Grand Catéchisme (Somme de doctrine chrétienne) (page 61)

Pierre Canisius · Doctrine

Texte français, domaine public · Source : jesusmarie.free.fr — Grand Catéchisme, trad. Peltier, tomes 1 à 6 · 205 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

1. S. AUGUSTIN, contra litteras Petiliani Donatistæ, lib. II, c. 104 : " Le Sauveur lui-même est le chef de son corps (et c'est lui par conséquent qui est désigné, Ps. 132, par la tête d'Aaron). La barbe indique la force. Par conséquent, c’est sur les membres forts de son Eglise, sur ceux qui s'attachent aux paroles de sa bouche pour annoncer sa vérité sans crainte, que descend du sommet de la tête qui est Jésus-Christ, ce saint parfum, symbole de la sanctification spirituelle. Par la frange du vêtement, il faut entendre ceux des fidèles qui ont atteint la perfection. . . . Par ce parfum vous pouvez entendre le sacrement du chrême (ou de la confirmation), signe visible de la grâce, non moins saint, il est vrai, ni moins auguste que le baptême, mais qui peut se trouver aussi dans des hommes très-vicieux etc. "

2. Le concile d'Elvire, canon 38 : " Dans un voyage sur mer, ou si l'Eglise est éloignée, il est permis à un fidèle qui n'a pas violé l'intégrité de son baptême et qui n'est pas bigame, de baptiser un catéchumène en cas de nécessité ; mais si le baptisé survit, il doit le présenter à l'évêque afin que celui-ci lui impose les mains pour le perfectionner ", c'est-à-dire pour le confirmer. p.232 fin p.233 début

3. Un concile d'Orléans (Ce canon, cité comme d'un concile d'Orléans par Gratien, Burchard de Wormes et Ives de Chartres, est dans la réalité le 75e des statuts d'Hérard de Tours. Voir le Traité de la confirmation de Sainte-Beuve. Disp.VIII, art. 2, pas. 330, édit. de Paris ; 1686 ; LABBE, Conc., t. III ; col. 633), canon 3, cité par Gratien, De consecratione distinctione quintâ : " Les adultes doivent se présenter à jeun pour la Confirmation, et ils doivent être avertis de faire auparavant la confession de leurs péchés, afin de recevoir le don de l'Esprit-Saint avec la pureté convenable, persuadés qu'on ne sera jamais chrétien si l'on ne reçoit le chrême de l'évêque par la confirmation. "

4 Le concile de Laodicée, canon 48 (Cf. LABBE,

Conc., t. I, col. 1505-1506) : " Il faut que les baptisés soient, après leur baptême, oints du chrême céleste pour devenir participants de la royauté de Jésus-Christ. "

5. Le concile de Meaux, c. 6 (Ce canon ne se trouve pas parmi ceux que nous avons du concile de Meaux de l'an 845, le seul dont il reste des canons cités dans les collections des conciles), cité par Gratien, De consecratione distinctione quintâ : " Les évêques ne donneront le Saint-Esprit par l'imposition des mains, qu'à des personnes qui soient à jeun (Il y a dans le texte, tel qu'il se trouve cité par Canisius : Ut episcopi nonnisi jejuni. Il me semble que c'est jejunis qu'il devrait y avoir, quoique les évêques eux-mêmes doivent être à jeun, comme le dit aussi la suite de ce canon), à moins que celles-ci ne soient malades et en danger de mort. Or, de même que le baptême doit être conféré à jeun aux deux époques de Pâques et de la Pentecôte, il convient que les évêques soient aussi à jeun pour donner le Saint-Esprit. "

7. Le concile de Constance, session XV, dans la condamnation portée par ce concile contre le huitième article de Jean Huss, fait mention des sept sacrements. 8. Le concile de Trente, session VII, canon 1 de la Confirmation : " Si quelqu'un dit que la Confirmation n'est en ceux qui sont baptisés qu'une cérémonie vaine et superflue, au lieu que c'est proprement et en effet un véritable sacrement ; ou qu'autrefois ce n'était autre chose qu'une espèce de catéchisme où ceux qui étaient près d'entrer dans l'adolescence, rendaient p.233 fin p.234 début compte de leur croyance en présence de l'Eglise : qu'il soit anathème. "

