Grand Catéchisme (Somme de doctrine chrétienne) (page 58)
28. Le concile de Trente, session VII, canon 9, De sacramentis in genere : " Si quelqu'un dit que par les trois sacrements du baptême de la confirmation et de l'ordre, il ne s'imprime pas dans l'âme un caractère, c'est-à-dire une certaine marque spirituelle et ineffable, qui fait que ces sacrements ne peuvent être réitérés : qu'il soit anathème. "
29. Le même concile, même session, De baptismo, canon 13 : " Si quelqu'un dit que les enfants, après leur baptême, ne doivent pas être mis au nombre des fidèles parce qu'ils ne sont p.197 fin p.198 début pas en état de faire des actes de foi, et que pour cela ils doivent être rebaptisés lorsqu'ils ont atteint l'âge de discernement, ou qu'il vaut mieux ne les point baptiser du tout que de les baptiser dans la seule foi de l'Eglise, avant qu'ils puissent croire par un acte de foi qu'ils produisent eux-mêmes : qu'il soit anathème. "
30. S. AUGUSTIN, Tractat. XI in Joannem : " Nicodème a très-bien compris la naissance charnelle. Comprenez de même la naissance spirituelle. Si l'on vous dit de renaître spirituellement, réponde ce qu'a répond Nicodème : Est-ce qu'un homme peut rentrer dans le sein de sa mère et en sortir de nouveau ? Je suis déjà né d'Adam ; Adam ne peut pas m'engendrer une seconde fois. Je suis déjà né de Jésus-Christ ; Jésus-Christ ne peut pas m'engendrer une seconde fois. On ne peut pas plus recommencer le baptême qu'un homme ne peut rentrer dans le ventre de sa mère. . . Vous endurez la persécution des donatistes, qui vous séduisent en se jouant de vous : Venez venez, recevez ici le baptême, c'est nous qui possédons le vrai baptême. Ne vous jouez pas de nous, il n'y a qu'un vrai baptême, le vôtre n'est qu’un jeu. Vous serez séduit et cette persécution vous sera funeste. Ils osent dire encore qu'ils ont coutume d'être persécutés par les rois ou par les princes catholiques. En quoi consiste cette persécution ? Dans des maux corporels. La persécution qu'ils exercent eux-mêmes est quelque chose de pire. Quand ce nouvel Ismaël veut se jour avec Isaac, quand il fait des promesses doucereuses quand il vous offre un autre baptême, réponde : J'ai déjà le baptême.
Car si notre baptême est le véritable, quiconque vous en promet un autre ne fait autre chose que se jouer de vous. Mettez-vous en garde contre ce persécuteur de votre âme. . . . On s'étonne que les puissances chrétiennes prennent des mesures contre ces ravageurs de l’Eglise. Et comment n'en prendraient-elles pas ? Comment alors rendraient-elles compte à Dieu de leur gouvernement ? Pesez bien ici mes paroles ; car c'est le devoir des princes chrétiens de procurer sous leur gouvernement la paix à l’Eglise leur mère, de laquelle ils ont reçu la naissance spirituelle. Voyez d'un côté les maux qu'ils font, et de l'autre ceux qu'ils ont à souffrir. Ils tuent les âmes, et on leur inflige à eux-mêmes des supplices corporels ; ils donnent la mort éternelle à des milliers d'âmes, et ils se plaignent qu'on leur fasse subir la mort temporelle. "
31. Le vénérable BEDE, in caput tertium
Evang. Secundùm Joannem : " Il est bon d'observer que ce qui est dit ici de la régénération charnelle, doit se dire aussi de la régénération spiri- p.198 fin p.199 début tuelle, savoir, qu'elle ne peut pas se réitérer quand elle a été une fois accomplie. Car qu'un homme ait été baptisé au nom de la Trinité fût-ce même par un hérétique ou par un schismatique, ou par un scélérat, dès-lors il ne peut être rebaptisé par nous autres catholiques, de crainte que la confession ou l'invocation d'un aussi grand nom ne soit regardée comme indifférente. "
32. Le premier concile de Constantinople, deuxième œcuménique, dans son symbole : " Nous confessons un baptême pour la rémission des péchés. "
