Grand Catéchisme (Somme de doctrine chrétienne) (page 71)

Pierre Canisius · Doctrine

Texte français, domaine public · Source : jesusmarie.free.fr — Grand Catéchisme, trad. Peltier, tomes 1 à 6 · 205 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

47. S. JEROME, Epist. XVII, n. 2, ou plutôt sainte Paule et sainte Eustochium engageant Marcella à venir à Bethléhem : " Relisez la Genèse et vous y trouverez pour souverain de cette ville Melchisédech, roi de Salem, qui dès-lors figura le Christ en offrant le pain et le vin, et inaugura le mystère chrétien par la représentation symbolique du corps et du sang du Sauveur : In typo Christi panem et vinum obtulit, et mysterium christianum in Salvatoris sanguine et corpore dedicavit. "

48. Le même, à Evagre, Epist. CXXVI

: " Melchisédech qui était chananéen et non hébreu d'origine, a figuré d'avance le sacerdoce du Fils de Dieu, à qui s'appliquent ces paroles du p.391 fin p.392 début psaume CIX : Vous êtes prêtre pour l’éternité selon l'ordre de Melchisédech. On donne à ces derniers mots plusieurs interprétations diverses, ces paroles pouvant faire allusion, soit à ce que Melchisédech seul a été prêtre et roi tout à la fois, soit à ce qu'il a exercé le sacerdoce avant que la circoncision eût été établie de sorte que ce ne sont pas les gentils qui ont emprunté des juifs l'institution du sacerdoce, mais plutôt les juifs qui l'auraient empruntée des gentils ; soit ce que Melchisédech n'a pas reçu l'onction sacerdotale, comme le prescrit la loi de Moïse (Lévit., VIII, 12), mais l'onction de cette huile de joie dont parle le Psalmiste (Ps. XLIV, 8), et qui consistait principalement dans la pureté de sa foi ; soit enfin à ce qu'il n'a pas immolé des victimes composées de chair et de sang, et pris dans sa main le sang de vils animaux, mais à ce qu'il a offert simplement du pain et du vin, sacrifice tout autrement pur que ces sacrifices sanglants, et qui représente si bien le sacrement institué par Jésus-Christ même. Je m'étendrai là-dessus bien davantage, si les lois de la brièveté pour cette lettre que je vous écris ne m'obligeaient à me restreindre. "

49. S. AUGUSTIN, in Ps. XXXIII, conc. 2 : " Il se contrefit le visage dans les états de son père qui le laissa partir, et il s'en alla. C'est que là était le sacrifice selon l'ordre d'Aaron, et qu’à la place de ce sacrifice il institua avec son corps et son sang le sacrifice selon l'ordre de Melchisédech. Il se contrefit donc le visage en changeant, comme il le fit, le sacerdoce. Il abandonna le peuple juif, et il passa aux gentils. Mais qu'entendre par ce mot, il affectait (Affectabat). C'est la traduction d’un mot grec qui fait suite aux précédents du verset 13 du chapitre XXI, I Rois, de la version des Septante. Ce mot devrait se traduire plutôt par il faisait semblant ; mais il nous a fallu conserver le jeu de mots employé par saint Augustin) ? Il faut entendre par la qu'il était plein d'affection. Car quoi d'affectueux comme la miséricorde de Notre-Seigneur Jésus-Christ ! "