9. S. BERNARD, in Vitâ Malachiæ episcopi

Hiberniæ : " Malachie rétablit l'usage si salutaire de la confession, celui de recevoir la confirmation, et les solennités des mariages, qu'on ignorait complètement ou du moins qu'on laissait en oubli. Comme il était plein de zèle et d'ardeur pour le culte divin et l'administration des sacrements, pour ne pas s'exposer à rien enseigner ou établi qui fût contraire à la pratique de l'Eglise universelle, la pensée lui vint d'aller trouver Malchus, pour puiser auprès de ce saint personnage une plus ample instruction. C'était un vieillard plein de jours et de vertus, et la sagesse de Dieu était en lui. Ce saint opéra la guérison d'un enfant lunatique en le confirmant avec l'onction sainte. "

10. S. PIERRE Damien, Serm. I de dedicatione Ecclesiæ

: " Le second sacrement est celui de la Confirmation. Dans le Baptême le Saint-Esprit est donné pour la rémission des péchés ; ici il est donné pour le combat : là nous sommes purifiés de nos iniquités, ici nous sommes orné de vertus. N'est-il pas vrai qu'une main sacrée imprime le caractère de l'onction sainte sur le frontispice de notre demeure terrestre ? Et nous ne lisons nulle part que ce grand mystère puisse être accompli par un autre que par l'évêque, sur la tête duquel a coulé l’huile de l'onction, et dont l'autorité prévaut sur tout le reste du corps sacerdotal. D'après l'antique tradition, tout homme, et même tout sexe peut conférer la grâce du Baptême ; mais quant à la Confirmation, l’évêque se réserve à lui seul de l'administrer. De là vient que les conciles et les Pères ordonnent de ne pas différer ce sacrement après le baptême, de peur que nous ne soyons surpris sans défense par l'ennemi perfide de nos âmes, qui n'accorde à personne ni paix ni trêve. Ainsi marqués de cette double onction, dont l'une a la vertu de nous guérir et l'autre celle de nous fortifier, descendons avec confiance dans l'arène du combat. Ne nous laissons point épouvanter par le poids des armes de ce Goliath, ou par sa taille gigantesque, parce que nous avons avec nous le Seigneur notre Dieu, dont la puissance comme la grandeur est infinie, et qui prendra l'épée et le bouclier pour venir à notre secours. "

11. S. ISIDORE de Séville, De ecclesiasticis officiis, lib. II, c. 23 : " Moïse le premier, comme il est dit dans l'Exode (XXX, 23 et suiv.), a composé le chrême, dont il a oint Aaron et ses fils les premiers en signe de leur sacerdoce et de leur consécration. p.234 fin p.235 début Dans la suite les rois étaient sacrés avec cette même huile sainte. De là vient qu'ils étaient appelés christs, suivant ce qui est écrit (Ps. CIV, 18) : Gardez-vous bien de toucher à mes christs. Alors cette onction des rois et des prêtres était simplement figurative de celle du Christ ; et ce mot de christ lui-même a pour étymologie le mot ??????, chrême. Mais du moment où Notre-Seigneur, ce véritable roi et ce prêtre éternel, a été marqué de l’onction mystérieuse par Dieu le Père, ce ne sont pas seulement les pontifes et les rois, ce sont tous les chrétiens qui reçoivent l’onction du chrême en leur qualité de membres du pontife et du roi éternel. Puis donc que nous sommes une race royale et sacerdotale, nous sommes oints au sortir des fonts baptismaux, pour pouvoir porter le nom de chrétiens, c’est-à-dire d'autres christs. "

