Grand Catéchisme (Somme de doctrine chrétienne) (page 18)

Pierre Canisius · Doctrine

Texte français, domaine public · Source : jesusmarie.free.fr — Grand Catéchisme, trad. Peltier, tomes 1 à 6 · 205 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

4. Le même, Serm. 64 de verbis Domini, c. 1 : " Ce qu'il y a de grand, ce n'est pas de vivre longtemps, ou de vivre toujours ; mais c'est de vivre heureux. " Ibidem, c. 2 : " Aimons la vie éternelle et apprenons à connaître combien nous devons travailler pour l'obtenir, en voyant les hommes attachés à cette vie présente qui doit sitôt finir, travailler pour elle avec une telle ardeur, que lorsque survient pour eux le danger de mourir, ils font tout ce qu'ils peuvent, non pour s'exempter de la mort, mais pour la retarder. Quels efforts de leur part, quand la mort les menace, pour la fuir, pour s'y soustraire, pour donner, s'il le faut, tout ce qu'ils possèdent, pour s'en racheter à tout prix ! Ils ne reculent devant aucun sacrifice, devant l'amertume ou la violence d'aucun remède. il nous est plus facile de dire ce que la vie éternelle n’est pas, que de dire ce qu'elle est. " Ibidem, c. 3 : " Elle vaut tout ce que vous possédez ; elle vaut tout ce que vous êtes. Donnez-vous vous-même et vous l'aurez en échange. On n'y connaît ni la fatigue, ni le sommeil ; on n'y éprouve ni la faim, ni la soif ; on n'y voit ni croissance, ni décrépitude. Malgré tout ce que je viens de vous en dire, je n'ai pas dit encore ce qu'elle sera. Je vous ai dit qu'on y trouve la vie, la santé, l'exemption de toute peine, et qu'on n'y trouve ni faim, ni soif, ni défaut ; non, la vie éternelle n'est rien de tout cela ; et pourtant je n'ai pas dit encore ce que l'œil n'a point vu, ce que l'oreille n'a point entendu, ce que n'a jamais conçu le cœur de l'homme (I Cor., II, 9). "

5. Le même, de Symbolo ad Catechumenos, lib.

III, c. 12 et ultimo : " Il nous est plus facile de dire ce que la vie éternelle n'est pas, que de dire ce qu'elle est. Il n'y a là ni mort, ni deuil, ni lassitude, ni infirmité, ni faim, ni soif, ni excès de chaleur, ni corruption, ni indigence, ni tristesse, ni chagrin. Nous venons de dire ce qu'elle n'est pas. Voulez-vous maintenant connaître ce qu'elle est ? Ni l'œil n’a vu, ni l'oreille n'a entendu, ni le cœur p.146 fin p.147 début de l’homme n'a conçu ce que Dieu a préparé à ceux qui l'aiment (I Cor., II, 9). Si le cœur de l'homme ne l'a pas conçu, qu'il tâche au moins d'y atteindre (Si in cor hominis non ascedit, cor hominis illùc ascendat). Que le cœur se purifie de toute impureté pour se rendre capable de posséder Dieu, qui est la vraie et éternelle justice. "

7. Le même, c. 40 : " Croyez fermement et sans nulle hésitation que tous ceux qui sont baptisé dans le sein de l'Eglise catholique, n'obtiendront pas pour cela la vie éternelle ; mais qu'il n'y aura à l'obtenir que ceux qui, étant baptisés, mènent une bonne vie, c'est-à-dire, s'abstiennent des vices et des convoitises de la chair. Car les mauvais catholiques ne pourront pas plus posséder le royaume des cieux, que ne le pourront les infidèles, les hérétiques et les schismatiques. "

8. S. JEROME, ad Marcellam, Epist. 157 : " Aquila rend le mot hébreu amen par le grec ???????????, que nous pourrions traduire par l'adverbe (fran?ais) fidèlement, mot qui a pour étymologie le mot (latin) fides (foi). Les Septante ont traduit le même mot amen par ???????, c'est-?-dire fiat, qu'il en soit ainsi ; de là vient qu'à la fin de chacun des livres des Psaumes (car le psautier des Hébreux est divisé en cinq livres), ils ont traduit par ???????, ???????, fiat, fiat, amen, l’amen, qui les termine dans l'hébreu, et qui sert comme de confirmation à tout ce que contient le livre. C'est ce qui a fait dire à saint Paul (I Cor., XIV, 16), qu'on ne peut pas répondre amen, c'est-à-dire appuyer ce qu'un autre a dit, à moins de savoir ce qu'il a dit. "

