Grand Catéchisme (Somme de doctrine chrétienne) (page 69)

Pierre Canisius · Doctrine

Texte français, domaine public · Source : jesusmarie.free.fr — Grand Catéchisme, trad. Peltier, tomes 1 à 6 · 205 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

20. S. GREGOIRE de Nazianze, Orat. XI in laudem sororis suæ Gorgeniæ : " Elle (Gorgonie) était affligée d'une grave maladie, qui présentait les symptômes les plus extraordinaires comme les plus inquiétants, etc. N'ayant plus d'autre ressource, elle eut recours au souverain médecin des hommes, et profitant de l'obscurité de la nuit, dans un moment où la maladie lui laissait quelque relâche, elle se jette pleine de foi au pied de l'autel, et invoquant à grands cris celui qu'on y honore, en lui donnant tous les noms les plus propres à toucher sa miséricorde et lui rappelant la mémoire de tous les prodiges qu'il avait jamais opérés (car elle possédait l’histoire tant ancienne que moderne), elle en vient enfin à un acte de témérité qui ne fera qu'ajouter à sa gloire. Dans l'ardeur de sa piété, elle suit l'exemple de cette femme qui arrête ses pertes de sang en touchant la frange de la robe de Jésus-Christ. Et écoutez ce qu'elle fit. Après avoir approché sa tête de l'autel, en poussant des cris et versant des larmes, à l'exemple de cette autre femme qui avait arrosé des siennes les pieds du Sauveur, et en protestant qu'elle ne changerait pas de place qu'elle n'eût recouvré la santé, après que cet antidote d'espèce nouvelle eut coulé sur tout son corps, et qu'elle eut trempé de ses larmes les antitypes même du corps et du sang de Jésus-Christ qu'elle tenait à la main, tout-à-coup, ô miracle, elle se sent guéri, et elle se relève parfaitement libre de corps comme d'esprit, obtenant ainsi ce qu'elle avait espéré en récompense de p.359 fin p.360 début son espérance même, et redevable en quelque sorte à sa force d'âme des forces corporelles qui lui étaient rendues. "

58 : " Quel est le fidèle qui puisse douter qu'au moment même du sacrifice le ciel s'ouvre à la voix du prêtre, que les chœurs des anges soient présents dans ce mystère pour faire leur cour à Jésus-Christ, qu'il s'établisse un commerce entre le ciel et la terre, entre les choses de là-haut et les choses d'ici-bas, une union ineffable du visible à l'invisible ? "

22. ORIGENE, Hom. V in diversos Evangelii locos

: " Quand vous prenez cet aliment incorruptible, quand vous goûtez ce pain de vie, ce breuvage salutaire, vous mangez et buvez le corps et le sang du Sauveur ; alors le Seigneur entre véritablement dans votre maison. Vous donc, vous humiliant vous-même, imitez ce centenier, et dites : Seigneur, je ne suis pas digne que vous entriez dans ma maison. Car si on le recevait indignement, on ne le recevrait que pour sa propre condamnation. "

Question VI

Que faut-il croire au sujet du sacrifice de l’autel ?

On doit croire sans aucun doute que l'Eucharistie n'a pas été instituée seulement pour servir de nourriture aux chrétiens, ce qui fait qu'on l'appelle aliment céleste, breuvage ou calice du salut, pain vivant, pain de vie ; mais qu'elle a été instituée aussi pour être offerte comme le grand sacrifice, comme le sacrifice proprement dit de la nouvelle alliance : de là vient que dès les commencements elle a reçu les noms d'hostie, de sacrifice, de victime, d'oblation, d'holocauste. Or, nous offrons ce sacrifice, pour qu'il nous serve comme de mémorial perpétuel de la passion du Sauveur, pour qu'il témoigne à Dieu de notre reconnaissance, qu'il écarte de nous les maux et nous obtienne les biens, tant de la vie présente que de la vie future, et qu'il serve à la rémission des péchés non seulement des vivants, mais aussi des morts, comme l'enseignent les Père conformément au témoignage de l'Ecriture et à la tradition apostolique.

