Grand Catéchisme (Somme de doctrine chrétienne) (page 14)

Pierre Canisius · Doctrine

Texte français, domaine public · Source : jesusmarie.free.fr — Grand Catéchisme, trad. Peltier, tomes 1 à 6 · 205 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

27. S. JEROME, Dialog. adv. Luciferianos, c. 9

: " Je vais vous dire en peu de mots mon sentiment, qui n'a rien de secret : c'est qu'il faut s'attacher à cette Eglise qui, fondée par les apôtres, a continué d'exister jusqu’à nos jours. Si quelques-uns de ceux mêmes qui se disent chrétiens vous sont désignés comme portant d'autres noms que celui de Notre-Seigneur Jésus-Christ, et tels, par exemple, que ceux de marcionites, de valentiniens, de montanistes ou de cataphrygiens (Il y a dans le latin Montenses sive Campitas, mots qui, rapprochés l'un de l'autre, renferment à raison de leur étymologie une antithèse grammaticale impossible à rendre en français) ; sachez bien que ce n'est plus l à l'Eglise de Jésus-Christ, mais plutôt une synagogue de l’Antechrist. Car, par cela seul que l'existence de leur secte est postérieure au temps des apôtres, ils font bien voir qu'ils sont de ceux contre l'apparition future desquels les apôtres nous ont prémunis dans leurs épîtres (I Tim., IV). "

28. Le V. BEDE, in sextum caput Canticorum : "

De même qu'il n'y a qu'un Seigneur, qu'une foi, qu'un baptême, qu'un Dieu enfin, Père de toutes choses, de même, il n'y a qu'une Eglise catholique, qui renferme tous les élus (Peut-il y avoir des élus, c'est-à-dire, peut-on se sauver hors de l'Eglise catholique ? Cette question a été solidement traitée par le R. P. Perronne dans son ouvrage intitulé : Le Protestantisme et la règle de foi, t. II, p. 381 et suiv. de la traduction française), et qui embrasse tous les temps et tous les lieux, rendant partout et toujours un culte légitime au même Dieu et Père. "

29. S. AUGUSTIN, Tract. 32 in Evang. Joannis

: " L'Eglise est le corps de Jésus-Christ, et vous êtes un membre de ce corps. p.109 fin p.110 début Puis donc que vous êtes membre d'un corps qui parle toutes les langues, croyez que vous les parlez toutes aussi. Car l'unité des membres exige qu'il y ait accord entre eux par la charité ; et l'unité a son langage commun à tous ceux qui la composent, comme il n'y avait alors qu'un homme à parler au nom de tous. Les dons du Saint-Esprit, nous dit l'apôtre (I Cor. XII, 7 et 8), se font connaître au dehors, et sont donnés à chacun pour l'utilité de tous les autres : L'un reçoit du Saint-Esprit le don de parler avec une haute sagesse, etc. Vous direz peut-être que vous n'avez rien de tous ces dons que j'ai énumérés. Mais aimez seulement, et vous ne pourrez pas dire que vous n'ayez rien de ces dons ; car si vous aimez l'unité, vous possédez en commun tout ce qu'en possèdent les autres qui entrent dans la même unité. Mettez l'envie de côté, et tout ce que j'ai est à vous ; mettez l'envie de côté, et tout ce que vous avez est à moi. L'envie sépare, la charité unit. Dans le corps humain il n'y a que les yeux qui voient ; mais voient-ils pour eux seuls ? Non, sans doute ; mais ils voient pour les mains aussi, et pour les pieds, et pour tous les autres membres. Car si, par exemple, les pieds sont sur le point de heurter contre quelque écueil, les yeux voient le danger, et avertissent les pieds de se tenir en garde. "

30. EUSEBE de Césarée, Eccl. hist., lib. VII, c. 19, parlant de l'évêque Nepos et de son schisme, rapporte, d'après Denis d'Alexandrie, de quelle manière ce dernier sut éclairer les prêtres qu'il avait trouvés infectés de l'hérésie des millénaires, et comme ceux-ci à leur tour, une fois instruits de la vérité, se montrèrent tout disposés à l'embrasser et à renoncer en même temps à leur schisme et à leur erreur. "

