Grand Catéchisme (Somme de doctrine chrétienne) (page 72)
83. Le second concile de Carthage (Cf. LABBE, Conc., t. II, col. 1160, ad annum 390), canon 5 : Tous les évêques dirent : " Qu'il soit défendu aux prêtres de faire le chrême, de consacrer les vierges, et de réconcilier les pénitents dans l'assemblé ou la messe publique. "
84. Le concile d'Agde, c. 21 (Cf. LABBE, ibid., t. IV, col. 1386, ad annum 506) : " Si quelqu'un veut avoir un oratoire particulier dans sa terre, en dehors des paroisses où le peuple a coutume ou est obligé de s'assembler, nous lui permettons d'y faire dire la messe pour la commodité de sa famille à toutes les fêtes de l'année, excepté Pâque, Noël, l'Epiphanie, l'Ascension, la Pentecôte , la Nativité de saint Jean-Baptiste, et les autres jours solennels, où elle ne doit pas être dite ailleurs que dans les villes ou dans les paroisses. Les clercs qui, dans ces jours solennels, diraient la messe ou feraient l'office dans ces oratoires particuliers sans la permission de l'évêque seraient excommuniés. "
85. S. AMBROISE, Epist. XXXIII, ad Marcellinam sororem suam, de non tradenbis basilicis : " Le jour suivant, qui était un dimanche, après les leçons, le sermon fini, les catéchumènes congédiés, pendant que j'expliquais le symbole à quelques compétents réunis dans le baptistère à la basilique Porcienne, on vint me donner avis que l'on avait envoyé du palais des dizeniers qui déjà mettaient à l'église des tentures qu'ils avaient apportées, et que, sur le bruit qui s'en était répandu, une partie du peuple catholique s'y rendait pour s'opposer à leur dessein. Je n'interrompis point mon instruction, et je me disposai à célébré la messe. Tandis que j'offre le saint sacrifice, j'apprends que le peuple s'était saisi d'un certain Castulus, honoré par les ariens du titre de prêtre, qui passait sur la place dans le moment ; j'en fus touché jusqu'aux larmes, et continuant l'oblation, je suppliais le Seigneur de venir à mon secours, et de ne pas permettre qu'il y eût du sang répandu pour la cause de l'Eglise, ou que du moins il n'y en eût pas p.402 fin p.403 début d'autre que le mien, que j'étais prêt à verser pour le salut non-seulement du peuple fidèle, mais des impies eux-mêmes. Quoi de plus ? Je dépêchai des prêtres et des diacres, et par leur moyen je sauvai cet homme du péril qu'il courait. "
86. S. AUGUSTIN, Serm. 91 de tempore (Ce sermon n'est pas de saint Augustin. V. NAT. ALEX., Hist. eccles., t. V, p. 107, édit. de Mansi) : " Dans la lecture que nous allons faire à la messe, vous allez voir, nos très-chers frères que les enfants d'Israël après le passage de la mer Rouge arrivèrent à Mara, etc. "
87. Le même, Serm. 237 de tempore, c. 8 : " Après le sermon se fait le renvoi des catéchumènes (fit missa catechumenis). Les fidèles resteront ; on se rendra au lieu de la prière. Vous savez en quel lieu, et ce que nous disons à Dieu avant tout : Pardonnez-nous nos offenses, etc. "
88. Le même, Serm. 25 (Ce sermon n'est pas de saint Augustin. V. ibidem, p. 109), parlant de l'obligation de célébrer les jours de dimanche : " Que personne en ce jour ne se dispense d'assister aux messes qu'on célèbre ou ne se tienne chez soi en repos, tandis que les autres se rendent à l'église ou ne s'occupe à la chasse, et fasse l'œuvre du diable, en parcourant les champs et les bois, en faisant retentir l'air de ses cris ou de ses ris dissolus, au lieu de pousser du fond de son cœur des gémissements et des prières vers Dieu. Quelques autres, ce qui est encore plus détestable, restent à la porte de l'église au lieu d'y entrer, ne font point de prières, ne gardent point le silence pendant la célébration des messes ; mais tandis que dans l'église se font les saintes lectures, eux-mêmes se tiennent au dehors, soit pour plaider entre eux, soit pour se poursuivre mutuellement par des calomnies, soit pour perdre le temps à des jeux de hasard. Je vais encore vous dire un autre sujet de ma douleur : C'est qu'il y en a, et particulièrement parmi les puissants du siècle qui, lorsqu'ils viennent à l'église, ne se mettent point en peine de célébrer les louanges de Dieu, mais obligent au contraire le prêtre à abréger la messe, et à chanter à leur caprice, sans lui permettre de suivre les règle de 1'Eglise, à cause de leurs appétit gloutons ou des passions qui les dominent. "
