Partage de midi (page 4)
Drôle de promenade que ce pourrissoir d’hérétiques ! Je hais ces cimetières européens. Me voici parmi ces damnés !
Il regarde.
Jolie vue qu’on leur a ménagée : un champ de courses, la route avec tous les peuples qui y passent,
Toute la vie ! une fabrique fumante, le port avec ses navires, et la terre des Vivants de l’autre côté.
— Je frissonne. J’ai dans la bouche le goût de mon estomac.
Je ne suis pas mort, mais je suis joliment vivant.
— Comme j’aime ces tombes chinoises à fleur de sol dans la bonne terre chaude, sèche comme de la chaux !
Mais nous les Yang-ien, hommes et femmes,
Vlan ! on nous flanque n’importe où, dans une tombe molle,
Le vieillard rouge, et le jeune homme qui jouait si bien au tennis, et la pauvre jeune fille avec ses bas de soie rose !
Et si le cercueil flotte, on vous le cale a bloc avec une gueuse de plomb.
C’est cela qui vous fait ressuer votre whisky.
— Quelle est cette flamme à travers les branches ? On voit des lampes allumées.
C’est le cimetière des Parsis.
Il se promène, lisant les inscriptions des tombes.
« À la mémoire des soldats du Régiment de marine tués à l’assaut des forts de Boccatigris. — Plumkett, enseigne de vaisseau. »
Il reste vacant, puis revient à lui-même par un effort.
Hum, Plumkett… — Mary Bensusan, décédée à l’âge de six mois.
— Woods. — Tiens, le vieux Cocky. — Jones, Q. C. — Baxter, agent d’assurances.
— Le Bottin de Josaphat. — Cohn, courtier de change. — Donec immutatio mea veniat.
— Comme je vois bien tout cela ! le marin de 1859 tué d’une balle de gingal ou de la vérole cantonaise,
Le vieux célibataire qui s’en va du delirium tremens ou du sproh,
Regretté de tous ses amis, et les pauvres petits enfants
Qui crèvent dans la touffeur de juillet comme un poisson asphyxié dans un vase dont on a oublié de changer l’eau.
Point de bénédiction sur tout cela. Pauvres gens soustraits à la terre natale.
Il regarde.
Quelle ombre sur la terre ! Mon pas crie. Il me semble que je parle dans une caverne.
Au-dessus de moi un ciel obstrué, éclairé à l’envers d’un jour blafard.
Je suis atteint dans mon conseil, je suis frappé d’insensibilité.
Plus rien que ce mal en moi au lieu de mon âme. Au moins cela est à moi.
(Récitant :) « Au moins je souffre, au moins je suis très malheureux. »
Ces élancements au cœur, cette douceur amère, empoisonnante !
Il n’y a rien à faire. Je suis atteint de paralysie.
Mon âme en moi comme une pièce d’or entre les mains d’un joueur !
Il s’éloigne.
☆
Entrent de Ciz, Ysé.
DE CIZ
Ma chère, je vous demande pardon, il faut que je vous quitte ici.
Dites
Que je ne sais pas me débrouiller ? Voilà combien de jours que nous sommes ici ? Et il me semble que voilà une affaire qui marche proprement.
Laissez-moi faire seulement ! Mais vous êtes toujours à douter de moi.
J’ai à voir mon ami Ah Fat,
Là-bas, au port des jonques. Je dîne avec lui ce soir.
Les derniers arrangements à prendre. Je pars pour Swatow.
YSÉ
Ce n’est pas dangereux ?
DE CIZ
Je ne pense pas. Je n’en sais rien. Pourquoi me demandes-tu cela ? Penses-tu donc que j’aie peur ?
Une honnête petite affaire de « bonté-sincérité » (Il écrit les caractères chinois dans l’air avec le doigt).
YSÉ
Comme tu apprends vite les langues !
DE CIZ
Je sais déjà bien des caractères. J’ai collectionné des cachets dans le temps.
