Grand Catéchisme (Somme de doctrine chrétienne) (page 78)

Pierre Canisius · Doctrine

Texte français, domaine public · Source : jesusmarie.free.fr — Grand Catéchisme, trad. Peltier, tomes 1 à 6 · 205 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

2 S. ANSELME, sur le même passage de l’Apôtre

: " Que personne n'ose s’approcher dans un état indigne ; mais que l'homme, c'est-à-dire cet être raisonnable, éprouve, c'est-à-dire discute et examine sa conscience, puisque, par cela même qu'il est homme, il n'est point sans péché. Qu'il s'éprouve auparavant lui-même c'est-à-dire, qu'il examine et considère sa vie, pour savoir s'il peut, ou non, s'approcher dignement. Car il est rare qu'il puisse se trouver quelqu'un tellement juste et vertueux, qu'il ne puisse rien découvrir, en discutant ses actions, qui l'éloigne au moins pour un temps du corps et du sang de Jésus-Christ, à moins qu'il ne s'en confesse, et qu'il ne l'efface par la pénitence. Qu'il s'éprouve lui-même, et qu'ainsi, c'est-à-dire, après s'être éprouvé, il mange de ce pain et boive de ce calice, parce que c'est alors seulement qu'il pourra le faire avec profit. Qu'il commence donc par discuter sa conscience et par se purifier, parce que celui qui mange et qui boit indignement, c'est-à-dire sans s'être examiné, mange et boit sa propre condamnation. Celui-là mange et boit indignement, qui a commis, ou quelque péché grave ou un grand nombre de péchés légers (La sainte théologie enseigne que la confession n'est pas absolument nécessaire pour obtenir le pardon de ses péchés légers ou véniels, quelque nombreux qu'ils soient ; mais le grand nombre de péchés légers peut faire craindre une disposition perverse dans la volonté), et qui ne s'en confesse pas avant d'approcher de la sainte table. "

3. S. GREGOIRE, in lib. I Regum, lib. II, c. 1

: " Que l'on s'éprouve soi-même, et qu’après s'être éprouvé on mange de ce pain et boive ce calice. Que veut dire ici ce mot s'éprouver, sinon se purifier de ses souillures, afin de ne se présenter qu'en bon état à la table du Seigneur ? Il (l'Apôtre) ajoute en particulier au sujet des intempérants : Celui qui mange et qui boit indignement, mange et boit sa propre condamnation. Nous donc qui péchons tous les jours, recourons aussi tous les jours aux larmes de la pénitence, parce qu'il n'y a que cette vertu qui nettoie et purifie p.481 fin p.482 début l'âme des souillures qu'elle peut avoir contractées. Et il sera vrai de dire alors que ceux qui ont faim seront rassasiés, parce que plus nous mettons de soin à nous purifier par les larmes de la pénitence, plus nous obtenons de fruits abondants de la grâce divine dans le festin spirituel qui nous est offert. "

4. S. GREGOIRE de Nysse, de perfecti christiani hominis formâ ad Olympium monachum : " Celui qui, en considérant le mystère, dirait que notre Dieu est véritablement notre nourriture et notre breuvage, ne parlerait pas un langage impropre, puisque sa chair est vraiment une nourriture, et que son sang est vraiment un breuvage. Et en ce sens tout le monde est également invité à entrer en participation de sa substance ; car recevoir cet aliment, et ce breuvage, c'est se nourrir et s'abreuver de lui-même. Toutefois on doit se rappeler l'avertissement de l’Apôtre : Que chacun s'éprouve soi-même, et qu'ainsi on mange de ce pain, et qu'on boive de ce calice. Car celui qui mange et boit indignement, mange et boit sa propre condamnation. C'est aussi ce que l'Evangéliste semble avoir voulu nous faire entendre, lorsqu'il a dit de ce sénateur juif qu'il enveloppa le corps de Notre-Seigneur dans un linceul blanc, et qu'il le déposa dans un sépulcre tout neuf. Ainsi le précepte de l'Apôtre et l'observation de 1'Evangéliste nous rappellent également que nous devons recevoir le corps sacré de Notre-Seigneur dans une conscience pure, et que si nous nous trouvons souillés de quelque péché, nous devons nous en purifier par les larmes de la pénitence. "

5. S. AUGUSTIN, Serm I de tempore : " Faisons tous nos efforts avec l'aide de Dieu, pour ne nous approcher de l'autel du Seigneur qu'avec un cœur pur, un corps chaste et une conscience droite, afin de recevoir son corps et son sang non pour notre condamnation, mais pour le salut de notre âme. Car ce n'est que dans le corps de Jésus-Christ que nous trouverons la vie, suivant ce qu'il a dit lui-même : Si vous ne mangez la chair du fils de l’homme et si vous ne buvez son sang, vous n'aurez pas la vie en vous. Changeons donc de vie, si nous voulons recevoir la vie. Si nous ne changeons pas de vie, nous ne recevrons la vie que pour notre condamnation ; elle ne produira pas notre salut, mais notre perte ; elle n'engendrera pas en nous la vie, mais la mort. "

6. S. BASILE-LE-GRAND, Quæst. 172 ex quæstionibus compendio explicatis, sive in regulis brevioribus : " Demande. Avec quel respect, quelle conviction, quelle disposition d'esprit en un mot p.482 fin p.483 début devons-nous participer au corps et au sang de Jésus-Christ ? - Réponse. L'Apôtre nous apprend avec quel respect, par ces paroles : Celui qui mange et qui boit indignement, mange et boit sa propre condamnation. Quant à la conviction que nous devons apporter, elle nous sera inspirée par la foi que nous aurons à ces paroles du Sauveur : Ceci est mon corps qui est livré pour vous : Faites ceci en mémoire de moi ; par la foi aussi à ce témoignage de saint Jean qui, après avoir célébré la gloire du Verbe, nous fait assister à son incarnation par ces simples paroles : Le Verbe s'est fait chair, et il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire du Fils unique du Père plein de grâce et de vérité ; par la foi encore à ce témoignage de l'apôtre saint Paul (Philip., II, 6-8) : Ayant la forme et la nature de Dieu, il n'a point cru que ce fût pour lui une usurpation d’être égal à Dieu; mais il s'est anéanti lui-même en prenant la forme et la nature de serviteur, en se rendant semblable aux hommes, et en se faisant reconnaître pour homme par tout ce qui a paru de lui au dehors. Il s'est rabaissé lui-même, se rendant obéissant jusqu’à la mort, et jusqu'à la mort de la croix. Lors donc que l'esprit du fidèle, en ajoutant foi à ces témoignages, comme à tant d'autres si éclatants que nous pourrions rapporter, se sera instruit de la grandeur de la gloire, et par là même se trouvera saisi d'admiration pour l'humilité et l'obéissance de celui qui s'est soumis à son père jusqu’à vouloir bien endurer la mort en vue de nous procurer la vie, il sera disposé, ce me semble, à l'aimer, et Dieu le Père qui n'a pas épargné son propre Fils, mais l'a livré pour nous tous, et son Fils unique qui s'est rendu obéissant jusqu’à la mort pour notre rédemption et notre salut ; et il donnera son assentiment à l'Apôtre qui trace la règle suivante à ceux qui ont le cœur droit : L'amour de Jésus-Christ nous presse, dit-il, considérant que si Jésus-Christ est mort pour nous tous, donc tous sont morts, et que Jésus-Christ est mort pour tous, afin que ceux qui vivent ne vivent plus pour eux-mêmes mais pour celui qui est mort et qui est ressuscité pour eux (II Cor., V, 14-15). C'est ainsi que doit être disposé et préparé celui qui participe à la communion du pain et du calice. "

7. Le même, Sermone vel libro I de Baptismo, c. 3 : " Celui donc qui va recevoir le corps et le sang de Jésus-Christ ; " et le reste comme à la question précédente vers la fin du témoignage 1, page 461.

