Grand Catéchisme (Somme de doctrine chrétienne) (page 15)
57. S. CYPRIEN, Epist. 57 : " L'ennemi de l'Eglise méprise et laisse de côté comme étant déjà ses captifs, ceux qu'il a séparés de l’Eglise et décidés à faire schisme avec elle ; il dirige toutes ses attaques contre ceux en qui il voit que Jésus-Christ habite. Après tout, quand même quelqu'un viendrait à être mis à mort dans son état de séparation d’avec l'Eglise, il n'aurait point à se flatter pour cela de mériter le titre de confesseur, ni à prétendre à la couronne du martyre, la mort endurée par lui dans ces conditions n'étant pas pour lui la couronne du martyre, mais le châtiment infligé à sa perfidie. "
58. Le même, Epist. 52 ad Antonianum, vers la fin : " Les apostats, les déserteurs, les ennemis du Christ, et tous ceux qui déchirent l’unité de l'Eglise, fussent-ils immolés en apparence pour son nom, l'Apôtre nous défend de les admettre à la paix de l'Eglise, parce qu'ils ont rompu avec l'unité de l'Esprit et de l’Eglise. "
59. Le même, Tract. de simplicitate Prælatorum, sive de unitate Ecclesiæ : " Se séparer de l'Eglise, c'est abjurer sa part aux p.118 fin p.119 début royales promesses ; c'est se prostituer indignement la femme adultère. Non, il n'arrivera jamais aux récompenses éternelles de Jésus-Christ, le chrétien qui abandonne l'Eglise de Jésus-Christ. C'est un étranger, un profane, un ennemi ; il ne peut avoir Dieu pour père, puisqu'il n'a point l'Eglise pour mère. Si un seul homme a pu être sauvé autrefois hors de l'arche, le salut pourra aussi se trouver hors de l’Eglise. . . . . Pensez-vous être debout et encore vivant, lorsque vous abandonnez l'Eglise pour vous bâtir ailleurs un autre domicile, tandis qu'il est dit à Rahab, antique figure de l'Eglise : " Tu rassembleras dans ta maison ton père et ta mère et tes frères et toute ta parenté ? Quiconque franchira le seuil de ta maison, son sang sera sur sa tête. " Même symbole dans l'Exode. La chair de l'agneau pascal, dont l'immolation préludait à l'immolation du Christ, devait être mangée en commun dans une même maison. Le Seigneur parle ainsi : " Il sera mangé dans une même maison, et vous ne porterez point sa chair au dehors. " La chair de Jésus-Christ, le Saint du Seigneur, ne peut donc être portée au dehors :
point d'autre maison que l'Eglise pour les enfants de la foi. . . . . Quelle paix se promettent donc ces ennemis de l’Eglise ? Quels mystères s'imaginent-ils célébrer avec leur fantôme de sacerdoce ? Croient-ils que Jésus-Christ descende au milieu d'eux quand ils se rassemblent hors de l’Eglise ? Qu'ils rendent, s'ils le veulent, leur dernier soupir dans les tortures de la persécution, et en confessant le nom de Jésus-Christ ; la souillure de leur apostasie, s'ils persévèrent dans ce crime, ne sera point lavée par l'effusion de leur sang. Hors de l'Eglise, point de vrais martyrs. On ne peut être appelé à régner là-haut quand on abandonne celle qui est destinée à régner. . . Il est impossible de demeurer en Dieu, quand on ne veut pas garder la paix avec l'Eglise. Que ces ennemis de la paix montent sur les bûchers, que les flammes du martyre consument leurs corps, qu'ils expirent sous l'ongle et la dent des bêtes féroces, qu'importe ? Le châtiment de leur trahison commence là où ils cherchaient les récompenses de la foi ; au lieu de les conduire à la félicité, leur trépas les précipite dans l'éternel désespoir. Ces transfuges de l’Eglise peuvent être immolés ; mais de couronnes, il n'en est pas pour eux.
