Grand Catéchisme (Somme de doctrine chrétienne) (page 23)

Pierre Canisius · Doctrine

Texte français, domaine public · Source : jesusmarie.free.fr — Grand Catéchisme, trad. Peltier, tomes 1 à 6 · 205 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

22. II Timothée, II, 5, 5 : " Travaillez comme un bon soldat de Jésus-Christ. - Celui qui est entré au service de Dieu ne s'embarrasse point dans les affaires séculières pour ne s'occuper que de plaire à celui à qui il s'est donné. "

Question XIII

Que renferme la septième et dernière demande, Délivrez-nous du mal ? Nous finissons par prier Dieu de ne pas permettre que, succombant aux diverses affections par lesquelles sont éprouvés dans ce monde même les gens de bien, nous nous perdions et nous nous damnions avec les impies, mais de nous en délivrer plutôt par sa bonté, autant que cela pourra contribuer à notre salut, et de nous préserver miséricordieusement dans cette vie comme dans l'autre, de tous les maux, soit de l'âme, soit du corps. Car il a fait lui-même cette promesse : Invoquez-moi au jour de l'affliction ; je vous en délivrerai, et vous aurez lieu de m'honorer. Enfin, nous terminons toute cette prière par ce simple mot, Amen, pour montrer la confiance que nous avons d'obtenir ce que nous demandons, tant à cause de la promesse de Jésus-Christ qui ne saurait nous tromper : Demandez, a-t-il dit, et il vous sera donné ; qu'a cause de la bonté immense du Père pour nous, et de son penchant à nous faire miséricorde ; ce qui a fait dire à saint Jean : Il nous exauce en tout ce que nous lui demandons qui se trouve conforme à sa volonté.

TEMOIGNAGES DE L’ECRITURE.

1. I Rois, VIII, 33-35 : " Lorsque votre peuple d'Israël fuira devant ses ennemis pour avoir péché contre vous, et que faisant pénitence, et rendant gloire à votre nom, ils viendront vous prier, p.188 fin p.189 début et qu'ils imploreront votre miséricorde dans cette maison, - exaucez-les du haut du ciel, et pardonnez le péché de votre peuple, et ramenez-les en la terre que vous avez donnée à leurs pères. - Lorsque le ciel sera fermé, et qu'il n'en tombera pas de pluie à cause de leurs péchés, etc. . . Telle fut la prière de Salomon. "

2. Proverbes, X, 25, 28-30 : " Le méchant disparaîtra comme une tempête qui passe ; mais le juste sera comme un fondement éternel. - L'attente des justes, c'est la joie ; mais l'espérance des méchants périra. - La voie du Seigneur est la force du simple ; mais ceux qui font le mal sont dans l'effroi. - Le juste ne sera jamais ébranlé ; mais les méchants n'habiteront point la terre. "

3. Ecclésiastique, XXIII, 3-6 : " Que je ne tombe pas devant ceux qui me haïssent et que je ne sois pas exposé aux insultes de mon ennemi. - Seigneur, qui êtes mon père et le Dieu de ma vie, ne m'abandonnez pas à leur mauvaise volonté. - Ne me donnez pas des yeux altiers, et détournez de moi toute cupidité. - Eloignez de moi l'intempérance de la bouche ; que la passion de l'impureté ne s'empare pas de moi, et ne m'abandonnez pas aux excès d'une âme qui n'a plus de honte ni de retenue. "

4. JEREMIE, II, 14, 15, 17 : " Israël est-il un esclave ou un enfant d'esclave ? Pourquoi donc a-t-il été exposé en proie ? - Des lions se sont jetés sur lui en rugissant ; ils l'ont attaqué avec de grands cris ; sa terre a été réduite en un désert, ses villes ont été brûlées, et il n'y a plus personne qui y demeure. - Et d'où cela vous est-il arrivé, sinon de ce que vous avez abandonné le Seigneur votre Dieu, lorsqu'il vous conduisait lui-même dans votre chemin ? "

5. TOBIE, I, 21-25 : " Le roi Sennachérib, étant en colère contre les enfants d’Israël, en fit périr plusieurs, et Tobie prenait soin d'ensevelir leurs corps. - Cette action ayant été rapportée au roi, il commanda qu'on le tuât, et lui ôta tout son bien. - Mais Tobie étant dépouillé de tout, s'enfuit avec son fils et sa femme ; et il trouva moyen de se cacher, parce qu'il était aimé de plusieurs. - Quarante-cinq jours après le roi fut tué par deux de ses fils. - Et Tobie revint dans sa maison, et on lui rendit tout son bien. "

6. TOBIE, II, 10-18 : " Il arriva un jour que, s'étant fatigué à ensevelir les morts, il revint en sa maison. S'étant couché au pied d'une muraille, il s'endormit. - Et pendant qu'il dormait, il tomba d'un nid d'hirondelles de la fiente chaude sur ses yeux, ce qui le rendit aveugle. - Dieu permit que cette épreuve lui p.189 fin p.190 début arrivât, afin que sa patience servît d’exemple à la postérité comme celle du saint homme Job : - Car ayant toujours craint Dieu dès son enfance, et ayant gardé ses commandements, il ne s'attrista point contre Dieu de ce qu'il l'avait affligé par cet aveuglement ; - mais il demeura immobile dans la crainte du Seigneur, rendant grâces à Dieu tous les jours de sa vie. - Comme des rois insultaient au bienheureux Job, ainsi ses parents et ses alliés se raillaient de sa manière de vie, en lui disant : - Ou est votre espérance, pour laquelle vous faisiez tant d'aumônes et vous ensevelissiez les morts ? - Mais Tobie les reprenant, leur disait : Ne parlez pas de la sorte ; - car nous sommes enfants des saints, et nous attendons cette vie que Dieu doit donner à ceux qui ne violent jamais la fidélité qu'ils lui ont promise. "

