Grand Catéchisme (Somme de doctrine chrétienne) (page 181)
32. S. CYRILLE de Jérusalem, Catéchèse
XV : " De même qu'avant l'incarnation du Fils de Dieu et sa naissance d'une vierge, le démon trompait les hommes en leur offrant à adorer de faux dieux, qui se mariaient et avaient des enfants, afin que l’erreur une fois entrée dans les esprits empêchât la vérité d'y pénétrer, de même, lorsque Jésus-Christ viendra une seconde fois sur la terre, l'antique ennemi du genre humain tournant à son profit cette attente générale qu'il verra dominer surtout parmi les Juifs, subornera un homme puissant en artifices, fécond en mensonges et habile en sortilèges, qui usurpera la domination de l'empire romain, et se donnera faussement pour être le Christ, afin de mieux séduire les Juifs, qui attendent toujours sa venue, en même temps qu'il abusera de la simplicité des gentils par les opérations magiques auxquelles il aura recours. Cet Antechrist viendra lorsque l'empire romain sera sur son déclin et que la fin du monde sera proche. Dix rois des Romains prétendront en même temps à l'empire en divers lieux, et le onzième sera l'Antechrist, qui s'emparera de l'empire par ses artifices magiques. Il abattra la puissance de trois de ces dix rois et s'assujettira les sept autres. D'abord, en homme prudent et habile, il feindra la modération et l'humilité, en même temps que par ses prodiges et sa magie il séduira les Juifs, qui croiront voir en lui le Christ attendu depuis si longtemps. Quand une fois il les aura séduits, il s’abandonnera sans mesure à tous les procédés les plus inhumains et les plus iniques, et surpassera en méchanceté tout ce qu'il y aura jamais eu de plus pervers et de plus impie. Son caractère p.83 fin p.84 début se montrera sanguinaire, impitoyable, capricieux à l'égard de tous, mais surtout à l’égard des chrétiens.
Après avoir exercé sa tyrannie l’espace de trois ans et demi, il sera vaincu par le Fils de Dieu, qui accomplira alors son second avènement, et qui, après avoir tué l’Antechrist par le souffle de sa bouche (II Thess., II, 8), le livrera au feu de l’enfer (Apoc., XIX, 20). Ce que nous enseignons ici, nous ne l'imaginons point de nous-mêmes, mais nous l'inférons de ce que nous trouvons marqué dans les saintes lettres, et particulièrement dans les prophéties de Daniel (VII, 3), et dans l'interprétation qu'en a donné l'archange Gabriel en ses termes. La quatrième bête, c’est la quatrième monarchie qui s'élèvera, et qui sera plus puissante que toutes les autres (DAN., VII, 7). Or, les interprètes chrétiens ont cru voir indiqué par ces mots l’empire romain. Car la première de ces monarchies était la monarchie assyrienne ; la seconde, celle des Mèdes et des Perses ; la troisième celle des Macédoniens, la quatrième encore subsistant aujourd'hui, doit donc être l'empire romain. L'ange Gabriel, continuant à interpréter la prophétie, dit ensuite : Les dix couronnes de la bête, ce sont dix royaumes qui s’élèveront. Après quoi il s’élèvera un autre roi qui sera plus puissant que ceux qui l'auront devancé, et qui surpassera en crimes non-seulement ces dix rois, encore tous ceux qui auront jamais existé et il abaissera trois rois (DAN., VII, 24). Or, il est évident qu'il n'abattra la puissance de ces trois rois que pour faire le huitième avec les sept autres qui resteront. Il parlera insolemment contre le Très-Haut (ibid., 25). Ce sera donc un blasphémateur, un homme d'iniquités ; il n'aura point hérité sa royauté de ses pères mais il ne devra son pouvoir qu'à ses opérations magiques.
. . . . "
" L'Antechrist abhorrera les idoles, mais ce sera pour se faire adorer à leur place dans le temple de Dieu. De quel temple le prophète veut-il parler ? Sans aucun doute de celui qui pourra rester aux Juifs. Car à Dieu ne plaise que cette abomination ait lieu dans celui que nous occupons nous-mêmes. . . . . "
" Quel est le signe du second avènement de Jésus-Christ, que n'entreprendra pas d’imiter son horrible adversaire ? Alors, dit l’Evangile, le signe du Fils de l’homme paraîtra dans le ciel (MATTH., XXIV, 30). Le signe proprement dit de Jésus-Christ, c'est la croix. Ce signe éclatant précèdera notre roi, et fera la gloire de celui qui y a été crucifié, afin que les Juifs le voyant, eux qui en avaient fait l'instrument de leur cruauté comme de leur perfidie, puissent dire en s s'accusant les uns les autres : C’est p.84 fin p.85 début lui qui a été souffleté, c’est lui à qui on a craché au visage ; c'est lui qu'on a chargé de liens ; c'est lui qu'on a rejeté et qu'on a crucifié :
où fuirons-nous pour échapper à sa colère ?
