Grand Catéchisme (Somme de doctrine chrétienne) (page 145)

Pierre Canisius · Doctrine

Texte français, domaine public · Source : jesusmarie.free.fr — Grand Catéchisme, trad. Peltier, tomes 1 à 6 · 205 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

18. S. JEROME, Dial. adversùs Luciferianos

: " Une foi ferme en Dieu se trouve difficilement. Voici un exemple qui va éclaircir la chose : j'assiste à une prière ; je ne prierais pas, si je n'avais pas la foi ; mais d'un autre côté, si ma foi était véritable, je purifierais ce cœur par lequel je vois Dieu, je me frapperais la poitrine, j'arroserais mes joues de mes larmes, je me roulerais dans la cendre, je paraîtrais avec un visage pâle et défait, je me jetterais aux pieds de mon Dieu et je les baignerais de mes pleurs, je les essuierais avec mes cheveux, je me tiendrais attaché au bois de la croix, et je ne consentirais à m'en séparer qu’après avoir obtenu miséricorde. Au lieu de tout cela, il m'arrive souvent, au milieu de mes prières, de me promener sous une galerie, ou de calculer des intérêts, ou de rouler dans mon esprit des pensées d'objets que je ne puis pas même nommer sans rougir. Où est ma foi ? Est-ce ainsi, pensez-vous, que priait Jonas ? Est-ce ainsi que priaient les trois enfants ? Est-ce ainsi que priait Daniel au milieu des lions ? Est-ce ainsi du moins que priait le larron en croix ? "

19. Le même, in Vitâ S. Pauli Eremitæ

: " Antoine étant entré dans la grotte, aperçut son corps (de Paul) inanimé dans l'attitude d'un homme agenouillé, la tête haute, les mains tendues et élevées vers le ciel. Le croyant toujours en vie, il se mit en prières à côté du cadavre. Mais comme il ne lui entendait pousser, suivant sa consume, aucun soupir, il se jeta tout éploré sur son corps qu'il couvrit de ses baisers, et vit bien que même à l'état de mort, le saint, par la posture au moins que son corps conservait, continuait de prier Dieu, pour qui tout est vivant. "

20. Le même, Lib. de viris illustribus, sive

Catalog. Scriptorum ecclesiasticorum, de Jacob fratre Domini : " Hégésippe qui p.482 fin p.483 début était voisin des temps apostoliques, dit en parlant de Jacques dans le cinquième livre de ses commentaires : " Apres le départ ou la mort des apôtres, l’Eglise de Jérusalem fut gouvernée par Jacques, frère du Seigneur et surnommé le Juste, pour qu'on pût le distinguer des autres de ce nom. Il avait été sanctifié dès le sein de sa mère ; il ne buvait ni vin ni boisson capable d'enivrer ; il ne mangea jamais de viande, ne se rasa jamais la barbe, ne se parfuma jamais, et ne fréquenta jamais de bains. Il jouissait seul du privilège d'entrer dans le Saint des saints. Ses vêtements n'étaient pas de laine, mais de lin ; il entrait seul dans le temple, et là, les genoux en terre, il priait pour le peuple, si bien que ses genoux avaient contracté la dureté de ceux des chameaux. "

24. S. JEAN DAMASCENE, Lib. IV de orthodoxâ fide, c. 43 : " Ce n'est pas sans dessein ou comme au hasard que nous prions tourné vers l’orient, mais c'est parce que, composé de deux natures, une visible et l’autre invisible, l'une spirituelle et l'autre corporelle, nous avons un double hommage à rendre à notre créateur, et que nos cantiques de louanges doivent être tout à la fois médités dans notre esprit et articulés par nos lèvres. Le baptême que nous recevons, nous le recevons dans l'eau et en même temps dans l'Esprit-Saint, et notre union avec Dieu est tout ensemble l'effet des mystères auxquels nous participons, et de la grâce que l'Esprit-Saint nous communique. Comme donc Dieu est la lumière de nos esprits et le soleil de justice, et que Jésus-Christ est appelé Orient dans les saintes Ecritures (ZACH., III, 8 ; MALACH., IV, 2 ; LUC, 1, 78), l'orient est le point du ciel vers lequel nous devons nous tourner de préférence pour l’adorer. Car il est dans l'ordre que nous offrions tout ce qu'il y a de plus parfait à celui qui nous prodigue ses biens avec tant de libéralité. David, inspiré de Dieu, dit de même : Royaumes de la terre, chantez les louanges de Dieu ; faites retentir des cantiques à la gloire du Seigneur ; chantez en l'honneur de Dieu, qui est monté au-dessus de tous les cieux vers l'orient (Ps. LXVII, 33-34). Et l’Ecriture, après avoir dit : Le Seigneur planta du côté de l'orient (L'expression hébraïque signifie indifféremment à principio, comme l'a traduite la Vulgate, ou ad Orientem, comme l’ont entendue les Septante) un jardin dans Eden où il plaça l'homme qu'il avait créé, ajoute qu'il l’en expulsa après son péché, et le condamna à passer le reste de ses jours du côté opposé à ce jardin, et par conséquent à l'occident. Lors p.483 fin p.484 début donc que nous adorons Dieu, montrons par notre posture que nous soupirons vers notre ancienne patrie. Le tabernacle que Moïse fit construire avait son voile étendu vers l'orient ; le propitiatoire était aussi de ce côté et la tribu de Juda, comme de toutes la plus illustre, se campait de même à l'orient des autres, et le fameux temple de Salomon avait sa porte tournée vers l'orient. Jésus-Christ en croix avait le visage tourné vers l'occident ; et par conséquent, lorsque nous l'adorons tournés nous-mêmes à l'orient, c'est vers lui que nous dirigeons nos soupirs. Lorsqu'il s'élève au ciel, il dirigea son vol vers l'orient, et ses apôtres l'adorèrent dans la même direction. Et il reviendra sur la terre de la même manière qu'on l'a vu monter au ciel, ainsi que les anges l'ont déclaré aux apôtres et comme il s'en est expliqué lui-même : De même qu'un éclair part de l'orient et parvient jusqu’à l'occident, ainsi en sera-t-il de l'avènement du Fils de l'homme. C'est dans cette attente que nous l'adorons tournés vers l'orient. Il est vrai que cette tradition qui nous vient des apôtres n'a pas été écrite ; mais il est tant d'autres choses que les apôtres nous ont laissées sans écrit ! "

