Le Château intérieur (Le Château de l'âme, ou les Demeures) (page 7)

Thérèse d'Avila · Vie de piété

Texte français, domaine public · Source : archive.org — trad. Arnauld d'Andilly, Œuvres t. V 1818 (OCR) · 23 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

Outre ce que j'ai dit dans les demeures précédentes nous devons alors

entrer dans une humilité encore plus profonde , puisque c'est par elle que Dieu se laisse vaincre et nous accorde tout ce que nous lui demandons. La première marque pour connoître si nous avons cette vertu est de nous croire indigne de recevoir de si grandes grâces et de pouvoir jamais en être favorisées. Que si vous me demandez comment nous pouvons donc les espérer , je réponds que c'est de faire ce que j'ai dit, et cela pour cinq raisons. La première , que nous devons aimer Dieu sans intérêt», La seconde , que c'est manquer d'humilité d'oser se promettre d'obtenir par des services aussi peu considérables que sont les nôtres , des choses de si grand prix» La troisième, parce que la disposition où nous devons être pour recevoir de telles faveurs , après avoir tant offensé Dieu y n'est pas de désirer des consolations , mais d'imiter notre Sauveur en souhaitant de souffrir pour lui comme il a souffert pour nous. La quatrième , à cause qu'il n'est pas obligé de nous, accorder ces grâces sans lesquelles nous pouvons être sauvées , comme il s'est obligé à nous rendre dans le ciel participantes de sa gloire, si nous olrserr Tome V. 5

vons ses commandemens , joint qu'il sait mieux que nous-mêmes ce qui nous est propre lorsque nous l'aimons véritablement , et j'ai connu des personnes qui marchant dans cette voie de Pamour qui n'a pour objet que Jésus -Christ ^crucifié 3 non seulement ne désiroienj point ni ne lui demandoient point ces consolations et ces goûts, mais le prioient de ne leur en point donner en cette vie. jEt la cinquième raison , parce que nous travaillerions en vain , à cause que cette eau ne pouvant venir à nous par des aqueducs ainsi que cet autre dont j'ai parlé , nous ne saurions la recevoir que de Dieu même qui en est la source. Tous nos désirs , toutes nos méditations , toutes nos larmes , et tous les efforts que nous pouvons faire pour cela sont inutiles. Dieu seul donne cette eau céleste à qui il lui plaît , et ne la donne souvent que lorsqu'on y pense le moins. Nous sommes à lui , mes Sœurs , qu'il dispose de nous comme il voudra , et servons-le en la manière qui lui est la plus agréable. Je suis persuadée qu'il nous accordera ces grâces et plusieurs autres que nous n'oserions désirer , pourvu cfue nous nous humilions , et nous détachions véritablement de toutes choses ; je dis véritablement et non pas seulement de pensée comme il arrive souvent , et ainsi nous tromper nous-mêmes,

D'une oraison que Ton appelle de recueillement surnaturel, qui précède l'oraison de quiétude. Avis important pour les personnes qui dans l'oraison prennent pour des ravissemens ce qui n'est qu'un effet de leur foi blesse.

Du recueillement surnaturel qui précède V oraison de quiétude.

Les effets de cette oraison de quiétude sont en grand nombre , et j'en rapporterai quelques-uns après avoir parlé de cette autre sorte d'oraison qui la précède presque toujours , mais en peu de mots , parce que j'en ai écrit ailleurs. J'entends un autre recueillement qui me paroît aussi être surnaturel , car il ne consiste pas à se retirer dans l'obscurité ni en d'autres choses extérieures , quoique sans que nous Peffections nous désirions d'être en solitude , que nous ferûùons les yeux,