Mais cernés par la troupe des anges, ils ne trouveront aucune issue à leur fuite. Le signe de la croix est la terreur des ennemis de notre Dieu, comme il est la joie de ceux qui croient en lui, ou qui ont annoncé son nom, ou qui ont souffert pour lui le martyre. . . . . "
" Mettez-vous donc à l'œuvre et persévérez dans la foi, pour ne pas être exclu du palais de l’époux, comme les vierges folles à qui l'huile vint à manquer. Ne vous contentez pas d'avoir une lampe en main, mais faites en sorte aussi qu'elle soit allumée, c’est-à-dire, ne vous bornez pas à avoir la foi, mais que votre foi soit ardente de charité, en sorte que votre lumière brille aux yeux des hommes par les bonnes œuvres, pour que Jésus-Christ ne soit pas blasphémé à votre occasion. Que vos bonnes œuvres soient aussi la robe nuptiale qui vous décore aux yeux de l’époux ; faites valoir le talent que vous avez reçu de Dieu ; c'est un dépôt qui vous a été confié, sachez en tirer parti. "
33. S. JEROME, lett. I à Héliodore, c. 9
: " Vous êtes exigeant, mon frère, si vous prétendez jouir des plaisirs du monde et régner ensuite avec Jésus-Christ. Il viendra certes, il viendra, le jour où ce corps mortel et périssable revêtira l’incorruptible l’immortalité. Heureux alors le serviteur que le Seigneur aura trouvé sur ses gardes ! Alors la terre et ses habitants trembleront au son de la trompette, et vous vous réjouirez à l'approche du jugement du Seigneur. L'univers dans le deuil poussera des mugissements ; les peuples se frapperont la poitrine ; les plus puissants rois paraîtront dépouillés et palpitants de crainte ; Jupiter, entouré de flammes tout autrement réelles que ses foudres, sera donné en spectacle avec ses adorateurs ; l'insensé Platon figurera de même avec toute son école, et Aristote ne gagnera rien par tous ses syllogismes. Quant à vous, pauvre paysan, vous serez dans la joie, vous rirez en disant : Voici mon Dieu qui a été crucifié ; voici le juge suprême le même qui, jadis enveloppé de langes, vagissait dans une crèche. C'est ce fils d'un artisan et d'une pauvre journalière, ce faible enfant qui, porté dans les bras d'une femme, fuyait, tout Dieu qu'il était, jusqu'en Egypte la colère d'un homme ; le même qu'on avait par dérision revêtu de pourpre ; le même qui a été couronné d'épines ; le même qu'on a accusé de magie, qu'on disait être possédé du démon, et qu'on appelait p.85 fin p.86 début samaritain. Juif, regarde ces mains que tu as percées.
Romain, vois ce flanc que tu as ouvert ; les uns et les autres, examinez bien si c'est là le même corps que vous accusiez ses disciples d'avoir enlevé. "
34. S. GREGOIRE-LE-GRAND, Hom. I in Evangelia :
" C'est en considérant l'extrême sévérité de ce juge qui doit venir, que saint Paul s'écria : Qu'il est horrible de tomber entre les mains du Dieu vivant (Hébr., X, 34) ! Et c'est ce que David a voulu exprimer dans un de ses psaumes, quand il a dit : Dieu viendra d'une manière visible ; notre Dieu viendra, et il ne se tiendra pas dans le silence. Tout sera en feu à sa seule approche, et il paraîtra faisant éclater autour de lui une furieuse tempête (Ps. XLIX, 5). Or, les tempêtes et les feux accompagnent ce juge terrible, afin que le feu de sa vengeance consume tous ceux qui n'auront pu supporter la tempête du rigoureux examen qu'il fera à la fin des siècles. "
" Remettez-vous donc devant les yeux, mes chers frères, ce jour effroyable, et tout ce qui vous semble maintenant pénible et rude vous paraîtra doux et commode en comparaison de sa rigueur. Car c'est de ce jour qu'a parlé un prophète lorsqu'il a dit : Le grand jour du Seigneur est proche : il est proche, et il vient avec une incroyable vitesse. Le seul nom de ce jour du Seigneur jette l'amertume dans l’âme ; en ce jour-là les forts et les puissants seront tourmentés. Ce jour-là sera le jour de la colère ;
ce sera le jour des tribulations et des angoisses, des calamités et des misères ; ce sera le jour de l'obscurité et des ténèbres, le jour des orages et des tourbillons, le jour des trompettes et de leur bruit éclatant (SOPH., I, 14). - Le Seigneur parle encore de ce même jour, lorsqu'il dit par la bouche d'un autre prophète : Encore un coup, et j’ébranlerai non-seulement la terre, mais le ciel même (AGG., II, 22). "
" Voici, comme je l'ai déjà dit, qu'il ne fait qu'agiter l'air, et la terre en est ébranlée. Que ferons-nous donc, quand il bouleversera le ciel même ? Et pourquoi n'appelons-nous pas ces effroyables désolations, que nous voyons tous les jours, les avant-coureurs de cette colère divine qui devra immédiatement les suivre ? En effet, ces calamités ne sont différentes de celles qui arriveront au dernier jour, que comme la personne d'un avant-coureur ou d'un héraut diffère de celle du juge lui-même. "
