Grand Catéchisme (Somme de doctrine chrétienne) (page 17)
12. Ibidem, c. 91 : " Ainsi donc les saints ressusciteront sans aucune défectuosité, sans rien de difforme, sans rien de corruptible, sans rien qui les gêne ou les embarrasse dans leurs mouvements. Ce seront leurs corps qui ressusciteront, mais non leur chair, si par ce dernier mot on entend cette corruption qui présentement appesantit l’âme, ou les vices de la chair, dont les désirs sont si souvent contraires à ceux de l'esprit. Maigre cela, ce sera toujours leur chair, si l'on en considère la substance. Aussi le corps de Jésus-Christ, est-il appelé sa chair, même après sa résurrection (LUC, XXIV, 39). L'apôtre a dit cependant (I Cor., XV, 44) : Notre corps, tout animal quand il est mis en terre, deviendra spirituel à la résurrection, parce que tel sera alors l'accord de la chair avec l'esprit, telle sera la liberté de celui-ci et l'assujettissement de celle-là, qu'il n'y aura plus pour nous de lutte à soutenir avec nous-mêmes, et que nous n'aurons plus d'ennemi au-dedans de nous, pas plus que nous n'en aurons au dehors. "
13. Le même, de Civitate Dei, lib. XXII, c. 12, propose de résoudre les arguments et les blasphèmes des infidèles contre la foi de la résurrection.
15. Ibidem, c. 14, il dit au sujet des enfants
: " Les enfants ne ressusciteront pas avec la même exigüité corporelle qu'ils auront eue au moment de leur mort ; mais ils parviendront en un instant, par un effet admirable de la puissance de Dieu, au même état de croissance qu'ils auraient eu avec les années. " p.138 fin p.139 début
16. Ibidem, c. 15 : " Reste donc que chacun reprenne la taille qu'il avait en sa jeunesse, bien qu'il soit mort vieux, ou qu'il aurait eue si la mort n'eût prévenu son accroissement. Quant à ce que dit l'Apôtre de la mesure de l'âge parfait de Jésus-Christ, ou il le faut expliquer autrement, et dire que la mesure de l’âge parfait de ce chef mystique trouvera son accomplissement dans la perfection des membres ; ou, si nous l'entendons de la résurrection des morts, il faut dire que les corps ne ressusciteront ni au-dessus ni au-dessous de la jeunesse, mais dans l'âge et la force où nous savons que Jésus-Christ est arrivé. Les plus savants même d’entre les païens ont jugé que l'âge de jeunesse est celui de trente ans à peu près ; après quoi l'homme commence à être sur son retour. "
17. Ibidem, c. 17 : " J'estime plus raisonnable le sentiment de ceux qui croient la résurrection des organes sexuels. Il n'y aura point là-haut de convoitise, unique cause de la confusion que nous éprouvons à l'occasion de ces membres. . . . . Celui qui a créé l'un et l'autre sexe, les rétablira tous les deux. "
18. Ibidem, c. 19 : " Cette difformité qui naît de la disproportion des parties, n'aura plus lieu lorsque le Créateur suppléera ce qui manque, ou ôtera ce qui se trouve de superflu. Pour la couleur, combien ne sera-t-elle pas vive et éclatante, puisque les justes brilleront comme le soleil dans le royaume de leur Père ! Il faut croire que Jésus-Christ déroba cet éclat aux yeux de ses disciples, quand il se fit voir à eux après sa résurrection, puisque sans doute ils ne l'eussent pu soutenir ; et cependant ils avaient besoin de regarder leur maître pour le reconnaître. "
