Grand Catéchisme (Somme de doctrine chrétienne) (page 93)

Pierre Canisius · Doctrine

Texte français, domaine public · Source : jesusmarie.free.fr — Grand Catéchisme, trad. Peltier, tomes 1 à 6 · 205 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

7. S. IGNACE, Epist. ad Antiochenses (Noël

Alexandre nie l'authenticité de cette lettre, précisément à cause du passage cité ici. Hist. eccl. I sæc., c. XII, art. 16. Voir de plus la sainte Bible, trad. par Sacy, tome IV, page 239, édit. in-folio) : " Je salue les sous-diacres, les lecteurs, les chantres, les portiers, les travailleurs (laborantes), les exorcistes et les confesseurs. "

8. S. DENIS l'Aréopagite, Lib. eccles. hierarchiæ, c. 5 : " Pour le reste des ministres subalternes, les uns se tiennent auprès des p.200 fin p.201 début portes fermées du saint lieu ; les autres remplissent quelque autre fonction de leur ordre. Les plus élevées d'entre eux, les diacres, s’unissent aux prêtres pour présenter sur l'autel le pain sacré et le calice de bénédiction après toutefois qu'a été chanté par l'assemblé entière la profession de foi. "

9. S. CORNEILLE, pape et martyr, dans une lettre à

Fabius évêque d'Antioche, qui nous a été conservée par Eusèbe, Histoire ecclésiastique, livre VI, c. 33 : " Cet excellent défenseur de l’Evangile, dit-il ironiquement en parlant de Novat, a tout-à-fait oublié qu'il ne devait y avoir qu'un évêque dans cette Eglise catholique (l’Eglise de Rome). Il n'ignorait pas cependant (car comment eût-il pu l'ignorer) qu'il s'y trouvait quarante-six prêtres, sept diacres, sept sous-diacres, quarante-deux acolytes, cinquante-deux exorcistes et lecteurs avec les portiers, quinze cents veuves ou malades et indigents, que, grâces à Dieu, cette Eglise entretient et nourrit. "

10. Le vénérable BEDE, in caput X Lucæ

: " De même que tout le monde reconnaît que les douze apôtres représentaient d'avance tout le corps des évêques qui devaient être créés dans la suite, ainsi nous ne devons pas ignorer que les soixante-douze disciples représentaient les prêtres ou le sacerdoce d'un degré inférieur. Toutefois, dans les premiers temps de l'Eglise, les uns et les autres, comme nous l'attestent les écrits des apôtres, s'appelaient d'un nom commun, tantôt prêtre, tantôt évêque. Le premier de ces noms (qui signifie anciens) indique la maturité de raison que les uns et les autres doivent avoir ; le second (qui signifie surveillants) indique la vigilance qu'exige la charge pastorale. "

11. S. CLEMENT, pape et martyr, Epist. I ad fratrem

Domini (C'est une décrétale supposée) : " Saint Pierre disait tenir de l’enseignement divin, que les évêques représentaient les apôtres et les prêtres les autres disciples. "

12. S. ANACLET, pape et martyr, Epist. II ad universos episcopos Italiæ (C'est une autre décrétale supposée, et il en est de même de la suivante), c. 2 : " Sous la loi nouvelle, l'ordre sacerdotal a commencé, après Jésus-Christ, etc. " C'est un extrait de saint Isidore de Séville rapporté plus haut, question II, témoignage 23, p. 191, jusqu’à ces mots inclusivement : des évêques qui leur ont succédé. La décrétale en question continue ainsi : " Et dont l'ordination doit se faire de la manière que nous avons déjà déclarée. p.201 fin p.202 début Celui qui reçoit leur enseignement, reçoit Dieu même ; et celui qui les méprise, méprise celui qui les a envoyés, et dont ils sont les ambassadeurs, et il sera indubitablement méprisé par le Seigneur. Or, les apôtres voyant que la moisson était abondante, et les ouvriers au contraire en petit nombre, prieront le maître de la moisson d'y envoyer des ouvriers. C'est à cette occasion qu'ils (L’Evangile dit expressément que le choix des soixante-douze disciples fut fait par Jésus-Christ lui-même) firent choix de soixante-douze disciples, que représentent aujourd'hui les prêtres, qui leur ont succédé dans l’Eglise. "

