Grand Catéchisme (Somme de doctrine chrétienne) (page 99)

Pierre Canisius · Doctrine

Texte français, domaine public · Source : jesusmarie.free.fr — Grand Catéchisme, trad. Peltier, tomes 1 à 6 · 205 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

16. Le concile de Trente, session XXIV, canon 6 : " Si quelqu'un ose dire que le mariage contracté, mais non consommé, n'est pas dirimé par la profession solennelle en religion de l'un des deux époux, qu'il soit anathème. "

17. Le concile de Florence : " Le troisième bien ou avantage du mariage, c'est son indissolubilité fondée sur ce qu'il représente l'union indissoluble de Jésus-Christ et de son Eglise. Or, quoiqu'il soit permis de se séparer de lit pour cause de fornication, on n'est pas en droit pour cela de contracter un autre mariage, puisque le lien du mariage une fois légitimement contracté est indissoluble. " p.292 fin p.293 début

18. Le concile de Trente, session XXIV, canon 7 : " Si quelqu'un ose dire que l’Eglise se trompe, lorsqu'elle enseigne comme elle l'a fait jusqu'ici, conformément à la doctrine de l’Evangile et des apôtres, que le lien du mariage ne peut pas être dissous par l'adultère de l'un des époux, tellement que ni l'un ni l'autre, pas même celui des deux qui est innocent de l'adultère ne peut contracter mariage du vivant de sa partie conjointe, en sorte que ce serait se rendre soi-même coupable d'adultère que de contracter un autre mariage du vivant de la partie adultère, n'importe que ce soit l'homme ou que ce soit la femme : si quelqu'un, disons-nous, ose dire que l’Eglise se trompe en quelqu'un de ces points, qu'il soit anathème. "

19. Ibidem, canon 8 : " Si quelqu'un ose dire que l'Eglise se trompe, lorsqu'elle déclare que des époux peuvent pour grand nombre de causes être séparés de lit ou de cohabitation, qu'il soit anathème. "

20. S. AUGUSTIN, De adulterinis conjugiis, lib. I, c. XI : " Il nous reste à dire que saint Matthieu n'a exprimé qu'une partie de ce qu'il pouvait dire pour faire entendre le tout, et qu'il n'en a pas moins enseigné comme les autres évangélistes que l'homme devient adultère, si après avoir quitté sa femme il en épouse une autre, soit que la femme qu'il a quitté soit coupable de fornication, soit qu'elle n'en ait pas même été accusé par son mari. " Au chapitre IX de ce même livre, saint Augustin avait déjà résolu cette difficulté de la manière suivante : " Pourquoi Notre-Seigneur a-t-il parlé de fornication en particulier, au lieu de dire en général ? Quiconque quitte sa femme et en épouse une autre commet un adultère, si l'homme devient adultère toutes les fois qu'il épouse une autre femme, et quand même celle qu'il quitterait se serait rendue coupable de fornication ? C'est, je pense, que Notre- Seigneur a voulu par là montrer davantage la gravité de ce précepte. Car, qui peut nier que l'adultère ne soit plus criminel, lorsqu'il se commet à l'égard d'une épouse innocente, que lorsque cette épouse elle-même s'est rendue coupable de fornication ? Non, toutefois, que dans ce dernier cas ce ne soit plus un adultère de passer à un autre mariage ; tout ce que je veux dire, c'est que l'adultère est alors moins criminel. L'apôtre saint Jacques s'est servi d'une semblable manière de parler lorsqu'il a dit (IV, 17) : Celui-là est coupable de péché qui, sachant le bien qu'il doit faire, ne le fait pas. Est-ce qu'on peut en conclure que tel autre ne soit pas coupable, qui ne fait pas le bien dont il n'a pas connaissance ? Assurément p.293 fin p.294 début cet autre là serait encore coupable, mais il le serait moins que le premier. Car un mal peut être moindre qu'un autre, et être cependant un mal (Cf. S. Augustini opera, tome VI, pag. 393 et 390-392, édition des Bénédictins : col.

21. S. ISIDORE de Séville, Lib. II de officiis ecclsiasticis, c. 19 : " Que le mariage doive avoir lieu, non entre un époux et plusieurs épouses, mais entre un époux et une épouse, c’est ce qui prouve l'exemple de l'union formée par Dieu même entre nos premiers parents. Car après que Dieu eut créé l'homme, et lui eut donné une compagne semblable à lui, et tirée d'une de ses côtes, il s'en tint là, sans chercher à Adam d'autres épouses, et ainsi ces deux premiers époux ont marqué dans leur propre exemple à tous leurs descendants quelle était la sainteté de l'union conjugale et la volonté primitive de Dieu à cet égard.

