Grand Catéchisme (Somme de doctrine chrétienne) (page 52)
10. LUC, VI, 46-49 : " Mais pourquoi m'appelez-vous, Seigneur,
Seigneur, et ne faites-vous pas ce que je dis ? - Je vais vous montrer à qui est semblable tout homme qui vient à moi, qui écoute mes discours et qui les met en pratique. - Il est semblable à un homme qui bâtit une maison, et qui après avoir creusé bien avant, etc. - Mais celui qui écoute mes paroles sans les pratiquer, est semblable à un homme qui a bâti sa maison sur la terre, sans y faire de fondement. "
11. MATTHIEU, VII, 21-22, 24-26 : " Tous ceux qui me disent
: Seigneur, Seigneur, n'entreront point pour cela dans le royaume des cieux ; mais celui-là y entrera, qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. - Plusieurs me diront en ce jour ; etc. - Quiconque donc entend ces paroles que je dis et les met en pratique, sera comparé à un homme sage, etc. - Mais quiconque entend ces paroles que je dis, et ne les pratique point, sera semblable à un homme insensé, etc. "
1. S. AUGUSTIN, Lib. II Retractationem, c. 63, passage rapporté plus haut, chapitre de la foi et du symbole, question II, témoignage 1, page 5, tome Ier.
2. Le même, Enchirid. ad Laurentium, c. 7
: " Le prophète a dit : Quiconque invoquera le nom du Seigneur, sera sauvé. De là le besoin de l'oraison dominicale. Mais l'apôtre, après avoir rapporté ce témoignage du prophète à l'appui de sa doctrine de la grâce, ajoute aussitôt : Mais comment l'invoqueront-ils, s'ils ne croient pas en lui ? De là le besoin du symbole. Le symbole et l'oraison dominicale pris ensemble comprennent les trois vertus : car si la foi croit d'une part, de l'autre l'espérance et la charité prient. Mais l'espérance et la charité ne peuvent être sans la foi; la foi prie donc aussi, mais par l'organe de l'espérance et de la charité. C'est pour cette raison que l'apôtre vient de dire : comment l'invoqueront-ils, s’ils ne croient pas en lui ? " p.139 fin p.140 début
3. ORIGENE, in caput IV epistolæ ad Romanus, comme dans le corps de la réponse.
Question XIX
La doctrine chrétienne ne comprend-elle pas quelque autre objet ? La doctrine chrétienne s'étend encore à d'autres matières : car elle traite aussi des sacrements, qui sont comme des instruments d'institution divine nécessaire à tous les chrétiens pour former, faire croître et entretenir en eux, et même leur faire recouvrer au besoin la foi, l'espérance et la charité. Ajoutez à cela, que ni la sagesse ni la justice chrétienne ne peuvent subsister et se conserver sans les sacrements, puisque sans eux il est inévitable que la religion s'éteigne. Les sacrements ont donc une place distinguée dans la doctrine chrétienne, qui serait incomplète si elle n'en traitait la matière.
TEMOIGNAGES DE LA TRADITION.
1. S. AUGUSTIN, in Joannem tractatu 120 : " L'Evangile s'est servie d'une expression énergique en disant du soldat qu'il ouvrit le côté de Jésus-Christ pour dire qu'il l'avait percé et blessé. Le côté du Sauveur est devenu en effet comme la porte de la vie, comme la source d'où ont coulé les sacrements, sans lesquels on ne saurait entrer dans la véritable vie. "
2. Le même, Lib. XIX contra Faustum manichæum, c. 11 : " Les hommes ne peuvent se réunir en corps de religion, soit vraie soit fausse, sans prendre en quelque sorte pour points de ralliement certains sacrements ou signes visibles. "
3. Le même, Lib. de verâ religione, c. 17 : " Mais, puisque la piété commence par la crainte et s'achève par l'amour, comme sous l'empire de l'ancienne loi qui était le temps de la servitude, le peuple juif n'était retenu que par la crainte, il était chargé aussi d'un grand nombre de cérémonies et de figures. Et cette p.140 fin p.141 début conduite était utile à ce peuple pour lui faire désirer la grâce de Dieu, que les prophètes prédisaient devoir descendre un jour du ciel sur la terre. - Et lorsqu'elle est descendue par l'incarnation de la Sagesse divine, qui s'est revêtue de la nature humaine, et nous a remis en liberté, Dieu a établi un petit nombre de signes ou de sacrements, mais tous très-salutaire pour former la société du peuple chrétien ou de cette grande multitude de fidèles librement associée ensemble pour servir le même Dieu. "
4. Le même, Epist. 118 ad Januarium, c. 1 : " Je demande que vous vous pénétriez avant tout de cette vérité capitale, que notre Seigneur Jésus-Christ, comme il l'a dit lui-même dans son évangile, nous a imposé un joug peu pénible et un fardeau fort léger : ce qui l'a engagé à donner pour lien à son nouveau peuple des sacrements en fort petit nombre, d'une administration facile, d'une signification claire et précise, comme sont, par exemple, le baptême qui se confère au nom des trois personnes divines, la participation à son corps et à son sang, et les autres dont peuvent faire mention les Ecritures canoniques ; abrogeant en même temps toutes ces observances dont était chargé l'ancien peuple, qui convenaient fort bien en effet à la dureté de son cœur et à ces temps de servitude ou de crainte, et dont on lit le détail dans le livre de Moïse. "
CHAPITRE IV. DES SACREMENTS.