. . . . Dira-t-il qu'il demeure uni à Jésus-Christ quand il s'élève contre les prêtres de Jésus-Christ ? Quand il a rompu ouvertement avec le clergé, avec le troupeau ? Il tourne ses armes contre l'Eglise ; il combat contre la volonté de Dieu. . . . . S'il meurt hors de l'Eglise, il ne peut parvenir aux récompenses de l'Eglise. . . . . Il n'y a qu'un p.119 fin p.120 début Dieu, qu'un Sauveur, qu'une Eglise, qu'une foi, qu'un peuple, formant un seul corps, par le ciment indissoluble de la charité. L'unité est indivisible : un corps, où tout s'enchaîne dans un harmonieux ensemble, ne peut subsister des que vous le mettez en lambeaux. Tout ce qui s'éloigne du centre de la vie ne pouvant plus ni vivre, ni respirer dans son isolement, perd tout son droit au salut. "
60. S. AUGUSTIN, Serm. IV de Symbolo ad Catechumenos, c. 13 : " Cette profession de foi (le symbole des apôtres) se termine par ces mots : la sainte Eglise, parce que quiconque est séparé de l'Eglise, est par là même retranché du nombre des enfants de Dieu. Celui-là n'aura pas Dieu pour père, qui refusera d'avoir l'Eglise pour mère. Il ne lui servira de rien d'avoir fait tel bien qu'on voudra, s'il lui manque malgré cela le souverain bien. L'Eglise est notre mère spirituelle ; l'Eglise est l'épouse de Jésus-Christ, purifiée et embellie par sa grâce, dotée de son sang précieux. Elle possède en entier cette dot qu'elle a reçue de son époux. Une société hérétique, quelle qu'elle soit, est comme une concubine reléguée dans un coin de la maison ; elle doit céder la place à la véritable épouse. Lorsque l'époux aura entendu les plaintes de celle-ci, il chassera cette servante avec ses fils, parce que les fils de l'esclave ne doivent pas hériter avec les fils de la femme libre (Gen., XXI). "
Question XIX
Que nous propose l’article dixième ? Cet article nous propose la rémission des péchés, sans laquelle personne ne peut être juste ni par conséquent être sauvé. Or, Jésus-Christ nous a acquis ce riche trésor par la mort cruelle qu'il a endurée et par le sang qu'il a répandu, dans la vue de délivrer le monde de l'état de péché et des peines éternelles qui en seraient la suite. Ceux-là seulement participent à ce trésor, en mettant à profit la grâce de Jésus-Christ, qui appartiennent à l'Eglise par la foi et par le baptême, et qui ensuite persévèrent dans son unité et dans la soumission qui lui est due ; qui font une pénitence sérieuse de leurs péchés commis depuis leur baptême, et qui recourent à propos, pour s'en guérir, aux remèdes institués par Jésus-Christ, c'est-à-dire aux sacrements. C'est à cet objet que se rapporte le pouvoir dit des clefs, que p.120 fin p.121 début Jésus-Christ a confié dans ce but aux ministres de son Eglise, et principalement à saint Pierre et aux légitimes successeurs de cet apôtre, investis en cette qualité de l'autorité suprême sur tout le troupeau.
TEMOIGNAGES DE L’ECRITURE.