12. Ibidem, c. 26 : " Mais comme à la suite du baptême les évêques donnent l'Esprit-Saint par l'imposition de leurs mains, rappelons-nous que c'est aussi ce que les apôtres ont fait dans les Actes. Car voici ce que nous y lisons (Act., XIX, 1) : Pendant qu'Apollo était à Corinthe, Paul ayant traversé les hautes montagnes, etc. ; et dans un autre endroit (Act., VIII, 1) : Les apôtres qui étaient à Jérusalem ayant appris, etc. Or, nous pouvons bien recevoir le Saint-Esprit, mais nous ne pouvons pas le donner ; ou, pour le donner, c'est à Dieu que nous nous adressons par la prière. Je dirai ensuite, d'après le pape saint Innocent (Epist. ad Decentium Eugubinum), par qui en particulier cela doit se faire. Cela, dit ce pape, n'est permis qu'à l'évêque ; car quoique les prêtres jouissent du sacerdoce, ils ne possèdent pas le degré éminent du pontificat. Or, que ce soit un droit réservé aux seuls pontifes, que celui de confirmer ou de donner le Saint-Esprit, c'est ce que prouve non-seulement la coutume de toutes les Eglises, mais de plus ce qu'on a lu plus haut dans les Actes des apôtres, que Pierre et Jean avaient été envoyés pour donner le Saint-Esprit à ceux qui se trouvaient déjà baptisés (par un simple diacre). "

13. RABAN, archevêque de Mayence, De institutione clericorum, lib. I, c. 30 : " Enfin le chef du sacerdoce donne le Saint-Esprit en imposant les mains, afin que le néophyte fortifié par l'Esprit-Saint puisse prêcher aux autres le don qu'il a reçu dans le baptême, où il a été initié à la vie éternelle. Le baptisé est marqué du chrême, il est vrai, sur le sommet de sa tête par la main du prêtre, mais par celle de l'évêque il est marqué au front :

pour p.235 fin p.236 début faire entendre par la première de ces onctions que l'Esprit-Saint est descendu sur lui pour faire de lui le temple de Dieu, et par la seconde qu'il a reçu les sept dons de l'Esprit-Saint dans toute leur plénitude. Car le corps et l'âme se trouvant purifiés par l'eau sainte, l'Esprit-Saint, envoyé du Père, en prend volontiers possession pour y faire sa demeure ; puis il vient de nouveau, au moyen de l'onction du front, pour répandre dans le sujet la plénitude des dons célestes, en sorte que ce chrétien, fortifié par tant de grâces, puisse paraître sans crainte devant les rois et les puissances du siècle, et leur annoncer en toute liberté le nom de Jésus-Christ. Il est bien convenable que la grâce de l'Esprit-Saint soit conférée par une onction d'huile et de baume, parce qu'il est écrit dans les psaumes (Ps. XLIV et CIII), que Dieu le Père a oint son Fils d'une huile de joie d'une manière plus parfaite que tous ceux qui y ont part avec lui ; et par rapport à nous-même, qu'il nous a donné l'huile, afin qu'elle répande la joie sur notre visage. Le chrême ?????? en grec, se rend par unctio (onction) en latin, et c'est de ce même mot ?????? que vient le nom de Christ, comme c'est du chrême lui-même que l'homme reçoit sa sanctification après le baptême. Car si dans le baptême les péchés sont effacés pour la justification, dans l'onction la sainteté est conférée pour la gloire.

En cela nous avons imité l’ancien usage, qui était de consacrer de cette manière les prêtres et les rois ; et c'est ainsi qu'Aaron et ses fils, après avoir été d'abord purifiés par l'aspersion de l'eau, ont été oints par Moïse pour être faits prêtres du Seigneur. Et David, et Salomon, et les autres rois ont été oints de l'huile sainte par les prophètes et les pontifes, pour pouvoir être mis en possession de la royauté. Ces actions matérielles ont été instituées pour servir à notre avantage spirituel, de même que dans le baptême notre immersion dans l'eau est un acte qui tombe sous nos sens, en même temps que le résultat que cet acte a pour nous de nous purifier de nos péchés, est un effet tout spirituel. Cherchons en conséquence à pénétrer la propriété de l'huile, pour voir s'il ne s'y trouve pas encore quelque signification cachée. L’huile a pour propriété d'éclairer, de guérir et de rendre l'eau étincelante quand on l'y mêle ; or tout cela indique les caractères de la grâce du Saint-Esprit. Car cet Esprit divin éclaire nos âmes en les embrasant de charité et en les remplissant de sagesse. Il guérit les plaies que le péché nous a faites, en y appliquant par le pardon le baume de sa douceur. Enfin, il rend l'eau du baptême vrai- p.236 fin p.237 début ment étincelante par la vertu qu'il lui donne de dissiper les ténèbres de nos péchés. "

Question II

Comment prouver que la confirmation est un sacrement ?