Question I
Pourquoi les chrétiens ont-ils besoin d’être instruits sur les sacrements ? Les chrétiens ont besoin d'être instruits sur les sacrements, afin qu'y ayant recours, et recevant la grâce dont ces sacrements sont les canaux, ils puissent, ainsi appuyés sur les mérites de Jésus-Christ, soutenir les combats que le démon leur livre, s'avancer dans la vertu, et faire de continuels progrès dans le service de Dieu. p.141 fin p.142 début TEMOIGNAGES DE L’ECRITURE.
3. Ibidem, VI, 51-52, 56, 58-59 : " Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel. - Si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement, et ce pain que je donnerai, c'est ma chair pour la vie du monde. - Ma chair est véritablement une nourriture, et mon sang un véritable breuvage, etc. - De même celui qui me mange, vivra aussi par moi. - Celui qui mange ce pain vivra éternellement. "
4. Ibidem, XX, 22-23 : " Il souffla sur eux et leur dit : Recevez le Saint-Esprit. - Les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez, et ils seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez. "
Question II
Qu’est-ce que le culte divin, et combien en distingue-ton d’espèces ?
Le culte divin est l'hommage souverain qu'un chrétien se fait un devoir de rendre à Dieu son créateur et son Sauveur. Car il n'est pas douteux que, si l'homme a été créé dès le commencement, s'il a été racheté dans la suite, si enfin il est dans ce monde pour quelque fin à remplir, c'est principalement pour rendre à Dieu un culte pur et véritable.
Or, le culte dû à Dieu est de deux sortes : il est intérieur ou extérieur. Le culte intérieur, qui est celui par lequel nous nous unissons Dieu de cœur et d'affection, consiste, comme nous l'avons déjà fait entendre, dans la pratique des actes de foi, d'espérance et de charité. Le culte extérieur est comme l'expression du culte intérieur, qui se rend sensible par certains signes ou rites extérieurs et visibles. Car, bien que Dieu, qui se suffit à lui-même pour sa perfection et son bonheur n'ait aucun besoin de nos biens, il n'en exige pas moins que l'homme, qui lui doit tout son être tant corporel que spirituel, lui rapporte de même tout son être, en dévouant à son culte légitime son âme par le culte intérieur, et son corps par le culte extérieur joint au premier : ce qui peut s'accomplir sans doute de bien des manières, mais jamais d'une manière plus fructueuse que par les sacrements.
p.142 fin p.143 début Car il a plu à la divine sagesse de s'accommoder ainsi à la faiblesse des enfants d'Adam, et d'exercer sa puissance au moyen de choses matérielles et de signes qui tombent sous les sens. Car notre âme, quoiqu’immortelle, enfermée dans le corps mortel auquel elle est unie, comme dans une obscure prison, a principalement besoin du ministère des sens, sans lesquels elle ne saurait d’ordinaire s'élever à la contemplation des choses divines. C'est pourquoi Dieu a institué, tant dans l'ancienne que dans la nouvelle loi, beaucoup de cérémonies qui se rapportent au culte extérieur, et du nombre desquelles sont les sacrements que le peuple de Dieu s'est toujours fait un devoir d'observer.
TEMOIGNAGES DE L’ECRITURE.
