Cinna ou la Clémence d’Auguste (page 4)

Pierre Corneille · Lettres

Texte français, domaine public · Source : fr.wikisource.org — Cinna ou la Clémence d’Auguste · 6 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

J’ai pu, vous le savez, sans parjure et sans crime,

Vous laisser échapper cette illustre victime. 950

César se dépouillant du pouvoir souverain

Nous ôtoit tout prétexte à lui percer le sein ;

La conjuration s’en alloit dissipée,

Vos desseins avortés, votre haine trompée :

Moi seul j’ai raffermi son esprit étonné, 955

Et pour vous l’immoler ma main l’a couronné.

ÉMILIE.

Pour me l’immoler, traître ! et tu veux que moi-même

Je retienne ta main ! qu’il vive, et que je l’aime !

Que je sois le butin de qui l’ose épargner,

Et le prix du conseil qui le force à régner ! 960

CINNA.

Ne me condamnez point quand je vous ai servie :

Sans moi, vous n’auriez plus de pouvoir sur sa vie ;

Et malgré ses bienfaits, je rends tout à l’amour,

Quand je veux qu’il périsse, ou vous doive le jour.

Avec les premiers vœux de mon obéissance965

Souffrez ce foible effort de ma reconnoissance,

Que je tâche de vaincre un indigne courroux,

Et vous donner pour lui l’amour qu’il a pour vous.

Une âme généreuse, et que la vertu guide,

Fuit la honte des noms d’ingrate et de perfide ; 970

Elle en hait l’infamie attachée au bonheur,

Et n’accepte aucun bien aux dépens de l’honneur.

ÉMILIE.

Je fais gloire, pour moi, de cette ignominie :

La perfidie est noble envers la tyrannie ;

Et quand on rompt le cours d’un sort si malheureux975,

Les cœurs les plus ingrats sont les plus généreux.

CINNA.

Vous faites des vertus au gré de votre haine.

ÉMILIE.

Je me fais des vertus dignes d’une Romaine.

CINNA.

Un cœur vraiment romain…

ÉMILIE.

Un cœur vraiment romain…Ose tout pour ravir

Une odieuse vie à qui le fait servir : 980

Il fuit plus que la mort la honte d’être esclave.

CINNA.

C’est l’être avec honneur que de l’être d’Octave ;

Et nous voyons souvent des rois à nos genoux

Demander pour appui tels esclaves que nous.

Il abaisse à nos pieds l’orgueil des diadèmes, 985

Il nous fait souverains sur leurs grandeurs suprêmes ;

Il prend d’eux les tributs dont il nous enrichit,

Et leur impose un joug dont il nous affranchit.

ÉMILIE.

L’indigne ambition que ton cœur se propose !

Pour être plus qu’un roi, tu te crois quelque chose ! 990

Aux deux bouts de la terre en est-il un si vain

Qu’il prétende égaler un citoyen romain ?

Antoine sur sa tête attira notre haine

En se déshonorant par l’amour d’une reine ;

Attale, ce grand roi, dans la pourpre blanchi,995

Qui du peuple romain se nommoit l’affranchi,

Quand de toute l’Asie il se fût vu l’arbitre,

Eût encor moins prisé son trône que ce titre.

Souviens-toi de ton nom, soutiens sa dignité ;

Et prenant d’un Romain la générosité,1000

Sache qu’il n’en est point que le ciel n’ait fait naître

Pour commander aux rois, et pour vivre sans maître.

CINNA.

Le ciel a trop fait voir en de tels attentats

Qu’il hait les assassins et punit les ingrats ;

Et quoi qu’on entreprenne, et quoi qu’on exécute,1005

Quand il élève un trône, il en venge la chute ;

Il se met du parti de ceux qu’il fait régner ;

Le coup dont on les tue est longtemps à saigner ;

Et quand à les punir il a pu se résoudre,

De pareils châtiments n’appartiennent qu’au foudre. 1010

ÉMILIE.