19. Ibidem, c. 20 : " Je ne sais comment l'affection que nous avons pour les bienheureux martyrs, fait que nous voudrions bien voir dans le ciel les cicatrices des plaies qu'ils ont reçue pour le nom de Jésus-Christ, et peut-être les verrons-nous. Ce ne sera pas une difformité dans leurs corps, mais des marques honorables qui leur donneront encore plus de lustre et d'éclat. Il ne faut pas croire toutefois que les membres qu'on leur aura coupés leur manquent à la résurrection, eux à qui il a été dit que pas un cheveu de leur tête ne périra ; mais s'il est à propos qu'on voie les marques glorieuses de leurs blessures dans leur chair immortalisée, les endroits où ils auront été blessés ou mutilés en conserveront les cicatrices, sans qu'ils manquent pour cela d'aucun de leurs membres. Encore bien qu'alors les corps n'aient plus aucun vice, il ne faut pas prendre pour des vices ces glorieux souvenirs de vertus pratiquées jusqu’à l’héroïsme. A Dieu ne plaise que la toute-puissance p.139 fin p.140 début du Créateur ne puisse rappeler, pour ressusciter les corps, toutes les parties qui ont été, ou dévorées par les bêtes ou consumées par le feu, ou changées en poussière, en eau ou en air ! A Dieu ne plaise que rien soit tellement caché dans le sein de la nature, qu'il se dérobe à la connaissance ou au pouvoir du Créateur ! . . . Quand cette chair serait tout-à-fait anéantie, et qu'il n'en serait rien demeuré dans les plus secrets abîmes de la nature, il serait aisé à un Dieu tout-puissant d'en suppléer une autre semblable. "
20. S. ATHANASE, ou plutôt Vigile de Tapse, dans le symbole qui porte le nom de saint Athanase) : " A son approche, tous les hommes ressusciteront avec leurs propres corps, et rendront compte de chacune de leurs actions. Et ceux qui auront fait le bien, iront à la vie éternelle ; ceux au contraire qui auront fait le mal, iront au feu éternel. "
Question XXI
Quel est le dernier article du symbole des apôtres ?
Le dernier article traite de la vie éternelle, qui sera après la mort, comme nous ne devons pas en douter, le partage des élus. Tel est le fruit, comme la fin, qu'attendent les chrétiens de leur foi, de leur espérance, de leur patience et de toutes leurs pratiques de vertus. En considérant cette récompense, le vrai fidèle ne doit trouver ni difficile aucune œuvre de piété, ni pénible aucun travail, ni insupportable aucune douleur, ni trop long ou trop incommode le temps de l’épreuve. Si, malgré toutes les calamités auxquelles cette vie est sujette, nous ne trouvons rien de plus doux ou de plus désirable que cette vie même, que penserons-nous donc de cette autre vie, qui sera exempte de tout sentiment de crainte ou de douleur, qui abondera en jouissances célestes et ineffables, en plaisirs qui n'auront point de fin, en délices et en voluptés sans mesure ?
C'est de cette vie éternelle que Jésus-Christ a dit : Ne craignez point, petit troupeau, car il a plu à votre père de vous donner un royaume. Et au jour du jugement dernier, il dira à ses élus : Venez, les bénis de mon Père, entrez en possession du royaume qui vous a été préparé dès la création du monde. Au lieu qu'il dira aux impies : Retirez-vous de moi, maudits, allez au feu éternel, qui a été préparé pour le diable et ses anges. Malédiction qui tombera non-seulement sur les païens, les hérétiques, les schismatiques, les pécheurs publics, mais aussi sur les chrétiens que la mort aura surpris dans l’état de péché mortel.
p.140 fin p.141 début On ajoute au symbole ce mot amen comme conclusion, pour faire voir la pleine persuasion et l’entière certitude avec laquelle nous rendons témoignage à la vérité de cette profession de foi chrétienne.
TEMOIGNAGES DE L’ECRITURE.
