Partage de midi (page 7)

Paul Claudel · Lettres

Texte français, domaine public · Source : fr.wikisource.org — Partage de midi (1949) · 8 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

Et tu m’aimais cependant ! Et quinze jours avant quand tu es partie sur le bateau,

Je voulais te baiser la joue, et c’est toi qui toute en larmes de force

Me pris la bouche avec la tienne. Quinze jours, quinze jours seulement !

Silence.

Chienne ! dis-moi, qu’as-tu pensé quand pour la première fois

Tu t’es livrée, l’ayant résolu, à ce chien errant,

Avec ce fruit d’un autre en ton sein, et que le premier éveil de la vie de mon enfant

Se mêlait au soubresaut de la mère, toute piquée du délice d’un double adultère ?

Mon âme que je t’ai donnée, ma vie que je t’ai communiquée,

Tu l’as prostituée à un autre, et que pensais-tu pendant ces jours lourds que mon enfant mûrissait,

Et que tu l’apportais à cet homme, et que tu dormais augmentante entre ses bras, toute emplie des membres de mon fils ?

Je t’en prie ! Je sens une petite chose qui tremble !

Ne me fais pas commettre un grand crime ! Tu ne sais pas comme toi et moi

Nous sommes près de la damnation en ce moment. Rien qu’une bien petite chose à faire.

Long Silence.

Il approche d’elle la lampe et l’examine.

La même.

Dis, Ysé, ce n’est plus le grand soleil de midi. Tu te rappelles notre Océan ?

Mais la lampe sépulcrale colore ta joue, et l’oreille, et le coin de votre tempe,

Et se reflète dans vos yeux, vos yeux dans le miroir.

Il prend les cheveux dans sa main.

Ce sont les mêmes cheveux, ah, j’en reconnais l’odeur,

Lorsque j’étais enfoncé en toi jusqu’aux narines ainsi que dans un trou profond.

Les mêmes cheveux, mais de grosses veines d’argent se mêlent à l’or.

Il souffle la lampe.

La petite lampe est éteinte. Et il est éteint en même temps,

Ce dernier soleil de notre amour, ce grand soleil de midi et d’août

Dans lequel nous nous disions adieu dans la lumière dévorante, nous séparant, faisant de l’un à l’autre désespérément

Un signe au travers de la distance élargie.

Adieu, Ysé, tu ne m’as point connu ! Ce grand trésor que je porte en moi,

Tu n’as point pu le déraciner,

Le prendre, je n’ai pas su le donner. Ce n’est pas ma faute.

Ou si ! c’est notre faute et notre châtiment. Il fallait tout donner,

Et c’est cela que tu n’as pas pardonné.

Silence.

Et cependant je ne t’ai point aimée pour rire ! Ô Ysé, si tu savais comme je te portais sérieusement dans mon cœur,

Ô ma bien-aimée, comme il faisait bon pour vous dans mon cœur !

Ah, si j’avais été là, je vous aurais défendue et personne ne vous aurait arrachée de mon cœur, ma vie !

Et il faut endurer cela ! Elle ne répond pas ! Elle est là, ô dieux, elle est ici !

Elle est là et elle n’y est point. La même, nullement la même.

Telle une nuit je t’ai vue t’avancer vers moi de ce pas fier et léger avec un sourire plein de mystère.

Disant : « C’est un grand mystère. Mesa, je t’annonce que notre enfant est né. »

Et moi je pleurais, et je riais, et je pensais seulement : C’est toi !

« Pourquoi ne pas m’avoir écrit, cruelle ! »

Mais toi, comme quelqu’un qui sait, faisant de la bouche : Silence !

Tu ne répondais que par un sourire et je te regardais sourire, ô mon bien !

Et maintenant voici l’horreur !

Silence.

Mais tu n’as pas le droit ! tu n’as pas le droit ! tu n’es pas seule !

