notre corps, ayons soin d'obéie à ce précepte de l’Apôtre : Purifions-nous de tout ce qui souille le corps ou l'esprit. . . "
" Nous jeûnerons ainsi les jours de la deuxième, quatrième et sixième férie, et nous célébrerons les vigiles dans l'église du bienheureux apôtre saint Pierre, qui ne cesse de veiller sur le p.361 fin p.362 début troupeau qui lui à été confié, et qui obtiendra notre salut par la grâce de Dieu tout-puissant (Cf. Sermons de saint Léon-le-Grand, p. 250-251, 258). "
Ibidem, Serm. V : " Pouvons-nous, mes frères, trouver un temps plus favorable pour recourir aux remèdes divins, qu’à l'époque de ces fêtes où nous célébrons les divins mystères de notre rédemption ? Préparons-nous par le jeûne du carême à bien nous acquitter de ce devoir.
Non-seulement ceux qui doivent recevoir une vie nouvelle dans le baptême par le mérite de la mort et de la résurrection de Jésus-Christ, mais encore tous les fidèles d'avance régénérés peuvent se servir utilement de ce divin remède pour se sanctifier : les premiers, afin de se rendre dignes de la grâce qu'ils n'ont point encore reçue, les seconds, afin de conserver celle qu'ils ont reçue autrefois. Car l'Apôtre a dit : Que celui donc qui croit être ferme, prenne bien garde de tomber (I Cor., X, 12). Personne n'est tellement solide dans sa vertu, qu'il puisse être sûr de sa persévérance. Profitons donc, mes frères, des avantages que peut nous procurer un temps si salutaire, et employons tous nos efforts à purifier notre conscience (Cf. Ibidem, p. 262-263). "
Ibidem, Serm. VI : " Si les chrétiens sont obligés en tout temps d'être réguliers et vertueux, il est juste qu'ils redoublent de ferveur en ce temps-ci, et qu'ils satisfassent à l'obligation de jeûne que les apôtres nous ont imposée, non-seulement en se privant de nourriture, mais surtout en s'abstenant des vices (Cf. Ibidem, p. 268).
Ibidem, Serm. IX : " Nous n'ignorons pas, mes frères que la fête de Pâques est la plus grande de toutes les solennités du christianisme ; et pour célébrer dignement cette fête, l'année entière, dans les vues de l’Eglise, doit y servir de préparation. Mais le temps où nous sommes demande de nous à cet égard une dévotion et une piété toute particulière, parce que nous approchons tous les jours de plus en plus de ce mystère sublime de miséricorde. Les apôtres inspirés du Saint-Esprit ont ordonné le jeûne du carême, afin que nous nous conformions par la mortification de la croix et aux souffrances de Jésus- Christ, pour avoir part à ses récompenses, selon cette maxime de l'Apôtre : Si nous souffrons avec lui, nous serons glorifiés avec lui (Rom., VIII, 17). Nous devons p.362 fin p.363 début avoir une ferme espérance d'obtenir la béatitude qui nous est promise, si nous avons part à la passion de Jésus-Christ (Cf. Sermons de saint Léon-le-Grand, p. 287-288). "
Ibidem, Serm. X : " Si nous considérons attentivement les grâces que la croix du Sauveur a procurées à l’Eglise universelle, nous n'aurons pas de peine à reconnaître que le jeûne du carême a été sagement institué pour nous préparer à la fête de Pâques, afin que nous puissions assister dignement à un si grand mystère (Cf. Ibidem, p. 294). "
Ibidem, Serm. XI : " Le grand mystère de la Pâque approche : pour le célébrer dignement, nous nous préparons par un jeûne de quarante jours ; tous les fidèles sans exception sont obligés à cette abstinence, parce qu'il n'y a personne de si saint ou de si pieux, qu'il ne doive croître toujours en sainteté et en piété (Cf. Ibidem, p. 302). "
Ibidem, Serm. XII : " Il faut nous disposer par les jeûnes selon la coutume, à la solennité pascale qui approche, et sanctifier le corps et l'âme par une abstinence de quarante jours. Puisque c'est la plus grande et la plus auguste de toutes les fêtes, il faut apporter tous nos soins pour nous en rendre dignes ; et comme nous sommes ressuscites avec Jésus-Christ il faut aussi mourir avec lui. . . "
" L'abstinence conserve, nourrit, augmente les bonnes dispositions de l'âme et du corps. De là concluez combien le jeûne, dont l'institution remonte à Dieu même, est utile dans l'intention de l’Eglise, qui en prescrit la pratique par ses sages règlements. Du moment où l'appétit charnel est soumis aux lois de l'abstinence, les tentations intérieures ne sont plus si violentes, et en même temps que le corps se prive des viandes, l'âme s'abstient des vices (Cf. Ibidem, p. 312-313). "
Question II
Que faut-il répondre à ceux qui décrient et méprisent la loi du jeûne ecclésiastique ?
