Grand Catéchisme (Somme de doctrine chrétienne) (page 92)
21. Le même, Epist. II ad universos episcopos in Italiâ constitutos (C'est encore une décrétale supposée), c. 4 : " La division des provinces était en grande partie organisée longtemps même avant Jésus-Christ, et les apôtres n'ont eu besoin que de la renouveler de la part de Dieu, comme l'a fait aussi après eux le bienheureux Clément notre prédécesseur. Et dans les capitales de ces provinces, où étaient établis depuis longtemps les principaux magistrats chargés de faire observer les lois du siècle, et auxquels ceux des autres villes qui ne pouvaient avoir accès aux palais des rois ou des empereurs, ou à qui même cela était refusé, recouraient dans leurs besoins pour échapper à l'oppression ou l'injustice ; c'est p.188 fin p.189 début dans ces mêmes villes que les lois divines et ecclésiastiques ont voulu qu'il y eût des patriarches ou des primats, ce qui revient au même sous des noms différent (Les titres de primats et de patriarches ont pu être confondus dans les commencements ; ce n'est guère qu'au cinquième siècle que le titre de patriarche a été affecté aux quatre ou cinq principaux sièges, tant de l'Eglise d'occident que de celle d'orient), auxquels les évêques pussent recourir et en appeler au besoin. Les mêmes lois ont réglé aussi que les autres villes métropolitaines, moins élevées en dignité que les premières, auraient leurs métropolitains qui seraient soumis aux primats, comme cela se pratiquait déjà dans la législature civile, et qui n'auraient pas eux-mêmes le titre de primats, mais celui de métropolitain ou d'archevêques. Ces métropoles, quoique établies sur des provinces obligées de reconnaître leur juridiction, ont dû reconnaître à leur tour l'autorité des primats, et les causes majeures de leurs provinces être déférées à ces derniers, pour que de cette manière les torts pussent être redressés, les opprimés être délivrés de l'oppression, et les causes des évêques et autres semblables être terminées, sauf les droits et l'autorité suprême du siège apostolique. Telle est la tradition que nous avons reçue des anciens, des apôtres mêmes et des saints Pères, et dont nous vous recommandons l'observation, et pour le présent et pour les temps à venir, en vous priant de faire part de notre volonté a nos autres frères et à tous les fidèles.
"
22. Le même, Epist. III ad omnes episcopos ac reliquos Christi sacerdotes, c. 3 (C'est encore une pièce supposée) : " L'ordre de l'épiscopat est le même pour tous les évêques, quoique ceux des principales villes portent le titre particulier de primats, appelés patriarches par quelques-uns. Quant à ceux qui ont été établis métropolitains par le bienheureux apôtre Pierre, ou par notre prédécesseur saint Clément, ou par nous enfin d'après l'ordre du Seigneur, ils ne peuvent pas être tous primats ou patriarches, mais ceux-là seulement aux sièges desquels cet honneur a été attribué dès les anciens temps ; tous les autres auront le titre d'archevêques ou de métropolitains, et non celui de primats ou de patriarches, puisque les lois du siècle établissent la même règle par rapport à leurs magistrats. Nous vous envoyons, inscrite dans un autre tome que celui-ci, la liste des principales villes qui ont reçu des primats des mains des saints apôtres, ou de celles du bienheureux Clément, ou enfin des nôtres. Quant à cette sainte Eglise romaine p.189 fin p.190 début et apostolique, ce n'est pas des apôtres, mais du Seigneur lui-même qu'elle a reçu sa primauté. . . " Le reste comme plus haut, article des commandements de l’Eglise, question IX, témoignage 56, page 45.
