Grand Catéchisme (Somme de doctrine chrétienne) (page 156)
1. Sagesse, VIII, 5-7 : " Si ce sont les richesses qu'on désire en cette vie, qu'y a-t-il de plus riche que la sagesse qui fait toutes choses ? - Si c'est à quelque ouvrage que s'applique l'esprit de l'homme, qui plus que la sagesse est habile dans ses œuvres ? - Et si c'est la justice que l'on aime, les grandes vertus sont encore son ouvrage ; car c'est elle qui enseigne la tempérance, la prudence, la justice et la force, qui sont les choses du monde les plus utiles aux hommes dans cette vie. "
2. Proverbes, VIII, 12-16, 22-30 : " Moi, la sagesse, j'habite dans le conseil, et je me trouve présente dans les pensées judicieuses. - Celui qui craint le Seigneur hait le mal ; je déteste l'insolence et l'orgueil, la voie oblique et la duplicité du langage. - C'est de moi que viennent le conseil et l'équité ; c'est de moi que viennent la prudence et la force. - Par moi les rois règnent ; par moi les législateurs décrètent ce qui est juste. - Par moi les princes commandent ; par moi les maîtres de la terre rendent la justice. - Le Seigneur m'a possédée au commencement de ses voies ; avant qu'il créât aucune chose, j'étais dés-lors. - J'ai été établie dés l'éternité et dès le commencement, avant que la terre fût créé. - Les abîmes n'étaient point encore, et déjà j'étais conçue. - Les fontaines n'étaient point sorties de la terre ; - les pesantes masses des montagnes n'étaient pas encore assises ; avant qu'il y eût des collines, j'étais enfantée. - (Le Seigneur) n'avait point encore fait la terre ni les fleuves, ni affermi le monde sur ses pôles ; il s'occupait de l'ordre à établir dans les cieux, que déjà j'assistais à ses conseils. Lorsqu'il traçait aux abimes leurs limites comme un cercle infranchissable, - lorsqu'il mettait les nuées en équilibre dans les régions intérieures de l'air, et qu'il condensait les eaux de l'Océan, etc., - j'étais avec lui, et je réglais toutes choses. "
3. Ecclésiastique, XXIV, 5-10, 14, 24-25
: " Je suis sortie de la bouche du Très-Haut ; je suis née avant toute créature. - p.184 fin p.185 début C'est moi qui ai fait naître dans le ciel une lumière qui ne s'éteindra jamais, et qui ai couvert toute la terre comme d'un nuage. - J'ai fixé ma tente au plus haut des cieux, et mon trône est dans une colonne de nuée. - Seule j'ai parcouru le cercle des cieux, j'ai pénétré la profondeur des abîmes, j'ai marché sur les flots de la mer, - et j'ai parcouru toute la terre, - j'ai eu 'empire sur tous les peuples et sur toutes les nations. - J'ai été créée dès le commencement et avant les siècles ; je ne cesserai point d'être dans la suite de tous les âges, et j'ai exercé devant lui mon ministère dans la maison sainte. - Je suis la mère du pur amour, de la crainte, de la science et de l'espérance même - En moi est toute la grâce de la voie et de la vérité ; en moi toute l'espérance de la vie et de la vertu. "
TEMOIGNAGES DE LA TRADITION.
1. S. AMBROISE, in caput VI Lucæ : " Saint
Luc n'a exprimé que quatre des béatitudes célébrées par Notre-Seigneur ; saint Matthieu en a compté huit ; mais dans ces huit sont renfermées les quatre mentionnées par l'autre évangéliste, et ces quatre elles-mêmes renferment les huit entières. Le premier semble avoir fait allusion aux quatre vertus cardinales ; le second a pu attacher au nombre de huit quelque sens mystérieux. Car beaucoup de psaumes ont pour titre ces mots, pro octavâ, et l'Esprit-Saint vous avertit de faire part de ce que vous avez à huit (Ecclé., XI, 2) : n'est-ce point ces huit bénédictions ? Car, de même que ce nombre huit figures l'accomplissement de nos espérances ainsi est-il l'expression abrégé de toutes les vertus. . . . . "
" Essayons maintenant de dire comment saint Luc a compris dans ses quatre béatitudes les huit de l'autre évangéliste. Nous savons qu'il y a quatre vertus cardinales, savoir : la tempérance, la justice, la prudence et la force. Celui qui est pauvre d'esprit ne saurait être avare. Celui qui est dans les larmes ne s'enorgueillit pas, mais il est doux et paisible. Celui qui pleure est humilié. Celui qui est juste ne refuse à personne ce qui a été donné pour servir à tout le monde. Celui qui fait miséricorde donne de son propre bien. Celui qui donne ce qu'il a ne cherche point à usurper le bien d'autrui, ni à tromper en quoi que ce soit son prochain. Toutes ces vertus ont donc comme des liens qui les rattachent les unes aux autres, en sorte qu'il suffit d'en p.185 fin p.186 début posséder une pour paraître en posséder plusieurs : et ainsi c'est une seule et même vertu qui fait les saints, quoique, parmi eux ; celui-là ait droit à une récompense plus abondante, dont la vertu est elle-même plus abondante en mérites. Quelles habitudes d'hospitalité dans Abraham! quelle humilité, quelle sainteté, pour sauver d'entre les mains de l'ennemi le fils de son frère ! Quel désintéressement, pour ne vouloir rien garder du butin qu'il s'était acquis ! Mais comme il a excellé par sa foi, c'est sa foi aussi qui est le plus célébrée.