1. I Corinthiens, II, 9 : " Il est écrit que l'œil n'a point vu, l'oreille n'a point entendu, et le cœur de l'homme n'a jamais conçu ce que Dieu prépare à ceux qui l'aiment. "
2. JEAN, XVII, 3 : " La vie éternelle consiste à vous connaître, vous qui êtes le seul Dieu véritable, et Jésus-Christ que vous avez envoyé. "
3. MATTHIEU, XIX, 12, 14, 16, 17, 23, 29 : " Il y en a qui se sont faits eux-mêmes eunuques en vue du royaume des cieux. - Laissez-là ces enfants, et ne les empêchez pas de venir à moi, car le royaume des cieux est pour ceux qui leur ressemblent. - Bon maître, quel bien me faut-il faire pour acquérir la vie éternelle ? - Si vous voulez entrer dans la vie, gardez les commandements. - Un riche entrera difficilement dans le royaume des cieux. - Quiconque aura quitté sa maison, ou ses frères, ou ses sœurs, son père ou sa mère etc., recevra le centuple, et aura pour héritage la vie éternelle. "
4. MATTHIEU, XXV, 34, 46 : " Venez, les bénis de mon Père, possédez le royaume qui vous a été préparé dès le commencement du monde. - Et ceux-ci iront dans le supplice éternel et les justes dans la vie éternelle. " p.141 fin p.142 début
5. Apocalypse, II, 7, 10, 17, 26-28 : " Je donnerai au victorieux à manger du fruit de l'arbre de la vie, qui est au milieu du paradis de mon Dieu. - Soyez fidèle jusqu’à la mort, et je vous donnerai la couronne de vie. - Je donnerai au victorieux une manne cachée, etc. - Quiconque aura vaincu et persévéré jusqu’à la fin dans mes œuvres, je lui donnerai puissance sur les nations. Il les gouvernera avec un sceptre de fer, et elles seront brisées comme un vase d'argile, - selon que j'en ai reçu moi-même de mon Père le pouvoir, et je lui donnerai l'étoile du matin. "
6. Apocalypse, III, 11, 12 : " Je viendrai bientôt
; conservez ce que vous avez, de peur qu'un autre ne prenne votre couronne. - Quiconque sera victorieux, je ferai de lui une colonne dans le temple de mon Dieu ; il n'en sortira plus, et j’écrirai sur lui le nom de mon Dieu, et le nom de la ville de mon Dieu, de la nouvelle Jérusalem qui descend du ciel, venant de mon Père, et mon nom nouveau. - Quiconque sera victorieux, je le ferai asseoir avec moi sur mon trône, comme je me suis assis moi-même avec mon Père sur son trône, après être resté victorieux. "
7. Apocalypse, VII, 14-17 : " Ce sont ceux qui sont venus ici, après avoir passé par la grande tribulation, et qui ont lavé et blanchi leur robe dans le sang de l'Agneau. - C'est pourquoi ils sont devant le trône de Dieu, et ils le servent jour et nuit dans son temple ; et celui qui est assis sur le trône les couvrira comme une tente ; - Ils n'auront plus ni faim, ni soif, et le soleil ni aucune autre chaleur ne les incommodera plus ; - parce que Dieu qui est au milieu du trône sera leur pasteur : il les conduira aux fontaines des eaux vivantes ; et Dieu essuiera toutes les larmes de leurs yeux. "
8. Apocalypse, XXI, 2-4 : " Je vis la ville sainte, la nouvelle Jérusalem, qui venant de Dieu, descendait du ciel, étant parée comme une épouse qui se pare pour son époux. - Et j'entendis une grande voix qui venait du trône, et qui disait : Voici le tabernacle de Dieu avec les hommes ; et il demeurera avec eux, et ils seront son peuple, et Dieu, demeurant lui-même au milieu d'eux, sera leur Dieu. - Dieu essuiera toutes les larmes de leurs yeux, et la mort ne sera plus ; il n'y aura plus aussi ni pleurs, ni cris, ni affections, parce que le premier état sera passé. "