31. S. AUGUSTIN, lib. II, de Baptismo contra Donatistas, c. 6 : " Vous donc, Donatistes, que dites-vous cela ? Si notre doctrine sur le baptême est conforme à la vérité, tous ceux qui pensaient autrement du temps de Cyprien n'ont pas été pour cela séparés de l'unité de l'Eglise, tant qu'ils n'avaient pas appris de Dieu ce qu'il y avait à corriger dans leur sentiment. Mais vous, pourquoi par un schisme sacrilège avez-vous rompu le lien de la paix ? " Le saint docteur explique ensuite dans les termes qu'on va lire le crime qu'il y a à faire schisme dans l'Eglise : " Dans ces temps où Dieu apprenait par des châtiments exemplaires à prendre garde de retomber dans le péché ; lorsque le peuple se fut fait une idole et l'eut adorée (Exod., XXXII) ; qu'un roi impie eut brûlé un livre de prophéties dans sa colère (JEREM., XXXVI) ; que d’autres eurent p.110 fin p.111 début essayé de créer un schisme (Nom., XVI) : l'idolâtrie fut punie avec le glaive, l'acte sacrilège commis contre le livre du prophète fui puni par une guerre désastreuse et par une dure captivité, le schisme fut puni dans ses auteurs par la terre qui les engloutit vivants, ou par le feu du ciel, qui les consuma. Qui après cela pourrait douter qu'un crime réprimé par des peines si terribles soit énorme devant Dieu ? "

32. Le même, écrivant à saint Jérôme,

Epist. 82, lui fait voir qu'il a pu combattre son sentiment sans blesser la charité, de la même manière que saint Paul avait pu reprendre saint Pierre.

33. Le même, Lib. de verâ religione, c. 6, dit en parlant des bons chrétiens : " La providence de Dieu permet souvent que des hommes même vertueux soient chassés de la communion de l’Eglise par des troubles et des tumultes que des âmes charnelles excitent contre eux ; ce qui arrive, afin qu'après avoir souffert avec une patience exemplaire cette ignominie et cette injure, pour conserver la paix de l’Eglise, sans vouloir y former quelque nouveau schisme ou quelque nouvelle hérésie, ils apprennent à tout le monde par leur exemple combien nous devons servir Dieu avec une affection véritable et une charité sincère. Dans des conjonctures semblables, les hommes vraiment vertueux dont il s'agit sont disposés, ou à reprendre le cours paisible de leurs travaux après que la tempête sera passée, ou s'ils ne le peuvent faire, et qu'ils voient que l'orage dure toujours, ou qu'ils craignent que leur retour n'occasionne les mêmes troubles ou encore de plus grands, ils restent toujours dans la même disposition de faire du bien à ceux-là même qui les ont expulsés par leurs violences et leurs cabales ; et sans former de conventicules particuliers, ils soutiennent jusqu'à la mort, et continuent à confirmer par leur propre conduite la foi qu'ils savent être enseignée dans l’Eglise catholique. Ces âmes magnanimes recevront en secret du Père céleste, qui les voit dans le secret, la couronne qu'elles auront méritée. Des cas de cette espèce paraîtront peut-être rares, mais il y en a pourtant, et plus qu'on ne saurait croire. C'est ainsi que la divine Providence se sert de toute sorte d'hommes comme d'exemples, pour le bien des âmes et pour l'instruction du peuple spirituel. "

34. Le même, Serm. 181 de tempore, c. 13 : " La communion des saints, c'est-à-dire, que nous devons rester unis par l’espérance et par la charité avec les saints qui sont morts dans la foi que nous avons nous-mêmes embrassée. Si donc nous voulons p.111 fin p.112 début communier avec eux dans l’éternelle vie, occupons-nous actuellement de les imiter. Car il faut qu'ils aperçoivent en nous quelque chose de leurs vertus, pour qu'ils daignent intercéder en notre faveur auprès de Dieu. "

35. Le même, Enchirid., c. 56 : " Il faut entendre ici l'Eglise entière, et non-seulement la partie de cette Eglise qui accomplit ici-bas son pèlerinage, en s'occupant à louer le Seigneur du couchant à l'aurore, attendant pour chanter un cantique nouveau qu'elle soit délivrée de sa captivité ; mais encore la partie de cette Eglise qui, depuis qu'elle a été créée, a toujours habité dans les cieux, et n'a jamais éprouve la vicissitude du péché. Elle se compose des saints anges, qui ne cessent de venir en aide à leurs frères d’ici-bas ; et ces deux sociétés, destinées à être réunies dans le séjour de l'éternité le sont déjà d'esprit par les liens de la charité, ayant l'une et l'autre également pour fin de servir un seul et même Dieu. "

