Grand Catéchisme (Somme de doctrine chrétienne) (page 96)
10. II Sam., VI, 6-7 : " Lorsqu'on fut arrivé près de l'aire de Nachon, Oza porta la main à l'arche de Dieu, pour la retenir, parce que les bœufs regimbaient et la faisaient pencher. - En même temps la colère du Seigneur s'alluma contre Oza ; et il le frappa à cause de sa témérité, et Oza tomba mort sur la place, devant l'arche du Seigneur. "
11. II Chroniques, XXVI, 16-21 : " Dans ce haut point de puissance et de grandeur, son cœur (Ozias) s'éleva d'orgueil pour sa perte ; il négligea le Seigneur son Dieu ; et après être entré dans le temple du Seigneur, il voulut y offrir de l'encens sur l'autel des parfums. - Le pontife Azarias y entra aussitôt après lui, accompagné de quatre-vingts prêtres du Seigneur, tous gens d'une grande fermeté. - Ils s'opposèrent au roi, et lui dirent : Il ne vous appartient pas, Ozias, d'offrir de l'encens devant le Seigneur ; mais c'est aux prêtres, c'est-à-dire aux enfants d'Aaron qui ont été consacrés pour ce ministère. Sortez du sanctuaire, et ne méprisez point notre conseil, parce que cette action ne vous sera point imputé à gloire par le Seigneur notre Dieu. - Ozias, transporté de colère, et tenant toujours l'encensoir à la main pour offrir de l'encens, menaça les prêtres. Dans ce moment il fut frappé de lèpre, et elle parut sur son front en présence des prêtres dans le temple du Seigneur, auprès de l'autel des parfums. - Et quand le pontife Azarias et tous les autres prêtres eurent jeté les yeux sur lui, ils aperçurent la lèpre sur son front, et ils le chassèrent promptement. Lui-même saisi de frayeur il se hâta de sortir, parce qu'il sentit tout d'un coup que le Seigneur l'avait frappé de cette plaie. Le roi Ozias fut donc lépreux jusqu'au jour de sa mort, et il demeura dans une maison séparé, à cause de cette lèpre qui le couvrait, et qui l'avait fait chasser de la maison du Seigneur. "
13. Id, XIV, 14 : " Les prophètes prophétisent faussement en mon nom : je ne les ai point envoyés, je ne leur ai point ordonné de dire ce qu'ils disent, je ne leur ai point parlé. Ils ne prophétisent pour vous que visions mensongères, que divinations, qu'illusions trompeuses et que séductions de leur propre cœur. "
14. Id., XXVII, 15 : " Je ne les ai point envoyés, dit le Seigneur, et ils prophétisent faussement en mon nom, pour vous chasser de votre terre et vous faire périr, vous et vos prophètes qui vous annoncent l'avenir. "
16. JEAN, X, 1, 10, 12 : " Je vous le dis en vérité, celui qui n'entre pas par la porte dans la bergerie des brebis, mais qui y monte par un autre endroit, est un voleur et un larron. - Le voleur ne vient que pour voler, égorger et détruire. - Le loup les ravit et disperse le troupeau. "
18. Actes, XX, 29-30 : " Je sais (dit Paul aux anciens de l'Eglise d'Ephèse) qu'après mon départ, il entrera parmi vous des loups ravissants qui n'épargneront point le troupeau ; - Et que parmi vous-mêmes, il s'élèvera des gens qui publieront des doctrines corrompues, afin d'attirer des disciples après eux. "
19. MATTHIEU, VII, 13-16 : " Gardez-vous des faux prophètes qui viennent à vous sous des peaux d'agneaux, et qui au-dedans sont des loups ravissants. - Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. "
20. Romains, X, 14-15 : " Comment entendront-ils la parole, si personne ne la leur prêche ? - Et comment y aura-t-il des prédicateurs, s'ils ne sont envoyés ? "
22. Cantique, VI, 3 : " Vous êtes belle, ma bien-aimée, et pleine de douceur ! Vous êtes ravissante comme Jérusalem et terrible comme une armée rangée en bataille. "
23. I Corinthiens, XII, 28-30 : " Dieu a établi dans son Eglise, premièrement des apôtres, secondement des prophètes, troisièmement des docteurs ; ensuite ceux qui ont la vertu de faire des miracles, puis ceux qui ont la grâce de guérir les maladies, ceux qui ont le don d'assister les frères, ceux qui ont le don de gouverner, ceux qui ont le don de parler diverses langues, et ceux qui ont le don de les interpréter. - En effet, tous sont-ils apôtres ? tous sont-ils prophètes ? tous sont-ils docteurs ? - tous font-ils p.252 fin p.253 début des miracles ? tous ont-ils la grâce de guérir les maladies ? tous parlent-ils plusieurs langues ? tous ont-ils le don de les interpréter ? "
24. Ephésiens, IV, 11-12 : " Jésus-Christ a donné à son Eglise quelques-uns pour être apôtres, d'autres pour être prophètes, d'autres pour prêcher l’Evangile, et d'autres pour être pasteurs et docteurs ; - afin que les uns et les autres travaillent à la perfection des saints, etc. "
TEMOIGNAGES DE LA TRADITION.
