Grand Catéchisme (Somme de doctrine chrétienne) (page 85)
10. S. GREGOIRE, lib. IX Moralium in Job, c. 27, sur ces paroles du chapitre IX du livre de Job, Sciens quod non parceres deliquenti : " Si Dieu ne pardonne point à celui qui pèche, qui est-ce qui pourra éviter la mort éternelle, puisque personne n'est absolument exempt de péché ? N'est-ce pas plutôt qu'il pardonne au pénitent, mais non au pécheur ? Car il est vrai de dire que nous cessons d'être pécheurs du moment où nous pleurons nos péchés. Mais comment expliquer ce regard que le Sauveur jette sur Pierre, dans le moment où cet apôtre le renie, et qui a pour effet de faire couler ses larmes? Comment expliquer encore cette voix du ciel que Paul eut le bonheur d'entendre, dans le temps même où il travaillait avec ardeur à éteindre sur la terre le nom du Christ ? Mais aussi c'est que le péché fut puni et expié dans la personne de chacun de ces deux apôtres : car il est écrit de saint Pierre qu'il se rappela la parole que Jésus lui avait dite, et qu'étant sorti dehors, il pleura amèrement. Et la Vérité même, qui avait appelé saint Paul, dit de lui : Je lui montrerai combien il faut qu'il souffre pour mon nom. "
" Il reste donc toujours établi que Dieu ne pardonne point celui qui pèche, puisqu'il ne laisse aucun péché sans punition. Car, ou l'homme le punit lui-même par la pénitence, ou Dieu le punit dans l'homme par sa justice. Et c'est ainsi que Dieu ne pardonne point au péché, puisqu'il ne le laisse jamais impuni. Par exemple, ce ne fut qu'après avoir fait l'aveu de son double crime, que David obtint cette parole de grâce : Le Seigneur vous a remis votre péché. Ce qui n'empêcha pas qu'il ne fût affligé dans la suite, de tribulations sans nombre, et réduit à prendre la fuite, en expiation du péché qu'il avait commis. Nous-mêmes nous avons p.86 fin p.87 début été lavés du péché originel par le baptême ; et cependant, après que ce péché a été effacé en nous, nous n'en serons pas moins punis plus tard par la mort temporelle dont personne n'est exempt. " " C'est donc avec beaucoup de raison que Job dit ici :
Sachant que vous ne pardonnez point à celui qui pèche.
Car, lors même qu'il nous pardonne nos péchés, il en prévient le retour en les punissant, soit par nous, soit par lui-même. Il a soin d'effacer dans ses élus toutes les taches de leurs péchés par des afflictions temporelles, pour n'être pas obligé d'en poursuivre la vengeance dans l'éternité. "
11. S. AUGUSTIN, Tract. CXXIV in Evangelium Joannis
: " Ce n'est pas pour les biens dont on jouit qu'on a besoin de patience, mais seulement pour les maux que l'on souffre. C'est ce que nous faisons en cette vie malheureuse, dont il est dit dans l'Ecriture, que la vie de l'homme sur la terre est une tentation continuelle (JOB, VII, 4), et dans laquelle nous demandons tous les jours à Dieu qu'il nous délivre des maux dont elle est remplie (MATTH., VI, 43). Nous n'en sommes pas moins obligés d'endurer ces maux avec patience, quand même nous aurions reçu déjà la rémission de nos péchés, quoique ce soit uniquement le péché qui en est la cause primitive. Car il est juste que la punition dure plus longtemps que la faute, de peur que si nous étions quitte de l'une aussitôt que de l'autre, la faute ne nous parût trop légère. Et c'est ainsi que l'homme, même après avoir obtenu la rémission de la damnation éternelle qu'il avait encourue par son péché, ne laisse pas d'en être puni en ce monde, soit pour être averti par là des maux que le péché entraîne après lui, soit pour que ces maux eux-mêmes l'obligent à se corriger, soit enfin pour qu'ils servent d'exercice à sa patience (Cf. Les traités de S. Augustin sur l'Evangile de S. Jean, etc., t. IV, p. 235-236). "
12. S. CHRYSOSTOME, Hom. LXXX ad populum Antiochenum
: " Quoi ! J'ai passé à pécher ma vie entière et je serai sauvé si je fais pénitence ? - Assurément.