On le prouve par l’Ecriture, telle que l'interprètent unanimement les Pères et les docteurs de l'Eglise. Car c'est à quoi se rapporte ce que l'évangéliste saint Luc écrit des apôtres en plusieurs endroits, qu'ils imposaient les mains sur les baptisés, se servant de ce signe visible, et d'institution divine, pour marquer la grâce nouvelle et plus abondante de l'Esprit-Saint que recevaient les nouveaux fidèles, déjà devenus disciples de Jésus-Christ par le baptême. Aussi saint Luc rapporte-t-il de ces nouveaux baptisés, qu'aussitôt que les apôtres leur avaient imposé les mains, ils recevaient le Saint-Esprit, c'est-à-dire une plus grande abondance de nouvelles grâces. Aujourd'hui que les évêques ont succédé aux apôtres et qu'ils tiennent leur place, Dieu continue à ne pas priver son Eglise d'une grâce si salutaire, mais il se sert du ministère des évêques pour faire, comme le dit saint Cyprien (Ou plutôt l'auteur inconnu du sermon De unctione chrismatis, faussement attribué à saint Cyprien, quoiqu'il soit d'un auteur antérieur au neuvième siècle), que le signe ait sa vérité et le sacrement sa vertu. C'est ce que nous enseigne encore ce canon de l'Eglise primitive (Les paroles rapportées ici sont tirées d’une fausse décrétale du pape saint Urbain I, et elles ne nous apprennent par conséquent rien autre chose que la croyance générale de l'Eglise au neuvième siècle, croyance, après tout, qui devait être la même que celle des temps primitifs) : qu'à la suite du baptême tous les fidèles doivent recevoir l'Esprit-Saint par l'imposition des mains de leurs évêques pour devenir de parfaits chrétiens, l’infusion de l'Esprit-Saint ayant pour effet d'imprimer dans le cœur du fidèle un nouveau degré de sagesse et de constance.

p.237 fin p.238 début TEMOIGNAGES DE L’ECRITURE.

1. Actes, VIII, 14-17 : " Les apôtres, qui étaient Jérusalem, ayant appris que ceux de Samarie avaient reçu la parole de Dieu, leur envoyèrent Pierre et Jean, - qui étant venus, firent des prières pour eux, afin qu'ils reçussent e Saint-Esprit.- Car il n'était encore descendu sur aucun d'eux ; mais ils avaient été baptisés seulement au nom du Seigneur Jésus. - Alors ils leur imposèrent les mains, et ils reçurent le Saint-Esprit. "

2. Actes, XIX, 5-6 : " Après avoir entendu ces paroles, ils furent baptisés au nom du Seigneur Jésus. - Et après que Paul leur eut imposé les mains, le Saint-Esprit descendit sur eux ; ils parlaient diverses langues, et ils prophétisaient. "

TEMOIGNAGES DE LA TRADITION.

1. S. CYPRIEN, Epist. 70 (al. 69) ad Januarium et cæteros : " De plus, il faut que le baptisé soit oint, afin que le chrême, c'est-à-dire l'onction qu'il reçoit fasse de lui l'oint de Dieu, et l'investisse de la grâce de Jésus-Christ. Or, l'huile destinée aux onctions baptismales ne recevant, aussi bien que l'eucharistie, sa consécration que sur l'autel. . . . "

