Grand Catéchisme (Somme de doctrine chrétienne) (page 73)

Pierre Canisius · Doctrine

Texte français, domaine public · Source : jesusmarie.free.fr — Grand Catéchisme, trad. Peltier, tomes 1 à 6 · 205 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

112. Même livre, ch. 13 : " Aux approches du jour de sa dissolution, elle ne songea pas à faire somptueusement ensevelir, embaumer son corps ; elle ne souhaita point un monument particulier ; elle se soucia peu de reposer au pays de ses pères ; non, ce n'est pas là ce qu'elle nous recommanda ; elle exprima ce seul vœu que l'on fit mémoire d'elle à votre autel : elle n'avait passé aucun jour de sa vie sans assister aux mystères qu'on y célèbre. Elle savait bien que là se trouve dispensé la sainte victime par qui a été effacé la cédule qui nous était contraire, et par laquelle aussi a été vaincu l'ennemi qui dans la supputation qu'il fait de p.414 fin p.415 début nos fautes, avide qu'il est de nous trouver en défaut ne trouve rien à redire en l'auteur de notre victoire (Cf. Les Confessions de saint Augustin, trad. par L. Moreau). "

LXXV (Cf. S. Epiphanii opera, t. 1, p.908-911) : " Ensuite, dit

Aërius, pourquoi faites-vous mention des morts lorsqu'ils ne sont plus ? Car qu'un vivant prie, ou qu'il fasse une œuvre de religion ou de charité, en quoi cela peut-il servir à un mort ? Mais si les prières des fidèles vivants sont de quelque utilité pour les morts, que personne donc ne se mette plus en peine de pratiquer la piété ou de faire des bonnes œuvres ; mais qu'on ne songe plus qu’à se faire d'eux des sortes d'amis par des présents par des recommandations faites au lit de la mort, afin que ceux-ci prient pour nous, et qu'ainsi nous soyons exempts de rien souffrir dans l'autre monde, et que nos péchés ne nous y soient pas reprochés sans miséricorde. " Saint Epiphane répond : " Eh ! quoi de plus utile, que de faire commémoraison des morts ? Quoi de plus avantageux comme de plus digne de louanges ? Par là nous témoignons, et nous proclamons ce dogme si conforme à la piété, que ceux mêmes qui sont morts n'en sont pas moins vivants ; qu'ils ne sont pas anéantis mais qu'ils sont vivants devant Dieu ; et qu'en priant pour nos frères, passés ainsi à un autre état d'existence, nous ne sommes pas sans espérance d'obtenir leur soulagement. Quand même les prières que nous faisons pour eux n'effaceraient pas leurs fautes entières, elles ne seraient pas pour cela inutiles. Mais comme, tant que nous sommes ici-bas, nous sommes sujets à nous tromper, soit qu'il y ait de notre faute, soit sans faute de notre part, pour ne manquer en rien autant que possible, nous faisons mémoire tant des justes que des pécheurs : des pécheurs pour qui nous implorons la miséricorde de Dieu ; et des justes, que nous rangeons parmi les saints pères, les patriarches, les prophètes, les apôtres, les évangélistes, les martyrs et les confesseurs, les évêques et les anachorètes, tous les ordres enfin, en réservant l'adoration et l'honneur suprême à Notre-Seigneur Jésus-Christ attendu qu'il n'est pas un pur homme comme les autres, et qu'aucun homme ne peut être mis en comparaison avec lui, quand même on supposerait qu'il aurait acquis des milliers et des milliers de degré de justice et de sainteté. . . Pour revenir à mon sujet, l'Eglise observe en cela la tradition qu'elle a reçu des Pères. Or, qui oserait violer le com- p.415 fin p.416 début mandement d'un père ou d'une mère ? Ecoutez ce que dit Salomon (Prov., I, 8) : Ecoutez, mon fils, les instructions de votre père et n'abandonnez point la loi de votre mère ; indiquant par ces mots les enseignements que nous a donnés par écrit, ou sans écrit, notre Père qui est Dieu, dans l'union du Fils et du Saint-Esprit, et les préceptes aussi de notre mère qui est l'Eglise, préceptes qu'aucun n'a le droit de nous dispenser d'observer. Puis donc que 1’Eglise a établi des règlements, que ces règlement sont justes, et que nous n'avons rien à y reprendre, cela seul suffit encore pour réfuter notre séducteur. Mais laissons ce scarabée, ce vil insecte, que nous venons d'écraser sous le poids de l'autorité de l'Eglise et par la puissance de Dieu même ; et aidés du secours divin, essayons de réfuter à leur tour les autres hérésies "