De même, dans le sens spirituel, l'union individuelle de Jésus-Christ et de son Eglise exige une semblable unité dans le mariage de l'homme et de la femme, tant parce que cette unité est dans la nature même de la chose, que parce qu'elle est essentielle à la vérité du sacrement. Par contre, la pluralité des épouses a commencé par un homme maudit de Dieu. Ce fut Lamech à qui le premier, en épousant deux femmes, commit l’attentat de faire que trois à la fois devinssent une même chair. Quelqu'un objectera peut-être que les patriarches aussi prenaient plusieurs épouses, et voudra en conclure que la même chose nous est permise aussi. Oui, sans doute, cela est permis, devrons-nous dire, pourvu qu'on puisse nous prouver que cette pluralité de femmes puisse avoir comme autrefois une signification mystérieuse. Il est vrai cependant que l'Apôtre conseille de se marier en secondes noces, mais seulement pour remédier à l’incontinence. Car il vaut mieux, après tout, contracter une seconde union avec un homme, que de commettre, pour obéir à sa passion, la fornication avec plusieurs. Mais si l'on se donnait la licence, de se marier un plus grand nombre de fois, ce ne serait plus vertu, mais ce serait crime : Sæpiùs autem nubendi licentia, jam non est religionis, sed criminis (Par ces derniers mots, saint Isidore semble réprouver les troisièmes noces. Si telle était la pensée du saint docteur, il contredit en ce point la doctrine de l’Eglise, aussi bien que toute la tradition. Il vaut mieux entendre ces paroles en ce sens, que le motif qui porte alors à contracter de nouveaux mariages est le plus souvent une passion effrénée plutôt qu'un sentiment religieux). "

22. Le concile de Trente, session XXIV, canon 2 : " Si p.294 fin p.295 début quelqu'un ose dire qu'il est permis aux chrétiens d'avoir plusieurs femmes à la fois, et que cela n'est défendu par aucune loi divine, qu'il soit anathème. "

Question IV

Le mariage est-il permis à tout le monde ?

Pas toujours. Car c'est une tradition qui nous vient des apôtres, suivant le témoignage de saint Epiphane, qu'il y a péché à contracter mariage après qu'on a fait vœu de garder la virginité toute sa vie. Et saint Jérôme affirme que c'est un péché si grand, si énorme, que les vierges qui se marient après avoir été une fois consacrées ont moins des adultères ajoute-t-il, que des incestueuses. Saint Augustin a dit aussi de son côté : " Une vierge qui pourrait se marier sans péché (tant qu'elle reste libre), ne peut plus se marier dès qu'elle est consacrée à la vie religieuse, sans devenir adultère par rapport à Jésus-Christ. Et la raison, c'est qu'elle a regardé derrière elle, et abandonné par cela seul la place qu'elle occupait auprès du divin époux. "

Par conséquent, " ce que dit l'Apôtre qu'il vaut mieux se marier que de brûler du feu impur, ne regarde, comme l'explique fort bien saint Ambroise, que les vierges qui n'ont pas encore fait de vœu, mais non celles qui ont déjà reçu le voile. Quant à celle qui s'est déjà vouée à Dieu et qui a reçu le voile, elle est dès-lors mariée et unie indissolublement à l'immortel époux ; et si, malgré cet engagement, elle veut contracter un mariage profane, elle commet un adultère et se voue à la mort. " C'est ainsi que s'est exprimé là-dessus saint Ambroise. Aussi a-t-on de tout temps fait l'éloge du rescrit de l'empereur Jovien, inséré par l'empereur Justinien dans le code des lois romaines, et qui porte que " si quelqu'un ose, je ne dis pas enlever, mais seulement tenter des vierges consacrées à Dieu en leur offrant l'appât du mariage, il devra être puni de mort. "

Même chose à dire des moines et des clercs engagés dans les ordres sacrés : ils encourent leur damnation, si, lâchant la bride à la passion de la volupté, ils démentent ou rendent vaine, irritam fecerunt, comme le dit l’Apôtre, la promesse qu'ils ont faite à Dieu et à l'Eglise. Car ils ont renoncé volontairement au mariage, du moment où ils ont fait le vœu formel de garder le célibat toute leur vie, ou que du moins ils s'y sont engagés tacitement en recevant les ordres sacrés.

p.295 fin p.296 début Qu'ils se rendent donc dociles à cet avis que Dieu leur donne : Si vous avez fait un vœu, ne tardez pas à l'acquitter. Et ailleurs : Faites des vœux au Seigneur votre Dieu, et accomplissez-les. Jésus-Christ lui-même les en avertit par ces autres paroles : Celui qui met la main à la charrue, et qui regarde derrière soi, n'est pas propre au royaume de Dieu.

TEMOIGNAGES DE L’ECRITURE.

1. I Corinthiens, VII, 8-10 : " Pour ce qui est des célibataires et des veuves, je leur déclare qu'il leur est bon de demeurer en cet état, comme j'y demeure moi-même. - Si néanmoins ils sont trop faibles pour garder la continence, qu'ils se marient ; car il vaut mieux se marier que de brûler d'un feu impur. - Quant à ceux qui sont mariés, ce n'est pas moi, mais c'est le Seigneur qui leur fait ce commandement : que la femme ne se sépare pas de son mari, etc. "

2. I Timothée, V, 11-13 : " Pour les jeunes veuves, ne les admettez point ; car après avoir vécu avec mollesse, elles secouent le joug de Jésus-Christ, et, veulent se remarier, - encourant ainsi leur condamnation devant Dieu en rendant vaine la foi qu'elles lui avaient donnée auparavant. - D'ailleurs, vivant dans l'oisiveté, elles s'accoutument à aller de maison en maison ; non-seulement p.296 fin p.297 début oisives, mais encore causeuses et curieuses, s'entretenant de choses dont elles ne devraient pas parler. "