1. Le concile de Florence : " L'effet du sacrement de l'ordre, c'est une augmentation de grâce pour rendre celui qui le reçoit capable de remplir son ministère. "
5. S. CYPRIEN, Epist. LXXVI (al. 73) ad Magnum
: " Si l’Eglise est une, il en résulte qu'elle ne peut être à la fois en dedans et en dehors. Est-elle du côté de Novatien ? Donc elle n'était point avec Corneille. Mais, si elle était avec Corneille, légitime successeur de Fabien, et honoré de la double palme du sacerdoce et du martyre, donc Novatien n'est point dans l'Eglise. Verrait-on en lui par hasard un évêque ? Mais, foulant aux pieds les traditions de l'Evangile et des apôtres, il ne succède à personne et commence à lui-même.
Par quel moyen gouvernerait-il l'Eglise, celui qui a reçu son ordination hors de l’Eglise ? Or, que celle-ci ne puisse être ni dehors, ni divisé contre elle-même, mais qu'elle forme un tout indivisible, une maison où toutes les parties s'enchaînent dans une indestructible unité, l'Ecriture nous le prouve visiblement dans le sacrement de la Pâque et de l'Agneau, emblème de Jésus-Christ. La victime sera mangée toute entière dans une même maison, et vous ne transporterez point sa chair au dehors. Même symbole dans Rahab, qui était aussi le type de l'Eglise. Elle reçoit cet ordre : Tu rassembleras dans ta maison ton père, ta mère, tes frères et toute ta parenté. Quiconque franchira le seuil de ta maison, son sang sera sur sa tête. Symbole auguste, où nous voyons tous ceux qui veulent échapper à la mort du monde et vivre de la vie spirituelle, obligés de p.253 fin p.254 début s'abriter dans la maison unique de l’Eglise. En d'autres termes, quiconque, après avoir reçu la grâce dans l’Eglise, la trahit par une lâche désertion, ne devra imputer sa ruine qu’à lui-même. C'est ce que Paul explique en nous recommandant (Tit., III, 10) de fuir l'hérétique comme un méchant et un prévaricateur déjà condamné par son propre jugement. Car il est coupable de sa propre perte, celui qui, sans avoir été chassé par l'évêque, se jette volontairement hors de l'Eglise, court de plein gré à l'hérésie, et se condamne par son propre orgueil. Voilà pourquoi le Seigneur, voulant nous apprendre que l'unité émane de l'autorité divine, nous dit : Mon père et moi, nous ne sommes qu'une même chose. Et, réduisant son Eglise à la même unité, il ajoute : Il n'y aura qu’un troupeau et qu'un pasteur. Il n'y a qu'un troupeau ; l’Evangile est formel. Comment donc associer au troupeau celui qui n'en fait point partie ? Y a-t-il un seul prétexte pour regarder comme pasteur le profane qui, alors que le légitime pasteur vivait encore, alors qu'il siégeait dans la chaire suprême par une ordination régulière, sans prédécesseur et commençant à lui-même, vient troubler la paix du Seigneur, déchirer son unité par ses dissidences, et se bannir de la maison de Dieu, c'est-à-dire de l'Eglise, asile de paix et de concorde, destiné seulement aux cœurs unis, comme le Saint-Esprit l'atteste par la bouche du Psalmiste : Dieu rassemble dans une même maison ceux qu'unit un même sentiment ? "
" Le sacrifice institué par Notre-Seigneur témoigne encore de l'unité de sentiments qui doit régner parmi tous les chrétiens. Lorsque le Seigneur appelle son corps ce pain formé d'une multitude de grains de blé, il nous montre l'union de notre peuple, qu'il portait dans sa personne. Il en est de même du vin. Quand il appelle son sang ce vin, qui a été exprime de plusieurs grappes et de plusieurs grains, pour se confondre en un seul et même breuvage, il désigne encore notre troupeau, formé par le mélange et la réunion de la multitude. Novatien est-il uni au pain du Seigneur ? Est-il mêlé à son calice ? S'il est prouvé qu'il garde l'unité de l'Eglise, il pourra dès-lors posséder la grâce du baptême unique, du baptême de l’Eglise. "
