Grand Catéchisme (Somme de doctrine chrétienne) (page 59)

Pierre Canisius · Doctrine

Texte français, domaine public · Source : jesusmarie.free.fr — Grand Catéchisme, trad. Peltier, tomes 1 à 6 · 205 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

5. EZECHIEL, XXXVI, 23-26 : " Et je répandrai sur vous de l'eau pure, et vous serez purifiés de toutes vos souillures ; et je vous purifierai de toutes vos idoles. Je vous donnerai un cœur nouveau, et je mettrai en vous un esprit nouveau, etc. " p.207 fin p.208 début

6. Romains, VI, 3-7,11 : " Ne savez-vous pas que nous tous qui avons été baptisés en Jésus-Christ, nous avons été baptisés en sa mort ? Car nous avons été ensevelis avec lui par le baptême pour mourir au péché ; afin que, comme Jésus-Christ est ressuscité d'entre les morts par la gloire de son Père nous marchions aussi dans une vie nouvelle. - Car si nous avons été entés en lui par la ressemblance de sa mort, nous y serons aussi entés par la ressemblance de sa résurrection. - Sachant que notre vieil homme a été crucifié avec lui, afin que le corps du péché soit détruit, et que désormais nous ne soyons plus asservis au péché. - Car celui qui est mort est délivré du péché. - Considérez-vous de même comme étant aussi morts au péché et comme ne vivant plus que pour Dieu, en Jésus-Christ Notre-Seigneur. "

8. Ephésiens, V, 23-26 : " Jésus-Christ a aimé l’Eglise, et s'est livré lui-même pour elle, - afin de la sanctifier, après l'avoir purifiée dans le baptême de l'eau, par la parole de vie. "

9. JACQUES, I, 14-15 : " Chacun est tenté par sa propre concupiscence, qui l'emporte et qui l'attire. - Ensuite ? quand la concupiscence a conçue elle enfante le péché, et le péché étant accompli engendre la mort. "

10. Romains, VI, 12 : " Que le péché ne règne donc point dans votre corps mortel, en sorte que vous obéissiez à ses désirs déréglés. "

11. Ibidem, VII, 7-8 : " Je n'aurais point connu la concupiscence si la loi n'avait dit : vous n'aurez point de mauvais désirs. Mais le péché ayant pris occasion de s'irriter par les préceptes, a produit en moi toutes sortes de mauvais désirs ; car sans la loi, le péché était mort. "

12. Colossiens, III, 9-10 : " Dépouillez le vieil homme avec ses œuvres ; - et revêtez-vous de cet homme nouveau, qui, par la connaissance de la vérité, se renouvelle selon l'image de celui qui l'a créé. "

13. Ephésiens, IV, 22-24 : " Dépouillez-vous du vieil homme selon lequel vous avez vécu dans votre première vie, et qui se corrompt en suivant l’illusion de ses passions. - Renouvelez-vous dans l'intérieur de votre âme, - et revêtez-vous de l'homme nouveau, qui est créé à la ressemblance de Dieu dans une justice et une sainteté véritable. " p.208 fin p.209 début

14. II Corinthiens, IV, 16 : " C'est pourquoi nous ne perdons point courage ; mais quoique dans nous l'homme extérieur se détruise, l’homme intérieur se renouvelle de jour en jour. "

15. Romains, VI, 4 : " Car nous avons été ensevelis avec lui par le baptême pour mourir au péché etc., " (comme ci-dessus).

TEMOIGNAGES DE LA TRADITION.

1. S. BASILE-LE-GRAND, Exhortat. ad baptismum, quæ est decima tertia inter homilias variorum argumentorum : " Le baptême est la rédemption des captifs, la remise des dettes, la mort au péché, la régénération de l'âme, un vêtement plein de blancheur et d'éclat, un caractère indélébile, un chemin à prendre pour le ciel, la clef du royaume céleste, la grâce de l'adoption. "

2. Le même, Lib. de Spiritu Sancto, c. 15

: " Le rite auguste du baptême s'accomplit au moyen de trois immersions et de trois invocations : sacrement qui présente une image de mort, et purifie ceux qui le reçoivent en mettant dans leurs cœur des sentiments divins. "