Chacun pourra donc avoir droit à plusieurs récompenses, comme ayant donné l'exemple de plusieurs vertus. Mais ce qui sera récompense le plus, ce sera la vertu dans laquelle on aura excellé. Heureux donc les pauvres d'esprit. Sous ces paroles vous est recommandée la tempérance, qui s'abstient du péché, foule aux pieds le monde, et dédaigne les plaisirs séducteurs. Heureux ceux qui ont faim et soif. Car celui qui a faim compatit à celui qui a faim ; s'il compatit à son besoin, il s'applique à le soulager ; en le soulageant, il accomplit le devoir de la justice, puisque le Prophète vous assure que sa justice demeure dans tous les siècles (Ps. CXI, 9). De là vient que dans saint Matthieu il est question d'une faim et d'une soif spirituelle, qui nous font désirer l'aliment et l'eau désaltérante de la justice : vertu qui est comme la matière des autres, puisqu'elle porte celui qui la possède à ne point dominer sur ses inférieurs, à s'interdire toute duplicité, à rechercher la vérité en tout. Heureux vous qui pleurez maintenant, parce que vous rirez un jour. Par ces paroles nous est signifiée la prudence, dont le propre est de gémir sur tout ce qui est périssable, de rechercher les biens éternels, de déplorer les vanités du siècle, qui sont à elles-mêmes leur tourment, de chercher le Dieu de paix, qui a fait choix de ce qu'il y a d'insensé aux yeux du monde pour confondre les sages, et de ce qui n'est pas pour détruire ce qui est (Il y a dans le texte : Qui ea quæ non sunt destruat, ut quæ sunt posit adipisci. Ce texte me semble altéré, car il ne paraît présenter aucun sens raisonnable). Vous serez heureux, lorsque les hommes vous haïront. Ces paroles nous désignent la force, non celle qui s'attire par ses excès une haine justement méritée, mais celle qui brave la persécution pour rester fidèle. Car c'est en dédaignant la faveur des hommes pour se conserver dans la grâce de Dieu, qu'on parvient à la couronne du martyre. Enfin, pour vous convaincre p.186 fin p.187 début que le martyre est la vertu même de force à son plus haut degré, l’Evangile ajoute : C'est ainsi que leurs pères traitaient les prophètes (LUC, VI, 23) ; car on sait que les Juifs ont persécuté les prophètes jusqu'au point de les faire mourir. C'est aussi un des caractères de la force de réprimer sa colère et de retenir son indignation ; et ainsi cette vertu affecte l’âme aussi bien que le corps. De plus, elle nous empêche de nous laisser troubler par la crainte ou par la douleur, qui ont coutume d'ébranler notre courage en nous portant à la défiance. Ainsi donc la tempérance nous est désignée par la pureté du cœur, la justice par la miséricorde, la prudence par l'esprit de paix, et la force par la douceur. "
2. Le même, Lib. I officiorum, c. 24 : "
Quelle vertu importante manqua à aucun de ces grands hommes (Abraham, Jacob, Joseph, David) ? Ils mettaient à la tête de toutes les autres la prudence, qui s'attache à la recherche de la vérité et nous inspire le désir d'en acquérir une connaissance de plus en plus parfaite ; après elle venait la justice, qui donne à chacun ce qui lui est dût et néglige ses propres intérêts plutôt que de nuire à ceux des autres ; puis la force, qui, dans la paix comme dans la guerre, se signale par la grandeur d'âme et par la vigueur dans l'action ; enfin la tempérance, qui met l'ordre et la mesure dans toutes nos actions, dans tous nos discours (Cf. Chefs-d’œuvre des Pères de l’Eglise, t. VI, p.192-193). "
3. S. PROSPER, De vitâ contemplativâ, c. 18 : " Voyons maintenant si les philosophes sont fondés à compter quatre vertus comme sources de toutes les autres, et quatre vices principaux dont tous les autres tirent également leur origine. Les quatre principales vertus ne sont pas admises par les philosophes seuls ; elles sont en outre reconnues par nos propres docteurs. Mais pourquoi ce nombre de quatre, et quelles sont les fonctions propres à chacune ? C'est ce que nous allons éclaircir en peu de mots avec l'aide de Dieu. Le nombre quatre est, comme tout le monde le sait, le symbole de la perfection. Car le monde entier est partagé entre quatre points principaux, qui sont l'orient, l'occident, le nord et le midi ; et le nom même d'Adam, père du genre humain, nom qui signifie aussi l'homme considéré dans sa généralité, ce nom se compose de quatre lettres. Notre corps même résulte de la combinaison des quatre éléments et exprime ainsi à sa manière ce même nombre de quatre. Les anciens ont p.187 fin p.188 début de même trouvé qu'il y a quatre principales