" Enfin, que le sacrement de l'unité soit indivisible ; que ceux-là aient renoncé à toute espérance et se jettent dans l'abîme de la perdition, en excitant contre eux la colère du Seigneur, qui établissent un schisme et abandonnent l’évêque pour se créer hors de l'Eglise un fantôme d'autorité, la divine p.254 fin p.255 début Ecriture nous le déclare encore au livre des Rois, lorsque dix tribus se séparèrent de Juda et de Benjamin, et abandonnèrent leur roi pour s'en choisir un autre. Le Seigneur, est-il dit, (II Rois, XVII, 21), s'indigna contre tous les enfants d'Israël ; il les rejeta de devant-sa face, et il les livra en proie à leurs ennemis, pour les punir de s'être séparés de la maison de David, et d'avoir élu pour roi Jéroboam, fils de Nabath. Vous l'entendez ? La colère du Seigneur s'allume, et il livre à la dévastation les enfants d'Israël parce qu'ils avaient rompu l'unité et s'étaient choisis un autre roi. Telle fut sa colère contre les auteurs de ce schisme, que l'homme de Dieu, député vers Jéroboam pour lui reprocher son crime et lui annoncer le châtiment qui l'attendait, reçu la défense de manger de leur pain et de boire de leur eau dans leur maison. Celui-ci, au lieu d'obéir à cet ordre, et ayant mangé avec eux contre le précepte de Dieu, fut déchiré à son tour par un lion. Et on vient nous dire après cela que l'eau salutaire du baptême et la grâce céleste peuvent nous être communes avec les schismatiques, quand les aliments qui soutiennent la vie du corps ne le sont même pas ! Notre-Seigneur confirme cette vérité dans l’Evangile ; que dis-je ? il l'éclaire de nouvelles lumières en mettant au nombre des païens tous ceux qui rompirent avec Juda et Benjamin, et abandonnèrent Jérusalem pour se retirer à Samarie. La première fois qu'il envoie ses disciples exercer le ministère du salut, il leur dit expressément : N'allez point vers les nations, et n'entrez point dans les les villes des Samaritains. Il les envoie donc aux Juifs d'abord, avec l'ordre de laisser de côté encore les gentils ; mais, lorsqu'il ajoute : Vous n'entrerez point dans les cilles des Samaritains, où se trouvaient les schismatiques, il prouve que schismatique et païen c'est la même chose. "
" Novatien, objecte-t-on, garde la même loi que l’Eglise catholique, baptise avec le même symbole que nous, reconnaît le même Dieu pour Père, le même Jésus-Christ comme Fils, le même Saint-Esprit ; et l'interrogatoire de son baptême ne différant en rien du nôtre, lui donne le droit de l'administrer. D'abord, il n'est pas vrai que les schismatiques aient le même symbole que nous et les mêmes interrogatoires. En effet, cette question : Croyez-vous à la rémission des péchés et à la vie éternelle par la sainte Eglise ? ils ne peuvent la prononcer sans mentir à eux-mêmes, puisque l'Eglise n'est pas de leur côté. En second lieu, ils proclament par leur propre bouche que la rémission des p.255 fin p.256 début péchés ne se donne que par l'Eglise. Du moment qu'ils n'ont pas l'Eglise de leur côté, ils déclarent que les péchés ne sont pas remis parmi eux. Ils reconnaissent avec nous, dit-on, le même Dieu pour Père, le même Jésus-Christ pour Fils, le même Saint-Esprit. Et qu'importe la communauté des croyances ? Coré, Dathan et Abiron reconnaissaient, invoquaient le même Dieu qu'Aaron et Moïse, le Dieu unique, le Dieu véritable. Ils avaient même loi, même culte. Et néanmoins, parce que, franchissant la limite de leur ministère, ils s'élevèrent contre Aaron, investi par Dieu lui-même d'un légitime sacerdoce, et usurpèrent audacieusement la sacrificature, la céleste vengeance les atteignit au milieu de leur sacrilège entreprise. Dieu ne pouvait ni ratifier, ni rendre profitables des sacrifices impies, attentatoires à l'ordonnance établie par lui-même.