2. S. AUGUSTIN, de Baptismo contra Donatistas, lib.

V, c. 20 : " Comment un homicide peut-il purifier et sanctifier l'eau ? Comment les ténèbres peuvent-elles donner à l'huile sa bénédiction ? Mais si c'est Dieu qui agit dans les sacrements et dans les paroles prononcées, quels que soient les ministres qui les confèrent ou les prononcent, les sacrements, ouvrages de Dieu, sont toujours saints, et les méchant auxquels ces sacrements ne servent de rien, restent toujours pervers. . . . Pourquoi Dieu peut-il sanctifier l'huile en conséquence des paroles que prononce un homicide, et ne le peut-il pas sur un autel qu'auraient élevé des hérétiques c'est ce que j'ignore : à moins qu'on ne prétende que les dispositions intérieures de l'homme méchant n’empêchent pas, et que la construction extérieure d'une table employée au service de l'erreur empêche au contraire que Dieu fasse sentir son action p.238 fin p.239 début dans les sacrements ? Si donc ce que nous lisons dans l'Evangile (JEAN, IX, 31), que Dieu n'écoute point les pécheurs, a pour but de signifier que des pécheurs ne peuvent conférer des sacrements, comment se fait-il que Dieu exauce l'homicide qui fait des prières soit sur l'eau baptismale, soit sur l'huile, soit sur l'eucharistie, ou sur la tête de ceux à qui cet homicide impose les mains ? Tout cela se fait cependant et a sa vertu, même par la main des homicides, c'est-à-dire de ceux qui haïssent leurs frères, et cela dans le sein même de l'Eglise. Personne ne pouvant donner ce qu'il n'a pas, comment se fait-il qu'un homicide donne le Saint-Esprit ? Et cependant il baptise, et de manière à produire dans l'âme les effets du baptême. Disons donc que c'est Dieu qui donne l'Esprit-Saint tandis que l'homme accomplit le rite extérieur du baptême. "

3. Le même, in Epist. S. Joannis Tractat. VII

: " Dans les premiers temps l'Esprit-Saint descendait sur ceux qui croyaient à la parole des apôtres ; et ils parlaient des langues qu'ils n'avaient point apprises, selon que l'Esprit-Saint les mouvait à le faire. C'étaient là des signes appropriés au temps. Car il fallait que la descente de l'Esprit-Saint fût rendue sensible dans toutes les langues, l’Evangile de Dieu devant être répandue en toutes langues dans l'univers. Ce résultat une fois obtenu, le signe n'a plus eu sa raison d'être. Est-ce qu'on s'attend de nos jours à voir parler diverses langues à ceux à qui l'on impose les mains pour qu'ils reçoivent le Saint-Esprit ? Ou, quand nous avons imposé les mains à des enfants, chacun de vous a-t-il attendu pour voir s'ils parleraient diverses langues ? Et comme vous ne les voyiez pas parler ces langues, quelqu'un de vous a-t-il été assez déraisonnable pour dire : Ces enfants n'ont pas reçu l’Esprit-Saint, car s'ils l'avaient reçu ils parleraient diverses langues, comme cela avait lieu au temps des apôtres ? Si donc l'Esprit-Saint ne manifeste plus sa présence par des miracles de ce genre, comment chacun de nous peut-il savoir s'il a reçu le Saint-Esprit ? Qu'il interroge son cœur : S'il aime son frère, l'Esprit de Dieu habite en lui. Qu'il s'examine, qu'il s'éprouve lui-même devant Dieu ; qu'il voie s'il pourra apercevoir en lui l'amour de la paix et de l'unité, l'attachement à l'Eglise répandue par toute la terre. "

4. S. CYPRIEN, Epist. 73 (al. 72) ad Jubaïanum de hæreticis baptizandis : " Les Samaritains avaient reçu de la main de l'Eglise un baptême légitime un second baptême était donc superflu. Pierre et Paul complétèrent seulement ce qui leur manquait ; ils p.239 fin p.240 début prièrent pour eux, et leur imposèrent les mains pour leur communiquer l'Esprit-Saint. C'est ce qui se pratique encore aujourd'hui chez nous. Les néophytes de l'Eglise, au sortir du bain sacré, sont présentés à l'évêque qui, par la prière et l'imposition des mains, appelle sur eux les grâces du Seigneur, et consomme leur dignité en les marquant du sceau divin. "