3. Ecclésiaste, V, 3-4 : " Si vous avez fait un vœu à Dieu, ne différez point de le lui acquitter : car la promesse infidèle et imprudente lui déplaît ; mais accomplissez tous les vœux que vous lui aurez faits. - Il vaut beaucoup mieux ne point faire de vœux que d'en faire, et de ne pas les accomplir. "

4. Deutéronome, XXIII, 21-23 : " Lorsque vous aurez fait un vœu au Seigneur votre Dieu, ne différez point de l'accomplir, car le Seigneur vous en demandera compte ; et si vous différez, votre délai vous sera imputé à péché. - Vous ne pécherez point en ne vous engageant par aucune promesse ; - Mais du moment où une parole sera sortie de votre bouche, vous l'observerez et vous ferez selon ce que vous aurez promis au Seigneur votre Dieu, puisque vous l'aurez promis volontairement par votre propre bouche. "

6. LUC, IX, 57-62 : " Comme ils étaient en chemin, un homme lui dit : Seigneur, je vous suivrai partout où vous irez. - Jésus lui répondit : Les renards ont leurs tanières, et les oiseaux du ciel leurs nids ; mais le Fils de l'homme n'a pas où reposer sa tête. - Puis il dit à un autre : Suivez-moi. Et cet autre lui répondit : Seigneur, laissez-moi auparavant ensevelir mon père - Jésus lui répartit : Laissez aux morts le soin d'ensevelir leurs morts ; mais vous, allez annoncer le royaume de Dieu. - Un autre lui dit aussi : Seigneur, je vous suivrai, mais laissez-moi disposer de ce que j'ai dans ma maison. - Jésus lui répondit : Quiconque ayant mis la main à la charrue, regarde derrière soi, n'est point propre au royaume de Dieu. "

TEMOIGNAGES DE LA TRADITION.

LXI : " Ce que les apôtres ont enseigné se trouve en partie dans l’Ecriture, et en partie dans la tradition, selon ce que dit l'apôtre saint Paul : Sicut tradidi vobis ; ailleurs : Sic doceo, et tradidi in Ecclesiis ; ailleurs encore : Si continetis, nisi frustra credidistis (I Cor., XI, 23 ; XIV, 33 ; XV, 2). Les saints apôtres donc ont enseigné qu'il y a péché à contracter mariage après qu'on a fait vœu de virginité. D'un autre côté, l’Apôtre a écrit : Si une vierge se marie, elle ne pèche pas en cela (I Cor., VII, 28). Comment donc ceci p.297 fin p.298 début s'accorde-t-il avec cela ? C'est que l'Apôtre voulait parler d'une vierge non consacrée à Dieu, qui pouvait ne pas trouver à se marier à cause du trop petit nombre de chrétiens qu'il y avait à cette époque. L’Apôtre lui-même fait voir que c'est là le sens de ses paroles, lorsqu'il dit ailleurs : N'admettez point les jeunes veuves ; car la mollesse de leur vie les portant à secouer le joug de Jésus-Christ, elles veulent se remarier, et encourent ainsi leur condamnation devant Dieu, en violant la foi qu'elles lui avaient donnée auparavant (I Tim., V, 11-12). Si donc celle qui est devenue veuve après l'expérience qu'elle a faite du monde, et qui, s'étant alors consacrée à Dieu, se remarie ensuite, encourt sa condamnation, pour avoir violé la foi qu'elle avait jurée ; à combien plus forte raison la vierge qui s'est consacrée à Dieu sans avoir jamais connu le monde, et qui se marie malgré cela, n'est-elle pas coupable d'avoir par esprit de mollesse secoué le joug de Jésus-Christ, violé une foi jurée encore plus solennellement, et n'encourt-elle pas sa condamnation, pour s'être désistée de sa promesse faite à Dieu même ? "

2. S. JEROME, Lib. I contra Jovinianum, c. 7 :

" Si une vierge se marie, elle ne pèche pas en cela. Il ne s'agit pas ici d'une vierge qui s'est consacrée au service de Dieu : car dans ce dernier cas une vierge qui se marie encourt sa condamnation, comme coupable d'avoir violé la foi qu'elle avait jurée d'abord. Que si notre adversaire objecte que ces dernières paroles ont été dites des veuves, combien ces mêmes paroles ne doivent-elles donc pas avoir davantage de force par rapport aux vierges, à qui cela même qui leur était permis autrefois, ne l'est plus maintenant ? Car les vierges qui se marient après leur consécration sont coupables plutôt encore d'inceste, que d'adultère. "

