Grand Catéchisme (Somme de doctrine chrétienne) (page 16)

Pierre Canisius · Doctrine

Texte français, domaine public · Source : jesusmarie.free.fr — Grand Catéchisme, trad. Peltier, tomes 1 à 6 · 205 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

8. S. HILAIRE de Poitiers, can. 16 in Matthæum

: " O heureux fondement de l'Eglise désigné par un nom nouveau, ô pierre vraiment digne de servir à sa construction, capable de vaincre les portes de l'enfer et les barrières de la mort ! O fortuné portier du ciel, à qui sont confiées les clefs des demeures célestes, et dont le jugement porté sur la terre détermine celui qui doit l'être dans le ciel, en sorte que ce qui est lié ou délié ici-bas est par la même lié ou délié là haut ! "

9. S. BERNARD, de Consideratione ad Eugenium Papam, lib. II, c. 8 : " Voyons encore avec plus de soin qui vous êtes, et quel rôle vous remplissez aujourd'hui dans l’Eglise. Qui êtes-vous ? le grand-prêtre et le souverain pontife. Vous êtes le prince des évêques, l’héritier des apôtres, vous avez la primauté d'Abel, la puissance de gouvernement de Noé, le patriarcat d'Abraham, le sacerdoce de Melchisédech, le pontificat d'Aaron, l'autorité de Moïse, la judicature de Samuel, le pouvoir de Pierre, l'onction du Christ. Vous êtes celui à qui les clefs du ciel ont été données, celui à qui la garde du troupeau a été confiée. A la vérité vous n’êtes pas le seul à qui soient confiés la garde du ciel et le soin du troupeau ; mais vous êtes d'autant plus élevé au-dessus des autres, que le nom que vous avez reçu est plus distingué que le leur. Chacun d'eux a son troupeau particulier, vous êtes le pasteur du troupeau universel ; vous êtes le pasteur, non-seulement des brebis, mais encore de tous les pasteurs. Et si vous voulez savoir p.126 fin p.127 début d'où je tire mes preuves, je vous dirai que c'est des paroles mêmes du Seigneur. Et, en effet, auquel, je ne dis pas des évêques, mais des apôtres, le soin du troupeau a-t-il été confie d'une manière aussi absolue et aussi indéfinie ? " Si vous m’aimez, dit-il à Pierre, faites paître mes brebis ? " Mais lesquelles ? Pensez-vous qu'il parle des habitants d'une ville, d'une contrée, d'un royaume ? " Mes brebis, " dit-il ; d'où il suit qu'il ne lui en a désigné aucune en particulier, et qu'il les lui a toutes confiées : il n'y a pas d'exception là où il n'y a pas de distinction. Peut-être les autres disciples étaient-ils présents, lorsque le Seigneur, confiant le troupeau à un seul, recommandait à tous l'unité en un seul troupeau et en un seul pasteur, selon cette parole : " Ma colombe, ma belle, ma parfaite colombe est unique (Cant., VI, 8). " Là où est l'unité, là est la perfection ; les autres membres n'ont pas la perfection, mais la division, en s'écartant de l'unité. C’est pourquoi les disciples, connaissant le mystère prirent chacun la charge d'un peuple particulier. Enfin Jacques, qui était regardé comme la colonne de l’Eglise, se contenta de Jérusalem, laissant l'univers à Pierre. Et il était bien juste que Jacques fût établi à Jérusalem pour soutenir la famille de son frère qui venait d'expirer ; car il fut appelé le frère du Seigneur. Or, le frère du Seigneur reconnaissant la prérogative de Pierre, qui aurait osé la lui contester ? "

