Grand Catéchisme (Somme de doctrine chrétienne) (page 84)

Pierre Canisius · Doctrine

Texte français, domaine public · Source : jesusmarie.free.fr — Grand Catéchisme, trad. Peltier, tomes 1 à 6 · 205 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

28. I Chroniques, XXI, 16 : " Et David levant les yeux vit l'ange du Seigneur qui était entre le ciel et la terre, et qui avait à la main une épée nue et tournée contre Jérusalem. A l'heure même, lui et les anciens, couverts de cilices, se prosternèrent en terre. "

29. Psaume XXXIV, 13-15 : " Mais moi, lorsqu'ils me tourmentaient, je me revêtais d'un cilice ; - j'affligeais mon corps par le jeûne et je réitérais ma prière dans mon cœur. - J'en usais avec chacun d'eux comme avec un ami et un frère ; tel qu'un fils qui pleure sa mère, j'étais abattu par la douleur. "

30. Psaume LXVIII, 11-12 : " J'ai humilié mon âme par le jeûne et ma douleur a été l'objet de leurs risées. - J'ai pris pour vêtement un cilice, et ils en ont fait le sujet de leur raillerie. "

31. JONAS, III, 5-10 : " Les Ninivites crurent à

Dieu ; ils ordonnèrent un jeûne public, et ils se couvrirent de sacs depuis le plus grand jusqu'au plus petit. - Cette nouvelle ayant été portée au roi de Ninive, il se leva de son trône quitta ses habits, se couvrit d'un sac et s'assit sur la cendre. - Ensuite il fit crier p.77 fin p.78 début partout et publier cet ordre dans Ninive de la part du roi et de ses princes : Que les hommes et les bêtes, les bœuf et les brebis ne mangent rien ; qu'on ne les mène point aux pâturages, et qu'ils ne boivent point d'eau. - Que les hommes soient couverts de cendre, ainsi que les animaux, et qu'ils crient vers le Seigneur de toute leur force ; que chacun se convertisse, qu'il quitte sa mauvaise voie et l'iniquité dont ses mains sont souillées. - Qui sait si Dieu ne se retournera point vers nous pour nous pardonner, s'il n'apaisera point sa fureur et sa colère et s'il ne révoquera pas l'arrêt de notre perte qu'il a porté ? - Dieu considéra leurs œuvres ; il vit qu'ils s'étaient convertis en quittant leur mauvaise voie, et la compassion qu'il eut d'eux l'empêcha de leur envoyer les maux qu'il avait résolu de leur faire. "

32. I Rois, XXI, 27-29 : " Achab, ayant entendu ces paroles, déchira ses vêtements, couvrit sa chair d'un cilice, jeûna et dormit avec un sac, et marcha ayant la tête baissée. - Alors le Seigneur adressa sa parole à Elie de Thesbé et lui dit : - N'avez-vous pas vu Achab humilié devant moi ? Puis donc qu'il s'est humilié à cause de moi, je ne ferai point tomber sur lui, pendant qu'il vivra, les maux dont je l'ai menacé ; mais sous le règne de son fils, je les ferai tomber sur sa maison. "

33. I Machabées, II, 14 : " Mathathias et ses fils déchirèrent leurs vêtements, se couvrirent de cilices et firent un grand deuil. "

34. I Machabées, III, 46-47 : " Lorsque

Lysias eut envoyé une armée contre eux, les Juifs s'assemblèrent et vinrent à Maspha, vis-à-vis de Jérusalem, parce qu'il y avait eu autrefois à Maspha un lieu de prière dans Israël. - Ils jeûnèrent ce jour-là, se revêtirent de cilices, se mirent de la cendre sur la tête et déchirèrent leurs vêtements, etc. "

35. II Machabées, III, 19 : " Les femmes, revêtue de cilices qui les couvraient jusqu'à la ceinture, allaient en foule par les rues. "

