Cinna ou la Clémence d’Auguste (page 5)

Pierre Corneille · Lettres

Texte français, domaine public · Source : fr.wikisource.org — Cinna ou la Clémence d’Auguste · 6 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

Adieu : nous perdons temps.

LIVIE.

Adieu : nous perdons temps.Je ne vous quitte point,

Seigneur, que mon amour n’aye obtenu ce point. 1260

AUGUSTE.

C’est l’amour des grandeurs qui vous rend importune.

LIVIE.

J’aime votre personne, et non votre fortune.

(Elle est seule.)

Il m’échappe : suivons, et forçons-le de voir

Qu’il peut, en faisant grâce, affermir son pouvoir,

Et qu’enfin la clémence est la plus belle marque 1265

Qui fasse à l’univers connoître un vrai monarque.

Scène IV.

ÉMILIE, FULVIE.

ÉMILIE.

D’où me vient cette joie ? et que mal à propos

Mon esprit malgré moi goûte un entier repos !

César mande Cinna sans me donner d’alarmes !

Mon cœur est sans soupirs, mes yeux n’ont point de larmes, 1270

Comme si j’apprenois d’un secret mouvement

Que tout doit succéder à mon contentement !

Ai-je bien entendu ? me l’as-tu dit, Fulvie ?

FULVIE.

J’avois gagné sur lui qu’il aimeroit la vie,

Et je vous l’amenois, plus traitable et plus doux, 1275

Faire un second effort contre votre courroux,

Je m’en applaudissois, quand soudain Polyclète,

Des volontés d’Auguste ordinaire interprète,

Est venu l’aborder et sans suite et sans bruit,

Et de sa part sur l’heure au palais l’a conduit.1280

Auguste est fort troublé, l’on ignore la cause ;

Chacun diversement soupçonne quelque chose :

Tous présument qu’il ait un grand sujet d’ennui,

Et qu’il mande Cinna pour prendre avis de lui.

Mais ce qui m’embarrasse, et que je viens d’apprendre, 1285

C’est que deux inconnus se sont saisis d’Évandre,

Qu’Euphorbe est arrêté sans qu’on sache pourquoi,

Que même de son maître on dit je ne sais quoi :

On lui veut imputer un désespoir funeste ;

On parle d’eaux, de Tibre, et l’on se tait du reste.1290

ÉMILIE.

Que de sujets de craindre et de désespérer,

Sans que mon triste cœur en daigne murmurer !

À chaque occasion le ciel y fait descendre

Un sentiment contraire à celui qu’il doit prendre :

Une vaine frayeur tantôt m’a pu troubler, 1295

Et je suis insensible alors qu’il faut trembler.

Je vous entends, grands Dieux ! vos bontés que j’adore

Ne peuvent consentir que je me déshonore ;

Et ne me permettant soupirs, sanglots, ni pleurs,

Soutiennent ma vertu contre de tels malheurs. 1300

Vous voulez que je meure avec ce grand courage

Qui m’a fait entreprendre un si fameux ouvrage ;

Et je veux bien périr comme vous l’ordonnez,

Et dans la même assiette où vous me retenez.

Ô liberté de Rome ! ô mânes de mon père ! 1305

J’ai fait de mon côté tout ce que j’ai pu faire :

Contre votre tyran j’ai ligué ses amis,

Et plus osé pour vous qu’il ne m’étoit permis.

Si l’effet a manqué, ma gloire n’est pas moindre ;

N’ayant pu vous venger, je vous irai rejoindre, 1310

Mais si fumante encor d’un généreux courroux,

Par un trépas si noble et si digne de vous,

Qu’il vous fera sur l’heure aisément reconnoître

Le sang des grands héros dont vous m’avez fait naître.

Scène V.

MAXIME, ÉMILIE, FULVIE.

ÉMILIE.

Mais je vous vois, Maxime, et l’on vous faisoit mort ! 1315

MAXIME.