" Ainsi, d'après les canons ecclésiastiques, les autres ont été appelés pour partager les soins que l'Eglise doit aux peuples ; vous seul avez été établi dans la plénitude de la puissance. Leur pouvoir est restreint dans de certaines limites ; le vôtre s'étend sur ceux-là mêmes qui ont reçu l'autorité sur les autres. Ne pouvez-vous pas en effet, s'il le faut, fermer le ciel à un évêque, le déposer de son évêché et même le livrer à Satan ? Votre privilège est donc inébranlable et sans limites, tant dans la garde des clefs qui vous ont été confiées, que dans le soin des ouailles qui vous ont été commises. Mais remarquez une autre circonstance qui confirme votre prérogative. Les disciples étaient en mer ; Jésus-Christ leur apparut sur le rivage, et ce fut pour eux un grand sujet de contentement que de le voir ressuscité. Pierre, aussitôt qu'il a reconnu le Seigneur, se jette à la mer et parvient jusqu’à lui, tandis que les autres y arrivent avec leurs barques. Qu'est-ce que cela signifie, sinon le sublime pontificat de saint Pierre, qui a reçu la mission de gouverner, non pas une barque ; mais le monde entier ? car la mer représente le monde, et les barques représentent les églises particulières. Ayant marché p.127 fin p.128 début une autre fois sur les eaux à l'exemple de son maître. Pierre prouva par là qu'il était lui seul vicaire de Jésus-Christ, celui qui devait commander, non pas à un seul, mais à tous les peuples. De même que plusieurs eaux signifient plusieurs disciples, de même, tandis que chacun a sa barque particulière, il vous a été confie un immense vaisseau : c'est l'Eglise universelle répandue sur toute la terre, et composée de toutes les églises particulières.

"

10. Le concile de Florence, dans ses lettres d'union :

" Nous définissons que le Saint-Siège apostolique et le pontife romain a la primauté sur tout l'univers, et que ce même pontife romain est le successeur de saint Pierre prince des apôtres, le véritable vicaire de Jésus-Christ, le chef de toute l'Eglise, le père et le docteur de tous les chrétiens, et que Notre-Seigneur lui a remis dans la personne de saint Pierre le plein pouvoir de paître, de régir et de gouverner l’Eglise universelle, comme le prouvent les actes des conciles œcuméniques et les sacrés canons. "

Question XX

Que contient le onzième article ? Le onzième article contient ces mots : La résurrection de la chair, résurrection qui aura lieu au dernier jour pour les bons et pour les méchants. Car ce corps qui nous porte, maintenant si fragile, si caduc, si sujet aux maladies et à mille infirmités, et qui après la mort sera devenu la proie des vers, redeviendra vivant au dernier jour, lorsque tous les morts, répondant à l'appel de Jésus-Christ notre souverain juge, seront jugés aussitôt que rendus à la vie. Ainsi tous sans exception comparaîtront dans leur propre chair devant le tribunal de Jésus-Christ, pour recevoir chacun le juste prix du bien ou du mal qu'ils auront fait ici-bas. Ceux qui auront fait de bonnes œuvres sortiront des tombeaux pour ressusciter à la vie, et ceux qui en auront fait de mauvaises ressusciteront pour leur condamnation et leur éternel supplice. Armé de cette foi, l'homme vertueux et patient se console dans ses plus cruelles disgrâces, pour pouvoir dire au moment de rendre son dernier soupir : Je sais que mon Rédempteur est vivant, que je ressusciterai de la terre au dernier jour, que je serai encore revêtu de ma peau, et que je verrai mon Dieu dans ma chair (JOB, XIX, 25-26). Ceux-là sont vraiment sages, qui réduisent en servitude, sous les lois de la justice et de la vertu, ces membres formés de p.128 fin p.129 début terre et destinés à la mort, et qui conservent leurs corps purs pur les rendre dignes de la bienheureuse immortalité.

TEMOIGNAGES DE L’ECRITURE.