9. Ibidem, XXI, 7, 8, 10, 11, 23, 25, 27 : " Celui qui sera victorieux, possédera ces choses, et je serai son Dieu, et il sera mon fils. - Mais pour ce qui est des timides et des incrédules, des exécrables et des homicides, des fornicateurs et des empoi- p.142 fin p.143 début sonneurs, des idolâtres et de tous les menteurs, leur partage sera l'étang brûlant de feu et de souffre qui est la seconde mort. " - Et un peu après : " Il me transporta en esprit sur une grande et haute montagne, et il me montra la ville sainte, la nouvelle Jérusalem qui descendait du ciel, venant de Dieu ; - elle était toute brillante de la clarté de Dieu ; et la lumière qui l'éclairait était semblable à une pierre précieuse, etc. - Cette ville n'a point besoin d'être éclairée du soleil ni de la lune, parce que c'est la lumière de Dieu qui l'éclaire, et que l'Agneau en est la lampe. - Ses portes ne se fermeront point chaque jour, parce qu'il n'y aura point là de nuit. - Il n'y entrera rien de souillé ni aucun de ceux qui commettent l'abomination ou le mensonge, mais ceux-là seulement qui sont écrits dans le livre de vie de l'Agneau. "
11. Romains, II, 6, 7, 10 : " Il rendra à chacun selon ses œuvres, - en donnant la vie éternelle à ceux qui, par leur patience dans les bonnes œuvres, cherchent la gloire, l'honneur et l'immortalité. - Gloire, honneur et paix à tout homme qui opère le bien. "
12. Tite, I, 1, 2 : " Paul, apôtre, pour instruire les élus de Dieu dans la foi et dans la connaissance de la vérité qui est selon la piété, - et qui donne l'espérance de la vie éternelle que Dieu, qui ne peut mentir, a promise avant tous les siècles. "
13. Tite, II, 13 : " Etant toujours dans l'attente du bonheur proposé à notre espérance et de l'avènement glorieux du grand Dieu et de notre Sauveur Jésus-Christ, etc. "
14. Tite, III, 7 : " Afin qu'étant justifié par sa grâce, nous devinssions les héritiers de la vie éternelle selon l'espérance que nous en avons. "
15. II Timothée, IV, 7, 8 : " J'ai bien combattu, j'ai achevé ma course, j'ai gardé la foi. - Il me reste à recevoir la couronne de justice qui m'est réservée, que le Seigneur, comme un juste juge, me rendra en ce jour, et non-seulement à moi, mais encore à tous ceux qui aiment son avènement. "
17. I JEAN, III, 2, 3 : " Mes bien-aimés, nous sommes déjà enfants de Dieu ; mais ce que nous serons un jour ne paraît pas encore. Nous savons que lorsque Jésus-Christ se montrera dans sa gloire, nous serons semblables à lui, parce que nous le verrons p.143 fin p.144 début tel qu'il est. - Et quiconque a cette espérance en lui se sanctifie, comme il est saint lui-même. "
18. I PIERRE, I, 3, 4 : " Béni soit le Dieu et le Père de Notre-Seigneur Jésus-Christ qui, selon la grandeur de sa miséricorde, nous a régénéré par la résurrection de Jésus-Christ d'entre les morts pour nous donner la vive espérance - de cet héritage, où rien ne peut ni se détruire, ni se corrompre, ni se flétrir, et qui vous est réservé dans les cieux. "
19. Romains, VI, 22 : " Mais à présent, étant affranchis du péché, et devenus serviteurs de Dieu, le fruit que vous retirez est votre sanctification, et la fin sera la vie éternelle. "
23. Sagesse, I, 12, 16 : " Cessez de chercher la mort avec tant d'ardeur dans les égarements de votre vie, et n'employez pas les travaux de vos mains à acquérir ce qui doit vous perdre. - Les méchants ont appelé la mort à eux par leurs œuvres et par leurs paroles. "
24. I Corinthiens, VI, 9, 10 : " Ne savez-vous pas que les injustes ne seront point héritiers du royaume de Dieu ? Ne vous y trompez pas : ni les fornicateurs, etc., - ni les voleurs, ni les avares, ni les ivrognes, ni les médisants, ni les ravisseurs du bien d'autrui, ne seront héritiers du royaume de Dieu. "
TEMOIGNAGES DE LA TRADITION.
1. S. AUGUSTIN, lib. XX, c. 29, de Civitate Dei
: " De là vient cette parole de l’Apôtre : Nous ne vouons maintenant que dans un miroir et en énigme, mais alors nous verrons face à face. - Cette vision nous est réservée pour récompense de notre foi, et saint Jean en parle ainsi : " Lorsqu'il paraîtra, nous serons semblables à lui, parce que nous le verrons tel qu'il est. " Par la face de Dieu il faut entendre sa manifestation, et non cette partie du corps que nous appelons ainsi. " Saint Augustin examine ensuite si c'est des yeux du corps que nous verrons Dieu.