8. Le même, Serm. sive lib. II de Baptismo, c. 3 : " Dieu ayant dans l'ancienne loi menacé des châtiments d'en haut ceux p.483 fin p.484 début qui auraient osé toucher aux choses saintes sans être eux-mêmes purs, menace, il est vrai, principalement figurative et destinée à nous servir d'instruction ; voici en quels termes elle était conçu : Le Seigneur parla aussi à Moïse et lui dit : Parlez à Aaron et à ses fils, afin qu'ils ne touchent pas en certains temps aux oblations sacrées des enfants d'Israël pour ne pas souiller ce qu'ils m'offrent, et qui m'est consacré : je suis le Seigneur : dites-leur ceci pour eux et pour leur postérité : Tout homme de votre race qui étant devenu impur s’approchera des choses qui auront été consacrées et que les enfants d'Israël auront offertes au Seigneur, périra devant le Seigneur : Je suis le Seigneur . . . Si une telle menace a été prononcée contre ceux qui approcheraient témérairement d'objets sanctifiés par les hommes, qui pourra dire à quoi doit s'attendre celui qui use de la même témérité à l'égard d'un si grand et si redoutable mystère ? Car comme il y a ici plus que le temple de Jérusalem, suivant l'expression du divin oracle (MATTH., XII, 6), la témérité que commet celui qui touche au corps de Jésus-Christ avec une conscience souillée est d'autant plus criminelle, d'autant plus punissable, que la sainteté de la céleste victime l’emporte davantage sur des sacrifices de taureaux et de boucs, selon ce que dit l'Apôtre : Celui qui mangera indignement ce pain, ou qui boira indignement le calice du Seigneur, sera coupable de la profanation de son corps et de son sang. L'Apôtre, pour marquer plus fortement l'énormité de ce crime et imprimer davantage la crainte de la condamnation qu'il entraîne à sa suite, use de répétition et ajoute : Que chacun s'éprouve soi-même et qu'ainsi on mange de ce pain et qu'on boive de ce calice ; car celui qui mange et qui boit indignement, mange et boit sa propre condamnation, en ne faisant pas le discernement qu'il doit au corps du Seigneur. Que si celui qui n'avait qu'une impureté légale (et nous savons par la loi elle-même ce que figurait cette impureté) encourait néanmoins un châtiment si terrible, combien plus terrible encore devra être la condamnation encourue par celui qui ose dans son état de péché attenter au corps du Seigneur ? Purifions-nous donc de toute souillure (et par souillure j'entends, comme on n'aura pas de peine à le concevoir, autre chose que des impuretés légales) et n'approchons des saints mystères qu'après nous être ainsi purifiés si nous voulons ne pas partager le châtiment de ceux qui ont mis à mort Notre-Seigneur, puisqu'il est vrai que celui qui mangera indignement ce pain, ou qui boira indignement le calice du p.484 fin p.485 début Seigneur, sera coupable de la profanation de son corps et de son sang ; si nous voulons aussi obtenir la vie éternelle, selon la promesse que nous en a faite celui qui ne peut nous tromper, notre Dieu et Seigneur Jésus-Christ, pourvu qu'en mangeant et en buvant nous nous souvenions qu'il est mort pour nous, et que nous nous conformions à cette sentence de l'Apôtre : L'amour de Jésus-Christ nous presse, considérant que, si un seul est mort pour nous, donc tous sont morts, et que Jésus-Christ est mort pour nous, afin que ceux qui vivent ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui est mort et qui est ressuscité pour eux (II Cor., V, 14-15). Et c'est à quoi nous nous sommes engagés en recevant le baptême. "

9. S. CYPRIEN, Serm. de lapcis : " Au mépris de la sévérité de 1’Evangile, contre la défense du Seigneur, des esprits téméraires accordent la communion à des gens mal préparés : paix trompeuse et pleine d'illusion, funeste à qui la donne, infructueuse à qui la reçoit. On n'attend pas le temps nécessaire pour la guérison ; on ne demande point à la satisfaction le remède véritable ; on étouffe la pénitence au fond des âmes ; on leur fait perdre le souvenir des crimes les plus énormes. Que fait-on par-là ? on recouvre le mal en le dissimulant ; on referme une plaie qui va s'envenimer davantage et devenir mortelle ? Eh quoi ! au sortir des autels du démon, ils s'approchent du Saint du Seigneur, les mains encore toutes souillée d'un fétide encens. Ils n'ont pas encore digéré les viandes offertes aux faux dieux, et leur bouche répand toujours l'odeur dégoutante de leur crime, et ils n'envahissent pas moins le corps du Sauveur, malgré l'Ecriture qui crie (Lévit., XXII, 3) : Quiconque sera pur pourra manger de la victime pacifique ; l’homme souillé qui mangera de la chair d'une victime pacifique offerte au Seigneur, sera exterminé du milieu de son peuple : Le témoignage de l'Apôtre n'est pas moins formel : Vous ne pouvez pas boire la coupe du Seigneur et la coupe des démons ; vous ne pouvez pas participer à la fois à la table du Seigneur et à la table des démons.

Ecoutez encore la menace terrible que le même apôtre adresse ailleurs aux profanateurs : Quiconque mangera indignement ce pain ou boira indignement la coupe du Seigneur, sera coupable de crime contre le corps et le sang du Seigneur. Vaine défense ! inutiles oracles ! En dépit de toutes ces menaces, on fait violence au corps et au sang de Jésus-Christ et on se rend plus coupable par cette odieuse profanation que par l'apostasie même. Avant d'avoir confessé publiquement et expié leur crime, avant p.485 fin p.486 début que leur conscience ait été purifiée par le sacrifice et l'imposition des mains de l'évêque, avant qu'ils aient apaisé un Dieu irrité qui les menace dans son indignation, ils croient avoir la paix, parce que quelques-uns se vantent faussement de la leur avoir donnée. "

10. Le concile de Trente, session XIII, c. 7 : " Si l'on ne doit se permettre l'exercice d'aucune fonction sainte à moins d'être soi-même dans de saintes dispositions, plus un chrétien doit reconnaître la sainteté et la divinité de ce sacrement céleste, plus il doit être soigneux de ne le recevoir qu'avec respect et piété, surtout après ces paroles si pleines de terreur que nous lisons dans l’Apôtre (I Cor., XI, 29 ) : Celui qui mange et boit indignement, mange et boit sa condamnation, en ne faisant pas le discernement qu'il doit du corps du Seigneur. C'est pourquoi, quand on veut communier, on doit rappeler à sa mémoire ce précepte : Que chacun s'éprouve soi-même.