1. ISAIE, XXXI, 22, 24 : " Le Seigneur est notre juge, le Seigneur est notre législateur, le Seigneur est notre roi : c'est lui qui nous sauvera. - Le peuple qui habitera dans Jérusalem recevra le pardon de ses péchés. "
3. MATTHIEU, IX, 2, 6 : " Jésus voyant leur foi, dit au paralytique : Ayez confiance, mon fils, vos péchés vous sont remis. - Or, afin que vous sachiez que le Fils de l'Homme a sur la terre le pouvoir de remettre les péchés, etc. "
5. LUC, XXIV, 46, 47 : " Il fallait que le Christ souffrît, qu’il ressuscitât le troisième jour, - et qu'on prêchât en son nom la pénitence et la rémission des péchés parmi toutes les nations, en commençant par Jérusalem. "
6. ACTES, X, 42, 43 : " Il nous a commandé, dit saint Pierre, de prêcher au peuple, et de témoigner que c'est lui qui a été établi de Dieu pour être le juge des vivants et des morts. Tous les prophètes lui rendent ce témoignage que quiconque croira en lui, recevra par son nom la rémission de ses péchés. "
7. HEBREUX, IX, 11-14 : " Jésus-Christ, le pontife des biens futurs étant venu dans le monde, est entré dans le sanctuaire une fois par un tabernacle plus grand et plus excellent, qui n'a point été fait par la main des hommes, c'est-à-dire qui n'a point été p.121 fin p.122 début formé par la voie commune et ordinaire. - Il y est entré, non avec le sang dos boucs et des veaux, mais avec son propre sang, ayant acquis une rédemption éternelle. - Car si le sang des boucs et des taureaux, et l'aspersion de la cendre d'une génisse, sanctifient ceux qui ont été souillés, en leur donnant une pureté charnelle, - combien plus le sang de Jésus-Christ qui, par le Saint-Esprit, s'est offert lui-même à Dieu comme une victime sans tache, purifiera-t-il notre conscience des œuvres mortes, pour nous faire rendre un culte au Dieu vivant. "
9. Ephésiens, I, 6, 7 : " Il nous a rendus agréables à ses yeux en son Fils bien-aimé, - en qui nous trouvons la rédemption par son sang, et la rémission de nos péchés, selon les richesses de sa grâce. "
10. Colossiens, I, 13, 14 : " Il nous a arrachés à la puissance des ténèbres, et nous a transférés dans le royaume de son Fils bien-aimé, - par le sang duquel nous avons été rachetés et avons reçu la rémission de nos péchés. "
11. Hébreux, I, 3 : " Après nous avoir purifié de nos péchés, il est assis an plus haut des cieux à la droite de la majesté de Dieu. "
12. Actes, II, 37, 38 : " Ayant entendu ces choses, ils furent touchés de componction en leur cœur, et dirent à Pierre et aux autres apôtres : Frères, que faut-il que nous fassions ? - Pierre leur répondit : Faites pénitence, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ pour la rémission de vos péchés, et vous recevrez le don du Saint-Esprit. "
13. Actes, VIII, 12, 36-38 : " Ayant cru ce que
Philippe leur annonçait du royaume de Dieu, ils (les Samaritains) étaient baptisés, hommes et femmes, au nom de Jésus-Christ. - Après avoir marché quelque temps, ils rencontrèrent de l'eau, et l'eunuque lui dit : Voilà de l'eau, qui empêche que je ne sois baptisé ? Philippe lui répondit : Vous pouvez l'être, si vous croyez de tout votre cœur. Il lui répartit : Je crois que Jésus-Christ est le Fils de Dieu. - Il commanda aussitôt qu'on arrêtât son chariot, et ils descendirent tous deux dans l'eau, et Philippe baptisa l'eunuque. "
15. JEAN, III, 5 : " Si quelqu'un ne renaît de l'eau et du Saint-Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. " p.122 fin p.123 début
16. II Corinthiens, XII, 20, 21 : " Je crains qu'en arrivant chez vous, je ne vous trouve pas tel que je voudrais, etc. - Et qu'ainsi Dieu ne m'humilie lorsque je serai revenu chez vous, et que je ne sois obligé d'en pleurer plusieurs, qui étant déjà tombés dans des impuretés, des fornications et des dérèglements infâmes, n'en ont, pas fait pénitence. "
17. Actes, VIII, 22 : " Faites pénitence de cette méchanceté, dit Pierre à Simon-le- Magicien, et priez Dieu qu'il vous pardonne, si c'est possible, cette méchanceté de votre cœur. "