- Et quelle preuve en avez-vous ? - La bonté de Dieu. - Ne comptez pas sur votre pénitence, qui ne saurait effacer d'aussi grands péchés. - Si cette pénitence était considérée isolément, vous auriez raison de craindre ; mais joignez-y la miséricorde de Dieu, et soyez certain que celle-ci l'emportera sur votre malice : car Dieu est infini- p.87 fin p.88 début ment miséricordieux, et si rempli de clémence, qu'il n’a pas même épargné son fils pour racheter d'ingrats esclaves. Ne me dites pas : J'ai trop commis de péchés, et comment pourrai-je être sauvé ? Cela n'est pas possible à vous, mais cela est possible à votre Dieu, qui peut toujours effacer les péchés, au point qu'il n'en reste aucune trace. C'est ce qui n'a pas lieu dans les maladies ou dans les plaies corporelles, dont il reste toujours la cicatrice ou une certaine difformité, qui en demeure comme la preuve subsistante, quelle que soit l'habileté du médecin. Celui-ci aurait beau faire tous ses efforts, jamais il ne pourrait faire disparaître entièrement les traces de la plaie. L'infirmité de notre nature, l'impuissance de l'art, le peu de vertu des médicaments, tout s'y oppose. Mais Dieu, au contraire, lorsqu'il efface les péchés, n'y laisse ni cicatrices ni aucune trace, mais en rendant la santé à l'âme, il lui rend aussi sa beauté ; en même temps qu'il remet an pécheur les peines qu'il a méritées, il le constitue dans un état de justice, et il le rend aussi pur que s'il ne s'était jamais souillé. Le péché eût-il fait à ce pécheur un nombre infini de plaies, s'il en fait pénitence, et qu'il accompagne sa pénitence de quelques bonnes œuvres, Dieu fait tellement disparaître les plaies de son âme, qu'il n'en reste ni cicatrices, ni traces, ni le moindre vestige. "
X : " Quand même nos crimes ne mériteraient pas de pardon, faisons toujours pénitence et nous remporterons des couronnes. Et quand je parle de pénitence, je ne veux pas dire celle qui se bornerait à ne plus faire les péchés qu'on commettait autrefois, mais ce qui vaut bien mieux encore, celle qui se porte à la pratique du bien. Faites, dit saint Jean, de dignes fruits de pénitence. Et comment en ferons-nous? En faisant précisément le contraire du passé. Vous avez, par exemple, enlevé le bien d'autrui ? Donnez dorénavant le votre. Vous avez croupi dans des impuretés coupables? Abstenez-vous à des jours marqués du commerce de votre propre femme, exercez-vous à la continence. Vous avez insulté et maltraité les passants ? Bénissez désormais ceux qui vous insulteront vous-mêmes, faites du bien à ceux qui vous feront du mal. Car il ne suffit pas pour se guéri de tirer le fer de la plaie ; il faut encore, appliquer des remèdes. Avez-vous fait des excès dans le manger ou dans le boire ? Jeûnez maintenant et p.88 fin p.89 début condamnez-vous à l'eau, et paralysez ainsi les fâcheux effets qu'aurait pour vous votre intempérance. Ou bien auriez-vous jeté un regard impudique sur une beauté étrangère ? Ne regardez plus aucune femme, et vous éloignerez de vous le danger (Cf. S. Joan. Chrys. opere, t. VII, p. 146-147, édit. des Bénédict.; pag. 169-170, édit de Gaume ; Serm de S. Chrysost, sur S. Matthieu, trad. par Marsilly, t. Ier, pag. 217-2 18). "
Question VIII
Rapportez quelques sentences des Pères au sujet de la satisfaction ?
Voici ce qu'enseigne à ce sujet saint Cyprien, ce saint martyr, cet éloquent témoin de la tradition : "
Si Dieu est un père compatissant, il est un juge non moins redoutable. A de profondes blessures appliquez de longs, d'énergiques remèdes ; la pénitence ne doit pas être moindre que la prévarication. Ce qu'il vous reste à faire, c'est de prier sans relâche, de passer tous vos jours dans le deuil, de prolonger vos nuits dans les veilles et dans les larmes, de consumer tout le reste de votre vie dans les gémissements de la pénitence, de vous prosterner dans la poussière, de vous rouler sur la cendre et le cilice. " Voici ce qu'il dit encore : " C'est le Seigneur qu'il faut prier, c'est lui qu'il faut fléchir par une juste satisfaction. . . . Repassons nos fautes dans l'amertume de notre cœur ; perçons les ténèbres d'une conscience coupable, et jugeons-la sans flatterie. . . . . Entrons dans le chemin de la pénitence que nous montre le pontife du Seigneur ; employons les remèdes énergiques qu'il nous trouve dans les livres saints, et n'omettons rien de ce qui peut nous guéri des plaies même secrètes dont nous lui avons fait la confession, en déchargeant dans son sein le fardeau qui pesait à notre conscience. Ne cessons de faire pénitence et d'implorer la miséricorde du Seigneur, de peur que ce que nous retrancherions de la satisfaction qui est due, n'augmente l'énormité de notre crime. "
Saint Augustin a dit aussi en termes très-énergiques : " Ce n'est pas assez pour nous de réformer nos cœurs et de cesser nos désordres si nous ne satisfaisons à Dieu pour le passé par un repentir sincère, par d'humbles gémissements, par le sacrifice d'un cœur contrit, et par le mérite de l'aumône. "
Voici encore ce que nous trouvons dans saint Jérôme : " Affligeons un corps qui s'est énervé dans les délices d'une vie p.89 fin p.90 début molle ; que des pleurs continuels offrent une compensation pour nos rires sans fin ; échangeons les étoffes mollettes et les vêtements de soie contre les rudes aspérités du cilice. "
C'est aussi ce que veulent dire les paroles suivantes de saint Ambroise : " Celui qui fait pénitence doit non-seulement effacer son péché par ses larmes, mais de plus couvrir ses fautes passées par une vie exemplaire, pour qu'il n'en porte pas un jour la peine. " Le même Père dit ailleurs : " On ne guérit les grandes plaies que par un traitement long et difficile ; on n'expie les forfaits que par une satisfaction qui les égale en grandeur. "
Voici enfin ce que dit à son tour saint Grégoire : " Que celui qui se reproche d'avoir fait des choses illicites, ait bien soin de s'abstenir de quelques autres même permises, afin de satisfaire par ce moyen à son créateur. "
TEMOIGNAGES DE LA TRADITION.