34. Le même, Lib. de unico baptismo contra Petilianum, c. 13 : " Pour moi, si l'on veut que je dise quelle est à ce sujet ma façon de penser, ce fut dans Cyprien et ses collègues une erreur qui prouve simplement qu'ils étaient hommes, que de rebaptiser les hérétiques comme ils le faisaient ; mais c'est une présomption toujours diabolique, que de rebaptiser les catholiques, comme le font encore aujourd'hui nos adversaires. "
35. S. LEON-LE-GRAND, Epist. 79 ad Nicetam episcopum
Aquileiensem, c. 7 : " La règle que nous prescrivons, comme vous le savez, d'observer dans toutes les Eglises, c'est de ne pas profaner le baptême en le réitérant : car il n'y a qu'un Seigneur, qu’une foi, qu'un baptême. Et ce baptême ne doit jamais être réitéré, mais comme nous l'avons dit, il suffit d'invoquer le concours sanctifiant de l'Esprit-Saint, pour que la grâce, que personne ne peut recevoir des hérétiques, soit obtenue par les prêtres catholiques. "
36. Le même, Epist. XXXVII ad Leonem Ravennatem episcopum : " Nous savons que c'est commettre un crime inexcusable que de forcer quelqu'un, suivant la pratique des hérétiques condamnée par les saints Pères, à recevoir deux fois le baptême, qui, ayant pour effet la régénération spirituelle, ne doit être accordé qu'une fois, comme le veut la doctrine apostolique, qui nous montre un Dieu unique dans la Trinité, une confession unique de foi, et un sacrement unique dans le baptême. Mais ici (lorsqu'il est douteux que la personne soit baptisée) il n'y a rien de semblable à craindre, puisqu'on ne peut pas être coupable de réitérer une chose dont on ne sait pas si elle a jamais été faite. "
37. JUSTINIEN, in codice, lib. I, tit. 6, ne sanctum baptisma iteretur, L. secundâ imperatorum Honorii et Theodosii : " Si quelque ministre catholique se trouve convaincu de rebaptiser p.199 fin p.200 début qui que ce soit, que l'auteur du crime, et avec lui celui à qui il a persuadé de le commettre (si toutefois il est d'un âge où le crime lui soit imputable), soient punis du dernier supplice. "
Question II
Qu’y a-t-il à observer en particulier sur ce sacrement ? Il faut distinguer dans le baptême l'élément ou la matière dont on se sert pour l'administrer, sa signification, les paroles qui l'accompagnent, le ministre qui le confère et les effets qu'il produit. L'élément est de l'eau pure, matière nécessaire, qui, à ne considérer que sa nature, a coutume d'être employée pour nettoyer le corps. Sa signification qui lui est parfaitement appropriée, c'est que le baptême purifie l’âme de ses péchés et rend juste celui qui le reçoit comme nous le dirons plus loin. Les paroles dans lesquelles, d'après l'institution de Jésus-Christ, consiste la forme du sacrement, sont conçues en ces termes : Je te baptise au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Et quoique ce soit la propre fonction des prêtres d'administrer ce sacrement, néanmoins, lorsque la nécessité est pressante, le baptême peut aussi être conféré par d'autres, et même s'il le faut par des hérétiques ou des impies, pourvu que la forme employée par l'Eglise, ou les paroles dont elle se sert, soient observées.
TEMOIGNAGES DE L’ECRITURE.
3. Actes, VIII, 36-38 : " Après avoir marché quelque temps, ils rencontrèrent de l'eau ; et l'eunuque lui dit : Voilà de l'eau, p.200 fin p.201 début qui empêche que je ne sois baptisé ? - Il commanda qu'on arrêta son char ; et ils descendirent tous deux dans l'eau ; et Philippe baptisa l'eunuque. "
6. Actes, II, 38 : " Faites pénitence, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ pour la rémission de vos péchés, et vous recevrez le don du Saint-Esprit. "
7. I Corinthiens, VI, 11 : " C'est ce que quelques-uns d'entre vous ont été autrefois ; mais vous avez été lavés, vous avez été sanctifiés et justifiés au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ, et par l'Esprit de notre Dieu. "
8. MATTHIEU, XVIII, 19 : " Allez donc, enseignez toutes les nations, et baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. "
TEMOIGNAGES DE LA TRADITION.