Question XXII

Suffit-il à un chrétien de ne croire que les choses contenues dans le symbole ? Chaque fidèle doit croire avant tout le reste et professer ouvertement les vérités contenues dans le symbole des apôtres ; mais on en aura une connaissance plus explicite en s'aidant, tant du symbole de Nicée, que du symbole attribué à saint Athanase. En second lieu, un chrétien doit croire tout ce que contient l’Ecriture divine ou canonique. Mais pour connaître quels sont les livres de l'Ecriture véritablement et certainement inspirés, nous n'avons point d'autre moyen général que le jugement et l'autorité de l'Eglise. p.147 fin p.148 début En troisième lieu, disons la même chose des dogmes qui découlent nécessairement, soit des articles du symbole, soit des Ecritures, comme d'autant de sources divines. Quatrièmement enfin, on doit tenir pour divinement révélé, et croire d'une ferme foi tout ce que l'Esprit-Saint nous propose à croire de même par le ministère de l'Eglise, soit qu'il s'agisse de la parole de Dieu écrite, ou qu'il s'agisse de vérités transmises de vive voix. Nous reviendrons dans la suite plus au long sur ce dernier point. Tout cela fait donc l'objet de la foi orthodoxe, de cette foi sans laquelle les sectaires, quels qu'ils soient, se promettent vainement à eux-mêmes et aux autres la grâce et le salut en Jésus-Christ.

TEMOIGNAGES DE L’ECRITURE.

1. Hébreux, V, 12 : " Car, au lieu que depuis longtemps vous devriez être maîtres, vous auriez encore besoin qu'on vous apprît les premiers éléments par où l'on commence à expliquer la parole de Dieu, et vous êtes devenus comme des enfants à qui on ne devrait donner que du lait, et non une nourriture solide. "

2. Ibidem, VI, 1-2 : " Quittant donc les instructions que l'on donne à ceux qui ne font que commencer de croire en Jésus-Christ, passons à ce qui est plus parfait, sans nous arrêter à établir de nouveau ce qui n'est que le fondement de la religion, comme est la pénitence des œuvres mortes, la foi en Dieu, - et ce qu'on enseigne touchant les baptêmes, l'imposition des mains, la résurrection des morts et le jugement éternel. "

3. I PIERRE, III, 15 : " Sanctifiez dans vos cœurs le Seigneur Jésus-Christ ; soyez toujours prêts à répondre pour votre défense à tous ceux qui vous demanderont raison de l'espérance que vous avez. "

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4. II PIERRE, I, 19-21 : " Mais nous avons les oracles des prophètes dont la certitude est plus affermie, auxquels vous faites bien de vous arrêter comme à une lampe qui luit dans un lieu obscur, jusqu’à ce que le jour commence à vous éclairer et que l'étoile du matin se lève dans vos cœurs ; - étant persuadés avant tout que nulle prophétie de l’Ecriture ne s'explique par une interprétation particulière. - Car ce n'a pas été par la volonté des hommes que les prophéties nous ont été anciennement apportées ; mais c'est par le mouvement du Saint-Esprit que les saints hommes de Dieu ont parlé. "

5. Romains, XV, 4-6 : " Tout ce qui a été écrit l’a été pour notre instruction, afin que nous concevions une ferme espérance par la patience et par la consolation que les Ecritures nous donnent. - Que le Dieu de patience et de consolation vous fasse la grâce d'être toujours unis de sentiment et d'affection les uns avec les autres, selon l'esprit de Jésus-Christ, - afin que, d'un même cœur et d'une même bouche, vous glorifiez le Père de Notre-Seigneur Jésus-Christ. "