Ce n’est pas vrai que tu m’as oublié ! ce n’est pas vrai que tu ne m’aimes plus ! ô ma bien-aimée, ce n’est pas vrai que tu me hais !

Il n’y a pas moyen, Ysé ! Ce que je t’ai donné, est-ce que je puis le reprendre ? Est-ce que tu ne m’emportes pas où tu es ? Est-ce que tu as le droit

De n’être pas à moi ? Qu’y a-t-il en toi que tu ne m’aies

Donné, et que je n’aie eu, et mangé, et aspiré, et qui ne me nourrisse de feu, et de larmes, et de désespoir !

Réponds ! vois comme je souffre ! et tourne ton visage vers moi, ma beauté, et dis-moi que cela n’est pas vrai !

Silence.

Ysé, qu’as-tu fait de notre enfant ?

Silence.

Est-ce qu’il est mort ?

Silence.

Ysé, tu ne le laisseras point mourir. Donne-moi mon enfant afin que je le sauve.

Silence.

Est-ce qu’il est mort ? Est-ce que tu l’as tué ?

Silence.

S’il est ici je saurai bien le trouver.

Il fait un mouvement vers la porte. Pas d’Amalric au dehors. Il entre.

AMALRIC

Qui est là ?

MESA

C’est moi.

Amalric s’avance. Il frotte une allumette et les deux hommes se regardent face à face pendant quelle brûle. Elle s’éteint.

AMALRIC

Mesa, je ne suis nullement heureux de vous revoir.

MESA

Je viens reprendre cette femme qui est à moi et cet enfant qui est le mien.

AMALRIC

Je ne vous rendrai ni l’un ni l’autre.

MESA

Je les reprendrai malgré vous.

AMALRIC, avec un rire sec.

Et malgré elle ? Que dis-tu, Ysé ?

Mesa tressaille.

Que préfères-tu, dis-le ?

Ou de t’en aller avec celui-ci et de vivre ?

Toi et l’enfant, et dans ce cas étends la main.

Silence.

Ou de mourir avec moi ?

Silence. Elle garde l’immobilité.

MESA, criant.

C’en est trop !

Il tire une arme de sa poche. Amalric se jette sur lui et la lui arrache. Lutte affreuse dans l’obscurité. Mesa tombe, brisé, par terre.

Ysé, qui voit tout dans le miroir, n’a pas bougé.

YSÉ, d’une voix singulière, sans changer de pose.

Assassin !

Amalric allume la lampe et se penche sur le corps de Mesa qu’il examine.

AMALRIC

C’est bien ce que je pensais. Je lui ai démanché l’épaule droite.

Mais de son côté je crois bien qu’il s’est démoli une jambe. Quel maladroit !

Il se relève. Ysé sourit dans le miroir. Il va vers elle et la baise sur la tempe.

YSÉ

Amalric, cela est affreux. Ne le laisse pas ainsi par terre.

Amalric soulève le corps et le porte sur le canapé.

AMALRIC

Comment est-il venu jusqu’ici ?

YSÉ

Il a dit

Qu’il avait une passe avec lui.

Amalric le fouille et retire des vêtements une planchette couverte de figures et de caractères singuliers qu’il montre a Ysé.

AMALRIC

Nous sommes sauves, Ysé.

YSÉ

Sauvés.

AMALRIC

Comme tu dis cela sans joie.

Il la regarde. Silence.

YSÉ

Et mon mari est mort. Nous pourrons nous épouser, Amalric.

AMALRIC

On ne peut mieux. Voici une soirée excellente.

Quel couple modèle nous allons faire !

YSÉ, montrant le corps dans le miroir.

Est-ce qu’il n’y a pas moyen de l’emporter avec nous ?

AMALRIC, durement.

Impossible.

YSÉ

Nous ne pouvons l’abandonner aux Chinois.

AMALRIC

Il sautera à notre place. La machinette est montée. Il n’y a qu’à la laisser marcher.

Pause.

YSÉ, de la même voix singulière.