50. S. EPIPHANE, Hom. LV Melchisedechianorum (Cf.

S. Epiphanii opera, t. I, p.469-470) : " Abraham lui offrit des pains et du vin, etc. Comme c'était de lui que devait sortir le sacerdoce de la circoncision, afin que toute hauteur qui s'élève contre la science de Dieu fût renversée par la science de Dieu, Dieu ne voulut pas que la circoncision, se prévalant de son sacerdoce, se prît à contredire le sacerdoce de sa sainte Eglise. C'est pourquoi Abraham offrit la dîme à Melchisédech. p.392 fin p.393 début Et comme Lévi et Aaron devaient descendre d'Abraham, ce sont eux-mêmes qui ont offert cette dîme dans sa personne. Dans la suite, quoique le sacerdoce de la circoncision subsistât encore dans la famille d'Aaron et de ses fils, l'Ecriture n'en a pas moins prononcé cet oracle par la bouche de David, à la douzième génération de puis Lévi et la septième depuis Aaron ; il fallait donc que la dignité sacerdotale ne restât pas à l'ancien sacerdoce, mais qu'elle fût transférée au sacerdoce selon l'ordre de Melchisédech, qui avait précédé Moïse et Aaron. C'est ce qui a lieu depuis Jésus-Christ jusqu’à ce jour, maintenant que le sacerdoce ne se transmet plus par ordre de génération mais par ordre de mérite. Le premier de tous les sacerdoces a été celui d'Abel, qui était incirconcis ; le second, celui de Noé et le troisième, celui de Melchisédech, également incirconcis. . . . Comme Abraham était âgé d'environ quatre-vingt-huit ou quatre-vingt-dix ans, Melchisédech vint à sa rencontre, et lui offrit des pains et du vin, symboles mystérieux et auxquels font allusion ces paroles de Notre-Seigneur : Je suis le pain vivant ; comme ils représentaient aussi en partie son sang, qui coula de son côté percé pour nous laver de nos péchés et pour purifier et sauver nos âmes. "

52. S. AUGUSTIN, Cité de Dieu, liv. XVII, c. 20, expliquant ces paroles, Venez, mangez mon pain, s'exprime ainsi : Venez manger de mon pain, et buvez le vin que je vous ai préparé. Ces paroles nous font connaître clairement que la Sagesse de Dieu, le Verbe coéternel au Père s'est bâti dans le sein d'une vierge une maison vivante, un corps humain ; qu'il y a joint l'Eglise, comme les membres à la tête qu'il a offert en sacrifice l'immolation des martyrs ; qu'il a préparé le banquet du pain et du vin, symboles où apparaît aussi le sacerdoce selon l'ordre de Melchisédech ; qu'il y a convié les insensés et les pauvres de raison ; car, dit l'Apôtre, Dieu a choisi les faibles selon le monde, pour confondre les forts. A ces faibles, cependant, la sagesse dit ensuite : Renoncez à la folie, afin de vivre, et cherchez la sagesse, afin d'avoir la vie. Or, avoir place à sa table, c'est commencer d'avoir la vie. Et par ces paroles de l'Ecclésiaste : Il n'y a de bien pour l'homme que de boire et de manger ; que faut-il entendre, sinon la participation à cette table, où le souverain prêtre et p.393 fin p.394 début médiateur du Nouveau-Testament nous donne son corps et son sang selon l'ordre de Melchisédech ? En effet, ce sacrifice a succédé à tous les sacrifices de l'ancienne loi, qui n'étaient que des ombres de celui qui devait s'offrir un jour. Aussi reconnaissons-nous, au psaume trente-neuvième, la voix de ce même médiateur parlant en prophétie : Vous n'avez pas voulu de victimes ni, d’offrandes, mais vous m'avez formé un corps ; car pour tout sacrifice et pour toute offrande, son corps est offert et servi à tous ceux qui y participent. "

53. PIERRE le Vénérable, abbé de

Cluny, Lib. 1, Epist. 2 contra Petrobrusianos : " Le sacrifice chrétien n'est pas multiple, mais plutôt unique ; car de même que tous les chrétiens qui offrent ce sacrifice ne font qu'un même peuple répandu dans le monde entier, et que Dieu à qui ce sacrifice est offert est un, comme la foi avec laquelle il est offert est une, ainsi la chose même qui est offerte est une également. La multiplicité des victimes en usage chez le peuple juif a fait place à l'unité de victime chez les chrétiens. Comme en effet toutes ces victimes, par leur multiplicité même, étaient incapables de rendre parfait celui qui les offrait, Dieu a trouvé une victime qui, précisément par son unité, suffit, toute seule pour purifier, sanctifier et rendre parfaits ceux qui la lui offrent. Les taureaux, les béliers, les agneaux, les chèvres, les boucs, chargent de leurs graisses et ensanglantent de leur sang les autels des juifs ; l'agneau de Dieu, qui efface les péchés du monde, est seul offert sur les autels des chrétiens. . . C'est là notre sacrifice, le sacrifice de la loi évangélique et du Nouveau-Testament, l'holocauste du peuple nouveau, qui, offert à Dieu une fois sur la croix par l'homme-Dieu, doit continuer d'après ses ordres à être offert par son peuple sur les autels. Car ce qui est offert aujourd'hui n'est pas différent de ce qui a été offert alors ; mais ce que Jésus-Christ a offert une fois, il a chargé son Eglise de l'offrir de même dans tous les temps. "