36. MATTHIEU, XI, 21-22 : " Malheur à toi, Corozaïn

! malheur à toi, Bethsaïde ! parce que, si les miracles qui ont été faits au milieu de vous avaient été faits dans Tyr et dans Sidon, il y a longtemps que ces villes auraient fait pénitence dans le sac et dans la cendre. -C'est pourquoi je vous déclare qu'au jour du jugement Tyr et Sidon seront traitée moins rigoureusement que vous. " p.78 fin p.79 début

37. LUC, X, 13 : " Malheur à toi, Corozaïn

! malheur à toi, Bethsaïde ! parce que si les miracles qui ont été faits chez vous avaient été faits dans Tyr et dans Sidon, il, a longtemps que ces villes auraient fait pénitence dans le sac et dans la cendre. "

38. Judith, IV, 8-17 : " Tout le peuple ensuite cria vers le Seigneur avec beaucoup d'instance, et ils humilièrent leurs âmes dans les jeûnes et les prières, eux et leurs femmes. - Les prêtres se revêtirent de cilices; et on prosterna les enfants devant le temple du Seigneur ; et ils couvrirent d'un cilice l'autel du Seigneur. - Puis ils crièrent tous d'un même cœur et d'un même esprit vers le Seigneur, le Dieu d'Israël, afin qu'il ne permît pas que leurs enfants fussent donnés en proie, leurs femmes enlevées et dispersées, leurs villes détruites, leur sanctuaire profané, ni qu'eux-mêmes devinssent l'opprobre des nations. - Alors Eliachim, le grand-prêtre du Seigneur, alla dans tout le pays d'Israël et il parla au peuple, en lui disant : Sachez que le Seigneur vous exaucera, si vous persévérez toujours dans le jeûne et dans la prière devant le Seigneur. - Souvenez-vous de Moïse, serviteur de Dieu, qui vainquit Amalec, ce peuple qui s'appuyait sur sa force et sur sa puissance, sur son armée, sur ses bouchers, sur ses chariots et sur ses chevaux, en le combattant non avec le fer, mais avec l'ardeur et la sincérité de sa prière. - C'est ainsi que seront traités tous les ennemis d'Israël si vous persévérez dans cette œuvre que vous avez commencée. - Le peuple étant donc touché de cette exhortation, priait le Seigneur et demeurait toujours devant Dieu : - en sorte que ceux-même qui offraient des holocaustes au Seigneur, étaient revêtus de cilices en lui présentant les victimes, et la cendre était sur leurs têtes - Et tous priaient Dieu de tout leur cœur qu'il lui plut de visiter son peuple d'Israël. "

39. Judith, VII, 4 : " Les Israélites, voyant cette multitude se prosternèrent en terre ; et se couvrant la tête de cendres, ils prièrent d'un même cœur le Dieu d'Israël afin qu'il lui plût de faire éclater sa miséricorde sur son peuple. "

40. Ibidem, VIII, 5, 6, 14-17 : " Elle avait au plus haut de sa maison une chambre secrète pour elle, où elle demeurait enfermée avec les filles qui la servaient. - Et portant un cilice sur ses reins, elle jeûnait tous les jours de sa vie, hors les jours de sabbat, le premier jour de chaque mois, et les fête de la maison d'Israël. - Mais comme le Seigneur est patient (dit Judith p.79 fin p.80 début aux prêtres Chabri et Charmi), faisons pénitence de cette faute même, et implorons sa miséricorde avec beaucoup de larmes. - Car Dieu ne menace point comme l'homme, et il ne s'enflamme point de colère comme les enfants des hommes. - C'est pourquoi humilions nos âmes devant lui, reconnaissons que nous sommes ses esclaves, demeurons dans un esprit d'abaissement, - et prions le Seigneur avec larmes de nous faire sentir, en la manière qu'il lui plaira, les effets de sa miséricorde. "

41. Ibidem, IX, 1 : " Judith entra dans son oratoire

; et se revêtant d'un cilice, elle se mit de la cendre sur la tête et, se prosternant devant Dieu, elle s'écriait vers lui. "