Fouille donc encore les poches, inutile de laisser rien aux morts.

AMALRIC

Ysé, c’est un peu dégoûtant.

YSÉ

Pourquoi ? Va. Fais.

Il fouille et retire une enveloppe scellée de cire.

AMALRIC, lisant.

Ceci est mon testament.

Il rit et empoche le papier.

YSÉ

Partons.

AMALRIC

Prépare-toi. J’ai vu ce bateau arriver.

Je vais faire signe à mon boy. Tout ira bien. Prends l’enfant.

Ysé se rend dans la pièce voisine sans regarder Mesa. Un temps assez long s’écoule. Ysé rentre seule.

AMALRIC

Eh bien, tu n’as pas pris l’enfant ?

YSÉ

Il est mort.

Pause.

AMALRIC

Partons.

Il souffle la lampe. Clair de lune. Ils sortent sans regarder Mesa. On entend un éclat de rire hystérique dans l’escalier.

‌

☆

Nuit complète. On voit par les ouvertures toutes les étoiles du ciel qui brillent. La lune traverse toute la chambre d’un grand rayon.

Mesa se réveille et longtemps il reste muet, méditant.

CANTIQUE DE MESA

Me voici dans ma chapelle ardente !

Et de toutes parts, à droite, à gauche, je vois la forêt des flambeaux qui m’entoure !

Non point de cires allumées, mais de puissants astres, pareils à de grandes vierges flamboyantes

Devant la face de Dieu, telles que dans les saintes peintures on voit Marie qui se récuse !

Et moi, l’homme, l’Intelligent,

Me voici couché sur la Terre, prêt à mourir, comme sur un catafalque solennel,

Au plus profond de l’univers et dans le milieu même de cette bulle d’étoiles et de l’essaim et du culte.

Je vois l’immense clergé de la Nuit avec ses Évêques et ses Patriarches.

Et j’ai au-dessus de moi le Pôle et à mes côtés la tranche, et l’Équateur des animaux fourmillants de l’étendue,

Cela que l’on appelle Voie lactée, pareil à une forte ceinture !

Salut, mes sœurs ! aucune de vous, brillantes !

Ne supporte l’esprit, mais seule au centre de tout, la Terre

A germé son homme, et vous, comme un million de blanches brebis,

Vous tournez la tête vers elle qui est comme le Pasteur et comme le Messie des mondes !

Salut, étoiles ! Me voici seul ! Aucun prêtre entouré de la pieuse communauté

Ne viendra m’apporter le Viatique.

Mais déjà les portes du Ciel

Se rompent et l’armée de tous les Saints, portant des flambeaux dans leurs mains,

S’avancent à ma rencontre, entourant l’Agneau terrible !

Pourquoi ?

Pourquoi cette femme ? pourquoi la femme tout d’un coup sur ce bateau ?

Qu’est-ce qu’elle s’en vient faire avec nous ? est-ce que nous avions besoin d’elle ? Vous seul !

Vous seul en moi tout d’un coup à la naissance de la Vie,

Vous avez été en moi la victoire et la visitation et le nombre et l’étonnement et la puissance et la merveille et le son !

Et cette autre, est-ce que nous croyions en elle ? et que le bonheur est entre ses bras ?

Et un jour j’avais inventé d’être à vous et de me donner,

Et cela était pauvre. Mais ce que je pouvais,

Je l’ai fait, je me suis donné,

Et vous ne m’avez point accepté, et c’est l’autre qui nous a pris.

Et dans un petit moment je vais Vous voir et j’en ai effroi

Et peur dans l’Os de mes os !

Et vous m’interrogerez. Et moi aussi je Vous interrogerai !

Est-ce que je ne suis pas un homme ? Pourquoi est-ce que vous faites le Dieu avec moi ?

Non, non, mon Dieu ! Allez, je ne vous demande rien ! Vous êtes là et c’est assez. Taisez-vous seulement,

Mon Dieu, afin que votre créature entende ! Qui a goûté à votre silence,

Il n’a pas besoin d’explication.