114. S. CYPRIEN, ou l’auteur de l'opuscule intitulé

Serm. De cœnâ Domini : " Depuis que le Seigneur a dit : Faites ceci en mémoire de moi, ceci est ma chair, ceci est mon sang, toutes les fois que nous répétons avec foi ces mêmes paroles, ce pain substantiel et ce calice consacré par une bénédiction solennelle procurent la vie et le salut à l'homme qui les reçoit et qui ne les offre pas seulement comme un holocauste, mais qui, trouve aussi le remède à ses infirmités et le pardon de ses péchés. "

115. La liturgie dite de saint Jacques : " Sanctifiez nos âmes, nos corps et nos esprits, tournez nos pensées vers la piété afin que nous vous offrions avec une conscience pure nos dons, nos présents, les prémices de nos fruits, pour que les péchés que nous avons commis soient effacés, et que vous soyez propice à tout votre peuple. . . . . afin qu'au moyen de ce divin sacrifice qui ne peut manquer de vous être agréable, vous nous admettiez à la vie éternelle. . . Ne nous rejetez pas, tout pécheur que nous sommes, qui osons vous offrir ce sacrifice auguste et non-sanglant. Nous supplions et nous implorons votre bonté, afin que ce mystère qui a été établi pour notre salut ne tourne pas à la condamnation du peuple, mais qu'il serve plutôt à effacer nos péchés et à purifier nos corps et nos âmes, etc. En nous permettant de nous approcher de votre saint autel, rendez-nous dignes par votre miséricorde infinie de vous offrir ces présents et ce sacrifice, pour nous et pour les péchés que le peuple a commis par ignorance ; faites, Seigneur, que nous vous offrions avec une crainte respectueuse et avec une conscience pure ce sacrifice spirituel et non-sanglant, et quand vous l'aurez accueilli favorablement sur votre autel invisible, élevé au-dessus des cieux, envoyez-nous en p.416 fin p.417début retour la grâce de votre Esprit-Saint. O Dieu, jetez un regard sur nous, et acceptez ce témoignage de notre culte spirituel, comme vous avez accepté les dons d'Abel, les sacrifices de Noé, ceux de Moïse et d'Aaron, les hosties pacifiques de Samuel, la pénitence de David, l'encens de Zacharie ; et de même que vous avez reçu des mains de vos apôtres ce culte véritable, soyez assez bon pour recevoir aussi des nôtres tout pécheurs que nous sommes, ces dons déposés sous vos yeux ; faites en même temps que notre offrande vous soit agréable, étant sanctifiée par l'Esprit-Saint, et qu'elle serve à nous obtenir le pardon de nos péchés ainsi que des péchés du peuple commis par ignorance, et le repos des âmes de ceux qui sont morts avant nous, afin que trouvés dignes, tout pécheurs, tout abjects, tout indignes que nous sommes, de servir à votre saint autel, nous obtenions la récompense promise aux dispensateurs fidèles et prudents, et que nous trouvions grâce et miséricorde dans ce jour redoutable où vous rendrez à chacun selon ses œuvres. . . . . Ayez pitié de nous, puisque ce n'est qu'avec crainte et tremblement que nous approchons de votre saint autel, et que nous vous offrons ce sacrifice auguste et non-sanglant pour nos péchés et pour ceux que le peuple a commis par ignorance. "

116. S. BASILE-LE-GRAND , dans sa liturgie : " Faites,

Seigneur, que le sacrifice que nous offrons pour obtenir le pardon de tous nos péchés, ainsi que de l'ignorance de votre peuple, soit trouvé digne d'être reçu et admis en votre présence. . . Permettez-nous, selon toute l'étendu de votre miséricorde, d'approcher de votre saint autel, et rendez-nous dignes de vous offrir ce sacrifice spirituel et non-sanglant pour nos péchés et pour toutes les ignorances du peuple. "