8. S. JEROME, adversùs Luciferianos, c.

4 : " Ignorez-vous (c'est le luciférien qui parle), que c'est aussi l'usage des églises d'imposer les mains à ceux qui sont baptisés et d'invoquer de cette manière sur eux le Saint-Esprit ? Voulez-vous savoir où cela est écrit ? Dans les Actes des apôtres (Act., VIII et XIX). Quand même nous n'aurions pas à vous faire valoir l'autorité des Ecritures, l'accord du monde entier sur ce point tiendrait encore lieu de loi. Car il y a bien d'autres choses que l’Eglise observe par tradition, et qui ont pour nous par cela seul toute l'autorité d'une loi écrite, comme de plonger trois fois la tête dans l'eau baptismale, etc. L'ORTHODOXE. Je ne nie pas que ce ne soit la coutume des églises par rapport à ceux qui ont été baptisés par des prêtres ou par des diacres dans de petits endroits et loin de la ville épiscopale que l'évêque s'y transporte pour leur imposer les mains en invoquant sur eux le Saint-Esprit. Mais quelle est cette prétention d’appliquer à l'hérésie les lois de l'Eglise, et de vouloir déshonorer cette vierge sans tache, en la mettant en mauvais lieu avec les prostituées ? Si l’évêque impose les mains, c'est à ceux qui sont baptisés dans la vraie foi qu'il les impose, à ceux qui croient au Père, au Fils et au Saint-Esprit comme faisant trois personnes et une seule substance. Mais comme l'arien ne croit (bouchez-vous les oreilles, vous qui êtes ici pour m'entendre, craignez que des paroles aussi impies ne vous souillent), comme l'arien ne croit qu'à la divinité du Père, qu'il regarde le Fils comme une créature et le Saint-Esprit comme le serviteur des deux, comment, n'ayant pas encore reçu la rémission de ses péchés, recevra-t-il dans l'Eglise l'Esprit-Saint ? L'Esprit-Saint demande une foi pure dans un cœur pour y établir sa résidence ; il ne veut pas habiter un temple où la vraie foi ne se trouve pas pour y faire l'office de pontife. Si vous me demandez ici pourquoi celui qui est baptisé dans l’Eglise ne reçoit que des mains de l'évêque l'Esprit-Saint, que nous soutenons être donné dans le véritable baptême, apprenez que cette pratique a pour fondement ce que nous apprennent les livres saints, qu'après l'ascension de Notre-Seigneur l'Esprit-Saint descendit sur les apôtres. "

p.240 fin p.241 début

6. S. CYPRIEN (Cet opuscule n'est pas de saint Cyprien, mais d'un écrivain bien postérieur, antérieur cependant au neuvième siècle selon Sainte-Beuve (Tract. de sacram.

confirmationis, p. 207), qui le prouve par la raison qu'on en trouve des citations dans les ouvrages de Paschase Ratbert. Noël-Alexandre prétend de son côté, sur la foi d'un manuscrit d'Oxford, que l'auteur de cet écrit est Arnould, abbé de Bonneval, qui vivait au douzième siècle, sous Adrien IV. Sans doute que Noël-Alexandre ignorait le fait allégué par Sainte-Beuve), De unctione chrismatis et aliis sacrmentis : " Aujourd'hui le saint chrême est consacré dans l’Eglise avec les autres saintes huiles pour sanctifier le peuple conquis et le rendre digne de sa qualité comme de son nom de peuple chrétien : le baume mêlé à l'huile exprime l'union de la royauté et du sacerdoce que, par l'institution divine, cette onction est destinée à consacrer l'un aussi bien que l'autre. Aujourd'hui, comme nous venons de le dire, on prépare pour la sanctification des âmes ces huiles et ces parfums, dont le charme attirera les âmes jeunes et tendres, favorisées du don de la foi, sur les pas du divin époux, et les fera soupirer avec ardeur après ses chastes embrassements: Cette huile n'a rien de commun avec le suc qu'on exprime de certains fruits, et sa vertu ne consiste pas de même à tempérer les humeurs, ou à produire quelque autre effet naturel pour le bien du corps. Non, telle n'est pas la destination de cette onction sainte ; car ce n'est pas la nature propre de ces éléments qui opère en eux quand ils sont sanctifiés, mais c'est la grâce divine qui agit avec cette puissance, et qui donne au signe sa vérité et au sacrement sa vertu, en sorte que l'excellence de la grâce se manifeste par les effets mêmes qu'elle produit dans les mœurs en inspirant à l'homme des sentiments dignes de Dieu et une conduite conforme à ses lois. C'est avec cette huile que l'on consacrait anciennement les pontifes et les rois, et qu'on oignait les pierres mêmes des autels, pour faire entendre l'abondance des bénédictions célestes attachées aux saints mystères. Et de même que l'huile surnage sur toute autre liqueur, ainsi la dignité des prêtres et des rois s'élève au-dessus de tout d'après l'ordre de Dieu et de son Christ, et tient comme le sceptre de la vie tant active que contemplative ; et c'est de là que découlent ensuite toutes les différentes sortes de grâces, que l'Esprit-Saint distribue et dispense à chacun comme il veut. Par l'effet de cette onction, la sagesse et l'intelligence nous sont données du ciel, ainsi que le conseil et la force, la science, la piété et la crainte de Dieu.