Parce que je vous ai aimé

Comme on aime l’or beau à voir ou un fruit, mais alors il faut se jeter dessus !

La gloire refuse les curieux, l’amour refuse les holocaustes mouillés. Mon Dieu, j’ai exécration de mon orgueil !

Sans doute que je ne vous aimais pas comme il faut, mais pour l’augmentation de ma science et de mon plaisir.

Et je me suis trouvé devant Vous comme quelqu’un qui s’aperçoit qu’il est seul.

Eh bien ! j’ai refait connaissance avec mon néant, j’ai regoûté à la matière dont je suis fait.

J’ai péché fortement.

Et maintenant, sauvez-moi, mon Dieu, parce que c’est assez !

C’est vous de nouveau, c’est moi ! Et vous êtes mon Dieu, et je sais que vous savez tout.

Et je baise votre main paternelle, et me voici entre vos mains comme une pauvre chose sanglante et broyée !

Comme la canne sous le cylindre, comme le marc sous le madrier.

Et parce que j’étais un égoïste, c’est ainsi que vous me punissez

Par l’amour épouvantable d’un autre !

Ah ! je sais maintenant

Ce que c’est que l’amour ! et je sais ce que vous avez enduré sur votre croix, dans ton Cœur,

Si vous avez aimé chacun de nous

Terriblement comme j’ai aimé cette femme, et le râle, et l’asphyxie, et l’étau !

Mais je l’aimais, ô mon Dieu, et elle ma fait cela ! Je l’aimais, et je n’ai point peur de vous,

Et au-dessus de l’amour

Il n’y a rien, et pas vous-même ! et vous avez vu de quelle soif, ô Dieu, et grincement des dents,

Et sécheresse, et horreur et extraction,

Je m’étais saisi d’elle ! Et elle m’a fait cela !

Ah, vous vous y connaissez, vous savez, vous,

Ce que c’est que l’amour trahi ! Ah, je n’ai point peur de Vous !

Mon crime est grand et mon amour est plus grand et Votre mort seule, ô mon Père,

La mort que vous m’accordez, la mort seule est à la mesure de tous deux !

Mourons donc et sortons de ce corps misérable !

Sortons, mon âme, et d’un seul coup éclatons cette détestable carcasse !

La voici déjà à demi rompue, habillée comme une viande au croc, par terre ainsi qu’un fruit entamé.

Est-ce que c’est moi ? Cela de cassé,

C’est l’œuvre de la femme, qu’elle le garde pour elle, et pour moi je m’en vais ailleurs.

Déjà elle m’avait détruit le monde et rien pour moi

N’existait qui ne fût pas elle et maintenant elle me détruit moi-même.

Et voici qu’elle me fait le chemin plus court.

Soyez témoin que je ne me plais pas à moi-même !

Vous voyez bien que ce n’est plus possible !

Et que je ne puis me passer d’amour, et à l’instant, et non pas demain, mais toujours, et qu’il me faut la vie même, et la source même,

Et la différence même, et que je ne puis plus,

Je ne puis plus supporter d’être sourd et mort !

Vous voyez bien qu’ici je ne suis bon à rien et que j’ennuie tout le monde

Et que pour tous je suis un scandale et une interrogation.

C’est pourquoi reprenez-moi et cachez-moi, ô père, en votre giron !

‌

☆

Bruit léger et soyeux au dehors, la porte s’est ouverte silencieusement. Entre Ysé vêtue de blanc en état de transe hypnotique. Elle s’avance au travers de la pièce, non point marchant en automate, mais à la manière d’un nuage. Elle passe devant le miroir. On la voit au travers de la moustiquaire. Et elle entre dans la pièce où se trouve l’enfant mort, laissant la porte à demi ouverte. Et on l’entend qui pleure étrangement.

MESA, appelant à demi-voix.

Ysé ! Ysé !