117. S. CHRYSOSTOME, dans sa liturgie (Cf. Opera. S.

Joan. Chrys., tom. XII, p.786-793, édit. de Montfaucon ; p.1023-1030, édit. de Gaume) : " Rendez-nous dignes de vous offrir nos prières nos supplications et nos sacrifices non-sanglants pour tout votre peuple. . . Vous servir, c'est une fonction grande et redoutable pour les puissances même célestes. Mais cependant par votre bonté ineffable et sans mesure vous vous êtes fait homme sans changer pour cela votre nature divine, vous avez pris le nom de notre pontife, et en votre qualité de souverain maître de toutes choses, vous nous avez confié le ministère de ce sacrifice solennel et non-sanglant. . . . Jetez un regard sur moi, qui ne suis qu'un pécheur et un p.417 fin p.418 début serviteur inutile. . ., et rendez-moi digne de servir à votre table sainte, et de consacrer votre corps saint et immaculé et votre précieux sang. . . Car c'est vous qui offrez, comme c'est vous qui êtes offert, qui recevez et qui donnez en même temps, ô Christ notre Dieu. . . Seigneur Dieu tout-puissant, vous le seul saint, qui avez pour agréable le sacrifice de louanges de ceux qui vous invoquent de tout leur cœur, recevez notre prière, tout pécheur que nous sommes, faites-la monter à votre saint autel, et rendez-nous propres à vous offrir des présent et des sacrifices spirituels pour nos péchés, et pour les ignorances du peuple ; et rendez-nous dignes de trouver grâce devant vous, en sorte que notre sacrifice vous soit agréable, que votre Esprit-Saint répande sa grâce sur nous, sur ces dons et sur tout votre peuple. . . . Nous vous offrons encore ce sacrifice spirituel pour le monde entier, pour la sainte Eglise catholique et apostolique, pour ceux qui mènent une vie pure et sainte, pour nos empereurs très-attachés à votre foi et à votre Christ, pour toutes les personnes qui composent leur cour et pour toute leur armée. "

119. S. JEROME, in caput I Epist. ad Titum : "

Que doit-on penser de l'évêque, qui est chargé d'offrir tous les jours à Dieu des victimes sans tache pour ses péchés et ceux du peuple ? "

120. S. AMBROISE, Lib. 1 Officiorum, c. 48 : "

L'ombre se voyait dans la loi, l'image se voit dans l’Evangile, la vérité se verra dans le ciel. Auparavant on offrait des agneaux et d'autres animaux ; maintenant c'est le Christ qui est offert ; mais il est offert comme homme, comme se soumettant à son sacrifice ; et il s'offre lui-même comme prêtre afin de nous remettre nos péchés. Mais ce n'est encore là que l'image ; la vérité est dans les cieux, où il intercède pour nous comme notre avocat auprès de son père. Ici donc l'image, l'image partout, et nous ne voyons que sous forme d'image ; là-haut seulement, où tout sera amené à sa perfection, nous verrons face à face, parce que la perfection c'est la vérité. "

121. Le même, in ps. XXXVIII : " Nous avons vu le pontife par excellence descendre parmi nous, nous l'avons vu et entendu offrir pour nous son sang : suivons-le selon nos forces, nous autres prêtres, afin d'offrir le sacrifice pour le peuple. Quelque faibles de mérites que nous soyons, le sacrifice que nous offrons n’en est pas moins auguste ; quoique Jésus-Christ ne paraisse p.418 fin p.419 début pas, c'est lui néanmoins qui s’offre, quand nous offrons son corps. Disons plus, c'est lui-même qui offre en notre personne, puisque c'est sa parole qui sanctifie le sacrifice que nous offrons. "