3. S. BASILE-LE-GRAND, Lib. de verâ virginitate

: " Après avoir voué à Dieu leur virginité, elles se laissent séduire et vaincre par l’appât des voluptés charnelles, et voudraient couvrir le crime de leur fornication du nom honorable de mariage. Elles n'ignorent pas, ces personnes, quoiqu'elles feignent de l'ignorer, que celle qui a violé l'alliance contractée avec son époux ne peut plus, ni être appelée l'épouse de celui qu'elle a abandonné en succombant à une pensée criminelle, ni l'être non plus par quelque loi que ce soit de celui à qui elle s'est livrée par passion en quittant son époux. Car un mariage n'est légitime et conforme à l'institution de Dieu, que lorsque la passion de la volupté ne fait pas enfreindre les lois divines, et qu'on se marie dans l'espérance p.298 fin p.299 début de trouver pour cette vie une utile assistance, et dans le but d'avoir des enfants. . . . . " " Que celui-là ne se fasse pas illusion, qui renonce à sa virginité pour s'abandonner au vice de la chair. Car le mariage qu'il contracte en ce cas lui sera imputé à péché, premièrement parce que c'est la volupté et la prévarication qu'il lui donne pour base, et ensuite parce qu'il n'était plus libre de le faire : car l'époux de cette âme n'est pas mort, pour qu'elle puisse se remarier à qui elle voudra. Tant que vit son immortel époux, cette âme est à bon droit jugée adultère, qui devenue esclave des vices de la chair, fait entrer un homme mortel dans le lit de son divin maître. "

4. Le même, Epist. 185 ad virginem lapsam

: " Rappelez à votre souvenir la profession solennelle que vous avez faite en présence de Dieu, des anges et des hommes. Rappelez à votre souvenir cette auguste assemblée, ce chœur sacré de vierges. . . Aujourd'hui, qui ne s’écrierait en gémissant : Comment cette cité fidèle, si pleine de droiture et d'équité, est-elle devenue une prostituée (Is., I, 21) ? Et comment le Seigneur lui-même ne dirait-il pas à quelqu'un de ses serviteurs qu'animerait l'esprit de Jérémie : As-tu vu ce que m'a fait la fille d'Israël (JEREM., XVIII, 3) ? Je l’avais rendue mon épouse par une alliance de justice et de jugement, de compassion et de miséricorde, comme je le lui avais promis par mon prophète (OSEE, II, 19). Mais elle au contraire, elle s'est attachée à des étrangers, et bien que moi, son immortel époux, je sois toujours vivant, elle s'abandonne à l'adultère et recherche l'union d’autres époux que de moi. . . . . "

S'adressant au séducteur : " Tu as pris les membres de Jésus-Christ pour en faire ceux d'une courtisane. . . Il vaudrait mieux pour cet homme qu'on lui eût attaché au cou une meule de moulin et qu'on l'eût jeté dans la mer, plutôt que de violer comme il l'a fait le corps d'une vierge. Quel serait l'esclave assez téméraire, assez imprudent, pour oser se mettre dans le lit de son maître ? Quel serait le voleur assez insensé pour porter ses mains sur les dons mêmes consacrés à Dieu, je ne dis pas sur une matière insensible, mais sur des corps animés, et renfermant des âmes faites à l'image de Dieu ? A-t-on jamais entendu dire que quelqu'un, en plein midi, et en pleine cité, ait osé peindre des figures de pourceaux immondes sur la statue de l'empereur ? Si quelqu'un déshonorait l'épouse d’un homme mortel, il serait mis à mort sans miséricorde sur la déposition de deux p.299 fin p.300 début ou trois témoins : quel supplice ne mérite donc pas celui qui, foulant aux pieds le Fils de Dieu, rend adultère l'épouse qu'il s'était unie, et affecte d'ignominie la vierge qu'il s'était consacrée. "

5. S. AUGUSTIN, in Ps. LXXXIII : " On retourne en arrière, mes frères, lorsque, du lieu et de l'état où l'on s'était avancé et où l'on avait fait vœu de se tenir, on tombe dans le relâchement, et qu'on quitté ce qu'on avait entrepris. Un homme, par exemple, a promis à Dieu de vivre chaste dans le mariage : car c'est là le premier degré d'une vie juste ; il a renoncé à la fornication et aux autres impuretés criminelles : s'il revient à les commettre, il tourne la tête en arrière. Un autre, poussé par une grâce de Dieu plus forte, a pris une résolution plus généreuse : il a promis à Dieu de ne jamais se marier : cet homme, qui pouvait sans se perdre se marier avant d'avoir fait ce vœu, ne le peut plus quand une fois il l'a fait : il serait condamné, s'il se mariait. Quoiqu'il ne fasse en se mariant que ce que font ceux qui n'ont point prononcé de semblables vœux, Dieu le condamnera, tandis qu'il ne condamnera pas les autres qui auront fait la même chose que lui. Pourquoi, sinon parce qu'il a tourné la tête en arrière ? Car il s'était déjà avancé bien avant, et si loin que les autres n'avaient pu aller jusque-là. " " De même une vierge qui pouvait sans péché se marier si elle l'eût voulu, devient adultère par rapport à Jésus-Christ, si elle se marie après s'être consacrée à lui comme à son époux. Car, quelque avancée qu'elle fût, elle a regarde en arrière (Cf. Sermons de saint Augustin, etc., t. IV, p.452-453). "