1. Le concile de Trente, session VII, canon 2 du Baptême
: " Si quelqu'un dit que l'eau vraie et naturelle n'est pas de nécessité pour le sacrement de baptême et que, pour ce sujet, il détourne à quelque explication métaphorique ces paroles de Notre-Seigneur Jésus-Christ : Si un homme ne renaît de l’eau et du Saint-Esprit, etc. : qu'il soit anathème. "
3. S. CHRYSOSTOME, Homil. XXIV (al. XXV) in
Joannem : " Ce qui fait voir jusqu'à l'évidence que l'eau est absolument nécessaire, c'est que l'Esprit-Saint étant descendu sur certains fidèles avant qu'ils eussent reçu le baptême d’eau, l’Apôtre ne s'en tient pas là ; mais voyez au contraire ce qu'il dit et ce qui prouve en même temps la nécessité de l'eau (Act., X, 47) : Peut-on refuser le baptême à ceux qui ont déjà reçu le Saint-Esprit comme nous ? D'où vient donc cette nécessité de l'eau ? Je vais le dire, en vous dévoilant le mystère qui s'y trouve renfermé. On pourrait en donner plusieurs raisons plus merveilleuses les unes que les autres ; mais en voici une que je choisis dans la multitude. Cette raison, quelle est-elle donc ? C'est qu'on y remarque des symboles divins, un tombeau et une mort, une résurrection et une p.201 fin p.202 début vie, et tout cela à la fois. Car nous trouvant plongés dans l’eau comme dans un tombeau, le vieil homme est alors enseveli en nous, et comme submergé, puis, quand nous relevons la tête hors de l'eau, c'est le nouvel homme qui paraît à son tour. Car autant ii nous est facile de plonger la tête dans l'eau et de la relever, autant il est facile à Dieu d'ensevelir le vieil homme et de faire paraître le nouveau. Or, cette opération se fait par trois fois, pour vous apprendre que c'est la vertu du Père, du Fils et du Saint-Esprit qui accomplit tout cela. Et pour que vous ne pensiez pas que je parle ici par conjectures, écoutez Paul qui vous dit : Nous avons été ensevelis avec lui par le baptême pour mourir (au péché) ; et encore : Notre vieil homme a été crucifié avec lui ; et : Nous sommes entés en lui par la ressemblance de sa mort (Cf. Opera S.
Chrysost., t. VIII, pag. 146, édit. de Montfaucon ; col. 168, édit. de Gaume). "
4. Le grand concile de Latran, canon 4 : " Quant au sacrement de baptême, qui est consacré par l'invocation faite sur l'eau de l'indivisible Trinité, savoir, du Père, du Fils et du Saint-Esprit, il procure le salut tant aux enfants qu'aux adultes, quand il leur est administré suivant la forme de l'Eglise, quel qu'en soit le ministre. "
5. Le concile de Florence : " La forme de ce sacrement est : Je te baptise au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Nous ne nions pas cependant que le baptême ne soit également valide si l’on emploie ces paroles : Que tel serviteur de Jésus-Christ soit baptisé au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit ; ou : Un tel est baptisé par mes mains au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit ; car comme la sainte Trinité est la cause principale qui donne au baptême sa vertu, et que le ministre qui pose le rite extérieur du sacrement en est la cause instrumentale, si les paroles expriment bien l'acte que fait ce ministre lui-même, avec l'invocation de la sainte Trinité, il ne manque rien au sacrement. "