2. Le même, ad Cornelium Epist. LV (al. LIV), dit en parlant des hérétiques : " Et mon indignation ne s'allumerait pas p.90 fin p.91 début contre vous, dit le Seigneur ? Mais eux, que font-ils ? Ils se jettent à la traverse pour empêcher qu'on ne prie ce Dieu qui nous menace de sa colère ; ils empêchent qu'on ne fléchisse par la prière et les œuvres de satisfaction ce Christ, qui reniera, comme il le déclare quiconque l'aura renié. "
" Pour ce qui nous concerne, nous n'avons épargné ni les lettres ni les plaintes, même pendant la persécution ; mais nous n'avons pas été écoutés. Nous avons fait plus ; dans plusieurs assemblées d'évêques, nous avons ordonné avec menaces que tous nos frères eussent à entrer dans les voies de la pénitence et défendu que l'on accordât imprudemment la réconciliation à ceux qui ne pleureraient point leur crime. Et voilà que ces sacrilèges, empiétant sur les droits de Dieu et cédant à une aveugle fureur contre ses évêques, rompant ouvertement avec l'Eglise et tournant contre elle des armes parricides, couronnent leur ouvrage par une malice infernale, et travaillent sans relâche à empêcher la clémence divine de fermer dans son Eglise les blessures de tant de combattants. Ils corrompent la pénitence de ces infortunés par leurs mensonges et leurs artifices, afin que la justice divine soit frustrée de la satisfaction qu'elle exige, afin que celui qui a rougi d'abord ou tremblé de se montrer chrétien ne se mette plus en peine de retrouver Jésus-Christ son maître, afin que le transfuge ne retourne pas à l'Eglise qu'il a désertée. Les satisfactions légitimes qui rachetaient les fautes, ils les arrêtent, les pleurs qui lavaient les blessures, ils les tarissent ; à l'ombre d'une paix fallacieuse, ils enlèvent la paix véritable ! Je crois voir une marâtre cruelle, qui, les bras étendus, ferme au repentir des criminels le sein bienfaisant de leur mère de peur que la voix de leurs larmes et de leurs sanglots ne soit entendue. "
4. Le même, Serm. de lapsis : " C'est le
Seigneur qu'il faut prier, c'est lui qu'il faut fléchir par une juste satisfaction. Repassons nos fautes dans l'amertume de notre cœur perdons les ténèbres d'une conscience coupable, et jugeons-la sans flatterie. Souvenons-nous qu'en abandonnant les voies du Seigneur et en rejetant sa loi, nous avons foulé aux pieds ses ordonnances et ses salutaires avertissements. Qu'attendre d'un homme que la persécution n'a pas rendu meilleur ? La foi changera-t-elle un cœur que la tribulation a laissé coupable ? Cette tête superbe s'humiliera-t-elle après sa chute ? Ce cœur gonflé d'orgueil, sera-t-il p.91 fin p.92 début brisé par sa défaite ? Voyez l'homme égaré par sa passion ! Meurtri, couché dans la poussière, il menace insolemment celui qui est resté debout ; il s'emporte en discours sacrilèges contre celui qui ne livre point précipitamment Jésus-Christ à la souillure de ses mains, à la profanation de ses lèvres. Malheureux! Reconnaissez votre démence! Vous vous déchaînez contre l'ami qui veut détourner de votre tête la colère divine, qui appelle sur vous la miséricorde paternelle, qui ressent vos blessures, ces blessures que vous ne ressentez pas vous-mêmes et verse pour vous des larmes que votre crime ne peut vous arracher. Vous comblez la mesure de vos prévarications. Le moyen je vous prie, que Dieu vous soit compatissant, quand votre haine inflexible poursuit ses ministres ? Pourquoi fermez-vous l’oreille à nos salutaires avertissements ? Pourquoi refusez-vous d'entrer dans les sentiers de la pénitence que nous ouvrons devant vous ? Pourquoi repoussez-vous avec l'obstination de l'emportement et de la fureur la main qui vous apporte les remèdes évangéliques destinés à vous rendre la santé ?. . . "
" Hélas ! combien de prévaricateurs qui, repoussant la pénitence et la confession de leurs crimes, deviennent tous les jours la proie des esprits immondes ! Combien qui sont agités jusqu'à la démence, jusqu'à la fureur ! . . . . .