6. Le même, in Ps. LXXV : " Offrez des vœux au Seigneur notre Dieu, mais ayez soin aussi de les accomplir. Que chacun fasse à Dieu les vœux qu'il pourra; mais qu'après les avoir faits, il les acquitte. Ne faites aucun vœu que vous n'acquittiez : que chacun voue ce qu'il peut ; mais qu'il accomplisse ce qu'il a voué Ne soyez pas négligents à faire des vœux ; car ce n'est point par vos propres forces que vous pourrez les accomplir. Vous échouerez malheureusement, si vous présumez de vous-même. Mais si vous mettez votre espérance en celui-là seul à qui vous offrez vos vœux, vouez-lui en assurance ce que vous voudrez, et soyez sûr qu'avec sa grâce vous pourrez l'accomplir. "

" Quels sont les vœux que nous devons offrir tous ensemble ? C'est de croire en lui ; c'est d'espérer qu'il nous donnera la vie éternelle ; c'est de vivre saintement dans la vie commune à tous p.300 fin p.301 début les chrétiens : car il y a une manière de vie qui est commune à tous les fidèles. Ne point dérober, par exemple, c'est une loi commune pour tous. Ce n'est pas une chose qu'on ne défende qu'aux vierges qui se sont consacrées à Dieu, et qu'on permette aux femmes qui sont mariées. De même l’adultère est généralement défendu à toutes sortes de personnes. On ordonne également à tous d'éviter les excès du vin. . . Ce sont là des vœux que nous sommes obligés de faire. Mais, outre ces vœux généraux, il en est d'autres plus particuliers qu'on peut s'engager à remplir. L'un, par exemple, fait vœu d'être chaste dans le mariage, en sorte qu'il ne connaisse point d'autre femme que la sienne ; une femme de même fait vœu de ne point connaître d’autre homme que son mari. D'autres, après avoir été engagés dans le mariage, font vœu de ne plus en contracter d'autres, et d'en bannir même la pensée ou le désir : et ces derniers ont voué à Dieu quelque chose de plus que les premiers. D'autres font vœu dès leur jeunesse de renoncer au mariage, et de demeurer toujours vierges sans user même de la liberté qu'ils ont de se marier, comme ces autres qui y ont renoncé volontairement après en avoir fait l'expérience : et le vœu de ces derniers dont je parle est le plus partait de tous. D'autres promettent à Dieu de faire de leur maison comme l'hospice commun de tous ceux de leurs frères qui leur demanderont asile, et c'est là un vœu d'un grand prix aux yeux de Dieu. Un autre promet de quitter tout son bien et de le distribuer aux pauvres, pour embrasser la vie de communauté dans la société d'autres serviteurs de Dieu : ce vœu est aussi d'une grande perfection. "

" Faites des vœux et acquittez-les au Seigneur votre Dieu. Que chacun fasse tel vœu qu'il voudra ; mais qu'il ait soin d'acquitter ceux à qu'il aura faits. Si quelqu'un, après avoir fait un vœu, revient sur ses pas, il commet un mal en cela. Une vierge, après avoir voué une perpétuelle virginité, veut embrasser l'état de mariage. Que veut-elle en cela? Ce que veulent toutes les autres jeunes personnes de son sexe. Que veut-elle ? ce qu'a voulu sa mère. Ce qu'elle veut est-il donc un mal ? Oui certainement. Pourquoi ? A cause du vœu qu'elle a fait à Dieu. Voyez ce que saint Paul dit de ces sortes de personnes : quoiqu'il permette aux jeunes veuves de se remarier si elles le veulent (I Tim., V, 14), il n'en dit pas moins ailleurs (I Cor., VII, 14), qu'elles seraient plus heureuses si elles demeuraient comme elles sont. Il assure bien qu'elles seront plus heureuses si elles ne p.301 fin p.302 début se marient pas ; il ne dit pas qu'elles soient coupables si elles se marient. Mais que dit-il au contraire de celles qui, après avoir fait vœu, n'acquittent pas la promesse qu'elles ont faite au Seigneur ? Ce qu'il en dit, c'est qu'elles ont encouru leur condamnation pour avoir violé la foi qu'elles avaient donnée (I Tim., V, 12), nous marquant par ces dernières paroles le vœu qu'elles avaient fait et qu'elles n'avaient pas acquitté. "

" Que celui donc qui s'est retiré dans un monastère ne dise pas : Je m'en vais quitter ce monastère ; n'y aura-t-il de sauvés que ceux qui vivent dans les monastères et ceux qui n'y sont pas ne laissent-ils pas d'être à Dieu? On lui répondra : Ceux dont vous parlez n'ont point fait de vœux ; et vous, vous en avez fait un : vous avez regardé derrière vous. .

. . . "

" Une femme qui avait résolu de demeurer vierge, et qui se marie ensuite, n'est pas coupable pour la simple volonté qu'elle a de se marier ; mais parce qu'après avoir renoncé au mariage, elle fait comme la femme de Loth qui regarda derrière elle. Ne craignez point, mes frères, ne soyez point irrésolus, vous tous qui le pouvez, vous à qui Dieu inspire de vous élever à un plus haut état de vie ; car ma pensée, en vous tenant ce langage, n'est pas de vous détourner de faire des vœux, mais de vous porter plutôt à en faire, et à les accomplir exactement. "