" Appliquez donc, mes chers frères, toute l'attention de votre esprit à méditer sur ce dernier jour ; corrigez les défauts de votre vie, changez vos cœurs en mieux, surmontez par une généreuse p.86 fin p.87 début résistance les tentations qui vous portent au mal, et expiez par vos regrets et vos larmes vos péchés passés ; et vous verrez un jour l’avènement de votre juge éternel avec d'autant plus d'assurance, que la crainte d'un jugement si rigoureux vous l'aura fait prévenir avec plus de soin (Cf. Les quarante Homélies ou Sermons de saint Grégoire sur les Evangiles, p. 13-14). "
33. Le même, Hom. XII in Evangelia : " Considérez, mes chers frères, de quelle terreur on sera saisi en présence d'un tel juge, et en ce jour où il n'y aura plus nul moyen d'éviter la peine qu'on aura méritée. Quelle sera la confusion qu'on éprouvera de se voir couvert de honte et d'opprobre, en punition de ses crimes, à la vue de tous les anges et de tous les hommes ! Quel sujet d'épouvante d'avoir à contempler tout embrasé de fureur, un Dieu que l'esprit humain n'a pas seulement la force de se représenter calme et serein ! Aussi est-ce ce jour terrible qu'un prophète appelle avec beaucoup de raison le jour de la colère, le jour des tribulations et des angoisses, le jour des calamités et des misères, le jour de l'obscurité et des ténèbres, le jour des orages et des tourbillons, le jour de la trompette et de son bruit éclatant. "
" Représentez-vous donc, mes frères combien amer et rigoureux pour les réprouvés ce prophète a vu par avance que devait être ce jour de leur dernière sentence, puisqu'avec tant d'expressions énergiques, il n'a encore pu suffisamment l'exprimer. Mais considérez en même temps quelle sera en ce jour l'allégresse des élus, de pouvoir contempler avec joie et suavité celui dont ils voient que les démons ne peuvent supporter même la présence ; d'entrer avec lui dans ses noces toutes divines, et de trouver leur félicité avec cet époux, dont leurs âmes sont aussi les chastes épouses, puisque, dans la vision béatifique, Dieu même s'unira à nous dans ce lit nuptial du roi éternel, sans que cette vue ineffable interrompe jamais les chastes embrassements, par lesquels son amour nous unira éternellement à lui. "
" Alors la porte du royaume céleste qui, dans l'état actuel, est tous les jours ouverte aux âmes pénitentes, sera fermée à ceux-mêmes qui pleureront leurs péchés.
Car, bien qu'en ce jour terrible le repentir puisse toujours avoir lieu, il sera néanmoins sans aucun fruit ; parce que ceux qui auront inutilement perdu le temps propre à obtenir le pardon de leurs fautes, ne pourront plus désormais l'espérer. C'est ce qui a fait dire à saint Paul :
p.87 fin p.88 début Voici maintenant le temps favorable ; voici maintenant le jour du salut (II Cor., VI, 2) ; et à un prophète (ISAIE, LV, 6) : Cherchez le Seigneur pendant qu'il peut encore être trouvé ; invoquez-le pendant qu'il est proche (Cf. Les quarante Homélies ou Sermons de saint Grégoire sur les Evangiles, p. 109-110). "
36. Le même, Moralium lib. XXVI, c. 24 (al.
17) : " Ou bien il faut dire qu'il rend justice aux pauvres, parce que ceux qui sont maintenant opprimés avec injustice seront un jour établis les juges de ces hommes violents qui les oppriment. Car tous les hommes sont partagés en deux classes, celle des élus et celle des réprouvés. Et chacun de ces ordres se divise encore en deux sections, parce qu'entre ceux qui périssent, il y en a qui seront jugés et d'autres qui ne le seront pas, et qu'entre ceux qui doivent régner les uns aussi seront jugés et les autres ne le seront pas. Ceux-là périront et seront jugés, à qui l’Evangile marque que le Seigneur dira au jour de leur condamnation : J'ai eu faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ;
j'ai eu soif, et vous ne m'avez pas donné à boire ; j'ai eu besoin de logement, et vous ne m'avez pas logé ; j'ai été sans habits, et vous ne m'avez pas revêtu ; j'ai été malade et en prison, et vous ne m'avez pas visité (MATTH., XXV, 42-43). Et il leur aura dit auparavant : Retirez-vous de moi, maudits, et allez au feu éternel qui a été préparé pour le diable et pour ses anges. D'autres périront dans le jugement dernier sans y être jugés, et ce seront ceux dont le Prophète dit : Les impies ne ressusciteront point pour le jugement (Ps. I, 5). Et le Seigneur dit dans l’Evangile : Celui qui ne croit point est déjà jugé (JEAN, III, 18).