Il faut les avertir premièrement de ne pas attribuer injustement aux catholiques ce que l'Apôtre réprouve, et ce que l’Eglise a toujours condamné dans les juifs, dans les manichéens et dans les priscillianistes, et qui consiste à s'abstenir de certains aliments par superstition, ou pour obéir à la loi de Moïse. Car pour p.363 fin p.364 début reproduire ici la réponse que fit saint Augustin à Fauste le Manichéen " si les catholiques s'abstiennent de manger de la viande, c'est pour réprimer les révoltes de la chair et punir l'âme elle-même du consentement qu'elle à pu y donner, et non parce qu'ils regarderaient peut-être la chair des animaux comme quelque chose d'impur. Et ce n'est pas seulement de la viande qu'ils s'abstiennent ainsi ; mais ils usent de la même réserve par rapport à certaines productions de la terre, presque tous au moins pendant le carême, et quelques-uns même dans tous les temps de l’année. " Voilà ce qu'écrivait saint Augustin. Avant lui saint Epiphane exprimait la même doctrine dans la réfutation qu'il a donnée de l'hérésie d'Aérius, qui prétendait abandonner à la libre volonté de chacun les jeûnes prescrits par l'Eglise, et refusait à celle-ci le droit d'en faire une obligation aux fidèles.
Quant à cet usage où est l’Eglise de marquer des époques particulières pour les jeûnes publics, aussi bien que pour ses prières solennelles et pour ses fêtes, cet usage a pour but de cimenter, de mettre en relief et d'accroître l'union qui doit exister entre tous les membres de l'Eglise. Beaucoup de gens d'ailleurs ne songeraient guère à s'imposer à eux-mêmes des jeûnes particuliers, pour lesquels l'amour naturel que chacun a de ses aises et de son bien-être corporel ne manquerait pas de leur créer des répugnances.
Qu'il soit important pour le salut de notre âme, et que ce soit pour nous une source certaine de mérites d’accepter avec respect et soumission les lois de l'Eglise sur cette matière et de les observer avec exactitude, c'est ce que saint Jérôme démontre si clairement dans ses livres contre Jovinien, que personne ne peut plus, après cela le révoquer en doute. Ajoutons aux raisons données par saint Jérôme ce que nous avons dit plus haut de l'obligation d'observer les préceptes de l’Eglise, tant pour éviter le scandale que pour ne pas nuire au maintien de la discipline ; et non pas seulement par la crainte du châtiment, mais encore, comme le dit saint Paul, par un devoir de conscience. Or, il est constant, comme le prouvent les témoignages unanimes des écrivains de tous les siècles que la discipline de l’Eglise, ses coutumes, ses traditions, ses lois ont de tout temps conspiré, et cela dès l'époque de son établissement, à procurer l'observation de ce jeûne ecclésiastique marqué pour certains jours, et particulièrement pour le carême. Les Canons p.364 fin p.365 début apostoliques et les conciles les plus anciens témoignent de la vérité que nous exposons ici. Le concile de Gangres en particulier frappe d'anathème ceux qui méprisent les jeûnes ordonnés dans toute l'Eglise, et un concile de Tolède impose l'obligation aux évêques de priver de la communion ceux qui font gras en carême sans y être forcés par la maladie ou par quelque autre nécessité évidente.