25. S. AUGUSTIN, Lib. de hæresibus ad Quodvultdeum, hær 57 : " La dernière hérésie mentionnée par Epiphane est celle des psalliens, mot dérivé du syriaque. Les Grecs les appellent euchites, ???????, du verbe qui dans leur langue signifie prier. Car telle est leur constance à prier, que ceux à qui on en parle et qui ne l'ont pas vu ne sauraient le croire. Comme notre Seigneur a dit : Il faut toujours prier, et ne jamais se lasser de le faire (LUC, XVIII, 1), et que l’Apôtre a dit de même : Priez sans relâche (I Thess., V, 17), paroles qui s'entendent très-bien en ce sens, qu'il ne faut laisser passer aucun jour sans donner du temps à la prière, ces hommes ont la simplicité de les prendre trop au pied de la lettre, et c'est pour cela qu'on doit les compter parmi les hérétiques. "

XVIII Lucæ : " Il leur dit aussi cette parabole, pour montrer qu'il faut toujours prier, et ne pas se lasser de le faire. L'Apôtre a dit aussi : Soyez toujours dans la joie ; priez sans cesse. Mais qui peut ainsi toujours prier, et ne mettre aucune interruption dans ses prières, sans prendre seulement le temps de manger et de dormir ? Ou bien donc il faut dire que celui-là prie toujours et sans relâche, qui ne manque aucun p.484 fin p.485 début jour à louer et prier Dieu en récitant des psaumes et des prières aux heures marquées d’après l'usage de l'Eglise fondé sur la tradition, et que c'est ainsi qu'il faut entendre ces paroles du Psalmiste : Je bénirai le Seigneur en tout temps, et sa louange sera toujours dans ma bouche (Ps. XXXIII, 2) ; ou bien, que tout te que le juste fait et dit en vue de Dieu renferme une prière. Car comme un juste ne cesse jamais de faire ce qui est juste, il priera par-là même sans interruption, et il ne pourra cesser de prier sans cesser en même temps d'être juste. "

24. S. ANSELME, archevêque de Cantorbery, in caput V prioris Espistolæ ad Thessalonicenses : " Priez sans cesse, c'est-à-dire, ne laissez passer aucun jour sans prier aux heures marquées. Au reste, un désir continuel des grâces de Dieu est une prière continuelle. Car est-ce que nous pouvons sans cesse fléchir les genoux, nous prosterner en terre, élever les mains vers le ciel, pour qu'on puisse dire de nous que nous prions sans cesse ? Mais que celui qui veut mettre de l'interruption dans ses prières, n'en mette pas du moins dans les désirs de son cœur. Ainsi priait Moïse à qui Dieu dit ces paroles dans un moment où il n'en prononçait aucune lui-même : Pourquoi criez-vous vers moi (Exod., XIV, 18) ? C'est qu'il priait dans son cœur quoique de bouche il gardât le silence. Ainsi un désir continuel, un amour de Dieu persévérant est dans les saints une prière continuelle. "

25. S. CLEMENT, pape et martyr (ou pour mieux dire, l'auteur inconnu des Constitutions apostoliques, l. VIII, c. 40) : " Faites vos prières le matin au point du jour, à la troisième heure, à la sixième, à la neuvième au soir et au chant du coq. Le matin, vous remercierez Dieu de ce qu'il vous aura rendu la lumière du jour en chassant les ténèbres, à la troisième heure, vous le remercierez de ce qu'il a à cette même heure accepté la sentence de Pilate ; à la sixième, de ce que c'est à cette autre heure qu'il a été mis en croix ; à la neuvième, de ce que tout s'est ébranlé à la mort du Sauveur, par horreur pour le crime des Juifs et pour l'ignominie qu'ils lui faisaient subir ; au soir, de ce qu'il nous à accordé la nuit pour nous délasser des travaux du jour ; au chant du coq, parce que ce moment est celui où le jour annonce son approche pour la reprise des travaux qu'on peut appeler des œuvre de lumière. "