Ce n'est pas tout : les encensoirs qui avaient reçu ces oblations illégales, fondus par l'ordre du Seigneur, et purifiés de leurs souillures, furent réduits en lames et suspendus auprès de l'autel, afin qu’à l'avenir nulle main sacerdotale ne les touchât ; souvenir terrible pour la postérité, monument d'indignation et de vengeance ! Au reste l’Ecriture sainte nous le dit : Qu'ils deviennent un monument qui rappelle aux enfants d'Israël que tout homme étranger de la race d'Aaron ne doit pas s'approcher pour offrir l’encens au Seigneur, s'il ne veut pas souffrir comme Coré. Et cependant ils n'avaient pas créé un schisme ; ils ne s'étaient pas révolté à main armée contre les prêtres du Seigneur, après avoir fait scission entre eux ; bien moins coupables que ceux qui déchirent l'Eglise, violent avec la paix l'unité divine, s'efforcent d'établir une chaire illégale, envahissent l'épiscopat, usurpent le baptême et le sacrifice. Mais quels succès attendent-ils de leur criminelle audace ? Comment obtiendront-ils quelque faveur d'un Dieu contre lequel ils sont en guerre ? Ainsi, tous ceux qui pactisent avec le baptême de Novatien ou de ses pareils, affirment en vain qu'on peut être lavé et sanctifié par le baptême salutaire, là où il est avéré que celui qui baptise n'a ni droit, ni pouvoir. L'Ecriture sainte va nous faire comprendre avec quelle rigueur Dieu châtie cette hardiesse. En effet, la vengeance ne se borne pas aux chefs et aux premiers auteurs de la rébellion, elle vit frapper chacun de leurs complices, s'ils ne séparent pas leur cause de la cause des coupables. Ecoutez le Seigneur s'expliquant là-dessus par la bouche de Moïse : Retirez-vous des tentes de ces hommes impies, et ne touchez à rien de ce qui est a eux, de peur d'être enveloppés dans p.256 fin p.257 début leurs péchés. La menace que le Seigneur avait prononcée par la bouche de Moïs eut son accomplissement. Quiconque ne se sépara point de Coré, de Dathan et d'Abiron, fut frappé à l'heure même en punition de cette alliance sacrilège. Leçon formidable, d'où il résulte que s'associer aux sacrilèges emportements de l'hérésie et s'armer avec elle contre l'autorité dont Dieu a investi son Eglise, c'est courir au même châtiment. Le Saint-Esprit nous le témoigne encore par la bouche d'Osée (IX, 4) : Leurs sacrifices ressemblent aux banquets de funérailles, ils rendent impurs ceux qui y participent. C'était nous dire en d'autres termes que tout est commun entre le complice et le chef, crime et Châtiment. Je le demande, quel crédit auront-ils auprès de Dieu, ceux auxquels il inflige de si terribles supplices ? "
7. Le concile de Laodicée, canon 13 (Cf. LABBE,
Conc., t. Ier, col. 1497-1498. V. de plus notre Dictionnaire universel des conciles, t. 1er, col. 1536, article LAODICEE, vers l’an 364) : " On ne doit pas abandonner aux passions de la multitude l'élection de ceux qui doivent être promus au sacerdoce. "
8. S. LEON-LE-GRAND, Epist. 87 ad episcopos
Africanos per Mauritaniam Cæsareensem constitutos : " Que s'il faut apporter beaucoup de prudence et de discernement dans le choix des ministres de l'Eglise à tous les degrés, pour qu'il n'y ait rien de désordonné, rien qui blesse ou qui choque dans la maison de Dieu, combien ne doit-on pas encore davantage faire attention à ne pas commettre d'erreur dans l’élection de celui qui est établi au-dessus de tous ? Car tout chancellera dans la société chrétienne, si les qualités qui doivent se trouver dans le corps ne se trouvent pas dans le chef lui-même. "