9 : " Les âmes des fidèles morts en état de grâce ne sont pas séparées de l'Eglise qui dès à présent est le royaume de Jésus-Christ ; autrement on n'en ferait point mémoire à l'autel quand on est pour participer au corps du Sauveur, et il ne servirait de rien de recourir au baptême dans le danger, pour ne pas sortir du monde sans avoir reçu ce sacrement ; ni à la réconciliation, lorsqu'on a été séparé de ce même corps soit par pénitence soit pour sa mauvaise vie. Pourquoi toutes ces pratiques, sinon parce que les fidèles, tout morts qu'ils sont, ne laissent pas d'être membres de l'Eglise ? "

37. S. GREGOIRE, Dialogor., lib. IV, c. 39 : "

Nous devons croire qu'il y a un purgatoire ou un feu destine à purifier avant le jugement les âmes coupables de fautes légères, puisque la vérité elle-même a dit (MATTH., XII, 32) : Si quelqu’un vient à parler contre le Saint-Esprit, il ne lui sera remis ni en ce siècle, ni dans le siècle à venir. " Le reste de ce passage se trouvera plus bas, au chapitre du sacrement de pénitence, question IX, témoignage 12.

38. S. AUGUSTIN, ad Bonif. comitem. Epist. 50, al. 183 : " Tous tant que nous sommes, nous ne formons qu'un même corps en Jésus-Christ (Rom., XII, 8). Ainsi donc, que personne ne prétende être juste, s'il est séparé de l'unité de ce corps. Car de même qu'un membre retranché d'un homme vivant auquel il appartient, ne peut pas posséder l'esprit de vie, de même celui qui est retranché du corps de Jésus-Christ, ce juste par excellence, ne peut pas posséder l’esprit de justice, quand même il conti- p.112 fin p.113 début nuerait à conserver la forme d'un membre de ce même corps. " Saint Augustin dit encore vers la fin de cette lettre : " L'Eglise catholique est la seule qui soit le corps de Jésus-Christ, comme Jésus-Christ est à la fois son chef et son Sauveur.

Hors de ce corps, personne ne peut être vivifié par l'Esprit-Saint (Observons ici avec attention que saint Augustin ne dit pas qu'on ne puisse être vivifié hors du corps de l’Eglise, mais hors du corps de Jésus-Christ, ce qui est bien différent ; car, par le corps de Jésus-Christ, il faut entendre ici non le corps de l’Eglise, mais l’Eglise elle-même, ou plutôt son âme. Et quand on dit, hors de l'Eglise point de salut, on ne veut pas dire hors du corps de l’Eglise point de salut, mais hors de l’âme de l’Eglise) ; parce que, comme le dit l'Apôtre la divine charité est répandue dans nos cœurs par l'Esprit-Saint qui nous a été donné (Rom., V, 5). Mais celui qui est ennemi de l'unité ne saurait participer à la charité divine. Ceux-là donc n'ont pas l'Esprit-Saint, qui sont hors de l'Eglise. Car c'est d'eux qu'il est écrit (JUD., 19) : Ce sont des gens qui se séparent eux-mêmes, des hommes sensuels, qui n'ont point l'Esprit de Dieu. Mais celui-là ne l'a pas non plus, qui n'est que fictivement dans l'Eglise, puisque nous lisons aussi (Sag., I, 5) : L'Esprit-Saint qui est le maître de la science fuit le déguisement. Celui donc qui veut avoir l'Esprit-Saint doit prendre garde, et de demeurer hors de l'Eglise, et d'y entrer frauduleusement. Ou s'il y est entré de cette manière, qu'il prenne garde d'y rester dans cet état de dissimulation, mais qu'il entre plutôt dans la disposition sincère d'être greffé véritablement sur l'arbre de vie. "

141 : " Quiconque donc est séparé de cette Eglise catholique, quelque louable d'ailleurs que soit sa vie ou qu'elle lui paraisse à lui-même, par cela seul qu'il est hors de l'unité de Jésus-Christ, ne peut avoir une vie véritable mais la colère de Dieu demeure sur sa tête. "

40. Le même, Lib. de unit. Eccl., c. IV :

" Quiconque n'est pas en communion avec l'Eglise, est hors de l'Eglise, quand bien même il serait d'accord avec nous et avec l'Ecriture sur la question de son chef (invisible), parce qu'il contredit le témoignage de Jésus-Christ lui-même, au sujet du corps de Jésus-Christ, qui est l’Eglise. . . . . Ceux, par exemple, qui croient que Jésus-Christ est venu dans une chair véritable, qu'il est véritablement ressuscité dans cette même chair dans laquelle il est né et a souffert, il est le Fils de Dieu, Dieu en Dieu, etc., mais qui cependant ne sont pas en communion avec l'Eglise entière répandue par toute p.113 fin p.114 début la terre, et font schisme avec quelqu'une de ses parties, sont évidemment par cela seul hors de l'Eglise catholique. "

