Épître aux Corinthiens (page 5)
ÉPÎTRE AUX CORINTHIENS. (suite)
Réveillons dans nos cœurs la confiance en lui et songeons que tout est sous sa main.
Il a tout élevé par la puissance de sa parole, et par elle il peut tout renverser.
Qui peut lui dire : « Pourquoi avez-vous fait cela ? » ou qui pourrait résister à la force de son bras ?
Il a tout fait quand il a voulu et comme il a voulu, et tout ce qu’il a décrété aura son effet.
Tout est sous ses regards, rien n’échappe à sa connaissance.
Puisque nous pouvons partout voir et entendre ces vérités, craignons le Seigneur ; renonçons aux désirs impurs, aux œuvres mauvaises, afin qu’au jugement à venir nous soyons couverts de sa miséricorde.
Où se dérober à sa main toute-puissante ? Quel monde pourrait servir d’abri à l’homme qui voudrait lui échapper ?
C’est ainsi que parle l’Écriture.
Où irai-je ? où fuir devant votre face ? Si je monte au ciel, vous y êtes ; si je vais aux extrémités de la terre, j’y trouve votre main ; si je descends au fond des abîmes, votre esprit est là.
Où se cacher, où fuir celui qui embrasse tout ?
Allons à lui avec l’innocence du cœur ; élevons vers son trône des mains pures et sans tache ; aimons ce père de bonté et de miséricorde qui nous a fait participer à son élection divine.
Il est écrit : « Quand le Très-Haut fit la division des peuples, quand il dissémina sur la terre les enfants d’Adam, il marqua les limites des nations selon le nombre des enfants d’Israël. Mais la part du Seigneur fut Jacob, Israël fut son héritage. » Et ailleurs : « Dieu s’est choisi un peuple du milieu des autres peuples, comme un homme choisit les prémices de ses fruits, et de ce peuple sortira le Saint des Saints. »
Puisque nous sommes le partage du Dieu saint, il faut que toutes nos actions tendent à la sainteté ; dès lors loin de nous la médisance, l’impureté, l’excès du vin, l’arrogance, toute passion honteuse, l’adultère si odieux, l’orgueil si détestable.
« Car Dieu, dit l’Écriture, résiste aux superbes et donne sa grâce aux humbles. »
Lions-nous étroitement à ceux que Dieu remplit de sa grâce ; que la paix soit comme notre vêtement ; soyons humbles, chastes, attentifs à éviter tout murmure, toute médisance ; justes en œuvres et non pas seulement en paroles.
« Car, dit l’Écriture, celui qui parle beaucoup écoutera à son tour. » La multitude des paroles prouve-t-elle qu’on est juste ? L’homme, né de la femme, a une vie très-courte : ne la perdez pas dans la multitude des paroles.
Plaçons notre gloire dans le Seigneur ; ce n’est pas de nous qu’elle doit sortir, Dieu déteste celui qui se loue lui-même.
Laissons aux autres le soin de rendre témoignage à nos bonnes œuvres, ainsi qu’il fut rendu à nos pères, ces hommes si justes.
La témérité, l’arrogance, l’audace, caractérisent ceux que Dieu rejette loin de lui ; tandis que la modération, l’humilité, la douceur, sont le partage de ceux qu’il a bénis.
Recherchons avant tout cette bénédiction sainte, et voyons quel est le moyen de l’obtenir ; rappelons dans notre esprit ce qui s’est passé dès les premiers jours.
Pourquoi notre père Abraham a-t-il été béni ? N’est-ce point à cause des œuvres de justice et de vérité qu’il a faites par la foi ?
Isaac, plein de confiance dans ce qui devait arriver, s’offrit volontairement en sacrifice.
Jacob, humblement soumis, sort de son pays pour échapper à son frère, se retire chez Laban, devient son serviteur, et les douze sceptres d’Israël sont remis entre ses mains.
Interrogez les faits séparément et avec attention ; alors vous comprendrez toute l’étendue des dons que Dieu a répandus sur nous par ce patriarche :
De lui sont sortis les prêtres et les lévites qui servent devant l’autel du Seigneur ; de lui est né, selon la chair, le Seigneur Jésus ; de lui sont descendus les rois, les princes, les chefs du peuple, par la tribu de Juda ; et les autres tribus, dont il est aussi la tige, n’ont pas été sans gloire. Dieu lui avait fait cette promesse : « Ta race sera aussi nombreuse que les étoiles du ciel. »
Toutefois ces saints patriarches n’ont acquis tant de gloire et de grandeur, ni par eux-mêmes, ni par leurs œuvres, ni par tout le bien qu’ils ont pu faire, mais par la volonté de Dieu seul.
Et nous aussi, appelés à la connaissance de Jésus-Christ, grâce à cette même volonté, si nous sommes justifiés, ce n’est point par nous-mêmes, ni à raison de notre sagesse, de notre intelligence ou de notre piété, ni par aucune œuvre sainte, faite avec un cœur pur, mais par la foi dont le Dieu tout-puissant s’est toujours servi pour justifier tous ceux qu’il a sauvés. À lui la gloire dans tous les siècles !
Que ferons-nous donc, mes frères ? Faut-il pour cela cesser de faire le bien, abandonner les œuvres de charité ? Jamais Dieu ne l’approuverait. Portons-nous, au contraire, avec zèle et ardeur à tous les genres de bonnes œuvres.
Est-ce que le divin ouvrier, le maître de toutes choses, ne s’applaudit pas lui-même dans ses œuvres ?
Les cieux ont été affermis par sa suprême et souveraine puissance, et embellis par son incompréhensible sagesse.
Il a séparé la terre de l’eau qui l’environne ; il l’a consolidée comme une tour inébranlable, en lui donnant pour base sa volonté ; et tous les animaux qui s’y trouvent ont reçu de lui l’ordre de l’habiter.
Sa puissance a creusé le lit de la mer, et renfermé dans son sein tous les poissons qu’elle nourrit et qui auparavant avaient reçu de lui la vie.
De ses mains pures et saintes il a formé l’homme, son chef-d’œuvre, supérieur à toutes les créatures par l’intelligence, l’empreinte de son image.