Ah ! combien j'aime mieux la foi et les salutaires frayeurs de ceux qui, sans avoir sacrifié aux idoles, sans porter dans leurs mains l'attestation de leur apostasie, mais pour en avoir eu la pensée seulement, viennent, avec simplicité et repentir, ouvrir leur conscience aux prêtres du Seigneur, déposer un fardeau qui leur pèse et à de légères blessures appliquer d'énergiques remèdes en se rappelant qu'il est écrit : " On ne se joue pas de Dieu ! . . . . . . " Qu'il (le pécheur) recoure donc à la pénitence et ne cesse d'implorer la miséricorde du Seigneur, de peur que ce qu'il retrancherait de la satisfaction qu'il doit, n'augmente l'énormité de son crime. "
5. Le même, Serm. de opere et eleemosynis, nous avertit de racheter nos péchés par des aumônes, et il dit entre autres choses remarquables : " Purifions-nous, au moyen des aumônes des souillures, quelles qu'elles soient, que nous avons contractées. De même que le feu de l'enfer s'éteint dans l'eau salutaire du baptême, ainsi tous les crimes sont comme étouffés par l'aumône et les bonnes œuvres. Si nous voulons nous purifier et nous guérir de nos péchés, ce sont des remèdes spirituels qu'il faut appliquer à nos plaies. La satisfaction est le remède salutaire que Dieu a mis p.92 fin p.93 début entre nos mains pour nous guérir de nos blessures. Les saintes lettres nous ont appris ce qu'ont à faire les pécheurs : c'est de satisfaire à Dieu par des œuvres de justice, et de mériter leur pardon en exerçant la miséricorde. "
7. Le même, Enchirid. ad Laurentium, c. 70
: " Gardons-nous bien de penser que nous puissions impunément commettre tous les jours de ces crimes énormes dont la peine sera l'exclusion du royaume de Dieu, pourvu seulement que nous les rachetions tous les jours aussi par des aumônes. Car il faut de plus changer de vie, en même temps que satisfaire par des aumônes pour les péchés de la vie passée, et non pas croire qu'on puisse acheter par ce moyen la liberté de pécher encore. Car Dieu n'a donné à personne cette liberté (Ecclé., XV, 21), quoique sa miséricorde le porte à effacer les péchés déjà commis, pourvu qu'on s'efforce de satisfaire comme on le doit à sa justice. "
8. Ibidem, c. 71 : " A l'égard des fautes légères et de tous les jours, dont cette vie n'est jamais exempte, la prière journalière qu'on coutume de réciter les fidèles en est le remède suffisant. Car il n'appartient qu'à ceux qui sont devenus les enfants de Dieu par l'eau et par l'Esprit-Saint, de lui dire en cette qualité : Notre Père qui êtes aux cieux. Je dis donc que cette prière a la vertu d'effacer les fautes légères et de tous les jours. Elle peut même contribuer à effacer les péchés plus grands dans les fidèles qui y ont renoncé par un véritable changement de vie, si, de même que c'est avec vérité qu'ils disent, Pardonnez-nous nos offenses, parce qu'il y a toujours en nous des péchés à pardonner, ils ajoutent avec la même vérité : Comme nous-pardonnons a ceux qui nous ont offensés, c'est-à-dire, s'ils font véritablement ce qu'ils disent, et s'ils accordent du fond du cœur à ceux qui les ont offensés le pardon que leur demandent ceux-ci, et qui est une espèce d'aumône (Cf. S. Aur. Augustini opera, t. VI, p. 221-223, édit des Bénéd. ; col. 382-383, édit. de Gaume ; le Manuel de saint Augustin dans les Traités choisis, t. II, p. 401-402). "
10. S. JEROME, ad Eustochium Epist. XXVII, in epitaphio
Paulæ, n. 7 : " Affligeons un corps, etc., " comme dans le corps de la réponse. p.93 fin p.94 début
13. Le même, Lib. I de Pænitentiâ, c. 46 : " Je veux que le coupable espère son pardon, qu'il le demande par ses larmes, qu'il le demande par ses gémissements, qu'il le demande par les larmes de tout le peuple ; qu'il supplie pour que le pardon lui soit accordé, et qu'après que la communion lui aura été refusée deux et même trois fois, il croie qu'on a agi avec encore trop d'indulgence à son égard. Que les rebuts qu'il essuiera lui fassent redoubler ses gémissements, qu'il revienne à la charge, qu'il se jette aux pieds de son juge, qu'il les entrelace de ses bras, qu'il les baise de sa bouche, qu'il les lave de ses pleurs, et qu'il ne les lâche qu'après qu'il se sera entendu dire ces paroles : Beaucoup de péchés lui sont remis, parce qu'il a beaucoup aimé (LUC, VIII, 47). J'ai connu des pénitents à qui leurs larmes avaient tracé des sillons sur leurs visages, dont les joues étaient comme labourées par leurs pleurs continuels, qui étendaient leurs corps pour être foulés par les pieds des passants, dont le visage pâle attestait leurs jeûnes continuels, et semblait une image vivante de la mort. "
14. Le même, ad virginem lapsam, c. 8 : "
Il faut vous couvrir d'habits funèbres, soumettre votre esprit et votre corps, et chacun de vos membres, à de rudes corrections. Coupez ces cheveux qui n'ont servi qu'à votre vanité, qu'à votre perte. Faites deux sources de larmes de ces yeux, qui n'ont pu regarder innocemment un homme. Que la pâleur couvre ce visage, qui a rougi d'impudicité. Abattez ce corps par les austérités, les macérations et les jeûnes ; couvrez de cilices et de cendres ces membres, dont la beauté a été pour vous un objet de complaisance. Que ce cœur se fonde comme de la cire ; qu'il se tourmente par les jeûnes et s'agite par le remords de s'être laissé vaincre par son ennemi. Que l'esprit éprouve aussi son propre tourment, pour avoir cédé aux mauvaises impressions du corps dont il avait l'empire. "