C'est ce sacrifice unique et incomparable, que Notre-Seigneur Jésus-Christ a institué dans la dernière cène sous les espèces du pain et du vin, en recommandant à ses apôtres, comme aux premiers qu'il ait ordonné prêtres de la nouvelle alliance, et p.360 fin p.361 début dans leurs personnes à leurs successeurs, de l'offrir à leur tour, par ces paroles : Faites ceci en mémoire de moi.

C'est cette oblation, qui était figurée par tous les sacrifices de la loi de nature aussi bien que de la loi écrite et qui en est la consommation et la perfection, puisqu'elle renferme tous les biens dont ces divers sacrifices n'étaient que les symboles. C'est là le sacrifice perpétuel que Daniel nous atteste ne devoir désormais cesser qu'avec le monde.

C'est à ce sacrifice qu'appartient le sacerdoce selon l'ordre de Melchisédech que David a prédit devoir être éternel dans la personne du Christ.

C'est cette oblation pure, qui ne reçoit aucune atteinte de l'indignité ou de la perversité de ceux qui en sont les ministres, et qui remplaçant à elle seule les sacrifices sans nombre de l'ancienne loi, est offerte en tout lieu, c'est-à-dire parmi tous les peuples de l'univers, à la louange du nom de Dieu et de notre divin Rédempteur comme nous le lisons dans Malachie. C'est ce sacrifice de la messe, cette sainte liturgie, à laquelle rendent un témoignage si éclatant les canons et les traditions des apôtres, les conciles, la croyance et la pratique universelle et constante de toute l'Eglise, grecque et latine, d'Orient comme d'Occident.

Ce sacrifice de la messe, si nous voulons nous en former une juste idée est une représentation véritable et vivante, et en même temps une oblation non sanglante, mais non moins efficace, de la passion de Notre-Seigneur, et de ce sacrifice sanglant qui a été offert pour nous sur la croix.

Un premier effet de ce sacrifice, c'est de nous rendre continuellement présent la mémoire de notre Rédempteur, comme de ses mystères et de ses bienfaits, suivant ces paroles : Faites ceci en mémoire de moi. Paroles que l'Eglise a pris soin d'interpréter avec une si scrupuleuse exactitude, que tout l'appareil qu'elle a jugé à propos de donner à ce sacrifice, les ornements sacrés, les vases qu'on y emploie, les cérémonies qu'on y exécute, tout ce qui s'y passe en un mot, a pour objet de nous rendre ce souvenir présent devant les yeux, de nous donner une plus haute idée d'un si grand sacrifice, et de porter les fidèles par tous ces signes et ces secours extérieurs, à méditer plus facilement et plus sûrement les mystère divins qui y sont célébrés.

Un autre effet, c'est de nous appliquer, à nous et à tous les fidèles tant vivants que décédés, les fruits de l'oblation de p.361 fin p.362 début Jésus-Christ faite sur la croix, et de notre rédemption qui en a été la suite.

C'est ce qui a fait dire à un ancien que ce sacrement est tout à la fois un médicament et un holocauste, pour nous guérir de nos infirmités et nous purifier de nos iniquités. Un autre a dit aussi, écrivant sur ce sujet : " Celui que les juifs ont immolé par envie, et dont ils croyaient anéantir jusqu'au nom, nous le reproduisons en vue de notre salut sur nos saints autels, sachant bien que nous n'avons point d'autre remède pour nous rendre la vie et nous sauver de la mort. " Nous omettons pour plus de brièveté d'autres témoignages de ces Pères qui attestent la même foi ou qui expriment la même doctrine.