Euphorbe trompe Auguste avec ce faux rapport :

Se voyant arrêté, la trame découverte,

Il a feint ce trépas pour empêcher ma perte.

ÉMILIE.

Que dit-on de Cinna ?

MAXIME.

Que dit-on de Cinna ?Que son plus grand regret

C’est de voir que César sait tout votre secret ;1320

En vain il le dénie et le veut méconnoître,

Évandre a tout conté pour excuser son maître,

Et par ordre d’Auguste on vient vous arrêter.

ÉMILIE.

Celui qui l’a reçu tarde à l’exécuter :

Je suis prête à le suivre et lasse de l’attendre.1325

MAXIME.

Il vous attend chez moi.

ÉMILIE.

Il vous attend chez moi.Chez vous !

MAXIME.

Il vous attend chez moi.Chez vous !C’est vous surprendre ;

Mais apprenez le soin que le ciel a de vous :

C’est un des conjurés qui va fuir avec nous.

Prenons notre avantage avant qu’on nous poursuive ;

Nous avons pour partir un vaisseau sur la rive. 1330

ÉMILIE.

Me connois-tu, Maxime, et sais-tu qui je suis ?

MAXIME.

En faveur de Cinna je fais ce que je puis,

Et tâche à garantir de ce malheur extrême

La plus belle moitié qui reste de lui-même.

Sauvons-nous, Émilie, et conservons le jour, 1335

Afin de le venger par un heureux retour.

ÉMILIE.

Cinna dans son malheur est de ceux qu’il faut suivre,

Qu’il ne faut pas venger, de peur de leur survivre :

Quiconque après sa perte aspire à se sauver

Est indigne du jour qu’il tâche à conserver. 1340

MAXIME.

Quel désespoir aveugle à ces fureurs vous porte ?

Ô Dieux ! que de foiblesse en une âme si forte !

Ce cœur si généreux rend si peu de combat,

Et du premier revers la fortune l’abat !

Rappelez, rappelez cette vertu sublime ; 1345

Ouvrez enfin les yeux, et connoissez Maxime :

C’est un autre Cinna qu’en lui vous regardez ;

Le ciel vous rend en lui l’amant que vous perdez ;

Et puisque l’amitié n’en faisoit plus qu’une âme,

Aimez en cet ami l’objet de votre flamme ; 1350

Avec la même ardeur il saura vous chérir,

Que…

ÉMILIE.

Que…Tu m’oses aimer, et tu n’oses mourir !

Tu prétends un peu trop ; mais quoi que tu prétendes,

Rends-toi digne du moins de ce que tu demandes :

Cesse de fuir en lâche un glorieux trépas, 1355

Ou de m’offrir un cœur que tu fais voir si bas ;

Fais que je porte envie à ta vertu parfaite ;

Ne te pouvant aimer, fais que je te regrette ;

Montre d’un vrai Romain la dernière vigueur,

Et mérite mes pleurs au défaut de mon cœur. 1360

Quoi ! si ton amitié pour Cinna s’intéresse,

Crois-tu qu’elle consiste à flatter sa maîtresse ?

Apprends, apprends de moi quel en est le devoir,

Et donne-m’en l’exemple, ou viens le recevoir.

MAXIME.

Votre juste douleur est trop impétueuse. 1365

ÉMILIE.

La tienne en ta faveur est trop ingénieuse.

Tu me parles déjà d’un bienheureux retour,

Et dans tes déplaisirs tu conçois de l’amour !

MAXIME.

Cet amour en naissant est toutefois extrême :

C’est votre amant en vous, c’est mon ami que j’aime, 1370

Et des mêmes ardeurs dont il fut embrasé…

ÉMILIE.

Maxime, en voilà trop pour un homme avisé.

Ma perte m’a surprise, et ne m’a point troublée ;

Mon noble désespoir ne m’a point aveuglée.