3. S. AUGUSTIN, Lib. I contra duas epistolas pelagianorum, c. 13 : " Nous disons que le baptême procure le pardon de tous les péchés, efface tous les crimes, en coupe jusqu’à la racine même, au lieu de ne les détruire qu’à la superficie, comme on nous accuse de le dire et de le penser, en prétendant que selon nous le baptême est pour nos péchés ce que le rasoir est pour les cheveux, qu'il taille et qu'il n'extirpe pas. "

4. Ibidem, Lib. III, c. 3 : " Le baptême purifie de tous les péchés, de tous sans restriction, que ce soient des péchés d’actions, de paroles ou de pensées, péchés d’origine ou péchés commis depuis, péchés de fragilité ou péchés de malice ; mais il n'ôte pas la concupiscence (infirmitatem), à laquelle le baptisé résiste quand il sait répondre à ses engagements. "

5. Le même, Enchirid. ad Laurentium, c. 64

: " Excepté le bienfait du baptême dont l'objet est de porter remède au péché originel, et qui corrige par la régénération le mal que la génération nous a fait contracter, quoiqu'il efface en même temps les péchés actuels, soit de pensées, soit de paroles ou d'actions, dont nous pourrions être coupables avant de le recevoir. Excepté donc cette grande indulgence de notre Dieu, par laquelle commence le renouvellement de l'homme, et qui a pour effet d'absoudre de tout crime, soit héréditaire, soit personnel, etc. "

6. BEDE, in caput III Joannis : " La génération spirituelle p.209 fin p.210 début s'opère tout entier d'une manière invisible. On voit, il est vrai, descendre dans les fonts celui qui est baptisé, on le voit plonger dans l'eau, on l'en voit sortir ; mis on ne saurait voir ce que le baptême de régénération opère en lui. La piété des fidèles toute seule peut le savoir, et elle sait que cet homme descendu dans l'eau pécheur, en est sorti purifié, qu'il y est descendu dévoué à la mort, et qu'il en est sorti enfant de résurrection. C’est ce que seule peut connaître l’Eglise sa mère, qui l'engendre. Mais aux yeux des insensés, ce même homme semble sortir des fonts tel qu'il y était descendu, et tout ce qui s'y passe leur paraît n'être qu'un jeu. "

7. S. JEAN-DAMASCENE, Orthodoxæ fidei, lib. IV, c, 10 : " Quoique la rémission des péchés soit accordée également à tous par le baptême, les grâces de l'Esprit-Saint ne sont distribuées à chacun que selon le degré particulier de sa foi et de ses sentiments de pénitence. Toujours est-il vrai que par le baptême nous recevons les grâces de l’Esprit-Saint, et que cette régénération spirituelle devient pour nous le commencement d'une nouvelle vie, en même temps qu'elle en est le signe et le moyen ou le fil conducteur. "

8. S. GREGOIRE-LE-GRAND, Lib. X, Epist. 39 ad

Theotistam patriciam : " S'il en est qui enseignent que par le baptême les péchés ne sont effacés qu'à la superficie, qu'y a-t-il de plus contraire à la foi que cet enseignement, par lequel on ôte au sacrement même de la foi toute valeur ? A ce sacrement, qui fait contracter à l’eau une pureté toute céleste, en sorte que n'étant plus souillée d'aucun péché, elle ne s'attache qu’à celui dont le Psalmiste a dit : Il m'est avantageux de m’attacher à Dieu ? (Ps.

LXXII, 28) C’a été sans contredit une figure du baptême, que le passage de la mer Rouge, où les ennemis qui poursuivaient les Hébreux furent noyés dans la mer, mais pour être remplacés bientôt par d'autres ennemis dans le désert.

Il en est de même pour tous ceux qui sont plongés dans l'eau salutaire du baptême : tous leurs péchés passés sont comme noyés, figurés par les Egyptiens qui poursuivaient les Hébreux ; mais ils retrouvent dans le désert d'autres ennemis : car tant que nous serons sur la terre, et jusqu’à ce que nous arrivions au ciel qui sera pour nous une véritable terre promise, nous serons harcelés de bien des tentations, qui toutes s'opposeront à notre entrée dans la terre des vivants. Que celui-là donc qui dit que les péchés ne sont pas entièrement remis dans le baptême dise aussi que les Egyptiens p.210 fin p.211 début n'ont pas été réellement noyés dans la mer Rouge. Mais si l'on avoue que les Egyptiens sont réellement morts, qu'on avoue donc aussi par une conséquence nécessaire que les péchés meurent tout-à-fait dans le baptême, d'autant plus que la vérité doit avoir plus de réalité que ce qui n'en était que l'ombre. Le Seigneur dit dans l'Evangile (JEAN, XIII, 10) : Celui qui a été lavé n’a plus besoin que de se laver les pieds, et il est pur dans tout le reste. Si donc les péchés ne sont pas entièrement remis dans le baptême, comment sera-t-il vrai que celui qui est lavé est devenu par là tout-à-fait pur ? Car on ne peut pas appeler pur celui à qui il reste des péchés. Mais rien ne résiste à la voix de la vérité, dont voici l'oracle : Celui qui est lavé est tout entier pur. Il ne reste donc rien de la contagion du péché à celui que déclare être tout entier pur celui-là même qui l'a racheté. "