13. Le même, Epist. III ad omnes episcopos et sacerdotes, c. 1 : " L'ordre des prêtre se subdivise en deux autres, et cette distinction, qu'a établi Notre-Seigneur, ne doit être méconnue par personne. Or, vous savez que les apôtres ont été élus et institués par Jésus-Christ, et qu'ensuite ils se sont dispersés pour prêcher l’Evangile dans les diverses provinces. Mais comme la moisson devenait abondante, et qu'il ne se trouvait pas assez d'ouvriers, Notre-Seigneur leur ordonna d'élire, pour s'en aider, soixante-douze disciples, dont les prêtres tiennent aujourd'hui la place. "

14. S. JEROME, Epist. LIV ad Marcellam, adversùs

Montanum : " Chez nous, les évêques tiennent la place des apôtres ; chez eux (les montanistes) au contraire, ils ne viennent qu'en troisième ligne. "

15. S. CYPRIEN, Epist. 69 (al. 68) ad Florentium seu Puppianum : " Le Christ a dit aux apôtres, et dans leurs personnes, aux successeurs des apôtres : Celui qui vous écoute m'écoute e celui qui m'écoute, écoute celui qui m'a envoyé. Celui qui vous méprise me méprise, et méprise en même temps celui qui m'a envoyé. Telle est la source ordinaire du schisme et de l'hérésie. Une présomption orgueilleuse commence par faire mépris de l'évêque, qui doit être unique dans chaque église, etc. "

16. Le même, Epist. 65 (al. 64) ad Rogatianum

: " Les diacres doivent se souvenir que Notre-Seigneur a choisi ses apôtres, et dans la personne de ses apôtres, les évêques et les autres supérieurs ecclésiastiques. Puis, quand il fut monté au ciel, les apôtres se choisirent des diacres pour être les ministres de leur épiscopat et de l’Eglise. S'il nous est permis à nous de nous élever contre Dieu, qui institue les évêques, les diacres peuvent aussi s'élever contre nous, de qui ils tiennent tout ce qu'ils sont. " p.202 fin p.203 début

17. S. IGNACE, épître aux Philadelphiens

: " Le ministère des prêtres est grand, sans doute ; mais combien l'est encore plus celui du pontife suprême (Suivant Sacy, qui a donné la traduction de cette lettre de saint Ignace à la suite de sa traduction de la Bible, tome IV, in-folio, il faut entendre Jésus-Christ par le pontife suprême, et c'est le sens que paraît aussi présenter la suite de ce passage) ! A lui est ouvert le Saint des saints ; à lui seul sont confiés les secrets de Dieu (Nous ne trouvons rien dans la traduction donnée par M. de Genoude de l’épître de saint Ignace aux Philadelphiens, qui répond au passage cité ici par Canisius ; et qui nous paraît trop suspect de fausseté pour que nous nous donnions la peine de le traduire. Le voici : Principes subditi estote Cæsari, milites principibus, diaconi presbyteris, ut sacrorum administratoribus. Presbyteri ver et diaconi, atque omnis clerus simul cum omni populo, et militibus atque principibus, sed et Cæsares, obediant Episcopo. Episcopus ver Christo, sicut Patri Christus : et ità unitas per omnia servatur.). "