42. JOEL, II, 11-1 7 : " Le jour du Seigneur est grand, il est terrible ; et qui pourra en soutenir l'éclat ? - Maintenant donc, dit le Seigneur, convertissez-vous à moi de tout votre cœur, dans les jeûnes, dans les larmes et dans les gémissements. - Déchirez vos cœurs et non vos vêtements, et convertissez-vous au Seigneur votre Dieu, parce qu'il est bon et compatissant, patient et riche en miséricorde, et qu'il peut nous faire grâce du mal dont il nous a menacés. - Qui sait s'il ne se retournera point vers nous, et s'il ne nous pardonnera point, et si après nous avoir affligé, s’il ne nous comblera point de ses bénédictions, afin que vous présentiez au Seigneur votre Dieu vos sacrifices et vos offrandes ? Faites retentir la trompette dans Sion ; ordonnez un jeûne saint ; convoquez une assemblée solennelle ; - faites venir tout le peuple, avertissez-le qu'il se purifie ; assemblez les vieillards, amenez les enfants, et ceux qui sont encore à la mamelle ; que l'époux sorte de sa couche, et l’épouse de son lit nuptial. - Que les prêtres et les ministres du Seigneur, prosternés entre le vestibule et l'autel, fondent en larmes, et s'écrient : Pardonnez, Seigneur, pardonnez à votre peuple ! "

45. JEREMIE, VII, 26 : " Fille de mon peuple, revêtez-vous d'un cilice, couchez-vous sur la cendre, pleurez avec amertume, comme une mère qui pleure son fils unique. "

46. JEREMIE, IV, 8 : " Couvrez-vous de cilices ; pleurez et poussez en haut vos cris et vos hurlements, parce que vous n'avez point détourné de dessus vous la colère et la fureur du Seigneur. " p.80 fin p.81 début

48. Id., XLVIII, 37 : " Toutes les têtes seront dépouillées de leurs cheveux, et toutes les barbes seront rasées ; ils auront tous les mains liées et le cilice sur le dos. "

51. Lamentations de Jérémie, II,

10 : " Les vieillards de cette ville, qui est appelée fille de Sion, se sont assis sur la terre, et sont demeurés dans le silence ; ils ont couvert leurs têtes de cendres, ils se sont revêtus de cilices ; les filles de Jérusalem tiennent leurs têtes baissées vers la terre. "

52. EZECHIEL, XVIII, 30-32 : " Convertissez-vous et faites pénitence, etc. - Ecartez loin de vous toutes les prévarications dont vous vous êtes rendus coupables ; faites-vous un cœur nouveau et un esprit nouveau. Et pourquoi mourrez-vous, maison d'Israël ? - Je ne veux point la mort de celui qui meurt, dit le Seigneur Dieu. Revenez à moi, et vivez. "

53. I Corinthiens, XI, 31 : " Si nous nous jugions nous-mêmes, etc. ; " comme dans le corps de la réponse.

TEMOIGNAGES DE LA TRADITION.

1. S. GREGOIRE, in caput IX lib. I Regum, sur ces paroles : Dixit Samuel cœco, etc. : " Jésus-Christ ne s'est pas chargé de faire pour nous tout ce que nous avons nous-mêmes à faire. Il est vrai qu'il nous a tous rachetés par sa croix ; mais il reste à celui qui veut recueillir les fruits de sa rédemption et régner avec lui, de porter sa croix à son tour. Celui-là voyait bien ce qu'il nous reste ainsi à chacun à faire, qui disait : Si nous souffrons avec lui, nous régnerons avec lui (II Tim., II, 12). C'est comme si l'Apôtre nous avait dit : Ce que Jésus-Christ a accompli dans sa personne, ne servira qu'à celui qui accomplira dans la sienne ce qu'il lui reste faire à lui-même. C'est ce qui a fait dire à l'apôtre saint Pierre : Jésus-Christ a souffert pour nous en vous laissant son exemple, afin que vous marchiez sur ses traces (I PIERRE, II, 21) ; et à saint Paul : J’accomplis dans ma personne ce qui reste des souffrances de Jésus-Christ (Col., I, 24). "