9. S. JEROME, Epist. LXXXIII ad oceanum, c. 2 :

" Tous nos crimes nous ont été pardonnés dans le baptême ; et après une si grande preuve d'indulgence, nous n'avons point à craindre la sévérité de notre juge, l'Apôtre nous disant de son côté (I Cor., VI, 114) : Vous avez été tout cela, mais vous avez été lavés, vous avez été sanctifiés, vous avez été purifiés au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ et dans l'Esprit de notre Dieu. Tous nos péchés nous ont été pardonnés ; c'est vrai, c'est certain. . . . Je vais vous dire quelle vertu a le baptême ou l'eau qui a été sanctifiée en Jésus-Christ : Le monde était dans le chaos ; la profondeur des abîmes, l'épaisseur des ténèbres, dans un temps où il n'y avait encore ni soleil, ni lune, ni étoiles pour les dissiper, retenaient la matière dans un désordre complet, dans une obscurité seule visible, si quelque chose pouvait l'être. L'Esprit de Dieu tout seul était porté sur les eaux comme un écuyer qui conduisait le char, et il couvait sous lui le monde près à naître au sortir de ce baptême figuratif, etc. . . . Le monde pèche, et il n'est purifié que par l'eau du déluge, et à la suite de ce déluge, après que l’oiseau funèbre s’est expulsé lui-même de l'arche, la colombe, figure de l'Esprit-Saint abaisse son vol vers Noé comme elle descendra sur Jésus-Christ dans les eaux du Jourdain, et elle annonce la paix au monde par le rameau de lumière et de vie qu'elle apporte avec elle. Pharaon, s'opposant à ce que le peuple de Dieu sorte de l’Egypte, est noyé avec toute son armée : autre figure du baptême. " Le reste de cette lettre de saint Jérôme contient de même beaucoup d'autres passages de l’Ecriture qui se rattachent également à notre sujet. "