54. S. MARTIAL, Epist. ad Burdegalenses, ou pour mieux dire, l'auteur quel qu'il soit de cette lettre, chapitre 3 ; passage cité plus haut, témoignage 57, page 386.

57. Le même, ibidem, c. 53 : " Comme le nom du Fils p.394 fin p.395 début provient du Père, et que le sacrifice est offert par l'Eglise au Dieu tout-puissant par l'entremise de Jésus-Christ, la prophétie de Malachie se trouve juste en tous points, lorsqu'il dit : " On sacrifie en tous lieux et on m'offre des parfums, et une offrande pure est offerte en mon nom. " Or, les parfums, comme il est dit dans l'Apocalypse de saint Jean, sont les prières des saints. "

58. Ibidem, c. 54 : " L'oblation que Notre-Seigneur a enseigné à l'Eglise à offrir chaque jour par toute la terre, est un sacrifice de pureté aux yeux de Dieu, et qui lui est agréable ; non pas, nous le répétons, que Dieu ait besoin d'aucun sacrifice, mais parce qu'il veut que l'homme qui fait l'offrande trouve un moyen de salut dans cette offrande même, si elle parait à Dieu digne d'être agréée de lui.

. . Et il ne faut pas dire que les oblations aient été abolies ; mais autre chose étaient alors les oblations, autre chose sont-elles aujourd'hui : autrefois c'était le peuple qui offrait le sacrifice, aujourd'hui c'est l'Eglise. Le sacrifice subsiste donc toujours, mais il a changé d'espèce et de forme, car il se fait maintenant dans une ère de liberté, tandis qu'alors il avait lieu dans une ère de servitude. . . C'est donc parce que l'Eglise offre avec la simplicité du cœur que ce sacrifice monte vers Dieu comme une offrande pure. . . Ainsi, ce qui peut rendre notre offrande agréable à Dieu, c'est notre sentiment de reconnaissance envers lui, c'est une foi pure et sincère, c'est notre ferme espérance jointe à un amour fervent, ce sont enfin toutes les dispositions intérieures. Mais il n'y a que l'Eglise qui puisse accomplir le sacrifice dans toute sa pureté en offrant à Dieu avec des actions de grâces les prémices de ses propres créatures. . . D'ailleurs, comment le pain qui est offert en actions de grâces dans le sacrifice serait-il pour eux le corps de Jésus-Christ ainsi que son sang, puisqu'ils ne le reconnaissent pas pour Fils de Dieu, c'est-à-dire pour son Verbe, par qui tout est fécondé dans la nature, qui fait croître les plantes, jaillir les fontaines, germer les blés et mûrir les moissons ? Et d'un autre côté, comment peuvent-ils dire que notre chair est incapable de résurrection et qu'elle tombe en pourriture pour toujours, elle qui reçoit pour aliment le corps et le sang de Notre-Seigneur ? Qu'ils changent donc de pensée, ou qu'ils s'abstiennent entièrement d'offrir le sacrifice. Quant à nous, notre foi est conforme à la nature de l'Eucharistie, et l'Eucharistie elle-même est conforme à notre foi. Nous reconnaissons, en faisant notre oblation, que les dons, que nous offrons à Dieu, nous les tentons de sa bonté, p.395 fin p.396 début et nous avons foi dans la double résurrection de la chair et de l'esprit, que nous attendons du mérite de l'oblation. Car, de même que le pain qui sert au sacrifice est un fruit de la terre, lequel, par la toute-puissance de Dieu, cesse d'être un pain ordinaire et devient l’Eucharistie, ayant en elle deux substances, la substance spirituelle et la substance matérielle, ainsi nos corps, en recevant l'Eucharistie, participent de la nature céleste, deviennent impérissables et sont marqués du sceau de la résurrection. - Notre oblation est donc envers Dieu, qui n'a cependant nul besoin de nous, un moyen d'expression de reconnaissance, et un moyen de sanctification (Cf. Les Pères de l'Eglise, trad. par Genoude, t. III, p. 388-389 et 392). "