6. II Timothée, III, 14-17 : " Quant à vous, demeurez fermes dans ce que vous avez appris, et qui vous a été confié, sachant de qui vous l'avez appris, - et vous souvenant que dès votre enfance vous avez été nourris des lettres saintes, qui peuvent vous éclairer pour le salut, par la foi qui est en Jésus-Christ. - Toute Ecriture inspirée de Dieu est utile pour enseigner, pour reprendre, pour corriger et pour former à la pratique de la justice : - afin que l'homme de Dieu soit parfait, et disposé à toutes sortes de bonnes œuvres. " 7. MATTHIEU, XXII, 29-32 : " Vous êtes dans l'erreur, ne comprenant ni les Ecritures ni la puissance de Dieu. - Car après la résurrection, les hommes n'auront point de femmes, ni les femmes de maris, mais ils seront comme les anges de Dieu dans le ciel. - Et pour ce qui est de la résurrection des morts, n'avez-vous point lu ces paroles que Dieu vous a dites : - Je suis le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac, le Dieu de Jacob ? Or, Dieu n'est pas le Dieu des morts, mais le Dieu des vivants. "

TEMOIGNAGES DE LA TRADITION. 1. S. AMBROISE, de Virginibus, lib. III : " Nous devons aussi repasser tous les jours dès le matin le symbole de notre foi, qui restera comme un sceau sur notre cœur ; et dans nos perplexités, rappelons-le à notre mémoire. Car est-ce que le soldat peut paraître p.149 fin p.150 début sous les drapeaux, et sur le champ de bataille, autrement qu'avec les marques distinctives du corps auquel il appartient ? " 2. S. AUGUSTIN, de Symbolo ad Catechumenos, lib. I, c. 1 : " Recevez la règle de notre foi, appelée symbole ; et l'ayant reçue écrivez-le dans vos cœurs, et tous les jours redites-vous-la à vous-mêmes ; avant de vous livrer au sommeil, avant de vous lever, armez-vous de votre symbole. "

3. Ibidem, lib. II, c. 1 : " Si quelquefois le démon, votre adversaire, veut nous tendre des pièges, sachons aller à sa rencontre armés du symbole et de l’étendard de la croix. "

4. Le Ier concile de Tolède, can. 21 (Ce canon, qui du reste ne serait que le 32e, comme n'étant que le 15e de la règle de foi insérée à la suite des 20 canons du premier concile de Tolède, tenu l'an 400, n'appartient pas à ce concile même, mais plutôt à quelque autre concile de Tolède ou d'Espagne, tenu en 447 ou 448. Voir NAT. AI.EX. Hist. eccles. sæc. V, c. V, art. 1, p. 143, édition de Venise, et notre Dictionnaire universel des conciles, art. Concile I de Tolède, où les preuves de notre assertion sont déduites au long), assert. fidei catholicæ : " Si quelqu'un dit ou croit qu'on doive admettre ou vénérer d'autres Ecritures que celles que reçoit l'Eglise catholique, qu'il soit anathème. " 5. S. AUGUSTIN, Serm. 129 de tempore : " Si quelqu'un croit devoir admettre comme ayant autorité, ou vénérer d'autres Ecritures que celles qu'a reçue l’Eglise catholique, qu'il soit anathème. "

6. Le même, Serm. 191 de tempore : " Nous recevons autant de livres de l'Ancien et du Nouveau-Testament, que nous en recommande la tradition de l’Eglise catholique. "

7. Le même, contra Epistolam Manichæi quam vocant fundamenti, c. 5 : " Je ne croirais pas à l'Evangile, si je n'y étais déterminé par l’autorité dé l'Eglise catholique (Ego ver Evangelio non crederem, nisi me catholicæ Ecclesiæ commoveret authoritas). "

8. Le concile de Trente, sess. IV, Decret. de canonis Scripturis : " Si quelqu'un ne reçoit pas comme sacrés et canoniques tous ces livres (dont le concile vient de faire l’énumération) avec tout ce qu'ils contiennent, tels qu'ils sont en usage dans l'Eglise catholique, et tels qu'ils se lisent, dans l'ancienne édition vulgate latine, ou méprise avec connaissance et de propos délibéré les traditions dont nous venons de parler, qu'il soit anathème. " (Voir plus bas ce que nous rapporterons avec plus d'étendue, chapitre des commandements de l’Eglise, question XVI, témoignage 11).