" Telle est la vie que vous devez mener désormais, telle est la pénitence que vous devez pratiquer ; si vous y persévérez, vous pourrez espérer avec confiance, sinon la gloire, au moins l'exemption des peines. Car le Seigneur a dit : Convertissez-vous à moi, et je me convertirai à vous. Convertissez-vous de tout votre cœur, dans les jeûnes les pleurs et les gémissements ; déchirez vos p.94 fin p.95 début cœurs, et non vos vêtements : car Dieu est plein de bonté et de miséricorde. C'est ainsi que David, ce grand roi, s'est converti et a recouvré la grâce ; c'est ainsi que Ninive, cette ville pécheresse échappa à la ruine dont elle était menacée. C'est ainsi que le pécheur, s'il ne se pardonne pas à lui-même trouvera en Dieu son pardon, et que, s'il rachète dans cette courte vie les peines éternelles de l'enfer, il n'aura rien à craindre du dernier et irrévocable jugement. "
" On ne guérit les grandes plaies que par un traitement long et difficile, on n'expie les forfaits que par un châtiment proportionné, et il est certain que le crime s'allège lorsqu'on le confesse, et qu'on s'en repent avec sincérité. Mais celui qui veut tenir ses fautes secrètes est découvert malgré lui, et malgré lui ses fautes sont rendues publiques, et cette publicité aggrave le crime. Vous ne pouvez pas nier que ce ne soit là ce qui vous arrive ; que votre affliction réponde donc à la grandeur de votre péché. "
" Si le pécheur réfléchissait sur la sentence que Dieu portera sur le monde, il se garderait bien d'aggraver ce jugement, soit par ses infidélités, soit en portant son attention sur les vanités du siècle. Quelque durée que dû avoir sa vie, il supporterait de plein gré les tourments passagers d'ici-bas, quelque douloureux qu'ils pussent être dans l'espoir d'échapper aux flammes éternelles. Mais vous, qui déjà êtes entré dans la carrière de la pénitence, persistez avec courage à la parcourir, attachez-vous fortement à cette planche de salut, dans l'espérance d'échapper par son moyen à ce gouffre de crimes dans lequel vous alliez être engloutie. Jusqu'au dernier jour de votre vie, attachez-vous à la pénitence. "
15. Le même, Lib. I de Pænitentiâ, c. 2 : " Que celui qui a eu le malheur d'aggraver sa faute aggrave aussi sa pénitence. Le fleuve des larmes doit s'élever à la hauteur du crime. "
17. EUSEBE d'Emèse, Hom. V ad monachos :
" Ne pensons pas que des péchés qui ont fait dans l'âme des plaies profondes puissent être effacés si facilement. Il est besoin de beaucoup de gémissements et de larmes, et d'une douleur vivement sentie pour guérir les maux de l'âme. Il ne faut rien de moins que tout l'effort de la contrition, pour arracher du cœur une habitude invétérée. Il ne suffit pas de dire du bout des lèvres : J'ai péché, pardonnez-moi, faites-moi grâce. Saül disait aussi : J'ai péché, p.95 fin p.96 début et cependant il n'obtint point le pardon que mérita David par un simple mot de repentir. Pourquoi cette différence ? Parce que la confession du premier ne renfermait que de vaines paroles, et non un regret sincère, parce qu'il ne rachetait pas l'énormité de son crime par l'humilité de sa prière. Ce n'est pas assez d'une contrition superficielle, pour racheter des crimes auxquels la mort éternelle serait due, et une pénitence qui n'a rien de durable ne saurait expier des désordres pour lesquels s'allumera un feu qui ne doit jamais s'éteindre. "
18. Le même, Hom. X ad monachos : " Ces péchés plus grands que les autres ont besoin pour être expiés de profonds gémissements, et comme d'une fontaine de larmes, pour qu'on puisse dire avec le Prophète : Dans l'affliction où mon âme est plongée, je pousse des rugissements (Ps. XXXVII, 9). . . . Toutes les nuits je laverai mon lit de mes larmes (Ps. VI, 7) ; et encore : Je mangeais la cendre comme le pain, et je mêlais mes larmes avec mon breuvage (Ps. CI, 10). Que personne ne dédaigne de s'humilier ainsi. C'était un grand roi qui disait ces paroles ; c'était un grand roi qui faisait ces choses. Chacun doit donc pleurer la perte de son âme, comme il ferait à la mort d'une personne chère ; chacun, tout en nourrissant l'espérance de réparer bientôt sa perte, doit se frapper la poitrine en témoignage de sa douleur, quand le péché a donné la mort son âme, comme une mère désolée se frappe la poitrine, quand elle a perdu son fils unique. Car l'âme est cette fille unique dont parle le Prophète quand il dit : Sauvez ma vie du tranchant de l'épée, ô mon Dieu, dérobez l’âme unique que je possède à la meute acharnée qui me poursuit (Ps. XXI, 21). Pourquoi l'appelle-t-il son unique ? C'est, ou parce qu'elle doit être aimée comme une fille unique, soit parce qu'elle sera seule pour rendre compte au tribunal du souverain juge : voila pourquoi tout le poids de notre douleur doit se porter sur elle, quand le péché lui a donné la mort, pour que nos larmes soient une source de vie qui la ressuscite, et notre foi un feu vivifiant qui la ranime. Notre componction doit être le baume qui referme ses plaies, et nos prières doivent prendre de nouvelles forces dans la pensée du jugement à venir, et un nouvel appui dans les œuvres de miséricorde. Prêtons une oreille docile à cet avis du Prophète : Suivez, ô roi ! le conseil que je vous donne, et rachetez vos péchés par les aumônes (DAN., IV, 24).