affections de l’âme, que nous pouvons tourner soit au mal, soit au bien, et cette observation qu'ils ont faite a été admise par ceux qui sont venus après eux. Les quatre fleuves du paradis, les quatre évangiles, les quatre roues du char que voyait le Prophète, les quatre animaux, leurs quatre ailes, leurs quatre faces, recommandent pareillement le nombre quatre à notre attention ; et ainsi nous devons considérer attentivement quelle sainteté doivent donner au chrétien, de combien de vertus doivent être la source, ces vertus dont leur nombre même indique la perfection. Car si la tempérance fait l'homme tempérant, la prudence l'homme prudent, la justice l'homme juste, et la force l'homme fort, je ne sais ce qu'il peut y avoir de plus parfait qu'un homme qui réunirait en lui ces quatre vertus à la fois. Il nous est certes difficile d'indiquer toués les vertus qui découlent de ces quatre principales ; on verra plutôt quelles sont ces vertus secondaires, d'après le tableau que nous aurons fait des propriétés et des actes particuliers de celles dont elles dérivent. Sachons cependant ; et retenons avant tout, que ces quatre vertus, avec toutes les autres qui en naissent, sont des dons de Dieu, et que personne n'en possède ou n'en a possédé, ou n'en possèdera jamais aucune, qu'il n'ait reçu de Dieu, qui en est la source en même temps que l'essence (Il y a dans le texte : Qui est omnium virtutum proprietas et origo. Ces expressions pourraient prêter aujourd'hui à un sens panthéiste qui n'était pas sans doute celui de l'auteur) ; car tous ceux qui, en tout temps, dans quelque peuple que ce soit, ont cru en Dieu et vécu de la vie de la foi, n'ont pu être que par un don de Dieu tempérants et prudents, justes et forts. Quant aux autres qui, ignorant Dieu ou le blasphémant, ont vécu dans l’infidélité, nous devons croire qu'ils n'ont pu recevoir de Dieu, ni posséder par conséquent aucune de ces vertus (Ceci ne doit pas s'entendre en ce sens que toutes leurs actions aient été des péchés, proposition condamnée dans Baïus, prop, 25. Et puis, la question est de savoir si leur ignorance a été complète). "
4. S. GREGOIRE-LE-GRAND, Moralium in Job, lib. II, c. 36 (al. 28), dit en parlant du calme de la conscience : " La solidité de cette maison (la maison de notre âme représentée par celle du fils aîné de Job) repose sur ses quatre angles, qui sont les quatre vertus de prudence, de tempérance, de force et de justice. Cette maison repose, dis-je, sur quatre coins, parce que p.188 fin p.189 début bonnes œuvres quelles qu'elles soient, s'appuient sur ces quatre vertus. Il y avait de même autrefois quatre grands fleuves qui arrosaient le paradis terrestre (Gen., II, 10), parce que l’âme ; qui est comme rafraîchie par ces quatre vertus, n'est plus brûlée des ardeurs des désirs charnels. "
" Mais il arrive quelquefois que la paresse venant à occuper notre esprit, la prudence devienne languissante ; car du moment où l'esprit s'endort dans la négligence, il est incapable de prédire ce qui peut arriver. D'autres fois, le plaisir ou la volupté venant à s'y insinuer, la tempérance s'affaiblit : car plus nous nous laissons séduire par les charmes des biens présents, plus il nous est difficile de nous abstenir des choses défendues. Quelquefois la crainte s'empare tellement du cœur qu'elle en paralyse tous les mouvements ; et nous nous trouvons d'autant plus faibles contre l'adversité, que nous sommes davantage dominés par la crainte de perdre ce que nous aimons. D'autres fois enfin un amour immodéré de nous-mêmes dominant en nous tout autre sentiment, nous porte à nous écarter des droites voies de la justice, puisque c'est être injuste envers l'auteur de notre être, que de ne pas nous donner tout entiers à lui. Ainsi est-il vrai qu'un vent furieux ébranle les quatre coins de la maison, lorsqu'une forte tentation fait crouler, pour ainsi dire, ces quatre vertus en les ébranlant en secret ; et les angles une fois ébranlés, sa maison tombe en ruines, parce que nos vertus étant affaiblies, notre conscience se trouve aussitôt en désordre. "
" Or, les enfants de Job font leur festin entre les quatre angles de la maison, parce que, quand l'édifice de la sainteté est élevé en nous par ces quatre vertus principales, les autres vertus, qui sont comme nos enfants spirituels, trouvent en nous leur aliment, ou pour mieux dire, s’alimentent réciproquement elles-mêmes. Car la grâce du Saint- Esprit, qui forme premièrement notre âme par la prudence, la tempérance, la force et la justice, la fortifie ensuite par sept autres vertus contre autant de tentations qui lui font la guerre. Ainsi l'Esprit-Saint lui donne la sagesse pour la prémunir contre la folie ; l'intelligence contre la stupidité ; le conseil contre l'irréflexion ; le courage contre la timidité ; la science contre l'ignorance ; la piété contre la dureté de cœur, et la crainte de Dieu contre l’orgueil (Cf. Les Morales de saint Grégoire, t. Ier, p. 193-195). "