18. S. AUGUSTIN, in Psalmum XLIV : " Que veut dire ceci : Il vous est né des enfants à la place de vos pères ? Les apôtres ont été envoyés pour être vos pères ; mais il vous est né, au lieu des apôtres, des enfants qui ont été établis évêques. Car d'où sont nés les évêques aujourd'hui répandus dans le monde entier ? L'Eglise les appelle ses pères ; c'est elle-même qui les a enfantés ; c'est elle qui les a établis sur les sièges de nos pères dans la foi. Ainsi, ô Eglise sainte, ne vous croyez pas abandonnée pour être privée aujourd'hui de voir à votre tête le bienheureux Pierre, pour être privée de voir le bienheureux Paul, pour être privée de voir ceux qui vous ont donné la naissance : vous avez trouvé dans vos enfants mêmes la succession de vos pères. Il vous est né des des enfants à la place de vos pères (Cf. Sermons de saint Augustin, etc., t. II, p. 462-463). "

19. S. LEON, Epist. 88 ad episcopos Germaniæ et Galliæ, après avoir fait l'énumération des fonctions des évêques ajoute : " Toutes ces fonctions sont interdites aux chorévèques, que l'on sait avoir été établis sur le modèle des septante disciples, aussi bien qu'aux prêtres, qui les représentent également : car quoiqu'ils aient la consécration (qui constitue le sacerdoce), ils ne sont pas pour cela placés au plus haut degré de la dignité pontificale. Or, les canons nous font une loi de n'attribuer ces hautes fonctions qu'à ceux qui occupent ce degré, afin que la distinction des degrés mêmes et la sublimité de la suprême dignité pontificale en soient davantage relevées. " p.203 fin p.204 début

6 : " Dans le Nouveau-Testament, c'est Jésus-Christ lui-même qui a établi deux différents degrés de sacerdoce, en créant douze apôtres d'une part, et de l'autre soixante-douze disciples, qu'il envoyait deux à deux devant lui dans tous les pays et dans toutes les villes où il devait aller lui-même. Car de même que, sous la loi, Moïse établit des souverains pontifes pour gouverner les peuples, mais en leur adjoignant, pour les aider, des ministres d'une dignité inférieure (car il transmit à Eléazar et à Ithamar, fils d'Aaron, la plénitude de l'autorité paternelle, pour qu'ils pussent suffire a l'immolation des victimes et aux autres fonctions du sacerdoce ; et dans le désert il fit de même part de l'esprit de Moïse à soixante-dix vieillards expérimentés à l'aide desquels ce législateur gouvernait sans peine cette multitude) : ainsi Jésus-Christ adjoignit à ses apôtres d'autres disciples, dont ils s'aidèrent pour remplir de leurs prédication l’univers entier. Les premiers du sacerdoce, je veux dire les évêques, tiennent donc la place des apôtres, et les seconds, c'est-à-dire les prêtres, tiennent celle des disciples. "

22. S. ISIDORE de Séville, Lib. II de officiis ecclesiasticis, c. 11 : " L'ordre des lecteurs a son modèle ainsi que son origine dans les prophètes. Ce sont les lecteurs qui publient la parole de Dieu, et à qui il est dit : Criez sans relâche ; faites retentir votre voix comme une trompette (Is., LVIII, 1). L’évêque, en les ordonnant, commence par rendre compte au peuple de la conduite de leur vie. Enfin, devant le peuple présent, il leur met en main le livre des divins oracles pour qu'ils puissent annoncer la parole de Dieu. Celui qu'on élèvera à ce degré devra être suffisamment instruit, avoir la connaissance des mots et de ce qu'ils signifient, savoir distinguer le commencement des phrases, leur milieu et leur fin, etc. "

23. Ibidem, c. 13 : " Dans le premier ordre des ministres nous trouvons les exorcistes, par analogie aux ministères établis autrefois dans le temple de Salomon, et rétablis depuis par Esdras. Ce sont ceux qu'Esdras nomme actores (peut-être les nathinéens, ESDR., I, 70), et qui maintenant remplissent la fonction d'exorcistes dans l'Eglise de Dieu. Lorsque l'évêque les ordonne, il leur met entre les mains, conformément au canon p.204 fin p.205 début (c'est le canon 7 du quatrième concile de Carthage cité plus haut), le livre où sont écrits les exorcismes, en leur donnant le pouvoir d'imposer les mains sur les énergumènes, soit baptisés, soit catéchumènes. "