Dis que de leur parti toi-même tu te rends,

De te remettre au foudre à punir les tyrans.

Je ne t’en parle plus, va, sers la tyrannie ;

Abandonne ton âme à son lâche génie ;

Et pour rendre le calme à ton esprit flottant,1015

Oublie et ta naissance et le prix qui t’attend.

Sans emprunter ta main pour servir ma colère,

Je saurai bien venger mon pays et mon père.

J’aurois déjà l’honneur d’un si fameux trépas,

Si l’amour jusqu’ici n’eût arrêté mon bras :1020

C’est lui qui sous tes lois me tenant asservie,

M’a fait en ta faveur prendre soin de ma vie.

Seule contre un tyran, en le faisant périr,

Par les mains de sa garde il me falloit mourir :

Je t’eusse par ma mort dérobé ta captive ; 1025

Et comme pour toi seul l’amour veut que je vive,

J’ai voulu, mais en vain, me conserver pour toi,

Et te donner moyen d’être digne de moi.

Pardonnez-moi, grands Dieux, si je me suis trompée

Quand j’ai pensé chérir un neveu de Pompée, 1030

Et si d’un faux-semblant mon esprit abusé

A fait choix d’un esclave en son lieu supposé.

Je t’aime toutefois, quel que tu puisses être ;

Et si pour me gagner il faut trahir ton maître,

Mille autres à l’envi recevroient cette loi, 1035

S’ils pouvoient m’acquérir à même prix que toi.

Mais n’appréhende pas qu’un autre ainsi m’obtienne.

Vis pour ton cher tyran, tandis que je meurs tienne :

Mes jours avec les siens se vont précipiter,

Puisque ta lâcheté n’ose me mériter. 1040

Viens me voir, dans son sang et dans le mien baignée,

De ma seule vertu mourir accompagnée,

Et te dire en mourant d’un esprit satisfait :

« N’accuse point mon sort, c’est toi seul qui l’as fait ;

Je descends dans la tombe où tu m’as condamnée, 1045

Où la gloire me suit qui t’étoit destinée :

Je meurs en détruisant un pouvoir absolu ;

Mais je vivrois à toi si tu l’avois voulu. »

CINNA.

Eh bien ! vous le voulez, il faut vous satisfaire,

Il faut affranchir Rome, il faut venger un père, 1050

Il faut sur un tyran porter de justes coups ;

Mais apprenez qu’Auguste est moins tyran que vous :

S’il nous ôte à son gré nos biens, nos jours, nos femmes,

Il n’a point jusqu’ici tyrannisé nos âmes ;

Mais l’empire inhumain qu’exercent vos beautés1055

Force jusqu’aux esprits et jusqu’aux volontés.

Vous me faites priser ce qui me déshonore ;

Vous me faites haïr ce que mon âme adore ;

Vous me faites répandre un sang pour qui je dois

Exposer tout le mien et mille et mille fois : 1060

Vous le voulez, j’y cours, ma parole est donnée ;

Mais ma main, aussitôt contre mon sein tournée,

Aux mânes d’un tel prince immolant votre amant,

À mon crime forcé joindra mon châtiment,

Et par cette action dans l’autre confondue, 1065

Recouvrera ma gloire aussitôt que perdue.

Adieu.

Scène V.

ÉMILIE, FULVIE.

FULVIE.

Adieu.Vous avez mis son âme au désespoir.

ÉMILIE.

Qu’il cesse de m’aimer, ou suive son devoir.

FULVIE.

Il va vous obéir aux dépens de sa vie :

Vous en pleurez !

ÉMILIE.

Vous en pleurez !Hélas ! cours après lui, Fulvie,1070

Et si ton amitié daigne me secourir,

Arrache-lui du cœur ce dessein de mourir :

Dis-lui…

FULVIE.

Dis-lui… Qu’en sa faveur vous laissez vivre Auguste ?