Les Pères, de leur côté, ont appliqué leur zèle à recommander le jeûne, surtout celui du carême, qui leur paraît d'institution apostolique, et à le présenter comme de stricte obligation pour les fidèles. Ceux-là donc sont animés d’un tout autre esprit que de celui des Pères qui se dispensent, eux et les autres, de la loi du jeûne et se font les patrons de la prétendue réhabilitation (Je hasarde ici cette expression, devenue si fort à la mode dans les écrits des philosophes humanitaires, au lieu de traduire plus littéralement celle de l'auteur, carnis licentiæ, que j'aurais pu rendre par ces mots : la licence des appétits charnels) de la chair, plutôt que de la liberté évangélique. En s'opposant, comme ils le font, à ce que la chair soit crucifiée avec ses vices et ses convoitises, ils font bien voir qu'ils ne comprennent rien aux inspirations de l'esprit de Dieu : et que loin d'avoir cet esprit, ils l'éteignent au contraire et en eux-mêmes et dans les autres, suivant l'expression de l'Apôtre. Outre qu'ils résistent ouvertement à l'Eglise leur mère ou pour mieux dire, à Jésus-Christ lui-même qui leur parle et leur commande par la bouche de l’Eglise son épouse, et qu'ils s'assurent leur damnation, en abolissant, autant qu'il est en eux, la sainte loi du jeûne, cette loi si salutaire, et que l’Eglise de tout temps nous a si puissamment recommandée. p.365 fin p.366 début TEMOIGNAGES DE L’ECRITURE.
1. I Tim, IV, 1-5 : " Or, l'Esprit dit expressément que dans les temps à venir quelques-uns abandonneront la foi, en suivant des esprits d'erreur et des doctrines diaboliques, - enseignées par des imposteurs pleins d'hypocrisie, dont la conscience sera noircie de crimes ; - qui interdiront le mariage, et l'usage des viandes que Dieu à créées pour être reçues avec action de grâces par les fidèles, et par ceux qui connaissent la vérité. - Car tout ce que Dieu à créé est bon, et on ne doit rien rejeter de ce qui peut se manger avec action de grâces ; parce que cela est sanctifié par la parole de Dieu et par la prière. "
2. Colossiens, II, 16-17, 20-23 : " Que personne donc ne vous condamne pour le manger et pour le boire, ou au sujet des jours de fêtes, des nouvelles lunes, et des jours de sabbat, - puisque toutes ces choses n'ont été que l'ombre de celles qui devaient arriver, et que Jésus-Christ en est le corps et la vérité. - Si donc vous êtes morts avec Jésus- Christ à ces éléments du monde, comment vous en faites-vous encore des lois, comme si vous viviez dans ce premier état du monde ? - Ne mangez pas, vous dit-on, d'une telle chose ; ne goûtez pas de ceci, ne touchez p.366 fin p.367 début pas à cela. - Cependant ce ne sont là que des choses qui se consument par l'usage qu'on en fait ; et vous les interdire, c'est vous attacher à des prescriptions et à des opinions humaines, - qui n'ont que l'apparence d'une certaine sagesse par une affection de piété et d’humilité, et par les privations qu'elles imposent au corps, en refusant à la chair ce qui pourrait la contenter. "
3. Deutéronome, IV, 3-21 : " Ne mangez point de ce qui est impur. - Voici les animaux dont vous devez manger : le bœuf, la brebis, la chèvre, - le cerf, la chèvre sauvage, le buffle, l'onagre, le chevreuil, l'oryx, la girafe. - Vous mangerez de tous les animaux qui ont la corne divisé en deux, et qui ruminent. - Mais vous ne devez point manger de ceux qui ruminent, et dont la corne n'est point fendue, comme du chameau, du lièvre, du chœrogrille. Ces animaux, seront impurs à vos yeux, parce qu'encore qu'ils ruminent, ils n'ont point la corne fendue. - Le pourceau aussi sera impur pour vous, parce que, bien qu'il ait la corne fendue, il ne rumine point. Vous ne mangerez point de la chair de ces animaux, et vous n'y toucherez point lorsqu'ils seront morts. - Entre tous les