9. S. GREGOIRE-LE-GRAND, Epist. 52 ad episcopos
Galliarum : " La divine Sagesse a voulu qu'il y eût des différences d'ordres et de degrés, afin que les inférieurs gardant le respect aux supérieurs, et ceux-ci usant de charité pour ceux-là, la diversité même des fonctions contribuât à entretenir la concorde, et que chaque emploi fût administré avec plus de perfection. Car il n'était pas possible de maintenir le tout dans son ensemble, à moins d'établir cet ordre harmonieux dans les fonctions diverses. Or, que le gouvernement et la conservation même des êtres créés exigent que les qualités de tous ne soient p.257 fin p.258 début pas les mêmes, c'est ce que nous montre l'ordre observé dans la hiérarchie céleste, où les uns sont archanges, les autres simplement anges, et par conséquent inférieurs aux premiers, et où par-là même il faut reconnaître une différence d'ordre et de pouvoir. "
10. S. DENIS l’Aréopagite, Lib. de ecclesiast.
hierarchiâ, c. 5: " Il est temps de traiter des ordres sacrés, de leurs attributions, de leur vertu ou de leur efficacité, de leur perfection, et d'expliquer comment ces choses sont réparties entre les trois ordres principaux. On verra de cette manière que la sage constitution de notre hiérarchie écarte et rejette absolument tout ce qui est irrégulier, désordonné et confus, et qu'elle fait briller au contraire dans l'heureux ensemble de ses divers degrés la décence, l’harmonie et la majesté. Or, au traité des hiérarchies célestes, nous avons, je pense, suffisamment expliqué cette triple distinction qui caractérise toute hiérarchie, en disant d'après l'autorité de la tradition, qu'on y trouve d'abord le don divin, la grâce, puis les esprits qui ont la science et le pouvoir d'initier, enfin ceux qui reçoivent de ces derniers le bienfait de l'initiation. "
" Nous avons donc établi qu’à l'ordre épiscopal appartient la vertu de perfectionner, et qu'il perfectionne en effet ; à l'ordre sacerdotal la vertu de conférer la lumière et que réellement il la confère ; à l’ordre des diacres la vertu de purifier et de discerner les différents sujets, de sorte cependant que le premier a le secret de donner non-seulement la perfection, mais encore la lumière et la pureté, et que le second peut à la fois illuminer et purifier. Les inférieurs n'exercent pas les fonctions des supérieurs, et ils ne doivent pas se laisser emporter à une si téméraire usurpation. Mais les puissances plus rapprochées de Dieu connaissent leur propre force, et ont en même temps le secret de la perfection des puissances moins élevées. "
" Mais les ordres des Eglises étant les images des opérations divines, en ce qu'ils représentent l'harmonieux mélange des splendeurs diverses que Dieu fait éclater dans ses actes, ils se divisent en puissances de premier, second et troisième degré hiérarchiquement distinctes, pour reproduire par là, comme je l'ai dit, l'unité et la variété des œuvres divines. Car, puisque la Divinité commence par purifier les esprits auxquels elle se communique, puis les illumine, et enfin les réforme à l'image de sa propre perfection, il est juste que la hiérarchie, figure des choses célestes, se divise en ordres et en puissances multiples, pour p.258 fin p.259 début faire voir clairement que les opérations divines s'exécutent avec une parfaite harmonie, et sans la moindre confusion dans tous ses divers degrés (Cf. Les Œuvres de saint Denis l’Aréopagite, trad. par M. l'abbé Darboy ; idem, trad. du frère Jean de saint François, pag. 99, 105-106 ; ???