De là il résulte clairement que Jésus-Christ est appelé et est en effet notre victime de deux manières, d'une manière sanglante et d'une manière non sanglante. Sur la croix, il s'est offert pour nous comme victime sanglante, pour accomplir dans sa personne, comme le véritable agneau sans tache, le type de l'agneau pascal qui était immolé chez les juifs, et répondre ainsi à la figure par la réalité. Dans la cène au contraire, et de même sur nos autels, il a voulu être offert d'une manière non sanglante, comme le dit saint Cyrille, pour donner ainsi sa perfection au sacrifice de Melchisédech qui s'était borné à offrir du pain et du vin, pour être ainsi le véritable prêtre selon l'ordre de Melchisédech et rendre son sacerdoce éternel, s ans qu'aucun autre puisse jamais remplacer le sien.

Dans le premier sens que nous venons de dire, il n'a accompli son sacrifice qu'une fois et dans un seul endroit de la Judée comme s'en est expliqué saint Paul dans son épître aux Hébreux, dans le second, il le réitère des milliers de fois, et en tous lieux, comme l'avait annoncé le prophète Malachie, c'est-à-dire que ce sacrifice se célèbre également partout où l'Eglise se trouve répandue. Là il s'est offert en mourant ; ici il s'offre pour rendre vivant et perpétuel le souvenir de sa mort, et en faire découler sur nous, comme sur ses membres, les salutaires effets, en sorte que ce sacrifice de la messe soit l'application journalière des fruits obtenus par cet autre sacrifice offert pour nous sur la croix.

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TEMOIGNAGES DE L’ECRITURE.

1. JEAN, VI, 48,51, 52, 56,59 : " Je suis le pain de vie.

- Je suis le pain vivant descendu du ciel. - Si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement et le pain que je donnerai, c'est ma chair pour la vie du monde. - Ma chair est véritablement une nourriture, et mon sang est véritablement un breuvage. - Celui qui mange ce pain vivra éternellement. "

4. Proverbes, IX, 2-5 : " La sagesse a immolé ses victimes ; elle a préparé le vin et disposé sa table. - Elle a envoyé ses servantes pour appeler à la forteresse et aux murailles de la ville. - Quiconque est simple, qu'il vienne à moi. Et elle a dit aux in- p.363fin p.364 début sensés : - Venez, mangez le pain que je vous donne, et buvez le vin que je vous ai préparé. "

5. Genèse, IV, 4 : " Abel offrit aussi des premiers-nés de son troupeau, et ce qu'il avait de plus gras, et le Seigneur regarda Abel et ses présents. "

6. Ibidem, VIII, 20-21 : " Or, Noé dressa un autel au Seigneur ; et prenant de tous les animaux et de tous les oiseaux purs, il les offrit en holocauste sur cet autel. - Le Seigneur le reçut comme une odeur très-agréable. "

7. Ibidem, XIV, 18 : " Mais Melchisédech, roi de Salem, offrant du pain et du vin, parce qu'il était prêtre du Très-Haut, bénit Abraham, en disant : Qu'Abraham soit béni du Dieu Très-Haut, qui a créé le ciel et la terre, etc. "

8. Exode, XII, 3-5 7, 13 : " Qu'au dixième jour de ce mois, chacun prenne un agneau pour sa famille et pour sa maison. - Cet agneau sera sans tache, ce sera un mâle ; et il sera né dans l'année ; vous pourrez prendre aussi un chevreau qui ait ces même qualités. - Vous le garderez jusqu'au quatorzième jour de ce même mois, et toute la multitude des enfants d'Israël l'immolera au soir. - Ils prendront de son sang, et ils en mettront sur les deux poteaux et sur le haut des portes des maisons où ils le mangeront. - Et ce sang sera un signe qui me fera reconnaître les maisons où vous demeurez ; je verrai ce p.364 fin p.365 début sang, et je passerai outre ; et la plaie de mort ne vous touchera point, lorsque j'en frapperai toute 1'Egypte. "

9. DANIEL, XII, 11 : " Depuis le temps que le sacrifice perpétuel sera aboli, et que l'abomination de la désolation aura été établie, il se passera mille deux cent quatre vingt-dix jours. "