2. Genèse, I, 26-27 : " Faisons l'homme à notre image et à notre ressemblance. - Et Dieu le créa à son image et à sa ressemblance. "
3. II Corinthiens, V, 15 " Jésus-Christ est mort pour tous, afin que ceux qui vivent ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui est mort et qui est ressuscité pour eux. "
4. I Thessaloniciens, V, 9-10 : " Dieu ne nous a pas destinés pour être les objets de sa colère, mais pour obtenir le salut par Jésus-Christ Notre-Seigneur, - qui est mort pour nous, afin que, p.143 fin p.144 début soit que nous veillions, soit que nous dormions, nous vivions toujours avec lui. "
6. MATTHIEU, V, 16 : " Qu'ainsi votre lumière luise devant les hommes, afin que voyant vos bonnes œuvres, ils glorifient votre Père qui est dans le ciel. "
10. I Timothée, VI, 15-16 : " Celui qui est heureux, qui est le seul puissant le Roi des rois, le Seigneur des seigneurs ; - qui seul possède l'immortalité, qui habite une lumière inaccessible. "
12. Genèse, II, 7 : " Le Seigneur Dieu forma donc l’homme du limon de la terre, et il répandit sur son visage un souffle de vie, et l'homme devint vivant et animé. "
14. LUC, X, 27 : " Vous aimerez le Seigneur votre Dieu de tout votre cœur, de toute votre âme de toutes vos forces et de tout votre esprit. "
15. Deutéronome, VI, 5 : " Vous aimerez le Seigneur votre Dieu de tout votre cœur, de toute votre âme et de toutes vos forces. "
17. I Corinthiens, VI, 19-20 : " Ne savez-vous pas que vos membres sont les temples du Saint-Esprit qui réside en vous ? - Glorifiez donc Dieu, et portez-le dans vos personnes. "
18. Psaume LXXXIII, 2 : " Mon cœur et ma chair brûlent d'une ardeur pleine de joie pour le Dieu vivant. "
TEMOIGNAGES DE LA TRADITION.
1. S. AUGUSTIN, de Civitate Dei, lib. X, c. 4 :
" Ce que la langue grecque désigne par ??????? et que la langue latine traduit p.144 fin p.145 début par servitus, mais servitude uniquement vouée au culte de Dieu ; ce qui se dit en grec ????????, en latin religio, mais religion qui nous attache à Dieu ; enfin cette ?????????, que nous ne pouvons rendre qu'en trois mots, culte de Dieu ; tout ce que ces différentes expressions comprennent n'est décidément dû qu'à Dieu, au vrai Dieu qui divinise ses serviteurs. "
2. Le même, Enchirid. ad Laurentium, c. 2
: " La piété est la sagesse qui convient à l'homme. C'est ce que nous apprend 1e livre de Job ; car nous y lisons que la sagesse elle-même a dit à l'homme : La piété, voilà la sagesse. Si vous me demandez ce que l'Ecriture entend ici par piété, c'est ce que vous trouverez plus clairement expliqué dans le grec où se lit le mot ??????????, qui veut dire culte de Dieu. Car le mot piété pourrait encore se traduire en grec par ????????, qui signifie tout culte hon, quoique ce même mot signifie plus spécialement le culte de Dieu. Mais rien de plus clair que le mot ?????????, qui exprime nettement le culte de Dieu, et à quoi le texte sacré réduit toute la sagesse de l'homme, vous désirerez peut-être que je vous explique en peu de mots, et d'une manière succincte, de quelle manière ce culte dû à Dieu doit se rendre. "
3. Le même, in Ps. 73 : " Si nous distinguons les deux Testaments, l'Ancien et le Nouveau, c'est que les sacrements n'y sont pas les mêmes, ni les promesses les mêmes ; mais ce sont néanmoins presque partout les mêmes préceptes. Pourquoi, me demanderez-vous, sont-ce les mêmes préceptes ? Parce que c'est toujours le même Dieu à servir. Mais ce ne sont pas les mêmes sacrements, parce que ceux d'aujourd'hui procurent le salut, au lieu que les autres se bornaient à promettre le Sauveur. Les sacrements, dis-je, du Nouveau-Testament procurent le salut, et ceux de l'Ancien-Testament promettaient le Sauveur. Les sacrements ont été changés ; ils sont maintenant plus faciles, moins multipliés, plus salutaires, plus avantageux. "