23. S. ISIDORE évêque de Séville,
Lib. II de ecclesiasticis officiis, c. 5 : " Venons-en maintenant aux ordres les plus vénérables établis parmi les clercs ; montrons l'origine de chacun, le fondement sur lequel repose le sacerdoce, et quel a été l'auteur de la hiérarchie établie entre les évêques. Pour trouver l'origine du sacerdoce, il faut remonter jusqu'à Aaron, quoique avant Aaron Melchisédech a déjà offert un sacrifice, et après Melchisédech, Abraham, Isaac et Jacob. Mais ces derniers n'offraient leurs sacrifices que pour obéir à un mouvement spontané de leur propre volonté, et non pour remplir le devoir d'un sacerdoce proprement dit. Aaron est le premier qui ait reçu parmi les Juifs le titre de prêtre, qui ait été revêtu des ornements pontificaux, et qui ait offert des victimes pour obéir à l'ordre exprès du Seigneur, qui avait dit à Moïse : Prenez Aaron et ses fils, et placez-les près de l’entrée du tabernacle du témoignage : et lorsque vous aurez lavé avec de l’eau le père et les enfants, vous revêtirez Aaron de ses vêtements, c'est-à-dire de la tunique de lin, de la robe de couleur d'hyacinthe, de l'éphod et du rational, que vous lierez avec la ceinture ; et vous lui mettrez la tiare sur la tête, et la laine sainte sur la tiare. Vous répandrez ensuite sur sa tête de l'huile de consécration, et il sera sacré de cette manière Vous ferez approcher aussi ses enfants, vous les revêtirez de leurs tuniques de lin, vous les ceindrez de leurs ceintures ; c'est ce que vous ferez à Aaron et à ses enfants. Vous leur mettrez la mitre sur la tête et ils seront mes prêtres pour me rendre un culte perpétuel (Exod., XXIX, 4-9). Remarquons ici qu'Aaron a été établi grand-prêtre, c'est-à-dire évêque, et que ses fils nous représentent les prêtres placés sous la dépendance des évêques.
Car ils étaient eux-mêmes prêtres, et devaient être assistés à leur tour par des lévites, aussi bien que le grand-prêtre. Mais il y avait entre Aaron grand-prêtre, et ses fils prêtres aussi, cette différence, qu'Aaron portait par-dessus sa tunique le rational, la robe de couleur d'hyacinthe, la couronne d'or, la mitre, la ceinture d'or, l’éphod et les autres ornements que nous avons tout-à-l'heure mentionnés ; au lieu que les fils d'Aaron assistaient aux sacrifices avec leur simple tunique, la ceinture et la tiare. Mais on demandera peut-être quel personnage à son tour pouvait représenter Moïse. Car si les fils d'Aaron p.190 fin p.191 début représentaient les prêtres, et si Aaron lui-même représentait le grand-prêtre, c'est-à-dire l'évêque ; Moïse lui-même qui représentait-il? Sans aucun doute il représentait le Christ. Je puis même dire qu'il le représentait véritablement en tout, qu'il était la figure parfaite de ce divin Médiateur placé entre Dieu et les hommes, chef des peuples, véritable prince des prêtres, pontife souverain, à qui l'honneur et la gloire appartiennent dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il. C'est m'être assez étendu sur les commencements du sacerdoce de l'ancienne loi. Maintenant sous la nouvelle, l'ordre sacerdotal a commencé après Jésus-Christ, par l'apôtre Pierre, car c'est à cet apôtre qu'a été donnée la primauté du pontificat dans l’Eglise chrétienne. Notre-Seigneur lui a dit en effet : Vous êtes Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle ; et je vous donnerai les clefs du royaume des cieux. Ainsi donc, Pierre a reçu le premier le pouvoir de lier et de délier, et c'est lui aussi qui le premier a amené le peuple par sa prédication à la connaissance de la foi ; bien que les autres apôtres aient reçu avec lui un pouvoir et une dignité semblable à la sienne, et qu'ils aient comme lui prêché l’Evangile dans tout l'univers, établissant partout des évêques qui leur ont succédé, non plus avec égard à la chair et au sang, comme auparavant selon l'ordre d'Aaron, mais suivant le mérite de chacun et les prédilections de la grâce divine, ainsi que Dieu lui-même s'en est expliqué en parlant à Héli : Voici ce que dit le Seigneur Dieu d'Israël : J'avais déclaré et promis que votre maison et la maison de votre mère serviraient pour jamais devant ma face ; mais maintenant je suis bien éloigné de cette pensée, dit le Seigneur.