1. ISAIE, XXVI, 19 : " Ceux que vous aviez fait mourir vivront ; ceux qui étaient tués dans moi ressusciteront. Réveillez-vous de votre sommeil, et chantez les louanges de Dieu, vous qui habitez dans la poussière. "

2. JOB, XIX, 23-27 : " Je sais que mon Rédempteur est vivant, et que je ressusciterai de terre au dernier jour. - Et je serai revêtu de nouveau de ma peau, et je verrai mon Dieu dans ma chair. - Je le verrai moi-même, et non un autre ; et je le contemplerai de mes propres yeux. C'est là l'espérance que j'en ai, et qui reposera toujours dans mon sein. "

3. EZECHIEL, XXXVII, 1-10 : " La main du Seigneur s'étendit sur moi ; et m'ayant mené dehors par l'esprit du Seigneur, elle me laissa au milieu d'une campagne qui était toute pleine d'os. - Elle me mena tout autour de ces os ; il y en avait une très grande quantité qui étaient sur la surface de la terre, et extrêmement secs. - Alors le Seigneur me dit : Fils de l'homme, croyez-vous que ces os puissent revivre ? Je lui répondis : Seigneur Dieu, vous le savez. - Et il me dit : Prophétisez sur ces os, et dites-leur : Ossements arides, écoutez la parole du Seigneur. - Voici ce que le Seigneur Dieu dit à ces os : Je vais mettre en vous un esprit de vie, et vous vivrez. - Je ferai naître des nerfs sur vous ; j’y formerai des chairs, j'étendrai de la peau par-dessus, et je vous donnerai un esprit de vie, et vous vivrez, et vous saurez que c'est moi qui suis le Seigneur. - Je prophétisai donc, comme le Seigneur me l'avait commandé ; et lorsque je prophétisais, on p.129 fin p.130 début entendit un bruit, et aussitôt il se fit un remuement parmi ces os : ils s'approchèrent l'un de l'autre, et chacun se plaça dans sa jointure. - Je vis tout d'un coup que des nerfs se formèrent, des chairs les environnèrent et de la peau s'étendit par-dessus ; mais l'esprit de vie n'y était pas encore. - Alors le Seigneur me dit : Prophétisez à l'instant ; prophétisez, fils de l'homme, et dites à l'esprit : Voici ce que dit le Seigneur Dieu : Esprit, venez des quatre vents, et soufflez sur ces morts, afin qu'ils revivent. - Je prophétisai donc comme le Seigneur me l'avait commandé, et en même temps l’esprit de vie entra dans ces os, ils devinrent vivants et animés, et ils se tinrent tout droits sur leurs pieds, et il s'en forma une grande armée. "

4. I Corinthiens, XV, 51-53 : " Nous ressusciterons tous, mais nous ne serons pas tous changés. - En un moment, en un clin d'œil, au son de la dernière trompette (car la trompette sonnera), et les morts ressusciteront en un état incorruptible, et alors nous serons changés. - Car il faut que ce corps corruptible soit revêtu de l'incorruptibilité, et que ce corps mortel soit revêtu de l'immortalité. "

5. I Thessaloniciens, IV, 16, 17 : " Aussitôt que le signal aura été donné par la voix de l'archange, et par le son de la trompette de Dieu, le Seigneur même descendra du ciel, et ceux qui seront morts en Jésus-Christ ressusciteront les premiers. - Puis nous autres, qui sommes vivants, et qui serons demeurés jusqu'alors, nous serons emportés avec eux dans les nues, pour aller au-devant du Seigneur au milieu de l'air. Et ainsi nous serons pour jamais avec le Seigneur. "

7. JEAN, V, 25, -28, 29 : " En vérité, en vérité, je vous dis que l'heure vient, et qu'elle est déjà venue, où les morts entendront la voix du Fils de Dieu, et ceux qui l'entendront vivront. - Ne vous étonnez pas de ceci ; car le temps viendra où tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront la voix du Fils de Dieu. - Et ceux qui auront fait de bonnes œuvres sortiront pour ressusciter à la vie ; mais ceux qui en auront fait de mauvaises ressusciteront pour leur condamnation. "