4. Le même, Lib. XIX contra Faustum manichæum, c. 11 : " Les hommes ne peuvent se réunir en corps de religion, soit vraie, soit fausse, à moins de prendre en quelque sorte pour point de ralliement certains sacrements ou signes visibles : sacrements d'une merveilleuse vertu, et qu'on ne peut mépriser sans sacrilège. Car il y a de l’impiété à mépriser ce que la piété réclame comme moyen essentiel de l'entretenir. "
5. Le même, de Doctrinâ christianâ, lib. III, c. 9 : " Maintenant, que la résurrection de Notre-Seigneur a éclairé le jour de p.145 fin p.146 début notre liberté, nous ne sommes plus chargés du lourd bagage de toutes ces cérémonies dont la signification n'est plus pour nous un mystère ; mais nous avons à leur place un petit nombre de sacrements aisés à recevoir, d'une signification sublime, d'une spiritualité exquise, et qui ont pour auteur Notre-Seigneur lui-même ou qui nous viennent d'institution apostolique ; comme est, par exemple, le sacrement de baptême, et comme est encore le mystère du corps et du sang de Jésus-Christ. "
6. Le même, Quæst. LXXXIV super Leviticum
: " Comment est-ce donc que Moïse sanctifie, aussi bien que le Seigneur ? Moïse sanctifie, mais non pas comme le Seigneur : il sanctifie par des sacrements visibles en qualité de ministre, tandis que le Seigneur sanctifie par sa grâce que répand l'Esprit-Saint, et sans laquelle les sacrements visibles eux-mêmes n'auraient aucune efficacité. Car sans cette opération sanctifiante de la grâce invisible, à quoi les sacrements visibles peuvent-ils servir ?. . . . . Il suit de là qu'il s'en est trouvé quelquefois qui ont été sanctifié invisiblement sans le secours d'aucun sacrement visible, et néanmoins avec le même profit, ces sacrements d'ailleurs ayant changé selon le temps et n'étant pas les mêmes aujourd'hui qu'ils étaient autrefois ; au lieu que la sanctification extérieure produite par les sacrements visibles n'est d'aucune utilité, si elle n'est accompagnée de cette sanctification invisible. Il ne faut pas mépriser pour cela ces sacrements ; car le mépris qu'on en ferait mettait un obstacle invincible à la sanctification intérieure. Aussi lisons-nous (Act., X, 48) que Corneille et ceux de sa maison, quoiqu'ils fussent d'avance sanctifiés invisiblement par l'infusion de la grâce du Saint-Esprit, ne s'en firent pas moins baptiser ; et cette sanctification visible ne fut point considérée comme superflue, quoiqu'elle eût été devancée par la sanctification invisible. "
7. Le même, Quæst. XXXIII super Numeros
: " Ce sont les même choses dans l’Ancien-Testament que dans le Nouveau ; mais dans l’Ancien elles sont comme voilées, au lieu que dans le Nouveau ce voile est levé : là c'était la figure ; ici c'est la réalité. Et non-seulement les sacrements sont différents ; mais au lieu que dans l’Ancien-Testament il semble n'être question que de promesses temporelles qui signifient obscurément des récompenses spirituelles, dans le Nouveau au contraire ces biens spirituels et éternels sont promis sans figure. "
8. TERTULLIEN, Lib. de resurrectione carnis, c.
8 : " C'est la chair qui est lavée, pour que l'âme soit purifiée ; c'est sur la p.146 fin p.147 début chair que l'on fait les onctions, pour que l'âme soit consacrée ; c'est la chair qui est marquée du signe sacré pour que l'âme soit fortifiée ; c'est la chair qui est atteinte par l'imposition des mains, pour que l'âme soit illuminée par l'Esprit ; c'est la chair enfin qui est nourrie du corps et du sang de Jésus-Christ pour que l'âme s'engraisse de la substance de son Dieu. "
9. S. GREGOIRE, Lib. VI, c. 3 in I Regum, sive in caput XVI libri primi Regum : " Les sacrements nous sont conférés extérieurement, pour que la grâce de l'Esprit-Saint nous pénètre intérieurement. L'opération de l’homme est extérieure, mais il n'y a que celle de Dieu qui soit intérieure. L’homme consacre au dehors ; l’Esprit-Saint sanctifie au dedans. Un homme donne à un autre un ordre sacré ; mais celui qui reçoit cet ordre est visité aussi par l'Esprit-Saint ; et en même temps qu'il est élevé dehors par l'ordre qui lui est conféré, il est fortifié au dedans par le Saint-Esprit. "