Ma vertu tout entière agit sans s’émouvoir, 1375

Et je vois malgré moi plus que je ne veux voir.

MAXIME.

Quoi ? vous suis-je suspect de quelque perfidie ?

ÉMILIE.

Oui, tu l’es, puisqu’enfin tu veux que je le die ;

L’ordre de notre fuite est trop bien concerté

Pour ne te soupçonner d’aucune lâcheté : 1380

Les Dieux seroient pour nous prodigues en miracles,

S’ils en avoient sans toi levé tous les obstacles.

Fuis sans moi, tes amours sont ici superflus.

MAXIME.

Ah ! vous m’en dites trop.

Ah ! vous m’en dites trop.J’en présume encor plus.

Ne crains pas toutefois que j’éclate en injures ; 1385

Mais n’espère non plus m’éblouir de parjures.

Si c’est te faire tort que de m’en défier,

Viens mourir avec moi pour te justifier.

MAXIME.

Vivez, belle Émilie, et souffrez qu’un esclave…

ÉMILIE.

Je ne t’écoute plus qu’en présence d’Octave. 1390

Allons, Fulvie, allons.

Scène VI.

MAXIME.

Allons, Fulvie, allons.Désespéré, confus,

Et digne, s’il se peut, d’un plus cruel refus,

Que résous-tu, Maxime ? et quel est le supplice

Que ta vertu prépare à ton vain artifice ?

Aucune illusion ne te doit plus flatter : 1395

Émilie en mourant va tout faire éclater ;

Sur un même échafaud la perte de sa vie

Étalera sa gloire et ton ignominie,

Et sa mort va laisser à la postérité

L’infâme souvenir de ta déloyauté. 1400

Un même jour t’a vu, par une fausse adresse,

Trahir ton souverain, ton ami, ta maîtresse,

Sans que de tant de droits en un jour violés,

Sans que de deux amants au tyran immolés,

Il te reste aucun fruit que la honte et la rage1405

Qu’un remords inutile allume en ton courage.

Euphorbe, c’est l’effet de tes lâches conseils ;

Mais que peut-on attendre enfin de tes pareils ?

Jamais un affranchi n’est qu’un esclave infâme ;

Bien qu’il change d’état, il ne change point d’âme ; 1410

La tienne, encor servile, avec la liberté

N’a pu prendre un rayon de générosité :

Tu m’as fait relever une injuste puissance ;

Tu m’as fait démentir l’honneur de ma naissance ;

Mon cœur te résistoit, et tu l’as combattu1415

Jusqu’à ce que ta fourbe ait souillé sa vertu.

Il m’en coûte la vie, il m’en coûte la gloire,

Et j’ai tout mérité pour t’avoir voulu croire ;

Mais les Dieux permettront à mes ressentiments

De te sacrifier aux yeux des deux amants, 1420

Et j’ose m’assurer qu’en dépit de mon crime

Mon sang leur servira d’assez pure victime,

Si dans le tien mon bras, justement irrité,

Peut laver le forfait de t’avoir écouté.

FIN DU QUATRIÈME ACTE.

ACTE V.

Scène première.

AUGUSTE, CINNA.

AUGUSTE.

Prends un siège, Cinna, prends, et sur toute chose 1425

Observe exactement la loi que je t’impose :

Prête, sans me troubler, l’oreille à mes discours ;

D’aucun mot, d’aucun cri, n’en interromps le cours ;

Tiens ta langue captive et si ce grand silence

À ton émotion fait quelque violence, 1430

Tu pourras me répondre après tout à loisir :

Sur ce point seulement contente mon desir.

CINNA.

Je vous obéirai, Seigneur.

AUGUSTE.

Je vous obéirai, seigneur.Qu’il te souvienne

De garder ta parole, et je tiendrai la mienne.