89. Le concile de Milève (Cf. LABBE, Conc., t. II, col. 1540, ad annum 416), où se trouvait saint Augustin, a porté le canon suivant qui est le douzième : " Le concile a décrété que tous fassent usage des formules de prières ou d'oraisons p.403 fin p.404 début. ou de messes, ou de préfaces, ou de recommandations ou d'impositions de mains qui auront été approuvées par le concile ; et que personne n'introduise d'autres formules qui n'auraient pas été rédigées par des personnes sages, ou que le concile n'aurait pas approuvées, de peur que, par l'effet de l'ignorance ou de la précipitation il ne s'y mêle à des choses contraires à la foi. "
90. Le quatrième concile de Carthage, auquel assista encore saint Augustin, a dressé ainsi son canon 84 : " Que l'évêque n'empêche personne, soit païen, soit hérétique ou juif, d'entrer à l'église pour entendre la parole de Dieu, jusqu'à la messe des catéchumènes (C'est-à-dire jusqu'à ce qu'on renvoie les catéchumènes. Missa, renvoi ou congé). "
91. S. LEON-LE-GRAND, ad Dioscorum Alexandrinum Epist.
81 : " Pour que nos usages s'accordent en tout, nous voulons que toutes les fois que la solennité de la fête appelle un plus nombreux concours du peuple, et que la foule se trouve si grande que la même basilique ne puisse la contenir tout entière on réitère l'oblation du sacrifice, de peur que les derniers arrivés ne paraissent exclus d'y participer à la différence des premiers : car il est conforme à la raison aussi bien qu'à la piété que le sacrifice soit offert autant de fois que la basilique se trouve remplie par une nouvelle réunion de fidèles. Au contraire, une partie du peuple serait immanquablement privée de satisfaire sa dévotion, si la messe n'étant dite qu'une fois, il n'y avait à pouvoir offrir le sacrifice que ceux qui seraient arrivés dans la première partie de la journée. Nous recommandons en conséquence vivement à votre fraternité de vous conformer avec soin à la coutume que nous observons ainsi d'après la tradition de nos pères, afin que nous soyons en tout d'accord de conduite comme de croyance. "
92. Le même, ad episcopos Germaniæ et Galliæ
Epist. 88 : " Il n'est permis aux chorévèques et aux prêtres ni de réconcilier publiquement à la messe quelque pénitent que ce soit, ni d'adresser à qui que ce soit des lettres formées. "
93. Consulter sur les cérémonies de la messe saint Denis l'Aréopagite comme plus haut, témoignage 1. Beaucoup d'autres ont écrit aussi sur ces cérémonies ou ces rites, en particulier ceux qui ont composé des livres entiers sur les offices divins ou ecclésiastiques comme saint Isidore de Séville, Walfroy, abbé p.404 fin p.405 début de saint Gal, Alcuin, Amalaire, archevêque de Trèves, Angelome, Raban, archevêque de Mayence (de institutione clericorum), Remi d'Auxerre, Hérigère, abbé de Lobbe, Bernon, abbé d'Augy (de officio missæ), Bernold, prêtre de Constance, saint Ives de Chartres (in sermonibus de rebus ecclesiasticis), Hildebert du Mans, saint Anselme de Cantorbéry, saint Honoré d'Autun, Hugues de Saint-Victor, Rupert, abbé de Tuits, Innocent
III (in libris de officio missæ), Guillaume d'Auxerre , Jean
Beleth, saint Thomas d'Aquin (de expositione missæ, et Summ. Theol. (p. 3, qu. 83), Guillaume Durand, évêque de Mende, l'auteur du Micrologue, et beaucoup d'autres (parmi lesquels il est bon aujourd'hui de citer le cardinal Bona, le P. Lebrun, Gavanti, Baldeschi, etc.)