et que nous nous trouvions disposées à cette sorte d'oraison dans laquelle les sens perdent l'avantage qu'ils avoient sur l'ame , et l'ame recouvre celui qu'elle avoit perdu. Ceux qui traitent de cette manière disent que l'ame rentre dan$ elle-même ; et que quelquefois e}le s'élève au-dessus d'elle , qui sont des termes que je ne saurois approuver , parce qu'il me semble qu'ils ne signifient rien , et je crois que vous l'entendrez mieux par lai manière dont je vous l'expliquerai ; ynais peut-être que je me trompe. Supr posons donc , mes Sœurs , que ces sens et ces puissances de l'ame qui entrenjt avec elle dans ce château dont jjai pris pour sujet la comparaison , en sont sortis pour aller trouver les ennemis et se joindre à eux ; mais qu'après y avoir passé plusieurs jours et même des années , reconnoissant leur erreur et se repentant de leur trahison , ils les quittent pour se rapprocher du château et tâcher d'y être reçus ; et qu'alors ce grand Roi qui y règne voyant leur bonne volonté exerce sur eux sa miséricorde pour les rappeler à lui comme un admirable pasteur , et leur fait entendre sa voix d'une manière si douce , si attirante et si forte , qu'a^

près leur avoir encore mieux fait con-» noître leur égarement et augmenté leur désir de retourner dan» leur ancienne demeure , ils renoncent à toutes les cho^ ses extérieures dans lesquelles ils s'é* toient dissipés , et se rendent dignes d'être reçus dans ce château.

expliqué ceci qu'à cette heure. Car lorsque Dieu nous fait la grâce de le chercher dans nous-mêmes , nous l'y trou* vons plutôt sans doute que dans les autres créatures , comme S. Augustin dit l'avoir éprouvé. Et ne vous imaginez pas> mes Sœurs , que ce soit par l'entendement que cette recherche se fasse en tâchant de penser que Dieu est en nous , ni par l'imagination en nous représentant qu'il y est. C'est une excellente manière de méditer , parce qu'il est vrai que Dieu est dans nous , et chacun peut en user avec son assistance. Mais il y a grande différence entre cela et ce que je dis , qui est qu'il arrive quelquefois qu'avant que nous pensions à élever notre

esprit à Dieu , nos puissances sont déjà dans le château sans que nous sachions par où elles y sont entrées , ni comment elles oilt ouï- la voix de ce souverain paslerur , ne Tayant pu entendre de nos oreilles , puisque nous n'entendons, alors aucun son y , mais sentons seulement au dedans de nous un grand et agréable recueillement comme ceux qui Pont éprouvé peuvent le témoigner > et je ne saurois mieux l'expliquer pour tâcher de vous le faire comprendre.

Je pense avoir lu que c'est comme quand un hérisson ou une tortue se retirent au dedans d'eux ; et celui qui s'est servi de cette comparaison devoit en avoir l'intelligence mais ces animaux peuvent quAnd ils le veulent rentrer dans eux-mêmes , au lieu que ceci ne dépend pas de nous, cl que cette grâce ne nous peut venir que de Dieu seul. Je crois qu'il ne l'a fait qu'à des personnes qui ont renoncé au monde, sinon en effet, i cause que leur état ne le leur permet pas , au moins de volonté et d'un désir qui les porte à faire une attention particulière aux choses intérieures. Ainsi je suis persuadée que pourvu que nous laissions agir son adorable bonté > elle

fie nous accordera pas seulement cette faveur , mais de plus grandes. Ceux qui connoîtront que cela se passe en eux de la sorte > doivent extrêmement estimer cette faveur et en remercier Notre-Seigneur, afin de se rendre dignes d'en recevoir qui les surpassent encore. C'est une disposition pour écouter Dieu , comme le conseillent quelques contemplatifs , qui veulent que Ton se contente d'être attentif à ce qu'il fait en nous sans s'occuper à discourir par l'entendement. Néanmoins , quoique cette question ait été fort agitée entre des personnes spirituelles , j'avoue ne pouvoir comprendre comment on peut retenir sa pensée , ett sorte que cela ne nuise pas plus qu'il ne profite ; et je confesse d'avoir en cela si peu d'humilité > qu'il ne m'a jamais été possible de me rendre à leurs raisons.