Tu vois le jour, Cinna mais ceux dont tu le tiens 1435

Furent les ennemis de mon père, et les miens :

Au milieu de leur camp tu reçus la naissance

Et lorsqu’après leur mort tu vins en ma puissance,

Leur haine enracinée au milieu de ton sein

T’avoit mis contre moi les armes à la main ; 1440

Tu fus mon ennemi même avant que de naître,

Et tu le fus encor quand tu me pus connoître,

Et l’inclination jamais n’a démenti

Ce sang qui t’avoit fait du contraire parti :

Autant que tu l’as pu, les effets l’ont suivie.1445

Je ne m’en suis vengé qu’en te donnant la vie ;

Je te fis prisonnier pour te combler de biens :

Ma cour fut ta prison, mes faveurs tes liens ;

Je te restituai d’abord ton patrimoine ;

Je t’enrichis après des dépouilles d’Antoine, 1450

Et tu sais que depuis, à chaque occasion,

Je suis tombé pour toi dans la profusion.

Toutes les dignités que tu m’as demandées,

Je te les ai sur l’heure et sans peine accordées ;

Je t’ai préféré même à ceux dont les parents 1455

Ont jadis dans mon camp tenu les premiers rangs,

À ceux qui de leur sang m’ont acheté l’empire,

Et qui m’ont conservé le jour que je respire.

De la façon enfin qu’avec toi j’ai vécu,

Les vainqueurs sont jaloux du bonheur du vaincu. 1460

Quand le ciel me voulut, en rappelant Mécène,

Après tant de faveur montrer un peu de haine,

Je te donnai sa place en ce triste accident,

Et te fis, après lui, mon plus cher confident.

Aujourd’hui même encor, mon âme irrésolue 1465

Me pressant de quitter ma puissance absolue,

De Maxime et de toi j’ai pris les seuls avis,

Et ce sont, malgré lui, les tiens que j’ai suivis.

Bien plus, ce même jour je te donne Émilie,

Le digne objet des vœux de toute l’Italie,1470

Et qu’ont mise si haut mon amour et mes soins,

Qu’en te couronnant roi je t’aurois donné moins.

Tu t’en souviens, Cinna, tant d’heur et tant de gloire

Ne peuvent pas sitôt sortir de ta mémoire ;

Mais ce qu’on ne pourroit jamais s’imaginer,1475

Cinna, tu t’en souviens, et veux m’assassiner.

CINNA.

Moi, Seigneur ! moi, que j’eusse une âme si traîtresse ;

Qu’un si lâche dessein…

AUGUSTE.

Qu’un si lâche dessein…Tu tiens mal ta promesse :

Sieds-toi, je n’ai pas dit encor ce que je veux ;

Tu te justifieras après, si tu le peux. 1480

Écoute cependant, et tiens mieux ta parole.

Tu veux m’assassiner demain, au Capitole,

Pendant le sacrifice, et ta main pour signal

Me doit, au lieu d’encens, donner le coup fatal ;

La moitié de tes gens doit occuper la porte,1485

L’autre moitié te suivre et te prêter main-forte.

Ai-je de bons avis, ou de mauvais soupçons ?

De tous ces meurtriers te dirai-je les noms ?

Procule, Glabrion, Virginian, Rutile,

Marcel, Plaute, Lénas, Pompone, Albin, Icile, 1490

Maxime, qu’après toi j’avois le plus aimé :

Le reste ne vaut pas l’honneur d’être nommé :

Un tas d’hommes perdus de dettes et de crimes,

Que pressent de mes lois les ordres légitimes,

Et qui désespérant de les plus éviter, 1495

Si tout n’est renversé, ne sauroient subsister.

Tu te tais maintenant, et gardes le silence,

Plus par confusion que par obéissance.

Quel étoit ton dessein, et que prétendois-tu

Après m’avoir au temple à tes pieds abattu ? 1500

Affranchir ton pays d’un pouvoir monarchique ?