94. Le concile de Trente, session XXII, chapitre 5 : "
Or, la nature de l'homme étant telle, qu'il ne peut aisément et sans quelque secours extérieur s'élever à la méditation des choses divines, l'Eglise, comme une bonne mère a établi pour cette raison certains usages, comme de prononcer la messe des paroles à basse voix, d'autres d'un ton plus élevé, et elle a introduit des cérémonies comme les bénédictions mystiques, les luminaires, les encensements, les ornementations, et plusieurs autres choses semblables, conformément à la discipline et à la tradition des apôtres soit pour rendre plus recommandable la majesté d'un si grand sacrifice, soit aussi pour porter les fidèles par ces signes sensibles, si propres à éveiller les sentiments de religion et de piété, à s'élever à la contemplation des mystères sublimes renfermés dans ce sacrifice. "
95. Le même, même session, canon 7 : " Si quelqu'un dit que les cérémonies, les ornements et les signes extérieurs dont se sert l'Eglise catholique dans la célébration de la messe, sont plutôt des instruments ou des occasions d'impiétés que des actes de piété et de religion, qu'il soit anathème. "
96. S. CHRYSOSTOME, Hom. III in Epist. ad Ephesios
(Cf. Opera. S. Joannis Chrysostômi, tom. XI, pag. 22, édit. de Montfaucon ; pag. 25-26, édit. de Gaume) : " Dites-moi, voudriez-vous aller à l'oblation sans vous être lavé les mains ? Je ne saurais le penser ; mais vous aimeriez mieux ne point y aller du tout, que de le faire avec des mains souillées. Etant donc si scrupuleux dans les petites choses, comment osez-vous approcher et toucher même ces mystères avec une âme infectée de corruption ? Et cependant la sainte victime n'est p.405 fin p.406 début qu'un instant dans vos mains, au lieu qu'elle passe tout entière dans la substance de votre âme. Voyez-vous ces vases si propres, si luisants ? Eh bien, il faut que nos âmes soient plus pures que tout cela, plus éclatantes de propreté ou de sainteté. Pourquoi ? Parce que ces vases eux-mêmes n'existent que pour notre service. Ce ne sont pas ces vases qui participent à ce qu'ils contiennent ; ils n'en ont pas le sentiment : vous, au contraire, et vous y participez, et vous en avez la conscience. Mais vous ne voudriez pas vous servir d'un vase mal propre, et vous osez approcher avec une âme impure ? Voyez quelle contradiction, quelle anomalie ! " On retrouve la même pensée dans l'homélie au peuple d'Antioche (ou 82 sur S. Matthieu).
97. Le même, Hom. XIV in Epist. ad Ephesios
(Cf. Opera. S. Joan. Chrysost., tom. XI, p.108, édit. de Montfaucon ; p.124, édit. de Gaume) : " Admis dans la société des chérubins auprès du trône de notre souverain roi, c'est en ce moment-là même que vous insultez votre frère. Ne voyez-vous pas ces vases sacrés servent-ils à autre chose ? quelqu'un oserait-il les faire servir à autre chose qu'aux saints mystères ? Or, sachez que vous êtes quelque chose de plus sacré, et beaucoup plus sacré que ces vases ? Pourquoi donc vous souiller et vous déshonorer vous-même ? "
98. PRUDENCE, ???? ????????, hymn. 2; le pr?fet y parle ainsi à Laurent : " On nous a rapporté qu'une coutume passée en loi dans vos orgies, c'est que vos pontifes fassent leurs libations dans des vases d'or ; qu'un sang sacré y écume dans des coupes d'argent, et que des cierges portés sur des chandeliers d'or éclairent les sacrifices que vous célébrez ainsi pendant la nuit. " A quoi le saint martyr répond : " J'en conviens, notre Eglise est riche, elle possède beaucoup d'or et de choses de prix, et rien au monde ne la surpasse en richesses. L'empereur lui-même, tout maître qu'il est du Capitole, et quoique son nom se trouve gravé sur toutes les pièces de monnaie, ne possède pas autant de vaisseaux d'argent chargés d'emblèmes. " p.406 fin p.407 début