p.241 fin p.242 début Fortifiés par cette onction, nous pouvons lutter contre les malins esprits, et le parfum spirituel qu'elle nous fait respirer nous préserve des atteintes de la corruption du siècle, etc. . . . . Quoique les rites anciens aient été abolis, que la circoncision, par exemple, soit maintenant réprouvée et que les sacrifices soient interdits à l'égard de l'idolâtrie, l'usage des onctions a cependant été conservé dans la religion chrétienne ; et tandis que toutes les autres pratiques ont été proscrites d'un accord unanime, non-seulement cette dernière a été maintenue pour la consécration des pontifes et des rois, mais on en a même étendu le bienfait à tout le peuple fidèle ; et comme le nom de Christ vient de ?????? qui signifie onction parce que le Christ est l'Oint de Dieu par excellence, ainsi tous les membres de ce divin chef sont comme d'autres Christs par l'onction qu'ils reçoivent comme par le nom de chrétien qu'ils portent, et sont ordonnés prêtre par le Dieu de toute sainteté pour lui offrir un sacrifice journalier, en même temps qu'ils exercent sur eux-mêmes une espèce de royauté sous la haute autorité de Jésus-Christ.

"

7. S. URBAIN Ier, pape et martyr, Epist.

ad omnes christimos. (C'est une décrétale supposée ; la citation que nous aurions à en faire ici a déjà été rapportée dans le corps de la réponse.)

Question III

Quelles sont les choses requises pour le sacrement de confirmation ? Trois choses sont principalement requises pour ce sacrement, savoir, sa matière propre, une forme de paroles déterminée, et un ministre ayant qualité pour le conférer. La matière se compose d'un mélange d'huile et de baume, consacré par l’évêque, connu sous le nom de saint chrême, et dont celui-ci oint le front de la personne qu'il confirme en y mettant beaucoup de solennité. La forme des paroles est celle-ci : Je vous marque du signe de la croix, et je vous confirme avec le chrême du salut, au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Le ministre de ce sacrement est l’évêque seul, si nous nous en tenons aux exemples des apôtres, aux règles qu'ils nous ont tracées, et à une tradition qui remonte jusqu’à eux. Voici ce que nous lisons à ce sujet dans un monument de la vénérable antiquité : p.242 fin p.243 début " Quant à la confirmation des enfants, c'est une chose connue qu'elle ne doit pas se faire par un autre que par l'évêque. "

TEMOIGNAGES DE L’ECRITURE.

1. Actes, VIII, 14 : " Ils leur envoyèrent

Pierre et Jean, etc.; " ce passage a été rapporté à la question précédente, témoignage de l’Ecriture 1.

2. Actes, XIX, 6 : " Et lorsque Paul leur eut imposé les mains, le Saint-Esprit descendit sur eux, et ils parlaient diverses langues, et ils prophétisaient. "

TEMOIGNAGES DE LA TRADITION.

1. Le second (Ce concile est donné par le P. Labbe pour le troisième de ce nom, à cause d'un premier tenu l'an IIII, dont les actes ont été publiés en 1609 pour la première fois. Ces actes paraissant supposés, ce concile, que le P. Labbe appelle le premier de Brague, n'a pas d'existence canonique, et par conséquence le concile dont on rapporte ici le IIe canon, est canoniquement parlant le second de Brague. Cf. LABBE, Conc.,t. V, col. 898) concile de Brague, canon 4 : " Les évêques ne doivent point prendre à l'avenir le tiers du sou que l'on exige pour le peu de baume béni qui sert à l'administration du sacrement de baptême (Il est parlé ici du baptême plutôt que de la confirmation, non-seulement à cause de l'onction du saint chrême qui se fait à la suite du baptême même par les simples prêtres, mais aussi sans doute parce qu'à cette époque le baptême était d'ordinaire immédiatement suivi de la confirmation, comme il l'est encore aujourd'hui lorsqu'il est administré par l'évêque), de peur qu'ils ne paraissent vendre pour leur propre condamnation ce qui est consacré par l'invocation de l’Esprit-Saint pour le salut des âmes, comme Simon le Magicien prétendait acheter à prix d'argent le don de Dieu. "