18. JEAN, XX, 22, 23 : " Recevez le Saint-Esprit, - Les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez, et ils seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez. "
19. Apocalypse, II, 4, 5 : " J'ai un reproche à vous faire, c'est que vous vous êtes relâchés de votre première charité. - Souvenez-vous donc d'où vous êtes déchus, et faites-en pénitence, et rentrez dans la pratique de vos premières œuvres : si vous y manquez, je viendrai a vous, j'ôterai votre chandelier de sa place, si vous ne faites pénitence. "
20. LUC, X, 35 : " Le lendemain, il tira deux deniers qu'il donna à l'hôte, et lui dit : Ayez soin de cet homme, et tout ce que tous dépenserez, je vous le remettrai à mon retour. "
21. MATTHIEU, XVIII, 18 : " En vérité, je vous le dis, tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel. "
23. MATTHIEU, XVI, 19 : " Je vous donnerai les clefs du royaume des cieux, dit le Seigneur à Pierre, et tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel. "
24. JEAN, XXI, 15-17 : " Jésus dit à Simon-Pierre
: Simon, fils de Jean, m'aimez-vous plus que tous ceux-ci ? Il lui répondit : Oui, Seigneur, vous savez que je vous aime. Jésus lui dit : Paissez mes agneaux. - Il lui demanda une seconde fois : Simon, fils de Jean, m'aimez-vous ? Pierre lui répondit : Oui, Seigneur, vous savez bien que je vous aime. Jésus lui dit : Paissez mes agneaux. - Il lui demanda pour la troisième fois : Simon, fils de Jean, m'aimez-vous ? Pierre fut attristé de ce qu'il lui demandait pour la troisième fois : M'aimez-vous ? Et il lui répondit : Seigneur, vous connaissez toutes choses, vous savez que je vous aime. Jésus lui dit : Paissez mes brebis. " p.123 fin p.124 début TEMOIGNAGES DE LA TRADITION.
1. S. AUGUSTIN, Enchirid. ad Laurentium, c. 63
: " Comme les sentiments d'un cœur ne peuvent être connus des autres que par les paroles ou d'autres signes, tandis qu'ils sont présents aux yeux de celui pour qui nos gémissements ne peuvent être cachés (ps. 37), c'est avec raison que les pasteurs de l'Eglise ont établi des temps de pénitence, pour qu'il soit fait aussi satisfaction à l'Eglise, dans le sein de laquelle les péchés sont remis, et hors de laquelle ils ne peuvent l’être. Car c'est elle proprement qui a reçu pour gage l'Esprit-Saint, sans lequel on n'obtient pas la rémission de ses péchés de manière à mériter la vie éternelle. "
20 : " Comme la rémission des péchés n'est donnée que par la vertu de l'Esprit-Saint, il n'y a d'Eglise qui puisse la donner que celle qui possède l'Esprit-Saint. Ainsi la rémission des péchés qui renverse le royaume divisé en lui-même de l'esprit infernal, et la société parfaitement une de l’Eglise de Dieu, de cette Eglise hors de laquelle il n'y a pas de rémission de péchés, sont l'ouvrage proprement dit de l'Esprit-Saint, avec le concours sans doute du Père et du Fils ; car le Saint- Esprit est en quelque sorte l'union du Père et du Fils. " Le même, c. 22 : " Notre Seigneur a fait entendre beaucoup plus clairement, dans saint Matthieu, ce que c'est qu'une parole proféré contre le Saint-Esprit : c'est toute opposition faite à l'Eglise, dans laquelle seule on peut obtenir par la vertu de l'Esprit-Saint la rémission des péchés. Car ceux-là ne peuvent pas se flatter de posséder l'Esprit-Saint, qui sont séparés de la société dans laquelle cet Esprit-Saint réside, quand même ils prétendraient d’ailleurs pratiquer la religion de Jésus-Christ. "
3. S. JEROME, ad. Heliod. Ep. 1, c. 7 : " A Dieu ne plaise que je me permette de parler mal de ces hommes, successeurs des apôtres, qui ont l'honneur de consacrer le corps de Jésus-Christ par la vertu des paroles qu'ils prononcent, qui nous impriment le caractère de chrétiens, qui ont reçu les clefs du royaume du ciel pour exercer sur la terre un jugement anticipé, et qui conservent par une vie chaste l'alliance qu'ils ont faite avec l'épouse de Jésus-Christ. "