2. S. BASILE, in Regulis brevioribus, quæst 12

: " Dieu nous ayant envoyé son Fils unique pour nous faire obtenir la rémission p.81 fin p.82 début de nos péchés a fait dès-lors ce qui dépendait de lui pour nous pardonner à tous. Mais comme l'écrivain inspiré ne célèbre pas seulement la miséricorde d e Dieu, mais aussi son jugement et sa justice (Ps. C, 4), il est indispensable que nous fassions de notre côté ce que les prophètes et les apôtres nous ont marqué touchant la nécessité de la pénitence pour rendre hommage de cette manière à la justice de Dieu, et donner occasion à sa miséricorde par le pardon qu'il nous accordera. "

3. S. CYPRIEN, Epist. LIX (al. LVIII) ad Fidum presbyterum : " Nous avons lu, frère bien-aimé, la lettre où vous nous parlez d'un certain Victor qui a perdu son rang de prêtre et auquel notre collègue Thérapius, par une imprudente précipitation, a donné la réconciliation avant que le coupable eût accompli entièrement sa pénitence et payé à la justice divine la dette de la satisfaction. Nous ne le cacherons pas, cette infraction à l'autorité de notre décret, cette réconciliation accordée avant le temps déterminé pour la réparation du crime, sans la participation et la demande du peuple, lorsqu'aucune maladie, aucun autre péril ne la rendait nécessaire, ne nous a pas médiocrement surpris. "

4. Le même, Epist, X (al. IX) ad Clerum

: " Ils pourraient, en faisant une véritable pénitence, satisfaire à Dieu et au Père des miséricordes par la prière et les bonnes œuvres. "

5. TERTULLIEN, Lib. de Pænitentiâ, c. 5 : " Celui qui par le repentir avait résolu de satisfaire à Dieu, se repent de son repentir, afin de rester en grâce avec le diable. " Ibidem, c. 7 : " Mais il ne faut pas se décourager cependant, si l'on vient à avoir besoin d'un second pardon. Fuyez la rechute, mais ne fuyez pas une seconde grâce. Evitez de vous exposer de nouveau au danger, mais n'écartez pas de vous la main secourable qui veut vous sauver une seconde fois. Point de fausse honte ; à une nouvelle maladie, il faut de nouveaux remèdes. Le moyen de témoigner votre reconnaissance au Seigneur, c'est de ne pas refuser le don qu'il vous offre. Vous l'avez offensé, mais vous pouvez encore vous réconcilier avec lui. Vous savez à qui il faut satisfaire, et combien il s'empressera de recevoir votre satisfaction. " Ibidem, c. 8 : " Si vous aviez un doute à cet égard, parcourez ce que l'Esprit-Saint mande aux Eglises : il attribue à celle d'Ephèse de n'avoir plus la charité ; il reproche à celle de Thyatire ses dissolutions et son penchant à l’idolâtrie ; à celle de Sardes, de n'avoir que des œuvre imparfaites ; il reprend les fidèles de p.82 fin p.83 début Laodicée d'avoir trop de confiance dans leurs richesses ; et cependant il les exhorte tous à la pénitence, et même il leur fait des menaces. Or, il ne menacerait pas les impénitents, s'il n'avait d'autre part l'intention de leur pardonner dès qu'ils viendraient à se repentir. " Ibidem, c. 9 : " Cette confession est un commencement de réparation et de satisfaction. La confession amène le repentir, et le repentir apaise le Seigneur. "

6. Le concile de Trente, session XIV, chapitre VIII du sacrement de pénitence : " Enfin, à l'égard de la satisfaction, qui de toutes les parties de la pénitence, est celle qui de tout temps a été la plus recommandée aux chrétiens par les saints Pères et qui cependant, sous prétexte d'une piété extrême se trouve la plus combattue en ce siècle par des personnes qui ont l'apparence de la piété, mais qui en répudient l'esprit véritable, le saint concile déclare qu'il est tout-à-fait faux et contraire à la parole de Dieu de dire que la faute n'est jamais pardonnée au tribunal de Dieu, sans que la peine soit aussi remise tout entière Car, outre la tradition divine, il se trouve dans les livres saints plusieurs exemples éclatants et fameux, qui condamnent manifestement cette erreur. "