41. Ibid., c. XIX : " Personne ne parvient au salut et à la vie éternelle, s’il n'a Jésus-Christ pour chef. Et d'un autre côté personne ne pourra avoir Jésus-Christ pour chef, s'il n'appartient en même temps à son corps, qui est l’Eglise. "

42. S. FULGENCE, Lib. de fide ad Petrum diac., c. 37 : " Croyez fermement et sans hésitation, que nul de ceux qui sont baptisés hors de l'Eglise, ne pourra être admis à posséder la vie éternelle, si avant de mourir il n'est rendu et incorporé à l’Eglise catholique. Car, comme le dit l’Apôtre (I Cor., XIII, 2), quand j'aurais toute la foi possible, que je pénétrerais tous les mystères, si je n'ai pas la charité, je ne suis rien. Et nous ne voyons pas non plus qu'au moment du déluge quelqu'un hors de l'arche ait pu se sauver. "

43. Ibidem, c. 38 : " Croyez fermement comme sans hésitation, que non-seulement les païens mais encore les juifs, les hérétiques et les schismatiques qui meurent hors de l’Eglise catholique, iront tous sans exception au feu éternel qui a été préparé pour le diable et pour ses anges. "

44. Ibid., c. 39 : " Croyez fermement et sans la moindre hésitation, qu'aucun hérétique ou schismatique baptisé au nom du Père, du Fils et du Saint- Esprit, s'il n'est pas uni de communion à l’Eglise catholique, quelques aumônes qu'il ait pu faire pendant sa vie, et eût-il même répandu son sang pour le nom de Jésus-Christ, ne pourra être sauvé. Car ni le baptême, ni l'aumône quelque abondante qu'elle puisse être, ni la mort endurée pour le nom de Jésus-Christ ne pourra procurer le salut à celui qui est hors de l'unité de l’Eglise catholique, tant qu'il ne renonce pas à cet état de schisme ou d’hérésie, qui conduit à la mort. "

45. S. PACIEN, évêque de Barcelone, Ep.

2 ad Symproniam, novatianum : " Novatien n'a jamais souffert le martyre, et nous n'avons rien vu de semblable dans ce que saint Cyprien a dit ou écrit de ce novateur. Vous avez les lettres du saint évêque de Carthage, où il rapporte que l'évêque Corneille, contre lequel Novatien s'était porté comme concurrent, résista aux princes ennemis de Jésus-Christ, confessa souvent sa foi, fut souvent maltraité, servit comme de guide à un grand nombre de confesseurs et de martyrs, tandis que Novatien passait ses jours hors de tous ces dangers. Car il avait quitté l’Eglise de Jésus-Christ, précisément pour s'épargner la peine de confesser la foi. Mais quand je supposerais que Novatien aurait souffert quelques tourments, il p.114 fin p.115 début serait toujours faux qu'il aurait donné sa vie ; et quand il aurait donné sa vie, il ne serait pas pour cela couronné. Pourquoi ? parce qu'il avait rompu l'union et la paix avec l'Eglise sa mère, à laquelle il faut appartenir pour être martyr. Ecoutez l'Apôtre (I Cor., XIII, 2-3) : Quand j’aurais toute la foi possible, jusqu'à transporter les montagnes, si je n’ai point la charité, je ne suis rien. Et quand j'aurais distribué tout mon bien pour nourrir les pauvres, et que j’aurais livré mon corps pour être brûlé, si j e n'ai point la charité, tout cela ne me sert de rien. "