6. S. AUGUSTIN, De Baptismo contra Donatistas, lib.
VI, c. 25 : " Ces paroles précises de l’Evangile, sans lesquelles il ne pourrait y avoir de sacrement de baptême, ont une telle valeur, qu'elles annulent tout ce qu'une prière mal conçue peut renfermer de contraire à la règle de la foi, de la même manière que le démon est chassé par la simple invocation du nom de Jésus-Christ. . . . " " Si le ministre est mauvais et même tout-à-fait perverti, et qu'il récite la prière entière et conforme en tout point à la foi p.202 fin p.203 début catholique, il ne cesse pas d’être mauvais par cela seul que la prière qu'il récite ne renferme rien de mauvais ; et si sa prière est viciée en quelque point, Dieu donne toujours la même vertu aux paroles évangéliques, sans lesquelles le sacrement de baptême serait impossible, et il sanctifie lui-même ce sacrement dont il est l'auteur, pour qu'il serve au salut de l'homme qui se convertit soit avant le baptême, soit pendant le baptême, soit après, au lieu qu'il concourrait à sa damnation, s'il ne se convertissait pas. Du reste, qui ne sait que le baptême de Jésus-Christ n'existe, qu'autant que les paroles évangéliques qui en constituent le symbole sont prononcées. Mais on trouverait plus aisément des hérétiques qui ne baptisent pas du tout, que des hérétiques qui baptisent sans prononcer ces paroles. "
7. DIDYME d'Alexandrie, Lib. II de Spiritu Sancto
: " Qui, bon gré mal gré, n'admettra pas l'unité de la sainte Trinité en voyant que la foi est la même au Père, au Fils et au Saint-Esprit, et que c'est au nom de ces trois personnes que le baptême est conféré ? Je ne pense pas qu'il y ait personne assez dénuée de sens et de raison, pour croire le baptême parfait s'il est donné au nom du Père et du Fils, sans mention du Saint-Esprit ; ou s'il est donné au nom du Père et du Saint-Esprit, sans mention du Fils ; ou au nom du Fils et du Saint-Esprit, sans mention du Père. Car quoique je ne disconvienne pas qu'il ne puisse exister quelque homme assez insensé pour vouloir baptiser en omettant de même un de ces noms, et en se posant ainsi comme réformateur de la loi de Jésus-Christ, j'affirme du moins de ce baptême qu'il serait imparfait, et que ceux qu'on croirait avoir baptisés de cette manière n'en resteraient pas moins sous l'esclavage de leurs péchés. "
8. S. AMBROISE, Lib. de iis qui mysteriis initiantur, c. 4 : " Si, le catéchumène n’est baptisé au nom du Père et du Fils, et du Saint-Esprit, il ne peut recevoir la rémission de ses péchés, ni participer au bienfait de la grâce spirituelle. "
9. S. AUGUSTIN, Lib. II contra epist. Parmeniani, c. 13 : " Si un laïque donne en cas de nécessité à celui qui va mourir, ce qu'il a appris qu'il fallait donner lorsqu'il l'a reçu lui-même, je ne sais si l'on pourrait dire chrétiennement qu’il faudrait réitérer ce sacrement. Ce serait, il est vrai, une injuste usurpation que de faire cela sans nécessité ; mais si la nécessité est pressante, il n'y a plus de péché, ou c'est un péché simplement véniel. . . . Une autre question serait de savoir si quelqu'un qui n'aurait jamais été chrétien pourrait baptiser ; et il ne faut ici rien affirmer témé- p.203 fin p.204 début rairement sans l'autorité d'un concile aussi imposant que le mérite l'importance de cette question. Quant à ceux qui ont été séparés de l'unité de l'Eglise, il est incontestable et qu'ils ont le baptême, et qu'ils peuvent le donner, et qu'ils l'ont pour leur perte, et qu'ils le donnent pour la perte des autres tant qu'ils ont rompu le lien de la paix. Car cette question, partout discutée et pleinement examinée, a été résolue dans ce sens par toute l'Eglise catholique. "
10. Le même, Lib. de unico baptismo, c. 9
: " Lorsque quelqu'un qui a reçu le baptême chez les hérétiques ou chez les schismatiques revient à l'Eglise, il faut avoir égard au sacrement de vérité dont il porte le caractère, supposé que ce soit le baptême de Jésus-Christ qu'il ait reçu ; et il suffit alors de le faire rentrer dans l'unité dont il était séparé, et sans laquelle on peut bien avoir le baptême, mais non de manière à ce qu'il serve pour le salut. Telle est notre pratique ; telle est la tradition que nous avons reçue de nos pères, telle est la doctrine que maintient en tous lieux l'Eglise catholique contre tous les nuages de l'erreur. "