18. THEODORET, in Epitome divinorum decretorum, c. de pænitentiâ : " Les plaies que le péché fait à l'âme, même après le p.96 fin p.97 début baptême, sont toujours susceptibles d'être guéries ; non pas, il est vrai, comme auparavant par le pardon pur et simple et par la foi toute seule, mais au moyen de beaucoup de larmes et de gémissements, de jeûne et de prières à proportion du nombre et de la gravité des fautes. Car ceux qui refusent d'entrer dans de semblables dispositions ne doivent pas même, d'après ce qui nous a été enseigné, être reçus dans nos assemblées ou être admis à la participation des sacrements. Ne donnez pas les choses saintes aux chiens, nous a dit le divin Maître, et ne jetez pas vos perles devant les pourceaux (MATTH., VII, 6). Telles sont les lois de l'Eglise sur la pénitence. "
19. Le même, Lib. IV hæreticarum fabularum, de Audianis : " Ces hérétiques (les Audiens) se vantent de remettre les péchés. Car partageant en deux parts les livres saints mêlés avec d'autres faussement inspirés, auxquels, c'est-à-dire aux uns comme aux autres, ils attribuent une vertu secrète merveilleuse, ils ordonnent à leurs adeptes de passer entre tous ces livres disposés en deux rangées et de confesser, en faisant cette action, les péchés qu'ils peuvent avoir à se reprocher. Aussitôt cette confession faite, ils leur donnent l'absolution, sans leur fixer de temps pour la pénitence, comme le prescrivent les lois de l’Eglise, mais en leur en faisant de plein droit la remise entière. Ceux qui se soumettent à cette démarche, sachant bien que ce n'est qu'un jeu, cachent les péchés qu'ils se reprochent réellement, et n'en confessent que de légers et de ridicules, qu'ils rougiraient même de déclarer si d'ailleurs ils ne partageaient la folie de leurs maîtres. "
Question IX
Pourra-t-on satisfaire aussi après la mort ?
Pour répondre à cette question, il faut distinguer diverses classes de ceux qui viennent à mourir. Car parmi eux, les uns se trouvent avoir conservé jusqu'à la fin la grâce de Dieu et l'innocence de la vie : de ce nombre sont ces justes, tels qu'Abraham, Isaac et Jacob, dont parle Manassé dans sa prière et dont il dit que, comme ils n'ont pas péché, ce n'est pas pour eux que la pénitence a été établie. D'autres ont péché à la vérité et ont perdu la grâce de Dieu, mais ils ont expiés leurs désordres le reste de leur vie par de dignes fruits de pénitence : tels ont été David, Ezéchias, saint Pierre, sainte Magdeleine.
Ces deux premières classes n'ont aucun besoin de satisfaire après la mort, et en sont aussi tout-à-fait exemptes.
p.97 fin p.98 début Mais un nombre beaucoup plus grand se trouve dans un terme moyen ; c'est la classe de ceux qui, comme le dit saint Augustin, ne sont ni parfaitement bons ni complètement mauvais, ou qui n'ont pas fait suffisamment pénitence dans le cours de leur vie ; qui par conséquent ne seront sauvés qu'en passant comme par le feu, ou après avoir acquitté dans l'autre monde à la justice divine ce qui aura manque à leur pénitence dans celui-ci. Car rien de souillé n'entrera dans le royaume des cieux.
Pour revenir donc à la question qui nous est proposé, cette dernière classe de défunts doit être condamnée à offrir à Dieu une satisfaction sévère. Toutefois, la clémence divine a coutume de modérer la rigueur de leurs peines, en ayant égard à la piété des vivants, qui intercèdent pour leurs frère défunts, en les considérant comme toujours membres de cette Eglise, à laquelle ils appartiennent eux-mêmes, et qui peuvent leur obtenir par leurs suffrages la délivrance de leurs péchés et des châtiments rigoureux qui en seraient la suite. C'est ce que confirme l'autorité de ces paroles de 1'Ecriture : C'est une sainte et salutaire pensée que celle de prier pour les morts, afin qu'ils soient délivrés des liens de leurs péchés. C'est pourquoi cette même Ecriture a loué Judas Machabée, pour le zèle religieux avec lequel ce grand homme fit offrir à grands frais non-seulement des prières, mais encore des sacrifices pour les péchés de ceux de ses soldats qui avaient péri dans un combat.