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?., pag. 180, 191-192, Paris, 1562).
"
11. S. IRENEE, adversùs hæreses lib. III, c. 3 : " Mais comme il serait trop long de rappeler ici les noms de tous ceux qui ont successivement gouverné chacune des Eglises, il suffira de ceux qui se sont succédés dans le gouvernement de celle de ces Eglises qui est la plus grande, la plus ancienne, la plus célèbre, celle qui a été fondée à Rome par les apôtres saint Pierre et saint Paul, qui a reçu d'eux-mêmes le précieux dépôt de la tradition et de la foi prêchée chez toutes les nations ; et nous laisserons en dehors de la communion des fidèles tous ceux qui, soit pour satisfaire leurs passions ou une vaine gloire, soit par aveuglement, soit par perversité, ont quitté les sentiers de la vérité, etc. " Voir pour la suite ce même passage rapporté plus haut, article des Commandements de l'Eglise, quest. IX, témoignage 6, p. 28, t. II.
13. S. OPTAT de Milève, Lib. II contra Donatistas, comme plus haut, article des Commandements de l’Eglise, question IX, témoignage 8, page 30, tome II.
16. Le même, contra epistolam Manichæi, quam vocant funda menti, c. 4 ; voir plus haut, article du Symbole, question XVIII, témoignage 23, page 406, tome I.
17. Le même, in Psalmo contra partem Donati
; voir plus haut, article des Commandements de l'Eglise, question IX, témoignage 11, page 31, tome II.
20. Le même, Lib. II contra litteras Petilani, c. 51 ; voir plus haut, article des Commandements de l’Eglise, question IX, témoignage 12, page 52, tome II. p.259 fin p.260 début
ARTICLE VII. - DU SACREMENT DE MARIAGE.
Question I
Qu’est-ce que le Mariage ? Le mariage est l'union légitime divinement établie entre l'homme et la femme, afin qu'ils passent ensemble inséparablement tout le temps de leur vie. Je dis, l'union légitime, c'est-à-dire fondée sur le mutuel consentement des époux et sur l'absence de tout degré de parenté ou d'alliance, ou de tout autre empêchement semblable de mariage, qui rendrait leur union illicite ou même tout-à-fait nulle de droit. Si l'on demande quel est l'auteur primitif de cette union établie entre des époux, on n'en trouvera pas d'autre que Dieu lui-même, qui a uni dans le paradis terrestre le premier homme et la première femme dont tous les hommes sont descendus, et a béni en même temps leur union. Si l'on considère ensuite la fin de cette institution, on verra que c'est la propagation du genre humain en vue de la gloire de Dieu, en même temps que l'amour et la fidélité réciproque des époux, et subsidiairement aussi le dessein de prévenir le désordre de la fornication dans l'état actuel de faiblesse de notre nature corrompue.
TEMOIGNAGES DE L’ECRITURE.