99. OPTAT de Milève, contra Donatistas, lib.
VI : " S'il fallait renverser les autels, il ne fallait pas les briser pour cela ; s'il fallait les briser, qu'était-il besoin de les racler ? Quelle est cette sagesse nouvelle et insensée de chercher à renouveler, en les ratissant, ces ustensiles sacrés et les dépouiller pour ainsi dire de leur peau, dans l'espérance de les voir revêtir une peau nouvelle, tandis qu'au contraire, si vous pouvez les diminuer de volume, vous ne pouvez pas les faire changer de nature ? Raclez et ratissez tant qu'il vous plaira ; vous y retrouverez toujours ce qui fait l'objet de vos fureurs. Si votre passion contre nous vous fait trouver immondes les mystères que nous célébrons au nom de Dieu, comment pouvez-vous ignorer que, pour célébrer ces mystères nous étendons des linges sur le bois dont sont construits nos autels, et qu'ainsi ce n'est pas le bois, mais le linge seul qui touche à nos saints mystères ? Que si leur contact suffit seul pour pénétrer toute l'épaisseur du linge, il pénètre par la même raison toute l'épaisseur du bois. S'il peut pénétrer le bois, il pénétrera aussi la terre. Si vous ratissez le bois, ratissez donc aussi ou bêchez la terre qui le porte. Pratiquez-y une large fosse, pour arriver à cette pureté qui fait votre ambition. Mais prenez garde toutefois de tomber dans les enfers, et d'y trouver Coré, Dathan et Abiron, ces premiers schismatiques, c'est-à-dire vos maîtres. C'est donc un fait certain que vous avez brisé et ratissé nos autels. D'où vient que tout-à-coup votre fureur sur ce point s'est ralentie ? Car nous voyons que vous avez ensuite changé d'avis, et que vous ne brisez plus les autels, mais que vous vous contentez de les ratisser ou de les déplacer. Si ceci était suffisant, vous jugez donc que ce que vous avez fait d'abord, vous ne deviez pas le faire. Et pourtant vous avez porté cet attentat à un degré plus monstrueux encore en brisant même les calices tout imbibés encore du sang de Jésus-Christ ; " et le reste comme à la question IV, témoignage 47, page 298.
100 S. JEROME, Epist. ad Theophilum Alexandrinum ante libros Paschales : " Nous avons admiré dans votre ouvrage l'utilité qu'en retireront les Eglises ; instruit, si on ne l'était pas encore, par le témoignage des Ecritures sacrées, on saura désormais avec quel respect on doit recevoir les choses saintes, et servir au ministère des autels de Jésus-Christ ; on verra dans les vases sacrés, dans les linges et les autres choses employées au saint sacrifice, non des objets privés de sainteté comme de sentiment, p.407 fin p.408 début mais des objets qui, par leur rapport avec le corps et le sang d'un Dieu, méritent notre vénération comme ce corps et ce sang lui-même. "
101. S. CYRILLE de Jérusalem, Catechesi V mystagogicâ
: " Vous avez vu le diacre présenter de l'eau à l'évêque pour qu'il se lave les mains, etc. Longtemps après, le diacre s'écrie : Embrassez-vous et donnez-vous le baiser ; et alors nous nous donnons tous ensemble le baiser de paix. Puis 1'évêque s'écrie : Elevez vos cœurs en haut. Vous répondez : Nous les tenons élevés vers le Seigneur. L’évêque dit ensuite : Rendons grâces au Seigneur. Vous répondez : Cela est convenable et juste. Nous faisons ensuite mention du ciel, de la terre et de la mer, du soleil et de la lune, des astres et de toutes les créatures, tant raisonnables que privées de raison ; tant de celles que nous voyons, que de celles qui ne peuvent tomber sous nos yeux ; des anges, des archanges, des vertus, des dominations, des principauté, des puissances, des trônes et des chérubins, qui couvrent leurs faces de leurs ailes, comme pour leur dire avec David : Glorifiez le Seigneur avec moi. Nous rappelons aussi ces chérubins que la lumière de l'Esprit-Saint renait visibles à Isaïe qui environnaient le trône de Dieu, qui se couvraient la face de deux de leurs ailes et disaient : Saint, saint, saint est le Seigneur le Dieu des armées. Car si nous récitons cette prière séraphique qui nous a été enseignée par nos anciens, c'est pour entrer en communion par cette sublime mélodie avec la troupe entière des célestes esprits ; et sanctifiant nos pensées par de tels hymnes, nous prions le Dieu de toute bonté de faire descendre son Esprit-Saint sur les choses offertes, pour faire du pain le corps de Jésus-Christ, et du vin son sang. Car une fois pénétrées la vertu de l'Esprit-Saint, ces choses deviennent saintes et toutes transsubstantiés (transmutatur). Ensuite, lorsque le sacrifice spirituel est consommé et que l'oblation non-sanglante de la victime de propitiation est achevée, nous prions Dieu pour la paix de l'Eglise entière, pour la tranquillité du monde, pour les rois, pour les gens de guerre, pour nos amis, pour les malades et les affligés, et en général pour tous ceux qui ont besoin de secours. Or, c'est le cas où nous nous trouvons tous. Dans ce sacrifice que nous offrons, nous faisons aussi mémoire de ceux qui sont morts avant nous : premièrement des patriarches, des prophètes, des apôtres, des martyrs, afin que Dieu reçoive nos prière en ayant égard à leur intercession ; puis, pour les saints pères et évêque décédés.