24. Ibidem, c. 14 : " Les portiers (ostiarii) sont ceux qui dans l'Ancien-Testament avaient un nom semblable (janitores), et qui gardaient à tour de rôle les portes du temple de Jérusalem et tout ce qui appartenait au temple, tant en dedans qu'en dehors. Les portiers doivent avoir le discernement de ce qui est saint d'avec ce qui ne l'est pas, pour n'admettre dans l'église que des fidèles. Nous ne pouvons entrer dans l’église qu'autant qu'ils nous acceptent ; car ils ont le droit, tant d'accueillir les bons, que d'exclure les méchants. "

25. Le même, Lib. VII etymologiarum, c. 12

: " Les acolytes sont appelés de ce nom en grec ; en latin ce sont les céroféraires, nom qui vient de l'emploi qu'ils ont de porter les cierges, quand on doit lire l'Evangile ou offrir le saint sacrifice. Car ils doivent alors allumer des cierges et les porter, non pour dissiper les ténèbres, puisque le soleil est alors sur l'horizon, mais en signe de joie, et pour que cette lumière matérielle nous rappelle cette autre lumière dont il est dit dans l’Evangile : Il était la vraie lumière, qui éclaire tout homme à mesure qu'on vient en ce monde (JEAN, I, 9). "

26. RABAN MAUR, archevêque de Mayence, Lib. I de institutione clericorum, c. 9 : " Les acolytes sont appelés de ce nom en grec, etc. ; " comme au témoignage précédent de saint Isidore que Raban a trouvé bon de copier littéralement. Il ajoute : " Ils étaient figurés par ceux que le Seigneur avait chargés d’allumer tous les jours dans le tabernacle les lampes placées sur le chandelier (à sept branches). "

27. Ibidem, c. 10 : " Les exorcistes, nom qui vient d'un mot grec, pourraient être appelés en latin adjurantes ou increpantes. Ils invoquent le divin nom de Jésus sur les catéchumènes ou sur ceux qui sont possédés de l'esprit impur, en adjurant ce dernier de sortir de leurs corps. Josèphe rapporte que ce fut le roi Salomon qui établit et enseigna à son peuple les différentes manières d'exorciser, ou de faire ces adjurations, qui doivent avoir pour effet de chasser le démon du corps des possédés et de l'empêcher de s'en rendre maître de nouveau. Les Actes des apôtres témoignent aussi de cette pratique, puisque nous y lisons que quelques exorcistes juifs qui allaient de ville en ville entreprirent p.205 fin p.206 début d'invoquer le nom de Jésus sur ceux qui étaient possédés des malins esprits (Act., XIX, 13). "

28. Ibidem, c. 11 : " Les lecteurs tirent leur nom de ce qu'ils sont chargés de lire ; les psalmistes empruntent le leur des psaumes qu'ils ont pour fonction de chanter. Ceux-là annoncent au peuple la doctrine qu'il doit suivre ; ceux-ci, par leurs chants, éveillent les sentiments de componction dans ceux qui les entendent. . . . . L'ordre des lecteurs a son modèle comme sa première origine dans les prophètes, etc. " Raban répète encore ici saint Isidore. Voir plus haut, témoignage 22, page 204.

29. Ibidem, c. 12 : " Les portiers, etc. " A part quelques expressions modifiées, mais qui n'altèrent pas le sens de la phrase, c'est encore une répétition de ce qu'avait écrit saint Isidore. Voir plus haut, témoignage 24, page 205. 30. Le premier concile d'Aix-la-Chapelle, tenu sous Louis-le-Débonnaire, c. 2, 3, 4 et 5, répète à son tour mot pour mot ce qu'avait écrit saint Isidore des portiers, des lecteurs, des exorcistes et des acolytes. Voir plus haut pour tous ces passages, témoignages 22, 24, 23 et 25, page 204, 205, 204, et 205.