10. Ibidem, IX, 26-27 : " Et après soixante-deux semaines, le Christ sera mis à mort, etc. - Il confirmera son alliance avec plusieurs dans une semaine, et à la moitié de la semaine, les hosties et les sacrifices cesseront ; l'abomination de la désolation sera dans le temple, et la désolation durera jusqu'à la consommation et jusqu'à la fin du monde. "

11. Psaume CIX, 4 : " Le Seigneur a juré, et son serment demeurera immuable ; vous êtes le prêtre éternel selon l'ordre de Melchisédech. "

12. Hébreux, VII, 1, 11- 12 : " Car ce Melchisédech, roi de Salem, et prêtre du Dieu Très-Haut qui vient au devant d'Abraham lorsqu'il retournait de la défaite des rois, et qui le Bénit, etc. - Car si le sacerdoce de Lévi sous lequel le peuple a reçu la loi, avait pu rendre les hommes parfaits, qu'était-il besoin qu'il s'élevât un autre prêtre qui fût appelé prêtre selon l'ordre de Melchisédech et non pas selon l'ordre d'Aaron ? - Car le sacerdoce étant changé, il faut nécessairement que la loi soit aussi changée. "

14. Nombres, XXVIII, 3-10 : " Voici les sacrifices que vous devez offrir : Vous offrirez tous les jours deux agneaux de l'année sans tache, comme un holocauste perpétuel ; - L'un le matin, et l'autre le soir ; - avec un dixième d'épha de farine qui soit mêlé avec une mesure d'huile très-pure, de la quatrième partie d'un hin. - C'est l'holocauste perpétuel que vous avez offert sur la montagne de Sinaï comme un sacrifice d'une odeur très agréable au Seigneur, qui était consumé par le feu. - Et vous offrirez pour offrande de liqueur une mesure de vin de la quatrième partie d'un hin, pour chaque agneau, dans le sanctuaire du Seigneur. - Vous offrirez de même au soir l'autre agneau avec toutes les mêmes cérémonies du sacrifice du matin, et ses offrandes de liqueur, comme une oblation d'une odeur très-agréable au Seigneur. - Le jour du sabbat, vous offrirez deux agneaux de l'année sans tache, avec deux dixième de farine mêlé d'huile, pour le sacrifice ; et les offrandes de liqueurs - qui se répandent selon qu'il est prescrit chaque jour de la p.365 fin p.366 début semaine, pour servir à l'holocauste perpétuel, etc. " Puis il est parlé en particulier des oblations de chaque solennité. "

15. MALACHIE, I, 10-11 : " Mon affection n'est point en vous, dit le Seigneur des armées, et je ne recevrai point de présent de votre main. - Car depuis le lever du soleil jusqu’à son couchant, mon nom est grand parmi les nations, et l'on sacrifie en tout lieu, et l'on offre à mon nom une oblation toute pure, parce que mon nom est grand parmi les nations, dit le Seigneur des armées. "

16. Ephésiens, V, 2 : " Jésus-Christ nous a aimé, et s'est livré lui-même pour nous, en s'offrant à Dieu comme une oblation et une victime d'agréable odeur. "

19. Hébreux, X, 25-28 : " Et il n'y est pas aussi entré pour s'offrir lui-même plusieurs fois comme le grand-prêtre, etc., - car autrement il eût fallu qu'il eût souffert plusieurs fois depuis la création du monde ; au lieu qu'il n'a paru qu'une fois vers la fin des siècles pour abolir le péché, en s'offrant lui-même pour victime. - Et comme il est arrêté que les hommes meurent une fois, et qu'ensuite ils soient jugés, - ainsi Jésus-Christ a été offert une fois, pour effacer les péchés de plusieurs ; et la seconde fois, il apparaîtra, sans avoir rien du péché, pour le salut de ceux qui l'attendent. "

TEMOIGNAGES DE LA TRADITION.