" Et certes, la justice même de Dieu semble exiger de lui, qu'il ne reçoive pas en grâce ceux qui, n'étant pas encore baptisés, n'ont péché que par ignorance, de la même manière que ceux qui, après avoir été déjà délivrés de la servitude du péché et du démon, et avoir reçu le don du Saint-Esprit, n'ont pas craint de profaner sciemment le temple de Dieu et de contrister l'Esprit-Saint. Et il convient à la clémence divine elle-même de ne pas nous remettre nos péchés sans exiger de nous quelque satisfaction, de peur que, prenant de là occasion de les regarder comme peu de chose, nous ne venions à tomber dans des crimes plus énormes par une conduite ingrate et injurieuse à l'Esprit-Saint, et que nous n'amassions ainsi sur nos têtes un trésor de colère pour le jour des vengeances. Car il est hors de doute que ces peines satisfactoires sont un frein puissant qui nous empêche de retomber dans le péché et nous oblige à nous tenir davantage sur nos gardes et à être plus vigilants à l'avenir, en même temps qu'elles achèvent de nous guérir en corrigeant, par la pratique des vertus contraires, les habitudes vicieuses que nous aurait fait contracter une vie coupable. "

" Aussi l'Eglise de Dieu n'a-t-elle jamais connu de voie plus p.83 fin p.84 début assurée pour détourner les châtiments dont nous pouvons être menacés par la justice divine, que ces œuvre de pénitences pratiquées avec une véritable douleur. Ajoutez à cela qu'en souffrant pour nos péchés au moyen de ces satisfactions volontaires, nous nous rendons conformes à Jésus-Christ qui a satisfait pour nos péchés, et de qui nos œuvres mêmes empruntent toute leur efficacité ; et qu'ainsi c'est pour nous un gage certain, que si nous souffrons avec Jésus-Christ, nous serons aussi glorifiés avec lui (II Tim, II, 12). "

" Et en effet cette satisfaction, que nous acquittons pour nos péchés, n'est pas tellement la nôtre, qu'elle n'emprunte sa vertu de notre divin Sauveur. Car si, d'une part, nous ne pouvons rien de nous-mêmes comme de nous-mêmes, nous pouvons tout de l'autre avec le secours de celui qui nous fortifie (Phil, IV, 13). Ainsi l'homme n'a rien dont il puisse se glorifier ; mais tout le sujet de notre gloire est en Jésus-Christ (II Cor., X, 47), en qui nous vivons, en qui nous méritons et en qui nous satisfaisons, lorsque nous faisons de dignes fruits de pénitence, qui eux-mêmes empruntent de lui leur vertu, sont offerts par lui au Père et en sa considération sont acceptés par le Père. "

" Les prêtres du Seigneur doivent donc, autant que l'esprit de Dieu et la prudence pourra le leur suggérer, enjoindre aux pénitents des satisfactions salutaires et proportionnées à leur état et à la qualité de leurs crimes ; de crainte que, s'ils les traitaient avec trop d'indulgence et les flattaient dans leurs désordres en n'imposant que des pénitences très-légères pour des fautes très graves, ils ne se rendissent complices des péchés d'autrui. Ils doivent aussi prendre garde à ce que la satisfaction qu'ils imposent aux pécheurs ne serve pas uniquement de soutien à leur faiblesse dans la vie nouvelle qu'ils embrassent, mais qu'elle leur tienne lieu aussi de correction pour leurs péchés passés. Car les anciens Pères s'accordent à enseigner comme l’Eglise d'aujourd'hui, que les clefs ont été confiées aux prêtres, non-seulement pour qu'ils puissent délier, mais aussi pour qu'ils lient au besoin. Et ils n'ont pas pensé pour cela que le sacrement de pénitence fut un tribunal de vengeance ou de supplices, pas plus qu'aucun catholique n'a jamais pu croire que ces quelques satisfactions que nous offrons à Dieu obscurcissent ou diminuent en quoi que ce soit l'éclat des satisfactions et des mérites de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Mais les novateurs, qui ne veulent pas comprendre cette explication si naturelle, a force de répéter p.84 fin p.85 début que la meilleure pénitence consiste à mener une vie nouvelle, finissent par supprimer toute œuvre satisfactoires, et par en nier toute la vertu. "