p.211 fin p.212 début

10. S. GREGOIRE de Nazianze, Orat. XL in sanctum Baptisma

: " Le baptême est l'illumination de l'âme, la réforme de la vie, l'engagement de la conscience auprès de Dieu. Le baptême est l'appui donné à notre faiblesse. Le baptême est la dépression de la chair, l'aspiration de l’Esprit divin, la participation au Verbe éternel, la rénovation de la créature, le déluge où sont noyés tous les péchés de l’homme, la communication de la lumière, la cessation des ténèbres. Le baptême est le char qui nous emporte vers Dieu, le voyage où Jésus-Christ s’offre à nous pour guide, l'auxiliaire de la foi, le perfectionnement de l'âme, la clef du royaume céleste, le passage de la vie des sens à la vie de l'Esprit, la fin de notre esclavage, la rupture de nos liens, l'amélioration de tout notre être. Qu'est-il besoin d'en dire davantage ? Le baptême est le plus précieux comme le plus éclatant de tous les bienfaits de Dieu. Car de même que l'on dit le Saint des saints, le Cantique des cantiques, pour en marquer la supériorité sur tout ce qui porté des noms analogues, de même le baptême est appelé l'illumination chez les Grecs, parce qu'il surpasse en sainteté toute autre chose de ce genre. Mais comme Jésus-Christ, qui en est l'auteur, porté une multitude de noms divers, ainsi le baptême porte plusieurs noms différents, soit que la joie qu'il fait naître dans notre âme nous pousse à le désigner de diverses manières (car quand on aime une chose, on en parle volontiers en variant tant qu'on le peut l'expression), soit que la multitude des biens qu'il nous procure ait fait naître ce grand nombre d'appellations diverses. Nous l'appelons don, grâce, baptême, onction, illumination, vêtement d'incorruptibilité, bain régénérateur, sceau de notre rédemption ; enfin, nous lui donnons tous les noms les plus glorieux que le langage puisse nous fournir. Nous l'appelons don, parce qu'il est donné à ceux qui n'ont rien à offrir pour en payer le prix. Nous l'appelons grâce, parce que c'est une remise faite à des débiteurs. Onction, parce qu'il nous fait prêtres et rois. Illumination, parce qu'il dissipe les ténèbres de notre esprit. Vêtement, parce qu'il voile notre ignominie. Bain, parce qu'il nous lave et nous purifie. Sceau, parce qu'il nous conserve, et marque en même temps à qui nous appartenons. . . . cette grâce du baptême n'est pas un déluge d'eau qui couvre, comme autrefois, toute la terre ; mais elle a pour effet de purifier chaque homme en particulier de ses péchés, et d'effacer les taches honteuses que nous auraient fait contracter nos vices. Et comme nous sommes composés de deux substances, qui sont l'âme et le corps, p.212 fin p.213 début et dont l'une est accessible à nos sens, l'autre leur est inaccessible, le baptême résulte aussi de l'union de deux choses, qui sont l'eau et l'Esprit, la première visible et corporelle, l'autre invisible et incorporelle ; la première servant de signe, l'autre purifiant réellement tous les replis de l'âme les plus cachés. Le baptême réformant notre première origine, change notre vieil homme dans l'homme nouveau, de terrestres nous rend en quelque sorte divins, nous refond sans nous remettre dans la fournaise, nous réforme sans briser notre être. Car, pour tout dire en peu de mots, nous devons considérer le baptême comme un engagement contracté avec Dieu de mener une vie plus pure et plus sainte. . . . L'esprit impur et malin vous a quitté, vaincu et expulsé qu'il est par le baptême. Il est furieux, de se voir en fuite ; il s'indigne de n'avoir plus ni toit ni abri. Il erre à travers des pays arides, que ne rafraîchit point la rosée du ciel ; il est content de pouvoir s'y arrêter ; il porte çà et là ses pas, cherchant partout du repos, et n'en trouvant nulle part ; il rencontre des âmes marquées du caractère du baptême, et dont les vices ont disparu dans ce bain sanctificateur ; il frémit à la vue de cette eau, et il y est étouffé, comme autrefois toute une légion de démon fut étouffée dans la mer. "

6 : " Le baptême en nous lavant de nos péchés qui sont comme d'épaisses ténèbres, ouvre notre âme à l'Esprit divin. L'œil de notre âme devient aussitôt clair et lucide ; l'Esprit-Saint descend en nous, et nous voyons clairement les choses divines. Nous sommes capables d'apercevoir les choses éternelles et la lumière éternelle. . . . . Baptisés, nous recevons la lumière ; éclairés, nous sommes faits enfants de Dieu, nous devenons parfaits ; parfaits, nous devenons immortels. Je l'ai dit, vous êtes tous les fils du Très-Haut. Plusieurs noms divers distinguent cette opération divine et mystérieuse. On l'appelle grâce, illumination, perfection, baptême. Baptême, parce qu'elle efface et lave nos péchés ; grâce, parce qu'elle nous remet les peines que nos péchés méritent ; illumination, parce qu'elle nous fait voir celte lumière sainte et salutaire au travers de laquelle nous apercevons les choses divines ; perfection, parce qu'il ne manque rien à celui qui l'a reçue. Que manque-t-il, en effet, à celui qui connaît Dieu ? Ne serait-il pas absurde d'appeler grâce de Dieu une grâce qui ne serait point parfaite et entière ? Un Dieu parfait peut-il nous accorder des grâces imparfaites ? Non. . . . . Les ténèbres sont détruites p.213 fin p.214 début nécessairement par la lumière. Les ténèbres sont cette ignorance qui nous entraîne dans le péché en fermant nos yeux à la vérité ; la lumière est cette science qui dissipe l'ignorance et nous communique la faculté de voir. Vous le voyez, rejeter le mal c'est déjà connaître le bien. Le bandeau que l'ignorance avait attaché sur nos yeux est arraché par la science ; les liens qui nous retenaient dans le mal sont brisés d’un côté par la foi de l'homme, d'un autre côté, par la grâce de Dieu. "