Or, la coutume de l'Eglise fait voir que cette épreuve si nécessaire consiste en ce que quiconque se sent la conscience chargée d'un péché mortel ne doit pas, quelque contrition qu'il lui semble en avoir, s'approcher de la sainte Eucharistie, sans avoir auparavant eu recours à la confession sacramentelle. Et c'est ce que le saint concile ordonne comme devant être toujours observé par tous les chrétiens et même par les prêtres obligés par état de célébrer, à moins qu'ils ne puissent se procurer de confesseur. Et si une nécessité pressante oblige un prêtre à célébrer sans s'être confessé, il doit le faire ensuite le plus tôt qu'il le pourra. "

Ibidem, canon 11 : " Si quelqu'un dit que la foi seule est une préparation suffisante pour recevoir le sacrement de la très-sainte Eucharistie, qu'il soit anathème. "

" Et pour empêcher qu'un si grand sacrement ne soit reçu indignement, et qu'il ne tourne par conséquent à la condamnation et à la mort de celui qui le reçoit, le saint concile ordonne et déclare que ceux qui se sentent la conscience chargée de quelque péché mortel, quelque contrition qu'ils croient en avoir, doivent nécessairement, s'ils peuvent trouver un confesseur, faire précéder la communion par la confession sacramentelle. Et si quelqu'un avait la témérité d'enseigner ou de prêcher le contraire, ou bien même de l'affirmer avec opiniâtreté ou de le soutenir en dispute publique , qu'il soit excommunié par cela seul. "

11. HESYCHIUS, prêtre de Jérusalem, in caput XXVI Levitici : " N'envisageons qu'avec respect le sanctuaire du Seigneur, et p.486 fin p.487 début gardons-nous de souiller nos corps, ou d'approcher témérairement, et sans nous être scrupuleusement examinés, du corps de Jésus-Christ en qui réside la source de toute sainteté, puisque c'est en lui qu'habite la plénitude de la divinité ; mais commençons par nous éprouver nous-mêmes, en nous rappelant ce qu'a dit saint Paul : Quiconque mangera indignement ce pain ou boira indignement le calice du Seigneur, etc.; Que chacun s'éprouve soi-même, etc. De quel genre d'épreuve veut-il ici parler ? De celle qui consiste à ne s'approcher des choses saintes qu'avec un cœur pur ou repentant des fautes commises, pour obtenir ainsi d'être purifié de ses péchés. "

12. S. CHRYSOSTOME, Hom. XXX in Genesim : " Nous voici enfin arrivé à la fin de la sainte quarantaine ; nous avons accompli la carrière du jeûne et grâces à Dieu, nous sommes près d'en toucher la récompense. Toutefois ne nous négligeons pas pour cela, mais que ce soit plutôt une raison pour nous d'apporter plus de soin, de zèle et de vigilance. . . . Puisque par la grâce de Dieu nous sommes entrés dans cette grande semaine (la semaine sainte), nous devons jeûner avec encore plus d'exactitude, prier avec plus d'assiduité, faire la confession entière de nos fautes, nous adonner plus que jamais à la pratique des bonnes œuvres, faire d'abondantes aumônes, remplir les devoirs de la justice, de la douceur chrétienne et de toutes les vertus, afin qu'ainsi préparé, nous jouissions dimanche prochain de l'abondance des dons du Seigneur. "

13. Le même, Hom. X in Matthæum : "

Voici le temps solennel de la pénitence (confession), qui approche, tant pour ceux qui ont été baptisés que pour les catéchumènes : pour les baptisés, afin qu'ayant fait pénitence, ils soient reçus à la participation des mystères sacrés pour les catéchumènes, afin que leurs taches étant effacées par les eaux du baptême, ils approchent de la table du Seigneur avec une conscience pure (Cf. Opera S. Joan. Chrysost., t. VII, p. 146, édit. des Bénédictins ; pag. 168-169, édit de Gaume. Homélies ou Sermons de S. Jean Chrysostôme, trad. par P.-A. de Marsilly, t. I, p. 215). "

14. PIERRE le Vénérable, abbé de

Cluny, Lib. I de miraculis, c. 2 : " Un prêtre d'Allemagne, tout en se vautrant chaque jour dans la fange des vices, ne craignait pas d'approcher sans honte de l'autel du Seigneur, et de profaner le mystère de notre rédemption en célébrant fréquemment la messe. Après avoir p.487 fin p.488 début continué longtemps ce genre de vie, il éprouva enfin, comme nous allons le dire, les effets de la colère et tout à la fois de la miséricorde du Seigneur. Car comme il vivait dans ce désordre, il arriva un jour que disant la messe comme de coutume, en touchant de ses mains impures le Saint des saints en même temps que son cœur était rempli de pensées criminelles, quand ce fut le moment de la communion, le corps et le sang de Jésus-Christ ne pouvant plus souffrir d'être ensevelis dans un tel cloaque, disparurent tout-à-coup d'entre ses mains. Saisi d'étonnement et tout stupéfait, il quitte l'autel aussitôt la messe finie ; et voyant bien par ce témoignage sensible qu'il s'était attiré l'indignation de Dieu, il voulut cependant en avoir une preuve encore plus certaine, et résolut de dire de nouveau la messe. Il fit donc comme à l'ordinaire ; mais arrivé au moment de prendre la sainte communion, tout disparut comme à la première fois. Quelque alarmé et inquiet qu'il fût à la vue de ce nouveau prodige, il voulut une troisième preuve plus forte encore que les deux premières, et se remit il dire la messe une troisième fois. Pendant qu'il est occupé à considérer les espèces et à les palper de ses mains, et que déjà il les approche de sa bouche, elles disparaissent encore de devant ses yeux, de ses mains et de sa bouche, à cette troisième fois comme aux deux premières. Cédant enfin à l'évidence du miracle, et reconnaissant avec effroi qu'il s'est attiré tout le poids de la colère de Dieu, il commence à se repentir de sa conduite passée et songe aux moyens qui peuvent lui rester d'échapper à un si grand péril. Comme il sait que la pénitence est le dernier remède offert aux pécheurs, il l'embrasse avec ardeur, et allant trouver son évêque, il lui confesse avec larmes tout ce qu'il a fait comme tout ce qui lui est arrivé, se soumet de grand cœur à la pénitence que celui-ci lui impose, et quelque longue qu'elle soit, l'accomplit jusqu'au bout. Cela fait, il retourne à l'évêque, et s'ouvrant à lui comme à son père de ses dispositions les plus intimes, il le supplie humblement de l'admettre à la participation des sacrements. Celui-ci se trouvant assuré, et par sa confession qu'il avait entendue, et par le changement qu'il voyait en lui, que Dieu lui avait d'avance pardonné, consentit à ce qu'il reprît ses fonctions sacerdotales ; et lui, de son côté, comptant sur la bonté de Dieu autant que sur le témoignage de sa conscience, se mit en devoir de les remplir avec zèle. Il s'approche donc de l'autel, offre à Dieu ses larmes et son cœur brise, et arrive bientôt au moment de la communion p.488 fin p.489 début après avoir accompli tout le reste. Mais voici que par un miracle inouï et dont notre siècle seul a pu être témoin, les pains des trois messes précédentes qui s'étaient évanouis de sa présence alors qu'il n'était pas disposé pour les recevoir dignement, redescendent du ciel, et se montrent à sa vue déposés sur l'autel, maintenant qu'il est devenu digne d'y participer au jugement de Dieu même Il regarde dans le calice, et le voit plein jusque près des bords, en sorte que les pertes des messes précédentes profitaient pour ainsi dire à celle-ci. Saisi donc d'admiration et pénétré de reconnaissance pour son Dieu, il voit, s'en pouvoir douter, que sa pénitence a été agréée, que la justice de Dieu est satisfaite à son égard et qu'il n'a plus qu’à célébrer sa miséricorde ; et bien qu'il n'eût mis qu'un pain sur l'autel, il goûte le bonheur d'en consommer quatre, ou plutôt c'est le même Jésus-Christ, son même corps et son même sang qu'il reçoit quatre fois dans son cœur. Voilà ce que m'a raconté l'évêque de Clermont, en présence d'un grand nombre de personnes. "