31. Le concile de Rome (Nous avons déjà averti que les actes de ce concile sont supposés) sous le pape saint Sylvestre, c. l : " Sylvestre, évêque de la ville de Rome, ayant convoqué ses frères les prêtres, évêques et diacres, citoyens romains, rassembla près de son siège deux cent quatre-vingt-quatre évêques, à qui l'empereur Constantin ordonna qu'on fournit des voitures et des provisions, et auxquels s'adjoignirent cinquante-sept autres évêques du pays de Rhinocorure, dont les signatures se trouvent sur les actes de leur concile, cent quarante-deux prêtres de la ville de Rome, six diacres, six sous-diacres, quarante-cinq acolytes créés pour ce même concile, vingt-deux exorcistes, quatre-vingt-dix lecteurs de la ville de Rome, dont les parents étaient présents ; quatorze notaires de l'Eglise, qui écrivaient par ordre les actes de martyrs qu'ils pouvaient recueillir. "

32. Ibidem, c. 3 : " Ensuite il marqua dans le synode les distinctions à observer, défendant de recevoir les accusations d'un prêtre contre son évêque, celles d'un diacre contre un prêtre, ou d'un sous-diacre contre un diacre, ou d'un acolyte contre un sous-diacre, ou d'un exorciste contre un acolyte, ou d'un lecteur contre un exorciste, ou d'un portier contre un lecteur, ou d'un p.206 fin p.207 début laïque contre qui que ce fût. . . Le sous-diacre, l'acolyte, l'exorciste, le lecteur, etc. (Outre que ce canon est supposé, la doctrine qu'il renferme ne paraît pas fort saine. L'apôtre saint Paul, en défendant à son disciple saint Timothée de recevoir des accusations contre des prêtres, à moins qu'elles ne fussent appuyées de la déposition de deux ou trois témoins, n'exigeait pas que ces témoins, pas plus que l'accusateur, fussent prêtres ou évêques ; il suffisait pour l'Apôtre que ces témoins ou accusateurs fussent hommes, ayant des yeux pour voir, des oreilles pour entendre et un esprit pour comprendre). "

33. Ibidem, c. 7 : " Sylvestre disait à haute voix à ses collègues que depuis le sous-diacre jusqu'au lecteur tous fussent soumis, mais seulement lorsqu'ils seraient en fonction dans l'Eglise, au diacre cardinal de l'Eglise de Rome ; au lieu que les prêtres, les diacres, les sous-diacres, les acolytes, les exorcistes, les lecteurs, devaient être soumis en tout lieu au pontife, soit devant le peuple, soit hors de la vue du peuple. "

34. Ibidem, c. 9 : " Qu'aucun lecteur ou portier ne touche aux vases sacrés, qu'aucun acolyte ne présente à un prêtre une chose consacrée par un autre prêtre, à moins que cela ne lui soit commandé par le prêtre même auteur de la consécration. "

35. Le quatrième concile de Carthage, canon 3 :

" Quand on ordonne un prêtre, tandis que l'évêque le bénit et tient la main sur sa tête, tous les autres prêtres qui sont présents avancent aussi leurs mains. "

36. Ibidem, canon 4 : " L'évêque fait seul l'ordination du diacre en étendant la main sur sa tête, parce qu'un diacre n'est pas consacré pour le sacerdoce, mais pour le ministère. "

37. Ibidem, canon 5 : " Le sous-diacre ne reçoit point l'imposition des mains ; mais il reçoit de la main de l'évêque la patène et le calice vide, et de la main de l'archidiacre la burette avec l'eau et le manuterge. "

38. S. ISIDORE, Lib. II de officiis ecelesiasticis, c. 7 : " L'ordre des prêtres a commencé aux enfants d'Aaron, comme nous l'avons dit : car ceux qui dans l'Ancien-Testament étaient dits être revêtus du sacerdoce, sont ceux qui maintenant sont appelés, prêtres ; et ceux qui étaient appelés princes des prêtres s'appellent évêques aujourd'hui.