8. MATTHIEU, XXII, 23-32 : " Ce jour-là, les sadducéens, qui nient la résurrection, vinrent le trouver, et lui proposèrent cette question : - Maitre, Moïse a ordonné que, si quelqu'un mourait sans enfants, son frère épousât sa femme, et suscitât des enfants p.130 fin p.131 début à son frère. - Or, il s'est rencontré sept frères parmi nous, dont le premier ayant épousé une femme, est mort, et n'en ayant pas eu d'enfants, il l'a laissée à son frère. - Le second de même, et le troisième pareillement jusqu’au septième. - Enfin cette femme est morte aussi après eux tous. - Lors donc que la résurrection arrivera, duquel de ces sept maris sera-t-elle femme, puisque tous l'ont épousée ? - Jésus leur répondit : Vous êtes dans l'erreur, parce que vous ne comprenez ni les Ecritures, ni la puissance de Dieu. - Car, après la résurrection, les hommes n'auront point de femmes, ni les femmes de maris ; mais ils seront comme les anges de Dieu dans le ciel. - Et pour ce qui est de la résurrection des morts, n'avez-vous point lu ces paroles que Dieu vous a dites : - Je suis le Dieu d’Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob ? Or, Dieu n'est pas le Dieu des morts, mais le Dieu des vivants. "

9. DANIEL, XII, 2, 3 : " Et toute cette multitude de ceux qui dorment dans la poussière de la terre se réveilleront, les uns pour la vie éternelle, et les autres pour un opprobre qu'ils auront toujours devant les yeux. - Or, ceux qui auront été instruits brilleront comme les feux du firmament, et ceux qui auront enseigné à plusieurs la voie de la justice, luiront comme des étoiles dans toute l'éternité. "

10. Philippiens, III, 20, 21 : " Mais pour nous, nous vivons déjà dans le ciel, et c'est de là aussi que nous attendons le Sauveur, Notre-Seigneur Jésus-Christ, - qui transformera notre corps, tout vil et abject qu'il est, afin de le rendre conforme à son corps glorieux, par l'action de cette puissance par laquelle il peut s'assujettir toutes choses. "

11. II Corinthiens, V, 10 : " Nous devons tous comparaître devant le tribunal de Jésus-Christ, afin que chacun reçoive ce qui est dû aux bonnes ou aux mauvaises actions qu'il aura faites pendant qu'il était revêtu de son corps. "

12. Romains, XIV, 10, 12 : " Nous comparaîtrons tous devant le tribunal de Jésus-Christ et chacun de nous rendra compte à Dieu de soi-même. "

13. MATTHIEU, XIII, 30, 40-43 ; 47, 50 : " Au temps de la moisson, je dirai aux moissonneurs : Arrachez premièrement l'ivraie, et la liez en bottes pour la brûler, puis amassez mon blé dans mon grenier. - Comme donc on ramasse l’ivraie et qu'on la brûle dans le feu, il en sera de même à la fin du monde. - Le Fils de l’Homme enverra ses anges, qui amasseront et en- p.131 fin p.132 début lèveront hors de son royaume les scandales et ceux qui commettent l'iniquité. - Et ils les jetteront dans la fournaise de feu : c'est là qu'il y aura des pleurs et des grincements de dents. - Alors les justes brilleront comme le soleil dans le royaume de leur père - Le royaume des cieux. est semblable à un filet jeté dans la mer, qui prend toutes sortes de poissons. - Lorsqu'il est plein, les pêcheurs le tirent sur le bord, où s'étant assis, ils mettent ensemble tous les bons dans des vaisseaux, et ils jettent dehors tous les mauvais. - Il en sera de même à la fin du monde : les anges viendront, et ils sépareront les méchants du milieu des justes. - Ils les jetteront ensuite dans la fournaise de feu ; c'est là qu'il y aura des pleurs et des grincements de dents. "

17. I PIERRE, III, 18 : " Le Juste est mort pour les injustes, afin de nous offrir à Dieu, étant mort en sa chair, mais en même temps vivifié par l'esprit. "