Car je glorifierai quiconque m'aura rendu gloire, et ceux qui me méprisent tomberont dans le mépris (I Sam., II, 50). Or nous pouvons compter quatre classes d'apôtres : la première, de ceux qui reçoivent leur mission uniquement de Dieu, comme Moïse ; la seconde, de ceux qui reçoivent la leur de Dieu par l'entremise de l'homme, comme Josué ; la troisième de ceux qui la reçoivent uniquement par l'entremise de l'homme, comme aujourd'hui qu'on est élevé au sacerdoce par le concours du peuple et des autorités. La quatrième classe comprend ceux qui ne tiennent leur mission que d'eux-mêmes, comme les faux apôtres et les faux prophètes. Or ce nom d'apôtres signifie envoyés, parce que Jésus-Christ les a envoyés prêcher l’Evangile pour éclairer tous les peuples de la vraie foi. Le nom d'évêque à son tour signifie plutôt, comme l'a dit un de nos sages, le travail p.191 fin p.192 début auquel s'occupe celui qui exerce cette dignité que sa dignité même ; car c'est un mot grec, qui a lui-même pour étymologie ?????? (??????
lui-même vient de s?????????, j’observe) ou scopus, ou l'intendance qu'a l’évêque sur le peuple dont il est chargé. Ce mot pourrait donc se traduire par celui de surintendant, et il fait voir que celui-là ne serait évêque que de nom, qui envisagerait dans sa dignité plutôt la prééminence qu'elle lui donne, que les moyens qu'elle lui fournit de se rendre utile. La cérémonie de l'imposition des mains usitée pour l'ordination des évêques remonte à une origine très-ancienne. C'est ainsi que nous lisons que le saint patriarche Isaac étendit sa main sur la tête de Jacob pour le bénir. Jacob fit la même chose à ses fils, et Moïse étendit de même ses mains sur Josué afin d'appeler sur lui l'esprit de force dont il avait besoin pour gouverner le peuple d'Israël. Ainsi celui qui est venu accomplir la loi et les prophètes, Notre-Seigneur Jésus-Christ, a-t-il imposé les mains à ses apôtres, comme nous l'a rapporté l'évangéliste saint Luc : Il les mena au-delà de Béthanie et élevant ses mains sur eux, il les bénit (LUC, XXIV, 50). Enfin, nous lisons dans les Actes que les apôtres, pour obéir l'ordre de l'Esprit-Saint, consacreront évêques Paul et Barnabé en leur imposant les mains, et leur donnèrent ainsi mission pour aller prêcher l'Evangile. "
Question III
Quels sont les passages de l’Ecriture où il est question de ce sacrement ? Ce sont, par exemple, les passages où il est dit que les apôtres imposaient les mains, lorsqu'il était question d'élire, d'instituer et d'ordonner des ministres de l’Eglise. Car c'était là comme un symbole certain et efficace de la grâce que communique le sacrement de l'ordre dans tous ses degrés divers, et qui doit nous inspirer une si grande estime pour ce sacrement. C'est pourquoi saint Paul, écrivant à Timothée qui tenait de lui l'épiscopat, lui rappelait en ces termes la grâce qu'il avait reçue dans ce sacrement : Ne négligez pas la grâce qui est en vous, qui vous a été donnée d’après une inspiration prophétique par l'imposition des mains des prêtres. Il lui disait encore : Je vous avertis de rallumer ce feu de la grâce de Dieu, que vous aurez reçu par l'imposition de mes mains. p.192 fin p.193 début Mais, comme il importe beaucoup de faire un juste choix de ceux qui auront à remplir les charges ecclésiastiques et qui en reçoivent le pouvoir dans ce sacrement, le même apôtre dit à tous les évêques, dans la personne de son cher disciple : N'imposez légèrement les mains à personne, et ne vous rendez point complice des péchés d'autrui.
TEMOIGNAGES DE L’ECRITURE.