Or, ce mot prêtre signifie ancien, et vient d'un mot grec qui a ce sens. C'est à eux comme aux évêques qu'est confiée la dispensation des mystères de Dieu. Car ils sont chargés du gouvernement des Eglises, et sont les coopérateurs p.207 fin p.208 début des évêques dans la consécration du corps et du sang du Sauveur, aussi bien que dans l'instruction des peuples et dans l'office de la prédication. Toutefois c'est aux évêques qu'a été réservée l'ordination et la consécration des clercs, de peur que la concorde ne fût détruite et des scandales engendrés par la prétention que pourrait avoir chacun à introduire une discipline particulière. L'apôtre saint Paul attribue évidemment aux prêtres un sacerdoce proprement dit, lorsqu'écrivant à Tite, il lui dit ces paroles : Je vous ai laissé en Crète afin que vous y régliez tout ce qui reste à régler et que vous établissiez des prêtres en chaque ville, selon l'ordre que je vous en ai donné ; choisissant entre les autres celui qui sera irréprochable, qui n'aura épousé qu'une femme, dont les enfants seront fidèles, non accusés de débauche, ni désobéissants :

car il faut que l'évêque soit irréprochable (Tit., I, 5-7). Cela fait bien voir que cet apôtre comprenait sous le nom d'évêques les prêtres eux-mêmes (Malgré l'autorité de saint Isidore de Séville, il est plus naturel d’entendre ici par prêtres de vrais évêques, plutôt que d'entendre par évêques de simples prêtres. Tirin, adoptant une opinion mitoyenne, entend ici par prêtres les évêques à établir dans les grandes villes, et les curés à placer dans les villes moins considérables. Voir son Commentaire sur la Bible, pag. 304). Et dans sa première épître à Timothée, tout en traçant les devoirs des évêques et des diacres, il garde le silence sur ceux des prêtres, parce qu'il les comprenait sous le nom d'évêques, les deux degrés se trouvant voisins l'un de l'autre et presque identiques. Dans son épître aux Philippiens, il s'adresse de même aux évêques et aux diacres ; aux évêques, dis-je, et non à l’évêque, quoiqu'il ne dût pas y avoir plus d'un évêque dans cette seule ville de Philippes (Phil., I, 1). Et dans les Actes des apôtres, saint Paul, au moment de partir pour Jérusalem, rassemble les prêtres de l’Eglise, et leur dit entre autres recommandations : Prenez garde au troupeau, sur lequel le Saint-Esprit vous a établis évêques (Act., XX, 28). De là vient que les canons, d'accord avec ce que dit saint Paul dans sa lettre à Tite, exigent les mêmes qualités dans les prêtres que dans les évêques.

Or, ce nom de prêtre ou d'anciens, il l'attribut au mérite et à la science, plutôt qu’à l’âge. Car nous lisons dans les Nombres (XI) que Dieu prescrivit à Moïse d'élire des anciens. Dans les Proverbes il est dit de même (XX, 29), que la gloire des vieillards est dans leurs cheveux blancs. Mais quels sont ces cheveux blancs ? C'est sans contredit la sagesse, de laquelle il est p.208 fin p.209 début écrit : Les cheveux blancs de l’homme, c'est sa prudence (Sag., IV, 9). Et bien que les hommes vécussent plus de neuf cents ans depuis Adam jusqu’à l'époque d'Abraham, aucun patriarche n'est appelé du nom d'ancien avant Abraham lui-même, qui cependant a vécu beaucoup moins d'années que les autres. Ce nom d'anciens ou de prêtres doit donc être attribué à la sagesse plutôt qu'à la décrépitude de l'âge. S'il en est ainsi, il n'y a qu'à s'étonner de voir quelquefois ordonner prêtres des sujets à qui la sagesse fait défaut. "

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