1. S. DENIS l'Aréopagite, Ecclesiast. hierarch., c. 3 : " Fixons le regard de notre attention sur chacun des rites qui s'observent en la célébration de l'Eucharistie, et sur leur signification profonde. Le hiérarque, après avoir prié au pied de l'autel sacré, l'encense d'abord, puis fait le tour du temple saint. Revenu à l'autel, il commence le chant des psaumes que tous les ordres ecclésiastiques continuent avec lui. Après cela, des ministres inférieurs lisent les très-saintes Ecritures, et ensuite on fait sortir de l'enceinte sacrée les catéchumènes et avec eux les énergumènes et les pénitents : ceux-là restent seuls, qui sont dignes de contempler et de recevoir les divins mystères. Pour le reste des ministres subalternes, ceux-ci se tiennent auprès des portes fermées du saint lieu ; ceux-là remplissent quelque autre fonction de leur ordre. Les plus élevés d'entre eux, les diacres, s'unissent p.366 fin p.367 début aux prêtres pour présenter sur l'autel le pain sacré et le calice de bénédiction, après toutefois qu'a été chanté par l'assemblée entière la profession de la foi. Alors le pontife achève les prières et souhaite à tous la paix ; et tous s'étant donné mutuellement le saint baiser, on récite les noms inscrits sur les sacrés diptyques. Ayant tous purifié leurs mains, le hiérarque prend place au milieu de l'autel, et les prêtres l'entourent avec les diacres désignés. Le hiérarque béni Dieu de ses œuvres merveilleuses, consacre les mystères augustes, et les offre à la vue du peuple sous les symboles vénérables qui les cachent. Et quand il a ainsi présenté les dons précieux de la divinité, il se dispose à la communion, et y convie les autres. L'ayant reçue et distribuée, il termine par une pieuse action de grâces. Et tandis que le vulgaire n'a considéré que les voiles sensibles du mystère lui, toujours uni à l'Esprit-Saint, s'est élevé jusqu'aux types intellectuels des cérémonies dans la douceur d'une contemplation sublime, et avec la pureté qui convient à la gloire de la dignité pontificale. " L'auteur explique ensuite plus en détail les raisons de chacun de ces rites avec les significations mystiques qu'il en présente (Cf. Les Œuvres de sait Denis l’Aréopagite, trad. par M. l’abbé Darboy, p.272-273 ; les Œuvres du divin saint Denis, etc., trad. par le frère Jean de saint François, page 72-73).

2. Le même, Lettre VIII au moine Démophile

: " Etant un jour en Crète, je reçus l'hospitalité chez Carpus, personnage, s'il en fut, éminemment propre aux contemplations divines, cause de l'extrême pureté de son esprit. Il n'abordait jamais la célébration des saints mystères sans qu'auparavant dans ses prières préparatoires il ne fût consolé par quelque douce vision (Cf. Les Œuvres de sait Denis l’Aréopagite, trad. par M. l’abbé Darboy, p.272-273 ; idem, trad. par le frère Jean de saint François, Paris, 1629, page 251-252). "

3. S. IGNACE, Epist. ad Smyrnenses : " Point de baptême, point d'agapes, sans la permission de l'évêque (Nous suivons ici la traduction de M. de Genoude. La traduction latine citée par Canisius porte : Non licet sine episcopo, neque oferre, neque sacrificium immolare, neque missas celebrare. Nous ne saurions dire laquelle des deux traductions est la plus exacte, n'ayant pas le texte original sous les yeux). "

4. S. JUSTIN, philosophe et martyr, Dialogue avec le juif Tryphon : " Il (Dieu) l'atteste lui-même lorsqu'il dit que maintenant, en tous lieux, chez les nations, on lui offre des sacrifices p.367 fin p.368 début purs et agréables. Qui ne sait que Dieu ne reçoit de sacrifices que des mains de ses prêtres ? " " Le sacrifice offert partout en son nom est celui que Jésus-Christ a institué et prescrit d'offrir, je veux dire le sacrifice eucharistique du pain et du vin, que les chrétiens offrent en tous lieux ; aussi lui sont-ils tous agréables, ainsi qu'il le déclare tandis qu'il rejette vos sacrifices et ceux de vos prêtres ; témoins ses propres paroles : " Je ne recevrai plus d'offrandes de votre main ; depuis le lever du soleil jusqu'à son coucher, mon nom est glorifié chez les nations ; et vous, vous le profanez. "