2. S. CYPRIEN, ou plutôt l'auteur du sermon De unctione p.243fin p.244 début chrismatis et aliis sacramentis ; voir le passage dont il s'agit rapporté à la question précédente, témoignage 2, page 238.

3. S. GREGOIRE-LE-GRAND, in caput I Canticorum

: " C'est à Engaddi que se recueille le baume, qu'on mêle à l'huile pour la confection du chrême qui, béni par l'évêque, sert à exprimer les dons de l'Esprit-Saint. "

4. S. FABIEN, Epist. II ad omnes Orientales episcopos, c. 1 : " Votre lettre nous apprend entre autres choses, que certains évêques de vos contrées, contrairement à votre usage comme au nôtre, ne bénissent pas le chrême chaque année le jour de la cène du Seigneur, mais gardent le même chrême deux ou même trois années de suite. Car ils allèguent, comme nous le rapporte votre lettre, qu'on ne peut pas trouver du baume tous les ans, et que d'ailleurs cela n'est pas nécessaire, mais que, tant qu'il reste du chrême d'une année précédente, on peut se dispenser d'en consacrer du nouveau. Ceux qui pensent ainsi se trompent, et raisonner comme ils font, c'est plutôt déraisonner. Car au jour que rapportent les évangélistes, le Seigneur Jésus, après avoir fait la cène avec ses apôtres et avoir lavé leurs pieds (pratique que nos prédécesseurs ont reçue des apôtres, et qu'ils nous ont transmise à leur tour), leur enseigna à faire la bénédiction du chrême. Le lavement même des pieds signifie le baptême que l’onction du saint chrême a coutume d'achever. Et de même que la solennité de ce jour doit se célébrer chaque année, ainsi faut-il renouveler tous les ans cette bénédiction du chrême, et être fidèle à en perpétuer l'usage ; de sorte que tous les ans, et à pareil jour, il faut faire du chrême nouveau, et brûler l'ancien. Voilà ce que nous avons appris des saints apôtres et de leurs successeurs, et que nous vous recommandons d'observer. Telle est la pratique de la sainte Eglise de Rome et de celle d'Antioche depuis le temps des apôtres. Telle est aussi celle des églises de Jérusalem et d'Ephèse. Les apôtres qui gouvernaient ces églises y ont donné ces instructions ; ce sont eux qui ont prescrit de brûler le chrême de l'année précédente, et de ne jamais s'en servir plus d'une année, mais de le remplacer chaque année par un nouveau (Cette prétendue lettre de saint Fabien aux Orientaux est une décrétale supposée, et prouve seulement la pratique de l’Eglise au IXe siècle). "

5. Le concile de Florence, décret d'Eugène

IV, pour la réunion des Arméniens à l'Eglise romaine : " La matière de la confir- p.244 fin p.245 début mation est le chrême béni par l'évêque, composé d'huile, qui signifie la pureté de la conscience, et de baume, qui représente l'odeur de la bonne vie. "

8. S. BASILE-LE-GRAND, de Spiritu Sancto, c. 27, dans l'énumération qu'il fait des traditions non écrites, dit ces paroles : " Nous consacrons l'eau du baptême et l'huile de l'onction, etc. " Voir plus haut, chapitre III, article des commandements de l’Eglise, question II, témoignage 2, page 4.

9. S. FABIEN, ou plutôt l’auteur de la décrétale supposée sous le nom de ce pape ; voir plus haut le passage dont il s'agit, témoignage 4, page 244.

IV pour la réunion des Arméniens : " La forme (du sacrement de confirmation) consiste dans ces paroles : Je vous marque du signe du salut, etc., " comme dans le corps de la réponse.

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