Saint Paul dit aussi : Ceux qui ont péri sans avoir reçu la loi périront sans la loi (Rom., II, 12). Il est, donc vrai que tous les infidèles ressusciteront pour être punis, mais non pour être juges. Car on n’examinera pas alors leur cause, puisqu'ils comparaîtront devant le tribunal du juge sévère en portant déjà avec eux leur arrêt de condamnation pour leur infidélité. "
" Mais ceux qui ayant gardé la possession de la vraie foi n'en auront pas fait les œuvres, seront repris et jugés au dernier jour. Au lieu que les autres, qui n'ont pas reçu le sacrement de la foi, n'entendront point dans ce jour du jugement général ces invectives effroyables du souverain juge, parce qu’étant déjà jugés et condamnés par avance dans les ténèbres de l'infidélité, ils ne méritent pas de recevoir cette remontrance dernière de la bouche p.88 fin p.89 début
de celui qu'ils ont méprisé. Les premiers entendront les paroles de leur juge, parce qu'au moins ils ont reçu la parole de la foi ; mais les autres ne les entendront point dans le jour de leur réprobation éternelle, parce qu'ils n'auront pas porté respect même à sa parole. Les premiers périssent en vertu de la sentence de la loi, parce qu'ils ont vécu sous la loi ; mais on ne parle pas de la loi aux autres, parce qu'ils ne se sont pas mis en peine de la loi (Cf. Les Morales de saint Grégoire, t. III, p. 780-782). "
37. Ibidem, c. 25 : " Un prince qui gouverne un état punit autrement un de ses sujets coupable de quelque crime, qu'il ne punit un ennemi qui lui résiste du dehors. Pour le châtiment du premier, il consulte le droit, les ordonnances du pays, et le condamne justement dans les termes de la loi sous laquelle il vit ; mais, à l’égard d’un ennemi, il lui fait la guerre, il prépare contre lui les armes et les autres instruments les plus propres à l'exterminer ; il le châtie selon qu'il juge qu'il l'a mérité par sa malice, et il ne se met nullement en peine quelle punition la loi ordonne pour son crime, parce qu'il n'y a pas lieu de faire mourir selon les formes de la loi celui qui n'y a jamais été soumis. Il en sera de même au jugement dernier. On condamnera d'après les termes de la loi celui qui, ayant fait profession de la suivre, s'en sera éloigné par ses actions. Au lieu que celui qui n'aura point embrassé la loi de la foi, sera puni sans que le juste juge invoque les termes de la loi pour le convaincre et le condamner. "
" Entre les élus, ceux-là aussi seront jugés et règneront, qui auront effacé par leurs larmes toutes les taches de leur vie, et qui ayant travaillé à racheter par de bonnes œuvres leurs péchés passés, auront couvert avec le voile de leurs aumônes, aux yeux du souverain juge, tout ce qu'ils auront commis contre ses préceptes ; et c'est à eux que ce divin juge adressera un jour ces paroles : J'ai eu faim, et vous m'avez donné à manger ; j’ai eu soif, et vous m'avez donné à boire ; j'ai eu besoin de logement, et vous m'avez logé ; j'ai été sans habits, et vous m'avez revêtu, j'ai été malade, et vous m'avez visité ; j'ai été en prison, et vous êtes venus me voir. Et il leur avait dit d'abord : Venez, les bénis de mon père posséder le royaume qui vous a été préparé dès le commencement du monde. "
" Les autres règneront et ne seront point jugés : ce sont ceux qui, s'élevant par l'excellence de leur vertu au-dessus des pré- p.89 fin p.90 début ceptes de la loi, ne se sont pas contentés d’accomplir ce qu'elle ordonne à tout le monde, mais ont voulu par le désir d’une grande perfection, faire beaucoup plus que ne leur prescrivaient de faire les commandements généraux de Dieu. Et c'est à eux que Notre-Seigneur adresse ces autres paroles dans l’Evangile : Pour vous autres qui m'avez suivi, etc. " Voir la suite de ce passage rapporté plus haut, article des Conseils évangéliques, tome V, question VI, témoignage 1, page 503 (Cf. Les Morales de saint Grégoire, t. III, p. 782-783).