ÉMILIE.

Ah ! c’est faire à ma haine une loi trop injuste.

FULVIE.

Et quoi donc ?

ÉMILIE.

Et quoi donc ?Qu’il achève, et dégage sa foi,1075

Et qu’il choisisse après de la mort, ou de moi.

FIN DU TROISIÈME ACTE.

ACTE IV.

Scène première.

AUGUSTE, EUPHORBE, POLYCLÈTE, Gardes.

AUGUSTE.

Tout ce que tu me dis, Euphorbe, est incroyable.

EUPHORBE.

Seigneur, le récit même en paroît effroyable :

On ne conçoit qu’à peine une telle fureur,

Et la seule pensée en fait frémir d’horreur.1080

AUGUSTE.

Quoi ? mes plus chers amis ! quoi ? Cinna ! quoi ? Maxime !

Les deux que j’honorois d’une si haute estime,

À qui j’ouvrois mon cœur, et dont j’avois fait choix

Pour les plus importants et plus nobles emplois !

Après qu’entre leurs mains j’ai remis mon empire, 1085

Pour m’arracher le jour l’un et l’autre conspire !

Maxime a vu sa faute, il m’en fait avertir,

Et montre un cœur touché d’un juste repentir ;

Mais Cinna !

EUPHORBE.

Mais Cinna !Cinna seul dans sa rage s’obstine,

Et contre vos bontés d’autant plus se mutine ; 1090

Lui seul combat encor les vertueux efforts

Que sur les conjurés fait ce juste remords,

Et malgré les frayeurs à leurs regrets mêlées,

Il tâche à raffermir leurs âmes ébranlées.

AUGUSTE.

Lui seul les encourage, et lui seul les séduit ! 1095

Ô le plus déloyal que la terre ait produit !

Ô trahison conçue au sein d’une furie !

Ô trop sensible coup d’une main si chérie !

Cinna, tu me trahis ! Polyclète, écoutez.

(Il lui parle à l’oreille.)

POLYCLÈTE.

Tous vos ordres, Seigneur, seront exécutés.1100

AUGUSTE.

Qu’Éraste en même temps aille dire à Maxime

Qu’il vienne recevoir le pardon de son crime.

(Polyclète rentre.)

EUPHORBE.

Il l’a trop jugé grand pour ne pas s’en punir ;

À peine du palais il a pu revenir,

Que, les yeux égarés, et le regard farouche, 1105

Le cœur gros de soupirs, les sanglots à la bouche,

Il déteste sa vie et ce complot maudit,

M’en apprend l’ordre entier tel que je vous l’ai dit,

Et m’ayant commandé que je vous avertisse,

Il ajoute : « Dis-lui que je me fais justice, 1110

Que je n’ignore point ce que j’ai mérité. »

Puis soudain dans le Tibre il s’est précipité ;

Et l’eau grosse et rapide, et la nuit assez noire,

M’ont dérobé la fin de sa tragique histoire.

AUGUSTE.

Sous ce pressant remords il a trop succombé, 1115

Et s’est à mes bontés lui-même dérobé ;

Il n’est crime envers moi qu’un repentir n’efface.

Mais puisqu’il a voulu renoncer à ma grâce,

Allez pourvoir au reste, et faites qu’on ait soin

De tenir en lieu sûr ce fidèle témoin.1120

Scène II.

AUGUSTE.

Ciel, à qui voulez-vous désormais que je fie

Les secrets de mon âme et le soin de ma vie ?

Reprenez le pouvoir que vous m’avez commis,

Si donnant des sujets il ôte les amis,

Si tel est le destin des grandeurs souveraines1125

Que leurs plus grands bienfaits n’attirent que des haines,

Et si votre rigueur les condamne à chérir

Ceux que vous animez à les faire périr.

Pour elles rien n’est sûr ; qui peut tout doit tout craindre.