p.408 fin p.409 début Enfin, nous prions pour tous ceux qui nous ont été enlevés par la mort, persuadés que nous sommes que leurs âmes reçoivent un très-grand soulagement de ce sacrifice saint et redoutable que nous offrons pour elles sur nos autels. Et c'est ce que nous voulons vous prouver par un exemple. Car nous savons qu'il y en a beaucoup qui disent : De quoi peut servir à une âme qui sort de ce monde en état de péché qu'on fasse mention d'elle dans ce sacrifice ? Mais si un roi, offensé par quelques-uns de ses sujets, les avait frappés d'exil, et qu'ensuite les proches de ces derniers, après avoir tressé une couronne de leurs mains, la lui offrissent pour en obtenir leur grâce, n'est-il pas vrai qu'il leur ferait quelque remise de la peine à laquelle il les aurait condamnés ? C'est ainsi qu'en priant pour les défunts qui peuvent être en état de péché, nous ne tressons pas à la vérité une couronne, mais nous offrons Jésus-Christ immolé pour nos péchés, pour rendre la souveraine bonté propice à eux comme à nous. Puis vous dites cette prière que le Sauveur a enseignée à ses disciples, en appelant Dieu notre père avec une conscience pure, et lui disant : Notre Père qui êtes aux cieux, etc. Après cela, l'évêque dit : Les choses saintes pour les saints. Vous répondez alors : Un seul est saint, un seul qui est Notre-Seigneur Jésus-Christ. Vous avez entendu enfin le ministre vous répéter cette divine mélodie par laquelle il vous a exhortés à prendre part aux saints mystères, en vous disant : Goûtez et voyez, que le Christ est le Seigneur, etc. "
102. S. CLEMENT, pape et martyr, Epist. II ad fratrem
Domini (Cette lettre n’est pas de saint Clément) : " Voici la règle à tenir par rapport aux vases sacrés : les couvertures de l'autel, la chaire, les chandeliers, les voiles, quand ils sont usés de vétusté, doivent être détruits par le feu : car il n'est pas permis de faire un usage profane de ce qui a été employé au sanctuaire, mais on doit plutôt le brûler.