15. Ibidem, c. 3 : " Je ne dois pas non plus passer sous silence un autre fait semblable qui s'est passé dans ce même pays. Il s'y trouvait un jeune homme éprit des vanités du monde, et livré à la dissolution, comme on a coutume de le faire à cet âge. Ne cherchant depuis longtemps qu’à satisfaire ses passions impures, il finit par faire parler de lui au sujet d'une femme mariée. Le soupçon de ses rapports adultères courait déjà depuis quelque temps dans tout le voisinage, lorsqu'il tomba si dangereusement malade, qu'on désespéra bientôt de sa vie. Comme il gardait le lit, et que sa mort approchait, on manda prés de lui, conformément à la coutume de l'Eglise, un prêtre pour entendre sa confession et lui donner le saint viatique. Le prêtre étant arrivé, se met à l'exhorter et à le prier instamment de ne pas avoir honte de confesser ses péchés et de déclarer en particulier, dans l'intérêt de son propre salut, le crime dont il était accusé par la voix publique. Le malade acquiesce à sa demande, et s'empressa de faire la confession de ses fautes. Cette confession achevée, le confesseur l'interroge de nouveau sur le crime en question ; mais il aime mieux faire un mensonge, et il répond qu'il n'en est nullement coupable. Et comme le prêtre, poussé par le soupçon que lui faisait naître la rumeur publique, continuait à le presser, il prononça ce serment : Que je reçoive pour mon salut le corps du Seigneur que vous m'avez apporté comme il est vrai que je ne suis pas coupable du crime dont on m'accuse.

p.489 fin p.490 début Le prêtre, persuadé par cette réponse, lui administre la communion sans crainte. Mais le malade l'ayant reçu ne pouvait l'avaler. Et quoique, peu d'instants auparavant, il pût prendre sans peine des aliments bien plus solides, il se voyait dans l'impuissance, je ne dis pas seulement de faire entrer dans son estomac, mais même de faire aborder à son gosier cette modique parcelle d'hostie consacrée. Surpris de ce fait étrange, le malade se met à faire tous ses efforts pour avaler l'hostie. Mais il ne pouvait en venir à bout, et tous ses efforts n'aboutissaient à rien ; voyant donc qu'il ne pouvait l'avaler, il la cracha à côté de son lit.

Ensuite, épouvanté de son action, il rappelle le prêtre qui s'était retiré. Le prêtre revient, et demande au malade pourquoi il l'avait rappelé. Le malade alors, touché de la grâce, confesse la faute qu'il a commise ; il avoue son mensonge, et reconnaît la vérité du crime dont il avait nié auparavant qu'il fût coupable. Le prêtre le voyant ainsi touché de repentir et prêt à faire toutes les pénitences qu'il exigera de lui, compatit à sa douleur, l'absout et lui donne de nouveau la sainte communion. L'ayant reçue il la fit pénétrer dans ses entrailles avec si peu de peine, qu'on vit bien alors que ce n'était pas par un effet du hasard, mais par la vertu divine qu'il n'avait pu d'abord avaler l'hostie. Il vécut encore quelques moments après avoir confessé son crime et reçu la communion, et puis il expira tranquillement. J'ai appris ce fait non pas seulement de deux ou de trois témoins, mais du prieur du monastère dont j'ai parlé, homme probe et digne de foi, ainsi que des religieux de ce même monastère et de beaucoup d'autres, dont les uns disaient l'avoir vu se passer sous leurs yeux, les autres l'avoir entendu raconter au prêtre lui-même. "

16. Ibidem, c. 5 : " Il y avait à peu prés dans le même temps à la tête d'un monastère de la Tour-sur-Marne en France, dépendant de notre abbaye, un religieux qui, ne pouvant se guérir d'une maladie dont il était atteint depuis longtemps, pria Raoul, abbé du monastère de Chalons, de se rendre près de lui pour lui procurer la guérison tant du corps que de l'âme ; car cet abbé était également habile par rapport à l'un et l'autre. Celui-ci s'empresse de lui rendre ce devoir de charité, et vient aussitôt le voir. Le trouvant en danger, il l'exhorte à faire sa confession. Le malade s'y prête volontiers ; il fait donc sa confession, mais sans, apporter la simplicité nécessaire : car il retenait par une crainte mal placée les plus graves de ses péchés, p.490 fin p.491 début ou les péchés mortels qu'il avait commis, et perdant la crainte de Dieu, il ne déclara que ses fautes légères de tous les jours. Après cette confession simulée, il demande à recevoir le corps de Notre-Seigneur. On le lui apporte ; il le reçoit dans sa bouche hypocrite, mais il ne peut malgré tous ses efforts le faire passer dans son estomac, et il est forcé de le rendre tout entier par morceaux dans le vase qu'on lui met sous la bouche, avec le vin qu'il avait pris. L'abbé qui était venu pour répondre à sa demande, frappé de cet accident, ou plutôt de cet effet de la justice divine, et persuadé que le malade n'a pas bien fait sa confession, l'avertit de nouveau de ne point craindre de lui confesser ses péchés sans plus de déguisement, s'il en avait caché quelqu’un. Cette exhortation, jointe à une touche secrète de la grâce, le fait rentrer en lui-même, et déchargeant sa conscience de tous les poisons mortels qu'il tenait secrets ; il fait avec un cœur contrit et humilié l'aveu désormais sincère et complet de tout ce qu'une honte criminelle lui avait fait cacher jusque-là. Après avoir mérité par cette humiliation salutaire l'absolution de ses fautes, il reçoit l'Eucharistie, la même qu'il avait été forcé de rendre, et l'avale sans plus de peine que ne l'eût fait à sa place une personne en bonne santé. Et pour qu'il n'y eût aucun doute sur la vérité du miracle, tandis qu'il avait été forcé de rendre par petits fragments une parcelle du corps de Jésus-Christ qu'il n'avait pu avaler, il prit sans aucune peine après sa confession non-seulement le corps de Notre-Seigneur, mais encore d'autres aliments à la suite. Ainsi fortifié par la confession, l'absolution et la communion, ce religieux vécut encore trois jours, et ensuite il mourut. J'ai voulu porter à la connaissance de mes lecteurs ce fait extraordinaire, que je tiens de ce même abbé Raoul. "

17. S. CHRYSOSTOME, Hom. LXXXIII in Matthæum et LX ad populum Antiochenum : " Que personne ne s'approche de cette table sacrée avec dégoût, avec négligence, avec froideur ; que tous s'en approchent avec avidité, avec ferveur, avec amour. Car si les Juifs, pour manger l'agneau pascal, avaient coutume de se tenir debout, chaussés comme pour le voyage, un bâton à la main et dans l'attitude d'hommes pressant leur départ, avec combien plus d'ardeur ne devons-nous pas nous porter à manger l'agneau de la loi nouvelle ? En effet, s'ils avaient à quitter l'Egypte pour gagner la Palestine, et si pour cette raison ils se mettaient en posture de voyageurs ; vous, vous avez un tout autre voyage p.491 fin p.492 début à faire : vous avez à passer de la terre au ciel. Vous devez donc bien veiller sur vous-mêmes sachant quel sévère châtiment attend ceux qui communient indignement.