1. Tite, I, 5 : " Je vous ai laissé en Crète afin que vous y régliez tout ce qu'il y a à régler, que vous y établissiez des prêtres en chaque ville, d'après l'ordre que je vous en ai donné. "
2. Actes, VI, 5-6 : " Et ils choisirent Etienne, etc. Ils les présentèrent aux apôtres, qui après avoir prié, leur imposèrent les mains. "
3. Ibid., XIII, 3-4 : " Alors après avoir jeûné et prié, ils leur imposèrent (à Paul et à Barnabé) les mains et les laissèrent aller. - El étant ainsi envoyés par le Saint-Esprit, ils allèrent à Séleucie. "
5. I Timothée, IV, 14 : " Ne négligez pas la grâce qui est en vous, qui vous a été donnée, suivant une révélation prophétique par l'imposition des mains des prêtres. "
1. S. AMBROISE, Livre de la dignité sacerdotale, c. 5 : " Qui confère, dites-moi, la grâce sacerdotale ? Est-ce Dieu, ou bien est-ce l'homme ? Vous répondez sans doute que c'est Dieu ; mais encore est-ce par l'homme que Dieu confère cette grâce. L'homme fait l'imposition de ses mains, et Dieu donne sa grâce. L'homme étend une main suppliante, et Dieu bénit de sa main toute- p.193 fin p.194 début puissante. L’évêque assigne le rang, et Dieu donne le mérite : Episcopus intiat ordinem, et Deus tribuit dignitatem. "
2. NICEPHORE, Hist. eccl., lib. V, c. 14 : " Illustre pontife, dit Martyrius à Nectaire, vous avez tout récemment effacé en vous toute tache spirituelle par le baptême que vous avez reçu, et aussitôt après vous avez été élevé à la dignité sacerdotale. Or, nous savons par les saintes constitutions qui nous régissent, que l'un et l'autre, savoir le saint baptême et l'épiscopat servent de remède et d'expiation au péché. Vous-même en ce moment, vous semblez à mes yeux un enfant nouvellement né. Pour moi, depuis longtemps purifié par la grâce divine du baptême, je n'en ai pas moins continué à m'abandonner toute ma vie à mes passions. Il conclut ces paroles en refusant le sacerdoce. "
3. THEOPHYLACTE, in Epist. I ad Timotheum caput IV, sur ces paroles, Ne negligas donum, etc. : " L’Apôtre entend ici le don de la doctrine, que Timothée avait reçu dans son ordination épiscopale, pour laquelle il avait été désigné par une inspiration prophétique ou par le Saint-Esprit lui-même comme nous l'avons déjà expliqué. Par l'imposition des mains des prêtres, c'est-à-dire, des évêques : car de simples prêtres n'avaient pas pour attribution d'ordonner des évêques. Admirez ici combien est grande la vertu des mains sacerdotales. "
4. HAYMON, évêque d’Halberstadt, sur ces paroles de l’Apôtre (I Tim., IV, 14), Ne négligez pas la grâce, etc. : " Ce que l'Apôtre appelle ici du nom de grâce, c'est la foi, la sagesse, la rémission des péchés, la grâce enfin de l’épiscopat, donnée à Timothée, d'après une inspiration particulière qui avait été faite à saint Paul, pour apprendre à cet apôtre que saint Timothée était digne de la charge épiscopale. "
5. THEOPHYLACTE, in Epist. II ad Timotheum caput I, sur ces paroles, Admoneo te ut ressuscites gratiam Dei : " Comme je sais, dit l'Apôtre, que votre foi est sincère, je vous recommande de réveiller en vous sans relâche, et de travailler à augmenter sans cesse la grâce que vous avez reçue pour gouverner l'Eglise, pour faire des miracles, pour pratiquer en un mot toutes les vertus qui conviennent à un évêque. Car de même que le feu a besoin de combustibles qui l'alimentent, ainsi la grâce a besoin de zèle, de vigilance et de sagesse pour ne jamais se ralentir. Sans toutes ces qualités elle s'éteint. C'est ce que l’Apôtre fait entendre ailleurs encore par ces paroles : N'éteignez pas l'esprit de Dieu (I Thess., V, 19). - Qui est en vous par l'imposition de mes mains. p.194 fin p.195 début V0us possédez en vous sans doute la grâce que vous avez reçue au moment où je vous imposais les mains, que je vous faisais et vous consacrais évêque. Or, vous devez vous appliquer à entretenir et augmenter ce feu divin, prêcher avec liberté force et courage la parole dont le ministère vous a été confié, et vous montrer en tout généreux et fidèle. "