Les cendres de ces objets doivent être jetées dans le baptistère, afin de n'être foulées aux pieds par personne ou d'être ramassées dans un trou de muraille ou dans quelque fosse pratiquée dans ce dessein. Qu'aucun clerc, par un excès d'ignorance, ne s'ingère d'ensevelir un mort, pas plus qu'un diacre de couvrir ses épaules avec ce qui aura servi à couvrir l'autel, ou qui aura été donné pour le banquet divin. Le diacre qui aurait commis cet attentat, ou qui aurait traité sans respect et avec négligence les saints mys- p.409 fin p.410 début tères, serait éloigné de l'autel et frappé d’anathème pendant trois ans et demi. Si un prêtre néglige d'avertir un clerc, il demeurera excommunié dix ans et cinq mois, pour n'avoir pas instruit ses subordonnés au sujet de l'auguste sacrement, et ce ne sera qu’après ce temps qu'il obtiendra à force de soumission d'être réconcilié à l’Eglise. Les couvertures (palla) et les voiles employés au sanctuaire, qui seront devenus sales, devront être lavés près du lieu saint par un diacre aidé de ministres inférieurs sans être porté hors de ce lieu même, de peur que quelque parcelle du divin sacrement venant à s'en détacher, ne tombe dans un lieu profane ; ce qui ne pourrait arriver sans péché pour celui qui en serait cause : c'est pourquoi nous ordonnons aux ministres de se conformer à cette règle avec beaucoup de soin et d'exactitude. On doit se procurer un bassin tout neuf, qui ne soit pas employé à d'autres usages, et on n'y lavera que ce qui aura servi à l'autel. Les rideaux tenus aux portes de l'Eglise ne devront pas être lavés dans ce bassin, mais dans un autre. C'est aux portiers, comme nous l'ont appris les anciens, à prendre soin de ces rideaux, et à veiller à ce que personne, par mépris ou par ignorance, n'ait à témérité d'y essuyer ses mains, comme à reprendre sur-le-champ ceux qui s'en rendraient coupables, afin que tout le monde sache que le rideau qui forme la galerie de la maison du Seigneur est quelque chose de saint. "
103. Le vénérable Bède, Hist.
anglic., lib. I, c. 29 : " En outre, le même pape Grégoire, touché de la plainte que lui avait adressée l'évêque Augustin, de trouver dans ce pays (l'Angleterre) une abondante moisson, mais avec peu d’ouvriers, lui envoya, avec les premiers dont j'ai parlé plusieurs coopérateurs ou ministres de la parole, à la tête desquels il Mellit, Just, Paulin, Rufinien, et qu'il chargea en même temps de lui porter tous les ustensiles nécessaires au culte et au ministère de l'église tel que des vases sacrés, des parements d'autels ; comme aussi ce qui sert à orner les églises, les vêtements propres aux prêtres ou aux clercs, des reliques des saints apôtres et martyrs, enfin beaucoup de livres. Il lui écrivit en même temps pour l'informer qu'il lui avait accordé le pallium, et l'instruire de la manière dont il devait s'y prendre pour établir des évêques dans la Bretagne. "
104. S. CYPRIEN, Ad clerum et plebem Furnitanorum,
Epist. 66, al. 65 : " C'est en méditant ces religieuses pensées et par l'effet d'une salutaire prévoyance, que les évêques nos prédécesseurs p.410 fin p.411 début ont défendu à tout chrétien mourant d'appeler aucun ecclésiastique aux fonctions de tuteur ou de curateur, voulant, s'il contrevenait à cette sage disposition, qu'il ne fût point recommandé à l'autel, et que le sacrifice ne fût pas offert pour le repos de son âme. Pourquoi nommer à l'autel de Dieu, dans les prières du prêtre, celui qui a voulu détourner le prêtre du service de l'autel ? " En conséquence, puisque Victor, au mépris de la défense renouvelée dernièrement dans un concile, n'a pas craint de nommer tuteur le prêtre Geminius Faustinus, il n'y a lieu de faire aucune oblation pour son âme, et son nom ne sera prononcé dans aucune prière de l'Eglise. Nous entendons par là nous conformer au vénérable et saint décret que nos devanciers ont jugé indispensable. Nous espérons ensuite qu'il en sortira pour les autres L’avertissement de ne pas jeter de nouveau dans les embarras du siècle les ministres de l'autel. Le moyen le plus sûr d'arrêter ce désordre à l'avenir, c'est de le châtier dans les coupables. "
105. S. CHRYSOSTOME, Hom. XLI in Epist. I ad Corinthios
(Cf. Opera. S. Joan. Chrys., tom. X, p.392-393, édit. de Montfaucon ; p. 457-458, édit. de Gaume) : " Si quelqu'un meurt même en état de péché, vous devez vous réjouir de ce que le cours de ses péchés est arrêté et de ce qu'il ne pourra plus en ajouter de nouveaux , et l'aider en même temps autant que vous le pouvez, non par vos larmes, mais par des prières, des supplications, des aumônes et des oblations. Car ce n'est pas en vain que ces choses ont été établies et que nous faisons mémoire des morts dans les divins mystères, en suppliant pour eux l'agneau qui s'y offre et qui s'est chargé des péchés du monde ; mais c'est afin qu'il leur en revienne quelque consolation ; et ce n'est pas non plus en vain que celui qui est à l'autel s'écrie en célébrant les mystères redoutables : Pour tous ceux qui se sont endormis en Jésus-Christ, et pour ceux qui célèbrent leur mémoire. Car ces paroles ne seraient pas prononcées si elles n'avaient pas pour objet de soulager les morts. A Dieu ne plaise en effet que ce que nous faisons soit une comédie lorsque c'est au contraire l'effet de la volonté de l'Esprit-Saint. Empressons-nous donc de soulager les morts, en célébrant ainsi leur mémoire.
