Grand Catéchisme (Somme de doctrine chrétienne) (page 19)

Pierre Canisius · Doctrine

Texte français, domaine public · Source : jesusmarie.free.fr — Grand Catéchisme, trad. Peltier, tomes 1 à 6 · 205 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

17. I Timothée, IV, 10 : " Nous espérons dans le Dieu vivant qui est le Sauveur de tous les hommes, principalement des fidèles. "

18. I Thessaloniciens, V, 8 : " Mais nous qui sommes enfants du jour, gardons-nous de cette ivresse, et armons-nous en prenant pour cuirasse la foi et la charité, et pour casque l’espérance du salut. "

19. Ephésiens VI, 16, 17 : " Servez-vous surtout du bouclier de la foi, afin de pouvoir repousser tous les traits enflammés du malin esprit. - Prenez encore le casque du salut, et l’épée spirituelle, qui est la parole de Dieu. "

20. Hébreux, X, 35, 36 : " Ne perdez pas la confiance que vous avez, et qui doit être suivie d'une grande récompense ; - car la patience vous est nécessaire, afin qu'en faisant la volonté de Dieu, vous puissiez obtenir les biens qui vous sont promis. "

21. Hébreux, VI, 18, 19 : " Nous avons une puissante con- p.156 fin p.157 début solation, nous qui avons mis notre refuge dans l’espérance qui nous est donnée - et qui sert à notre âme comme d'une ancre ferme et assurée, et qui pénètre jusqu'au dedans du voile mystérieux. "

22. Ecclésiastique, XXXIV, 15, 16 : " L'espérance de ceux qui craignent Dieu est en celui qui les sauve, etc. - Celui qui craint le Seigneur ne tremblera point ; il n'aura point de peur, parce que Dieu même est son espérance. "

23. Romains, VIII, 35, 38, 39 : " Qui nous séparera donc de l'amour de Jésus-Christ ? etc. - Car je suis assuré que ni la mort, ni la vie, ni les anges, ni les principautés, ni les puissances, ni les choses présentes, ni les futures, ni la violence, - ni tout ce qu'il y a de plus haut ou de plus profond, ni aucune autre créature ne pourra jamais nous séparer de l'amour de Dieu, en Jésus-Christ Notre-Seigneur. "

25. Proverbes, XXVIII, 1 : " Le méchant fui sans être poursuivi de personne ; mais le juste est hardi comme un lion et ne craint rien. "

TEMOIGNAGES DE LA TRADITION. S. AUGUSTIN, Enchirid., c. 8 : " Peut-on espérer autre chose que ce qu'on croit déjà ? Mais on peut croire autre chose que ce qu'on espère. Quel est en effet le fidèle qui ne croie la vérité des châtiments réservés aux impies ? et cependant il est loin de les espérer. Ainsi donc la foi s'étend au mal qu'on peut craindre, comme au bien qu'on peut espérer. Elle n'a pas non plus pour unique objet les choses à venir, mais elle a aussi pour objet les choses passées et présentes. Enfin la foi a pour objet, et ce qui concerne personnellement celui qui croit, et ce qui peut concerner tout autre que lui. Au lieu que l'espérance n'a pour objet que le bien, et le bien à venir, et le bien personnel, ou propre à celui qui en a l'espérance. Pour toutes ces raisons, on voit que la foi et l'espérance doivent être distinguées entre elles, et non pas seulement par des noms particuliers, mais par les propriétés qui les distinguent véritablement. Du reste, l'objet de l'espérance n'est pas plus une chose dont nous ayons la vision, que celui de la foi. Lorsqu'on croit qu'un bien nous arrivera, c'est qu'on l'espère. " p.157 fin p.158 début