5. S. AMBROISE, Lib. III de virginibus : " Suivant les sages de p.189 fin p.190 début la Grèce, quatre qualités se trouvent réunies dans tout homme doué de sagesse, savoir : ?? ??????????, ?? ???????, ?? ?????????, ?? ?????????? ; ce qui revient à la prudence, à la force, à la tempérance et à la justice des Latins. La prudence est proprement la vertu de la raison. La force renferme l'intrépidité et le mépris de la mort. La tempérance dédaigne les voluptés dont le corps est l'instrument, par le saint motif de la charité, ou pour se mettre en état de contempler sans distraction les mystères de la foi. La justice, placée pour ainsi dire sur un tribunal élevé, voit et observe tout : destinée à vivre pour les autres plutôt que pour elle-même, elle cherche moins ses propres intérêts que le bien général de la société. "
6. Le même, Des devoirs des ministres sacrés, liv. II, c. 9 : " La sagesse et la justice ne font donc qu'une même vertu ; mais on leur donne communément différents noms, suivant leurs différents emplois. La tempérance consiste dans le mépris des plaisirs ; le courage, dans la force que l'on montre à supporter les dangers et les fatigues ; la prudence, dans le choix de ce qui est bon, et dans le discernement à faire entre ce qui est utile et ce qui est nuisible ; la justice, respecter les droits des autres, comme à défendre les nôtres propres, à maintenir chacun en possession de ce qui lui appartient. Pour nous conformer donc à cet usage, nous diviserons, nous aussi, toutes les vertus en ces quatre principales (Cf. Chefs-d'œuvre des Pères de l’Eglise, etc., t. VI, p. 310-311). "
7. S. AUGUSTIN, Lib. I retractationum, c. 7 : "
Les textes les plus corrects portent : Sobrietatem enim et sapientiam docet, et justitiam et virtutem (Sag., VIII, 7). Car c'est par ces quatre mots que l’interprète latin a rendu les noms des quatre vertus si souvent mentionnées dans les écrits des philosophes, savoir la vertu de tempérance par le mot sobrietatem ; la prudence par sapientiam ; la force par virtutem ; et la justice enfin pas son nom identique justitiam. Or nous trouvons dans le texte grec ces quatre vertus exprimées précisément par les noms sous lesquels on a coutume de les désigner dans cette langue. "
8. S. AMBROISE, Lib. I officiorum, c. 25 : " De ces quatre vertus naissent tous les différents devoirs. " p.190 fin p.191 début
Question II
Comment peut-on définir les quatre vertus cardinales ? La prudence est la vertu qui prescrit à l'homme ce qu'il doit rechercher comme honnête, ou ce qu'il doit éviter comme ne l'étant pas. La justice est celle qui consiste à rendre à chacun ce qui lui appartient. La tempérance est la vertu modératrice des plaisirs charnels, dont les moyens les plus habituels sont le goût et le toucher. La force est la vertu qui fait entreprendre avec courage et supporter avec constance les travaux les plus pénibles au mépris même de la mort. Ce sont là les quatre roues du char mystique qui doit nous porter au ciel, ce sont là les quatre fleuves du paradis, comme les appelle saint Augustin, qui a dit encore ces paroles mémorables : " La science des choses humaines embrasse, et les moyens industrieux de la prudence, et les chastes précautions de la tempérance et les résolutions magnanimes de la force, et les saintes lois de la justice. Car ce sont là les choses que nous pouvons vraiment appeler des choses à nous, et qui n'ont rien à craindre des vicissitudes de la fortune. "
TEMOIGNAGES DE L’ECRITURE.
1. Genèse, II, 10-14 : " Dans ce lieu de délices coulait un fleuve qui arrosait le jardin et se divisait en quatre canaux. - L'un s'appelle Phison, et c'est celui qui coule autour du pays d'Hévilath, où l'on trouve de l'or. - Et l'or de cette terre est de la meilleure qualité ; c'est là aussi que se trouvent le bdellion et la pierre d'onyx. - Le second fleuve s'appelle Géhon, et c'est celui qui coule tout autour du pays de Chus. - Le troisième fleuve s'appelle le Tygre, qui a son cours du côté de l'Assyrie ; et le quatrième fleuve est l'Euphrate. " p.192 fin p.193 début TEMOIGNAGES DE LA TRADITION.