. . Qui donc doit être plus pur que celui qui participe à un tel sacrifice ? Quel rayon de soleil ne doit pas le céder en pureté à la main qui reçoit une telle viande, à la bouche qui se pénètre de ce feu spirituel, à la langue qui s'enivre de ce sang précieux ? Représentez-vous l'honneur que vous recevez, et la table à laquelle vous êtes admis. Celui que les anges ne regardent qu'en tremblant et saisis de frayeur en présence de sa majesté, ou plutôt, qu'ils n'osent regarder à cause de cet éclat qui les éblouit, est celui-là même qui deviens notre aliment, une même substance avec la nôtre, un même corps, une même chair. Qui pourra parler assez dignement de la personne du Seigneur, et publier comme il le doit ses louanges (Ps. CV, 2) ? Quel berger a jamais donné son sang pour la nourriture de ses brebis?. . . "

" Ne voyez-vous pas avec quelle ardeur les petits enfants saisissent le sein de leurs nourrices, avec quelle avidité ils collent leurs lèvres sur leurs mamelles ? Que notre empressement ne soit pas moindre à nous approcher de cette table sacrée, sucer, pour ainsi dire, le lait spirituel de ces mamelles divines ; courons-y plutôt avec encore plus d'impétuosité pour attirer dans nos cœurs, comme des enfants de Dieu, la grâce de son Esprit-Saint, et que tout notre regret, notre unique douleur soit de nous voir privés quelquefois de cet aliment céleste (Cf. Opera S. Joan. Chrys., t. VII ; Homélies de S. Jean Chrys., trad. par Marsilly, t. III). "

18. Le même, Hom. III in Epist. ad Ephesios, et LXI au peuple d'Antioche : " Nous tous qui participons au corps de Jésus-Christ, qui rougissons nos lèvres de son sang, n'oublions pas que c'est le corps et le sang de celui qui trône dans les cieux, qui est adoré par les anges, qui est assis à la droite du Père tout-puissant. . . . . Une table royale vous est servie, les anges en sont les ministres, le roi s'y trouve en personne, et vous ne vous en mettez pas en peine ? Vos vêtements sont souillés, et vous ne faites rien pour les rendre propres ? - Mais non, ils ont toute la propreté désirable. - Approchez donc, et communiez. Tous les jours il vient pour visiter ses convives, il se montre affable pour tout le monde, en ce moment même il parle intérieurement à chacun de vous. " p.492 fin p.493 début

19. S. AMBROISE, il y a dans le tome IV de ses œuvres, ancienne édition, à la suite de son livre De dignitate sacerdotali, deux prières préparatoires pour la messe, dont l'une commence par ces mots, Sacerdos et veré pontifex Jesu Christe, etc.; l'autre par ces mots : Summa et incomprehensibilis natura, etc.

20. S. AUGUSTIN, Serm II de tempore : " Nous sommes invités à un festin, où l'on nous offre non ce qui a coutume de nourrir les hommes, mais le pain qui nourrit les anges. C'est pourquoi toutes les fois que vous voyez approcher la fête de Noël ou quelque autre solennité, vous devez plusieurs jours avant, comme je vous en ai souvent averti, vous abstenir non-seulement de tout commerce illégitime, mais de l'usage même légitime du mariage. "

21. Le même, Serm. CCLII de tempore : " Celui qui approche de cet autel avec un corps chaste, un cœur pur et une conscience sans reproche, aura le bonheur un jour d'être admis à l'autel du ciel. Enfin, mes frères ce que je vous recommande n'est ni pénible ni difficile : je ne vous demande rien que ce que je vous vois faire tous les jours. Les hommes d'entre vous qui désirent communier ont soin de se laver les mains, et les femmes d'avoir des linges propres pour y recevoir le corps de Jésus-Christ. Rien de pénible, mes frères dans ce que je vais vous dire : Que les hommes purifient leurs consciences par des aumônes, comme ils purifient leurs mains avec de l'eau. Et que le soin que les femmes prennent d'avoir des linges propres pour y recevoir le corps de Jésus-Christ, elles l'apportent de même à ne recevoir les sacrements de Jésus-Christ que dans un corps chaste, un cœur pur et une conscience exempte de péchés. Je vous le demande, mes frères voudriez-vous serrer vos vêtements, dans un coffre plein de saletés ou d'ordures ? Et si vous avez cette attention par rapport à des vêtements, de quel front voudriez-vous recevoir Jésus-Christ dans une âme souillée de péchés ? "

22. CASSIEN, Conférence XXII, qui est la seconde de Théonas, c. 5 : " Nous devons sans aucun doute apporter tous nos soins pour nous conserver chastes et purs dans le temps surtout où nous désirons d'approcher des saints autels, et veiller par-dessus tout à ne pas perdre dans la nuit même qui devra précéder immédiatement le jour de la communion une pureté corporelle gardée jusqu'à ce moment. Cependant, si le perfide ennemi de nos âmes, pour nous empêcher de recourir au céleste remède p.493 fin p.494 début vient à tromper notre vigilance, et qu'il fasse valoir pour nous en éloigner une pollution survenue en nous, soit par suite de quelque besoin naturel, soit par l'effet de ses suggestions malignes, mais sans participation volontaire ni consentement de notre part, nous pouvons et nous devons n'en approcher pas moins avec confiance de la table eucharistique. Mais si c'est au contraire par notre faute que cet accident nous sera arrivé, rentrons alors en nous-mêmes et rappelons-nous en tremblant cette sentence de l'Apôtre : Celui qui mange indignement ce pain et qui boit indignement ce calice, sera coupable de la profanation du corps et du sang de Jésus-Christ. "

23. Le même, Lib. VI de cœnobiorum institutis, c. 8 : " Si la discipline exacte et sévère observée pour des combats profanes d'athlète, dont le saint apôtre nous a proposé l'exemple (I Cor., IX), est bien comprise de chacun de nous ; que ne devrons-nous pas faire, dans quel état de chasteté et de pureté ne devrons-nous pas conserver nos corps et nos âmes, nous qui sommes obliges de nous nourrir tous les jours de la chair vivifiante de l'agneau sans tache, dont même ce qui n'était que la figure exigeait de ceux qui en approchaient, d'après les prescriptions de la loi ancienne, une pureté exempte de toute souillure. Car voici ce que nous lisons à ce sujet dans le Lévitique : Il ne sera permis de manger de la chair de l'agneau qu’à ceux qui seront purs. L'homme qui étant souillé mangera de la chair de l'hostie salutaire offerte au Seigneur, périra devant le Seigneur (Lévit., XXII, 3). "