Question II

Quels sont les moyens d’obtenir cette vertu d’espérance ? Un premier moyen, c'est de s'adresser Dieu par des prières ferventes et multipliées. Un second, c'est d'alimenter et d'exciter en nous cette vertu par la méditation journalière de la bonté et des bienfaits de Dieu, et particulièrement de ceux que Notre-Seigneur Jésus-Christ nous a procurés et promis dans son immense charité pour nous, quelques indignes que nous en fussions. A ces deux moyens il faut joindre la pureté de la conscience, qu'on s'assurera par la pratique constante des bonnes œuvres et par une patience invincible dans les adversités. Car ceux à qui manque le témoignage d'une bonne conscience, ou le ferme propos de mener une meilleure vie, ceux-là n'ont pas l'espérance à proprement parler, et doivent être taxés plutôt de présomption, ou d'une confiance tout-à-fait téméraire, quelque prétention qu'ils aient de se reposer sur les mérites de Jésus-Christ et sur la grâce de Dieu. Espérez en Dieu, dit le prophète, et faites le bien. Soyez soumis au Seigneur, dit-il encore, et priez-le. Le Seigneur est bon, est-il dit dans un autre psaume, pour ceux qui espèrent en lui, ou pour ceux qui le cherche. Mais cette espérance ne doit pas être absolument exempte de crainte, comme le prouvent ces autres paroles : Le Seigneur met son plaisir en ceux qui le craignent, et en ceux qui espèrent en sa miséricorde.

TEMOIGNAGES DE L’ECRITURE.

6. Ephésiens, II, 4, 11 : " Mais Dieu qui est riche en miséricorde, poussé par l'amour extrême dont il nous a aimés, - lorsque nous étions morts par nos péchés, nous a rendu la vie en Jésus-Christ par la grâce duquel vous êtes sauvés ; - et il nous a ressuscités avec lui, et nous a fait asseoir dans le ciel en Jésus-Christ, - pour faire éclater dans les siècles à venir les richesses surabondantes de sa grâce, par la bonté qu'il nous a témoignée en Jésus-Christ. - Car c'est par la grâce que vous êtes sauvé en vertu de la foi, et cela ne vient pas de vous, puisque c'est un don de Dieu ; - cela ne vient point de vos œuvres, afin que nul ne se glorifie ; - car nous sommes son ouvrage, ayant été créés en Jésus-Christ pour nous exercer à la pratique des bonnes œuvres que Dieu a d'avance a ménagées à chacun de nous. "

7. Tite, III, 3-5 : " Nous étions aussi nous-même autrefois insensés, désobéissants, etc. - Mais depuis que la bonté de Dieu notre Sauveur, et son amour pour les hommes s'est rendu visible, - il nous a sauvés, non à cause des œuvres de justice que nous aurions pu faire, mais à cause de sa miséricorde, etc. "

8. Romains, VIII, 29, 31, 32 : " Car ceux qu'il a connus par sa préscience, il les a aussi prédestinés pour être conformes à l'image de son Fils, afin qu'il fût le premier-né entre plusieurs frères. - Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? - Si Dieu n'a pas épargné son propre Fils, et s'il l'a livré pour nous tous, comment avec lui ne nous a-t-il pas donné aussi toutes choses ? "

10. I JEAN, IV, 9,10 : " Dieu a fait paraître son amour envers nous, en ce qu'il a envoyé son Fils unique dans le monde, afin que nous vivions par lui. - Cet amour consiste en ce que ce n'est pas nous qui avons aimé Dieu, mais que c'est lui qui nous a aimés le premier, et qui a envoyé son Fils pour être la victime de propitiation pour nos péchés. "

11. Hébreux, X, 22-24 : " Approchons-nous de lui avec un cœur vraiment sincère et avec une pleine foi, ayant le cœur purifié des souillures de la mauvaise conscience par une aspersion intérieure, et le corps lavé dans l'eau pure. -Demeurons fermes p.159 fin p.160 début et inébranlable dans la profession que nous avons faite d'espérer les biens promis, puisque celui qui nous les a promis est très-fidèle dans ses promesses ; - et regardons-nous les uns les autres, pour nous exciter à la charité et aux bonnes œuvres. "

13. Romains, V, 8, 17, 20, 21 : " Dieu a fait éclater son amour pour nous, en ce que, lors même que nous étions encore pécheurs, Jésus-Christ est mort pour nous dans le temps marqué, etc. - Si à cause du péché d'un seul ; la mort a régné par un seul, à plus forte raison ceux qui reçoivent l'abondance de la grâce et du don de la justice, règneront dans la vie par un seul, qui est Jésus-Christ. - Où il y a eu abondance de péché, il y a eu une surabondance de grâce, - afin que, comme le péché avait régné en donnant la mort, la grâce de même règne par la justice en donnant la vie éternelle par Jésus-Christ Notre-Seigneur. "

14. Romains, VIII, 18 : " Les souffrances de la vie présente n'ont pas de proportion avec cette gloire qui doit un jour éclater en nous. "