7. Ibidem, chapitre IX : " Le concile enseigne en outre, que telle est l'étendue de la libéralité divine, qu'elle accepte comme des satisfactions suffisantes non-seulement les pénitences volontaires que nous nous imposons à nous-mêmes pour nous punir de nos péchés, ou qu'un confesseur nous enjoint à proportion de la gravité de nos fautes, mais encore, et c'est ce qui prouve combien Dieu nous aime, toutes les afflictions qu'il nous envoie dans ce monde, si nous les supportons avec patience, et les offrons à Dieu le Père par Notre-Seigneur Jésus-Christ. "

8. S. AUGUSTIN, Lib. II de peccatorum meritis et remissione, c. 54 : " De même que nos premiers parents ont obtenu, ainsi que nous le croyons avec fondement, en vivant dans la justice, le reste de leur vie, d'échapper aux peines éternelles grâce aux mérites du Sauveur, et que cependant ils n'ont pu rentrer, leur vie durant, dans le paradis terrestre ; ainsi cette chair de péché, tant que nous lui restons unis après nos péchés pardonnés, quand même nous vivrions désormais dans une parfaite innocence, ne serait pas pour cela exempte de la mort, dont le péché héréditaire nous a fait contracter la dette. C'est ce que 1'Ecriture nous fait entendre à l'occasion du patriarche David (II Sam., XII) qui, menacé de la colère de Dieu par le prophète député vers lui. A cause du double crime dont il s'était rendu coupable, obtint son pardon par l'aveu qu'il en fit, comme le lui assura le prophète lui-même et qui cependant vit fondre sur lui les maux dont il avait été menacé, pour que la mort, qui lui enleva bientôt l'enfant qui lui vint, fût pour lui la source d'une humiliation salutaire. "

9. Le même, Lib. XXII contra Faustum Manichæum

: " L'esprit de Dieu voyait-il dans David autre chose que les dispositions intimes de son cœur lorsque, repris par le prophète, il dit aussitôt : J'ai péché, et que par ce simple mot il obtint sur-le-champ l'assurance de son pardon ? Et pour quel effet, sinon pour son salut éternel ? Car les maux dont Dieu l'avait menacé pour sa correction n'en eurent pas moins leur cours, de sorte qu'en même temps que sa confession lui a valu l'exemption de l'éternel supplice, l'affliction qui lui survint acquitta, en l'éprouvant, la peine temporelle qu'il lui restait à subir. Et ce n'est pas une preuve médiocre de la constance de sa foi, de sa p.85 fin p.86 début résignation parfaite et de sa soumission à la volonté divine, que de le voir, lorsque ces maux lui arrivèrent malgré ce que le prophète lui avait dit que Dieu lui avait pardonné, s'abstenir de toute plainte, soit à l'égard du prophète qu'un autre à sa place aurait pu accuser de l'avoir trompé, soit à l'égard de Dieu même qui lui aurait fait donner une fausse assurance de pardon. C'est que ce roi profondément religieux, qui savait élever son âme vers Dieu, mais jamais contre Dieu, comprenait parfaitement quels châtiments éternels ses péchés lui auraient fait encourir si le Seigneur n'avait eu égard à sa confession et à sa pénitence, et que les maux temporels dont il se voyait éprouvé, bien loin d'être à ses yeux une rétractation de ce pardon divin, étaient au contraire le moyen ménagé pour sa guérison. "

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