59. S. CHRYSOSTOME, Hom. (Cette homélie ne se trouve pas, du moins sous ce titre, dans l'édition des bénédictins) super Ps. XCV, citant ce passage de Malachie, Non est mea voluntas in vobis, etc., s'exprime ainsi : " Voyez avec combien d'éloquence et de clarté il désigne la table mystique sur laquelle s'offre la victime non-sanglante. Sous le nom d'encens (thymiama) pur, il entend les prières sacrées qui suivent l'oblation. Car c'est là l'encens qui réjouit le cœur de Dieu, encens qui n'est pas pris dans les productions de la terre, mais qui s'exhale d'un cœur pur. Voyez-vous comme ce sacrifice angélique se célèbre sans obstacle en tous lieux ? Voyez-vous comme cet autel n'est circonscrit par aucunes limites ? L'encens est offert en tous lieux à mon nom. Il est donc une victime pure ; et cette victime, c'est avant tout la victime mystique, sacrifice céleste et digne de toute vénération.

Il y a aussi en nous diverses espèces de sacrifices, etc. " Après être entré dans le détail de ces sacrifices admis dans la nouvelle loi, l'illustre commentateur conclut de cette manière : " Nous avons donc d'abord le sacrifice qui contient l'auteur de notre salut (illud salutare donum) ; en second lieu, le sacrifice qu'ont offert les martyrs ; en troisième, le sacrifice de prières ; en quatrième lieu, le sacrifice de joie ; en cinquième lieu, le sacrifice de justice ; en sixième lieu, celui de l'aumône; en septième lieu, celui de louange ; en huitième lieu, celui de componction ; en neuvième lieu, celui d'humilité ; en dixième lieu, celui de prédication, si toutefois je n'en ai pas omis quelqu'un en croyant en compter dix, tandis qu'au fond je n'en aurais nommé que neuf. Quel est donc ce sacrifice que j'aurais omis de nommer ? Le voici : le dixième c'est celui de fructification. "

p.396 fin p.397 début

60. S. AUGUSTIN, Cité de Dieu, liv. XIX, c. 23 : " Le plus glorieux, le plus excellent sacrifice à offrir à Dieu, c'est nous-mêmes ; nous sa cité, dont nous célébrons le mystère dans nos oblations connues des fidèles comme nous l'avons dit aux livres précédents. Car les victimes devaient cesser, ces victimes que les Juifs immolaient en figure de l'avenir ; du levant au couchant, un seul sacrifice allait s'offrir chez tous les peuples ; nous en sommes aujourd'hui témoins et telle a été la promesse des divins oracles répétés par les prophètes hébreux. "

61. Ibidem, liv. XVIII, c. 33 : " Malachie, annonçant l'Eglise que nous voyons déjà répandu dans le monde par la vertu de Jésus-Christ, dit clairement aux Juifs, en la personne de Dieu : Mon affection n'est point en vous, et je ne recevrai point d'offrandes de vos mains ; car depuis le soleil levant jusqu'au couchant, mon nom est grand parmi les nations, et il va m’être sacrifié en tous les lieux, et il sera offert à mon nom une oblation pure, car mon nom est grand parmi les nations, dit le Seigneur. Puisque nous voyons s'offrir partout, de l'aurore au couchant, ce sacrifice qui est celui du sacerdoce de Jésus-Christ, selon l’ordre de Melchisédech et qu'au contraire celui des Juifs, à qui Dieu avait dit : Mon affection n'est point en vous, et je ne recevrai point d'offrandes de vos mains, etc., est partout aboli, comme ils ne peuvent le nier, pourquoi donc attendent-ils encore un autre Christ, après que la prophétie qu'ils lisent et qu'ils voient accomplie n'a pu s'accomplir que par lui. "