46. S. IRENEE, adv. hæres., lib. IV, c. 25

: " C'est aux évêques et aux prêtres, qui tiennent des mains des apôtres le dépôt de la foi, et qui ont reçu l'ordination d'après l'institution de Jésus-Christ même, que nous devons nous en rapporter pour les véritables règles de notre croyance. Quant à ceux qui s'éloignent du sein de l'Eglise, quel que soit le lieu où ils se réunissent, nous devons les tenir pour suspects, à l'égal des hérétiques et des gens d'une croyance erronée, ou comme des hommes égarés par l'orgueil et ne se complaisant qu'en eux-mêmes ; ou bien enfin comme des hypocrites, qui n'ont pour mobile de leur conduite qu'un vil intérêt et une vaine gloire. Tous ceux-là ont quitté le chemin de la vérité. Mais un châtiment particulier est réservé aux hérétiques, qui apportent à l'autel de Dieu un feu étranger, un feu autre que celui destiné au sacrifice, c'est-à-dire des doctrines fausses et impies ; ils seront frappés de la foudre céleste, comme Nadab et Abiu dont parle l’Ecriture. Pour ceux qui s’élèvent contre la vérité, qui cherchent à susciter des ennemis à l'Eglise, ils seront jetés dans les enfers et engloutis dans le sein de la terre, ils subiront le sort de Coré, Dathan et Abiron ; et pour ceux qui cherchent à rompre l'unité de l'Eglise et à opérer des schismes, Dieu leur infligera le même châtiment qu'à Jéroboam. "

47. S. GREGOIRE, Moralium lib. IV, c. 2 : " La sainte Eglise universelle enseigne qu'on ne peut véritablement être sauvé que dans son sein, et qu'aucun de ceux qui sont hors d'elle n'obtiendra le salut. "

48. S. CHRYSOSTOME, in Epist. ad Ephes., hom. XI

: " Rien n'irrite Dieu comme les divisions introduites dans l'Eglise. Et quand même nous aurions fait des bonnes œuvres sans nombre, nous ne serons pas moins sévèrement punis que ceux qui ont déchiré son propre corps, si nous portons atteinte à l'unité de l'Eglise. D'autant plus, que ce qu'il a souffert de ses bourreaux a tourné au salut du monde entier, bien que leurs intentions fussent diffé- p.115 fin p.116 début rentes ; au lieu que la division portée dans l'Eglise ne produit que beaucoup de maux, sans mélange d’aucun bien. Ce que je dis ici doit s'appliquer non-seulement à ceux qui gouvernent l'Eglise, mais aussi à ceux qui sont gouvernés. Un saint homme (Cyprien) a dit à ce sujet une parole qui paraîtra hardie ; mais il l'a dite cependant. Et quelle est cette parole ? C'est que le supplice même du martyre n'effacerait pas un tel péché. Car, dites-moi, pourquoi souffre-t-on le martyre ? n'est-ce pas pour la gloire de Jésus-Christ ? Comment donc donner sa vie pour Jésus-Christ, et porter en même temps le ravage dans l'Eglise, cette Eglise pour laquelle Jésus- Christ a donné sa propre vie ? Ecoutez l'apôtre Paul qui vous dit de lui-même : Je ne mérite pas d'être appelé apôtre, parce que j'ai persécuté l’Eglise de Dieu (I Cor., XV, 9), et que je l'ai ravagée. . . J'affirme donc hautement, que diviser l'Eglise, ce n'est pas un moindre crime que de tomber dans l'hérésie. "

49. Le grand concile de Latran tenu sous Innocent III, canon I : " L'Eglise universelle des fidèle est une, et hors d'elle personne sans exception ne peut obtenir le salut. "

50. S. AVIT, archevêque de Vienne, Lib. IV, de diluvio, c. 19 : " L'antique arche de Noé représentait l'Eglise du Christ, dans laquelle seule on peut être sauvé, hors de laquelle aussi personne ne saurait l'être (1). "

51. S. CYPRIEN, ad Pomponium, Epist. 62 : " Dieu prescrivait dans l'ancienne loi de mettre à mort ceux qui n'obéiraient pas à leurs prêtres ou aux juges qu'il avait établis pour ces temps-là ; et il s'agissait de la mort corporelle, parce qu'on était alors sous la loi de la circoncision charnelle ; au lieu que maintenant, comme la circoncision spirituelle est la seule qui soit prescrite aux serviteurs de Dieu, le glaive spirituel est aussi le seul qui soit tiré contre les rebelles qui obligent l’Eglise par leur opiniâtreté à les expulser de son sein. Car il n'est pas possible qu'ils aient la vie étant séparés d'elle, puisque la maison de Dieu est une, et que personne ne peut être sauvé hors de l’Eglise. "