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9. S. CYRILLE d’Alexandrie, et le concile d'Alexandrie avec lui, Epist. X ad Nestorium : " Il ne suffira pas que vous professiez le symbole de Nicée ; car, ou vous ne l'entendez pas, ou vous lui donnez des interprétations violentes : mais il est nécessaire que vous anathématisiez par écrit tous les mauvais sentiments que vous avez eus jusqu'ici, et dont vous avez imbu les autres ; que vous promettiez avec serment de croire et d'enseigner à l'avenir ce que nous croyons tous, nous et tous les évêques d’occident et d'orient, et tous ceux qui conduisent les peuples. . . . . Nous avons indiqué à la suite de cette lettre, et les vérités que vous devez croire et enseigner, et les erreurs dont vous devez vous abstenir. Car, telle est la foi de l'Eglise catholique et apostolique, admise par tous les évêques orthodoxes tant de l'Orient que de l'occident. "

10. S. IRENEE, adv. hæres., lib. III, c. IV : " Il ne faut point chercher la vérité autre part que dans l'Eglise, où il est facile de s'en instruire. C'est dans son sein que les apôtres ont placé le riche dépôt qui contient abondamment tout ce qui appartient à la vérité du christianisme ; c'est à cette source de vie que chacun peut venir puiser selon ses besoins ; c'est par cette porte que l'on entre dans la carrière du chrétien. Chercher à y entrer par un autre côté, ce serait agir à la manière des voleurs ou des larrons ; c'est pourquoi il faut éviter soigneusement tout contact avec les hérétiques et s'instruire avec ardeur de tout ce qui tient à la tradition de la vérité. Eh quoi ! s'il s'élevait un dissentiment de quelque importance entre les chrétiens, ne faudrait-il pas avoir recours aux Eglises les plus anciennes, à celles qui ont reçu leurs instructions des apôtres eux-mêmes, et s'en rapporter à ce qu'elles décideraient sur le point en litige ? et enfin, si les apôtres ne nous eussent rien transmis par écrit, ne faudrait-il pas suivre la tradition, telle qu'elle nous a été communiquée par ceux à qui ces même apôtres ont confié l'administration de ces même Eglises ? C'est sur cette autorité de la tradition que plusieurs nations barbares, qui croient en Jésus-Christ, placent le fondement de leur foi ; elles conservent fidèlement gravé dans leur esprit, sans le secours de l'écriture qui parle aux yeux, les commandements qui intéressent le salut et les principes de l'ancienne tradition. "

11. Le même, lib. IV, c. 45 : " Dieu, dit saint Paul, a établi dans son Eglise, premièrement des apôtres, secondement des prophètes, troisièmement des docteurs. " Où chercherions-nous donc ailleurs la vérité, que là où le Seigneur lui-même en a établi le sanctuaire, où l'Eglise conserve la succession spirituelle des apôtres et p.151 fin p.152 début maintient dans toute sa pureté dans son incorruptibilité, la parole du salut ? Voilà quels sont ceux qui gardent le dépôt de notre foi en un seul et même Dieu, auteur de toutes choses : ils alimentent, ils accroissent de plus en plus notre amour pour le Christ, son Fils, qui nous a donné tant de preuves de sa bonté ; enfin ce sont eux qui, en nous expliquant les Ecritures avec la fermeté de la conviction, trouvent une nouvelle occasion de louer Dieu et de glorifier les patriarches et les prophètes. "

12. Ibid., c. 63 : " Ce qui constitue la véritable croyance, c'est la doctrine des apôtres, sur laquelle repose l'établissement de l’Eglise, répandue aujourd'hui sur toute la terre ; c'est cette représentation continue du Christ dans la succession des évêques qui ont établi des Eglises dans chaque lieu, selon les besoins des fidèles ; enfin, c'est cette transmission jusqu’à nous, pleine et entière sans retranchement, sans addition, des saintes Ecritures, dont le dépôt a été confié à l’Eglise : c'est la pureté des traditions de la foi, concordantes avec les Ecritures, qui, loin de nous exposer à aucun danger, à aucun blasphème, sont notre guide et notre flambeau ; enfin, c'est le don de l'amour divin, qui est plus précieux que la croyance, plus glorieux que le don de prophétie, en un mot, d'une valeur supérieure à toutes les autres grâces. "

13. S. JEROME, dial. adv. Luciferanos, c. 4, où il fait parler

Lucifer de la manière suivante : " Quand même nous n'aurions pas l'autorité de l'Ecriture, le consentement du monde entier sur ce point devrait nous servir de règle. Car il y a bien d'autres choses encore, que l’Eglise observe par tradition, et qui ont acquis l'autorité d'une loi écrite. " Et l'orthodoxe mis en scène par saint Jérôme en tombe d'accord avec Lucifer.