Rentre en toi-même, Octave, et cesse de te plaindre.1130

Quoi ! tu veux qu’on t’épargne, et n’as rien épargné !

Songe aux fleuves de sang où ton bras s’est baigné,

De combien ont rougi les champs de Macédoine,

Combien en a versé la défaite d’Antoine,

Combien celle de Sexte, et revois tout d’un temps1135

Pérouse au sien noyée, et tous ses habitants ;

Remets dans ton esprit, après tant de carnages,

De tes proscriptions les sanglantes images,

Où toi-même, des tiens devenu le bourreau,

Au sein de ton tuteur enfonças le couteau : 1140

Et puis ose accuser le destin d’injustice,

Quand tu vois que les tiens s’arment pour ton supplice,

Et que par ton exemple à ta perte guidés,

Ils violent des droits que tu n’as pas gardés !

Leur trahison est juste, et le ciel l’autorise : 1145

Quitte ta dignité comme tu l’as acquise ;

Rends un sang infidèle à l’infidélité,

Et souffre des ingrats après l’avoir été.

Mais que mon jugement au besoin m’abandonne !

Quelle fureur, Cinna, m’accuse et te pardonne ? 1150

Toi, dont la trahison me force à retenir

Ce pouvoir souverain dont tu me veux punir,

Me traite en criminel, et fait seule mon crime,

Relève pour l’abattre un trône illégitime,

Et, d’un zèle effronté couvrant son attentat, 1155

S’oppose, pour me perdre, au bonheur de l’État !

Donc jusqu’à l’oublier je pourrois me contraindre !

Tu vivrois en repos après m’avoir fait craindre !

Non, non, je me trahis moi-même d’y penser :

Qui pardonne aisément invite à l’offenser ; 1160

Punissons l’assassin, proscrivons les complices.

Mais quoi ! toujours du sang, et toujours des supplices !

Ma cruauté se lasse et ne peut s’arrêter ;

Je veux me faire craindre et ne fais qu’irriter.

Rome a pour ma ruine une hydre trop fertile : 1165

Une tête coupée en fait renaître mille,

Et le sang répandu de mille conjurés

Rend mes jours plus maudits, et non plus assurés.

Octave, n’attends plus le coup d’un nouveau Brute ;

Meurs, et dérobe-lui la gloire de ta chute ; 1170

Meurs : tu ferois pour vivre un lâche et vain effort,

Si tant de gens de cœur font des vœux pour ta mort,

Et si tout ce que Rome a d’illustre jeunesse

Pour te faire périr tour à tour s’intéresse ;

Meurs, puisque c’est un mal que tu ne peux guérir ; 1175

Meurs enfin, puisqu’il faut ou tout perdre, ou mourir.

La vie est peu de chose, et le peu qui t’en reste

Ne vaut pas l’acheter par un prix si funeste.

Meurs ; mais quitte du moins la vie avec éclat ;

Éteins-en le flambeau dans le sang de l’ingrat ; 1180

À toi-même en mourant immole ce perfide ;

Contentant ses désirs, punis son parricide ;

Fais un tourment pour lui de ton propre trépas,

En faisant qu’il le voie et n’en jouisse pas :

Mais jouissons plutôt nous-même de sa peine, 1185

Et si Rome nous hait, triomphons de sa haine.

Ô Romains, ô vengeance, ô pouvoir absolu,

Ô rigoureux combat d’un cœur irrésolu

Qui fuit en même temps tout ce qu’il se propose !

D’un prince malheureux ordonnez quelque chose.1190

Qui des deux dois-je suivre, et duquel m’éloigner ?

Ou laissez-moi périr, ou laissez-moi régner.

Scène III.

AUGUSTE, LIVIE.

AUGUSTE.

Madame, on me trahit, et la main qui me tue

Rend sous mes déplaisirs ma constance abattue.

Cinna, Cinna, le traître…

LIVIE.

Cinna, Cinna, le traître…Euphorbe m’a tout dit, 1195

Seigneur, et j’ai pâli cent fois à ce récit.