26. TERTULLIEN, Apologétique, c. 2 : " Pline-le-Jeune, gouverneur de Bithynie, après avoir condamné à mort plusieurs chrétiens et en avoir dépouillé d’autres de leurs emplois, effrayé p.485 fin p.486 début cependant de leur multitude, sollicita de l'empereur Trajan des instructions pour l'avenir. Il expose dans sa lettre que tout ce qu'il a découvert sur les mystères des chrétiens, outre leur entêtement à ne pas sacrifier, se borne à ceci : qu'ils s'assemblent avant le jour pour chanter des hymnes en l'honneur du Christ leur Dieu et entretenir parmi eux une exacte discipline ; qu'ils défendent l'homicide, la fraude, l’adultère, la trahison, et généralement tous les crimes. Trajan répondit qu'il ne fallait pas les rechercher, mais les punir quand ils seraient dénoncés (Cf. Les Père de l'Eglise, trad. par M. de Genoude, t. VII, pag. 5). "

27. S. CYPRIEN, de l'Oraison dominicale (Cf. ibidem, t. V bis, p. 420-421. Le véritable auteur de ce livre est Rufin d’Aquilée) : " Quand faut-il prier ? Daniel et les trois jeunes hommes de la fournaise, généreux athlètes dont la foi triompha jusque dans la captivité, observaient pour cet exercice la troisième la sixième et la neuvième heure, emblème de l'auguste Trinité qui devait se manifester vers la fin des temps. Entre chacune de ces heures se place un intervalle de trois autres. Chacun de ces intervalles marque à lui seul la Trinité. L'ensemble de ces trois heures, répétées chacune trois fois, achève et complète le symbole. Ainsi les adorateurs du vrai Dieu distinguaient autrefois les temps pour les consacrer à la prière. Les évènements ont prouvé depuis, que ce n'étai pas sans quelque dessein mystérieux que les anciens justes les avaient choisies pour prier. C'est à la troisième heure que l'Esprit-Saint descendit sur les disciples pour mettre le dernier sceau aux promesses du Rédempteur. C’est à la sixième heure que Pierre, qui tout-à-l'heure balançait à baptiser les gentils, monta sur la partie supérieur de l'édifice où il se trouvait, et reçu d'en-haut un signe miraculeux avec l’avertissement divin d'admettre indistinctement tous les hommes à la grâce du salut. C'est à la sixième heure que Jésus-Christ fut crucifié. Jusqu’à la neuvième heure il lava nos fautes dans son sang, paya la rançon de l'esclave, rendit à l'immortalité celui qui était mort, et consomma son triomphe dans les bras de la croix. "

" Pour nous, chrétiens, les heures de l'oraison se sont multipliées avec les mystères. Outre celles de l'antiquité, nous avons à sanctifier des heures particulières Nous devons prier le matin pour célébrer la mémoire de la résurrection de notre Sauveur.

p.486 fin p.487 début L'Esprit-Saint nous imposait d'avance cette obligation, quand il s'écriait par la bouche du Psalmiste (Ps. V, 4)

: Mon Dieu et mon roi, je m'adresserai à vous ; vous m'exaucerez dès le matin ; dès le matin je répandrai mon âme en votre présence et je vous contemplerai dans vos œuvres. Ils penseront à moi dès le matin, dit le prophète Osée (VI, 1), et ils s'écrieront : Marchons, et revenons au Seigneur notre Dieu. "

" Le chrétien prie encore quand le soleil se retire.

Car, puisque Jésus-Christ est le vrai jour et le vrai soleil, lui demander, au déclin de la lumière, d'allumer son flambeau sur nos têtes, c'est lui demander que son règne arrive, et qu'il fasse briller sur nous l'aurore de sa lumière éternelle.

"

28. S. ATHANASE, Lib. de virginitate sive de méditatione

: " Méditez les saintes Ecritures, ayez un psautier, et apprenez les psaumes par cœur. Que le soleil à son lever vous trouve avec ce livre entre les mains. La troisième heure venue, vous vous rendrez à la synaxe, parce que c'est à cette heure-là qu'a été planté l'arbre de la croix. A la sixième heure, vous achèverez vos prières que vous accompagnerez de psaumes, de larmes et de prostrations, parce que c'est à pareille heure que le Fils de Dieu é été suspendu sur la croix. A la neuvième heure, vous chanterez encore des hymnes et des cantiques à la gloire de Dieu, et vous confesserez vos péchés avec larmes pour attirer sur vous la miséricorde de Dieu, parce que c'est à cette heure-là que Jésus en croix a rendu son dernier soupir (Cf. S. Athanasii opera. t. III, p. 116-117). "

29. S. BASILE, Serm. I de institutione monachorum, ou Traité spirituel pour la conduite des solitaires : " Il n'y a point de temps dans la vie qui ne doive être destiné à la prière ; mais comme il est besoin quelquefois de faire des pauses dans cette application de l'esprit et du corps à la psalmodie et au pénible exercice des génuflexions, il est bon d'observer les heures que les saints nous ont indiquées pour la prière. Car voici ce qu'a dit là-dessus le grand roi David : Je me levais au milieu de la nuit pour vous louer de la souveraine équité de vos ordonnances (Ps. CXVIII, 62). C'est ainsi que saint Paul et Silas, qui ont suivi son exemple, ont été trouvés à minuit appliqués à la prière dans la prison.

Le même prophète dit encore : Le soir, le matin, à midi, je méditerai et je prierai avec empressement (Ps. LIV, 19). Nous lisons aussi dans les Actes des Apôtres, que le Saint-Esprit descendit sur ces derniers p.487 fin p.488 début vers la troisième heure du jour, et que, comme les pharisiens avaient l'insolence de se railler de ce qu'ils entendaient les disciples parler devant eux diverses langues, saint Pierre leur déclara qu'ils n’étaient point ivres, puisqu'on n'en était encore qu’à la troisième heure du jour (Act., II, 15).