1. S. AUGUSTIN, Lib. I de libro arbitrio, c. 13
: " Etudions maintenant ce que c'est que la prudence : ne vous semble-t-elle pas être la science de ce qu'on doit rechercher et de ce qu'on doit éviter ? - Evode. Cela me semble ainsi. - Augustin. Qu'est-ce que la force ? N'est-ce pas un sentiment de l'âme qui nous fait mépriser tous les maux et toutes les pertes qu'il n'est pas en notre pouvoir d'éviter ? - Evode. C'est bien là ce que je pense. - Augustin. La tempérance n'est-elle pas un sentiment qui arrête et réprime en nous le désir des choses qu'il est honteux de désirer ? Ne le pensez-vous pas de même ? - Evode. Je le pense comme vous. - Augustin. Et que dirons-nous de la justice ? N'est-elle pas cette vertu qui fait qu'on attribue à chacun ce qui lui appartient ? - Evode. Je n'en ai point d'autre idée (Cf. Deux traités de saint Augustin, les livres de l'ordre et les livres du libre arbitre, p. 48-49). "
2. Le même, Lib. de moribus Ecclesiæ catholicæ, c. 13 : " Que si la vertu nous conduit à la vie heureuse, je ne puis la définir autrement qu'en rappelant l'amour de Dieu par-dessus tout. Car la distinction que l'on fait de quatre principales vertus différentes a pour fondement, à mon avis, quatre principaux mouvements de cet amour. Si donc on me demande la définition de ces quatre vertus, que je voudrais voir aussi bien dans les cœur que les noms en sont dans toutes les bouches, je ne craindrai point de dire par manière de définition que la tempérance est l'amour qui s'applique à se conserver pur pour ce qu'on aime ; que la force est l'amour qui souffre tout volontiers pour l'objet aimé, que la justice est l'amour qui s'attache uniquement au service de l'objet aimé et qui par-là même exerce un équitable empire ; que la prudence enfin est l'amour qui discerne avec sagacité ce qui peut aider ou empêcher son action. Mais par cet amour, comme nous l'avons déjà dit, nous entendons non celui des choses créées quelles qu'elles soient, mais l'amour de Dieu, c'est-à-dire du souverain bien, de la souveraine sagesse et de la souveraine paix. Nous pouvons donc définir encore ces quatre vertus en disant que la tempérance est l'amour qui se conserve pur et incorruptible pour son Dieu ; la force, l'amour qui souffre tout sans peine pour Dieu ; la justice, l'amour qui ne sert que Dieu, et qui par-là même règne équitablement sur les choses soumises au pouvoir p.192 fin p.193 début
de l'homme ; la prudence enfin, l'amour qui discerne comme il faut ce qui le porte à Dieu de ce qui pourrait l'en éloigner.’
4. S. BERNARD, in parvis sermonibus, serm. XXXV
: " On entre de quatre manières dans le conseil des impies (composé du démon qui suggère le mal, de la chair qui procure la délectation, et de l'esprit qui donne son consentement). Car les uns sont entraînés malgré eux ; d'autres le sont par séduction ; d'autres par ignorance ; d'autres enfin le sont parce qu'ils le veulent bien. Aux uns comme aux autres, quatre vertus sont indispensables, afin qu'ils aient toutes les armes nécessaires pour se défendre et ne pas être entraînés dans ce conseil. A ceux qui auraient à craindre de l’être malgré eux il faut la force, qui les fera résister jusqu'à la mort aux menaces, aux supplices et à toutes les disgrâces. A ceux qui se laisseraient séduire, il faut la tempérance qui réprime les désirs illicites, et ne se laisse gagner ni par promesses ni par caresses. A ceux qui se laisseraient tromper par ignorance il faut la prudence, qui sait discerner ce qui est utile d'avec ce qui ne l'est pas, et qui enseigne ce qu'on doit admettre ou rejeter. Quant à ceux qui se laissent entraîner de leur plein gré, c'est la justice qui leur est nécessaire. La justice est une rectitude de volonté qui n'entend ni pécher ni consentir au péché. La justice et la force ont leur siège dans la volonté car une volonté juste doit être forte en même temps. Or, la justice n'est réglée qu'autant qu'elle repousse le mal et lui préfère le bien. Adam ne l'avait pas, du moins semble-t-il, lorsqu'il consentit au mal en renonçant à ce qui lui eût été si avantageux. La prudence et la tempérance ont leur siège dans la raison ; car la raison doit être prudente et modérée. La prudence, en effet, n'est qu'une raison éclairée, je veux dire, éclairée par la grâce, et qui conséquemment sait éviter tout contact avec l'injustice, pour s'attacher uniquement à ce qui est juste. Car elle se garde non-seulement de toute injustice évidente, mais encore de tout ce qui de près ou de loin peut blesser la justice, et elle aime à se proposer moins encore ce qui est permis, que ce qui est à propos ; redoutant les richesses et autres choses semblables, non parce qu’elles seraient criminelles en elles-mêmes mais parce qu'elles sont des obstacles à l'accomplissement de l'exacte justice. J'ai ajouté ces mots, pour s'attacher uniquement à ce qui est juste, parce que ce n'est pas par hypocrisie, mais par amour pour la justice elle-même qu'on doit éviter tout contact avec l'injustice. La justice constitue p.193 fin p.194 début la perfection de l'âme raisonnable. Les autres vertus ont pour objet, soit de l'acquérir, soit de la conserver ; je veux dire que la force, la tempérance et la prudence conservent en nous la vertu de justice, en empêchant qu'elle ne se perde, ou qu'elle ne souffre quelque fâcheuse atteinte. Mais quand la justice est arrivée à sa perfection et devenue l'état habituel de l'âme, elle s'identifie avec ces trois vertus que nous venons de nommer, c'est-à-dire qu'elle est à la fois forte, prudente et tempérée.