La même vérité nous est enseignée par les conciles et par les saints Pères qui nous ont transmis là-dessus comme sur le reste la vraie doctrine de l’Eglise. Contentons-nous de citer ici saint Augustin, dont le grave témoignage nous tiendra lieu de tous les autres : " Nous lisons dans les livres des Machabées, dit ce Père, qu'un sacrifice fut offert pour des morts. Mais quand même ; on ne le lirait nulle part dans les anciennes Ecritures, nous n'en devrions pas moins déférer sur ce sujet à l'autorité de l'Eglise universelle, qui nous déclare assez nettement ce qu'elle pense là-dessus par les prières que les prêtres font à l'autel, et dans lesquelles se trouve toujours comprise une mention spéciale des défunts. " Le même Père dit ailleurs : " Qu'il (le fidèle) croie qu'il n'y aura des peines du purgatoire à subir qu'avant le suprême et redoutable jugement. " Et quoi de plus clair que ces autres paroles ? " Il ne faut pas douter que les prières de l'Eglise, le saint sacrifice qu'elle offre à Dieu, les aumônes que l'on fait en vue de soulager les âmes des défunts contribuent à leur soula- p.98 fin p.99 début gement, en portant le Seigneur à les traiter avec plus de miséricorde, que leurs péchés ne le méritent.
Car c'est là une coutume qui nous vient par tradition de nos pères et qui est observée dans toute l’Eglise. " Ainsi parlait saint Augustin il y a douze (plus de quatorze) cents ans, pour ne rien dire d'autres Père plus anciens, tels que saint Cyprien, Origène, saint Denis, saint Clément, qui tous s'accordent en ce point.
C'est pourquoi saint Chrysostôme nous exhorte, dans les homélies qu'il nous a laissées, à nous occuper nous-mêmes les premiers de soulager les défuntes et à y intéresser aussi les autres fidèles. Car " ce n'est pas sans motif que les apôtres ont prescrit de faire mémoire des défunts dans nos redoutables mystères. C'est qu'ils savaient combien il en revenait de profit à ces âmes, combien elles pouvaient en recueillir d'avantages. " Voilà comme saint Chrysostôme s'est exprimé sur ce sujet.
Cette doctrine enfin est celle que l’Eglise, fidèle, interprète de l’Ecriture, a constamment enseignée en soutenant contre les Aëriens qu'il y a un feu purifiant, dit du purgatoire, destiné à faire subir aux fidèles morts en Jésus-Christ la peine des péchés qu'ils n'auraient pas achevé ici-bas d'expier par la pénitence, à moins, comme le dit saint Augustin, que la piété de leurs frères vivants ne vienne, à leur secours.
p.99 fin p.100 début TEMOIGNAGES DE L’ECRITURE.
1. II Samuel, XII, 13 - 17 : " David (ayant été repris par Nathan pour un crime d'homicide et d'adultère qu'il avait commis) dit à Nathan : J'ai péché contre le Seigneur. Nathan lui répondit : Le Seigneur à son tour vous a remis votre péché ; vous ne mourrez point. - Mais cependant, comme vous avez été cause que les ennemis du Seigneur ont blasphémé, assurez-vous que le fils qui vous est né va perdre la vie. - Nathan retourna ensuite à sa maison. Le Seigneur frappa l'enfant que la femme d'Urie avait eu de David, et on désespéra bientôt de le conserver. - David pria le Seigneur pour l'enfant ; il jeûna, il se retira en particulier, et demeura couché sur la terre. - Les principaux de sa maison vinrent le trouver, et lui firent de grandes instances pour l'obliger à se lever de terre ; mais il refusa, et il ne mangea point avec eux. "
2. Psaume VI, 7 : " Je me suis épuisé à force de gémir ; chaque nuit j'arrose mon lit de mes pleurs ; j'inonde ma couche de mes larmes, etc. "
4. MATTHIEU, XXVI, 74-75 : " Alors il se mit à faire des imprécations et à jurer qu'il ne connaissait point cet homme ; et aussitôt le coq chanta. - Et Pierre se ressouvint aussitôt de la parole que Jésus lui avait dite : Avant que le coq chante, vous me renierez trois fois. Et étant sorti, il pleura amèrement. " p.100 fin p.101 début
5. LUC, VII, 37-40, 44-50 : " Et voilà qu'une femme pécheresse de la ville, ayant appris qu'il était à table chez le pharisien, apporta un vase d'albâtre, rempli de parfums. - Et se tenant derrière lui à ses pieds, elle commença à les arroser de ses larmes ; elle les essuyait de ses cheveux, les baisait et les embaumait de ces parfums. - Le pharisien qui l'avait invité, voyant cela, dit en lui-même: Si cet homme était prophète, il saurait sans doute qui est cette femme qui le touche, et ce qu'elle est, c'est-à-dire que c'est une femme de mauvaise vie. - Alors Jésus prenant la parole, lui dit : Simon, j'ai quelque chose à vous dire. Il répondit : Maître, parlez. .