"

" L'heure de none est un mémorial de la passion que le divin Sauveur à soufferte pour nous donner la vie. " " Mais, comme David a dit : Sept fois le jour, je redis vos louanges ; je rends hommage à l'équité de vos jugements (Ps. CXVIII, 164), et que ces temps destinés à la prière dont nous venons de parler ne montent pas jusqu'au nombre de sept, il faut diviser en deux parties la prière du milieu du jour, en sorte que nous la fassions moitié avant le repas, et moitié en sortant de table, pour remplir tous les jours ce mystérieux nombre de sept dans le tribut de louanges que nous devons à Dieu (Cf. Les Ascétiques, ou Traités spirituels de saint Basile-le-Grand, trad. par Godefroy Hermant, p. 48-49). "

30. Le même, in Regulis fusiùs disputatis, interrog. 37 : " Quoique la loi de Dieu nous oblige de le remercier en tout temps, et que nous ayons montré que l'action de grâces est nécessaire pour vivre selon la nature et la raison, il ne faut pourtant pas négliger l'usage qui se pratique dans nos communautés religieuses de prier dans des temps réglés que nous avons choisis nous-mêmes, afin que chacun de nous se rappelle la mémoire des bienfaits qu'il a reçu de Dieu. "

" Nous le prions le matin, pour offrir et consacrer à Dieu les premiers mouvements de notre âme et de notre esprit, et ne nous occuper de rien autre chose avant de nous être délecté de la pensée de Dieu, conformément à ce qui est écrit : Je me suis souvenu de Dieu, et j'ai été dans la joie (Ps. LXXVI, 4) ; sans nous permettre aucun travail corporel, que nous ne nous soyons auparavant acquittés de ce que dit le Psalmiste : Seigneur, je vous adresserai ma prière : vous exaucerez ma voix dès le matin ; dès le matin, je me présenterai devant vous (Ps. III, 5). "

" Ensuite nous avons coutume de nous lever pour prier Dieu à l'heure de tierce, et alors toute la communauté s'assemble, quoique les frères soient disséminés en plusieurs lieux, et séparés les uns des autres par la diversité de leurs emplois ; et cherchant à retracer dans notre mémoire le souvenir des dons adorables de l'Esprit-Saint que reçurent les apôtres à la troisième heure du p.488 fin p.489 début jour, nous nous réunissons tous par l'adoration que nous rendons à Dieu dans l'unité d'un même esprit, pour nous rendre dignes d'avoir part aussi bien qu'eux à la grâce de la sanctification de nos âmes, et pour lui demander qu'il ait la bonté de vouloir bien se charger de notre conduite, et de nous enseigner ce qui est plus avantageux pour notre salut, à l'exemple de David, qui a dit : Mon Dieu, créez en moi un cœur pur, et renouvelez l'esprit de justice dans mes entrailles. Ne me rejetez pas de devant votre face, et ne retirez pas de moi votre Esprit-Saint. Rendez-moi la joie de votre assistance salutaire, et fortifiez-moi par votre esprit souverain (Ps. L, 14-15). Et ailleurs : Votre esprit souverainement bon me guidera dans les routes de la droiture (Ps. CXLII, 11). Après quoi, il faut aussitôt se remettre au travail. Que s'il y a des frères absents, ou à cause de la nature de leur travail, ou à cause de la distance des lieux, et qu'ils n'aient pu rejoindre le reste de la communauté, ils doivent, en quelque lieu qu'ils se trouvent, s'acquitter chacun en leur particulier des prières que tous les autres font en commun, sans pouvoir s'en dispenser sous aucun prétexte, Dieu ayant dit dans l'Evangile, qu'en quelque lieu que deux ou trois personnes soient assemblées en son nom, il se trouve au milieu d'elles (MATTH., XVIII, 20). "

" Nous avons aussi jugé à propos d'imiter l'exemple des saints qui ont cru qu'il fallait prier à la sixième heure du jour, et qui ont dit : Le soir, le matin et à midi, je méditerai et je le prierai avec empressement, et il écoutera ma voix (Ps. LIV, 19). Et c'est en ce moment-là que nous récitons le psaume XC de David, afin que Dieu nous garantisse de toute chute, et des pièges du démon de midi. "

" Nous avons appris par la lecture des Actes que les apôtres ont jugé l'heure de none avantageuse pour la prière puisque nous y lisons que Pierre et Jean montaient au temple pour assister à la prière qui se faisait à la neuvième heure (Act., III, 1). "

" Quand la journée est finie, il faut rendre grâces à Dieu pour les bienfaits que nous avons reçu de lui ce jour-là, ou pour le bien même que nous avons pu y faire ; et s'il nous est arrivé de manquer en quelque chose, soit de notre consentement, soit malgré nous, soit même à notre insu, ou en paroles, ou en actions, ou dans le secret de nos pensées, en faire à Dieu la confession et le prier de nous le pardonner. Car la discussion et l'examen des péchés qu'on a commis est un excellent moyen pour n'en plus commettre. Et c'est ce qui à fait dire à David :

p.489 fin p.490 début Etendus sur vos lits, ouvrez vos cœurs à la réflexion et au repentir dans le silence (Ps. IV, 5).