YSÉ
Je sais que tu es intelligent,
Ciz. Tu pourrais faire comme un autre si tu voulais. Pourquoi est-ce que tu deviens tout d’un coup comme un enfant ?
DE CIZ
Tu verras si je suis un enfant !
De braves coulis de Pinang ou de Singapour dont on rapatrie les cercueils.
S’il y avait dedans de l’opium ou des fusils,
Ce serait un choc pour moi que de l’apprendre.
Vous savez qu’ils sont en train de mettre une gentille petite république sur pied là-bas ? c’est amusant,
La Constitution des États-Unis, sanctionnée par les Trois-Génies-de-la-Bannière-Céleste, avec levée de quelques contributions indirectes.
Que dirait notre oncle le marquis, s’il savait que j’aide à fonder une république.
Que veux-tu, ma chère ? Il faut vivre. Quel métier pour un homme bien élevé. — Que penses-tu de l’affaire ?
YSÉ
Pourquoi me parles-tu de cela ? Que veux-tu que je sache ? Et tous ces jaunes me dégoûtent.
Pourquoi ne pas garder une telle affaire pour toi seul ? C’est une souffrance pour toi
Qu’il y ait des gens à ne pas être de ton avis.
DE CIZ
Ce n’est pas ce que j’ai dit à Mesa l’autre soir
Qui a pu lui donner l’éveil.
YSÉ
Crois-le.
DE CIZ
Cela ne fait rien. C’est notre ami.
YSÉ
Usons-en donc !
DE CIZ
Que tu es brutale ! Je n’ai pu m’habituer à toi encore.
Cette manie d’insister, d’exagérer ! Il faut être léger, dans la vie !
J’aime ce garçon ; je suis heureux qu’il puisse me rendre service.
Et d’ailleurs il n’a rien à voir dans tout ça.
YSÉ
Et quand dites-vous que vous revenez ?
DE CIZ
Dans un mois.
Je crois. Je ne sais pas au juste.
YSÉ
Vous ne savez rien au juste.
DE CIZ
On est très bien à cet hôtel, vous êtes habituée aux hôtels.
YSÉ, les yeux baissés.
Ne partez pas.
DE CIZ
Mais je vous le dis, il le faut, il le faut absolument !
YSÉ
Ami, ne partez pas.
Pause.
DE CIZ
Il le faut, il le faut, Ysé.
YSÉ
Ne me laissez pas seule.
DE CIZ
Il n’y a aucun danger.
YSÉ
Il ne faut pas me laisser seule ici.
DE CIZ
Il faut être raisonnable.
YSÉ
Je ne suis qu’une femme. J’ai peur. Quel que vous soyez, après tout,
C’est vous qui avez garde de moi. J’ai peur ! Je le sais, il y a des choses terribles qui m’attendent.
J’ai peur de ce pays que je ne connais pas,
Où vous me laissez seule, à peine arrivée,
Tout étourdie encore et flottante du bateau à peine quitté.
DE CIZ
Quoi ! c’est Ysé qui me dit qu’elle a peur ?
YSÉ
Emmenez-moi avec vous !
DE CIZ
Vous ne pouvez laisser vos enfants.
YSÉ
Vous avez bien souci de vos enfants, mais non pas de moi aucunement !
DE CIZ
Mais, Ysé !
YSÉ
Une seconde fois, je vous prie de ne point me quitter et me laisser seule.
Vous me reprochiez d’être fière, de ne jamais vouloir rien dire et demander. Soyez donc satisfait. Vous me voyez humiliée.
Ne me quittez point. Ne me laissez point seule.
DE CIZ
Ainsi
Il nous faut bien avouer à la fin que l’on a besoin tout de même de son mari !
C’est notre fière Ysé
Qui demande comme un petit enfant qu’on ne la laisse point seule !
YSÉ
Ne soyez pas trop sûr de moi.
DE CIZ
Tu es à moi, que tu le veuilles ou non.
Est-ce que tu voulais m’épouser ? Et cependant bon gré mal gré,
C’est moi qui t’ai prise et gagnée, quand d’autres ne l’avaient pu.