"
8. Le même, Serm. XXII in Cantica canticorum
: " C'est en vain que les sages du siècle ont écrit tant de choses des quatre vertus cardinales, puisqu'il était impossible qu'ils les comprissent, ne connaissant pas celui que Dieu a fait pour nous sagesse, en enseignant la PRUDENCE ; justice, en remettant les péchés ; sanctification, en nous donnant l'exemple de la TEMPERANCE par la pureté de sa vie, et rédemption en nous proposant un modèle parfait de patience et de FORCE par sa mort si généreusement endurée (I Cor., I, 30). Peut-être que quelqu'un me dira que les autres expressions dont s'est servi ici l'Apôtre conviennent assez bien à trois de ces quatre que nous venons de nommer ; mais que, quant à la sanctification, elle ne paraît pas avoir grand rapport à la tempérance. Je réponds que la tempérance est la même vertu, dans le langage des Ecritures, que la continence ou la pureté. En effet, qu'est-ce que ces satisfactions qui reviennent si souvent dans les livres de Moïse, sinon certaines purifications qui consistaient à s'abstenir du manger, du boire, du commerce avec les femmes, et en d'autres pratiques semblables ? Mais écoutez surtout l'Apôtre et voyez combien il lui est ordinaire d'employer le mot de sanctification en ce même sens : Dieu, dit-il aux Thessaloniciens (I Thess., IV, 57), désire votre sanctification, c'est-à-dire que chacun conserve son corps chaste et exempt des désirs déréglés de la concupiscence. . . . . car, ajoute-t-il, Dieu ne nous a pas appelés pour vivre dans la corruption de la chair, mais pour nous procurer notre sanctification. Il est clair que, dans ces passages, il prend la sanctification pour la tempérance. Après avoir donc éclairci ce qui semblait un peu obscur, je reviens aux sages du siècle. Que pouvez-vous avoir de commun avec les vertus, vous qui ignorez la vertu de Dieu, qui n'est autre que Jésus-Christ ? D'où vient la vraie justice, sinon de la miséricorde de Jésus-Christ ? Où se trouve la vraie prudence, sinon dans la doctrine de Jésus-Christ ? Où est la vraie tempérance, si non dans la vie de Jésus-Christ ? Où est la vraie force, sinon dans la passion de Jésus-Christ ? Ceux-là donc p.194 fin p.195 début seulement doivent être appelés sages, qui sont imbus de sa doctrine ; ceux-là seuls doivent être appelés justes, qui ont obtenu de sa miséricorde le pardon de leurs péchés ; ceux-là seuls sont tempérants qui s'occupent à imiter sa vie ; ceux-là seuls sont vraiment forts, qui suivent constamment dans les adversités, les exemples de sa patience. C'est pourquoi c'est en vain que celui-là travaille à acquérir les vertus, qui croit avoir à les attendre d'ailleurs que du Seigneur des vertus, c'est-à-dire de celui dont la doctrine est une source de prudence, la miséricorde une œuvre de justice, la vie un miroir de tempérance et la mort un modèle de force et de courage (Cf. Sermons de saint Bernard sur le Cantique des cantiques, trad. par D. Antoine de Saint-Gabriel, p. 245-246). "
6. S. AUGUSTIN, lib. II de Genesi contra Manichæos, c. 40 : " Le fleuve qui avait sa source dans l'Eden, c'est-à-dire dans l'abondance des délices et des plaisirs, fleuve qui nous est signifié par ces paroles du Prophète : Vous les abreuverez d'un torrent de délices (Ps. XXXV, 9) ; car ce mot Eden peut se traduire en latin par voluptas ; ce fleuve, dis-je, se divise en quatre branches, qui nous représentent les quatre vertus, savoir : la prudence, la force, la tempérance et la justice. La prudence donc, qui signifie ici la contemplation de la vérité en elle-même, qu'aucune bouche humaine ne peut nommer, parce qu'elle est vraiment ineffable, et que, si l'on voulait l'exprimer dans le langage humain, on ne pourrait tout au plus encore qu'en bégayer le nom, semblable à ces paroles ineffables que l'Apôtre a entendues, et qu'il n'est pas donné à l'homme de redire ; cette prudence véritable fait le tour de la terre, où se trouvent l'or et l'escarboucle et l'émeraude c'est-à-dire les règles de bien vivre, pures, pour ainsi parler, de toute scorie, comme l'or passé au creuset et pur de tout alliage qui lui ferait perdre sa vérité, ou comme l'escarboucle, dont l'éclat n'est point obscurci par les ténèbres de la nuit ; et la vie éternelle, que représente le vert parfait de l'émeraude, vrai symbole de cette verdeur que rien ne flétrit. Cet autre fleuve ensuite qui parcourt le pays d'Ethiopie, terre brûlant et aride, signifie la force dont l'action est sans relâche et que rien ne peut abattre. Le troisième fleuve, c'est le Tygre, qui coule à l'opposé du pays d'Assyrie, et représente la tempérance qui résiste à la passion, dont les mouvements sont souvent si contraires aux conseils de la prudence. Aussi, dans l'Ecriture, le nom d'Assyriens est d'ordinaire synonyme de celui d'adversaires.