6. S. LEON-LE-GRAND, Epist. LXXXVII ad episcopos Africanos per Mauritaniam Cæsareensem, constitutos, c. 1 : " Qu'est-ce qu'imposer les mains précipitamment (cit ), sinon accorder l'honneur du sacerdoce sans faire subir d'épreuve à ceux qui n'ont pas l’âge voulu, qui n'ont point encore de mérites acquis, qui n'ont point été formés par la pratique à une discipline sévère ? Et qu'est-ce que se rendre complice des péchés d’autrui, sinon, en ordonnant un prêtre indigne, se rendre tel qu'il est lui-même ? Car de même qu'un évêque qui fait un digne choix, mérite qu'on lui attribue le bien qui en sera la suite, ainsi celui qui fait entrer un sujet indigne en part de son sacerdoce, se fait à lui-même un tort des plus graves. Aucune considération personnelle ne doit porter à enfreindre les lois générales de l'Eglise ; et on ne doit pas considérer comme légitime une dignité qui n'est due qu'à une infraction de ces lois. C'est avec raison que nos pères ont réglé dans leurs vénérables statuts, en parlant de l’élection des prêtres, qu'il ne fallait considérer comme propres aux fonctions ecclésiastiques, que ceux dont la vie entière depuis leur plus bas âge jusqu’à celui où ils sont parvenus, aurait été occupé par l'exacte observation de la discipline ecclésiastique, et à qui leur passé rendrait de cette manière un témoignage favorable, en sorte qu'un honorable avancement fût infailliblement assuré à quiconque s'en serait rendu digne par la multitude de ses travaux, par la chasteté de ses mœurs et par le dévouement de sa personne. Car si les honneurs qu'accorde le monde lui-même ne sont d'ordinaire le prix que du travail du temps et d'une constance éprouvée, si l'on y blâme les promotions que ne justifie pas le mérite du sujet, quelle discrétion et quelle prudence ne doit-on pas apporter dans la distribution de fonctions divines et de pouvoirs d'origine céleste, pour ne violer en rien les règles établies par les apôtres ou les conciles ? "
7. Le concile de Rome tenu sous saint Sylvestre, c. 11
(Il s'agit ici du prétendu concile de l'an 324 : c’est un concile supposé. Voir là-dessus notre Dictionnaire universel des conciles, t. II, article ROME, l'an 324) : p.195 fin p.196 début " Que personne ne passe de l'état laïque à une dignité ecclésiastique quelconque, depuis les fonctions de l'acolyte jusqu'à celles de l'évêque, s’il n'a commencé par être lecteur pendant trente ans, puis exorciste un jour au moins ; et qu'après cela il soit fait acolyte, qu'il en remplisse dix ans les fonctions ; puis, qu'il soit fait sous-diacre, et qu'il passe cinq années dans cet ordre. Qu'alors il soit élevé au diaconat, si le témoignage de trente prêtres qui l'auront examiné lui est favorable, et qu'il devienne diacre cardinal, à condition, ainsi l'a ordonné le premier siège, qu'il serve en cette qualité l'espace de sept ans. Car si quelqu'un aspire à l'honneur de devenir prêtre, il doit passer ces sept années d'épreuves sous les yeux de tout le clergé romain, fournir pendant ce temps les preuves de son instruction, de la légitimité de sa naissance, de la noblesse de son caractère et obtenir de l'assentiment de tous les prêtres l’ordre de la prêtrise, où il devra passer encore trois années (avant de pouvoir parvenir à l'épiscopat). "
8. Le concile de Trente, session XXIII, Décret de réformation, chapitre 7 : " Le saint concile ordonne, suivant les saints canons, que lorsque l’évêque se disposera à faire une ordination, il fasse appeler à sa ville, le mercredi qui précédera le jour marqué ou tel autre jour qui lui conviendra, tous ceux qui auront l'intention de s'engager ainsi au ministère sacré des autels ; et que, se faisant assister de prêtres et d'autres gens expérimentés et versés dans la connaissance de la loi divine et des ordonnances ecclésiastiques, il examine avec soin et exactitude l'état de la famille, les qualités personnelles, l'âge, l'éducation, les mœurs, l'instruction et la croyance de ceux qui devront être ordonnés. "
9. Ibid., chapitre 12 : " A l'avenir, nul ne sera promu à l'ordre du sous-diaconat avant la vingt-deuxième année de son âge, au diaconat avant la vingt-troisième, ni à la prêtrise avant la vingt-cinquième. Que les évêques sachent bien cependant que tous ceux qui auront atteint l'âge marqué ne devront pas pour cela être admis aux ordres en question, mais ceux-là seulement qui en seront dignes, et dont la bonne conduite puisse tenir lieu d'un âge plus avancé. Les réguliers ne seront pas non plus ordonnés avant l'âge que nous avons dit, sans préjudice de l'examen de l’évêque qu'ils seront obligés eux-mêmes de subir, nonobstant tous privilèges contraires. " p.196 fin p.197 début
Question IV
Combien compte-t-on de degrés dans le sacrement de l’ordre ?