"

" Enfin, lorsque la nuit commence à répandre ses ténèbres, nous demandons encore à Dieu que le repos que nous allons prendre soit exempt de tentations et de chutes, et que notre esprit pendant ce temps ne soit le jouet d'aucune vaine imagination ; et c'est pour cela que nous répétons alors le psaume XC. Nous apprenons aussi de l'exemple de saint Paul et de Silas que le minuit est une heure obligatoire pour la prière car nous lisons dans les Actes des Apôtres, que vers minuit Paul et Silas s'étant mis en prière chantaient des hymnes d la gloire de Dieu (Act., XVI, 25). C'est aussi ce que le Psalmiste nous rapporte de lui-même : Je me levais au milieu de la nuit pour vous bénir, pour rendre hommage aux arrêts de votre justice (Ps. CXVIII, 62).

"

" Après cela il faut devancer le point du jour, et se lever promptement pour la prière, de peur que le jour ne nous retrouve endormis, et ne nous surprenne dans le lit ; et c'est ce qui a fait dire encore au Prophète : Mes yeux ont prévenu le point du jour, afin de méditer votre loi (Ps. CXVIII, 148). "

" De tous ces temps que nous venons de marquer, il n'en est aucun qui puisse être négligé, par ceux dont la profession consiste à ne vivre que pour la gloire de Dieu, et de Jésus-Christ son Fils. Mais je crois qu'il est utile de diversifier ces exercices, et d'user de variété dans les prières et les psaumes qu'on à coutume de chanter pendant ces heures, parce que l'excès d'uniformité fait souvent que l'âme s'attiédit et se dissipe ; au lieu que le changement et la variété de la psalmodie inspire une nouvelle ardeur pour réciter les prières de chaque heure avec plus de recueillement, et excite l’âme à prier avec plus d'attention (Cf. S. Basilii opera, t. II, p. 382-384, édit. de D. Garnier ; Ascétique de saint Basile, trad.

par God. Hermant, p, 190-193). "

31. S. CHRYSOSTOME, Hom. LIX ad populum Antiochenum, dit en parlant de la vie des moines de son temps : " A peine le jour a-t-il commencé à luire, que dis-je ? avant le jour et dès le chant du coq, tandis qu'ailleurs les serviteurs comme les maîtres sont plongés dans le sommeil, et que toutes les portes étant fermées, tout le monde semble mort ; eux, quittant leurs couches, se lèvent avec modestie, des qu'ils ont été éveillés par leur supérieur, et aussitôt se formant en chœur, ils étendent leurs mains et commencent le chant des hymnes. . . "

p.490 fin p.491 début " Ni guitare, ni flûte, ni tout autre instrument de musique ne rend des sons aussi enchanteurs que ceux que ces saints religieux font retentir alors dans le repos de la nuit et de la solitude. Leurs cantiques mêmes ne respirent que piété et qu'amour de Dieu. Le Prophète a dit : Elevez vos mains durant les nuits vers le sanctuaire, et bénissez le Seigneur (Ps. CXXXIII, 2). Et : Je m'éveillerai dès le point du jour pour vous chercher de toute l'étendue de mon esprit et de mon cœur parce que vos commandements sont la lumière qui m'éclaire ici-bas (Is., XXVII, 9).

En même temps on récite les cantiques de David, ces cantiques si propres à faire couler les larmes, lorsqu'il dit, par exemple : Je me suis épuisé à force de soupirs ; je laverai toutes les nuits mon lit de mes pleurs ; j'arroserai de mes larmes le lieu où je suis couché (Ps. VI, 7). Et encore : Je mangeais la cendre comme le pain (Ps. CI, 10). Et encore : Qu'est-ce que l'homme, pour que vous vous soyez fait connaître à lui ; ou qu'est-ce que le fils de l'homme pour être si présent à votre pensée ? L'homme est devenu semblable au néant même ; ses jours passent comme l'ombre (Ps. CXLIII, 3-4).

Et ailleurs : Que l'envie ne vous trouble point, lorsqu'un homme est dans l’opulence, et que la splendeur de sa maison s'accroît (Ps. XLVIII, 17). Et ailleurs encore : Dieu fait demeurer dans sa maison ceux qui n'ont qu'un même esprit (Ps. LXVII, 7). Et encore : Sept fois le jour, je redis vos louanges ; je rends hommage à l'équité de vos jugements (CXVIII, 164). Je me levais au milieu de la nuit pour vous bénir, pour rendre hommage aux arrêts de votre justice (ibid., 62). Le jour venu, chacun de nous autres appelle son compagnon, tient registre de ceux qui sortent, ou bien fait assigner son frère devant un tribunal, paraît devant le magistrat, tremble en sa présence, subit une amende ou une prison. L'un reste à la maison, l'autre sort pour quelque ouvrage. Mais eux, après avoir achevé les prières et les hymnes du matin, se mettent à la lecture de l'Ecriture sainte. Il y en a parmi eux qui, habiles à transcrire des livres, se renferment dans leurs cellules, et passent ainsi leurs loisirs, sans être jamais désœuvrés, sans rompre jamais leur silence. Ils s'acquittent en commun des prières de la troisième heure du jour, de la sixième et de la neuvième heure, et de celles du soir. Partageant ainsi la journée entière en quatre parts, ils en consacrent chacune à leur Dieu par le chant des psaumes et des hymnes (Nous n'avons pu trouver cette homélie dans les Œuvres authentiques de saint Chrysostôme, de l'édition Gaume).