16. I JEAN, III, 21, 22 : " Mes bien-aimés, si notre cœur ne nous condamne point, nous avons de l'assurance devant Dieu ; - et quoi que ce soit que nous lui demandions, nous le recevrons de lui, parce que nous gardons ses commandements, et que nous faisons ce qui lui est agréable. "

17. II Corinthiens, I, 6, 7 : " Or, soit que nous soyons affligés, c'est pour votre instruction et votre salut ; soit que nous soyons consolés, c'est encore pour votre instruction et votre salut qui s'accomplit dans la souffrance des même maux que nous souffrons. - C'est ce qui nous donne une ferme confiance pour vous, sachant qu'ainsi que vous avez part aux souffrances, vous aurez aussi part à la consolation. "

18. Hébreux, III, 6 : " Mais Jésus-Christ, comme Fils, a l'autorité sur sa maison, et nous sommes nous-mêmes sa maison, pourvu que nous conservions jusqu’à la fin une ferme confiance, et une espérance pleine de joie par rapport aux biens à venir. "

19. Hébreux, X, 34-36 : " Car vous avez compati à ceux qui étaient dans les chaînes, et vous avez vu avec joie tous vos biens vous être enlevés, sachant que vous aviez d'autres biens plus excellents et qui ne périront jamais. - Ne perdez donc pas la p.160 fin p.161 début confiance que vous avez, et qui doit être suivie d'une grande récompense. - Car la patience vous est nécessaire, afin qu'en faisant la volonté de Dieu, vous puissiez obtenir les biens qui vous sont promis. "

20. I JEAN, III, 2-3 : " Nous le verrons tel qu'il est.

- Et quiconque a cette espérance en lui se sanctifie, comme il est saint lui-même. "

21. Colossiens, I, 22-23. : " Mais maintenant Jésus-Christ vous a réconcilié par sa mort dans son corps mortel, pour vous rendre saints, purs et irrépréhensibles devant lui, - si toutefois vous demeurez fondés et affermis dans la foi, et inébranlables dans l’espérance que vous donne l’Evangile qu'on vous a annoncé. "

22. II PIERRE, I, 10 : " Efforcez-vous donc de plus en plus, mes frères, d'affermir votre vocation et votre élection par la pratique des bonnes œuvres. "

23. II PIERRE, II, 17-19 : " Ce sont des fontaines sans eau, etc. - Car, tenant des discours d'insolence et de folie, ils amorcent par les passions de la chair et les voluptés sensuelles ceux qui, peu de temps auparavant, s'étaient séparés des personnes infectées d'erreur, - et ils leur promettent la liberté, lorsqu'eux-mêmes sont esclaves de la corruption. "

24. Ecclésiastique, V, 4-6 : " Ne dites pas : J'ai péché, et que m'en est-il arrivé de mal ? car le Très-Haut est très-lent à punir les crimes. - Ne soyez point sans crainte au sujet de l'offense qui vous a été remise, et n'ajoutez pas péché sur péché. - Ne dites pas : La miséricorde du Seigneur est grande, il aura pitié de la multitude de mes péchés, etc. "

TEMOIGNAGES DE LA TRADITION.

1. S. AUGUSTIN, de doctr. christianâ, lib. III, c. 37 : " On ne peut perdre la foi sans perdre en même temps la charité. Mais si l'on a au contraire ces deux vertus, on ne peut manquer, en faisant le bien et en se conformant en tout aux préceptes de la morale, d'avoir aussi l'espérance d'arriver un jour à la possession de ce qu'en aime. "

2. Ibidem, c. 40 : " L'Apôtre, après avoir dit : La fin des commandements c'est la charité (I Tim., I, 5), ajoute aussitôt : qui naît d’un cœur pur, parce que la charité ne doit se porter qu'à ce qui mérite d’être aimé. Puis il ajoute : d'une bonne conscience, à cause du l'espérance qui doit s'y joindre. Car celui à qui sa conscience rend un mauvais témoignage, ne peut pas espérer p.161 fin p.162 début d'obtenir dans cet état l'objet même de sa foi et de son amour. Enfin il dit : et d'une foi sincère ; car si notre foi n'est pas mensongère nous n'aimerons pas ce qui ne mérite pas d'être aimé, et nous ferons en sorte, en vivant bien, que notre espérance ne soit pas non plus trompeuse. "

3. Ibidem, lib. III, c. 10 : " L’espérance pour chacun répond à l'état de sa conscience, selon qu'il se sent lui-même avancer dans la connaissance et dans l'amour de Dieu et du prochain. "