Avant tout, distinguons en général les ordres mineurs des ordres majeurs. Les ordres mineurs sont au nombre de quatre, savoir les ordres de portier, de lecteur, d'exorciste et d'acolyte. Les ordres majeurs sont au nombre de trois, savoir le sous-diaconat, le diaconat et la prêtrise. Ensuite on trouvera que parmi les prêtres, les uns sont d'un ordre supérieur, et les autres, d'après l’institution de Jésus-Christ même d'un ordre moins élevé. Les prêtres d'un ordre supérieur, ce sont les apôtres, et les évêques leurs successeurs, qui surpassent tous les autres sans contredit par l'éminence de leur pouvoir et par l'excellence de leurs prérogatives. Car c'est à eux, comme l'atteste l’Ecriture, à prendre garde à eux-mêmes et à tout le troupeau, sur lequel l'Esprit-Saint les a établis pour le paître et le surveiller, pour gouverner l'Eglise, pour régler ce qui reste à y régler, pour placer en chaque ville de dignes pasteurs.
Les prêtres d'un ordre inférieur, à l’exemple des soixante-douze disciples qui dépendaient des apôtres, doivent s'employer au ministère de l’Eglise sous l'autorité des évêques, offrir les dons des fidèles et des sacrifices pour l'expiation des péchés, et travailler comme de bons ouvriers à la moisson que le Seigneur attend de leur zèle sans oublier jamais leur propre dépendance.
Qu'à leur tour les clercs placés dans les ordres mineurs regardent comme leur affaire spéciale d’aider en bien des choses les évêques et les prêtres comme de maintenir l'ordre parmi les fidèles dans la célébration des saints offices, et qu’ainsi ils se forment peu à peu et comme par degrés à exercer eux-mêmes plus tard des fonctions plus élevées dans l’Eglise.
Pour les trois ordres majeurs, s'ils confèrent un pouvoir plus grand que ceux dont nous venons de parler, c'est particulièrement dans ce qui a rapport à l'auguste mystère de l'Eucharistie. C'est donc au sous-diacre et au diacre à servir les prêtres, et à les approcher de plus près que ne le peuvent les autres ministres, lorsqu'ils célèbrent le redoutable sacrifice.
Ensuite, bien que, quant an sacrement de l'ordre et au pouvoir de dire la messe, il n'y ait pas de différence entre les évêques et les prêtres, les premiers cependant sont bien supérieurs aux seconds, si l'on fait attention au droit qui leur appartient de gouverner l'Eglise, p.197 fin p.198 début d'exercer leur juridiction sur les âmes, de confirmer les baptisés et d'ordonner les clercs.
Mais il n'entre pas dans notre dessein d'expliquer les fonctions non plus que les obligations particulières à chacun de ces ordres. Tenons du moins pour constant que tous ils méritent une singulière estime, et doivent être religieusement conservés. Car leur institution repose, comme sur un fondement inébranlable, sur le témoignage de la tradition apostolique et sur une discipline constamment observée dans l’Eglise, et maintenue jusqu'à nos jours.
TEMOIGNAGES DE L’ECRITURE.