"

p.491 fin p.492 début

32. S. JEROME, in caput VI Danielis : " Il y a trois temps dans la journée où d'après la tradition ecclésiastique, nous avons à nous prosterner devant Dieu, savoir, la troisième, la sixième et la neuvième heure. En effet, c'est à la troisième heure que le Saint-Esprit est descendu sur les apôtres ; à la sixième, que saint Pierre, voulant manger, monta au cénacle pour prier d'abord, et à la neuvième que Pierre et Jean se rendirent au temple. "

33. Le même, à la vierge Eustochium, de custodiâ virginitalis, Epist. XXII : " Quoique l'Apôtre nous ordonne de prier sans cesse, quoique le sommeil lui-même soit pour les saints une sorte d'oraison, nous devons néanmoins partager en différentes heures le temps destiné à la prière afin que, s'il arrive que nous soyons retenus par quelque ouvrage, le temps lui-même nous rappelle un devoir à remplir. Qu'il faille prier à la troisième heure, à la sixième à la neuvième, le matin et le soir, il n'est personne qui ne le sache. On ne doit point prendre de nourriture sans avoir prié d'abord, ni sortir de table, sans rendre des actions de grâces au Créateur. La nuit, il faut se lever deux ou trois fois, et repasser dans sa mémoire les endroits des Ecritures que l'on sait par cœur. Au sortir de notre demeure, que la prière nous serve d'armure ; lorsque nous sommes revenus de la place publique, prions encore avant de nous asseoir, et que le corps ne se repose pas, avant que l'âme ait pris sa nourriture. A chaque action, à chaque démarche que notre main retrace sur notre corps la croix du Seigneur (Cf. Œuvres choisies de saint Jérôme, etc., trad. par Collombet, tome Ier, p. 228-231). "

34. Le même à la même, Epitaphe de

Paula, Epist. XXVII, c. 20, dit en parlant des vierges des monastères que cette sainte veuve avait fondé : " Le matin, à la troisième heure, à la sixième, à la neuvième, le soir, au milieu de la nuit, elles chantaient une partie du psautier (Cf. Ibidem, t. IV, p. 411). "

35. Le concile d'Aix-la- Chapelle, tenu sous Louis-le-

Débonnaire a inséré dans ses canons, c. 126, l'extrait suivant du dix-neuvième chapitre du livre premier de officiis ecclesiasticis de saint Isidore : " Daniel et les trois jeunes hommes ont consacré la prière à la troisième heure, la sixième et la neuvième du jour, afin que ces trois heures marquées pour le temps de la prière, à partir du lever du soleil, nous rappelassent le respect que nous devons à la sainte Trinité et que l'intervalle qui est p.492 fin p.493 début entre la troisième et la sixième heure du jour étant le même que celui qui sépare la sixième de la neuvième, nous fussions avertis par-là de rendre trois fois le jour un culte semblable aux trois personnes divines. Une autre considération en faveur de ce culte, c'est que le Saint-Esprit est descendu sur la terre pour y répandre les grâces promises par Jésus-Christ, précisément à la troisième heure, c'est-à-dire à l'heure qui rappelle par son chiffre le rang qu'il occupe lui-même dans la sainte Trinité. Jésus-Christ mis en croix à la sixième heure, y est resté dans les tourments jusqu’à la neuvième. Ainsi, dans la distribution mystérieuse de ces temps marqués pour la prière, la Trinité, de trois en trois heures, est ou célébrée par des hymnes, ou invoquée par des supplications ; et si, prenant la journée dans son entier, on y compte un quaternaire au moyen de l'office du soir, on trouvera quatre ternaires, qui nous aideront à comprendre que le monde dans ses quatre parties ne peut être sauvé qu'au nom de la sainte Trinité. La nuit est de même partagée par les veilles et les stations militaires en quatre parties, dont chacune est encore de trois heures, pour nous faire vénérer le mystère de la Trinité jusque dans nos occupations séculières et dans nos heures de la nuit. "

36. Ibid., c. 127, ou vingtième de saint

Isidore : " L'office du soir se fait à la chute du jour, et nous est recommandé même par l'Ancien-Testament. C'est à ce moment-là que les anciens offraient leurs sacrifices, et avaient coutume de brûler sur l'autel l'encens et les parfums. Nous avons pour témoin de cette pratique le roi-prophète, qui disait dans un de ses psaumes : Que ma prière s'élève vers vous comme la fumée de l'encens ; que l’élévation de mes mains vous soit agréable comme le sacrifice du soir (Ps. CXL, 2). Nous voyons aussi dans le Nouveau-Testament, que c'est dans ce même moment que notre divin Sauveur, faisant la cène avec ses disciples, leur distribua pour la première fois le sacrement de son corps et de son sang, pour donner à entendre, par l'heure même de son sacrifice, que nous étions arrivés au soir de la durée du monde. Il convient donc que pour célébrer la mémoire d’aussi grands mystères, nous nous présentions devant Dieu dans ces mêmes temps de la journée, pour chanter ses louanges, lui offrir le sacrifice de nos prières et lui rendre avec amour le culte qui lui est dû. Ce nom de vêpres, qui est celui de ce sacrifice du soir, vient de Vesper ou de l'étoile du soir qui paraît au coucher du soleil. C'est de cette étoile que le Prophète p.493 fin p.494 début a dit les paroles suivantes : Vous faites lever sur les enfants des hommes l'étoile du soir (JOB, XXXVIII, 32). "