YSÉ
Ne me méprisez pas trop. Ne soyez pas trop sûr de moi,
Comme d’une femme que l’on gagne avec des caresses.
Ne suis-je pas restée dix ans avec vous ? Dix ans je vous ai considéré
De face, et de dos, et de profil, et de dessous, et de dessus, et voici que je me suis fait un jugement.
N’avez-vous pas eu de moi votre compte et votre content ? n’avez-vous pas eu tous vos enfants avec moi ?
Et vous, est-ce que vous me connaissez ? est-ce que vous savez qui je suis ? Un homme,
Ça ne connaît pas plus sa femme que sa mère.
Dix ans ! Maintenant j’ai trente ans, et ma jeunesse est passée, et ce que je pouvais vous donner,
Je l’ai tout donné. Ne me laissez donc point seule,
Alors qu’il y a quelque chose qui vient de finir. Ne sois pas absent.
DE CIZ
Je vous connais mieux que vous-même.
Cette fiere Ysé ! Avec moi ! Je vous connais trop
Pour penser que vous vouliez jamais vous donner aucun tort avec moi.
YSÉ
Je ne sais ; je sens en moi une tentation.
Je ne suis plus cette jeune fille que vous avez prise. Vous ne m’avez pas ménagée ; je ne suis pas intacte.
Croyez-vous que je ne serve qu’à faire des enfants ? est-ce que c’est pour rien que je suis belle ?
Qui m’aura, j’aurais voulu empêcher
Qu’il eût rien autre. Moi, je suis bien à lui ; est-ce que ce n’est pas assez ?
Il y a une certaine totalité de moi-même
Que je n’ai pas fourme ; il y a une certaine mort
Que je saurais lui donner ; et est-ce que je ne suis pas belle ? Mais vous, vous n’êtes pas sérieux.
Comprenez de quelle race je suis ! Parce qu’une chose est mauvaise,
Parce qu’elle est folle, parce quelle est la ruine et la mort et la perdition de moi et de tous,
Est-ce que ce n’est pas une tentation à quoi je puis à peine tenir ? Bientôt je ne serai plus belle. Au lieu de vieillir
Ennuyeusement jour à jour, ne pas vieillir ! est-ce pas mieux
Tout, d’un seul coup, le donner,
Le lui donner, le lui planter entre les mains dans un éclat de rire, dans une générosité triomphale,
Pendant que je suis jeune et splendide, et périr avec celui que je fais périr,
Comme ont péri mes aïeux, dans le temps d’un coup de trompette, dans l’éclair de l’épée qui tue !
Et je prie que cette tentation ne me vienne pas, car il ne le faut pas et cela ne serait pas noble et juste,
Et toute noblesse est de souffrir et de résister.
DE CIZ
Est-ce que tu as souffert avec moi ? Quelle est cette chose
Jamais, si j’ai pu te la donner, dont je t’aie fait défense ?
YSÉ
Plût au Ciel que tu me défendisses quelque chose, et que tu me défendisses moi-même !
Après tout, je suis une femme, ce n’est pas si compliqué. Que lui faut-il
Que sécurité comme la mouche-à-miel active dans la ruche bien fermée ?
Et non pas une liberté épouvantable ! Ne m’étais-je pas donnée ?
Et je voulais penser que je serais maintenant bien tranquille,
Que j’étais garantie, qu’il y avait toujours quelqu’un avec moi
Pour me conduire, un homme quelque idée que j’aie, quelqu’un
Qui saurait bien toujours être plus fort que moi.
Et qu’importe que tu me fasses mal pourvu que je sente
Que tu me serres et que je te sers,
Mais toi, qui te connaît, qui aura foi, qui trouvera en toi
De quoi comprendre et se dévouer ? Tu fuis, tu n’es pas là. Tu es comme un enfant faible et tendre,
Capricieux, caché, plein de mensonges et l’on ne peut rien voir dans tes yeux.