24. S. AUGUSTIN, ad Januarium Epist. CXVIII (al.

LIV), c. 6 : " Il est clair que les apôtres n'étaient pas à jeun la première fois qu'ils reçurent le corps et le sang du Sauveur. Faut-il pour cela faire un crime à l'Eglise catholique de ce que maintenant on n'accomplit pas cette action autrement qu'à jeun ? Car il a semblé bon à l'Esprit-Saint que pour l'honneur de cet auguste sacrement le corps de Noire-Seigneur entrât dans la bouche des chrétiens avant toute autre nourriture. Et c'est pour cela que cette même pratique s'observe par toute la terre. Car, de ce que Jésus-Christ ne donna ce sacrement à ses disciples qu'après qu'ils eurent mangé, il ne s'ensuit pas que les chrétiens ne doivent s'assembler pour le recevoir qu'après avoir diné ou soupé ou qu'ils doivent participer aux mystère au milieu de leurs repas, comme faisaient ceux que reprend l’Apôtre. Si le Sauveur avait réservé pour la fin du repas l'institution de ce p.494 fin p.495 début mystère, c'était afin que cette action étant la dernière de sa vie, elle demeurât plus profondément gravée dans le cœur et dans la mémoire de ses disciples, qu'il devait quitter immédiatement après pour accomplir le sacrifice de sa passion. Ainsi donc il ne s'arrêta point à leur prescrire la manière dont on aurait à recevoir dans la suite l'Eucharistie, mais il laissa la chose à régler à ses apôtres, par le ministère desquels il devait établir et former les Eglises. Car je crois bien que si Jésus-Christ avait ordonné qu'on ne reçût l'Eucharistie qu'après avoir mangé, personne n'aurait eu la témérité de changer cet usage (Cf. Les Lettres de saint Augustin, trad. en français, Paris, 1684, tome Ier p. 501-502). "

25. ORIGENE, In diversos Evangelii lucos hom. V

: " Quand vous recevez le saint et incorruptible aliment, quand vous approchez votre bouche du pain de vie et du breuvage céleste, que vous mangez et buvez en un mot le corps et le sang de Jésus-Christ, c'est alors véritablement que le Seigneur entre dans votre maison. Humiliez-vous donc vous-même, et dites comme le centenier : Seigneur, je ne suis pas digne que vous entriez dans ma maison. "

26. CASSIEN, Conférence XXII, ou deuxième de Théonas, c. 7 : " Nous devons tellement entourer de l'humilité comme d'un rempart toutes les avenues de notre cœur, que nous soyons toujours parfaitement pénétrés de cette pensée que jamais nous ne pourrons parvenir à un degré de pureté qui nous rende dignes de recevoir le corps sacré de Jésus-Christ, quand même nous aurions accompli avec la grâce de Dieu toutes les choses ci-dessus indiquées. D'abord, parce que telle est la dignité de cette manne céleste qu'aucun mortel revêtu de cette chair de boue ne peut mériter par lui-même d'y participer, mais que c'est un bienfait dont il ne peut être redevable qu'à la libéralité divine. Ensuite, parce qu'il n'est donné à personne, dans cette vie de perpétuels combats, d'être assez sur ses gardes, pour ne pas recevoir de fois autre des blessures au moins légères. "

27. S. CHRYSOSTOME, in Joannem hom. XLV, et ad populum Antiochenum LXI : " Si vous approchez avec une conscience pure, ce sera pour votre salut ; si c'est au contraire avec une conscience criminelle, ce sera pour votre condamnation et votre châtiment. Car celui qui mange et boit indignement le corps et le sang du Seigneur, mange et boit sa propre condamnation. Et si p.495 fin p.496 début ceux qui salissent la pourpre royale ne sont pas moins punissables que ceux qui la déchirent, peut-on s'étonner que ceux qui reçoivent le corps de Jésus-Christ avec une conscience souillée soient punis du même supplice que ceux qui l’ont mis en croix ? Voyez de quel épouvantable châtiment les menace l'Apôtre : Celui, dit-il (Hébr., X, 28-29), qui a violé la loi de Moïse est condamné à mort sans miséricorde sur la déposition de deux ou trois témoins. Combien donc croirez-vous que celui-là sera jugé digne d'un plus grand supplice, qui aura foulé aux pieds le Fils de Dieu, qui aura tenu pour une chose vile et profane le sang de l'alliance par lequel il a été sanctifié. . . . . ? "

29. THEODORET, in caput XI prioris ad Corhthios

: " Ces mots, sera coupable du corps et du sang du Seigneur, signifient que, de même que Judas livra Jésus-Christ à ses ennemis, et que ceux-ci l'insultèrent et le couvrirent d'opprobres, de même c'est comme si on l'accablait d'outrages et d'ignominie, quand on reçoit son corps sacré dans des mains impures, et dans une bouche souillée de crimes. "

30. CASSIEN, Conférence XXII, ou deuxième de l'abbé Théonas, c. 8 : " Rappelons-nous en tremblant cette sentence de l’Apôtre : Celui qui mangera indignement ce pain ou qui boira indignement ce calice, sera coupable de la profanation du corps et du sang du Seigneur . . . Car celui qui mange ou qui boit indignement, mange et boit sa propre condamnation, en ne faisant pas le discernement qu'il doit du corps du Seigneur, c'est-à-dire en ne mettant pas de différence entre ce pain céleste et les plus vils aliments, et en paraissant ignorer que la pureté de l'âme et du corps est indispensable pour le recevoir. Il infère de là cette conséquence. C'est pour cela qu'il y a parmi vous beaucoup de malades et de languissants, et que plusieurs dorment du sommeil de la mort ; entendant par là les maladies et les morts spirituelles qui étaient la juste peine d'une semblable témérité.

Car il y en a beaucoup qui, pour prix de cette présomption qu'ils ont d'approcher sans les dispositions requises, sont faibles dans la foi, et sans force contre les tentations, dominés qu'ils sont par les passions qui les tiennent asservis, et qui dorment du sommeil du péché sans que jamais une crainte salutaire les fasse sortir de cette funeste léthargie. L'Apôtre dit ensuite : Si nous nous jugions nous-mêmes, nous ne serions pas jugés de Dieu ; c'est-à-dire, si nous nous jugions nous-mêmes indignes de la p.496 fin p.497 début réception des sacrements toutes les fois que nous sommes atteints de quelque plaie spirituelle, nous nous appliquerions sans doute à nous en rendre dignes en nous amendant par la pénitence, et nous n'aurions pas à craindre de la part du Seigneur qu'il nous envoyât des châtiments sévères pour nous obliger du moins par ce moyen à rentrer en nous-mêmes, et à recourir aux remèdes propres à nous guérir, de peur que si nous n'étions pas jugés dignes d'expier nos fautes dès ici-bas par des afflictions passagères, nous ne fussions condamnés dans le siècle à venir avec les pécheurs dont toute l'espérance se borne aux biens du monde présent.