5. S. BASILE, Serm. II de Baptismo, c. 2 : " Peut-on sans danger remplir les fonctions du sacerdoce, si l'on n'a sa conscience exempte de péchés, son cœur purifié de toute souillure ? C'est ce que Moïse nous a enseigné d'avance par ses types figuratifs, lorsque, par exemple, faisant le détail des règlements que Dieu lui avait tracés, il a écrit ces paroles (Lévit., XXI, 16-17) : Le Seigneur parla encore à Moïse et lui dit : Dites ceci à Aaron : Si un homme d'entre les familles de votre race a une tache sur le corps, il n'offrira point les pains à son Dieu, etc. Or, Notre-Seigneur nous dit de son côté, en parlant de lui-même : Celui-ci est plus grand que le temple ; que l'impiété ou le crime de celui qui ose offrir le corps du Seigneur avec une conscience souillée st d'autant plus énorme que cette céleste victime qui s'est offerte à Dieu son Père en odeur de suavité, surpasse en excellence les béliers et les taureaux. Ce que je dis, non par manière de comparaison ; car il n'y a aucune comparaison à établir entre des victimes si différentes. Mais les taches dont il peut être question sous la nouvelle loi ne sont pas celles qui s'attachent au corps, mais celles qui consistent dans la violation de quelqu'un des préceptes évangéliques, soit qu'on l'omette en entier, soit qu'on n'en observe qu'une partie, ou qu'on l'observe d'une manière différente de ce que Dieu demande de nous. Nous devons donc en tout temps sans doute, mais surtout lorsqu'il s'agit pour nous de célébrer un aussi auguste mystère, mettre en pratique le précepte de l'Apôtre conçu en ces termes (II Cor., VII, 1, VI, 3) : Ayant donc reçu de Dieu de telles promesses, mes chers frères purifions-nous de tout ce qui souille le corps ou l'esprit, achevant l'œuvre de notre sanctification dans la crainte de Dieu, et prenant garde de donner en quoi que ce soit aucun sujet de scandale, afin que notre ministère ne soit point déshonoré ; mais rendons-nous recommandables en agissant en toutes choses comme les ministres de Dieu. C'est ainsi qu'on pourra p.368 fin p.369 début se rendre digne de célébrer les saints mystères, selon l'Evangile de Dieu. "

6. TERTULLIEN, Lib. de Oratione, c. 14 : " Il y en a qui pensent qu'on ne doit point célébrer le saint sacrifice pendant les oraisons des jours de stations, parce que, disent-ils, la communion interrompt la station et doit la faire cesser. N'est-ce pas une erreur que de croire que l'Eucharistie puisse faire cesser un devoir, au lieu de le rendre plus obligatoire ? Quand on reçoit le corps du Christ, cette participation au sacrifice n'exclut pas du tout l'accomplissement des autres devoirs. "

7. S. AUGUSTIN, Epist. XXIII ad Bonifacium episcopum

: " N'est-il pas vrai que Jésus-Christ n'a été immolé qu'une fois dans sa personne, et que cependant il est immolé encore sacramentellement, non-seulement à toutes les fêtes de Pâques, mais même tous les jours de l'année, en sorte que chacun pourrait répondre sans mensonge à celui qui lui en ferait la demande, qu'effectivement il est immolé tous les jours ? Car si les sacrements n'avaient quelque ressemblance avec les choses dont ils sont les sacrements, ils cesseraient par cela seul d'être des sacrements, etc. "