Elle rentre, elle erre sans aucun bruit au travers de la pièce. Elle ouvre tous les tiroirs et passe les mains dedans, ceux de la commode, celui de la table de toilette. Elle ouvre les armoires, la pharmacie, l’armoire à glace. Elle passe les doigts sur les rayons vides, elle se hausse comme pour regarder. Elle sort, la voici en bas, dans l’office, dans la salle à manger, partout, comme quelqu’un qui fouille et qui cherche, la maîtresse de la maison déserte.

Silence.

Et soudain l’on entend un grand cri de femme épouvantablement mélodieux et aigu.

MESA, appelant fortement.

Ysé ! Ysé ! viens ! viens !

Pause. Et on la voit tout à coup toute blanche avec ses longs cheveux épars dans la véranda inondée par la lune.

MESA, pensant.

Telle je t’ai vue jadis, sur le navire !

Elle vient, elle s’accroupit à ses pieds, elle pose son bras nu tout droit au travers de ses genoux. Il lui met légèrement la main sur la tête.

YSÉ

Mesa, je suis Ysé. C’est moi.

MESA

Est-ce toi-même ?

Que de fois je t’ai vue en rêve ! Est-ce que c’est un rêve encore ? Est-ce que tu vas de nouveau cesser ?

YSÉ

Ce n’est pas un rêve ; Mesa, les rêves sont finis. Il n’y a plus que la vérité.

MESA

Ysé, Ysé aux longs cheveux, est-il vrai ?

YSÉ

Tout est devenu vrai.

MESA

Dis, est-ce que tu m’entends à présent ? est-ce que tu sens vivre

Mon souffle au fond de tes entrailles ? est-ce que tu es sous ma parole comme quelqu’un de créé ? Ah, sois ma vie, mon Ysé, et sois mon âme, et ma vie, et sois mon cœur, et dans mes bras le soulèvement de celui qui naît !

Ah, Ysé, c’est trop cruel, il ne faut pas me repousser, car c’est moi qui suis dans ton cœur.

YSÉ

Laisse ta main sur ma tête et alors je vois tout et je comprends tout.

Tu ne sais pas bien qui je suis, mais maintenant je vois clairement qui tu es et ce que tu crois être,

Plein de gloire et de lumière, créature de Dieu ! et je vois que tu m’aimes,

Et que tu m’es accordé, et je suis avec toi dans une tranquillité ineffable.

MESA

Est-ce que tout est fini, Ysé ?

YSÉ

Tout est fini !

MESA

Est-ce qu’il n’y a plus rien à craindre ?

YSÉ

C’en est fait.

MESA

Plus rien, plus rien à attendre ?

YSÉ

Plus rien que l’amour à jamais, plus rien que l’éternité avec toi !

MESA

Je ne puis donc me débarrasser de cette Ysé ? Il ne m’est pas possible

De me défaire de ces deux mains de femme à mes flancs ?

YSÉ

Il ne t’est pas possible. Où tu es, je suis avec toi.

MESA

Pourquoi donc m’avais-tu quitté ?

Pause.

Pourquoi est-ce que tu fais encore celle qui ne répond pas comme dans les rêves ? Je devine que tu souris

Amèrement, visage caché ! Ce n’est plus un rêve !

YSÉ

Cette fois c’est moi qui dors.

MESA

Ah, ne te réveille point !

YSÉ

Me voici détachée comme une huile pure.

MESA

Pourquoi ne veux-tu point me répondre ?

YSÉ

Suis-je si laide ? Pourquoi me repoussais-tu désespérément ?

MESA

Je t’aimais trop, ma vie !

YSÉ

Je ne puis plus vous être enlevée.

MESA

Et voici la « très grande joie » que tu m’annonces ?

YSÉ

Console-moi parce que mon cœur est triste.

MESA

Quelle tristesse as-tu le droit d’avoir, rebelle, ou quelle joie

Qui soit autre que moi ?

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