37. Ibid., c. 128, ou vingt-et-unième de saint Isidore : " Pour ce qui est de l'office de complies, voici ce qu'en disent les anciens. David a dit dans un de ses psaumes : Si je monte sur le lit préparé pour ma couche ; si je permets à mes yeux de dormir, et à mes paupières de se fermer, et à ma tête de sommeiller, jusqu’à ce que je trouve un lieu propre pour le Seigneur, et un tabernacle pour le Dieu de Jacob (Ps. CXXXI, 3-5). Qui n'admirerait l'amour ardent de ce prophète pour son Dieu ? Il se refusera jusqu'au sommeil, ce repos si nécessaire à chacun pour la réparation de ses forces, jusqu’à ce qu'il ait trouvé un lieu propre pour y élever un temple au Seigneur. Quelle puissante leçon pour nous apprendre que, si nous voulons être nous-mêmes le tabernacle ou le temple du Seigneur, nous devons imiter de tout notre pouvoir les exemples des saints, de peur qu'on ne nous applique ces autres paroles du même prophète : Tous les riches ont dormi leur sommeil, et ils n'ont rien trouvé dans leurs mains (Ps. LXXV, 6). "

38. Ibid., c. 129, ou vingt-troisième de saint Isidore : " Le même prophète nous est témoin de l'antiquité et de l'autorité de l’office des matines : Je serai, dit-il, tout occupé le matin de la méditation de votre grandeur, ô mon Dieu, parce que vous m’avez secouru (Ps. LXII, 7-8). Et ailleurs : Mes yeux se sont tournés vers vous de grand matin en prévenant la lumière pour méditer votre loi (Ps. CXVIII, 148). Or, nous prions le matin en mémoire de la résurrection du Sauveur. C'est le matin, et dès le point du jour, que Notre-Seigneur Jésus-Christ est sorti des enfers, et le soleil, qui avait retiré sa lumière aux pécheurs au moment de la mort de ce divin Sauveur, la rendit aux fidèles au moment de sa résurrection. Dans ce moment, en effet, a lui pour nous tous l'espérance de notre future résurrection, de ce jour où tous les justes, et même tous les hommes, sortiront de leurs tombeaux comme d'un profond sommeil. "

39. Ibid., c. 130, ou vingt-deuxième du premier livre de saint Isidore de officiis ecclesiasticis : Les vigiles sont une dévotion familière à tous les saints.

Le prophète Isaïe poussait ce cri vers son Dieu : Je m'éveillerai dès le point du jour, pour vous chercher de toute l'étendue de mon esprit et de mon cœur, parce que vos commandements sont la lumière du monde (Saint Isidore rapporte ainsi ces paroles, prises dans le neuvième verset du chapitre XXVI d'Isaïe : De nocte vigilat spiritus meus ad te Deus, quia lux præcepta tua sunt super terram). Le roi-prophète à dit p.494 fin p.495 début de même : Je me levais au milieu de la nuit pour vous bénir et pour rendre hommage aux arrêts de votre justice (Ps. CXVIII, 62). C'est dans ce moment, en effet, que l'ange exterminateur fit mourir tous les premiers-nés des Egyptiens. Nous devons veiller nous-mêmes, pour ne pas partager un sort semblable à celui de ce peuple. Le Seigneur nous avertit aussi dans l’Evangile que c'est à pareille heure qu'il viendra et c'est pour cela qu'il nous exhorte à la vigilance dans les termes suivants : Heureux les serviteurs que leur maître trouve en état de veille à son arrivée.

Que s'il arrive à la seconde ou à la troisième heure, et qu'il les trouve en cet état, ces serviteurs-là seront heureux. . . Tenez-vous donc aussi toujours prêts, parce que le Fils de l'homme viendra à l’heure que vous n'y penserez pas (LUC, XII, 37-38, 40). Ce n'est pas seulement par ses paroles qu'il nous a enseigné à célébrer les vigiles ; mais c'est aussi par ses exemples. Car l’Evangile nous atteste que Jésus passait les nuits à prier Dieu (LUC, VI, 12). Nous lisons aussi de Paul et de Silas, que renfermés dans une prison publique, ils priaient vers le milieu de la nuit, et que tout le monde les entendait chanter des hymnes, quoiqu'ils fussent toujours dans les chaînes (Act., XVI, 25), lorsque tout-à-coup un tremblement de terre ayant eu lieu, les fondements de la prison furent ébranlés, les portes s’ouvrirent, et les chaînes tombèrent des pieds et des mains des prisonniers. Il faut donc que nous prenions l'habitude de chanter et de prier à ces mêmes heures en fréquentant l'office public, pour attendre le moment de notre mort avec plus de sécurité si ce moment nous trouve occupés à cette œuvre sainte. Il y a cependant des hérétiques qui regardent ces saintes veilles comme superflues et tout-à-fait inutiles pour le progrès spirituel, disant que c'est même aller contre la volonté de Dieu, qui a fait la nuit pour le repos, comme le jour pour le travail. Ces hérétiques sont appelés d'un mot grec nyctazontes, c'est-à-dire dormeurs. "

40. Ibidem, c. 131 : " Que les chanoines surtout s'appliquent à observer ces heures avec beaucoup de soin, et a en célébrer l'office divin avec humilité et dévotion. "

41. On peut encore consulter sur les heures canoniques

Raban Maur, Lib. II, c. 1 et suiv., de institutione clericorum ; Rupert, abbé de Tuitz, Lib. I de divinis officiis, c. 1 et suiv. p.495 fin p.496 début

Question II

Pourquoi devons-nous être appliqués et assidus à la prière ?