122. S. ALEXANDRE I, pape et martyr, Epist. I ad omnes orthodoxos, c. 4. (Cette décrétale est supposée, ainsi que la suivante) ; comme plus haut, témoignage 69, page 398. On lit ensuite : " Les péchés et les crimes sont effacés par ces sacrifices que nous offrons au Seigneur. C'est pourquoi on doit faire une mention fréquente de sa passion par laquelle nous avons été rachetés, la rappeler et la recommander au Seigneur. C'est par de telles hosties que Dieu sera apaisé et réconcilié et qu'il nous pardonnera nos péchés, quelque énormes qu'ils soient. Il ne peut y avoir en effet de sacrifice plus grand, que celui du corps et du sang de Jésus-Christ, et aucune oblation ne peut surpasser celle-là, ni même l'égaler. On doit l'offrir avec une conscience pure, la recevoir de même et tout le monde doit la traiter avec respect. Elle doit être d'autant plus vénérée qu'elle surpasse toutes les autres en excellence. "

123. Le même, ad omnes episcopos, Epist. 2

: " Ceux qu'il a voulu placer au rang de ses apôtres sont ceux-là qui doivent intercéder pour le peuple, et manger les péchés du peuple, c'est-à-dire les effacer et les consumer par leurs prières et leurs oblations. "

124. S. GREGOIRE de Nazianze, Orat. 3 quæ est

I in Julianum imperatorem : " Ici, si l'on en croit ceux qui s'honorent d'avoir été dans sa confidence (de Julien l'apostat), commence le cours de ses nombreux forfaits. Il voulut, grand Dieu ! à quel affreux détail suis-je obligé de descendre ! il voulut effacer dans un sang impur le caractère que lui avait imprimé le baptême ; à ce saint mystère il oppose un mystère d'abomination, semblable à cet animal immonde qui se roule dans la fange ; il souille, il profane ces mêmes mains purifiées autrefois par la participation au sacrifice non-sanglant qui nous communique les fruits de la passion de Jésus-Christ et nous associe à sa divinité. "

125. S. AUGUSTIN, Serm. IV de Innocentibus : "

Quoi de plus noble, quoi de plus honorable, que de reposer sous l'autel, où l'on offre le sacrifice à Dieu. . ., où le Seigneur lui-même fait l'office de prêtre, selon ce qui est écrit : Vous êtes le prêtre éternel selon l'ordre de Melchisédech ? C’est à bon droit que les âmes des justes reposent sous l'autel, puisque c'est sur le même autel que le corps de Notre-Seigneur est offert. Et c'est à bon p.419 fin p.420 début droit que les justes demandent la vengeance de leur propre sang, là où le sang de Jésus-Christ est répandu pour les pécheurs. Il convenait donc d'associer ainsi les martyrs à leur divin maître en plaçant leurs tombeaux là où l'on célèbre tous les jours la mémoire de sa mort, comme il l'a dit lui-même : Toutes les fois que vous ferez ces choses, vous annoncerez ma mort, jusqu'à ce que je vienne ; car comme ils sont morts en retour de ce qu'il est mort pour eux, ils ne peuvent mieux reposer ailleurs qu'au milieu des mystères qui rappellent sa mort même. "

126. Le troisième (L quatrième, selon LABBE) concile de Brague, c. 4 (Canon 2, selon le même. Cf. LABBE, Conc., t. VI, col. 562) : " Puisque ce sont les sacrifices offerts à Dieu qui doivent effacer tous les péchés et tous les crimes, que restera-t-il à offrir à Dieu pour l'expiation des péchés si l'on pèche dans l'oblation même du sacrifice ? "

127. S. GREGOIRE, Hom. 37 in Evangelia : " Car l'hostie du saint autel offerte avec componction et piété contribue singulièrement à nous réconcilier avec Dieu, puisque celui qui étant ressuscité d'entre les morts ne meurt plus, souffre encore de nouveau pour nous sous la forme mystérieuse de cette hostie. Car autant de fois que nous lui offrons l'hostie de sa passion, autant de fois nous lui rappelons sa passion pour qu'il nous en applique les fruits. Beaucoup sans doute d'entre vous, mes frères, savent d'avance le fait que je veux simplement rappeler ici à votre mémoire Il n'y a pas bien des années qu'un homme fait prisonnier par les ennemis fut emmené dans une contrée lointaine. Comme il état toujours retenu dans les fers, sa femme ne le voyant point revenir de sa captivité, crut que la mort avait terminé sa vie. Elle faisait donc offrir pour lui chaque semaine le saint sacrifice comme pour un mort. Or, toutes les fois qu'elle faisait ainsi offrir le sacrifice pour le soulagement (absolutione) de son âme, les liens qui enchaînaient son époux se défaisaient (solvebantur). Bientôt il put rentrer dans sa patrie, et raconter avec admiration à son épouse que ses liens s'étaient détachés tel jour de chaque semaine. Son épouse fit la supputation des jours et des heures, et se convainquit que ces faits avaient eu lieu aux heures même ou elle avait fait célébrer le saint sacrifice.