7. Ecclésiastique, XXVII, 1, 4, 6 : " La pauvreté en a fait tomber plusieurs dans le péché. -Si vous ne vous tenez fortement attaché à la crainte du Seigneur, votre maison sera bientôt renversée. - La fournaise éprouve les vases du potier, et l'affliction éprouve les hommes justes. "

8. Apocalypse, III, 10, 11 : " Parce que vous avez la patience prescrite par ma parole ; je vous garderai aussi de l'heure de la tentation qui viendra dans tout l'univers pour éprouver ceux qui habitent sur la terre. - Je viendrai bientôt ; conservez ce que vous avez, de peur qu'un autre ne prenne votre couronne. "

9. Psaume XXIV, 15-22 : " Mes yeux sont toujours tournés vers le Seigneur, parce que c'est lui qui retirera mes pieds du piège. - Jetez vos regards sur moi, et ayez compassion de moi, car je suis seul et pauvre. - Les afflictions se sont multipliées au fond de mon cœur, délivrez-moi des nécessités où je suis réduit. - Regardez l’état humilié et pénible où je me trouve, et remettez-moi tous mes péchés. - Jetez les yeux sur mes ennemis, combien est grande leur multitude, et combien est injuste la haine qu'ils me portent. - Gardez mon âme et délivrez-moi ; ne permettez pas que je rougisse d'avoir espéré en vous. - Les innocents et ceux qui ont le cœur droit sont demeurés attachés à moi, parce que je vous ai attendu avec patience. - O Dieu ! délivrez Israël de tant de sujets d'affliction. "

10. Psaume XXX, 2, 5, 8, 9, 16, 17 : " Rendez votre oreille attentive à mes prières, hâtez-vous de me retirer. - Vous me tirerez de ce piège que mes ennemis m'ont tendu, parce que vous êtes mon protecteur. - Vous avez sauvé mon âme des nécessités, - et vous ne m'avez point livré entre les mains de l'ennemi ; p.190 fin p.191 début vous avez mis mes pieds dans un lieu spacieux. - Arrachez-moi des mains de mes ennemis et de mes persécuteurs. - Répandez sur votre serviteur la lumière de votre visage, sauvez-moi selon votre miséricorde. "

11. Psaume XXXIII, 5, 7, 8, 18-23 : " J'ai cherché le Seigneur, et il m'a exaucé ; il m'a tiré de toutes mes peines. - Ce pauvre a cru, et le Seigneur l'a exaucé, et l'a sauvé de toutes ses afflictions. - L'ange du Seigneur se tiendra à côté de ceux qui le craignent, et les délivrera. - Les justes ont crié, et le Seigneur les a exaucés, et il les a délivrés de toutes leurs peines. - Le Seigneur est proche de ceux dont le cœur est affligé, et il sauvera les humbles d'esprit. - Les justes sont exposés à beaucoup d'afflictions, et le Seigneur les délivrera de toutes ces peines. - Le Seigneur garde tous leurs os, un seul de leurs os ne pourra être brisé. - L'iniquité tuera l'impie, et ceux qui prennent le juste en haine seront détruits. Le Seigneur rachètera les âmes de ses serviteurs, et aucun de ceux qui mettent en lui leur espérance ne périra. "

12. II Corinthiens, I, 20 : " C'est par lui aussi que toutes les promesses s'accomplissent à l'honneur de Dieu et à notre gloire. "

1. S. AMBROISE, in Ps. XL super ea verba, Fiat, fiat

: " Il y a en hébreu : Amen, amen ; comme nous l'ont affirmé ceux qui ont lu ce livre écrit dans la langue sainte. Le grec a mis à la place : ???????, ??????? ;

ce qui veut dire : qu'il en soit ainsi, qu’il en soit ainsi. Cette locution peut être diversement interprétée selon qu'elle exprime un ordre, ou bien une prière, ou enfin une affirmation. Elle exprime un ordre, lorsqu'un supérieur s'en sert pour dicter à son subordonné ce qu'il a à faire ou à suivre.

Elle peut aussi exprimer une prière, comme dans ces mots : Fiat voluntas tua. Car celui qui dit Dieu : que votre volonté soit faite, ne lui intime pas un ordre, mais lui adresse une prière. Enfin ce peut être une affirmation, comme lorsqu'un prophète, ou un pontife, ou un saint bénit le peuple, et que le peuple répond : Amen, ainsi soit-il. Car de même que lorsque le peuple répond amen à la bénédiction du prêtre, il ne fait que ratifier la prière p.191 fin p.192 début que le prêtre fait à Dieu de le bénir, de même il y a écrit à la fin des psaumes : Fiat, fiat, ce qui est la même chose que amen, amen. Que ce mot amen serve quelquefois à affirmer, c'est ce qui est évident par l'Evangile, où l'on voit Notre-Seigneur dire si fréquemment : Amen dico vobis, en vérité je vous le dis. Ce mot a plus de force encore, quand il est répété ; ce qu'il est plus ordinaire de trouver dans l'évangile de saint Jean, sans doute parce que cet apôtre s'est attaché surtout à nous entretenir des mystères les plus élevés et les plus profonds. Ce même mot sert aussi à marquer la fin d'un livre, comme dans les psaumes qui chez les Hébreux sont divisés en cinq parties. "