C'est ce qui nous est évidemment signifié par ces paroles du Lévitique (XXII, 3) : Il n'y aura d'admis à manger de la chair des victimes que ceux qui seront purs : Tout homme qui étant souillé mangera de la chair de l'hostie sainte offerte au Seigneur, périra devant le Seigneur. "

31. PIERRE le Vénérable, abbé de

Cluny, Lib. I de miraculis, c. 25 : " Il y avait à Lésigné (Castrum Leziniacum) en Poitou, un prêtre qui participait fréquemment dans le sacrement de l'autel au corps et au sang de Jésus-Christ, c'est-à-dire à la source de toute pureté, plutôt par état que par dévotion, et qui ne s'en livrait pas moins aux œuvres impures de la chair. Et comme il se vautrait depuis longtemps comme un pourceau immonde dans la fange des voluptés, en se complaisant dans ses propres infamies, effrayé à la fin par les remords de sa conscience, comme cela arrive de fois à autre à tous les méchants, il se mit à rechercher l'amitié de quelques pieux personnages, et se lia au moins en apparence, avec l'abbé de Bonneval et les religieux de son monastère. Ceux-ci, après l'avoir longtemps averti de changer de vie, et l'avoir exhorté sans relâche à renoncer au siècle, ne recueillirent de tous leurs efforts qu'une espérance sans effet. Car faisant semblant de les écouter avec plaisir, et leur faisant toujours espérer sa conversion, il profitait de leur société pour s'en faire gloire, et cependant ni leurs avis ni leurs exemples n'étaient assez puissants pour le retirer du mal. Tandis qu’il s'engageait ainsi dans les voies tortueuses d'une vie criminelle, et qu'il s'amassait, par son obstination dans le mal un trésor de colère pour le jour de colère, il vint à tomber malade, et la maladie faisant tous les jours de nouveaux progrès, bientôt il fut réduit à l'extrémité.

Le prieur du monastère dont nous venons de parler était venu lui faire visite, et avait passé avec lui sur sa prière, une partie du jour. A l'entrée de la nuit, comme tout p.497 fin p.498 début le monde s'était retiré, et que le prieur était resté seul à côté du lit, le malade lui cria tout-à-coup d'une voix épouvantable : A mon secours, prieur, à mon secours. Voici deux lions terribles qui s'élancent sur moi ; leurs gueules s'ouvrent déjà pour me mettre en pièces et pour me dévorer. Priez donc le Seigneur qu'il m'en délivre, avant que je devienne la proie de leurs morsures. En même temps qu'il disait ces paroles, il tremblait de tous ses membres, et, la frayeur lui donnant des forces dans son état de défaillance, il se retirait en arrière comme pour échapper aux atteintes de ces deux monstres. Le prieur, hors de lui-même à ces cris et à ces gestes effrayants, était saisi d'effroi ; le danger cependant lui fait une nécessité d'avoir recours à la prière, et il supplie comme il le peut le Seigneur en faveur de ce misérable. Alors, pendant qu'il prie, le malade lui dit en changeant l'accent de sa voix : Bien, bien ; les cruels monstres se sont retirés, et ils ne reparaîtront plus, grâce à vos prières. Et comme il garda la présence d'esprit jusqu’à son dernier souffle, sans perdre une seule de ses facultés comme c'est assez ordinaire aux malades, se tournant alors du côté du prieur, il se mit à lui parler de toutes sortes de choses comme il eût pu le faire dans le meilleur état de santé.

Il s'était écoulé près d'une heure à cet entretien où les deux interlocuteurs parlaient à qui mieux mieux, lorsque notre homme se remit à crier d'une manière bien plus effrayante encore que la première : Voici le feu qui descend du ciel comme un torrent dévastateur, il se dirige vers ce lit, et tout-à-l'heure il va ne faire de moi qu'une cendre. Hâtez-vous de venir à mon secours, et priez pour que j'échappe à cette mort affreuse. En disant ces mots, il soulevait ses couvertures de ses mains et de ses bras, et les opposait dans son effroi au feu invisible comme si elles eussent pu l'en défendre. Vains efforts ! Ce rempart matériel ne pouvait rien contre un feu spirituel, destiné à venger Dieu de toute une vie d'impiété. Le prieur plus alarmé que jamais se remet en prière, et implore la miséricorde de Dieu avec toute la ferveur qu'il peut y mettre. Pendant qu'il prie ainsi, et après quelques moments, le patient interrompt sa prière en lui disant d'un ton joyeux : Rassurez-vous, je n'ai plus non à craindre du feu. Car, comme il descendait sur moi, un large drap s'est interposé, et arrivé à ce drap, le feu n'a pu aller plus loin. Maintenant que je suis sauvé de ce danger, je vous prie de ne point me quitter, jusqu'à ce que vous voyiez la fin de tout cela. Ces paroles obligèrent à rester quelque temps encore le prieur que la crainte p.498 fin p.499 début aussi bien que sa règle sollicitait de s'en retourner au monastère ; il se releva donc de prière, et se rassit près du malade. Et tandis qu'il cherchait à le distraire de ses frayeurs par des paroles de consolation, et que tous les deux reprenaient leur conversation comme de plus belle, voilà que le malade devient muet et tombe dans une espèce d'extase. Le prieur voyant qu'il n'était plus à lui, ne s'attendait plus qu’à le voir expirer. Mais quand la nuit fut en grande partie écoulée, il revient lui-même et dit d'une voix gémissant : Hélas ! me voilà jugé pour toujours ; malheureux que je suis, me voilà damné pour l'éternité. Je suis livré au pouvoir de cruels bourreaux, condamné avec le diable et ses anges à un feu qui ne s'éteindra jamais. Voyez cette chaudière toute pleine de graisse bouillante, qu'ont apporté ici les ministres de mes tourments, et qu'ils ont mise sur le feu pour m'en frotter tous les membres. Et comme le prieur continuait à prier cette troisième fois comme les deux premières : Cessez, lui dit le moribond, de prier pour moi ; ne vous fatiguez plus pour un homme en faveur duquel vos prières ne peuvent plus rien. Le prieur lui disait : Mon frère, revenez à vous, demandez miséricorde au Seigneur tandis que vous vivez encore. Mais lui de reprendre : Pensez-vous donc que je déraisonne? Je ne déraisonne pas, mais c'est dans mon bon sens que je dis ces choses. Et saisissant la coule du prieur, il continua ainsi : N'est-ce pas votre coule que je tiens à la main ? Sans doute, lui répondit le prieur. Eh bien, reprit-il, comme il est vrai que ceci est une coule, et que c'est de la paille qui me sert de couche, ainsi est-il vrai que ce que j'ai devant les yeux est une chaudière embrasée. Et comme il disait ces mots, une goutte de ce feu invisible sortant de la chaudière qui causait son effroi, tomba sur sa main à la vue du prieur, et, chose étonnante à dire, consuma sa peau et sa chair jusqu'à la moelle de l'os. Voilà, s'écria-t-il alors d’une voix pénétrante, la preuve indubitable de ce que je vous dis. Car de même qu'une goutte tombée de la chaudière a consumé à vos yeux une partie de ma chair, ainsi la chaudière entière va me consumer tout entier. Comme le prieur restait tout stupéfait, le moribond reprit en ces termes : Voilà la chaudière elle-même que les monstres de l'enfer approchent tout près de moi, et déjà ils avancent leurs mains pour me saisir et m'y jeter. Puis, après quelques instants : Voilà qu'ils saisissent par tous les bouts le drap sur lequel je suis couché et qu'ils me jettent dans la chaudière embrasée pour m'y faire frire à jamais.

p.499 fin p.500 début Ce fut là comme le dernier adieu qu'il adressa au prieur et aux autres moines qui s'étaient rassemblés pour être témoins de cet horrible spectacle ; éteignant sa voix, et retournant sa tête en arrière il remit son esprit comme une victime dévouée irrévocablement aux esprits infernaux. Tous aussitôt furent saisis d'une telle frayeur, que tout le monde prit la fuite, et il ne resta personne à la maison pour garder ce cadavre. Dès que le jour fut levé, on s'empressa de le mettre en terre. Quelques jours après, comme la nouvelle de ce terrible événement s'était répandue dans tous les environs, on voulut s'assurer de la vérité en ouvrant le tombeau, et on vit à la main du cadavre de ce mauvais prêtre le trou qu'y avait fait, comme il vivait encore, la goutte embrasée, triste avant-courrière de sa damnation éternelle. Or, dirons-nous, conformément à la doctrine de saint Grégoire, toute cette vision n'a point eu lieu pour ce malheureux prêtre lui-même, puisqu'elle ne lui a servi de rien ; mais pour nous apprendre, à nous, dans les desseins de la divine Providence, avec quelle attention on doit s'attacher à remplir les devoirs de la charge sacerdotale, et avec quel respect doivent se traiter les divins mystères. "

FIN DU TOME DEUXIEME.

p.501 début TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES CONTENUES DANS LE DEUXIEME VOLUME PREMIERE PARTIE.