62. Le troisième canon (dit) des apôtres

: " Si un évêque ou un prêtre offre autre chose pour le sacrifice que ce qui a été prescrit par le Seigneur, c'est-à-dire, s'il met sur l'autel du miel ou du lait, d'autre liqueur que du vin, des oiseaux, des animaux, des légumes ou autre chose quelconque, contre ce qu'a ordonné le Seigneur, qu'il soit déposé dès que la circonstance le permettra. "

63. Ibidem, canon IX : " Si un évêque un prêtre ou un diacre, ou tout autre inscrit dans le catalogue sacerdotal, refuse de communier lorsqu'il assiste au sacrifice, sans en donner d'excuses raisonnables, qu'il soit privé de la communion, à cause du scandale qu'il a causé au peuple, en donnant lieu de soupçonner que celui qui a fait l'oblation ne l'a pas bien faite. "

64. S. CLEMENT, pape et martyr, ou plutôt l'auteur des Constitutions apostoliques, liv. VI, c. 23 : " Jésus-Christ a aboli la circoncision qu'il a accomplie dans sa personne ; car c'est lui qui était l'attente des nations. Il a changé de même le baptême, le p.397 fin p.398 début sacrifice, le sacerdoce, le culte qui jusqu'alors n'était offert que dans un lieu ; à la place de ces baptêmes (ou de ces purifications) qui se pratiquaient tous les jours, il en a institué un seul, qui se pratique en mémoire de sa mort. Au lieu d'une tribu sacerdotale, il a ordonné qu'on élût indifféremment pour le sacerdoce ceux de toute nation qu'on en trouverait dignes, et que sans faire attention aux défauts corporels, on eût plutôt égard aux qualités morales, à la place du sacrifice sanglant, il en a établi un spirituel et non-sanglant, qui est le sacrifice mystique de son corps et de son sang, qui se célèbre en représentation de sa mort. Au lieu d'un culte borné à un certain lieu, il a voulu qu'on célébrât ses louanges de l'aurore au couchant, partout où il a établi son règne. "

65. Le premier concile de Nicée, canon XIV (Ce canon, qui se trouve en effet le quatorzième dans Isidore Mercator, est plutôt le dix-huitième d'après les collections ordinaires. V. LABBE, Conc., t. II, col. 37-38) : " Ni la règle, ni la coutume ne permettent que ceux qui n'ont pas le pouvoir d'offrir, donnent le corps de Jésus-Christ à ceux qui ont ce pouvoir. "

66. Le concile de Laodicée, canon 19 : " Après le sermon de l'évêque, on fera séparément les prières des catéchumènes. Quand ceux-ci seront sortis, on fera celles des pénitents ; et enfin, après que ceux-ci auront reçu l'imposition des mains, et qu'ils se seront retirés, on fera à trois reprises la prière des fidèles. Premièrement, on priera en silence ; les secondes et les troisièmes prières se prononceront à haute voix, et ensuite on donnera la paix. Quand les prêtres l'auront donnée à l'évêque, les laïques se la donneront. Après cela on consommera l'oblation, et on ne laissera approcher de l'autel pour communier que ceux qui sont du clergé. "