On m'allégua un traité que l'on me dit et que je crois être du saint Père Pierre d'Alcantara. Comme je sais qu'il- avoit une grande expérience de ces choses , je le lus dans la disposition de déférer à ses sentimens ; et je trouvai qu'il disoit , si je ne me trompe, quoiqu'en des termes diiférens , la même chose que moi , qui est qu'il doit y avoir déjà ea nous d«

l'amour; et les raisons qu'il en rapporte me le font croire. La première, que dans ces choses purement spirituelles , celui qui se confie le moins en ses propres forces fait davantage ; le mieux que nous •puissions faire étant de nous mettre en 3a présence de ce grand Roi , comme des pauvres dont la nécessité parle pour eux , et de baisser ensuite les yeux pour attendre avec humilité qu'il lui plaise de nous secourir dans noire misère. Que si , par des voies qui ne se peuvent exprimer, il .nous semble avoir suiet de croire que ce grand Monarque nous a écoutés et ne nous a point rejetés de sa présence, il • : est .bon de demeurer encore dans le silence , et de tâcher même à empêcher notre entendement d'agir. Mais si , au contraire , il ne nous paroît point qu'il nous ait écoutés et jeté les yeux sur nous , notre ame n'est déjà que trop étonnée , et notre imagination que trop fatiguée dè la violence qu'elle s'est faite pour ne point agir , sans que nous les troublions encore davantage en nous inquiétant ; et Dieu , veut que nous nous contentions de continuer à implorer son secours et à demeurer en sa présence en la manière que je viens de dire , puisqu'il sait mieux que

nous-mêmes quels sont nos besoins ; et j'avoue ne pouvoir me persuader que noué puissions , avec tous nos efforts , passer les bornes qu'il semble que sa divine Majesté ait marquées pour nous empêcher de passer plus outre dans les choses dont elle s'est réservée la connoissance 5 ce qu'elle n'a pas fait en plusieurs autres, telles que sont les pénitencçs, les bonnes œuvres et l'oraison , dans lesquelles nous pouvons , avec son secours avoir part et agir autant que notre infirmité en est capable. La seconde raison est que ne devant y avoir rien que de doux et de tranquille dans ces choses intérieures , il nuit plus qu'il ne sert d'y agir avec la moindre contrainte j mais il faut , avec le plus grand détachement de nos intérêts qu'il nous sera possible, nous abandonner entièrement à la conduite de Dieu. La troisième raison est que nous pourrions, avec le même effort que nous faisons pofcir ne penser à rien , penser à des choses fort utiles. Et la quatrième raison est que rien n'est si agréable à Dieu que de nous voir occupés de la pensée de son honneur et de sa gloire > dans l'oubli de nos avantages et de nos

même celui qui s'occupe avec tant d'attention , et se fait tant de violence pour se contraindre à n'oser seulement se remuer ? et comment peut-il se réjouir de la gloire de Dieu et en Souhaiter l'augmentation , lorsqu'il ne pense qu'à empêcher son entendement d'agir ? Mais quand il plaît à cette Suprême Majesté que notre entendement se repose , elle lui donne des connoissances si élevées au-dessus de ce que nous pouvons nous imaginer, qu'il demeure comme abîmé dans un saint transport , sans qu'il sache en quelle manière cela se passe ^ et elle lui découvre des secrets que nos foibles esprits , qui ne sont qu'obscurité et que ténèbres , sont incapables de pénétrer. Ainsi , puisque Dieu , en nous donnant ces puissances, l'entendement, la mémoire et la volonté , veut que nous nous en servions en telle sorte que chacune d'elles nous puÎ5se faire mériter quelque récompense , il fèut , au lieu de les tenir enchaînées , leur laisser faire leur office , jusqu'à ce qu'il plaise à Dieu de les perfectionner encore davantage.