" Le baptême, comme un remède souverain, guéri nos péchés ; oui, tous sans exception, et il en fait disparaître jusqu'à la moindre trace. Il arrive, par la grâce de la lumière qui se répand en nous, que nous ne sommes plus les mêmes qu'avant d'avoir reçu le baptême. "

12. S. CHRYSOSTOME, Homil. ad neophytos : " Ceux qui naguère étaient retenus captifs, jouissent maintenant du beau jour de la liberté ; auparavant égarés dans les voies de l'erreur, ils se voient désormais habiter en paix la cité de Dieu, et le désordre du péché a fait place en eux aux saintes habitudes de la vertu. Car non-seulement ils sont libres, mais de plus ils sont saints : non-seulement ils sont saints, mais de plus ils sont justes : non-seulement ils sont justes, mais de plus ils sont les enfants de Dieu : non-seulement ils sont enfants de Dieu, mais de plus ils sont ses héritiers : non-seulement ils sont héritiers, mais ils sont frères de Jésus-Christ : non-seulement ils sont frères de Jésus-Christ, mais de plus ils sont ses cohéritiers : non-seulement ils sont ses cohéritiers, mais ils sont ses membres : non-seulement ils sont ses membres, mais ils sont ses temples : non-seulement ils sont ses temples, mais ils sont les organes de l'Esprit-Saint. Voyez-vous quels avantages nous procure le baptême ? Mais beaucoup se persuadent que la grâce céleste (du baptême) ne consiste que dans la rémission des péchés : et nous venons de compter jusqu'à dix avantages que cette grâce procure. C'est pour cela que nous baptisons les enfants, c'est-à-dire pour qu'ils ne soient pas souillés par le péché, pour qu'ils reçoivent en partage la sainteté, la justice, l'adoption, l'héritage, la qualité de frères et de membres de Jésus-Christ, et qu'ils deviennent les temples de l’Esprit-Saint (Le grec porte, comme l'atteste saint Augustin, Lib. I contra Julianum, c. VI : ???

????? ??? ?? ?????? ?????? ????, ?????? ?????????? ??? ?????? ; c'est-à-dire nous baptisons les enfants, quoiqu'ils n'aient pas de péchés, sous-entendez, personnels). "

p.214 fin p.215 début

13. Le même, ad illuminandos Catechesi I

(Cf. Opera S. Joann, Chrysostomi, tom. II, pag. 228-230, édit. de Montfaucon ; col. 268-271, édition de Gaume) : " Parlons d'abord des termes sous lesquels on désigne cette purification mystique ; car elle n'a pas qu'un nom, on lui donne au contraire plusieurs appellations diverses. On l'appelle, par exemple, le bain de la régénération : Car il nous a sauvés, a dit l'Apôtre (Tit., III, 5), par le bain de la régénération et par le renouvellement du Saint-Esprit. On l'appelle aussi illumination, et c'est ainsi que l'apôtre saint Paul nous l'a désigné : Rappelez en votre mémoire, a-t-il dit (Hébr., X, 32), ces premiers temps, où après avoir été illuminés, vous avez soutenu de grands combats dans les diverses afflictions ; et (Hébr., VI, 4) : Il est impossible que ceux qui ont été une fois illuminés, et qui ont goûté le don du ciel, etc. On l'appelle encore baptême : Vous tous qui avez été baptisés, vous vous êtes revêtus de Jésus-Christ (Gal., III, 27). On l'appelle tombeau : Nous avons été ensevelis par le baptême pour mourir au péché (Rom., VI, 4). On l'appelle circoncision : Vous avez été circoncis d'une circoncision qui n'est pas faite de main d'homme, mais qui consiste dans le dépouillement du corps des péchés que produit la concupiscence charnelle (Col., II, 11). On l'appelle crucifiement : Notre vieil homme a été crucifié, afin que le corps du péché soit détruit (Rom., VI, 6). On pourrait en rapporter encore plusieurs autres noms ; mais pour ne pas consumer le temps à en faire l'énumération, revenons au premier que nous avons dit. . . Le bain chez les juifs purifiait le corps des souillures qu'il pouvait contracter ; mais le bain spirituel des chrétiens a pour objet de purifier, non des souillures corporelles, mais de ce qui souille véritablement l'âme en même temps que le corps : car il rend purs, non ceux qui ont touché à des corps morts, mais ceux qui ont touché à des œuvre de mort. Fussiez-vous corrompus, fussiez-vous adultère, fussiez-vous idolâtres, eussiez-vous commis tous les crimes dont un homme est capable, une fois descendus dans cette piscine salutaire, la grâce divine vous rend aussitôt plus purs que les rayons du soleil. Et pour que vous ne pensiez pas que ce soit là une vaine jactance, écoute Paul qui vous parle en ces termes (I Cor., VI, 9-10) de la vertu de ce bain mystérieux : Ne vous y trompez pas : ni les fornicateurs, ni les idolâtres, ni les adultères, ni les impudiques, ni les abominables, ni les voleurs, ni les avares, ni les ivrognes, ni les médisants, ni les ravisseurs du bien d'autrui ne seront héritiers du p.215 fin p.216 début royaume de Dieu. Eh ! qu'est-ce, direz-vous, que cela fait à notre question ? Montrez-nous ce de quoi il s'agit, c'est-à-dire s'il est vrai que le baptême purifie de toutes ces souillures. Ecoutez donc la suite : C'est ce que quelques-uns de vous ont été autrefois, ajoute-t-il ; mais vous avez été lavés, vous avez été sanctifiés, vous avez été justifiés au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ, et par l'Esprit de notre Dieu. Nous promettions de vous montrer que ceux qui approchent de ce bain deviennent purs de tous vices ; mais le discours de l’Apôtre nous les montre, non pas seulement purs, mais même saints et justes ; car il ne dit pas simplement : Vous avez été lavés, mais : Vous avez été sanctifiés, vous avez été justifiés. .