p.195 fin p.196 début Quant au quatrième fleuve, on ne dit pas à l’opposée de quel pays il coule, ou quel pays particulier il traverse ; car la justice embrasse toutes les facultés de l'âme, puisqu'elle est l'ordre même ou le juste équilibre établi dans l'âme, en sorte que c'est la justice qui est comme le lion des trois autres vertus, c'est-à-dire de la prudence la première, puis de la force, et enfin de la tempérance, et que sa perfection résulte de l'heureux concert qui règne entre ces trois autres. "
7. S. AMBROISE, lib. de Paradiso, c. 3 : " Comme la sagesse est la source de la vie, la source de la grâce spirituelle, ainsi est-elle la source des autres vertus qui nous font tendre à la vie éternelle. C'est dans une âme cultivée et non dans une âme inculte que cette source réside ; et c'est de là qu'elle répand ses eaux, dont elle arrose le paradis ; c'est-à-dire qu'elle fait germer et fructifier dans cette âme toute espèce de vertus, parmi lesquelles on en compte quatre principales, qui sont comme les quatre fleuves dont elle est la source. Or, quelles sont ces quatre principales vertus, sinon la prudence, la tempérance la force et la justice ? vertus dont les sages de ce siècle ont emprunté la connaissance de nos écrivains sacrés, pour la transporter dans leurs propres écrits. De même donc que la source qui coulait dans le paradis nous représente la sagesse, ainsi les quatre fleuves qui sortaient de cette source nous figurent ces quatre vertus qui découlent de la sagesse. Le Phison, par exemple, c'est la prudence, etc. " Saint Ambroise dit de même ici que le Géhon c'est la tempérance, le Tygre la force, et l’Euphrate la justice. Il continue de cette manière : " Ainsi donc ces quatre fleuves nous représentent les quatre principales vertus, qui embrassent aussi les quatre principaux âges du monde. Le premier âge, qui s'est étendu depuis la création du monde jusqu'au déluge, était spécialement l'âge de la prudence, et on y compte des justes, tels qu'Abel, etc. "
8. S. AUGUSTIN, lib. I contra Academicos, c. 7, dit en parlant de cette définition qu'on donne ordinairement de la sagesse, qu'elle est la science des choses divines et humaines : " Quand je vous accorderais que les choses humaines sont les choses qui appartiennent aux hommes, pourriez-vous regarder comme nous appartenant ce qu'un hasard peut nous donner, ce qu'un hasard peut nous ravir ? Ou bien entend-on par la science des choses humaines la connaissance de ce que nous avons de terres et de ce qu'elles peuvent nous rapporter, de ce que les autres peuvent p.196 fin p.197 début posséder comme nous d’or et d'argent ? La science des choses humaines est celle qui embrasse, et les moyens industrieux de la prudence, et les chastes précautions de la tempérance et les résolutions magnanimes de la force, et les saintes lois de la justice. Car ce sont là les choses que nous pouvons vraiment appeler des choses à nous, et qui n'ont rien à craindre des vicissitudes de la fortune. "
Question III
En quels termes la prudence nous est-elle recommandée dans les livres saints ?
Voici le prudent avis que nous donne en particulier l'Ecclésiastique : Mon fils, ne faites rien sans conseil, et vous ne vous repentirez point de ce que vous avez fait. Comme cet autre encore : Le cœur sage et intelligent s'abstiendra du péché et il réussira dans les œuvres de justice. Voici maintenant l'enseignement que nous donne sur ce point Jésus-Christ lui-même, ce vrai Salomon, la source véritable de toute prudence comme de toute sagesse : Soyez prudent comme des serpents et simples comme des colombes ; c'est-à-dire que la prudence, pour être parfaite, doit réunir ces deux conditions : la simplicité de la colombe, dont l'effet est de nous rendre doux et inoffensifs, et la prudence du serpent, qui consiste à être avisé et précautionné, en sorte que, sans chercher à tromper les autres, nous ne nous laissions pas non plus tromper nous-mêmes. C'est à quoi nous réussirons, si nous savons nous conformer à la doctrine suivante de saint Paul : Ayez soin, mes frères, de vous conduire avec une grande circonspection, non comme des personnes imprudentes, mais comme des hommes sages ; rachetant le temps, parce que les jours sont mauvais. Ne soyez donc pas imprudents, mais sachez discerner quelle est la volonté du Seigneur, c'est-à-dire, ce qui est bon, ce qui est agréable a ses yeux, ce qui est parfait. A cela revient cette maxime de Salomon : Celui qui marche avec les sages deviendra sage ; l'ami des insensés leur ressemblera. Et cette autre aussi : La sagesse se montre dans les traits de l’homme prudent. Il en est de même de la sentence suivante : Le cœur de l'homme prudent acquiert la science ; l'oreille des sages cherche la doctrine. p.197 fin p.198 début TEMOIGNAGES DE L’ECRITURE.