18. I Corinthiens, IX, 27 : " Je châtie mon corps et le réduis en servitude, de peur qu'après avoir prêché aux autres, je ne devienne moi-même réprouvé. "

19. Romains, VI, 12, 13, 19 : " Que le péché ne règne donc point dans votre corps mortel, en sorte que vous obéissiez à ses désirs déréglés ; - Et n'abandonnez point au péché les membres de votre corps pour servir d'instruments d'iniquité ; mais donnez-vous à Dieu comme vivants, de morts que vous étiez, et consacrez-lui les membres de votre corps pour servir d'instruments de justice. - Comme vous avez fait servir les membres de votre corps à l'impureté et à l'injustice, pour commettre l'iniquité, faites-les maintenant servir à la justice pour votre sanctification. "

20. I Corinthiens, XV, 42-44 : " Le corps maintenant, comme une semence, est mis en terre plein de corruption, et il ressuscitera incorruptible. - Il est mis en terre tout difforme, et il ressuscitera tout glorieux ; il est mis en terre privé de mouvement, et il ressuscitera plein de vigueur. - Il est mis en terre corps animal, et il ressuscitera corps spirituel. " p.132 fin p.133 début TEMOIGNAGES DE LA TRADITION.

152 : " Vous demandez en quel sens ont été dites, et comment doivent être lues ces paroles de la première épître aux Corinthiens : Nous dormirons tous, mais nous ne serons pas tous changés. Ou bien faut-il lire, comme le portent quelques exemplaires : Nous ne dormirons pas tous, mais nous serons tous changés ? Ces deux leçons se trouvent l'une et l'autre dans le grec. " Saint Jérôme rapporte les explications et les sentiments des anciens sur ce sujet ; puis il ajoute : " Didyme, s'attachant aux pas d’Origène, suit une marche toute contraire. Voici un mystère que je m'en vais vous dire : nous mourrons tous, mais nous ne serons pas tous changés. Ce qu'il explique ainsi : Si la résurrection n'avait pas besoin d'interprètes, il n'y aurait pas d'obscurité dans le sens de la phrase, et après tout ce qu'il a dit de la résurrection, Paul n'aurait pas ajouté : Voici un mystère que je m'en vais vous dire : Nous dormirons tous, c'est-à-dire nous mourrons tous ; mais nous ne serons pas tous changés, parce qu'il n'y aura que les saints à l'être. Je sais qu'il est écrit dans quelques exemplaires : Nous ne dormirons pas tous, mais nous serons tous changés. Mais il faut examiner si avec ces paroles, nous serons tous changés, on peut faire s'accorder celles qui suivent : Les morts ressusciteront dans un état incorruptible, et nous serons changés. Car si tous doivent être changés, et que cela soit commun aux uns et aux autres, il était inutile de dire, et nous serons changés. Il faut donc lire ainsi : Nous dormirons tous, mais nous ne serons pas tous changés. Car si tous meurent en Adam, et que la mort soit un sommeil, il est donc vrai que nous dormirons tous, puisque nous mourrons tous. Or, d'après la manière de s'exprimer des Ecritures, celui-là dort, qui meurt avec l’espérance de ressusciter un jour. Et quiconque ne fait que dormir se réveillera certainement, à moins peut-être qu'il ne soit frappé de mort subite, et qu'il ne joigne ainsi la mort au sommeil. Et lorsque tous se seront ainsi endormis conformément aux lois de la nature, les saints, mais les saints tout seuls, seront changés en mieux et quant au corps et quant à l'âme ; de sorte que tous il est vrai, seront incorruptibles, mais il n'y aura que les saints qui seront glorifiés, et à proprement parler, changés.