. Et en effet, si un simple billet ou quelques mots dictés par un empereur suffisent pour rendre la liberté à des hommes coupables de mille crimes, comme pour faire tomber sur d'autres les plus terribles châtiments, l'Esprit divin, dont la vertu est toute-puissante, pourra à bien plus forte raison nous purifier de toute espèce d'iniquités, nous remplir de sainteté et de justice, nous inspirer enfin une confiance sans bornes. Et de même qu'une étincelle de feu qui tombe dans la mer s'éteint aussitôt et disparaît en s'abîmant dans le gouffre de ses eaux ; de même toute la perversité humaine, si elle vient à s'engloutir dans la piscine des grâces célestes, s'éteint et disparaît plus promptement et plus facilement encore. Mais, direz-vous, si le baptême nous remet tous nos péchés, pourquoi, au lieu de l'appeler le baptême de la rémission des péchés ou le bain qui nous purifie de nos péchés, l'appelez-vous le baptême de la régénération ou l'eau de la renaissance ? Parce qu'il ne borne pas ses effets à nous remettre nos péchés ou à nous purifier de nos souillures spirituelles, mais qu'il nous rend des hommes tout nouveaux, et nous fait naître à une vie en quelque sorte céleste. . . . . De même qu'un habile ouvrier, en faisant passer par le feu une statue d'or que le temps a couverte de fumée, de poussière et de rouille, lui rend toute sa pureté et tout son éclat, ainsi Dieu a comme remis en fonte notre nature souillée par la rouille du péché, obscurcie par les œuvres de ténèbres, dépouillée enfin de toute cette beauté qu'elle avait reçu de lui dans le principe, et la détrempant dans l'eau du baptême et la soumettant à l'action de l'Esprit-Saint qui est comme un feu purifiant, il nous a rendus tout nouveaux, tout brillants, d'un éclat comparable à l'éclat du soleil, il a détruit en nous le vieil homme, et a fait paraître le nouveau, plus beau, plus resplendissant que le premier. " p.216 fin p.217 début

14. S. AMBROISE, Lib. I de Sacramentis, c. 4 :

" Celui qui entre dans cette piscine, passe des choses de la terre aux choses du ciel : car c'est là vraiment la pâque ou le passage, le passage de la mort à la vie, du péché à la grâce, de l'état de vice à celui de sainteté. Celui qui passe par cette piscine ne meurt pas, mais il ressuscite. "

IV aux Arméniens : " L'effet de ce sacrement est la rémission de tout péché, soit originel, soit actuel, et aussi de toute peine qui serait due pour le péché. C’est pourquoi il ne faut enjoindre à ceux qui reçoivent le baptême aucune satisfaction pour leurs fautes passées ; mais s'ils meurent avant de pécher de nouveau, ils parviennent sur-le-champ au royaume des cieux et à la vision béatifique. "