1. Genèse, XXIV, 57-58 : " Laban et Raguel lui dirent : Appelons la jeune fille, et sachons d'elle-même ce qu'elle pense. - On l'appela donc, et quand elle fut venue, ils lui demandèrent : Voulez-vous bien aller avec cet homme ? Je le veux bien, répondit-elle. "
2. Tobie, VII, 15-17 : " Raguel prenant la main droite de p.260 fin p.261 début sa fille, la mit dans la main droite de Tobie et dit : Que le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob soit avec vous ; que lui-même vous unisse et accomplisse sa bénédiction en vous. - Et ayant pris du papier, ils dressèrent le contrat de mariage. - Après cela ils firent le festin en bénissant Dieu. "
3. Genèse II, 21-24 : " Le Seigneur Dieu envoya donc un sommeil à Adam, et pendant que celui-ci dormait, il tira une de ses côtes, et mit de la chair à la place ; - et de la côte qu'il avait tirée d’Adam, le Seigneur Dieu forma la femme, et l'amena à Adam. - Adam dit alors : Voilà maintenant l'os de mes os, et la chair de ma chair ; celle-ci s'appellera vierge, parce qu'elle est sortie du sexe viril. - C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère et s'attachera à son épouse, et ils seront deux dans une seule chair. "
4. MATTHIEU, XIX, 3-8 : " Et les pharisiens vinrent à lui pour le tenter, et lui dirent : Est-il permis à un homme de renvoyer sa femme pour quelque cause que ce soit ? - Il leur répondit : N'avez-vous pas lu que celui qui créa l'homme dès le commencement, le fit mâle et femelle, et qu'il dit : - A cause de cela, l'homme quittera son père et sa mère, et s'attachera à son épouse et ils ne seront plus tous deux qu'une même chair ? - Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Que l'homme donc ne sépare point ce que Dieu a uni. - Ils lui dirent : Pourquoi donc Moïse a-t-il prescrit à l'homme de donner à sa femme un acte de répudiation, et de la renvoyer ? - Il leur répondit : C'est à cause de la dureté de vos cœurs, que Moïse vous a permis de renvoyer vos femmes ; mais il n'en a pas été ainsi dès le commencement. "
5. I Corinthiens, VII, 2-6, 10-11 : " Néanmoins, pour éviter la fornication, que chaque homme vive avec sa femme, et chaque femme avec son mari. - Que le mari rende à sa femme ce qu'il lui doit, et la femme ce qu'elle doit à son mari. - Le corps de la femme n'est point en sa puissance, mais en celle de son mari ; de même le corps du mari n'est point en sa puissance, mais en celle de sa femme. - Ne vous refusez point l'un à l'autre ce devoir, si ce n'est du consentement de l'un et de l'autre pour un temps, afin de vaquer à la prière ; et ensuite vivez ensemble comme auparavant, de peur que votre penchant à l'incontinence ne donne lieu à Satan de vous tenter. - Or, je vous dis ceci par condescendance, et non par commandement. - Quant à ceux qui sont mariés ; ce n'est pas moi, mais c'est le Seigneur qui p.261 fin p.262 début leur fait ce commandement : Que la femme ne se sépare point de son mari. - Si elle s'en est séparée, qu'elle reste sans se marier, ou qu'elle se réconcilie avec son mari, et que le mari de même ne quitte point sa femme. "
6. Ephésiens, V, 22-33 : " Que les femmes soient soumises à leurs maris, comme au Seigneur ; - parce que le mari est le chef de la femme, comme Jésus-Christ est le chef de l’Eglise, qui est son corps, et dont il est aussi le Sauveur. - Comme donc l'Eglise est soumise à Jésus-Christ, de même aussi les femmes doivent être soumises en tout à leurs maris. - Et vous, maris, aimez vos femmes, comme Jésus-Christ a aimé l'Eglise jusqu’à se livrer lui-même pour elle, - afin de la sanctifier, après l'avoir purifiée dans le baptême de l'eau par la parole de vie, - pour la faire paraître devant lui pleine de gloire, n'ayant ni taches, ni rides, ni rien de semblable, mais toute sainte et sans défaut. - C'est ainsi que les maris doivent aimer leurs femmes comme leur propre corps ; en effet, celui qui aime sa femme, s'aime soi-même. - Car personne ne hait sa propre chair ; mais on la nourrit et on l'entretient, comme Jésus-Christ fait à l’égard de l'Eglise ; - parce que nous sommes les membres de son corps, formés de sa chair et de ses os. - C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère et s'attachera à sa femme, et ils deviendront tous deux une même chair. - Ce sacrement est grand, savoir en ce qu'il représente Jésus-Christ et l’Eglise. Que chacun de vous aime donc sa femme comme soi-même, et que la femme révère son mari. "
TEMOIGNAGES DE LA TRADITION.