2. Ibidem, c. 30 : " Combien sera grande cette félicité qui ne sera traversée d’aucun mal, et où l’on n'aura point d’autre occupation que de chanter les louanges de Dieu qui sera toutes choses en tous ! Que faire en effet, si ce n'est cela, dans un lieu où il n'y aura ni paresse à gourmander, ni indigence à craindre ? Le p.144 fin p.145 début Psalmiste n'est pas d'un autre sentiment, quand il dit : Heureux ceux qui habitent dans votre maison, Seigneur ; ils vous loueront éternellement. Toutes les parties de nos corps qui sont maintenant destinées à certains usages nécessaires de la vie, n'auront point alors d'autre emploi que de servir aux louanges de Dieu. Toute cette harmonie de nos organes corporels dont j'ai parlé, et qui nous est maintenant cachée, se découvrant alors à nos yeux avec une infinité d'autres choses admirables, nous transportera d'une sainte ardeur pour louer hautement un si grand ouvrier. Je n'oserais déterminer quels seront les mouvements de ces corps spiritualisés ; on peut dire néanmoins que les mouvements et l'assiette du corps, quels qu'ils soient, seront toujours dans un état de bienséance aussi bien que sa forme même, en ce lieu où il n'y aura rien que de bienséant. Au moins est-il certain que le corps sera sur-le-champ là où l'esprit voudra qu'il soit ; et que l’esprit ne voudra rien qui soit messéant au corps ou à lui-même. C'est là que se trouvera la vraie gloire, là ou il n'y aura ni erreur, ni flatterie dans la louange. C'est là que se trouvera le véritable honneur, puisqu'on ne le refusera à aucun qui le mérite, et qu'il ne sera déféré à aucun qui ne le mérite pas, et que même personne qui en soit indigne ne le demandera, dans ce lieu où il n'y aura personne qui n'en soit digne. C'est là que se trouvera la véritable paix, là où l'on n'essuiera de contrariété de la part ni de soi-même, ni des autres. La récompense de la vertu sera celui-là même qui l'aura inspirée parce qu'il ne peut y avoir rien de meilleur, ni de plus grand que lui, et qu'il s'est promis lui-même pour récompense. Eh ! Que peut signifier ce qu'il a dit par son prophète : Je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple, sinon : Je serai l'objet qui remplira tous leurs souhaits ; je serai tout ce que les hommes peuvent honnêtement désirer, vie, santé, aliment, richesses, gloire, honneur, paix, en un mot toutes sortes de biens ; afin que, comme dit l’Apôtre Dieu soit toutes choses en tous ? Il sera la fin de nos désirs comme on le verra sans fin, comme on l'aimera sans dégoût, comme on le louera sans lassitude : occupation qui sera commune à tous aussi bien que la vie éternelle. - Au reste, il n'est pas possible de savoir quel sera le degré de gloire proportionné aux mérites de chacun. Il n'y a point de doute pourtant qu'il n'y ait beaucoup de différence entre eux. Et c'est encore un des grands biens de cette cité, que l'on ne portera point envie à ceux qu'on verra au-dessus de soi, comme maintenant les anges ne sont pas envieux de la gloire des archanges. "
p.145 fin p.146 début
3. Le même, de libero arbitrio, lib. III, c. 25 eoque ultimo : " Telle est la beauté de la justice, tel est l'éclat ravissant de la lumière éternelle qui n'est autre que l'immuable vérité ou la divine sagesse, que, quand même il ne serait donné d'en jouir que l’espace d'un jour, on devrait regarder en comparaison comme rien des siècles entiers de la vie présente passés dans les délices et dans l'abondance de tous les biens temporels. Car ce n'est pas à tort ou par exagération de langage que le Psalmiste a dit : Un seul jour passé dans vos temples vaut mieux que mille partout ailleurs. "