11. Le même, Lib. III contra Donatistas, c. 15 : " C'est pourquoi, si Marcion conférait le baptême en se servant des paroles marquées dans l'Evangile, au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit, le sacrement avait toute sa vérité, quoique sa foi elle-même, par le sens erroné qu'il attachait à ces paroles, ne fût pas pure, mais pervertie par des rêveries chimériques. Car si, je ne dis pas seulement, Marcion ou Valentin, ou Arius ou Eunomius, mais les enfants même de l'Eglise du nombre de ceux à qui l'Apôtre écrivait (I Cor., III, 1) : Je n'ai pas pu vous parler comme à des hommes spirituels, mais comme à des hommes charnels, pouvaient être questionnés chacun en particulier sur le sens de ces mêmes paroles, au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit, on compterait peut-être parmi eux autant d'opinions différentes, qu'ils seraient d'individus. Tant il est vrai que l'homme anima! ne comprend point les choses qui sont de l'esprit de Dieu (I Cor., II, 19). Est-ce une raison pour qu'ils ne reçoivent pas la vérité du sacrement lui même ? "
12. Le même, contra Donatistas, Lib. VII, c. 53 : " Cependant si, me trouvant dans un concile où l'on discuterait ces sortes de questions, quelqu'un me pressait de dire ce que j'en penserais, avant qu'aucun autre, dont j'aimerais mieux suivre l'opinion que de m'attacher à la mienne, eût ouvert là-dessus son avis ; si j'étais intérieurement disposé alors comme au moment où je p.204 fin p.205 début disais ces choses, je n'hésiterai point à opiner que ceux-là sont véritablement baptisés qui de bonne foi et avec une certaine croyance (en Jésus-Christ) ont reçu le baptême conféré avec les paroles marquées dans l'Evangile, quel qu'en ait été d’ailleurs le ministre, quoique ce baptême ne puisse pas leur servir pour le salut, s'ils n'ont pas la charité, faute d'être en communion avec l'Eglise catholique. Car, dit l'Apôtre (I Cor., XIII, 2), quand même j'aurais une foi assez forte pour transporter les montagnes, si je n'ai pas la charité, je ne suis rien. Comme aussi je ne doute pas, d'après les principes suivis par nos pères, que ceux-là ne soient baptisés qui reçoivent le baptême avec quelque mélange d'erreur, mais enfin dans l’Eglise ou dans ce qu'ils prennent pour la véritable Eglise, de la main de ceux dont il a été dit, Ils sont sortis d’entre nous. Mais si la société dans laquelle on aurait prétendu recevoir le baptême n'avait pas même le simulacre d'Eglise, ou qu'on ne s'y fût pas proposé d'accomplir un acte religieux, mais de le recevoir par manière de jeu ou à la façon des comédiens ; pour décider si un tel baptême serait valide, je voudrais qu'on demandât à Dieu par des prières ferventes et unanimes et par d'humbles gémissements, de nous le faire connaître encore ; même après cela, attendrais-je humblement que d'autres voulussent bien dire aussi leur avis, s'ils avaient là-dessus des lumière particulières : à combien plus forte raison doit-on prendre en ce sens ce que je viens de dire, sans préjudice d'un plus mûr examen de la question, ou d'une autorité supérieure à la mienne. "
13. S. HILAIRE, évêque de Poitiers, in psalmum 67, dit en parlant de l'eunuque de Candace reine d’Ethiopie: " Voici de l'eau, dit-il, qui empêche que je reçoive le baptême ? prévenant ainsi le baptême même par l'impatience de son désir, au point d'obliger un simple diacre à remplir à son égard ce ministère de la charge apostolique. "
15. Le concile de Florence : " Le ministre de ce sacrement est le prêtre qui a la charge spéciale de baptiser : en cas de nécessité cependant, non-seulement un prêtre ou un diacre, mais même un laïque ou une simple femme, que dis-je ? un païen ou un hérétique peut baptiser, pourvu qu'il observe la forme voulue, et qu'il ait l'intention de faire ce que fait l'Eglise. "
16. Le concile de Trente. session VII, canon 4, du
Baptême : p.205 fin p.206 début " Si quelqu'un dit que le Baptême donné même par les hérétiques au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, avec intention de faire ce que fait l'Eglise, n'est pas un véritable baptême : qu'il soit anathème. "
Question III
Quels fruits et quels effets produit le baptême ?