1. S. AUGUSTIN, Lib. de fide et operibus, c. 7
: " Qu'arrivera-t-il, demande-t-on, si une personne épouse un homme qu'elle ne sait pas être marié avec une autre ? Si elle l'ignore constamment, elle ne sera jamais adultère pour cela ; mais si elle vient à l'apprendre, elle commencera de l’être du moment où, sachant qu'il est marié avec une autre femme, elle n'en continuera pas moins d'avoir commerce avec lui. De la même manière que quelqu'un est possesseur de bonne foi, tant qu'il ignore que le bien qu'il possède appartient à autrui, et qu'il devient possesseur de mauvaise foi aussitôt que, venant à le savoir, il se maintient néanmoins dans sa possession. Qu'on ne se laisse donc point égarer par une pitié déplacée, quand on nous voit corriger ces sortes de désordres, comme si nous rompions alors des mariages, p.262 fin p.263 début tandis que dans la cité de Dieu et sur sa sainte montagne, qui est son Eglise, le mariage est tellement indissoluble tant par la nature du lien qu'on y contracte, que par le sacrement qui le consacre, qu'il n'est pas même permis au mari de céder sa femme à un autre, comme nous lisons de Caton qu'il le faisait, non-seulement sans encourir le blâme, mais même en s'attirant par la les louanges de ses concitoyens. "
2. Le même, Lib. I de nuptiis et concupiscentiâ, c. 10 : " Comme les mariages des chrétiens ne se recommandent pas seulement par la fécondité des époux ou le nombre des enfants qui peuvent en être le fruit, ni par la chasteté seulement, qui est l'effet de la fidélité conjugale, mais encore par le sacrement qui en sanctifie le lien ; ce qui a fait dire à l'Apôtre : Maris, aimez vis femmes, comme Jésus-Christ a aimé l’Eglise ; l'effet de ce sacrement est sans contredit, que l'homme et la femme une fois unis par le mariage restent de même ensemble le reste de leur vie, sans qu'il leur soit permis jamais de se séparer, si ce n'est pour cause de fornication. Car c'est là ce qui s'observe en Jésus-Christ et en son Eglise, qui toujours vivants l'un et l'autre, ne se sépareront jamais l'un de l'autre par aucun divorce. Tel est le respect que les époux chrétiens, qui sont sans aucun doute les membres de Jésus-Christ gardent à ce sacrement dans la cité de notre Dieu, et sur sa montagne sainte qui est son Eglise, que, bien que le but qu'ils se proposent dans leurs mariages soit d'avoir des enfants, ils ne se permettent cependant jamais de congédier une épouse stérile pour en épouser une autre qui soit féconde. S'ils le faisaient, ils seraient adultères, le mari en épousant la femme féconde et l'épouse stérile en se mariant à un autre homme ; et cela en vertu de la loi de l’Evangile, quoi que puisse statuer à cet égard la loi du siècle aux yeux de laquelle il est permis aux époux, en cas de divorce, de passer à d'autres mariages, licence que Moïse même, comme nous l'atteste l'Ecriture, avait accordée aux Juifs à cause de la dureté de leurs cœurs. Telle est la force du lien du mariage une fois contracté entre deux personnes chrétiennes tant qu'elles sont vivantes, qu'on leur accorderait plutôt de se remettre ensemble, quoique légitimement séparées, que de rester avec celles à qui ils se seraient attachés depuis leur séparation. Car ils ne seraient pas adultères à l’égard de ces dernières s'ils avaient cessé par leur divorce d'être époux d'une autre. Que l'époux légitime cependant vienne à mourir, l'époux survivant pourra alors contracter un p.263 fin p.264 début véritable mariage avec la personne qui jusque là ne pouvait être pour lui qu’une occasion d’adultère. C’est ainsi qu’il existe entre les époux vivants un lien tellement indissoluble, que ni le divorce ni l’adultère ne sauraient le rompre. Mais dans ces derniers cas le lien subsiste comme reproche du crime commis, plutôt que comme témoignage de l’union conjugale ; de même que l’âme qui se rend coupable d’apostasie, en rompant l’alliance qu’elle a contractée avec Jésus-Christ, perd la foi, sans perdre pour cela le sacrement de la foi qu’elle a reçue l’eau de la régénération : car si elle le perdait en abandonnant l’Eglise, il lui faudrait le recevoir de nouveau en revenant à elle. Toutefois elle ne le garde dans son apostasie que comme sujet de condamnation pour elle, et non plus comme titre de récompense. "