" Peut-être qu'avant que je vous eusse parlé, vous vous proposiez de faire un vœu, et que maintenant vous ne le voulez plus. Mais pesez bien ce que dit le Psalmiste. Le Psalmiste ne dit pas : Ne faites pas de vœux ; mais il dit : Faites des vœux, et acquittez-les au Seigneur votre Dieu. Quoi ! parce que je viens de vous dire : Acquittez les veux que vous aurez faits, vous ne voudrez plus en faire ? Est-ce donc que vous vouliez faire des vœux pour ne pas les acquitter ? Faites plutôt l'un et l'autre. Que l’un se fasse par votre volonté, l’autre se fera par le secours de Dieu. Tenez les yeux arrêtés sur celui qui s'est fait votre guide, et vous ne regarderez point derrière vous pour voir la Sodome d'où il vous a fait sortir. Votre guide est devant vous ; la Sodome d'où il vous a retiré est derrière. Attachez-vous à celui qui conduit vos pas, et il n'aura point à vous condamner pour avoir regardé en arrière (Cf. Sermons de saint Augustin, etc., p. 238-243). "

7. Le même, De bono viduitatis, c. 8 : "

Celles donc qui ne peuvent pas garder la continence doivent se marier avant d'en p.302 fin p.303 début faire profession, et de prononcer un vœu qu'elles ne pourraient ensuite violer sans crime. Car c'est de ces sortes de veuves que l'Apôtre a dit ces paroles : La mollesse de leur vie les portant à secouer le joug de Jésus-Christ, elles veulent ensuite se marier, et encourent ainsi leur condamnation, comme coupables d'avoir violé la foi qu'elles avaient d'abord donnée, c'est-à -dire d'avoir, pour passer au mariage, abandonné la résolution qu'elles avaient prise d'abord de vivre dans la continence. Car elles manquent en cela à la promesse qu'elles avaient faite à Dieu, et que leur inconstance les empêche d'accomplir. "

8. Ibidem, c. 9 : " Que celle-là donc qui peut comprendre, comprenne en effet, que celle qui ne saurait garder la continence se marie ; que celle qui n'a pris encore aucune résolution, délibère en elle-même ; que celle qui en a pris une, y persévère, qu'elle ne donne prise en rien à l'ennemi, qu'elle ne fasse à Jésus-Christ aucune soustraction de ce qu'elle lui aura voué. Car il n'y a point à craindre la damnation dans le mariage, pourvu qu'on reste fidèle aux lois de la pudeur. Mais dans le veuvage et la virginité, une plus grande perfection est exigée : car une fois qu'on y a fait vœu de continence, on ne peut plus, sans encourir la damnation, non-seulement contracter mariage, mais même en former le désir, c’est ce que fait voir le langage de l'Apôtre, qui ne dit pas : La mollesse de leur vie les portant à secouer le joug du Christ, elles se marient ; mais : elles veulent se marier ; et il ajoute qu'en cela elles encourent leur condamnation, par le violement de la foi qu'elles avaient d'abord donnée, de sorte que, quand même elles ne se marieraient pas, du moment où elles veulent se marier, elles sont coupables. "

9. Ibidem, c. 11 : " Je ne crains point d'avancer que manquer au devoir de la chasteté parfaite, quand on a fait vœu de la garder, est un crime plus grand que l’adultère. Car si, comme on n'en peut douter, une femme chrétienne pèche contre Jésus-Christ même dont elle est un des membres, quand elle manque à la fidélité qu'elle doit à son mari, combien ne l'offense-t-elle pas encore plus grièvement, lorsque c'est à lui-même en personne qu'elle manque de fidélité, en ne lui acquittant pas ce qu'elle lui a promis, quoiqu'elle fût libre avant qu'elle lui en eût fait la promesse ?. . . Quand le vœu a été une fois prononcé, on doit réprimer sans relâche et surmonter constamment des désirs qu'il n'est plus permis de satisfaire. "

10. OECUMENIUS, sur ces paroles du chapitre 7 de la première p.303 fin p.304 début épître aux Corinthiens, Si nupserit virgo, non peccavit : " L'Apôtre appelle vierge dans cet endroit, non celle qui est consacrée à Dieu, mais simplement une jeune personne qui n'est pas mariée. Car quant à celle qui est consacrée à Dieu, si elle se marie, elle rend celui qu'elle épouse coupable d'adultère à l'égard de Jésus-Christ. "

11. S. CYPRIEN, ad Pomponium Epist. LXII (al. 61)

: " Qu'un mari survienne et trouve son épouse dormant avec un autre, sa colère s'allume à cet aspect ; que dis-je ? la rage et la jalousie vont l'armer peut-être du poignard. Et quand il aperçoit à côté de tout autre que de lui la vierge qui lui est consacrée, l'épouse qu'il a marquée du sceau de sa sainteté, Jésus-Christ, notre seigneur et notre juge, resterait sans indignation et ne vengerait pas ces unions incestueuses ? . . . . " " Si quelqu'une d'entre elles a souillé la couronne virginale, qu'elle pleure son crime avec les larmes d'une longue pénitence, puisque ce n'est pas envers un époux mortel, mais envers Jésus-Christ lui-même qu'elle a été adultère. "