. . . - Et se tournant vers la femme, il dit il Simon : Voyez-vous cette femme ? Je suis entré chez vous : vous ne m'avez point donné d'eau pour laver mes pieds ; et elle, au contraire, les a arrosés de ses larmes, et les a essuyés de ses cheveux. - Vous ne m'avez point donné de baiser ; mais elle, depuis que je suis entré, n'a cesse de me baiser les pieds. - Vous n'avez point répandu d'huile sur ma tête et elle a répandu ses parfums sur mes pieds. - Je vous déclare donc que beaucoup de péchés lui sont remis, parce qu'elle a beaucoup aimé ; mais celui à qui l'on remet moins, aime moins. - Alors il dit à cette femme : Vos péchés vous sont remis. - Et ceux qui étaient à table avec lui, commencèrent à dire en eux-mêmes : Qui est cet homme, qui remet même les péchés ? - Mais Jésus dit à cette femme : Votre foi vous a sauvée ; allez en paix.
"
6. I Corinthiens, III, 11-15 : " Personne ne peut établir un autre fondement que celui qui a été posé, et ce fondement c'est Jésus-Christ. - Si donc on élève sur ce fondement un édifice d'or, d'argent, ou de pierres précieuses, ou si l'on en élève un de bois, de paille, de foin ; - l'ouvrage de chacun paraîtra enfin, et le jour du Seigneur fera voir quel il est, parce qu'il sera manifesté par le feu, et que ce feu mettra à l'épreuve l'ouvrage de chacun. Si quelqu'un a bâti sur ce fondement un ouvrage qui demeure sans être brûlé, il en recevra la récompense. - Si l'ouvrage d'un autre est consumé par le feu, il en éprouvera de la perte ; il ne laissera pas pour cela d'être sauvé, mais ce sera comme en passant par le feu. "
7. Apocalypse, XXI, 27 : " Il n'entrera dans cette cité céleste rien de souillé ; ni aucun de ceux qui commettent l'abomination et le mensonge ; mais ceux-là seulement qui sont écrits dans le livre de vie de l'Agneau. "
8. Psaume XIV, 1, 2 : " Seigneur, qui sera digne d'habiter p.101 fin p.102 début dans votre tabernacle, de demeurer sur votre montagne sainte ? Ce sera celui qui vit sans tache, et qui pratique la justice. "
9. Ibidem, XXIII, 3-4 : " Qui pourra monter au lieu qu'habite l’Eternel ? Qui sera digne de s'arrêter sur la montagne sainte ? - Ce sera celui dont les mains sont innocentes et le cœur pur ; qui ne jure pas en vain par sa vie, et qui ne profère point un serment trompeur. "
10. II Machabées, XII, 42-46 : " Mais le vaillant Judas engageait le peuple à se préserver du péché, en voyant sous leurs yeux ce qui était arrivé par suite des péchés de ceux qui avaient péri dans la bataille. - Et ayant recueilli, d'une quête qu'il fit faire, douze mille drachmes d'argent, il les envoya à Jérusalem, afin qu'on offrît un sacrifice pour les péchés des soldats morts : tant étaient bons et religieux ses sentiments sur la résurrection ; - car, s'il n'avait espéré que ceux qui avaient été tués ressusciteraient un jour, il eût regardé comme vain et superflu de prier pour les morts. - Il considérait aussi sans doute qu'une grande miséricorde était réservée à ceux qui étaient morts dans un acte cher à la religion. - C'est donc une sainte et salutaire pensée que celle de prier pour les morts, afin qu'ils soient délivrés de leurs péchés. "
11. I Samuel, XXXI, 11-13 : " Les habitants de
Jabès de Galaad ayant appris le traitement que les Philistins avaient fait à Saül, - tous les plus vaillants d'entre eux sortirent, marchèrent toute la nuit, et ayant enlevé le corps de Saül et ceux de ses enfants restés suspendus à la muraille de Bethsan, ils revinrent à Jabès de Galaad, où ils les brûlèrent - Ensuite ils prirent leurs os, les ensevelirent dans le bois de Jabès, et jeûnèrent sept jours entiers."
12. II Samuel, I, 11-1 2 : " Alors David prit ses vêtements et les déchira, et tous les hommes qui étaient avec lui firent de même. - Ils s'abandonnèrent au deuil et aux larmes, et ils jeûnèrent jusqu'au soir à cause de la mort de Saül et de son fils Jonathas, du peuple du Seigneur et de la maison d'Israël. "
13. Ibidem, III, 31-36 : " Alors David dit à
Joab et à tout le peuple qui était avec lui : Déchirez vos vêtements, couvrez-vous de cilices, et pleurez aux funérailles d'Abner. Et le roi David suivait le cercueil. - Après qu'Abner eut été enseveli à Hébron, le roi David éleva la voix et pleura sur son tombeau ; tout le peuple pleura aussi avec lui. - Et le roi témoignant son deuil par ses larmes, dit : Abner, tu n'es point mort comme les lâches. - Tes mains n'ont point été liées ni tes pieds chargés p.102 fin p.103 début de fers ; mais tu es mort comme ceux qui tombent devant les enfants d'iniquité. Tout le peuple à ces mots redoubla ses larmes. Et tous étant revenus pour manger avec David, lorsqu'il était encore grand jour, David fit un serment en ces termes : Que Dieu me traite avec toute sa sévérité si je mange du pain ou quoi que ce soit avant le coucher du soleil. -Tout le peuple l'entendit, et ce que le roi avait fait lui plut extrêmement. "
14. Tobie, IV, 18 : " Mettez votre pain et votre vin sur le tombeau du juste, et gardez-vous d'en manger et d'en boire avec les pécheurs. "