Car si les enfants de Job se trouvaient purifiés par les sacrifices qu'offrait pour eux leur père, comment douter qu'il revienne quelque consolation aux morts eux-mêmes des sacrifices que nous offrons pour eux ? Et c'est ce qui nous est indiqué par ces paroles de p.411 fin p.412 début saint Paul (II Cor., I, 11) : Afin que la grâce que nous avons reçue en considération de plusieurs personnes, soit aussi reconnue par les actions de grâces que plusieurs en rendront pour nous. Ne nous lassons pas de secourir les défunts et d'offrir pour eux des prières ; car nous avons ici de quoi expier les péchés de tout l'univers. C'est pour cela qu'en célébrant nos mystères nous prions avec confiance pour le monde entier, en mêlant leurs noms à ceux des martyrs, des confesseurs et des prêtres. Car nous formons tous ensemble un même corps, quoique dans ce corps il se trouve des membres plus nobles que d'autres ; et nous pouvons obtenir miséricorde pour ces derniers par nos prières, par nos offrandes, par l'invocation de ceux dont nous mêlons les noms aux leurs. Pourquoi donc vous affliger et vous lamenter, tandis que vous pouvez procurer tant de grâces à ceux que vous avez perdus ? "
106. Le même, Hom. XXI in Acta apostolorum
(Cf. Opera. S. Joan. Chrysost., tom. IX, p.175-176, édit.
de Montfaucon ; p.188, édit. de Gaume) : " Ce n'est pas vainement que se font pour les morts des oblations, des supplications, des aumônes : tout cela a été établi par l'Esprit-Saint qui veut que nous nous aidions les uns les autres. Voyez en effet : ce mort est aidé par vous ; et vous, vous vous trouvez aidé à cause de lui : vous avez fait un généreux mépris de vos richesses, en vous portant à tel acte de miséricorde ; et en même temps que vous procurez ainsi le salut à votre prochain, il vous procure, lui, la bonne occasion de faire l'aumône. Ne doutez pas qu'il ne lui en revienne quelque avantage. Ce n'est pas vainement que le diacre s'écrie : Pour ceux qui se sont endormis en Jésus-Christ, et pour ceux qui célèbrent leur mémoire ; ce n'est pas simplement le diacre qui fait entendre ces paroles, mais c'est l’Esprit-Saint, et par l'Esprit-Saint j'entends son inspiration. Qu'avez-vous à dire ? La victime est entre nos mains, tout est préparé, tout est là sur l'autel ; là sont présent les anges, les archanges ; là est présent le Fils de Dieu ; tous les assistants se tiennent dans une crainte religieuse : au milieu du silence général s'élève cette voix imposante des diacres ; et vous pensez que tout cela se fait sans aucun but ? Ainsi donc seraient inutiles aussi les oblations qui se font pour l’Eglise, pour les prêtres pour tous les fidèles ? A Dieu ne plaise ; mais tout cela se fait avec la certitude d'obtenir des grâces. "
107. S. JEAN-DAMASCENE, dans son discours qui a pour titre, p.412 fin p.413 début que ceux qui sont morts dans la foi sont aidés par les messes et les bonnes œuvres des vivants : " Les disciples et les témoins des actions du Verbe, et à qui nous devons la conversion du monde entier, les apôtres du Sauveur enfin, sont ceux-là mêmes qui ont établi qu'on ferait mémoire des fidèles morts en célébrant les redoutables et divins mystères.
Usage que l'Eglise catholique et apostolique a constamment retenu depuis lors jusqu’à ce jour, et qu'elle continuera à retenir de même jusqu’à la fin du monde. Et ce n'est pas sans raison, sans but ou sans motif que cet usage a été établi.