Concluez de là avec assurance, mes frères, combien la sainte hostie que nous offrons pour nous-mêmes peut avoir p.420 fin p.421 début de force pour rompre les liens qui tiendraient nos âmes captives, si, offerte par une personne pour un autre qu'elle-même elle a pu rompre les liens qui retentaient le corps de celui-ci enchaîné. "

128. Le concile de Trente, session XXII, chapitre 2 :

" Et comme le même Jésus-Christ qui s'est offert lui-même une fois sur l'autel de la croix en répandant son sang, est contenu et immolé sans effusion de sang dans le divin sacrifice qui s'accomplit à la messe, le saint concile déclare que ce sacrifice est véritablement propitiatoire, et que par là nous obtenons miséricorde et trouvons grâce et secours au besoin, si nous approchons de Dieu, contrits et pénitents avec un cœur sincère, une foi droite, et dans un esprit de crainte et de respect. Car Notre-Seigneur, apaisé par cette offrande, et accordant la grâce et le don de pénitence, remet les péchés et les crimes, même les plus grands, puisque c'est la même et l'unique hostie, et que c'est le même qui s'est offert autrefois sur la croix qui s'offre encore à présent par le ministère des prêtres sans qu'il y ait de différence que dans la manière d'offrir. Et c'est même par le moyen de cette oblation non-sanglante que l'on reçoit avec abondance les fruits de celle qui s'est faite avec effusion de sang tant il s'en faut que par elle on déroge en aucune façon à cette dernière. C'est pourquoi, conformément à la tradition des apôtres, cette oblation se fait non-seulement pour les péchés, les peines, les satisfactions et les autres nécessités des fidèles vivants, mais aussi pour ceux qui sont morts en Jésus-Christ et dont les âmes ne sont pas encore pleinement purifiées. "

133. S. GREGOIRE de Nazianze, Orat. IV, quæ secunda est in Julianum imperatorem : " Ils n'immoleront plus au démon leurs fils et leurs filles, ils ne commettront plus tous ces crimes que les prophètes reprochaient jadis au peuple d'Israël. " Mais pour ne parler ici que de ce qui nous touche de plus près, désormais ils ne profaneront plus nos temples par leurs regards ; ils ne souilleront plus d'un sang impur nos autels consacrés par l'immolation p.421 fin p.422 début non-sanglante de la victime sainte ; ils ne déshonoreront plus nos sanctuaires en y érigeant des autels à l'honneur des démons. Leurs mains avares et sacrilèges ne pilleront plus nos offrandes ; ils ne mettront plus par une cupidité insatiable le comble à leur impiété. Ils n'outrageront plus la vieillesse de nos prêtres, la sainteté de nos diacres, la pudeur de nos vierges. "

134. Le même, Carm. ad episcopos : " O vous qui offrez à Dieu le sacrifice non-sanglant, glorieux pasteurs des âmes, qui portez dans vos mains l'ouvrage du tout-puissant, qui réconcilie Dieu avec les hommes, régulateur du monde, lumière de la vie terrestre, maître de la parole, qui nous initiez à une vie immortelle et éclatante de gloire, représentant du Christ, assis sur des trônes pour nous juger tous, etc. (Cf. Gregorii theologi opera, t. II, pag.824-825). "

135. Le même, Carm. ad Constantinopolitanos episcopos et ipsam urbem : " O vous qui offrez à Dieu le sacrifice non-sanglant, qui adorez un Dieu unique en trois personnes. "