1. LUC, IX, 1-2 : " Jésus ayant assemblés ses douze apôtres, leur donna puissance et autorité sur tous les démons avec le pouvoir de guérir les maladies. - Puis il les envoya prêcher le royaume de Dieu, et rendre la santé aux malades. "
2. Id., X, 1 : " Quelque temps après, le
Seigneur choisit encore soixante-douze autres disciples, qu'il envoya devant lui, deux à deux, dans toutes les villes et dans tous les lieux où lui-même il devait aller. " p.198 fin p.199 début
3. Actes, XX, 28 : " Prenez garde à vous-mêmes et à tout le troupeau, sur lequel le Saint-Esprit vous a établis évêques pour gouverner l’Eglise de Dieu, qu'il a acquise par son sang. "
4. I PIERRE, V, 1-4 : " Je vous en prie donc, vous qui êtes prêtres, etc. - paissez le troupeau de Dieu qui vous est confié, veillant sur lui, non forcément, mais par une affection toute volontaire qui soit selon Dieu ; non par un honteux désir du gain, mais par une charité désintéressée ; - non en dominant sur l’héritage du Seigneur, mais en vous rendant le modèle du troupeau par une vertu sincère. - Et lorsque Jésus-Christ le chef des pasteurs paraîtra, vous obtiendrez une couronne de gloire qui ne se flétrira jamais. "
5. Hébreux, XIII, 17 : " Obéissez à vos conducteurs, parce qu'ils veillent pour le bien de vos âmes, comme devant en rendre compte ; soyez-leur soumis, afin qu'ils s'acquittent de ce devoir avec joie, et non en gémissant, ce qui ne vous serait pas avantageux. "
6. Tite, I, 5 : " Je vous ai laissé en Crète afin que vous régliez ce qui reste à régler, que vous établissiez des prêtres en chaque ville, comme je vous l'ai commandé. "
7. Actes, XIV, 22 : " Et, ayant ordonné
(On lit dans le grec : ??????????????? ?? ?????? ????????????, c’est-à-dire, leur ayant créé des prêtres par la cérémonie de l’imposition des mains) des prêtres en chaque église, non sans faire des prières et pratiquer des jeûnes, ils (Paul et Barnabé) les recommandèrent au Seigneur, qui leur avait accordé la grâce de croire en lui. "
9. Hébreux, V, 1 : " Tout pontife est pris d'entre les hommes, et il est établi pour les hommes, en ce qui regarde le culte de Dieu, pour offrir des dons et des sacrifices pour les péchés. "
11. MATTHIEU, IX, 37-38, et LUC, X, 2 : " La moisson est abondante, mais les ouvriers sont en petit nombre. - Priez donc le maître de la moisson d'envoyer des ouvriers pour travailler à sa moisson. "
TEMOIGNAGES DE LA TRADITION.
1. Le quatrième concile de Carthage, où se trouvait saint Augustin, canon 6 : " L'acolyte reçoit de l’évêque l'instruction, dont il a besoin pour bien gérer sa charge, et l'archidiacre lui p.199 fin p.200 début remet en même temps le chandelier avec le cierge, afin qu'il sache que, par son ministère, il est destiné à allumer les luminaires de l’église. Il en reçoit aussi la burette vide, pour servir le vin qui doit être employé au sacrifice eucharistique du sang de Jésus-Christ. "
2. Le même concile, canon 7 : " Quand on ordonne l’exorciste, il doit recevoir de la main de l'évêque un livre dans lequel sont écrits les exorcismes ; et il faut que l'évêque lui adresse ces paroles : Recevez ce livre, et apprenez-le de mémoire ; ayez le pouvoir d'imposer les mains sur un énergumène, soit baptisé, soit catéchumène. "
3. Le même concile, canon 8 : " Avant d'ordonner le lecteur, l'évêque doit instruire le peuple de sa foi de ses mœurs et de ses bonnes dispositions ; après quoi il lui donne, en présence du peuple, le livre dans lequel il doit lire, et il lui dit : Recevez, et soyez lecteur de la parole de Dieu. Si vous remplissez fidèlement et utilement votre devoir, vous aurez part à la récompense de ceux qui sont les ministres de la parole de Dieu. "
4. Le même concile, canon 9 : " L'archidiacre doit instruire le portier, avant de le présenter pour qu'il soit ordonné ; puis, à sa prière, l’évêque ordonne le sujet qu'il lui présente, en donnant à celui-ci les clefs de l'église qu'il prend sur l’autel, et lui disant : Faites comme devant rendre compte à Dieu de toutes les choses qui sont enfermées sous ces clefs (Voir à l’article CARTHAGE, l'an 398, dans notre Dictionnaire des conciles, tome Ier, col. 483-484). "
5. Le concile de Laodicée, canon 23 (al. 24) :
" L'entrée des cabarets est défendue aux ecclésiastiques depuis les prêtres jusqu’aux diacres, et ensuite, en parcourant les degrés de la hiérarchie, jusqu’aux ministres, aux lecteurs, aux chantres, aux exorcistes, aux portiers et à l'ordre des ascètes (Voir ibidem, col. 1037 et les conciles de Labbe, t. Ier, col. 502). "