2. S. JEROME, in caput VI Matthæi : " Ce mot amen est le sceau de l'oraison dominicale ; mot qu'Aquila entendait dans le sens de l'adverbe fidèlement. Nous, nous pouvons l'entendre dans le sens de la particule affirmative oui, ou c'est vrai. "

Question XIV

Comment peut se résumer l’oraison dominicale? C'est une formule parfaite de prière, non-seulement pour obtenir les biens qu'on espère, mais aussi pour détourner les maux que l'on craint. Parmi les biens, le premier à demander, c'est que notre Père céleste soit glorifié partout et toujours par chacune de ses créatures ; le second, c'est que nous entrions nous-mêmes en participation de son royaume ; le troisième, c'est que nous ne manquions d'aucun des moyens nécessaires pour parvenir au royaume de Dieu. Or, ces moyens se réduisent, par rapport à l'âme, à nous conformer à la volonté de Dieu, et par rapport au corps, à avoir les choses indispensables à la vie. Ce qui vient ensuite jusqu’à la fin de la prière entière, exprime le désir d'obtenir de la grâce et du secours de Dieu, ou qu'il éloigne de nous les maux, tels que sont les péchés, qui corrompraient tout le bien qu'il peut y avoir en nous, et amèneraient tous les autres maux à leur suite, ou du moins qu'il les tempère de manière à ce que leur violence ne soit pas un obstacle à notre salut. De ce dernier genre sont les tentations de toute espèce auxquelles nous sommes exposés ici-bas, et les diverses afflictions, tant de la vie présente que de la vie future. Ce qu'il nous resterait à dire de la prière trouvera sa place là où nous aurons à faire la division des bonnes œuvres, qui se p.192 fin p.193 début divisent, comme on le sait, en trois espèces, dont la prière est une des principales.

Article III. - DE LA SALUTATION ANGELIQUE. Ce troisième et dernier article renfermera les cinq dernières questions du chapitre second.

Question XV

Qu’est-ce qu’on appelle la salutation angélique ? C'est la salutation que nous adressons à la très-sainte Vierge, mère de Dieu, par ces paroles : " Je vous salue, Marie, pleine de grâce le Seigneur est avec vous ; vous êtes bénie entre toutes les femmes, et Jésus le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort. Ainsi soit-il.

TEMOIGNAGES DE L’ECRITURE.

1. LUC, I, 28-35, 41-45 : " L'ange étant entré dans le lieu où elle était, lui dit : Je vous salue, ô pleine de grâce, le Seigneur est avec vous, vous êtes bénie entre les femmes. - Mais elle, l'ayant entendu, fut troublée de ses paroles, et elle cherchait en elle-même quelle pouvait être cette salutation. - Et l'ange lui dit : Ne craignez point, Marie, car vous avez trouvé grâce devant Dieu ; - Voilà que vous concevrez en votre sein, et vous enfanterez un fils, à qui vous donnerez le nom de Jésus. - Il sera grand, p.193 fin p.194 début et sera appelé le Fils du Très Haut, et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père. Il régnera éternellement sur la maison de Jacob, - et son règne n'aura point de fin. - Alors Marie dit à l'ange : Comment cela se fera-t-il, car je ne connais point d'homme ? - L'ange lui répondant, lui dit : Le Saint- Esprit surviendra en vous, et la vertu du Très-Haut vous couvrira de son ombre ; c'est pourquoi le fruit saint qui naîtra de vous sera appelé le Fils de Dieu. - Dés qu'Elisabeth eut entendu la voix de Marie qui la saluait, son enfant tressaillit dans son sein ; et Elisabeth fut remplie du Saint- Esprit ; - et s’écriant a haute voix, elle dit : Vous êtes bénie entre les femmes, et le fruit de vos entrailles est béni. - Et d'où me vient ce bonheur, que la mère de mon Seigneur vienne vers moi ? - Car votre voix n'a pas plus tôt frappé mon oreille, lorsque vous m'avez saluée, que mon enfant a tressailli de joie dans mon sein. - Que vous êtes heureuse d'avoir cru, parce que les choses qui vous ont été dites de la part du Seigneur s'accompliront ! "

TEMOIGNAGES DE LA TRADITION.

1. S. CHRYSOSTOME, in Liturgiâ sive in Missâ suâ : " Par les prières, Seigneur, de celle qui vous a mis au monde, c'est-à-dire de Marie toujours vierge, Mère de Dieu, de toutes les puissances célestes, de Jean-Baptiste votre illustre précurseur et prophète, des glorieux et saints apôtres, de saint Nicolas dont nous célébrons la mémoire, ayez pitié de nous et sauvez-nous. " Le diacre répète plusieurs fois : " Faisant mémoire de la très-sainte, très-pure, bénie entre toutes les femmes, notre glorieuse reine, Mère de Dieu et toujours vierge Marie, et de tous les saints, recommandons-nous les uns les autres à Jésus-Christ notre Dieu, et consacrons-lui notre vie entière. " On y lit encore : " Par les prières de votre très-sainte Mère, ô Dieu Sauveur, sauvez-nous.