136. S. GREGOIRE de Nysse, in Christi resurrectionem oratione 1 : " Celui qui règle tout par sa puissance, n'a pas besoin d'attendre soit la trahison de Judas, soit la fureur aveugle des juifs, soit la sentence inique de Pilate, pour faire de leur méchanceté l'occasion du salut de tous les hommes ; mais il prévient leur dessein, et par un sacrifice mystérieux, et dont les hommes ne pouvaient pénétrer le secret, il s'offre lui-même comme victime pour nous, et s'immole lui-même, ce pontife par excellence, et tout à la fois cet agneau de Dieu, qui efface les péchés du monde. Quand est-ce qu'il le fit ? Ce fut lorsque, donnant à ses disciples assemblés son corps à manger et son sang à boire, il fit entendre clairement (MATTH., XXVI, 28) que le sacrifice de l'agneau était accompli. Car le corps d'une victime ne peut pas être donné en nourriture, tant que cette victime est vivante. Par conséquent, lorsqu'il donna son corps à manger et son sang à boire à ses disciples, c'est que son corps était déjà immolé d'une manière mystérieuse et invisible, selon qu'il l'avait lui-même voulu et exécuté par sa puissance. Son âme ne s'en trouvait pas moins dans ce mystère avec son corps et son sang, et avec son âme sa vertu divine, qui en était inséparable.

p.422 fin p.423 début Si donc quelqu'un voulait dater de ce moment le sacrifice par lequel s'offrit à Dieu comme un agneau, pour le salut du genre humain, ce prince des prêtres par excellence, d'une manière qu'on ne peut ni dire ni concevoir, il ne serait pas éloigné de la vérité. C'est en effet le soir qu'ils mangèrent ce corps adorable, et ce soir-là était la veille du jour où l'on devait manger la pâque. "

137. S. CYRILLE d'Alexandrie, Epist. X ad Nestorium

(Cf. LABBE, Conc., t. III, col. 403-404. Voir aussi notre Dictionnaire universel des conciles, t. Ier, col. 87-88) : " Nous annonçons la mort de Jésus-Christ et nous confessons sa résurrection et son ascension, en célébrant dans les Eglises le sacrifice non-sanglant ; ainsi nous nous approchons des eulogies mystiques, et nous sommes sanctifiés en participant à la chair sacrée et au précieux sang de Jésus-Christ, le Sauveur de nous tous. Nous ne la recevons pas comme une chair commune, à Dieu ne plaise, ni comme la chair d'un homme sanctifié et uni au Verbe par son mérite ou en qui la Divinité a simplement habité ; mais comme vraiment vivifiante et personnelle au Verbe lui-même. Car comme il est la vie substantielle en tant que Dieu, sa chair, avec laquelle il s'est uni, est devenue elle-même principe de vie. Encore donc qu'il nous dise : Si vous ne mangez la chair du fils de l'homme, et si vous ne buvez son sang, etc., nous ne devons pas croire pour cela que sa chair soit celle d'un homme de même condition que nous (car comment la chair d'un homme serait-elle vivifiante de sa nature ?) ; mais la chair de celui qui s'est fait et appelé le fils de l'homme à cause de nous. "

138. Le même, dans l'explication qu'il donna au concile d'Ephèse du onzième anathématisme contre Nestorius (Cf. LABBE, Conc., t. III, col. 825-828) : " Nous offrons dans nos églises le sacrifice saint, vivifiant et non-sanglant, en croyant fermement que ce n'est pas le corps et le sang d'un homme comme nous, ou qui n'ait rien de plus que nous ; mais en révérant l'un et l'autre comme le propre corps et comme le propre sang du Verbe, principe universel de vie. Car la chair toute seule ne peut pas être vivifiante de sa nature. Et le Sauveur lui-même nous atteste cette vérité lorsqu'il nous dit : (JEAN, VI, 64) La chair ne sert de rien, c'est l'esprit qui vivifie. Car comme cette chair est devenue la propre chair du Verbe, elle est vivifiante par cela seul, comme le Sauveur s'en est p.423 fin p.424 début expliqué lui-même (JEAN, VI, 58) : Comme mon père qui m'a envoyé est vivant, et que je vis par mon père, ainsi celui qui me mange vivra aussi par moi. Mais comme Nestorius et ses partisans anéantissent ce mystère par leur téméraire prétention, c'est pour cela, et à bien bon droit, que nous avons dressé cet anathématisme. "