" Un peu plus loin, saint Jérôme rapporte l'explication d'Acace, évêque de Césarée, que voici : " Parlons d'abord de ce qui se trouve dans la plupart des exemplaires : " Voici un mystère que je m'en vais p.133 fin p.134 début vous rapporter : Nous dormirons tous, mais nous ne serons pas tous changés. Le sommeil signifie ici la mort, telle qu'elle est commune à tout le monde. L'Apôtre a donc eu grandement raison de dire que nous dormirons tous, c'est-a-dire que nous mourrons tous, comme il avait dit plus haut : De même que tous meurent en Adam, tous seront vivifiés en Jésus-Christ. Puis donc que nous devons tous mourir, retenez bien le mystère que je m'en vais vous rapporter : c'est que nous mourrons tous, mais que nous ne serons pas tous changés. Ce changement que saint Paul et tous les saints éprouveront un jour, c'est leur glorification. L’incorruptibilité sera commune à tous, l'état des pécheurs se devant être d'autant plus déplorable, que leurs tourments dureront toujours ; ce qui n'aurait pas lieu si leurs corps étaient mortels et corruptibles. Nous lisons dans la même épître que, selon la doctrine de l'Apôtre, la différence entre les corps ressuscités ne consistera pas dans une différence de nature, mais dans une différence de gloire, les uns ressuscitant pour des supplices éternels, les autres pour une gloire éternelle.

Car autre est la chair des bêtes, autre celle des oiseaux, autre celle des poissons ; il y a aussi des corps célestes et des corps terrestres. Il en sera de même, ajoute-t-il, dans la résurrection des morts. C’est là le sens le plus suivi dans l’Eglise, savoir que nous mourrons tous d'une commune mort, mais que nous ne serons pas tous changés dans un état glorieux, suivant cette parole du prophète Daniel, que ceux. qui dorment dans la poussière ressusciteront les uns pour une gloire éternelle, les autres pour une confusion et un opprobre éternels. Car ceux. qui ressusciteront pour une confusion et un opprobre éternels, ne ressusciteront pas pour la gloire éternelle dans laquelle, par un merveilleux changement, entreront Paul et les autres saints. " Saint Jérôme conclut en ces termes : " Je finis par ce simple avis : ce qui se lit dans les exemplaires latins, nous ressusciteront tous, mais nous ne serons pas tous changés, ne se trouve pas dans les exemplaires grecs ; mais on lit dans ces derniers, ou bien : Nous dormirons tous, mais nous ne serons pas tous changés, ou bien : Nous ne dormirons pas tous, mais nous serons tous changés. Nous avons expliqué plus haut le sens de ces paroles. "