PRINCIPES DE LA SAGESSE CHRETIENNE.

CHAPITRE, III, article III. Des commandements de l’Eglise, p.1-141.

Question I. Y a-t-il pour les chrétiens d'autres commandements à observer que ceux du décalogue, p.1-3.

Question II. Quels sont ces préceptes des apôtres et des anciens que saint Paul a ordonné de garder, p.3-8. Enseignements écrits et d'autres non écrits de nos premiers pères dans la hiérarchie, p.4 : S.

DENIS l’Aréopagite. - Les uns et les autres ont une égale autorité - Enumération de plusieurs usages dont il n'est fait nulle mention dans l'Ecriture - Le signe de la croix - Se tourner vers l'orient pour prier - Les paroles d'invocation usitées dans le saint sacrifice - Les cérémonies du baptême, p.4-5 : S. BASILE. - Loi du secret, utile pour concilier de la vénération aux doctrines transmises par tradition : le même, ibidem. - Les premiers disciples du Sauveur n'ont proposé aux peuples, soit de vive voix, soit par écrit, que ce que ces peuples étaient capables d'admettre ou de comprendre, p.5 : EUSEBE. - Tout ne saurait être contenu dans l’Ecriture, p.5 : S. EPIPHANE. - Autorité de la coutume - Cérémonies du baptême - Manière de recevoir l'Eucharistie - Oblations pour les défunts - Stations - Précautions employées pour la conservation des saintes espèces - Signe de la croix, p.6 : TERTULLIEN. - La coutume est reçue pour loi, p.7 : le même. - L'accord de tout l'univers tient lieu de loi - Cérémonies du baptême - Stations - Confirmation, p.7 : S. JEROME. Les apôtres n'ont pas tout consigné dans leurs lettres - La partie orale de leur enseignement n'a pas moins d'autorité que la partie écrite - C'est la tradition, ne demandez rien de plus, p.7-8 : S. CHRYSOSTOME. Question III. Est-on obligé d'observer les préceptes transmis par tradition comme ceux que les apôtres nous ont transmis par écrit, p.8-10.

Tradition écrite et tradition appuyée sur la seule coutume - Pratique des images - C'est l'ordinaire des hérétiques de fouler aux pieds les traditions, p.9 : le deuxième concile de NICEE. - Obligation d'observer les règles que l'Eglise a reçues par tradition, p.9 : le huitième concile général.

Question IV. Quel moyen avons-nous de discerner les traditions apostoliques et approuvées dans l'Eglise, p.10-11.

Bien des choses ne se trouvent ni dans les lettres des apôtres, ni dans les conciles tenus depuis, qui cependant sont d'origine apostolique, p.11 : S. AUGUSTIN.

Question V. Quelles sont précisément les traditions apostoliques qui doivent être observées par tous les chrétiens, p.11-14.

p.501 fin p.502 début L'usage de donner le baptême aux enfants est de tradition apostolique, p.12 : ORIGENE. - Il n'y a rien de plus sage que de considérer comme de tradition apostolique ce que l'on trouve pratiqué de tout temps par toute l’Eglise, sans avoir jamais été établi par aucun concile, p.12 : S. AUGUSTIN. - Prières pour les défunts de tradition apostolique, p.12 : S. DENIS l’Aréopagite ; p.13 : TERTULLIEN le Jeune. - Quadragésimal de tradition apostolique, p.13 : S. JEROME. -Usage de vénérer les images, de se tourner du côté de l'orient pour prier, d'adorer la croix, fondés sur la tradition, p.14 : S. DAMASCENE. - L'usage de vénérer les images transmis par tradition depuis les apôtres, p.14 : le deuxième concile de NICEE.

Question VI. Erreurs modernes sur les traditions apostoliques et ecclésiastiques, p.14-17.

Différence entre les usages locaux et les usages universels - Jeûne du samedi, p.17 : S. AUGUSTIN.

Question VII. Que faut-il penser de ceux qui rejettent et méprisent les traditions de l’Eglise, p.17-21.

Ce qui a été dit aux apôtres l'a été dans leurs personnes à leurs successeurs, p.20 : S. CYPRIEN. Recourir à la tradition apostolique, p.21 : S. AUGUSTIN. - La vérité de Dieu défendue par la tradition, p.21 : S. EPIPHANE. - S'attacher fermement à la tradition des apôtres, p.21 : S. IGNACE.

Question VIII. Quel a été sur ce sujet le sentiment des Pères, p.21-23.

A qui nous en rapporter pour les véritables règles de notre croyance, p.22 : S. IRENEE.

Question IX. Qu'est-ce donc que l’Eglise, p.23-52.

1er. Sur le pasteur de l’Eglise universelle, p.26-28.

Le soin du troupeau confié à Pierre et à ses successeurs, p.26 : S. CHRYSOSTOME. - Autorité du pontife romain figurée dans l’Ancien-Testament - Il est le pasteur des pasteurs, p.27 : S. BERNARD. - Nous attacher à l’Eglise, qui, fondée par les apôtres, a continué de subsister jusqu'à nos jours - Les autres sociétés sont des synagogues de Satan - Il s'agit bien moins de lire les Ecritures que de les entendre, p.27-28 : S. JEROME. - L'Eglise, c'est le peuple uni à son évêque, le troupeau attaché à son pasteur. - N’être pas avec l’évêque, c'est être hors de l’Eglise - Les évêques sont le lien de l'unité de l’Eglise, p.28 : S. CYPRIEN.

2. Succession des pontifes romains - Cette succession est la condamnation des hérétiques qui ont quitté les droits sentiers de la vérité - L'Eglise de Rome est la principale dépositaire de la tradition transmise par les apôtres - Succession des papes des deux premiers siècles - C'est par cette succession que le dépôt de la vérité s'est conserve jusqu’à nous, p.28-29 : S. IRENEE. - Cette succession est le premier des privilèges qui distinguent l'Eglise catholique - Succession des papes des quatre premiers siècles, p.30 : S. OPTAT. - Cette succession est un garant de vérité - Les fautes des papes ne préjudicient en rien à l’Eglise elle-même - Renoncer à cette succession, c'est se retrancher soi-même de la société chrétienne - Cette succession est la pierre que ne saurait ébranler les portes de l'enfer - Distinguer entre la chaire et celui qui l'occupe, p.31-32 : S. AUGUSTIN.

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