12. S. CHRYSOSTOME, Lib. de virginitate, c. 39

; après avoir cité dans le chapitre précédent les paroles de saint Paul à Timothée, Cùm luxuriatæ fuerint in Christo, nubere volunt, damnationem habentes, etc., et produit ensuite ce passage du chapitre 7 de l'épître aux Corinthiens, Dico autem innuptis et viduis, Bonum est illis si sic permanserint sicut. et ego ; qu d si se non continent, nubant, etc., le saint docteur ajoute : " Comment donc l’Apôtre blâme-t-il cette veuve du parti qu'elle pourrait prendre de se remarier, après qu'il l'en a laissé libre ? et comment condamne-t-il un mariage qu'il avoue pouvoir se contracter dans le Seigneur ? Soyez tranquille, il n'y a point là de contradiction ; car ce n'est pas du même mariage qu'il dit ces deux choses opposées. De même en effet que, quand il disait : Si une vierge se marie, elle ne pèche point en cela, il ne parlait pas de celle qui aurait précédemment renoncé au mariage, puisqu'il est évident pour tout le monde que dans ce dernier cas une vierge commettrait un péché, et même un péché inouï, mais seulement de celle qui ignore jusque-là ce que c'est que le mariage, et qui n'a encore décidé en elle-même, ni si elle prendra cet état, ni si elle ne le prendra pas, mais qui reste suspendue entre ces deux partis ; de même il veut parler ici d'une veuve qui, après la perte qu'elle a faite de son mari, est restée libre de tout engagement qu'elle puisse prendre, et qui est encore à décider en elle-même quel sera la p.304 fin p.305 début parti auquel elle se déterminera ; tandis que, dans l'autre passage objecté de l'Apôtre, il s'agissait d'une veuve qui ne serait plus maîtresse de se remarier, comme ayant embrassé déjà l’état plus parfait de la continence. Car une femme peut être veuve sans être pour cela dans la classe des veuves (attachées à ce titre au service de l’Eglise), si elle ne juge pas à propos de faire profession de viduité.

C’est pour cette raison que l'Apôtre a dit quelque part : Qu'on ne fasse choix que des veuves qui ont au moins soixante ans, et qui n'ont pas été mariées plus d'une fois. Car la personne qui est simplement veuve peut bien se marier si elle le veut ; au lieu que l'Apôtre condamne sévèrement celle qui aurait promis à Dieu de rester veuve le reste de ses jours et qui se marierait néanmoins comme ayant foulé aux pieds l'alliance qu'elle aurait faite avec Dieu. Ce n'est donc pas à ces dernières, mais aux autres qu'il donne ce conseil, que si elles ne peuvent vivre dans la continence, elles doivent se marier, parce qu'il vaut mieux après tout pour elles être mariées que de brûler du feu impur (Cf. S. Joannis Chrysostomi opera, t. Ier, p. 298, édit. des Bénéd. ; pag. 364-365, édit.

de M. Gaume). "

13. S. FULGENCE, Epist. I de conjugali debito, c. 6 : " On peut sans péché user avec modération de toutes les choses permises en elles-mêmes, tant qu'on n'en a pas fait le renoncement ; et par conséquent, tant que le mari ou la femme ne s'est pas engagé du consentement de l'autre à vivre dans une continence perpétuelle, ils peuvent se permettre ensemble l'usage du mariage. Car il est écrit : Si vous prenez une épouse, vous ne péchez point en cela ; et si une vierge se marie, elle ne pèche pas non plus. Mais bien qu'il soit vrai qu'une vierge peut se marier sans péché, on trouvera des vierges qui pècheront si elles se marient. Une vierge en effet ne pèche point en se mariant, si avant de se marier elle n'a pas voué à Dieu sa virginité. Mais si n'étant, comme dit l'Apôtre (I Cor., VII, 37), engagée par aucune nécessité et se trouvant dans un plein pouvoir de faire ce qu'elle voudra, elle prend une ferme résolution dans son cœur, et juge en elle-même qu'elle doit garder la virginité, elle pèchera grièvement si après ce vœu fait à Dieu de sa virginité, elle contracte mariage avec quelque homme. Car saint Paul déclare de certaines veuves qu'elles encourent la damnation, parce qu'après avoir fait profession de continence, elles ne repoussent pas la pensée qui lui vient ensuite de se marier. L'Apôtre recommande à Timothée de ne point admettre p.305 fin p.306 début des veuves de ce caractère : Gardez-vous, lui écrit-il, d’admettre de jeunes veuves, parce que la mollesse où elles vivent les portant à secouer le joug de Jésus-Christ, elles veulent se remarier, s'engageant ainsi dans leur condamnation par le violement de la foi qu'elles avaient jurée auparavant. L'engagement pris une fois de vivre dans la continence ne laisse donc plus libre de se marier, et les personnes qui se sont ainsi engagées ne peuvent plus sans péché, non-seulement commettre la fornication, mais même contracter mariage, et la volonté seule qu'elles en auraient les rendrait criminelles, quand même elles n'en viendraient pas à l'exécution. Car ce n'est pas en vain qu'il a été écrit : Quand la concupiscence a conçu, elle enfante le péché (JAC., I, 15). "