2. Le même, ad Pammachium adv. errores Joannis

Hierosolymitani, Epist. 61, c. 9 : " Jean de Jérusalem, s'attachant au sentiment d'Origène, confessait, il est vrai, la résurrection future des corps, mais non de la même chair ni des mêmes membres. Croyez-moi, lui répondit saint Jérôme, il n'y a pas de franchise p.134 fin p.135 début dans votre réserve, lorsque, pour jeter de la poussière aux yeux des ignorants dans l'exposition que vous faites de votre croyance, vous nommez le corps jusqu’à neuf fois, sans nommer une seule fois la chair. Car le corps et la chair ne sont pas absolument synonymes. Toute chair est corps, mais tout corps n'est pas chair. La chair est à proprement parler ce qui est resserré entre le sang, les veines, les os et les nerfs. Le corps, quoiqu'il puisse être chair aussi, peut n'être que de l'air imperceptible au toucher et à la vue, comme il peut être également visible et tangible. Dans le symbole de notre foi et de notre espérance, tel qu'il nous vient des apôtres, qui l'ont écrit non sur le papier et avec de l'encre, mais sur des tablettes de chair qui sont nos cœurs, après avoir confessé la Trinité et l'unité de l’Eglise, tout l'ensemble des dogmes chrétiens se conclut par ces paroles : la résurrection de la chair. Et vous, vous ne faites mention que du corps, et puis du corps, et toujours du corps, sans nommer une seule fois la chair, que les apôtres ont nommé seule, sans nommer une seule fois le corps. " Ibidem, c. 10, en rapportant les paroles de Job, je me revêtirai encore de ma peau, il demande à son adversaire : Est-il ici question de corps aérien, d'air, ou d'éther ou d'autre chose semblable ? Assurément la peau et la chair, les os, les nerfs, le sang et les veines, dénotent bien ce qui constitue ou ce qui suppose la chair, et même la différence des sexes. Je verrai Dieu dans ma chair, dit Job. Lorsque toute chair verra le salut envoyé de Dieu, c'est-à-dire le Seigneur Jésus, alors je verrai mon Rédempteur, mon Sauveur et mon Dieu ; je le verrai dans cette chair qui cause maintenant mon tourment, et dont les douleurs que je souffre mettent en mouvement toutes les humeurs. Je le verrai, moi-même, et non un autre, etc. Si ce n'est pas avec son propre sexe qu'il ressuscitera, si ce n'est pas avec ces mêmes membres qu'il étend maintenant sur le fumier, si ce ne sont pas les mêmes yeux avec lesquels il verra Dieu, où donc Job sera-t-il ? " Ibidem, c. 11 : " Je parlerai avec franchise, je confesserai sans détour la foi de l’Eglise. La vérité catholique de la résurrection ne saurait se comprendre, si l'on ne suppose de la chair et des os, du sang et des membres. Là où il y a de la chair, des os, du sang et des membres, il y a par une conséquence nécessaire une diversité de sexe ; et là où il y a diversité de sexe ; Jean reste Jean, et Marie reste Marie. Voilà ce que mon gros bon sens me dit, tout en comprenant fort bien que la différence des sexes n'entraîne pas nécessairement avec elle les opérations des sexes ; que ce sont des hommes p.135 fin p.136 début qui ressuscitent, mais qui mènent désormais une vie semblable à celle des anges. Et qu'on ne regarde pas comme superflue la résurrection de membres qui n'auront point à remplir leur office, puisque même dès cette vie nous nous étudions à ne point en faire les œuvres. . . . . Pourquoi calomnier la puissance de Dieu ? Celui qui peut d’une matière fétide faire sortir non-seulement de la chair, mais un corps tout entier, changer de l'eau insipide en un vin généreux, une autre substance en une autre substance, peut certainement, avec la même puissance avec laquelle il a fait tout de rien, rendre à la vie ce qui l’a autrefois reçue ; car il est bien plus facile de rétablir ce qui a été, que de faire ce qui n'a pas encore été.

Vous étonnez-vous que des enfants ou des vieillards ressuscitent hommes faits, après que le premier homme, sans passer par le premier âge, a été créé homme fait, et tiré dans cet état du limon de la terre ? " Ibidem : c. 12 : "

Si je voulais prouver la résurrection de la chair et de tous nos membres, et joindre des commentaires à chaque témoignage, j'aurais besoin de plusieurs livres. " Il rapporte ensuite plusieurs passages de l’Ecriture qui viennent à l'appui de son sentiment.

3. S. GREGOIRE, Moralium, lib. XIV, c. 50 (al.

18) : " Qu'est-ce que le monde représente dans ses éléments, si ce n'est notre résurrection ? Tous les jours la lumière du soleil meurt pour nous, lorsqu'elle fait place aux ténèbres de la nuit ; et tous les jours aussi elle semble ressusciter, lorsqu'elle reparaît et que les ténèbres sont dissipées.

Nous voyons encore, suivant les saisons, les arbres se dépouiller de leur verdure, perdre leurs feuilles, cesser de produire des fruits ; et tout-a-coup nous voyons, d'un bois aride, des feuilles sortir comme par une espèce de résurrection, des fruits grossir, et l'arbre entier se revêtir de verdeur et de force. Tous les jours nous voyons des grains presque imperceptibles qui, confiés à la terre, produisent bientôt de grands arbustes chargés de feuilles et de fruits. Qu'y a-t-il donc d'étonnant, si celui qui fait sortir, comme de nouveau, de très grands arbres de très petites semences, refait aussi quand il lui plaît le corps humain avec de la poussière, réduite elle-même à ses parties les plus élémentaires et les plus imperceptibles ? Comme donc nous avons été créés raisonnables, nous devons nous servir de ces objets, dont le phénomène se produit sous nos yeux, pour appuyer notre espérance par rapport à notre résurrection future. Mais comme notre raison, affaiblie par le péchée, ne nous parlait plus elle-même un langage assez fort, la grâce de notre divin p.136 fin p.137 début Rédempteur est venue encore à notre aide.