N’achève pas de partir ! ne sois pas absent dans le milieu de ma vie !
DE CIZ
Et tout cela pour une absence de quelques jours !
YSÉ
Si
C’est l’heure où toute séparation suffit ?
C’est chose étroite qu’un couteau et le fruit qu’il tranche, on n’en rejoindra pas les parts.
Qui sait
Si je ne vais pas mourir par exemple dès que tu seras parti ? J’ai peur de mourir.
Pourquoi m’as-tu amenée ici ? Regarde ce triste lieu !
Elle regarde autour d’elle avec horreur.
DE CIZ
Mais c’est vous qui aviez trouvé cet endroit joli.
YSÉ
Il est affreux de mourir et d’être morte.
DE CIZ
Mais il ne s’agit pas de mourir. Il n’y a aucun danger. Bientôt je suis de retour.
Bientôt nous aurons de l’argent et nous retournerons en France.
Je vois que vous m’aimez. Je le sais, mon cœur. Je le sais, bonita !
YSÉ
Et vous tenez à partir ?
DE CIZ
Il le faut. Ah Fat m’a prêté de l’argent.
YSÉ
Partez en ce cas. Il n’y a rien à dire. C’est bien.
DE CIZ
Vous ne m’en voulez aucunement ?
YSÉ
Non.
Pause.
DE CIZ
Ysé ! J’ai réfléchi à ce que vous me conseillez. Il y a du vrai.
Ces deux choses que nous offre notre ami Mesa…
YSÉ
Eh bien ?
DE CIZ
Rester ici, la position n’est pas brillante.
YSÉ
Mais elle est sûre.
DE CIZ
Sûre, sûre ! vous n’avez que ce mot à la bouche !
Tu m’as toujours méconnu ! Moi, il me faut de l’initiative. Il me faut de l’argent à gagner.
Crois-tu que les risques me font peur ?
Il est vrai que je ne pourrais pas t’amener avec moi dans le pays shan.
YSÉ
C’est pourquoi il ne faut pas y aller.
DE CIZ
C’est dommage. C’est quelques années à passer. Ma position était faite et moi j’étais fait pour.
YSÉ
Comment être de ton avis, tu ne cesses d’en changer.
DE CIZ
Il ne faut pas être dure. Bientôt je ne serai plus avec toi.
Adieu, mon cœur.
YSÉ
Adieu, Ciz. Tu n étais pas un méchant homme.
DE CIZ
Point de larmes, mon cœur. Adieu, bonita !
Je ne vous laisse point seule. Je suis heureux que Mesa soit avec vous.
Il lui baise la main et s’en va.
☆
Ysé le suit longuement des yeux qui s’éloigne et, après qu’il a disparu, elle reste immobile a la même place.
YSÉ, regardant d’un autre côté.
Je ne le vois point. Je ne vais point l’attendre. Je pense qu’il ne sera point venu.
Elle reste immobile, les yeux à terre.
☆
Entre, derrière elle, Mesa.
MESA, à mi-voix.
C’est moi.
Elle se tourne lentement vers lui et lui tend la main. Ils se regardent avec gêne.
YSÉ
Mon mari vient de me quitter.
MESA
Comment allez-vous ?
YSÉ
Ô moi, cela va toujours ! Rien ne m’empêche de manger.
Elle rit aux éclats.
C’est comme un bon soldat qui va se battre ! C’est curieux, je n’ai pas encore fait pied à la terre.
On s’en va de côté, je penche, je penche ! Et puis l’on donne un coup comme quand on ne veut pas dormir.
Vous ne trouvez pas ? On ne se sent jamais bien debout à la mer. Et d’abord rien n’est droit. On ne se tient pas,
On se retient comme sur un sol qui respire.
MESA
Vous lui avez parlé ?
YSÉ
Je l’ai prié de ne point partir, de ne point me laisser seule ici. Il ne veut pas m’écouter.
MESA
Moi aussi, j’ai fait ce que j’ai pu. Comment vous laisse-t-il ainsi ?