Le baptême produit exactement les fruits que Jésus-Christ nous a enseignés et qui nous sont attestés par les apôtres saint Pierre et saint Paul, savoir, de remettre les péchés et de donner l'Esprit-Saint, pour détruire en nous le vieil homme, et faire de nous une nouvelle créature en Jésus-Christ. Car le baptême reçu comme il faut ne nous procure pas seulement le pardon et la rémission de nos péchés, mais de plus nous renouvelle totalement, et nous rend vraiment innocents, justes, saints et dignes de la gloire céleste en Jésus-Christ ; de sorte que c'est à juste titre que saint Paul a dit à tous les chrétiens baptisés : Vous avez été lavés, vous avez été sanctifiés, vous avez été justifiés au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ et par l'esprit de notre Dieu. Le même apôtre appelle ailleurs le baptême l'eau de la renaissance et du renouvellement de l'Esprit-Saint. Il dit encore que le baptême de l'eau a la vertu de nous purifier par la parole de vie. Il dit enfin : Vous tous qui avez été baptisés en Jésus-Christ, vous avez été revêtus de Jésus-Christ.
Saint Bernard comprend en peu de mots avec beaucoup de sagacité les divers effets de ce sacrement : " Nous sommes lavés dans le baptême, dit-il, parce que ce sacrement efface le décret de notre condamnation, et nous confère un tel degré de grâce, que la concupiscence elle-même ne nous cause plus aucun préjudice, pourvu toutefois que nous lui refusions notre consentement. La concupiscence qui reste toujours dans ceux qui sont baptisés n’est pas un péché par elle-même ;
mais elle est, comme disent les théologiens, le foyer du péché, et elle nous est laissée comme matière d'épreuve, afin que nous soyons portés par là à chercher Dieu avec plus de vigilance, à pratiquer la vertu avec plus d'ardeur, et à nous acquérir plus de gloire en combattant avec plus de courage. C'est pourquoi, comme l'enseigne saint Paul, il n'y a point de condamnation pour ceux qui sont en Jésus Christ, et qui ne marchent point selon la chair, mais selon l'esprit, et qui, selon la doctrine et l'exemple de saint Paul, dépouillent p.206 fin p.207 début le vieil homme et se renouvellent de jour en jour selon l'homme intérieur : ce qui est le devoir propre de ceux qui ont reçu le baptême.
TEMOIGNAGES DE L’ECRITURE.
2. Actes, II, 38 : " Que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ pour la rémission de vos péchés, et vous recevrez le don du Saint-Esprit. "
3. Actes, XXII, 16 : " Levez-vous et recevez le baptême et lavez-vous de vos péchés en invoquant le nom du Seigneur, dit Ananias à Paul. "
4. S. PIERRE, III, 20-21 : " Pendant qu'on préparait l'arche, dans laquelle si peu de personnes, savoir huit seulement, furent sauvées au milieu de l’eau, - ce qui était la figure à laquelle répond maintenant le baptême, qui vous sauve par la grâce de Jésus-Christ ressuscité d’entre les morts, non en ôtant les souillures de la chair, mais en offrant le gage d'une âme pure devant Dieu. "