" On lit un peu plus loin : " Le Seigneur donnera sa parole aux hérauts de sa gloire afin qu'ils l'annoncent avec une grande force, par les prières de Marie, notre Dame, mère de Dieu et toujours vierge, de ce saint et glorieux apôtre et évangéliste. " Plus loin encore on ajoute : " Il est vraiment convenable et juste de vous glorifier, vous la bienheureuse et très-pure Mère de notre Dieu, etc. " Nous reproduirons ces paroles plus au long à la question XIX. " Je vous salue, Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous, vous êtes bénie entre toutes les femmes, et béni est le fruit de vos entrailles, parce que vous avez mis au monde p.194 fin p.195 début le sauveur de nos âmes. " Plus loin encore : " Par l'intercession de l'immaculée mère de Dieu et toujours vierge notre Dame Marie, rendez-moi digne de recevoir sans crime votre don immaculé pour la rémission des péchés, etc. " On y lit enfin : " Dirigez notre voie, et confirmez-nous tous dans votre crainte, protégez notre vie, affermissez nos pas, par les prières et les supplications de la sainte Mère de Dieu et toujours vierge Marie, et de tous les saints (La liturgie qui porte le nom de saint Jean Chrysostôme est véritablement de ce saint docteur, comme le prouve Noël-Alexandre, Hist. eccles., sæc IV, c. VI, art. XXIX. L'édition de M. Gaume, ou celle des Bénédictins, que M. Gaume a reproduite, présente quelques différences peu graves par rapport à quelques-unes des citations que nous venons de rapporter d’après Canisius. Voir S. Joannis Chrysost. opera, t. XII, p. 776 ou 1011, et suiv). "

2. S. JACQUES, apôtre et frère de Notre-Seigneur, ou la liturgie ou messe qui porte son nom (C'est faux que cette liturgie, quoique recommandable par son antiquité, porte le nom de l’apôtre saint Jacques, au moins dans son entier. Voir NOEL-ALEXANDRE, Hist. eccles., sæc. I, c. XII, art. III) : " Faisant mémoire de la très sainte, immaculée, très-glorieuse Mère de Dieu, et toujours vierge Marie notre Dame, avec tous les saints et justes, recommandons-nous les uns les autres à Jésus-Christ notre Dieu, et consacrons-lui notre vie entière. " Plus loin : " Faisons mémoire de la très-sainte, immaculée, très-glorieuse, Marie Mère de Dieu et toujours vierge Marie notre Dame, et de tous les saints et justes, afin que nous obtenions tous miséricorde par leurs prières et leurs intercessions. " Plus loin encore : " Je vous salue, Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous ; vous êtes bénie entre toutes les femmes, et béni est le fruit de vos entrailles, parce que vous avez mis au monde le sauveur de nos âmes. Il est convenable de vous dire vraiment heureuse, Mère de Dieu, toujours sainte, et pure sans aucune tache, Mère de notre Dieu, plus digne d'honneur que les chérubins, plus glorieuse que les séraphins, vous qui sans souillure avez mis au monde Dieu le Verbe, nous vous glorifions comme étant vraiment la Mère de Dieu. O pleine de grâce, toutes les créatures, le chœur des anges, le genre humain tout entier vous proclament bienheureuse, vous qui êtes le temple sanctifié, le paradis mystique, la gloire des vierges, vous dans le sein de laquelle Dieu a pris un corps et s'est fait petit enfant, lui notre Dieu qui est avant les siècles. Il a fait de votre sein son trône, et lui a conféré plus de gloire qu'au ciel même. A vous, ô pleine p.195 fin p.196 début de grâce, toute créature adresse ses congratulations ; gloire à vous. "