animaux. qui vivent dans les eaux, vous mangerez de ceux qui ont des nageoires et des écailles. - Vous ne mangerez point de ceux qui n'ont point de nageoires ni d'écailles, parce qu'ils sont impurs. - Mangez de tous les oiseaux qui sont purs ; - mais ne mangez point de ceux qui sont impurs, tels que l'aigle, le griffon, l'aigle de mer, - l’ixion, le vautour et le milan, dans toutes leurs espèces ; - les corbeaux, et tout ce qui est de la même espèce ; - l'autruche, la chouette, le larus, avec l'épervier et tout ce qui est de la même espèce ; - le héron, le cygne, l'ibis, - le plongeon, le porphyrion, le hibou, - l'onocratalus, le charadrius, chacun selon son espèce ; la huppe et la chauve-souris. - Tout ce qui rampe sur la terre et a des ailes sera impur, et on n'en mangera point. - Mangez de tout ce qui est pur. - Ne mangez d'aucune bête qui sera morte d'elle-même. "
4. Genèse, I, 29 : " Dieu dit encore : Voilà que je vous ai donné toutes les plantes répandues sur la surface de la terre et qui portent leur semence, et tous les arbres fruitiers qui ont leur germe en eux-mêmes, chacun selon son espèce, pour servir à votre nourriture. "
5. Ibid., II, 16-17 : " Et le Seigneur fit à l'homme un commandement, et lui dit : Tu peux manger de tous les fruits des autres arbres du paradis ; mais tu ne mangeras du fruit de p.367 fin p.368 début l'arbre de la science du bien et du mal ; car au jour où tu en mangeras, tu mourras irrémissiblement. "
6. Ibid., IX, 3-4 : " Vous pourrez prendre pour votre nourriture tout ce qui a mouvement et vie ; je vous ai abandonné toutes ces choses, de même que les légumes et les herbes de la campagne. - Seulement, vous ne mangerez la chair d'aucun animal mêlée avec son sang. "
7. Lévitique, X, 8-11 : " Le Seigneur dit aussi à Aaron : - Vous ne boirez, vous et vos enfants, ni vin, ni rien de ce qui peut enivrer, quand vous entrerez dans le tabernacle du témoignage, de peur que vous ne soyez punis de mort ; parce que c'est là une ordonnance établie à jamais pour toute votre postérité : - afin que vous sachiez discerner ce qui est saint ou profane, ce qui est pur ou impur, - et que vous appreniez aux enfants d'Israël toutes les lois et les ordonnances que je leur ai prescrites par le ministère de Moïse. "
8. Nombres, VI, 2-4 : " Parle aux enfants d'Israël et dis-leur : Lorsqu'un homme ou une femme aura fait vœu de se sanctifier, et aura voulu se consacrer au Seigneur, - il s'abstiendra de vin, et de tout ce qui peut enivrer : il ne boira point de vinaigre, ni d'aucun autre breuvage, ni rien de ce qui se tire du raisin. Il ne mangera point de grappes fraîches ou sèches. - Tant que durera le temps de sa consécration au Seigneur, d'après le vœu qu'il aura fait, il ne mangera rien de ce qui vient de la vigne, depuis la grappe jusqu'au moindre grain. "
9. Juges, XIII, 2-4, 13-14 : " Or, il y avait un homme de Saraa, de la tribu de Dan, nommé Manué, dont la femme était stérile. - Et l'ange du Seigneur apparut à sa femme, et lui dit: Tu es stérile et sans enfants ; mais tu concevras, et tu enfanteras un fils. - Prends donc bien garde de boire du vin, ou de ce qui peut enivrer, et de manger quoi que ce soit d'impur. - L'ange du Seigneur dit à Manué : Qu'elle s'abstienne de tout ce que je lui ai marqué. - Qu'elle ne mange rien de ce qui naît de la vigne ; qu'elle ne boive ni vin, ni rien de ce qui peut enivrer ; qu'elle ne mange rien d'impur, et qu'elle accomplisse et garde avec soin ce que je lui ai ordonné. "
10. JEREMIE, XXXV, 1-10, 18-19 : " Voici la parole que le Seigneur adressa à Jérémie dans les jours de Joachim, fils de Josias, roi de Juda : - Rends-toi à la maison des Réchabites et parle-leur ; tu les introduiras dans la maison du Seigneur, dans l'une des chambres du trésor et tu leur donneras du vin à boire.