14. VINCENT de Lérins, Commonit. adv. prof. omn. hær.

Novitates : " Il m'est souvent arrivé de consulter des personnes recommandables par leur science et leur piété pour en apprendre les règles certaines qui aident à distinguer les vérités qui constituent le dépôt de la foi catholique, des erreurs que l'hérésie s'efforçait d'établir ; j'en ai toujours reçu cette réponse, que non-seulement moi, mais quiconque voudrait démêler les artifices des hérétiques, éviter leurs pièges, et se maintenir dans la sainte et invariable pureté de la foi, devait, après avoir imploré le secours du ciel, observer deux choses dont le succès est infaillible : premièrement, consulter avant tout l'autorité de la loi de Dieu ; secondement, suivre avec docilité la tradition de l’Eglise.

p.152 fin p.153 début On m'arrêtera peut-être par cette question : L'Ecriture sainte ne suffit-elle pas, sans que je sois obligé de recourir à l'autorité de l’Eglise ? A cela je réponds que la sublimité de l’Ecriture fait que diverses personnes l'interprètent diversement. Tous ne l'expliquent point dans le même sens ; autant de lecteurs, autant d'esprits différente t d'opinions diverses. N'est-ce point dans l’Ecriture que les hérétiques qui se sont succédés jusqu'a nous ont prétendu puiser les preuves de leurs dogmes impies ? Cette variété qui ne peut se fixer à rien, prouve évidemment combien il est nécessaire que les paroles des prophètes et des apôtres soient expliqués par la règle sûre du sens que leur donne l’Eglise catholique. Il n'est pas moins important de s'attacher avec le plus grand soin à reconnaître et à suivre ce qui a été cru en tous lieux, en tous temps, et par tous les fidèles : Magnopere curandum est, ut id teneamis quod ubique, quod semper, quod ab omnibus creditum est. "

15. S. LEON- LE-GRAND, Serm. IV de Nativit. Domini : " On est bien fort, quand on possède la foi véritable et qu'on la possède dans son entier, sans rien y ajouter, sans rien en retrancher ; car la foi ne saurait être qu'une, suivant cette parole de l'Apôtre : Un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de toutes choses, qui est au-dessus de tout, qui est partout, qui est en nous tous. Attachons-nous inébranlablement, mes frères, à cette unité, et dans cette unité, appliquons-nous à vivre saintement en observant les préceptes du Seigneur ; puisque sans la foi il est impossible de plaire à Dieu (Hébr., XI, G), et que sans elle il n'y a ni sainteté, ni chasteté, ni vie spirituelle. Car le juste vit de la foi (HABAC., II, 4). Celui qui, trompé par les ruses du démon, a le malheur de la perdre, est mort, tout vivant qu'il paraisse. Car, de même que la justice s'obtient au moyen de la foi, ainsi c'est par la vraie foi que l'on peut obtenir la vie éternelle, suivant cette parole du Sauveur (JEAN., XVII, 3) : La vie éternelle consiste à vous connaître, vous qui êtes le seul vrai Dieu, et à connaître Jésus-Christ que vous avez envoyé. "

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CHAPITRE II. DE L’ESPERANCE, DE L’ORAISON DOMINICALE ET DE LA SALUTATION ANGELIQUE.

Article I. - DE L’ESPERANCE. Ce premier article renfermera les trois premières questions du chapitre second.

Question I

Qu’est-ce que l’espérance ? L'espérance est une vertu divinement infuse, par laquelle nous attendons de Dieu avec une ferme confiance notre salut éternel et tous les biens qui se rapportent à l'autre vie. Ce ne serait pas assez de croire à Dieu et à sa parole, et de faire profession de tous les dogmes enseignés dans l'Eglise, si le chrétien s'appuyant, comme il le doit, sur la bonté de Dieu, n'en concevait l’espérance et la confiance d'obtenir la grâce et le salut éternel. Cette espérance soutient si puissamment le juste dans les plus cruelles épreuves, que, quand même il se verrait sans aucun appui dans le monde, il n'en dirait pas moins avec une intrépide constance : Quand même il me tuerait, j'espérais encore en lui ; et j’ai mis mon espoir en Dieu, je ne craindrai rien de ce que l'homme pourra me faire. Je mets ma confiance en vous, ô mon Dieu ; ne permettez pas que je tombe dans la confusion.

TEMOIGNAGES DE L’ECRITURE.