5. S. AUGUSTIN, Serm. II de annuntiatione Dominicâ, qui est sermo XVIII de sanctis (Ce sermon se compose en partie d'un fragment d’Eusèbe d’Emèse, en partie d'un autre fragment du sermon CXXXVII de saint Augustin, de tempore. Voir NOEL-ALEXANDRE) : " Un ange est descendu du ciel, envoyé par Dieu le Père pour préluder à notre rédemption, et pour saluer la bienheureuse Marie : Je vous salue, lui a-t-il dit, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous. Marie a donc été remplie de grâce, et tenue quitte de la faute d'Eve. La malédiction portée contre Eve se change en bénédiction pour Marie : Je vous salue, lui dit l'ange, ô pleine de grâce, le Seigneur est avec vous. Il est avec vous dans votre cœur, avec vous dans votre lait virginal, avec vous dans votre sein, avec vous dans l'appui qu'il vous prête. Félicitez-vous, Vierge bienheureuse ; le Christ, venu du ciel ou il a son trône, s'incarne dans votre sein ; il daigne descendre du sein du Père dans les entrailles d'une telle mère. Vous êtes bénie entre toutes les femmes, ajoute-t-il, vous qui avez enfanté la vie pour les hommes et pour les femmes. La mère du genre humain a apporté des châtiments au monde ; la Mère de notre Dieu a apporté au monde le salut. Eve est la cause de nos péchés ; Marie est la cause de nos mérites. Eve a causé notre mort ; Marie a causé notre vie. La première nous a blessés ; la seconde nous a guéris. La désobéissance a fait place à l'obéissance, et l'infidélité a fait place à la foi. . . O bienheureuse Marie, le monde entier réduit en servitude vous demande sa délivrance ; il vous a faite la caution de sa foi auprès de Dieu. Ne tardez pas, ô Vierge, hâtez-vous de répondre au messager céleste et consentez à avoir un fils ; donnez votre parole de consentement, et devenez féconde. Voici, dit-elle, la servante du Seigneur, Qu'il me soit fait selon votre parole. Aussitôt le céleste messager s'en retourne, et le Christ entre dans le lit virginal qui lui est préparé. Elle devient tout d'un coup enceinte de son Dieu, et dans tous les siècles elle sera proclamée bienheureuse. Qu'y a-t-il d'étonnant s’il naîtra sans souillure, celui qui est conçu de l'Esprit-Saint ? Il ne convenait pas en effet, que celui qui nous apportait le salut enlevât à sa mère le privilège de sa chasteté. Celui que la terre, la mer et le ciel ne suffisent pas pour contenir, se renferme dans les mesquines proportions des membres d'un enfant à peine formé. C'est là ce nouveau prodige, annoncé à l'avance par le prophète Jérémie (JEREM., XXXI, 22) : Le Seigneur, p.196 fin p.197 début dit ce prophète, fera paraître un nouveau prodige sur la terre, une femme environnera un homme. O femme bénie par-dessus toutes les femmes, qui n'a point connu d'homme, et qui a environné un homme des contours de son sein ! Marie environne un homme, en ajoutant foi aux paroles de l’ange, comme Eve avait perdu un homme en ajoutant foi aux paroles du serpent. O bienheureuse Marie, qui pourra dignement vous rendre grâce et célébrer vos louanges, vous qui par votre consentement d'un genre nouveau avez sauvé le monde de sa perte ? Par quels éloges le genre humain pourra-t-il s'acquitter envers une telle bienfaitrice, dont la médiation toute seule lui a rendu ses premiers droits ? Acceptez nos actions de grâces, quelque pâles qu'elles soient, quelque disproportionnées qu'elles paraissent à vos mérites ; et après avoir exaucé nos vœux, plaidez en priant pour nous le pardon de nos péchés. Permettez à nos prières de pénétrer jusqu’à vous, et procurez-nous, en nous réconciliant, le remède à tous nos maux. Rendez pardonnables nos fautes, en vous chargeant de notre défense ; obtenez-nous ce que nous demandons avec une vive foi. Acceptez ce que nous vous offrons, rendez-nous ce que nous demandons, préservez-nous de ce que nous avons à redouter : car vous êtes l'unique espérance des pécheurs ; c'est de votre médiation que nous attendons le pardon de nos péchés ; en vous, ô bienheureuse Vierge, est tout notre espoir pour les récompense à venir. Sainte Marie, venez au secours de notre misère ; aidez notre faiblesse ; consolez notre affliction, etc. (Voir plus bas, question XIX.) Prêtez une oreille favorable à nos vœux, et faites-nous obtenir à chacun l'objet de notre prière. Ne vous lassez pas d'intercéder pour le peuple de Dieu, Vierge bénie qui avez mérité de porter dans votre sein le Sauveur du monde. "

4. S. AMBROISE, in cap. I Lucæ : " Marie s'étonnait de s'entendre adresser des paroles de bénédiction si nouvelles, et dont aucun exemple n'avait encore été donné ou consigné dans l'histoire. A Marie seule était réservée une salutation semblable. Marie est appelée à bon droit seule pleine de grâce, parce qu’elle seule en a obtenu une si singulière que nulle autre créature n'a jamais mérité d’en avoir une semblable, qui est d'être remplie de l'auteur même de la grâce. Ne soyons point étonnés, si le Seigneur, dans le dessein où il était de racheter le monde, a commencé par sa mère cette œuvre divine, afin que celle dont l'entremise était invoquée pour le salut de tous, recueillit la première les fruits de salut qu'elle allait nous procurer par son fils. p.197 fin p.198 début Elle a mérité de s'entendre dire : Bienheureuse êtes-vous d'avoir cru. Bienheureuse, en effet, celle dont la vertu a surpassé celle d'un prêtre jusque-là sans reproche devant Dieu ; la défiance conçue par un prêtre à l'égard des paroles d'un ange a été confondue par la foi pleine de simplicité d'une vierge. "

5. S. PIERRE-CHRYSOLOGUE, archevêque de Ravenne,

Serm 140 et sequentibus, s'attache à expliquer l'évangile de la fête de l'Annonciation, et dit là-dessus entre autres choses, serm. 140 : " La femme, qui auparavant était mère des mourants par un effet de notre nature, est devenue mère des vivants par l'effet de la grâce. Celui-là ignore bien ce qu'est Dieu, qui n'est pas saisi d'admiration à la vue du contrat qu'il consent à passer avec cette vierge : le ciel est dans l'étonnement, les anges tremblent en sa présence, toutes les créatures se taisent devant lui, la nature entière ne saurait soutenir son regard, et une jeune vierge reçoit ce grand Dieu dans son sein, et en retour de l'hospitalisé qu'elle lui donne, elle obtient de lui la paix pour la terre, la gloire pour le ciel, le salut pour ceux qui en avaient perdu l'espérance, la vie pour les morts, et pour les choses terrestres une parenté avec les choses célestes, l'union enfin de notre chair avec Dieu lui-même, et elle réalise ainsi cette parole du Prophète (Psaume CXXVI, 3) : Ecce hæreditas Domini, filii merces fructus ventris (Ce verset ainsi appliqué nous paraît intraduisible). "

Le même, serm. 142 : " L'ange traite avec Marie l'affaire de notre salut, comme un autre avait traité avec Eve l'affaire de notre perte. Le nom même de cette vierge annonçait d'avance ce qu'elle serait un jour ; car ce mot Marie, qui vient de l'hébreu, signifie maîtresse. "

Serm., 143 : " Je vous salue, pleine de grâce.