Celui-là même qui nous avait créés a pris notre nature, a accepté la mort, et puis il nous a montré dans sa résurrection l’exemple de la nôtre à venir, afin que, si nous refusons d'en croire là-dessus notre raison, nous en croyions du moins le témoignage de notre foi. Que celui dont l'imagination recule devant la possibilité d'une résurrection, rougisse de lui-même, en se rappelant les paroles de ce fidèle des temps anciens (Job), vivant au sein de la gentilité, et qu'il considère de quel châtiment il se rendrait digne, s'il doutait encore de sa résurrection future, après s'être convaincu de celle de Jésus-Christ accomplie depuis longtemps, tandis que Job a cru à la sienne, lorsqu'il ne pouvait encore qu'espérer celle du divin rédempteur. "

4. Ibidem, c. 31 : " Dans la gloire de cette résurrection, le corps deviendra subtil par la vertu spirituelle qui sera en lui, en même temps qu'il restera palpable par l'effet de sa propre nature. Notre chair, tout en gardant la nature qui lui est propre, n'aura plus les passions qui la tourmentent, parce que, comme elle aura vaincu l'aiguillon de la mort, rien n'altérera désormais sa pureté. "

5. Ibidem, c. 33 : " Si après sa résurrection le corps n'était plus palpable, ce ne serait plus le même corps qu'avant de mourir ; mais ce serait un crime de croire que celui qui meurt n'est pas celui-là même qui ressuscitera. "

6. S. AUGUSTIN, Enchirid. ad Laurentium, c. 84

: " Un chrétien ne doit avoir aucun doute sur la future résurrection selon la chair de tous les hommes nés ou à naître, de tous les hommes déjà morts ou qui doivent mourir. "

7. Ibidem, c. 85 et 86, le saint docteur entre en discussion au sujet de la résurrection des avortons, et examine si elle aura lieu aussi.

8. Il dit donc, c. 86 : " Du moment où l'on commence à vivre, de ce moment là même on est sujet à mourir. Or, je ne trouve nulle part le moyen d'excepter de la loi de la résurrection générale celui qui est mort une fois. "

9. Il ajoute, c. 87, au sujet des enfants monstres : "

Les monstres qui parviennent à la vie, quelque prompte que soit leur mort, n'en ressusciteront pas moins ; et on ne voudra pas croire, sans doute, qu'ils ressuscitent à l'état de monstres, mais ils ressusciteront plutôt affranchis de cette difformité native qui déparait leur nature. "

10. Ibidem, c. 88 : " Bien de toute cette matière terrestre dont p.137 fin p.138 début se compose le corps de l'homme, ne périt devant Dieu ; mais en quelque poussière, en quelque cendre qu'elles se réduisent, en quelque vapeur, en quelque partie d'air ou d'éther qu'elle se transforme, en quelque autre substance corporelle ou élément de substance qu'elle se transmute, quand même elle serait devenue l'aliment d'un animal, ou même d'un autre homme, elle sera, dans le temps marqué, réunie à cette même âme qui l'avait animée depuis le moment de sa formation jusqu’à celui de sa décomposition ou de la mort. " Saint Augustin a traité cette même matière plus au long dans son vingt-deuxième livre de la Cité de Dieu, comme on va le voir un peu plus bas.

11. Ibidem, 90 : " Là il n'y aura rien qui ne convienne pas ; mais tout individu qui ressuscitera, ressuscitera dans un état convenable, puisque, s'il ne devait pas ressusciter ainsi, il ne ressusciterait pas du tout. "

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