Je crois que le mieux que puisse faire l'ame qui a eu le bonheur d'entrer dans cette quatrième demeure, est ce que j'ai

dit y de tâcher , sans se contraindre ni se faire violence, à arrêter son entendement, pour ne se pas laisser répandre dans des pensées mutiles ; mais non pas de l'empêcher d'agir > parce qu'il est bon qu'il se souvienne qu'il est en la présence de Dieu y et quel est ce Dieu qu'il adore» Que s'il se sent alors comme enlevé et tout abîmé en lui , à Ja bonne heure >' pourvu qu'il ne se mette pas en peine de savoir de quelle sorte cela se fait. Puis-; que c'est une faveur accordée de Dieu à la volonté , il doit l'en laisser jouir sans interrompre sa joie , si ce n'est par quelques paroles d'amour pour NotreSeigneur. Car , encore que notre dessein ne soit pas de demeurer en cet état sans penser à rien , cela nous arrive souvent , mais ne dure guère.

Cette oraison de recueillement que pratiquent ceux qui entrent dans cette .quatrième demeure , est sans doute inférieure à celle de quiétude , à qui j'ai donné le nom de goûts divins ; mais c'est une disposition à y parvenir ; et ce qui fait que dans celle de quiétude , qui est plus élevée , l'entendement cesse d'agir , procède , comme je l'ai dit , de ce que cette eau coule de la source même , sans

Tenir par des aqueducs -, et qu'ainsi l'en- • tendement n'y comprenant rien, il se trouve si interdit qu'il va errant de toutes, parts, sans savoir où s'arrêter , pendant que la volonté demeure si unie à Dieu , qu'elle ne peut voir sans peine cet égarement ; mais elle doit le-mépriser , parce qu'elle ne pourroit s'y rendre attentive sans perdre une partie du bonheur dont «lie jouit d'être toute pénétrée de l'amour de Dieu , qui daigne lui-même lui apprendre alors qu'en cet état elle est obligée de se reconnoître indigne d'une si extrême faveur , et lui en rendre d'infinies actions de grâces.,

Je devois parler des effets que celte oraison de quiétude produit dans les ames que Dieu favorise et des marques auxquelles on les connoît; mais j'ai interrompu mon discours pour parler de l'orair son de recueillement , et il nie faut revenir à ces effets de 1 oraison de quiétude-, qui produisent comme une dilatation et un élargissement de Famé qui , entre plusieurs autres, effets merveilleux , la

rend capable de contenir tant de grâces dont Dieu la comble, de même qu'une* source d'où il ne couleroit point de ruisseau s'étendroit et s'élargiroit à proportion de Pabondance d'eau qu'elle produiroit. Les marques de cette heureuse dilatation, de l'ame sont. qu'au lieu qu'auparavant elle étoit renfermée dans certaines bornes en ce qui regarde le servièe de Dieu , elle y agit alors avec une beaucoup plus grande étendue ; qu'elle ne se trouve plus si touchée de l'appréhension des peines de l'enfer , parce qu'encore qu'elle craigne plus que jamais d'offenser Dieu , cette crainte n'étant plus une crainte servie , elle entre dans une entière confiance que Dieu lui fera miséricorde 5 qu'au lieu qu'elle apprehendoit dans ses pénitences de perdre la santé , elle croit qu'il n'y en a point qu'elle ne puisse pratiquer avec l'assistance de Dieu , et désire ainsi d'en faire encore de plus grandes j que les travaux ne Pétonnent plus , parce que sa foi est plus vive , et qu'elle ne doute point que , si elle les entreprend pour plaire à Dieu , il ne lui fasse la grâce de les souffrir avec patience, ce qui fait même que quelquefois elle les désire, parce que nul bonheur ne lui paroît si

grand que de faire quelque chose pour 1 amour de lui; que comme elle augmente dans la connoissance de son infinie grandeur , elle s'anéantit davantage dans la vue de sa propre misère 5 que les douceurs célestes qu'elle a goûtées lui donnent du dégoût pour les vains plaisirs du monde ; qu'elle se dégage peu à peu de rattachement qu'elle y avoit 5 et qu'enfin elle se trouve en toutes choses changée en mieux , et croître de plus en plus en vertu , pourvu qu'elle ne retourne point en arrière. Car , si elle étoit si malheureuse que d'offenser Dieu, quelque élevée en grâce qu'elle fût auparavant, elle tomheroit tout d'un coup de ce comble de bonheur dans un état déplorable.