Aux autres la grâce a été donnée par parties ; à Marie la plénitude de la grâce s'est donnée toute entière. L'Evangéliste a dit (JEAN, I, 6) : Nous avons tous reçu de sa plénitude. Vierge vraiment bénie, qui s'est montre plus grande que le ciel, plus forte que la terre, plus vaste que l'univers ; car son sein tout seul a contenu celui que le monde entier ne saurait contenir. Elle a porté le Dieu qui porte le monde ; elle a enfanté son père ; elle a nourri celui qui nourrit tous les êtres vivants. "

6. S. BERNARD, Hom. III de laudibus virginis matris, super evangelium, Missus est angelus Gabriel, entreprend aussi l'expli- p.198 fin p.199 début cation de la salutation angélique, et il dit entre autres choses remarquables : " Nous lisons bien dans les Actes des apôtres (Act., VI, 8) que saint Etienne était rempli de grâces et que les apôtres étaient remplis du Saint-Esprit ; mais les uns et les autres l'ont été bien différemment de Marie. Car, ni la plénitude de la divinité n'a habité corporellement dans le premier, comme elle a habité dans Marie, ni les seconds n'ont conçu de l'Esprit-Saint, comme Marie a conçu de lui. Devons-nous nous étonner de ce qu'elle était pleine de grâce, puisque le Seigneur était avec elle ? Dieu a envoyé son messager à cette vierge, parce qu'elle avait gagné son amour, qu'il se l'était choisie, et qu'il s'était épris d’amour pour sa beauté. Et ce n'était pas sans raison ; car, elle avait fait tout ce que lui avait marqué longtemps d'avance David, son père par ces paroles : Ecoutez, ma fille, et voyez, prête votre oreille, oubliez votre peuple et la maison de votre père. Et, si vous faites cela, le roi concevra de l'amour pour votre beauté. Elle a prêté l'oreille à l'obéissance, elle a incliné son cœur vers les sages avis, elle a oublié son peuple et la maison de son père ; car elle n'a songé ni à accroître son peuple par une nombreuse lignée, ni à laisser un héritier à la maison de son père ; mais quelque honneur qu'elle eût pu acquérir parmi son peuple, quelque héritage qu'elle eût pu espérer de la maison de son père elle a regardé tout cela, comme une vile ordure, afin de gagner Jésus-Christ (Philip., III, 8). Et elle ne s'est point trompée dans son attente, puisqu'elle s'est acquis le Christ pour fils, et qu'elle a conservé intacte sa pureté virginale. Elle est donc véritablement pleine de grâce, puisque, tout en conservant la grâce de la virginité, elle a acquis par surcroît la gloire de la fécondité. L’ange ne dit pas, le Seigneur est en vous ; mais, le Seigneur est avec vous. En effet, Dieu qui est également tout entier partout par la simplicité de son essence, est néanmoins dans les créatures raisonnables d'une manière plus particulière que dans les autres, et dans les bons plus particulièrement que dans les méchants par la vertu qu'il exerce dans les premiers. Il n'est pas certainement dans les créatures privées de raison de manière à être contenu par elles. Quant à celles qui sont douées de raison, toutes le contiennent sans doute dans leur intelligence ; mais il n'y a que les bons qui le contiennent dans leur amour. Il n'y a donc que ces derniers en qui il soit de telle manière qu'il soit en même temps avec eux par l'accord des volontés. Que si cela est vrai de tous les saints, on doit l'affirmer spécialement de Marie, qui était dans p.199 fin p.200 début un tel accord avec Dieu, qu'elle unit avec lui non-seulement sa volonté, mais jusqu’à sa chair, au point de ne faire de sa substance et de celle de son Dieu qu'un seul et même Christ : Christ qui par conséquent n'est ni tout entier de la substance de Dieu, ni tout entier de la substance de la vierge, et qui cependant est tout entier Fils de Dieu, et tout entier fils de la vierge, et qui ne fait pas deux fils, mais un seul Fils. Et non-seulement le Seigneur qui est avec vous, c'est le Fils que vous revêtez de votre chair, mais c'est aussi l'Esprit-Saint, de qui vous concevez ce Fils, et c'est aussi le Père, qui a engendre ce même Fils que vous concevez. Ce n'est pas parce que vous êtes bénie, que le fruit de vos entrailles est béni ; mais vous êtes bénie, parce qu'il vous a prévenue de bénédictions et de douceurs. Il est vraiment béni ce fruit de vos entrailles, en qui sont bénies toutes les nations, et de la plénitude duquel vous avez reçu comme les autres tout ce que vous avez, mais avec une tout autre abondance. Il est béni pour le parfum de ses vertus ; il est béni pour le miel qui découle de ses lèvres ; il est béni pour toutes les grâces répandues dans sa personne. C'est, par l'effet de sa bénédiction que vous êtes bénie entre toutes les femmes ; autrement, un mauvais arbre ne pourrait jamais produire un bon fruit. Vous êtes bénie, dis-je, entre toutes les femmes, vous qui avez échappée à cette malédiction générale, exprimée par ces paroles : Vous enfanterez des enfants dans la douleur (Gen., III, 16), et en même temps à cette malédiction spéciale : Maudite est la femme qui demeure stérile au milieu d'Israël ; et vous avez obtenu cette bénédiction singulière, de n'être ni frappée de stérilité, ni condamnée à enfanter dans la douleur. O Vierge prudente, ô Vierge pleine de vertu, qui est-ce qui vous avait appris que la virginité plaisait au Seigneur ? Vous n'aviez devant vous, pour pratiquer cette vertu, ni conseil, ni exemple, encore moins un ordre ; mais l'onction seule de la grâce vous avait enseigné toutes choses, et le Verbe de Dieu, cette parole vivante et efficace, s'est fait votre maître, avant de devenir votre fils ; il a instruit votre intelligence, avant de se revêtir de votre chair. Ainsi vous vous dévouez au Christ pour être vierge toute votre vie, et vous ne vous doutez pas qu'il vous faudra aussi lui servir de mère. Vous consentez à être un objet de mépris dans Israël, et à encourir le reproche de stérilité, pour mériter l'amour de celui qui vous a engagé à son service ; et voilà que la malédiction se change pour vous en bénédiction, et que la stérilité obtient la fécondité pour récompense. "