Je lui ai fait des propositions. Il aime mieux ses manigances. Il jouit, il se figure qu’il me trompe.
— Et vous entendez ces rumeurs de tous côtés ?
YSÉ
Est-ce qu’il y a quelque chose pour de bon ?
MESA
Non…, Euh…, qui connaît la Chine ?
— Deux ans encore peut-être, trois ans, quatre ans encore…
— Quand dites-vous qu’il part ?
YSÉ
Demain.
MESA
Combien de temps reste-t-il absent ?
YSÉ
Un mois.
Il faut me laisser seule. Il ne faut point venir me voir.
Ils demeurent en silence sans se regarder. Puis soudain Ysé relève la tête et lui ouvre les bras. Il l’étreint en sanglotant, la tête contre son flanc.
YSÉ
Pauvre Mesa !
Elle lui caresse la tête.
MESA
Ysé !
YSÉ
Pauvre enfant ! Mesa ! pauvre Mesa !
MESA
Tout est fini.
Il se relève et demeure vacillant comme un homme ivre.
YSÉ, le regardant en face.
Viens !
Viens et ne demeure pas séparé de moi plus longtemps.
Ils s’étreignent, Ysé demeurant immobile et passive. Arrêt.
MESA
Ô Ysé !
YSÉ
C’est moi, Mesa, me voici.
MESA
Ô femme entre mes bras !
YSÉ
Tu sais ce que c’est qu’une femme à présent ?
MESA
Je te tiens, je t’ai trouvée.
YSÉ
Je suis à toi,
Je ne me recule pas, je te laisse faire ce que tu veux.
MESA
Ô Ysé, c’est une chose défendue.
YSÉ
Est-il vrai ? comme tu me serres à m’étouffer ! Pauvre Ysé ! je ne la croyais pas si défendue !
MESA
Ô Ysé, le bateau qui nous a amenés quand nous l’avons vu partir, disparu dans sa propre fumée !
YSÉ
Ce n’est pas un bateau que tu tiens, c’est une femme vivant entre tes bras.
MESA
Ô Ysé, ne me laisse pas revenir !
YSÉ
Je cède, je suis à vous.
MESA
C’en est trop !
YSÉ
Et à moi il faut me céder aussi ?
MESA
C’en est trop !
YSÉ
Est-ce assez ? ou y a-t-il plus que tu veux me demander encore ?
MESA
Ainsi donc
Je vous ai saisie ! et je tiens votre corps même
Entre mes bras et vous ne me faites point de résistance, et j’entends dans mes entrailles votre cœur qui bat !
Il est vrai que vous n’êtes qu’une femme, mais moi je ne suis qu’un homme,
Et voici que je n’en puis plus et que je suis comme un affamé qui ne peut retenir ses larmes à la vue de la nourriture !
Ô colonne ! ô puissance de ma bien-aimée ! Ô il est injuste que je vous aie rencontrée !
Comment est-ce qu’il faut vous appeler ! Une mère,
Parce que vous êtes bonne à avoir.
Et une sœur, et je tiens votre bras rond et féminin entre mes doigts,
Et une proie, et la fumée de votre vie me monte à la tête par le nez, et je frémis de vous sentir la plus faible comme un gibier qui plie et que l’on tient par la nuque !
Ô je m’en vais et je n’en puis plus, et tu es entre mes bras comme quelqu’un de replié,
Et dans la pression de mes mains comme quelqu’un qui dort. Dis, puissance comme de quelqu’un qui dort,
Si tu es celle que j’aime.
Ô je n’en puis plus, et c’en est trop, et il ne fallait pas que je te rencontre, et tu m’aimes donc, et tu es à moi, et mon pauvre cœur cède et crève !
YSÉ
Tu me tiens donc et bien que ma chair tressaille
Je ne me retire point, et je reste comme assourdie, et la voilà donc, celle que tu trouvais si fière et si méchante !
Tu ne sais pas ce que c’est qu’une femme et combien merveilleusement, avec toutes ces manières qu’elle a,