69. Le concile de Trente, session XXII, chap. 4 : " Comme sous l'ancien Testament, selon le témoignage de l'apôtre saint Paul, il n'y avait rien de parfait ni d'accompli à cause de la faiblesse et de l'impuissance du sacerdoce lévitique, il a fallu, Dieu le père des miséricordes l'ordonnant ainsi, qu'il s'élevât un autre prêtre selon l'ordre de Melchisédech, savoir Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui pût rendre accomplis et conduire à une parfaite justice tous ceux qui devaient être sanctifiés. Or, quoique Notre- p.398 fin p.399 début Seigneur Dieu dût une fois s'offrir lui-même à Dieu son Père, en mourant sur l'autel de la croix, pour y opérer la rédemption éternelle, néanmoins comme son sacerdoce ne devait pas être éteint par la mort, pour laisser à l'Eglise, sa chère épouse, un sacrifice visible tel que la nature des hommes le requérait, qui représentât le sacrifice sanglant qui devait s'accomplir une fois sur la croix, et qui en conservât la mémoire jusqu'à la fin des siècles en appliquant sa vertu si salutaire pour la rémission des péchés que nous pouvons commettre tous les jours ; dans la dernière cène la nuit même qu'il fut livré, se déclarant prêtre établi pour l'éternité selon l'ordre de Melchisédech, il offrit à Dieu le Père son corps et son sang, sous les espèces du pain et du vin, et sous ces même symboles les donna à prendre à ses apôtres, qu'il établissait dès-lors prêtres du nouveau Testament ; et par ces paroles : Faites ceci en mémoire de moi, il leur ordonna, à eux et à leurs successeurs dans le sacerdoce, de continuer à les offrir, ainsi que l'Eglise catholique l'a toujours entendu et enseigné. Car, après avoir célébré l'ancienne Pâque, que l'assemblée des enfants d'Israël immolait en mémoire de la sortie d’Egypte, il établit la Pâque nouvelle, se livrant lui-même pour être immolé par le ministère des prêtres au nom de l'Eglise, sous des signes visibles, en mémoire de son passage de ce monde à son Père, lorsqu'il nous racheta par l’effusion de son sang, nous arracha de la puissance des ténèbres et nous transféra dans son royaume. C'est cette offrande pure, qui ne peut être souillée par l'indignité ni par la malice de ceux qui l'offrent, que le Seigneur a prédit par Malachie, I, 1, devoir être offerte en tout lieu à l'honneur de son nom, devenu grand parmi les nations. C'est la même que l'apôtre saint Paul, écrivant aux Corinthiens, a marqué assez clairement quand il a dit : (I Cor., X, 21) : Que ceux qui sont souillés par leur participation à la table des démons ne peuvent participer à la table du Seigneur ; entendant par ce nom de table la même chose que l'autel. C'est elle enfin qui, sous la loi de nature et sous la loi écrite, était figurée et représentée par diverses sortes de sacrifices, en tant qu'elle renferme tous les biens qui n'étaient que signifié par tous ces sacrifices anciens, dont elle est la perfection et l'accomplissement. "

Ibidem, canon 1, du sacrifice de la messe : " Si quelqu'un dit qu'à la messe on n'offre pas à Dieu un sacrifice véritable et proprement dit, ou qu'offrir ne signifie autre chose que donner Jésus-Christ à manger aux fidèles qu'il soit anathème. "

p.399 fin p.400 début Ibidem, canon 2 : " Si quelqu'un dit que par ces paroles : Faites ceci en mémoire de moi (I Cor., XI ; Luc. XXII), Jésus-Christ n'a pas établi les apôtres prêtres ou n'a pas ordonné qu'eux et les autres prêtres offrissent son corps et son sang ; qu'il soit anathème. "

71. S. ALEXANDRE I, Epist. I ad omnes orthodoxos, c. 4 (C'est une fausse décrétale ; il en est de même des onze témoignages suivants) : " Dans les oblations qui se font au Seigneur aux messes qu'on célèbre, il faut rappeler la passion de Notre-Seigneur par l'offrande de son corps et de son sang, et n'offrir par conséquent dans le sacrifice, en répudiant toute opinion superstitieuse, que du pain et du vin mêlé d'eau. On ne doit pas en effet (et c'est ce que la tradition, d'accord avec la raison, nous enseigne) offrir seulement du vin ou seulement de l'eau dans le calice du Seigneur ; mais on doit offrir les deux mêlés l'un à l'autre, parce que nous lisons que les deux à la fois coulèrent de son côté à sa mort. La vérité elle-même nous dit d'offrir dans le sacrement le calice et le pain par ces paroles : Jésus prit le pain et le bénit, etc. "