p.200 fin p.201 début

7. S. FULGENCE, évêque de Ruspe, Serm.

de laudibus Mariæ ex partu Salvatoris : " Marie est devenue comme la fenêtre par laquelle la vraie lumière, etc. (Voir plus bas, question XIX). Aux trois maux qu'Eve avait apportés dans le monde, Marie substitue trois biens qui les annulent. Car, il avait été dit à Eve : Tu enfanteras 1 dans la douleur ; 2 dans la tristesse ; 3 tu seras sous la dépendance de ton mari, qui sera ton maître. Voilà donc trois maux auxquels s'assujettissent les femmes qui ne se mettent pas à la suite de Marie : la douleur, la tristesse et la servitude. Mais écoutez attentivement, et voyez quels sont au contraire les trois sublimes avantages conférés à Marie : elle est saluée de l'ange, elle est bénie de Dieu, elle est pleine de grâce. Car voici en quels termes l'ange la salua : Je vous salue, Marie, pleine de grâce, vous êtes bénie entre toutes les femmes. Ces mots, je vous salue, expriment la salutation de l'ange. Ces autres mots, pleine de grâce, font voir que la sentence de colère avait été retirée toute entière, et la grâce de bénédiction rendue dans sa plénitude. Ces dernières paroles, vous êtes bénie entre toutes les femmes, expriment le fruit béni de sa virginité qui sera que toute personne qui demeurera vierge à son exemple sera également bénie entre toutes les autres femmes. Eve avait été maudite ; mais nous croyons que, grâce à Marie, cette malédiction a été levée de dessus elle, et qu'elle a recouvré ses droits à la gloire. Vierges, approchez de cette vierge ; mères, approchez de cette mère ; vous qui avez conçu, enfanté, allaité, approchez de celle qui a conçu, enfanté, allaité comme vous. La vierge Marie a passé par toutes ces phases de votre existence pour compatir à tous vos besoins, et restaurer ainsi votre sexe en Jésus-Christ Notre-Seigneur, en gardant elle-même, comme une nouvelle Eve, la virginité, de même que Jésus-Christ, ce nouvel Adam, a restauré particulièrement le nôtre.

"

Question XVI

D’où nous vient la coutume de saluer ainsi la sainte Mère de Dieu ? Cette dévotion a pour première origine les paroles et les exemples puisés dans l'Evangile, où nous voyons le grand archange Gabriel, et sainte Elisabeth, mère du précurseur de Jésus-Christ, l'un et l'autre inspirés par l'Esprit-Saint, saluer la sainte Vierge par ces mêmes paroles. Elle est fondée en second lieu sur l'usage et le consentement p.201 fin p.202 début perpétuel de l'Eglise, qui, par la voix des saints docteurs aussi bien que par la pratique constante des fidèles depuis les temps les plus anciens jusqu’à nos jours, nous recommande l'emploi de cette pieuse formule.

TEMOIGNAGES DE L’ECRITURE. Luc, 1, 28-45. (Voir à la question précédente).

TEMOIGNAGES DE LA TRADITION.

1. S. JEAN Damascène, Cantic. sive carm. in sanctissimæ Dei genitricis annuntiationem : " Que les mains des profanes n'osent jamais toucher cette arche vivante de Dieu. Mais pour les saints, qu'ils ne se lassent point de répéter à la Mère de Dieu les paroles de l'ange, et de lui dire avec des transports de joie : Je vous salue, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous. "

2. S. ATHANASE, (Voir plus bas, aux questions XVIII et

XIX, les témoignages de ce Père et de plusieurs autres sur ce même sujet).