16. Le concile de Trente, session V, décret touchant le péché originel, canon 5 : " Si quelqu'un nie que par la grâce de Notre-Seigneur Jésus-Christ, telle qu'elle est conférée dans le baptême, l'offense du péché originel soit remise ; ou soutient que tout ce qu'il y a de péché proprement dit n'est pas ôté, mais est simplement rasé, pour ainsi dire, ou n'est pas imputé : qu'il soit anathème. Car Dieu ne hait rien dans ceux qui sont régénérés ; il n'y a point de condamnation pour ceux qui sont véritablement ensevelis dans la mort avec Jésus-Christ par le baptême, qui ne se conduisent point selon la chair, mais qui, se dépouillant du vieil homme, et se revêtant du nouveau qui est créé selon Dieu, sont devenus innocents, purs, sans tache et sans péché ; agréables à Dieu, ses héritiers et les cohéritiers de Jésus-Christ, en sorte qu'il ne reste rien du tout en eux qui fasse obstacle à ce qu'ils entrent dans le ciel. "

17. S. AUGUSTIN, ad Bonifacium, epist. 23 : " L'eau qui fait l'office de signe extérieur, et l'Esprit-Saint qui opère intérieurement l'effet de la grâce, en délivrant l’homme des liens du péché et restaurant sa nature dans sa bonté primitive, nous régénère tous en un même Jésus-Christ, comme nous sommes tous descendus d'un même Adam. "

18. Le même, super Numeros quæst. 33

: " Celui qui reçoit dans de bonnes dispositions le sacrement de baptême que figurait cette aspersion (Nom., XIX, 4), est purifié spirituellement, c'est-à-dire invisiblement dans son corps et dans son âme, de sorte qu'il devient pur dans tout son être. "

19. Le même, Confession., lib. IV, c. 4, parlant de quelqu'un de ses amis: " Dévoré par la fièvre, dit-il, il gisait sans connaissance p.217 fin p.218 début dans une sueur mortelle. On désespéra de lui, et il fut baptisé à son insu, sans que je m'en misse en peine, persuadé qu'un peu d'eau répandue sur son corps insensible ne pouvait effacer de son âme les sentiments que je lui avais inspirés. Il en fut autrement, il se trouva mieux et en voie de salut. Et aussitôt que je pus lui parler (ce qui me fut possible aussitôt qu'il put parler lui-même, car je ne le quittais pas, tant nos deux existences étaient unies), je voulus rire, pensant qu'il rirait avec moi de ce baptême qu'il avait reçu en absence d'esprit et de sentiment : car il savait alors l'avoir reçu. Mais il eut horreur de moi, comme d'un ennemi ; et soudain, avec une admirable liberté, il me commanda, si je voulais demeurer son ami, de cesser ce langage. Surpris et troublé, je contins tous les mouvements de mon âme (Cf. Les Confessions de saint Augustin, trad. par

25 (al. 26) : " L'expérience fait voir au contraire la grandeur du pouvoir que les commandements de Dieu, par cela seul qu'ils sont simples autant que vrais, exercent sur l'esprit des hommes. Donnez-moi un homme sujet à la colère, jureur, emporté, je le rendrai, avec quelques paroles du Sauveur, aussi doux qu'un agneau. Donnez-m'en un autre qui soit avare et insatiable, je le rendrai libéral et je le déciderai à donner son argent à pleines mains.

Donnez-m'en un autre qui soit efféminé et qui n'appréhende rien tant que la douleur et la mort, je lui ferai mépriser les tourments, les feux et même si vous le voulez, le taureau de Phalaris. Donnez-m'en un autre qui soit débauché, je le rendrai sobre et tempérant. Donnez-m'en un autre qui soit cruel et qui aime à répandre le sang, je changerai toute sa fureur en clémence. Enfin donnez-m'en un qui soit injuste, déréglé, criminel, je le ferai devenir tout d'un coup équitable, réglé et innocent.

Un peu d'eau suffira pour effacer tous les crimes. La sagesse de Dieu agit avec une puissance si efficace, que, dès qu'elle entre dans un cœur elle en chasse toute la folie qui peut s'y trouver. On ne demande rien en récompense : cela se fait gratuitement et en un instant. Que personne ne craigne de nous approcher ; nous ne vendons ni l'eau, ni le soleil. La fontaine de Dieu est ouverte, et sa lumière éclaire tous ceux qui ont des yeux. Y a-t-il jamais eu, ou y a-t-il aujourd'hui encore un philosophe qui en puisse faire autant ? "

p.218 fin p.219 début

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