38. S. AUGUSTIN, Méditations, c. 4 : " O Dieu des dieux, dont la bonté surpasse la malice des hommes, je sais que vous ne vous tairez pas toujours, et que tôt ou tard votre justice se manifestera ; je sais que votre tribunal lancera l'éclair et le tonnerre, lorsque vous convoquerez le ciel et la terre pour discerner le peuple de vos justes. C'est alors, devant des milliers innombrables d'hommes et devant tous les cœurs des anges, que toutes mes iniquités seront dévoilées et qu'apparaîtront dans toute leur turpitude non-seulement mes actions les plus secrètes, mais encore toutes mes paroles et toutes mes pensées. Abandonné, isolé de toutes les créatures, j’aurai pour juges tous ceux qui m'ont précédé dans la voie du bien, pour accusateurs les plus ardents tous ceux qui m'ont donné l’exemple d'une vie sainte, pour témoin irrécusables tous ceux qui ne m'ont point épargné leurs avertissements charitables, et qui m’édifiaient par leurs bonnes œuvres (Cf. Chefs-d'œuvre des Pères de l'Eglise, t. XIII, p. 12-13). "
39. S. ANSELME de Cantorbery, Lib. de miseriâ hominis : " De tous côtés je ne vois que sujets de perplexité : d'un côté mes péchés qui m'accusent, d'un autre une justice dont la sévérité me glace de frayeur ; au-dessous de moi un affreux abîme, au-dessus de ma tête un juge irrité ; en moi ma conscience qui me tourmente, hors de moi le monde tout en feu. Si le juste à peine doit être sauvé, où ira se cacher le pécheur, surpris dans son triste état ? Déjà entre les mains de mes bourreaux, où chercherai-je un refuge ? Comment oserai-je paraître ? Me cacher, m’est une ressource impossible ; me montrer, me sera un insupportable supplice. "
40. S. BERNARD, Lib. de interiori domo, c. 38 (ou bien HUGUES DE SAINT-VICTOR, Lib. III de animâ, c. 23) : "
Votre juge sera en même temps votre accusateur sévère.
Tous les esprits bons et mauvais se joindront à lui pour vous accuser devant Dieu :
p.90 fin p.91 début les bons, pour rendre gloire à Dieu ; les mauvais, pour revendiquer leurs propres droits dans le mal que vous aurez fait. Vous aurez autant de juges à qui répondre qu'il y aura de personnes qui vous auront surpassé dans le bien ; autant d'accusateurs qui vous confondront, qu'il y aura de personnes qui vous auront donné l'exemple de bien vivre ; autant de témoins qui vous convaincront, qu'il y en aura qui vous auront engagé au bien, soit par de charitables avis, soit par le langage muet de leurs bonnes œuvres. Vos iniquités seront mises à nu aux yeux de tous les peuples ; tous verront tout le détail de vos crimes, et non-seulement de ceux que vous aurez commis par action, mais encore de ceux que vous aurez commis par paroles ou par pensées. Une foule de vos péchés qui présentement vous sont invisibles, se montreront tout-à-coup à vos yeux, comme s'ils sortaient d'une embuscade, et peut-être même ces derniers seront-ils plus considérables et plus nombreux que ceux que vous vous connaissez maintenant. De tous côtés vous ne verrez que sujets de perplexité : d’un côté vos péchés qui vous accuseront, d'un autre une justice dont la sévérité vous glacera d'effroi ; au-dessous de vous un affreux abîme, au-dessus de votre tête un juge irrité, en vous, votre conscience qui vous tourmentera, hors de vous, le monde qui vous apparaîtra tout en feu. Si le juste à peine doit être sauvé, où ira se cacher le pécheur surpris dans son triste état ? Se cacher, lui sera impossible ; se montrer, lui sera un insupportable supplice (On voit que cette dernière tirade est copiée de saint Anselme. Voir le témoignage précédent). Dans cet imminent danger, votre conscience chargée de crimes sera votre premier bourreau. Les secrets de votre cœur seront déjà pour vous un affreux tourment. Votre conscience vous obligera à vous faire vous-même votre accusateur et votre juge. Convaincu par le témoignage de votre propre conscience, comme par l'œil clairvoyant de votre juge, vous ne pourrez essayer d'aucune fuite ; mais tremblant et inquiet, vous attendrez dans une extrême angoisse cette sentence terrible qui fixera votre sort pour l'éternité. Votre juge sera alors d'une colère implacable, d'une rigueur que rien ne pourra fléchir ; votre sentence une fois portée sera immuable ; d'horribles bourreaux à qui la compassion est inconnue seront tout prêts pour se saisir de vous et vous mettre à la torture, aussitôt que la sentence aura été prononcée. Vos tourments ne seront plus susceptibles soit d'être suspendus, soit d'être mo- p.91 fin p.92 début dérés ; votre âme sera toute troublée par la frayeur, lorsque la terre s'ouvrira devant vous, et que vous tomberez dans un étang infect de soufre embrasé. Au dehors, ce sera le feu qui se repaîtra de vos chairs ; au dedans, ce sera le ver qui rongera votre conscience ; et ce sera pour toujours, sans espérance de pardon ni d'indulgence. Et tous ces supplices seront encore surpassés par celui d’être privé de la vue de Dieu et de la société des gens de bien, dont il n'aurait tenu qu'à vous de vous procurer l'avantage. "
41. S. CHRYSOSTOME, Homélie V sur la pénitence