Mais écouteriez-vous les conseils d’une femme ?

AUGUSTE.

Hélas ! de quel conseil est capable mon âme ?

LIVIE.

Votre sévérité, sans produire aucun fruit,

Seigneur, jusqu’à présent a fait beaucoup de bruit.1200

Par les peines d’un autre aucun ne s’intimide :

Salvidien à bas a soulevé Lépide ;

Murène a succédé, Cépion l’a suivi ;

Le jour à tous les deux dans les tourments ravi

N’a point mêlé de crainte à la fureur d’Égnace, 1205

Dont Cinna maintenant ose prendre la place ;

Et dans les plus bas rangs les noms les plus abjets

Ont voulu s’ennoblir par de si hauts projets.

Après avoir en vain puni leur insolence,

Essayez sur Cinna ce que peut la clémence ; 1210

Faites son châtiment de sa confusion ;

Cherchez le plus utile en cette occasion :

Sa peine peut aigrir une ville animée,

Son pardon peut servir à votre renommée ;

Et ceux que vos rigueurs ne font qu’effaroucher1215

Peut-être à vos bontés se laisseront toucher.

AUGUSTE.

Gagnons-les tout à fait en quittant cet empire

Qui nous rend odieux, contre qui l’on conspire.

J’ai trop par vos avis consulté là-dessus ;

Ne m’en parlez jamais, je ne consulte plus.1220

Cesse de soupirer, Rome, pour ta franchise :

Si je t’ai mise aux fers, moi-même je les brise,

Et te rends ton État, après l’avoir conquis,

Plus paisible et plus grand que je ne te l’ai pris ;

Si tu me veux haïr, hais-moi sans plus rien feindre ; 1225

Si tu me veux aimer, aime-moi sans me craindre :

De tout ce qu’eut Sylla de puissance et d’honneur,

Lassé comme il en fut, j’aspire à son bonheur.

LIVIE.

Assez et trop longtemps son exemple vous flatte ;

Mais gardez que sur vous le contraire n’éclate : 1230

Ce bonheur sans pareil qui conserva ses jours

Ne seroit pas bonheur, s’il arrivoit toujours.

AUGUSTE.

Eh bien ! s’il est trop grand, si j’ai tort d’y prétendre,

J’abandonne mon sang à qui voudra l’épandre.

Après un long orage il faut trouver un port ; 1235

Et je n’en vois que deux, le repos, ou la mort.

LIVIE.

Quoi ? vous voulez quitter le fruit de tant de peines ?

AUGUSTE.

Quoi ? vous voulez garder l’objet de tant de haines ?

LIVIE.

Seigneur, vous emporter à cette extrémité,

C’est plutôt désespoir que générosité. 1240

AUGUSTE.

Régner et caresser une main si traîtresse,

Au lieu de sa vertu, c’est montrer sa foiblesse.

LIVIE.

C’est régner sur vous-même, et, par un noble choix,

Pratiquer la vertu la plus digne des rois.

AUGUSTE.

Vous m’aviez bien promis des conseils d’une femme : 1245

Vous me tenez parole, et c’en sont là, Madame.

Après tant d’ennemis à mes pieds abattus,

Depuis vingt ans je règne, et j’en sais les vertus ;

Je sais leur divers ordre, et de quelle nature

Sont les devoirs d’un prince en cette conjoncture. 1250

Tout son peuple est blessé par un tel attentat,

Et la seule pensée est un crime d’État,

Une offense qu’on fait à toute sa province,

Dont il faut qu’il la venge, ou cesse d’être prince.

LIVIE.

Donnez moins de croyance à votre passion. 1255

AUGUSTE.

Ayez moins de foiblesse, ou moins d’ambition.

LIVIE.

Ne traitez plus si mal un conseil salutaire.

AUGUSTE.

Le ciel m’inspirera ce qu’ici je dois faire.

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