139. S. JEROME, in caput XXVI. Matthæi :

" Après avoir accompli la Pâque figurative, et mangé l'agneau avec ses apôtres, il prend le pain qui fait la force de l'homme, et il en vient tout-à-coup à célébrer la Pâque véritable, en présentant son vrai corps et son vrai sang, sous ces même emblèmes du pain et du vin que Melchisédech, prêtre du Très-Haut, avait employées dans son offrande figurative. "

140. ŒCUMENIUS, in caput V epistolæ Divi Pauli ad Hebræos, super ea verba, Tu es sacerdos, etc. : " Il n'aurait pas dit, vous êtes le prêtre éternel, s'il n'avait eu égard qu'au sacrifice offert une fois seulement par notre Dieu ; mais il a eu en même temps en vue les prêtres de la nouvelle loi, par les mains desquels Jésus-Christ sacrifie et est sacrifié tout à la fois, après nous avoir enseigné dans la cène mystique la manière de célébrer ce sacrifice. "

141. SEDULIUS, Lib. III (al. IV) operis Paschalis, dit en faisant la description de la guérison des dix lépreux (LUC, XVII) : " Enfin quel est celui qui est présent, si ce n'est Jésus-Christ, le pontife et le prêtre selon l'ordre de Melchisédech, l'auteur de ce double sacrifice dans lequel on lui offre tous les jours les dons qui ne nous viennent que de sa libéralité, le produit des moissons et le jus de la vigne ? "

142. CLAUDE Marius Victor, Lib. III commentariorum in Genesim : " Melchisédech, ce roi de Salem, avait offert le pain et le vin à Abraham après sa victoire, et par cette offrande il avait préfiguré l'offrande mystique dans laquelle Jésus-Christ donne à son Eglise son propre corps comme un pain vivifiant, et son sang comme un céleste breuvage. " p.424 fin p.425 début

143. S. CHRYSOSTOME, Hom. XVII in Epist. ad Hebræos

: " Il nous a commandé de l'offrir tous les jours, parce qu'il connaissait notre infirmité et pour nous rendre plus présent le souvenir de nos péchés. Quoi donc ? Est-ce que nous ne l'offrons pas tous les jours, etc., " comme plus haut, témoignage 17, page 378.

144. S. AUGUSTIN, ad Bonifacium episcopum : " Est-ce que Jésus-Christ n'a pas été immolé une seule fois en sa personne ? Et cependant il est immolé sacramentellement non-seulement toutes les fois que revient la solennité de Pâques, mais encore tous les jours pour le salut des peuples : et certes celui-là ne mentirait pas, qui répondrait à la question qu'on lui en ferait, que Jésus-Christ est encore aujourd'hui immolé. "

145. THEOPHYLACTE, in caput V Epist. ad Hebræos sur ces paroles, Vous êtes le prêtre éternel selon l'ordre de Melchisédech : " Que les Juifs nous disent donc quel autre que Jésus-Christ a été prêtre selon l'ordre de Melchisédech ? Tous les prêtres jusqu'alors n'avaient-ils pas été prêtres sous la loi ? Ne célébraient-ils pas tous le Sabbat ? N'offraient-ils pas tous des victimes ? Il est donc évident que ces paroles n'ont été dites que de Jésus-Christ. Car lui seul a offert son sacrifice comme Melchisédech en se servant de pain et de vin. Mais pourquoi le Psalmiste a-t-il dit : Vous êtes le prêtre éternel ? Parce qu'il continue toujours à intercéder auprès de son Père avec le corps qu'il a immolé pour notre salut, etc. Ou bien encore, parce que l'oblation qui se fait tous les jours et continuera de se faire dans tous les siècles par le ministère des prêtres doit être attribué à Jésus-Christ lui-même comme au pontife et au prêtre par excellence, en même temps qu'il y est lui-même la victime offerte, consentant ainsi à s'immoler lui-même, à se laisser mettre en morceaux et distribuer pour notre salut. Toutes les fois en effet que ce mystère se renouvelle, c'est la mort de Jésus-Christ qui est annoncée. "

146. Le même, in caput VII Epist. ad Hebræos, sur ces paroles, Il demeure prêtre pour toujours : " Nous disons que Jésus-Christ étant éternel, est effectivement prêtre pour toujours. Car nous croyons qu'aujourd'hui encore il continue à s'offrir par ses ministres. "

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