p.368 foin p.369 début Alors je pris Jozonias, fils de Jérémie, fils de Habassanias, ses frères et tous ses fils, et toute la maison des Réchabites. - Et je les introduisis dans la maison du Seigneur, dans la chambre du trésor occupé par les enfants de Hanan, fils d'Igédalias, homme de Dieu, près du trésor des princes, au-dessus de celle de Maasias, fils de Sellum, qui était le gardien du vestibule. - Et je mis devant les enfants de la maison des Réchabites des tasses et des coupes pleines de vin, et je leur dis : Buvez du vin. - Et ils me répondirent : Nous ne boirons point de vin, parce que Jonadab, notre père, fils de Réchab, nous à fait ce commandement : Vous ne boirez jamais de vin, ni vous, ni vos enfants ; - et vous ne bâtirez point de maisons, et vous ne sèmerez point de grains, et vous ne planterez point de vignes, et vous n'en aurez point à vous ; mais vous habiterez sous des tentes tous les jours de votre vie, afin que vous viviez longtemps sur la terre, ou vous êtes étrangers.- Nous avons donc obéi à la voix de Jonadab, notre père, fils de Réchab, en tout ce qu'il nous a prescrit ; et nous n'avons point bu de vin tous les jours de notre vie, ni nous, ni nos femmes, ni nos fils, ni nos filles ; - et nous n'avons point bâti de maisons pour y habiter, et nous n'avons eu ni vignes, ni champs, ni blé. - Mais nous avons habité sous des tentes, et nous nous sommes conformés en tout à ce que Jonadab, notre père, nous a prescrit. - Or, Jérémie dit à la maison des Réchabites : Voici ce que dit le Seigneur des armées, le Dieu d'Israël : Puisque vous avez obéi au précepte de Jonadab, votre père que vous avez gardé tous ses commandements, et que vous avez fait tout ce qu'il vous a prescrit ; - voici ce que dit le Seigneur des armées, le Dieu d'Israël : La race de Jonadab, fils de Réchab, subsistera toujours en ma présence. "
11. DANIEL, I, 8-17 : " Or, Daniel résolu dans son cœur de ne point se souiller en mangeant de ce qui venait de la table du roi, ou en buvant du vin dont il buvait ; et il pria le chef des eunuques de ne point l'obliger à se rendre impur. - Dieu donna en même temps à Daniel grâce et faveur auprès du chef des eunuques.
- Alors le chef des eunuques dit à Daniel : Je crains le roi mon seigneur, qui a ordonné qu'on vous serve des viandes et du vin de sa table : s'il voit vos visages plus maigres que ceux des autres jeunes gens de votre âge, vous serez cause que le roi me fera trancher la tête. - Daniel répondit à Malasar, à qui le chef des eunuques avait ordonné de prendre soin de p.369 fin p.370 début Daniel, d'Anasias, de Misaël et d'Azarias : - Eprouvez, je vous prie, vos serviteurs pendant dix jours, et qu'on ne nous donne que des légumes à manger et de l'eau à boire ; - et après cela regardez nos visages, et les visages des jeunes gens qui se nourrissent des viandes de la table du roi ; et vous traiterez vos serviteurs selon ce que vous aurez jugé vous-même. - Ayant entendu ces paroles, il les éprouva l'espace de dix jours. - Et après les dix jours, leur visage parut plus vermeil et doué de plus d'embonpoint que celui de tous les autres jeunes hommes qui mangeaient des viandes de la table du roi. - Malasar prenait donc pour lui les viandes et le vin qu'on leur donnait pour leur manger et pour leur boire, et à la place il leur apportait des légumes.