14. Ibidem, c. 7 : " Il n'y a donc pas que la virginité consacrée à Dieu qui doive être gardée avec crainte et tremblement ; mais la continence qu'ont promise des personnes veuves ou mariées ne doit pas moins l’être. Avant d'avoir fait aucune espèce de vœu, ni une vierge n'est condamnable si elle se marie, ni les personnes mariées qui se rendent le devoir ne le sont non plus ; mais si, visant d'abord à la perfection, une personne s'est liée elle-même en faisant profession de virginité ou de continence, elle pèche grièvement ensuite, si elle se croit toujours permis ce qui le lui était auparavant. En pareille matière, en effet, aucune nécessité ne peut autoriser à reprendre une liberté qu'on s'est ôtée soi-même en en faisant à Dieu le sacrifice ; et celui qui viole son vœu ne peut rien alléguer qui puisse justifier sa transgression, puisque personne ne l'avait obligé auparavant à faire ce vœu. "

15. S. AMBROISE, Lib. ad virginem lapsam, c. 5

: " Vous avez donc aussi perdu le souvenir de ce dimanche de la résurrection, de ce saint jour où vous vous présentâtes à l'autel pour recevoir le voile, où, dans l’église du Seigneur, au milieu d'une assemblée solennelle, marchant entre les nouveaux convertis qui, tous vêtus de blanc, portaient des flambeaux allumés, vous vous avanciez comme la fiancée d'un roi ? Vous l’avez donc oubliée cette allocution qui vous fut adressée : " Regarde, jeune vierge, regarde autour de toi, oublie tout ce peuple, ne te souviens plus de la maison de ton père. Le roi même désirera ta beauté ; car c'est le Seigneur, c'est ton Dieu qui est ton maître. " Rappelez-vous cette affluence de peuple qui assistait aux noces de votre divin époux. Il fallait garder la foi jurée devant tant de témoins ; il fallait penser incessamment à cette virginité promise. Mieux eût valu perdre la vie que de perdre la chasteté. "

p.306 fin p.307 début " Ce fut après ces paroles, après mille éloges accordées à votre pureté, qu'au jour de votre consécration on vous couvrit du saint voile. Tous les assistants signèrent votre contrat, non par écrit il est vrai, mais par assentiment ; et tous, d'un accord unanime, ils crièrent : Ainsi soit-il ! Je sens couler mes larmes à ces souvenirs attendrissants. Quel effroi j'éprouve, quand je m'arrête à considérer ce qui se passe maintenant ! Si une femme, après avoir contracté mariage dans toutes les formes prescrites, quoiqu'elle ne se trouve unie qu'à un simple mortel, ne saurait commettre d'adultère sans encourir d'affreux dangers, que doit-il en être pour une vierge qui, ayant contracté dans l’église une union toute sainte avec le divin époux devant une infinité de témoins, en présence des anges et des armées du ciel, a rompu cette alliance par un infâme adultère ? Non, je ne sais quel supplice, quel genre de mort on peut imaginer pour elle. "

" Quelqu'un dira peut-être : " Mieux vaut se marier, que de brûler du feu impur. " Mais cette maxime ne regarde que celles qui ne sont pas liées et qui n'ont pas encore reçu le voile ; car pour celles qui l'ont reçu et qui sont promises et consacrées à Jésus-Christ, elles ont déjà contracté union, elles sont associées à un époux immortel. Si elles veulent après cela s'engager dans un mariage profane, elles commettent un adultère et sont passibles de mort. Mais s'il en est ainsi, quelle peine sera réservée à celle qui s'est déshonorée par une infamie secrète, et qui veut encore paraître ce qu'elle n'est plus ; qui est vierge par son état et qui a cessé d'être vierge en réalité, et qui enfin est doublement adultère, et par le fait, et par les apparences ! "

17. S. AUGUSTIN, Lib. I, de adult. conjugiis, c.

15 : " Ceux qui ne peuvent garder la continence font bien sans doute de se marier ; et s'ils font bien de le faire, c'est que cela leur est permis. Mais les personnes qui ont une fois fait vœu de continence, ni ne font bien de se marier, ni ne font même en cela une chose simplement permise. Quant à une personne qui, ayant embrassé la foi chrétienne, voudrait se séparer de son époux resté infidèle, elle ferait bien en cela une chose qui lui serait permise, mais qu'il ne serait pas à propos pour elle de faire. "

20. S. ISIDORE de Séville, Lib. II de officiis ecclesiasticis, c. 17 : " Les personnes dont l'Apôtre dit qu'elles ne pèchent pas si elles se marient, sont celles qui n'ont pas fait vœu de chasteté. Mais celles au contraire qui en ont pris l'engagement dans leur cœur encourent leur condamnation si elles font autrement, parce que, comme dit le même apôtre, elles ont violé la foi qu'elles avaient auparavant jurée. Car ce qui de sa nature leur était permis, leur est devenu illicite par suite de leur vécu, de même qu’Ananie et Saphire ne pouvaient plus sans péché retenir quoi que ce fût du prix de leur bien, et ont mérité, en se le permettant néanmoins d’être frappés de mort subite. "

22. Le Code de Justinien, tit. De episcopis et clericis, lege quintâ, quæ est Joviani imperatoris : " Si quelqu'un ose, je ne dis pas enlever, mais seulement tenter des vierges consacrées à Dieu en leur présentant l'appât du mariage, qu'il soit puni de mort. "

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