4. Le même, Præf. enarrat. Ps. XXXI

: " La charité même, qui est dans le cœur de celui qui fait le bien, lui donne l’espérance inséparable de la bonne conscience. Car de même que la mauvaise conscience est grosse de désespoir, de même la bonne conscience produit l’espérance. La fin des commandements, dit l'Apôtre, est la charité qui naît d’un cœur pur, d’une bonne conscience et d'une foi sincère. La bonne conscience est nommée ici à la place de l’espérance. Car quiconque a une bonne conscience, a par là même l'espérance. Celui au contraire qu'agite une conscience coupable, perd de plus en plus l’espérance, et n'attend bientôt plus que la damnation. Ayez donc une bonne conscience, si vous voulez espérer le royaume des cieux ; et pour avoir une bonne conscience, croyez et faites le bien ; car croire c'est avoir la foi, et faire le bien c'est avoir la charité. "

5. S. GREGOIRE-LE-GRAND, lib. XXXIII moralium in Job, c. 15 : " Notre Créateur est juste et bon. Mais qu'on ne dise pas : Puisqu'il est bon, j'aurai beau pécher, il me pardonnera toujours. Que personne après avoir péché ne dise non plus : Puisqu'il est juste, je désespère d'obtenir la rémission de mon péché, car Dieu pardonne le crime dont on gémit devant lui ; mais on n'en doit pas moins craindre de le commettre, puisqu'on ignore si l'on pourra le déplorer comme il faut. On doit donc avant la faute s'effrayer de la justice de Dieu, et après la faute espérer dans sa bonté ; et cependant ne pas tellement s'effrayer de sa justice, qu'on s'interdise les consolations de l’espérance, ni se confier tellement dans sa miséricorde, qu'on néglige de guérir ses propres maux spirituels par une pénitence qui y soit proportionnée : non, mais on doit se souvenir toujours que celui qui pardonne avec miséricorde, est le même que celui qui juge avec sévérité. Que notre confiance fondée sur l'espérance du pardon soit donc modérée par le frein de la crainte, afin que la perspective d'un jugement rigoureux détermine à se corriger de ses fautes celui que l'offre miséricordieuse d'un pardon gratuit invite à la confiance. " p.162 fin p.163 début

6. Le même, Epist. lib. VI, epist. 22 ad Gregoriam cubiculariam Augustæ : " Quant à ce que votre douceur a ajouté à la fin de sa lettre, qu'elle ne cesserait de m’importuner jusqu’à ce que je lui écrive qu'il m'a été révélé que vos péchés vous sont pardonnés ; c'est me demander une chose difficile et inutile tout à la fois. Difficile d'abord, parce que je ne mérite pas qu'il me soit fait une révélation ; inutile ensuite, parce que vous ne devez être tranquille au sujet de vos péchés commis, que lorsqu'arrivé au dernier jour de votre vie, vous ne pourrez plus les pleurer davantage. Jusqu’à ce jour-la, vous devrez toujours être inquiète, toujours être alarmée au sujet de vos péchés, et vous en laver continuellement dans vos larmes. L'apôtre saint Paul avait déjà été ravi jusqu'au troisième ciel, il avait déjà été introduit dans le paradis, déjà il avait entendu des paroles mystérieuses qu'il n'est pas permis à l'homme de répéter, et cependant il tremblait encore en disant : Je traite rudement mon corps, et je le réduis en servitude, de peur qu'après avoir prêché aux autres, je ne sois réprouvé moi-même (I Cor., IX, 26-27). Quoi ! celui qui est déjà parvenu au ciel, est toujours saisi de crainte ; et nous qui rampons toujours sur la terre, nous ne voudrions pas craindre ! Considérez, ma fille, que la sécurité est la mère de la négligence.

N'aspirez donc point à obtenir ici-bas cette sécurité qui vous rendrait négligente ; car il est écrit : Heureux l'homme qui est toujours dans la crainte (Prov., XXVIII, 14).Il est écrit encore : Servez le Seigneur dans la crainte, et réjouissez-vous en lui avec tremblement (Ps. II, 11). Il est donc nécessaire que durant cette courte vie vous soyez retenue par une crainte continuelle, pour qu'ensuite vous puissiez vous réjouir éternellement dans une sécurité que rien ne pourra troubler. "

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