52. S. AUGUSTIN, contra adversarium Legis et Prophetarum, lib. I, c. 17 : " Jésus-Christ, en donnant à l’Eglise les clefs du royaume des cieux, n'a pas dit seulement : Ce que, vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel (MATTH., XVI et XVIII), ministère où il est évident que l'Eglise rend le bien pour le mal, et (1)Arca vetus Noe, Christi est Ecclcsia, per quam, Extra etiam quam nemo potest salvarier p.116 fin p.117 début jamais le mal pour le mal ; mais il a dit aussi : Ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel, parce que la justice que l’Eglise exerce en liant est encore une bonne chose. Aussi ce qu'a dit Jésus-Christ : S’il n'écoute pas l’Eglise, qu'il soit pour vous comme un païen et un publicain, renferme une peine plus à craindre que d'être frappé du glaive, consumé par les flammes ou exposé aux bêtes. Car il a ajouté aussi : En vérité je vous le dis, ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel, pour nous faire comprendre combien est plus grave le châtiment d'un homme qui semblerait par là être laissé impuni. Que notre adversaire dise ici, tant qu'il voudra : Est-ce donc ainsi que nous entendons les paroles du Sauveur, qui nous a fait cette défense : Ne rendez point le mal par le mal, mais si quelqu'un vous frappe sur une joue, présentez-lui l'autre, et pardonnez à vos frères les injures que vous en avez reçues. Voilà des hommes qui ne savent point rendre le mal pour le mal, et qui n'en lient pas moins tel autre homme avec les clefs de l’Eglise, d'une manière plus terrible et plus effrayante, que si cet homme était chargé de chaînes de fer d'un poids énorme. "

53. EUSEBE, cité par S. Jean Damascène, lib. III Parallelorum, c. 45 : " Lorsqu'un pécheur est chassé de l’Eglise, aussitôt Satan se saisit de lui, et ne le quitte plus, à moins qu'un prêtre ne vienne le tirer de ses mains. Car tant qu'un homme est séparé de la société des chrétiens, il est assimilé aux infidèles. "

54. S. AUGUSTIN, Serm. CLXXXI de tempore, c. 12

: " Celui qui n'est pas dans l'Eglise de Jésus-Christ, par cela seul, n'est pas chrétien, quel qu'il soit d'ailleurs et quelles que soient ses qualités. Car cette Eglise est la seule des mains de laquelle le Seigneur accepte volontiers nos sacrifices, la seule qui intercède avec confiance pour le salut des pécheurs. De là vient aussi, etc., " comme plus haut, page 104, témoignage 19, S. GREGOIRE, etc. (On a déjà fait observer que ce prétendu sermon de saint Augustin se composait en partie des paroles de saint Grégoire).

55. Le même, in Ps. 88, conc. II : " Aimons le Seigneur notre Dieu, aimons son Eglise : lui comme notre père, elle comme notre mère ; lui comme notre Seigneur, elle comme sa servante ; car nous sommes les enfants de sa servante. Mais ce mariage a pour lien une admirable charité. On ne peut pas blesser l'un sans par là même offenser l'autre. Que personne, par exemple, ne dise : je vais aux idoles, je consulte les devins et les sorciers, mais je ne déserte pas pour cela l'Eglise de Dieu : je suis catholique. Quoi !

p.117 fin p.118 début vous offensez votre père, et vous prétendez être attaché à votre mère ! Un autre dira :

à Dieu ne plaise que je consulte les sorciers, les énergumènes, que j'aie recours à des divinations sacrilèges, que j’adore des démons ou des idoles ; mais cela ne m'empêche pas d'être du parti de Donat. A quoi vous servira-t-il de n'avoir pas offensé votre père en personne, puisqu'il vengera contre vous l'offense faite à voire mère ? A quoi vous servira-t-il d'avoir confessé votre Dieu, honoré voire Dieu, cru en son Fils, confessé qu'il est assis la droite du Père, si vous blasphémez contre son Eglise ? Les exemples tirés des choses humaines ne doivent-ils pas suffire pour corriger votre erreur ? Si vous aviez un protecteur à qui vous feriez votre cour, dont vous assiégeriez sans cesse l'antichambre, que vous ne salueriez pas seulement avec respect, mais dont vous iriez jusqu'a baiser les pieds, à qui vous rendriez tous les services les plus bas, et que vous vous prissiez a calomnier son épouse, oseriez-vous ensuite reparaître dans sa maison ? Soyez-y donc attentifs, mes frères, rattachez-vous tout à la fois, et à Dieu votre père, et à l'Eglise votre mère. "

204 : " Placé hors de l’Eglise, séparé de l'unité après avoir rompu les liens de la charité, vous seriez puni l’éternel supplice, quand même vous consentiriez à être brûlé vif pour le nom de Jésus-Christ. "

Tous les livres