2. Id., XXXVII, 20 : " Que la parole de vérité précède toutes vos œuvres et qu'un conseil stable règle d'avance tout ce que vous ferez. "
4. Ibid., XIII, 10 : " Il y a toujours des querelles entre les orgueilleux ; au lieu que la modération conduit ceux qui font tout avec conseil. "
7. Ibid., XXXIII, 2-3 : " Le sage ne hait ni les commandements ni la justice ; aussi ne sera-t-il point brisé comme un vaisseau dans la tempêtes. L'homme sensé croit à la loi de Dieu, et la loi lui est fidèle. "
8. Proverbes, XIV, 16 : " Le sage craint et se détourne du mal ; l'insensé passe outre malgré le danger, et se croit en sûreté. "
9. Job, XXVIII, 28 : " Et il dit à l'homme
: La souveraine sagesse est de craindre le Seigneur, et la vraie intelligence est de fuir le mal. "
10. Deutéronome, IV, 5-6 : " Vous savez, dit Moise, que je vous ai enseigné les lois et les ordonnances, selon que le Seigneur mon Dieu me l'a commandé ; vous les pratiquerez donc dans le pays que vous devez posséder. - Vous les observerez et les accomplirez effectivement : car c'est en cela que vous ferez paraître votre sagesse et votre intelligence devant les peuples, afin p.198 fin p.199 début qu'entendant parler de toutes ces lois, ils disent : Voilà un peuple vraiment sage et intelligent, voilà une nation grande. "
11. Ibid., XXXII, 28-29 : " Ce peuple n'a point de sens, il n'a aucune sagesse. - Que n'ouvrent-ils les yeux ! que ne comprennent-ils ! que ne prévoient-ils la fin ! "
12. Proverbes, III, 13-17 : " Heureux l'homme qui a trouvé la sagesse, et qui est riche en prudence ! - Sa possession vaut mieux que tous les trésors et le fruit qu'on en retire est préférable à l'or le plus pur. - Son prix passe toutes les richesses, et tout ce qu'on désire plus ne mérite pas de lui être comparé. - D'une main elle présente la longueur des jours ; de l'autre, les richesses et la gloire. - Ses voies sont des voies de toute beauté et tous ses sentiers conduisent au bonheur. "
13. Ibid., VIII, 11-12, 14-19 : " La sagesse est plus estimable que tout ce qu'il y a de plus-précieux et tout ce qu'on désire plus ne peut lui être comparé. - Moi, la sagesse, j'habite dans le conseil, et je me trouve présente parmi les pensées judicieuses. C'est de moi que vient le conseil et l'équité, c'est de moi que vient la prudence et la force. - Par moi les rois règnent ; par moi les législateurs font des lois équitables. - Par moi les princes commandent. - Par moi rendent la justice ceux qui sont à la tête des peuples. - J'aime ceux qui m'aiment, et ceux qui veillent dés le matin pour me chercher me trouveront. - Les richesses et la gloire m'accompagnent, ainsi que la puissance et la justice. - Ainsi les fruits que je porte sont plus estimables que l'or et que les pierres précieuses, et ce que j'amène à ma suite vaut mieux que l'argent le plus pur. "
14. Sagesse, VI, 1, 13-16, 22-23, 26 : " La sagesse est plus estimable que la force, et l'homme prudent vaut mieux que l'homme courageux. - La sagesse jette un vif éclat et sa beauté ne se flétrit point : ceux qui l'aiment la découvrent aisément et ceux qui la cherchent la trouvent sans peine. - Elle prévient ceux qui la désirent et se montre à eux la première. - Celui qui veille dès le matin pour la posséder n'aura pas de peine à la trouver ; car il la trouvera assise à sa porte. - Ainsi occuper sa pensée de la sagesse, c'est la perfection de la prudence ; et celui qui veillera pour l'acquérir sera bientôt en repos. - Si donc vous prenez plaisir à siéger sur des trônes et à manier des sceptres, ô rois des peuples, aimez la sagesse, afin de régner éternellement. - Aimez le brillant éclat de la sagesse, vous tous qui commandez aux peuples de la terre. - Or, la multitude des sages est p.199 fin p.200 début le salut du monde, et un roi prudent assure le bonheur de son peuple. "
15. Ibid., VII, 7-12, 24-30 : " C'est pourquoi j'ai désiré l'intelligence, et elle m'a été donné ; j'ai invoqué le Seigneur ; et l’esprit de sagesse est venu en moi. - Je l'ai préférée aux royaumes et aux trônes, et j'ai cru que les richesses n'étaient rien auprès de la sagesse. - Je n'ai point fait entrer en comparaison avec elle les pierres précieuses, parce que tout l'or auprès d'elle n'est qu'un peu de sable, et que l'argent devant elle est comme de la boue. - Je l'ai aimé par-dessus la santé et la beauté, j'ai résolu de la prendre pour ma lumière, parce que sa clarté ne peut jamais être éteinte. - Tous les biens me sont venus avec elle, et j'ai reçu de ses mains des richesses innombrables. - Je me suis réjoui en toutes choses, parce que la sagesse était mon guide, et j'ignorais encore qu'elle fût la mère de tous ces biens. - La sagesse est plus active que toutes les choses les plus agissantes, et elle atteint partout à cause de sa pureté.
- Elle est la vapeur de la vertu de Dieu, et l'effusion toute pure de la clarté du Tout-Puissant ; c'est pourquoi elle ne peut être susceptible de la moindre impureté. - Car elle est la splendeur de la lumière éternelle, le miroir sans tache de la majesté de Dieu, et l'image de sa bonté. - Quoique unique, elle peut tout ; et toujours immuable en elle-même, elle renouvelle toutes choses ; elle se répand parmi les nations dans les âmes saintes, et c'est elle qui forme les amis de Dieu et les prophètes. Dieu n'aime que celui qui habite avec la sagesse. - Elle est plus belle que le soleil, et plus élevée que les étoiles ; comparée à la lumière, elle l'emporte sur elle : - car si la lumière succède à la nuit ; au lieu que la malignité ne peut prévaloir contre la sagesse. "