Question XVII

Quelle est l’utilité de cette pratique de dévotion ? Ces belles paroles servent en premier lieu à nous rappeler l'immense bienfait de notre rédemption, dont nous sommes redevables à Jésus-Christ, et auquel le Père éternel a préludé en voulant se servir de l'entremise de Marie. Elles ont ensuite pour objet de recommander plus particulièrement à notre dévotion cette sainte et admirable Vierge, dans la personne de qui Dieu veut que nous honorions l'inventrice de la grâce et la mère de la vie. Il est donc naturel, qu'après avoir exposé à Dieu nos pieux désirs dans l'oraison dominicale, reconnaissants de la grâce conférée aux hommes par Jésus-Christ, nous adressions nos louanges non-seulement à la Mère de ce Dieu Sauveur, mais encore à Dieu le Père à l'occasion de cette Vierge incomparable, et que nous ne nous lassions point de répéter d'un cœur joyeux, de concert p.202 fin p.203 début avec les anges, cette salutation respectueuse : Je vous salue, Marie, pleine de grâce, etc.

TEMOIGNAGES DE L’ECRITURE.

1. Galates, IV, 4, 5 : " Mais lorsque les temps ont été accomplis, Dieu a envoyé son Fils formé d'une femme, et assujetti à la loi, - pour racheter ceux qui étaient sous la loi, et pour nous faire recevoir l'adoption des enfants de Dieu. "

2. LUC, XI, 27, 28 : " Lorsqu’il disait ces choses, une femme élevant sa voix du milieu du peuple, lui dit : Heureux, le ventre qui vous a porté, et les mamelles que vous avez sucées. - Jésus lui dit : Mais plutôt heureux, etc. "

3. LUC, I, 30 : " Et l'Ange lui dit : Ne craignez point,

Marie, vous avez trouvé grâce devant Dieu. - Voilà que vous concevrez en votre sein, etc. "

Question XVIII

Quel est le sens de la salutation angélique ?

Les premières paroles sont un hommage mérité de félicitations et de louanges que nous adressons à la sainte Vierge, comme à la nouvelle Eve ou à la seconde mère du genre humain, mais tout autrement heureuse que la première. Car, en procurant un Sauveur au monde, elle a fait lever la sentence de malédiction qu'avait attirée sur nous la première Eve, en notre qualité d'enfants d'Adam ; et cette malédiction elle-même, elle l'a changée en bénédiction pour tous les âges.

Avec combien de raison ne l'appelons-nous pas pleine de grâce, elle qui pleine de Dieu, pleine de vertus, a obtenu seule, comme le dit saint Ambroise, une grâce qu'elle seule aussi avait mérité, celle d'être remplie de l'auteur de la grâce ! Pouvait-il y avoir dans son âme ou dans son corps place à un vice quelconque, au moment où elle devenait le temple du Saint des saints ?

p.203 fin p.204 début Nous ajoutons, le Seigneur est avec vous, parce que la vertu du Père l'a couverte particulièrement de son ombre, que l'Esprit-Saint est survenu en elle avec tous ses dons, et que le Verbe fait chair est sorti merveilleusement de son sein, comme un époux qui sort de sa couche nuptiale.

Nous disons ensuite, vous êtes bénie entre toutes les femmes, parce que réunissant les avantages de la virginité à ceux de la fécondité, et tout à la fois les titres d'épouse et de mère, elle mérite excellemment d’être proclamée bienheureuse par toutes les générations qui auront à se succéder de siècle en siècle. Epouse toute belle et toute pure, vierge avant l'enfantement, vierge pendant l'enfantement, vierge après l'enfantement, toujours sans tache, exempte de toute souillure comme de tout péché, élevée au-dessus de tous les cieux, elle ne nous a pas moins fait de bien en nous rendant la vie, que l'infortunée Eve ne nous avait fait de mal en nous apportant la mort.

Et béni est le fruit de vos entrailles Jésus ; lui, qui sorti de Marie comme une fleur de sa tige, s'est offerte dès lors à la terre comme un fruit de vie, et maintenant communique à ses membres la vertu de porter les fruits du salut éternel, comme un cep de vigne fait passer dans ses branches la sève et la vigueur. Heureux, oui vraiment, heureux, le ventre qui a porté et a donné au monde le Sauveur ; heureuses, et vraiment heureuses les mamelles qui, après avoir reçu du ciel leur vertu nutritive, ont allaité le Fils de Dieu.

Enfin l’Eglise a ajouté ces paroles : Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Car nous ne nous contentons pas de saluer de nos louanges cette sainte et admirable Vierge, qui est comme un lis entre les épines ; mais fidèles à la doctrine des saints Pères, nous faisons de plus profession de croire qu'elle jouit d'un tel crédit auprès de Dieu, qu'elle peut nous procurer de puissants secours dans nos besoins, surtout si nous avons soin de les lui exposer, et d'implorer les grâces de Dieu par l'intercession de celle qu'il veut que nous honorions comme sa mère.

p.204 fin p.205 début TEMOIGNAGES DE L’ECRITURE.

3. Psaume XVIII, 6, 7 : " Semblable à un époux qui sort de sa chambre nuptiale, il s'élance dans la carrière tel qu'un géant plein d'ardeur, il part des extrémités de l'aurore. "

5. EZECHIEL, XLIV, 2 : " Cette porte demeurera fermée, elle ne sera point ouverte, et nul homme n'y passera, parce que le Seigneur Dieu d'Israël est entré par cette porte ; et elle demeurera fermée pour le prince. "

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