: " Répondez à votre juge, avant qu'il se rende à son tribunal. Ignorez-vous que ceux qui veulent adoucir les juges n'attendent pas, pour chercher à les gagner, le jour même où leur cause sera examinée mais s'appliquent à les prévenir en leur faveur avant ce moment redoutable, soit par eux-mêmes soit par quelques amis ou quelque puissant protecteur, soit par tout autre moyen ? Faites donc de même à l'égard de Dieu : n’attendez pas le jour de votre jugement pour vous rendre favorable votre juge suprême ; mais tâchez de l'adoucir avant que ce jour arrive. C'est ce qui a fait dire à David : Hâtons-nous de nous présenter devant lui (Ps. XCIV, 2). Au jour où ce grand juge nous citera à son tribunal, aucune éloquence ne pourra faire jouer ses prestiges devant lui ; le crédit de personne ne pourra lui en imposer ; aucune faveur ne pourra nous le rendre propice ; aucun mérite qui nous soit étranger ne pourra nous obtenir son indulgence ; nais nous trouverons en lui un juge rigoureux et inflexible. Au lieu que maintenant nous pouvons l'apaiser, non toutefois avec de l'argent ; je me trompe, c'est avec de l'argent que nous pouvons nous attirer son indulgence en mettant cet argent, sinon dans sa main, au moins dans celles de quelques pauvres. Donnez votre argent aux pauvres, et vous aurez gagné votre juge. "
21 (al. 42) : " Le pécheur appréhende la vue du juge sévère, que le juste au contraire désire avec ardeur. Car le juste, considérant ses travaux, en cherche la récompense, et connaissant le mérite de sa cause, il souhaite la présence de son juge ; et il se sent embrasé du saint désir de le voir se venger des impies avec les flammes du feu éternel, et récompenser les bons en leur donnant de contempler son essence divine. Mais le pécheur, au contraire, qui se souvient de ses crimes, envisage avec horreur l'approche de ce jugement, et redoute avec trop de sujet l'examen de ses p.92 fin p.93 début actions, sachant bien que cet examen sera infailliblement suivi de sa condamnation. Ainsi la gloire de ses naseaux est terreur en même temps (JOB, XXXIX, 20), puisque le juste se glorifie de ce qui fait la crainte et la douleur de l'impie. "
" Voyons comment ce cheval spirituel (JOB, XXXIX, 19)
a tiré déjà, comme par les narines, la respiration et le vent des choses qu'il ne voyait pas encore, et voyons quelle est la gloire qui l'anime lorsqu'il attend les choses à venir. Saint Paul, cet excellent prédicateur de la vérité, envisageant ses grands travaux, parle de la sorte à son disciple Timothée : Pour moi, je suis comme une victime qui a déjà reçu l'aspersion pour être sacrifiée, et le temps de mon départ s'approche. J'ai bien combattu, j'ai achevé ma course, j'ai gardé la foi, et il ne me reste qu’à attendre la couronne de justice qui m'est réservée, et que le Seigneur, comme un juste juge, me rendra en ce grand jour (II Tim., IV, 6-8). Puis il ajoute fort bien : Non-seulement à moi, mais encore à tous ceux qui attendent son avènement, c'est-à-dire à tous ceux qui recueillent en eux-mêmes le témoignage d'une bonne conscience par leurs saintes œuvres. Car il n'y a que ceux qui ont la conscience de la bonté de leur cause, qui aiment la venue du souverain juge (Cf. Les Morales de saint Grégoire, t. IV, p. 417-418). "
V. NAT. ALEX, Hist. eccles., V sæc, p. 107) : " C'est un mal presque sans remède que de s'abandonner sans frein à ses vices et à ses passions, sans penser qu'il faudra rendre compte à Dieu de tout. Il me semble voir déjà un premier châtiment du péché dans cet oubli et cette insensibilité par rapport au jugement à venir. "
Question IV
Que penser de l’enfer et des peines de l’enfer ?
Rien de plus triste que la mort, nous l'avons vu ; rien de plus terrible que le jugement, surtout pour les enfants de ce siècle qui seront morts dans l'endurcissement du péché, nous l'avons vu encore ; disons de même : Il n'est rien qu'on puisse imaginer de plus funeste et de plus intolérable que l'enfer et les peines de l'enfer. Là, comme le dit l’Ecriture, il y aura des pleurs et des grincements de dents ; là, le ver qui les ronge ne mourra point, et le p.93 fin p.94 début feu qui les brûle ne s’éteindra point ; là, une terre ténébreuse couverte de l'obscurité de la mort ; là, à l'ombre funeste de la mort, un désordre complet, et une éternelle horreur ; là, un étang brillant de feu et de soufre, qui est la seconde mort ; là, des tourments qui ne laisseront de repos ni le jour ni la mit, et qui s'étendront dans les siècles des siècles. Là enfin on verra la vérité de ce que le juste jugé a prédit de la manière suivante à tous ceux qui doivent endurer un jour ces tourments : Mes serviteurs mangeront, et vous souffrirez la faim ; mes serviteurs boiront, et vous souffrirez la soif ; mes serviteurs se réjouiront et vous serez couverts de confusion ; mes serviteurs éclateront par des cantiques de louanges dans le ravissement de leurs Cœurs et vous éclaterez par de grands cris dans l'amertume de vos cœurs, et en de tristes hurlements dans le saisissement de vos esprits. C'est pourquoi le prophète royal, s’adressant à tous les rois et à tous les potentats de la terre, leur donne ce grave avertissement au sujet des maux qui menacent les pécheurs : Et maintenant, ô rois, comprenez ; instruisez-vous, vous qui jugez la terre (car les plus grands parmi les hommes seront menacés des plus grands supplices, et ceux qui commandent les autres seront jugés avec le plus de rigueur). Servez le Seigneur dans la crainte et réjouissez-vous en lui avec tremblement. Pensez à vous corriger, de peur qu’enfin le Seigneur ne se mette en colère et que vous ne périssiez hors de la voie de la justice, dans peu de temps, lorsque sa colère se sera embrasée. De là aussi cette parole que Notre-Seigneur Jésus-Christ a voulu faire entendre à tout le monde : Craignez celui qui, après avoir ôté la vie, a le pouvoir de jeter dans l'enfer. Oui, je vous le dis encore une fois, craignez celui-là. Car si les plaisirs de la vie ne durent que quelques moments, les tourments de l'enfer sont éternels.