72. S. TELESPHORE, pape et martyr, Epist. ad omnes episcopos, c. 2 : " On doit célébrer des messes dans la nuit de la nativité de Notre-Seigneur, et y chanter solennellement l'hymne angélique, parce que c'est en cette nuit que les anges firent aux bergers l'annonce qui nous est attestée par la Vérité même dans les termes suivants : Il y avait des bergers, etc. (Luc, II, 8). Dans les autres temps de l'année, les messes ne doivent pas être célébrées avant la troisième heure du jour, parce que c'est à cette heure que Notre-Seigneur a été crucifié et que le Saint-Esprit, comme il est marqué dans les livres saints (MARC, XV, 25 ; Act., II, 15), est descendu sur les apôtres. Quant aux évêques, ils doivent, selon les temps et les lieux, réciter le même hymne angélique avec solennité aux messes qu'ils peuvent célébrer. "

73. S. FELIX, pape et martyr, Epist. 2 ad episcopos

Galliæ : " Nous avons convoqué, pour tenir votre place, plus de soixante-dix de nos frères, évêques comme nous, pour examiner régulièrement et décider semble les points suivants. . . Nous avons statué dans ce concile, et nous vous ordonnons, à vous et à toute les églises de l'observer, que les messes se célèbrent sur les p.400 fin p.401 début tombeaux (super memorias) des martyrs, pour que leur mémoire soit perpétuée ainsi que leur culte. "

74. S. HYGIN, pape et martyr, cité par Gratien,

De consecratione, distinctione I : " On doit toujours célébrer la messe à la consécration de toute espèce de basiliques. . . . . "

75. S. SOTERE, pape et martyr, cité également par Gratien, De consecratione, distinctione I, c. ut illud : " Nous avons été d'avis, que lorsque des prêtres au temps où les messes doivent se dire, célèbrent les saints mystères, s'il survient un cas de maladie qui empêche de les achever, il doit être libre à l'évêque ou au prêtre ou à un autre, d'achever l'office commencé. " " Personne ne doit être assez téméraire pour dire la messe après avoir bu ou mangé si peu que ce soit. " " Nous avons aussi ordonné qu'aucun prêtre n'ose célébrer la messe autrement qu'en présence de deux assistants au moins qui lui répondent, etc. "

III Decretorum, c. 27 : " On doit toujours célébrer la messe à la consécration de toute espèce de basiliques. " C'est le même décret attribué tout-à-l'heure au pape saint Hygin.

77. S. FABIEN, pape et martyr, cité in Codice decretorum sexdecim librorum, lib. V, c. 9 : " Le sacrifice ne doit pas être reçu de la main d'un prêtre incapable d'accomplir avec les rites prescrits les oraisons, ou les actions, ou les autres parties de la messe. "

78. S. DAMASE, pape, in Pontificali, dit en parlant du pape saint Alexandre, martyr : " Celui-ci joignit la mention de la passion de Notre-Seigneur aux prières que les prêtres ont coutume de dire en célébrant la messe. "

79. Le même, en parlant de saint Sixte I : " Il statua qu'au moment où le prêtre commencerait l'action de la messe, le peuple se mettrait à chanter l'hymne Sanctus, Sanctus, Sanctus Domini, Deus Sabaoth, etc. "

80. Le même, en parlant de saint Télesphore

: " Il établit l'usage de célébrer la messe dans la nuit de la Nativité de Notre-Seigneur Jésus-Christ ; tandis qu'en tout autre temps de l'année on ne célébrera pas avant la troisième heure du jour, parce que c'est à cette heure que Notre-Seigneur est monté au Calvaire (ascendit in crucem); et aussi l'usage de dire l'hymne angélique Gloria in excelsis Deo, avant le sacrifice. " p.401 fin p.402 début

81. Le même, en parlant de saint Félix I

: " Il ordonna qu'on célébrât les messes sur les tombeaux ou les mémoires des martyrs. "

82. Le même, Epist. IV de chorepiscopis :

" Il ne leur est pas permis (aux chorévèques) de consacrer des prêtres, des diacres, des sous-diacres ou des vierges, ni d'ériger des autels, ni de faire des onctions ou des consécrations, etc., ni de réconcilier publiquement quelque pénitent que ce soit au milieu de la messe. "

Tous les livres