4. S. AUGUSTIN, Lib. quinquaginta homiliarum, hom.
49, c. 3 : " Faites pénitence, comme on a coutume de le faire dans l'Eglise, afin que l'Eglise prie pour vous. Que personne ne se flatte en disant : Je fais pénitence en secret, je fais pénitence devant Dieu ; p.124 fin p.125 début Dieu, de qui seul j'ai à obtenir le pardon, sait que je fais pénitence dans mon cœur. Est-ce donc sans sujet qu'il a été dit : Ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel ? Est-ce donc sans sujet que les clefs ont été remises à l'Eglise de Dieu ? Voulons-nous donc que l’Evangile de Dieu, que les paroles de Jésus-Christ soient frustrées de leur effet ? Pouvons-nous promettre ce qu'il refuse lui-même ? "
5. Ibidem, hom. 50, c. 4 : " Comment celui qui est engagé dans les funestes liens du péché, peut-il refuser, ou différer, ou balancer de recourir aux clefs de l'Eglise, au moyen desquelles, délié sur la terre, il serait aussi délié dans le ciel ? Peut-il se promettre le salut après cette vie par cela seul qu'il est chrétien ? Que l'homme se juge donc lui-même là-dessus tandis qu'il le peut, qu'il réforme sa volonté, qu'il corrige ses mœurs au lieu d'attendre le moment où il ne pourra plus se juger lui-même, et où à son tour Dieu le jugera, quoi qu'il fasse, avec une souveraine justice. Et après s'être condamné lui-même à employer des remèdes sévères, mais des remèdes après tout, qu'il aille s'adresser aux pasteurs, à qui est confié dans l’Eglise le pouvoir des clefs ; que, comme un fils repentant, il se jette dans le sein maternel de cette Eglise, et qu'il accepte la pénitence que lui imposeront les ministres des sacrements. " Ibidem, c. 5 : " Les clefs de l'Eglise sont plus sûres que ne peuvent l'être les cœurs des rois ; ces clefs qui doivent avoir pour effet de délier dans le ciel ce qu'elles délient sur la terre. Et l'humilité qu'on pratique en s'humiliant devant l’Eglise de Dieu, est aussi beaucoup plus honorable ; de plus, la peine est moindre, et en même temps qu'on évite la mort éternelle, on ne court aucun danger de subir une mort temporelle. "
6. S. CHRYSOSTOME, de Sacerd., lib. III : " Des êtres nés sur la terre où ils sont attachés, sont les dispensateurs des trésors du ciel, et ont reçu une puissance que Dieu a refusé aux anges et aux archanges ! Car ce n'est pas à ces derniers qu'il a été dit : " Tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel. " Ce pouvoir de lier, les princes de la terre l'exercent aussi, sans doute, mais sur les corps seulement ; au lieu que le lien mis entre les mains des prêtres s'étend à l'âme, et exerce sa contrainte jusque dans le ciel ; ce que fait le prêtre ici-bas, Dieu le confirme dans le séjour de sa gloire, et le maître ratifie la sentence qu'a prononcée le serviteur. Car, que cela veut-il dire, sinon que c'est aux prêtres p.125 fin p.126 début qu’est confiée l'administration des dons célestes ? " Tous ceux, dit Jésus-Christ, à qui vous remettrez les péchés, leurs péchés leur seront remis ; tous ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus. " Y a-t-il pouvoir plus grand que celui-ci ? Le Père a donné au Fils tout pouvoir de juger ; ce pouvoir, le Fils l'a transmis aux prêtres. . . . . Nos prêtres ont le pouvoir, non pas seulement de déclarer guérie, mais de guérir même la lèpre, je ne dis pas du corps, mais de l'âme. "
7. S. CYPRIEN, ad Cornelium, Epist. 54 : " La bonté paternelle du Seigneur et la divine miséricorde ne nous permettaient pas de fermer éternellement l’Eglise à ceux qui frappaient si instamment à sa porte, de refuser à leurs larmes et à leurs prières l’espérance du salut, ni de renvoyer au Seigneur sans le bienfait de la communion et de la paix ceux pour qui le monde allait disparaître. Le divin législateur lui-même n'a-t-il pas dit que ce qui serait lié sur la terre par les mains de l'Eglise, le serait également dans le ciel ? "