C'est premièrement à cause des avantages considérables autant que nombreux qui résultent d’une prière bien faite. C'est, en second lieu, parce que la prière est l'exercice spécial et le produit, pour ainsi dire, spontané de la foi. Elle est d'ailleurs commandée en divers endroits de l’Ecriture, où nous lisons que les biens les plus précieux, les avantages les plus consolants sont attachés à sa pratique. Je vous le dis, ainsi parlait Jésus-Christ, c'est-à-dire la Vérité même, quoi que ce soit que vous demandiez dans la prière, croyez que vous l'obtiendrez, et il vous sera accordé. Et encore : Je vous dis : demandez, et il vous sera donné ; cherchez, et vous trouverez ; frappez à la porte, et elle vous sera ouverte. Car quiconque demande, reçoit ; qui cherche, trouve, et on ouvre à celui qui frappe. Et ailleurs : Si étant méchants comme vous l'êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison votre Père qui est dans les cieux donnera-t-il les vrais biens à ceux qui les lui demandent ! " Par ces paroles, " comme l'infère justement saint Chrysostôme, " et surtout par ces promesses, le Maître de toutes choses nous invite de la manière la plus pressante à lui adresser nos prières. Obéissons donc à Dieu, et consacrons notre vie entière à le prier aussi bien qu’à le louer, plus occupés du soin de lui rendre le culte qui lui est dû que de celui de nos intérêts les plus chers. Car c'est là pour nous le moyen de vivre toujours comme il convient à la dignité de notre nature. " C'est en ces termes que l’éloquent évêque nous recommandait les avantages de la prière.

p.496 fin p.497 début TEMOIGNAGES DE L’ECRITURE.

3. LUC, XVIII, 1-8 : " Il leur dit cette parabole, pour leur montrer qu'il faut toujours prier, et ne jamais cesser de le faire : - Il y avait, dit-il, dans une certaine ville un juge qui ne craignait pas Dieu, et ne se mettait point en peine des hommes. - Et il y avait aussi dans cette même ville une veuve qui venait vers lui, en lui disant : Faites-moi justice de ma partie. - Et il fut longtemps sans vouloir le faire ; mais enfin il dit en lui-même : Quoique je ne craigne point Dieu et que je ne me mette point en peine des hommes, - néanmoins, comme cette veuve m'importune, je lui ferai justice, de peur qu’à la fin elle ne vienne à me faire quelque affront. - Vous voyez, ajouta le Seigneur, ce que dit ce juge inique. - Et Dieu ne fera pas justice à ses élus qui crient à lui jour et nuit, et il souffrira toujours qu'on les opprime ? - Je vous dis qu'il ne tardera pas à les venger. "

4. Id., XI, 5-13 : " Si quelqu'un d'entre vous avait un ami qui vînt le trouver au milieu de la nuit, et qui lui dit : Mon ami, prêtez-moi trois pains, - parce qu'un de mes amis qui est en voyage vient d'arriver chez moi, et que je n'ai rien à lui donner ; - et que cet homme lui réponde de l'intérieur de sa maison : Ne m'importunez point, je vous prie ; ma porte est déjà fermée et mes enfants sont couchés aussi bien que moi, je ne puis me lever pour vous en donner ; - si néanmoins l’autre persistait à frapper, n'est-il pas vrai que quand même il ne se lèverait pas pour lui en donner par cela seul qu'il est son ami, il se lèverait à cause de son importunité et lui en donnerait autant qu'il en aurait besoin ? - Je vous dis de même : Demandez, et on vous donnera ; cherchez, et vous trouverez ; frappez, et on vous ouvrira ; - car quiconque demande reçoit, qui cherche trouve, et on ouvrira à celui qui frappe. - En effet, quel est, le père parmi vous qui donnerait à son fils une pierre, lorsque celui-ci lui demanderait du pain ; ou qui lui donnerait un serpent lorsqu'il lui demanderait un poisson ; - ou qu'il lui donnerait un scorpion, lorsqu'il lui demanderait un œuf ? Si donc vous autres, tout méchants que vous êtes, vous savez néanmoins donner de bonnes p.497 fin p.498 début choses à vos enfants, à combien plus forte raison votre Père céleste donnera-t-il le bon esprit à ceux qui le lui demandent ! "

5. Id., XXI, 36 : " Veillez donc, et priez en tout temps, afin que vous méritiez d'éviter tous ces maux qui arriveront, et de paraître avec confiance devant le Fils de l'homme. "

6. Ecclésiastique, XVIII, 22 : " Que rien ne vous empêche de prier toujours, et ne cessez point de faire des progrès dans la justice jusqu’à la mort, parce que la récompense de Dieu demeure éternellement. "

7. Ibid., XXI, 1 : " Mon fils, avez-vous péché, ne péchez plus, mais priez pour vos fautes passées, afin qu'elles vous soient pardonnées. "

9. Philippiens, IV, 6 : " Ne vous inquiétez de rien ; mais en quelque état que vous soyez, présentez à Dieu vos demandes par des supplications et des prières accompagnée d'actions de grâces. "

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