Je .ne prétends pas , en parlant de la sorte , .dire que , pour une ou deux fois que Dieu aura fait ces faveurs à une ame, elles produisent ces grands effets , puisque tout consiste en la persévérance ; et j'ai un avis important à donner à ceux qui se trouveront en cet état; c'est d'éviter avec un extrême soin les occasions d'offenser Dieu , parce que l'ame ressemble alors à un enfant qui tète encore , et qui ne sauroit quitter la mamelle de sa

pour ne pas tomber dans un semblable péril , il ne faut point > à moins que d'une nécessité très - pressante , abandonner l'oraison ; et Ton doit y retourner aussitôt que les occasions de la quitter sont passées, puisqu'autrement le mal iroit toujours en augmentant.

Je sais le sujet qu'il y a en cela de craindre , par la connoissance que j'ai de quelques personnes qui me donnent beaucoup de compassion. Car j'en ai vu qui sont tombées de la sorte , en se retirant de Dieu, qui vouloit, avec tant de bonté, les honorer de son amitié et la leur témoigner par ses bienfaits. Il ne faut donc pas trouver étrange que j'insiste tant à les conjurer de fuir les occasions , puisqu'il est sans doute que le diable fait beaucoup plus d'efforts pour gagner une seule de ces âmes à qui Notre-Seigneur fait de si grandes grâces , que pour en gagner un grand nombre d'autres , parce qu'il sait qu'elles sont capables de lui en faire perdre plusieurs qu'elles attireroient après elles y et même dé rendre de grands services à l'Eglise. Mais quand il n'y auroit poitfd'autre raison que ï ajnour particulier que Dieu leur témoigne , elle siiffiroit pour porter cet ennemi de notre salut à

ne rien oublier pour tacher à les tromper et à les perdre } ce qui les expose à soutenir contre lui de plus grands combats , et rend leurs chutes beaucoup plus grandes que celles des autres , et leurs châtimens plus redoutables y s'ils se laissent vaincre.

Avis important touchant les faux ravissemens et les pénitences indiscrètes.

J'ai sujet de croire , mes Sœurs y que vous ne courez point cette fortune ; mais Dieu vous garde de vous en glorifier , et ne permette pas , s'il lui plaît , que le démon vous trompe en vous faisant croire faussement que vous avez reçu de semblables grâces. Il est facile de le connoître , parce qu'au lieu de produire les effets que je viens de dire, elles en feroient de tout contraires. Je veux > sur cela , vous donner un avis d'un péril dont j'ai déjà parlé ailleurs , dans lequel j'ai vu tomber quelques personnes d'oraison , et particulièrement des femmes > que la fragilité de notre sexe en rend plus capables. C'est que lorsque quelques-unes qui çtant déjà , par leur naturel , de foible complexion , font de grandes pénitences , de

grandes veilles, et de longues oraisons } m s'il arrive qu'elles ressentent quelque contentement intérieur , joint à quelque défaillance extérieure , dont la nature se trouve abattue et comme accablée; qu'elles entrent dans ce sommeil qu'elles nomment spirituel , et qui va encore un peu au-delà de ce que j'ai dit , elles s'imaginent que ce n'est qu'une même chose , et se laissent comme enivrer de ces pensées j alors , cette sorte d'ivresse segmentant encore , parce que la nature s'affoiblit de plus en plus , elles la prennent pour un ravissement, et lui donnent ce nom , quoique ce ne soit autre chose qu'un temps purement perdu, et la ruina de leur santé.

Tous les livres