- Or, Dieu donna à ces jeunes hommes la science et la connaissance de tous les livres et de toute la sagesse ; et il communiqua en particulier à Daniel l'intelligence de toutes les visions et de tous les songes. "
12. Id., X, 2-3 : " En ces jours-là, moi,
Daniel, je pleurais tous les jours l'espace de trois semaines. - Je ne mangeais pas de pain, et ni viande, ni vin n'entra dans ma bouche ; et je ne répandis sur moi aucun parfum, jusqu’à ce que les jours de ces trois semaines fussent accomplis. "
13. MATTHIEU, III, 4 : " Or, Jean avait un vêtement de poil de chameau et une ceinture de cuir autour des reins ; et sa nourriture n'était que de sauterelles et de miel sauvage. "
14. MARC, I, 6 : " Et Jean était vêtu de poil de chameau, et il ceignait ses reins d'une ceinture de cuir, et il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage. "
15. LUC, I, 13-45 : " Mais l'ange lui dit : Ne craignez point, Zacharie, car votre prière à été exaucée et Elisabeth, votre femme, vous enfantera un fils, et vous lui donnerez le nom de Jean. - Vous en serez dans la joie et dans le ravissement ; et plusieurs se réjouiront de sa naissance. - Car il sera grand devant le Seigneur, il ne boira ni vin, ni rien de ce qui peut enivrer, et il sera rempli du Saint-Esprit dès le sein de sa mère. "
16. Actes, XV, 19-20, 28-29 : " C'est pourquoi je suis d'avis (dit Jacques) qu'il ne faut point inquiéter ceux d'entre les gentils qui se convertissent à Dieu, - mais leur écrire qu'ils s'abstiennent des choses immolées aux idoles, de la fornication, de la chair d'animaux étouffés et du sang. - Car il a semblé bon au Saint-Esprit et à nous, de ne point vous imposer d'autres charges que p.370 fin p.371 début celles-ci qui sont nécessaires, savoir, de vous abstenir de ce qui aura été sacrifié aux idoles, ainsi que du sang et de la chair d'animaux étouffés et de la fornication enfin : abstenez-vous de ces choses, et vous ferez bien. Adieu. "
17. Romains, XIV, 19-21 : " Recherchons donc ce qui peut entretenir la paix parmi nous, et portons-nous à tout ce qui peut nous édifier les uns et les autres. - Que le manger ne devienne pas pour vous une occasion de détruire l'ouvrage de Dieu. Ce n'est pas que toutes les viandes ne soient pures ; mais un homme fait mal d'en manger lorsqu'il sait qu'en cela il scandalisera les autres. - Et il vaut mieux ne point manger de viande, et ne point boire de vin, plutôt que de rien faire qui puisse choquer votre frère ou le scandaliser, ou l'affaiblir dans sa foi. "
18. I Corinthiens, VIII, 9-1 3 : " Mais prenez garde que cette liberté que vous prenez ne soit pour les faibles une occasion de chute. - Car si l'un d'entre eux vous voit, sous prétexte que vous êtes plus éclairés que lui, vous mettre à table dans un lieu prostitué aux idoles, ne sera-t-il pas porté, lui, dont la conscience est encore faible, à manger aussi de ces viandes immolées ? - Ainsi, parce que vous êtes plus éclairés, vous perdrez votre frère qui le sera moins que vous, mais pour qui cependant Jésus-Christ est mort aussi bien que pour vous. Or, pécher de la sorte contre vos frères en blessant leur conscience à cause de sa faiblesse, c'est pécher contre Jésus-Christ même. - C'est pourquoi, si ce que je mange peut scandaliser mon frère, je n'en mangerai jamais, plutôt que de le scandaliser. "
19. I Timothée, V, 23 : " Ne continuez pas à ne boire que de l'eau, mais usez d'un peu de vin à cause de la faiblesse de votre estomac, et de vos maladies si fréquentes. "
20. Romains, XIII, 1-8: " Que toute âme soit soumise aux puissances supérieures, car il n'y a point de puissance qui ne vienne de Dieu, et toutes celles qui sont sur la terre sont dans l'ordre de sa providence. - Celui donc qui résiste aux puissances, résiste à l'ordre de Dieu ; et ceux qui y résistent attirent la condamnation sur eux-mêmes. - Car les princes ne sont point à craindre lorsqu'on fait de bonnes actions, mais lorsqu'on en fait de mauvaises. - Voulez-vous donc n'avoir point à craindre les puissances ; faites ce qui est bien, et vous en recevrez des louanges. - Car le prince est le ministre de Dieu pour votre bien ; mais si vous faites ce qui est mal, vous avez raison de craindre, parce que ce n'est pas en vain qu'il porte le glaive : p.371 fin p.372 début car il est le ministre de Dieu pour exécuter ses vengeances, en punissant celui qui fait le mal. - Il est donc nécessaire de vous y soumettre, non-seulement par la crainte que vous auriez du châtiment, mais aussi par un devoir de conscience. "
21. Galates, V, 24 : " Or, ceux qui sont à
Jésus- Christ ont crucifié leur chair avec ses passions et ses désirs déréglés. "
22. I Corinthiens, II, 14 : " Or, l'homme animal ne conçoit point les choses qui sont de l'esprit de Dieu ; elles lui paraissent une folie, et il ne peut les comprendre, parce que c'est par une lumière spirituelle qu'on doit en juger. "
24. LUC, X, 16 : " Celui qui vous écoute m’écoute, celui qui vous méprise me méprise, et celui qui me méprise, méprise celui qui m'a envoyé. "