p.94 fin p.95 début TEMOIGNAGES DE L’ECRITURE.
1. MATTHIEU, VIII, 11-12 : " Aussi je vous déclare que plusieurs viendront d'orient et d'occident y et s'assiéront dans le royaume des cieux avec Abraham, Isaac et Jacob ; - mais que les enfants du royaume seront jetés dans les ténèbres extérieures : c'est là qu'il y aura des pleurs et des grincements de dents. "
2. Id., XIII, 40-50 : " Comme donc on ramasse l'ivraie et qu'on la brûle dans le feu, il en arrivera de même à la fin du monde. - Le Fils de l'homme enverra ses anges, qui arracheront de son royaume tous les scandales et ceux qui commettent l'iniquité; - et ils les jetteront dans la fournaise du feu; c'est là qu'il y aura des pleurs et des grincements de dents. . . . . - Le royaume des cieux est encore semblable à un filet jeté dans la mer, qui prend toutes sortes de poissons, etc. - Il en sera de même à la fin du monde ; les anges viendront y et ils sépareront les méchants du milieu des justes, - et ils les jetteront dans la fournaise du feu : c'est 1à qu'il y aura des pleurs et des grincements de dents. "
3. Id., XXII, 11-14 : " Le roi entra ensuite pour voir ceux qui étaient à table, et y ayant aperçu un homme qui n'avait pas de robe nuptiale? - il lui dit : Mon ami y comment êtes-vous entré ici sans avoir la robe nuptiale? Et cet homme demeura muet. - Alors le roi dit à ses gens : Liez-lui les mains et les pieds, et jetez-le dans les ténèbres extérieures ; c'est là qu'il y aura des pleurs et des grincements de dents ; - car il y en a beaucoup d’appe1és mais peu d'élus. "
4. Id., XXIV, 48-51 : " Mais si ce serviteur est méchant et que disant en son cœur : Mon maître n'est pas près de venir, - il se mette à battre les autres serviteurs, à manger et à boire avec les ivrognes, - le maître de ce serviteur viendra au jour où il ne l'attend point, et à l’heure qu'il ne sait pas ; - et il le sépa- p.95 fin p.96 début rera de ses autres serviteurs, et lui donnera pour partage d’être puni avec les hypocrites ; et c'est là qu'il y aura des pleurs et des grincements de dents. "
5. Id., XXV, 30 : " Quant à ce serviteur inutile, qu'on le jette dans les ténèbres extérieures ; c'est là qu'il y aura des pleurs et des grincements de dents. "
6. LUC, XIII, 25-29 : " Et il vous répondra : Je ne sais d'où vous êtes. - Alors vous commencerez à dire : Nous avons bu et mangé avec vous, et vous avez enseigné dans nos places publiques. - Et il vous répondra : Je ne sais d'où vous êtes ; retirez-vous de moi, vous tous qui faites des œuvres d'iniquité. - Ce sera alors qu'il y aura des pleurs et des grincements de dents, quand vous verrez qu'Abraham, Isaac et Jacob, et tous les prophètes seront dans le royaume de Dieu, et que vous serez jetés dehors. - Et il en viendra d'orient et d'occident, du nord et du midi, qui auront place au festin dans le royaume de Dieu. "
7. MARC, IX, 42-47 : " Et si votre main vous est un sujet de scandale, coupez-la ; il vaut bien mieux pour vous d'entrer dans la vie n'ayant qu'une main, que d'en avoir deux et d’aller dans l'enfer, dans ce feu inextinguible, - où le ver qui les ronge ne meurt point, et où le feu qui les brûle ne s'éteint jamais. - Et si votre pied vous est un sujet de scandale, coupez-le ; il vaut bien mieux pour vous d'entrer dans la vie éternelle n'ayant qu'un pied, que d'en avoir deux, et d’être précipité en enfer, dans ce feu inextinguible, - où le ver qui les ronge ne meurt point, et où le feu qui les brûle ne s'éteint jamais. - Et si votre œil vous est un sujet de scandale, arrachez-le ; il vaut bien mieux pour vous que vous entriez dans le royaume de Dieu, n'ayant qu'un œil, que d'en avoir deux y et d'être précipité dans l'enfer, ou le ver qui ronge les impies ne meurt point, et où le feu qui les brûle ne s'éteint jamais. "
8. ISAIE, LXVI, 23-24 : " Toute chair viendra se prosterner devant moi et m’adorer, dit le Seigneur. - Et on sortira pour voir les corps morts de ceux qui ont violé ma loi ; leur ver ne mourra point et leur feu ne s'éteindra jamais, et ils seront exposés à tous les hommes, qui rassasieront leurs yeux de ce spectacle. "
9. Id., XIV, 11-15 : " Ton orgueil a été précipité dans les enfers ; ton corps mort est tombé par terre ; ta couche, ce sera la pourriture, et ton vêtement, ce seront les vers. - Comment es-tu tombé du ciel, Lucifer, toi qui paraissait si brillant au point du p.96 fin p.97 début jour ? Comment as-tu été renversé sur la terre, toi qui frappais de plaies les nations ; - qui disais en ton cœur : Je monterai au ciel, j'établirai mon trône au-dessus des astres de Dieu ; je m'assoirai sur la montagne de l'alliance, aux côtés de l'aquilon. - Je me placerai au-dessus des nuées les plus élevées et je serai semblable au Très-Haut - Et pourtant tu as été précipité de cette gloire dans l'enfer, jusqu'au plus profond des abîmes.