1. I Corinthiens, XIII, 13 : " Ces trois vertus, la foi, l'espérance et la charité, subsistent maintenant, mais la charité est la plus grande des trois. "

2. Romains, V, 2-5 : " Par lui (Jésus-Christ) nous avons accès, p.154 fin p.155 début au moyen de la foi, à cette grâce dans laquelle nous sommes établis, et nous nous glorifions dans l'espérance d'obtenir un jour la gloire préparée aux enfants de Dieu. - Et non-seulement dans cette espérance, mais encore dans les afflictions, sachant que l'affliction produit la patience, la patience l'épreuve, et l'épreuve l'espérance. - Or, cette espérance ne trompe point, parce que l'amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs, etc. "

3. Romains, VIII, 24, 25 : Nous ne sommes encore sauvés qu'en espérance : or, l'espérance qui se voit n'est plus espérance ; car qui est-ce qui espère ce qu'il voit déjà ? - Si nous espérons ce que nous ne voyons pas encore, nous l'attendons avec patience. "

4. Tite, II, 11-13 : " La grâce de Dieu s'est manifestée pour le salut de tous les hommes, et elle est venue nous apprendre à renoncer à l'impiété et aux désirs du siècle, et à vivre dans ce monde avec tempérance justice et piété, - dans l'attente du bonheur proposé à notre espérance et de l'avènement glorieux de notre grand Dieu et Sauveur Jésus-Christ. "

5. Tite, III, 7 : " Afin qu'étant justifié par sa grâce, nous devinssions les héritiers de la vie éternelle, selon l'espérance que nous en avons. "

7. I JEAN V, 14 : " Et ce qui nous donne de la confiance en Dieu, c'est qu'il nous exauce en tout ce que nous lui demandons qui est conforme à sa volonté. "

8. JACQUES, I, 3, 5-7 : " L'épreuve de votre foi produit la patience. - Si quelqu'un de vous manque de sagesse, qu'il la demande à Dieu, qui donne à tous libéralement sans reprocher ses dons, et la sagesse lui sera donnée. - Mais qu'il la demande avec foi, sans défiance ; car celui qui est dans la défiance ressemble au flot de la mer, qui est agité et emporté çà et là par la violence du vent. -Il ne faut donc pas que celui-là s'imagine qu'il obtiendra quelque chose du Seigneur. "

9. JEAN, XIV, 13, 14 : " Tout ce que vous demanderez à mon Père en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils. - Si vous me demandez quelque chose en mon nom, je vous l'accorderai. "

10. JEAN, XV, 7, 16 : " Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, vous demanderez tout ce que vous voudrez, et cela vous sera accordé. - Je vous ai établis, afin que vous alliez, que vous rapportiez du fruit, et que votre fruit ne p.155 fin p.156 début périsse point ; en sorte que mon Père vous donne tout ce que vous lui demanderez en mon nom. "

11. JEAN, XVI, 23, 24 : " En vérité, en vérité je vous le dis, tout ce que vous demanderez à mon Père il vous le donnera. - Demandez et vous recevrez, afin que votre joie soit pleine. "

13. Psaume XXVI, 13, 14 : " Je crois voir les biens du Seigneur dans la terre des vivants. - Attends le Seigneur, agis avec courage, que ton cœur prenne une nouvelle force, et sois ferme dans l'attente du Seigneur. "

14. Psaume CXXIX, 4-8 : " Mon âme s'est soutenue par sa confiance dans la parole du Seigneur. - Mon âme a espéré au Seigneur. - Qu'Israël espère au Seigneur, depuis la veille du matin jusqu'a la nuit. - Parce que le Seigneur est plein de miséricorde, et qu'on trouve en lui une miséricorde abondante. - Et lui-même rachètera Israël de toutes ses iniquités. "

43. Psaume LXXII, 28 : " C'est un avantage pour moi de demeurer attaché à Dieu, et de mettre mon espérance dans celui qui est le Seigneur Dieu. "

16. Psaume LXI, 8, 9, 11 : " C'est en Dieu que je trouve mon salut et ma gloire ; c'est de Dieu que j'attends mon secours, et mon espérance est en Dieu. - Espérez en lui, vous tous qui composez l’assemblée du peuple, répandez vos cœurs en sa présence : Dieu est notre protecteur pour jamais. - Gardez-vous bien de mettre votre espérance dans l'iniquité, etc. "

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