8. Le même, Lib. XX contra Faustum manichæum, c. 21 : " Quel est le prêtre qui, célébrant le saint sacrifice sur les tombeaux de quelques saints, a jamais dit : Nous offrons ce sacrifice à vous, Pierre, ou Paul, ou Cyprien ? Mais ce sacrifice qu'on offre, on l'offre à Dieu qui a couronné les martyrs, en mémoire (Le latin porte apud memorias eorum, c'est-à-dire auprès des tombeaux ; mais ce mot tombeaux ne rend pas assez la force du mot latin memorias) de ceux qu'il a couronné, et sur les lieux mêmes afin que l'aspect du théâtre de leur victoire excite davantage les sentiments dont nous devons être affectés à l'égard de ces anciens frères d'armes que nous pouvons imiter, et à l'égard de Dieu qui par sa grâce nous rend capables de le faire. . . . . "

" Ce serait un bien moindre péché de revenir des tombeaux des martyrs dans un état d'ivresse, que de sacrifier aux martyrs même à jeun. J'ai dit sacrifier aux martyrs, mais non sacrifier à Dieu en mémoire des martyrs : chose qu'il nous est très-ordinaire de faire, mais seulement de la manière que nous voyons prescrite dans le Nouveau-Testament, et de ce culte que nous appelons latrie, et qui n'est dû qu'à Dieu. Mais que ferai-je, ou comment pourrai-je démontrer à des hérétiques si aveugles combien a de p.369 fin p.370 début force ce que nous lisons dans les Psaumes (Ps. XLIX)

: Le sacrifice de louanges est celui qui m'honore, et c'est là la voie par laquelle je lui montrerai le salut de Dieu ? Le corps (caro et sanguis) à immoler dans ce sacrifice, était promis figurativement par les victimes qu'on immolait avant que le Christ vint sur la terre ; au moment de sa passion, il était offert selon la vérité dans sa personne même ; depuis son ascension au ciel, on l'offre commémorativement au moyen du sacrement de l'autel. "

9. S. FULGENCE, évêque de Ruspe, Lib.

II ad Monimum, c. 2 : " Vous dites que plusieurs vous ont questionné au sujet du sacrifice du corps et du sang de Jésus-Christ, qu'on croit communément être immolé au Père seul. Vous assurez même que c'est sur cette difficulté que ces hérétiques s'appuient le plus. Mais ce n'est pas d'aujourd'hui seulement que les hérétiques, privés qu'ils sont de la lumière de la vérité, se croient en état de triompher de la vérité par des questions auxquelles ils ont commencé par succomber eux-mêmes. Car la gloire de ceux dont les sentiments sont terrestres, tourne à leur propre confusion, etc. (Phil., III, 19) Comment ne haïraient-il pas le Fils de Dieu, qu'ils sont forcés de reconnaître pour son Fils unique, mais qu'ils font, par une aveugle présomption, d’une nature différente de celle du Père ? Ou comment ne seraient-ils pas impies pour le malheur de leurs âmes, ceux qui ne veulent ni glorifier le Fils unique de Dieu, Dieu lui-même, conjointement avec le Père, ni permettre de l'honorer par un seul et même sacrifice ? " Aux chapitres 3 et 4 qui viennent après, le saint évêque fait voir que les patriarches Abraham, Isaac et Jacob ont sacrifié non-seulement au Père, mais encore au Fils, et que par conséquent aujourd'hui encore on offre dans l'Eglise chrétienne le sacrifice au Fils comme au Père.