10. Ecclésiastique, VII, 19 :
" Humiliez profondément votre esprit, parce que la chair de l'impie sera la pâture du feu et des vers. "
11. Judith, XVI, 20-21 : " Malheur à la nation qui s'élèvera contre mon peuple ; car le Seigneur tout-puissant se vengera d'elle, et la visitera au jour du jugement. - Il répandra dans leur chair le feu et les vers, afin qu'ils brûlent et se sentent déchiré éternellement. "
12. JOB, X, 20-22 : " Donnez-moi donc quelque relâche, afin que je puisse un peu respirer dans ma douleur, - avant que j'aille sans aucun retour en cette terre ténébreuse qui est couverte de l'obscurité de la nuit ; - cette terre de misère et de ténèbres où s'étend l'ombre de la mort, où règne un désordre complet et une éternelle horreur. "
13. JUDE, 12-13 : " Ces personnes sont la honte et le déshonneur de vos festins de charité ; ils mangent sans règle, ils ne songent qu'à se rassasier eux-mêmes, etc. Une tempête noire et ténébreuse leur est réservée pour l'éternité. "
14. Apocalypse, XXI, 8 : " Pour ce qui est des pusillanimes, des incrédules, des exécrables et des homicides, des fornicateurs et des empoisonneurs, des idolâtres et de tous les menteurs, leur partage sera dans l'étang de feu et de soufre, qui est la seconde mort. "
15. Ibid., XIV, 9-11 : " Et un troisième ange suivit ces deux, et il dit à haute voix : Si quelqu'un adore la bête et son image, ou qu'il en reçoit le caractère sur le front ou dans la main, - il boira aussi du vin de la colère de Dieu, de ce vin tout pur préparé dans le calice de sa colère ; et il sera tourmenté par le feu et le soufre devant les saints anges et devant l'Agneau. - Et la fumée de leurs tourments s'élèvera dans les siècles des siècles, sans qu'il reste aucun repos, ni jour, ni nuit, à ceux qui auront adoré la bête ou son image, ou qui auront reçu le caractère de son nom. "
16. Ibid., VI1, 5-8 : " Car les péchés de Babylone sont p.97.fin p.98 début montés jusqu'au ciel, et Dieu s'est ressouvenu de ses iniquités. - Traitez-la comme elle vous a traité ; rendez-lui au double toutes ses œuvres ; dans le même calice où elle a donné à boire, faites-la boire deux fois autant. - Multipliez ses tourments et ses douleurs à proportion de ce qu'elle s'est élevée dans son orgueil, et de ce qu'elle s'est plongée dans les délices, parce qu'elle dit en elle-même : Je suis sur le trône comme une reine, je ne suis point veuve, et je n'aurai point à garder le deuil. - C'est pourquoi, en un même jour, les plaies qui lui sont destinées, la mort, le deuil et la famine viendront fondre sur elle ; et elle sera consumée par le feu, parce que c'est le Dieu tout-puissant qui la condamnera. "
17. Ibid., XIX, 20 : " Mais la bête fut prise, et avec elle le faux prophète qui avait fait en sa présence ces prodiges, par lesquels il avait séduit ceux qui avaient reçu le caractère de la bête et qui avaient adoré son image. Et tous deux furent jetés vivants dans l’étang brûlant de feu et de soufre. "
18. Ibid., XX, 9-10, 14-15 : " Et le diable qui les séduisait fut précipité dans l'étang de soufre et de feu, où la bête - et le faux prophète seront tourmentés jour et nuit dans les siècles des siècles - Et l'enfer et la mort furent précipité dans l'étang de feu. C'est là la seconde mort. Et quiconque ne se trouva pas écrit dans le livre de vie fut jeté dans l'étang de feu. "