On ne peut pas considérer comme inutile ce que recommande et ce que continue à maintenir une religion qui, comme la nôtre est exempte de toute erreur : au contraire, tout dans cette religion est utile, est agréable à Dieu, et peut devenir pour ceux qui l'observent un moyen de salut. . . . . Bien plus, le grand Athanase, dans ce beau discours qu'il a prononcé sur les morts, s'est exprimé en ces termes : Quand même celui qui est mort dans des sentiments de piété serait placé dans l'air, vous ne devriez pas moins implorer la bonté de Dieu en sa faveur et faire brûler l'huile et la cire à son tombeau. Car ces choses sont agréables à Dieu, et nous obtiennent de lui des grâces considérables.
L'huile et la cire en effet sont offertes en guise d'holocauste, et le sacrifice non-sanglant a la vertu d'apaiser la justice divine. Enfin la bienfaisance envers les pauvres a pour effet d'accroître nos mérites. C'est pourquoi celui qui fait des oblations pour les défuntes, etc. Car les apôtres chargés de nous annoncer les vérités divines, nos pères et nos maîtres, inspirés qu'ils étaient par l'Esprit de Dieu, et qui élevés par la grâce au-dessus d'eux-mêmes, ont participé dans un degré plus ou moins élevé à la puissance divine, sont ceux-là même qui, pour plaire davantage à Dieu, ont établi et sanctionné ces usages de célébrer des messes et des anniversaires, de faire des prières et de chanter des psaumes en mémoire de ceux qui nous ont été enlevés par la mort. Et tout cela, grâces à Dieu, n'a cessé de se pratiquer de plus en plus jusqu’à ce jour de l'orient au couchant et du nord au midi, pour l'honneur et la gloire de ce grand Dieu qui exerce un empire souverain sur les rois eux-mêmes. "
108. S. AUGUSTIN, De curâ pro mortuis gerendâ, c. 1 : " Nous lisons dans les livres des Machabées qu'un sacrifice fut offert pour les morts. Mais quand même nous n'en lirions rien dans les anciennes Ecritures, nous n'en aurions pas moins à nous soumettre à l'autorité de l'Eglise universelle, qui recommande p.413 fin p.414 début clairement cet usage, puisque, parmi les prières que le prêtre fait à l'autel, se trouve aussi la commémoration des morts. "
109. Le même, De verbis Apostoli, Serm. 32, al. 34, c. 1 : " La pompe des funérailles, le nombre de ceux qui y assistent, la magnificence qu'on, déploie, les riches décorations des tombeaux, sont des consolations pour les vivants, plutôt que des soulagements pour les morts. " Ibidem, c. 2 : " Mais quant aux prières que fait l'église, au sacrifice salutaire qui est offert, et aux aumônes qu'on distribue pour leurs âmes, ne doutons pas qu'elles n'en reçoivent du soulagement, et que Dieu ne soit engagé par là à les traiter avec plus d'indulgence qu'elles ne le méritent pour leurs péchés. Car cet usage qui nous vient de nos pères, l'Eglise l'observe en tous lieux, en priant dans le sacrifice même à l'endroit marqué pour la commémoration des morts, et en témoignant qu'elle fait cette commémoration pour ceux qui sont morts dans la communion du corps et du sang de Jésus-Christ. Et lorsque l'on se porte à faire des œuvres de miséricorde pour ces mêmes âmes, qui doute qu'elles n'en soient soulagées, puisque ce n'est pas sans fruit que des prières sont offertes à Dieu pour elles ? "
110. Le même, Confessions, liv. IX, ch. 11
: " (Monique) s'adressant à tous deux (à ses deux fils) : Laissez, dit-elle, ce corps partout où vous voudrez, et qu'un tel soin ne vous trouble pas. Ce que je vous demande seulement, c'est de vous souvenir de moi à l'autel du Seigneur, partout où vous serez. "
111. Même livre, ch. 12, saint Augustin dit en parlant toujours de sa mère : " Le corps porté à l'église, j'y vais, j'en reviens, sans une larme, pas même ces prières que nous répandîmes au moment où l'on offrit pour elle le sacrifice de notre rédemption, alors que le cadavre est déjà penché sur le bord de la fosse où on va le descendre ; à ces prières mêmes, pas une larme ; mais, tout le jour, ma tristesse fut secrète et profonde. "