10. Ibidem, c. 5 : " Nous citerons un passage extrait des Prophètes, qui prouvera évidemment que ces hommes inspirés de Dieu ont su certainement que, sous la nouvelle loi, des hosties spirituelles seraient offertes par les fidèles non-seulement au Père, mais aussi au Fils. Voici, au sujet du sacrifice qui a lieu maintenant dans l'Eglise, ce que dit le prophète Sophonie (SOPH, III, 8-10) : Attendez-moi, dit le Seigneur, pour le jour à venir de ma résurrection… C'est alors que je rendrai pures les lèvres des peuples, afin que tous invoquent le nom du Seigneur, et que tous se soumettent à son joug dans un même esprit. Ceux qui demeurent au-delà des fleuves d'Ethiopie viendront m'offrir leurs prières, et les enfants de p.371 fin p.372 début mon peuple, dispersés en tant de lieux, viendront m'offrir leurs hosties. Quoi de plus clair, je vous le demande, que cette prophétie ? Quelle retraite à son obstination l'infidélité hérétique pourra-t-elle trouver, pour se soustraire à l'éclat d'une telle lumière?. . . Le même qui nous ordonne de l'attendre pour le jour à venir de sa résurrection a daigné annoncer que des hosties lui seraient offertes par tous les peuples, faisant connaître par là qu'il aurait pour agréable le sacrifice que l'humble piété des fidèles offrirait à la fois au Père et au Fils. . . . Si quelques catholiques ont pu paraître jusqu'ici être dans l'ignorance par rapport à ce sacrement, ils doivent maintenant savoir que l'Eglise catholique offre également au Père, au Fils et au Saint-Esprit, c'est-à-dire la Trinité entière, tous les sacrifices et toutes les formes d'hommages qu'elle rend à la Divinité, comme c'est au nom de la Trinité entière que l'on sait que le baptême est administré. Car si quelqu'un adresse ses prières spécialement à la personne du Père, c'est toujours sans préjudice de ce qu'il doit au Fils et au Saint-Esprit. Au reste, la conclusion de la prière, qui contient toujours exprimés les noms du Fils et du Saint-Esprit, fait voir qu'il n'y a aucune différence à faire entre les trois personnes. Et lorsque le fidèle adresse nommément ses supplications à la seule personne du Père, il n'en a pas moins l'intention d'honorer toute la Trinité. De même, lorsque le sacrifice est offert au Père, il l'est en même temps, dans l'intention de l'Eglise qui l'offre, à toute la sainte Trinité. Nous donc qui offrons à la Trinité, seul et vrai Dieu, un seul et même sacrifice, ne nous laissons pas ébranler par les vaines objections des hérétiques, puisque les oracles divins, aussi bien que les exemples des saints qui nous ont précédés, nous autorisent à suivre cet usage, et à nous y tenir fortement attachés. "

11. THEODORET, c. XX, Sanctorum Patrum historiæ in vitâ S. Maris : " Saint Maris, désirant depuis longtemps voir célébrer le sacrifice spirituel et mystique, demanda que la cérémonie pût s'en faire dans sa cellule même. J'y consentis volontiers, et comme le bourg n'était pas éloigné, je fis apporter les vases sacrés ; puis me servant des mains des diacres en guise d'autel, j'offris le sacrifice mystique, source de toutes les grâces (mysticum, divinum et salutare). Pendant ce temps-là, Maris se sentait intérieurement rempli de délices spirituelles, et se croyait au ciel même, en ne se lassant pas de répéter qu'il n'avait jamais goûté une telle joie. Pour moi, après toute l'affection qu'il m'a témoignée, je p.371 fin p.372 début croirais manquer à ce que je lui dois, si je ne faisais pas son éloge même depuis qu'il n'est plus, et ce que je dois aux autres, si je ne leur proposais pas à imiter de si beaux exemples. "

12. S. AVIT, Lib. V, c. 10, après avoir expliqué l'histoire de l'Agneau pascal rapporté au chap. XII de l'Exode, ajoute : " O Christ roi, reconnaissez donc en nous votre sang, et délivrez vos sujets de la captivité d'Egypte ; et partout où, Agneau sans tache, vous serez immolé en sacrifice, et où l'on recevra votre chair en aliment, détournez-la aussitôt votre bras vengeur. Faites aussi que, nous dépouillant du vieil homme, nous vivions d'une vie nouvelle pour recevoir votre corps et nous abreuver de votre sang divin. "

13. S. JEAN-DAMASCENE, in vitâ Barlaam et Josaphat, c. 12 : " D'autres (moines), dont les cellules sont distantes les unes des autres, se réunissent tous les dimanches dans une seule et même église, où ils participent aux divins mystères, c'est-à-dire au sacrifice non-sanglant du corps adorable et du sang précieux de Jésus-Christ qu'il nous a donné dans sa bonté pour la rémission de nos péchés et pour le salut tant de nos corps que de nos âmes. "

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