Si j’ai bien entendu tantôt ta politique,

Son salut désormais dépend d’un souverain,

Qui pour tout conserver tienne tout en sa main ;

Et si sa liberté te faisoit entreprendre, 1505

Tu ne m’eusses jamais empêché de la rendre ;

Tu l’aurois acceptée au nom de tout l’État,

Sans vouloir l’acquérir par un assassinat.

Quel étoit donc ton but ? D’y régner en ma place ?

D’un étrange malheur son destin le menace, 1510

Si pour monter au trône et lui donner la loi

Tu ne trouves dans Rome autre obstacle que moi,

Si jusques à ce point son sort est déplorable,

Que tu sois après moi le plus considérable,

Et que ce grand fardeau de l’empire romain1515

Ne puisse après ma mort tomber mieux qu’en ta main.

Apprends à te connoître, et descends en toi-même :

On t’honore dans Rome, on te courtise, on t’aime,

Chacun tremble sous toi, chacun t’offre des vœux,

Ta fortune est bien haut, tu peux ce que tu veux ; 1520

Mais tu ferois pitié même à ceux qu’elle irrite,

Si je t’abandonnois à ton peu de mérite.

Ose me démentir, dis-moi ce que tu vaux,

Conte-moi tes vertus, tes glorieux travaux,

Les rares qualités par où tu m’as dû plaire, 1525

Et tout ce qui t’élève au-dessus du vulgaire.

Ma faveur fait ta gloire, et ton pouvoir en vient :

Elle seule t’élève, et seule te soutient ;

C’est elle qu’on adore, et non pas ta personne :

Tu n’as crédit ni rang, qu’autant qu’elle t’en donne, 1530

Et pour te faire choir je n’aurois aujourd’hui

Qu’à retirer la main qui seule est ton appui.

J’aime mieux toutefois céder à ton envie :

Règne, si tu le peux, aux dépens de ma vie ;

Mais oses-tu penser que les Serviliens, 1535

Les Cosses, les Métels, les Pauls, les Fabiens,

Et tant d’autres enfin de qui les grands courages

Des héros de leur sang sont les vives images,

Quittent le noble orgueil d’un sang si généreux

Jusqu’à pouvoir souffrir que tu règnes sur eux ? 1540

Parle, parle, il est temps.

CINNA.

Parle, parle, il est temps.Je demeure stupide ;

Non que votre colère ou la mort m’intimide :

Je vois qu’on m’a trahi, vous m’y voyez rêver,

Et j’en cherche l’auteur sans le pouvoir trouver.

Mais c’est trop y tenir toute l’âme occupée : 1545

Seigneur, je suis Romain, et du sang de Pompée ;

Le père et les deux fils, lâchement égorgés,

Par la mort de César étoient trop peu vengés.

C’est là d’un beau dessein l’illustre et seule cause ;

Et puisqu’à vos rigueurs la trahison m’expose, 1550

N’attendez point de moi d’infâmes repentirs,

D’inutiles regrets, ni de honteux soupirs.

Le sort vous est propice autant qu’il m’est contraire ;

Je sais ce que j’ai fait, et ce qu’il vous faut faire :

Vous devez un exemple à la postérité, 1555

Et mon trépas importe à votre sûreté.

AUGUSTE.

Tu me braves, Cinna, tu fais le magnanime,

Et loin de t’excuser, tu couronnes ton crime.

Voyons si ta constance ira jusques au bout.

Tu sais ce qui t’est dû, tu vois que je sais tout : 1560

Fais ton arrêt toi-même, et choisis tes supplices.

Scène II.

AUGUSTE, LIVIE, CINNA, ÉMILIE, FULVIE.

LIVIE.

Vous ne connoissez pas encor tous les complices

Votre Émilie en est, Seigneur, et la voici.

CINNA.

C’est elle-même, ô Dieux !

AUGUSTE.

C’est elle-même, ô Dieux !Et toi, ma fille, aussi !

ÉMILIE.

Oui, tout ce qu’il a fait, il l’a fait pour me plaire, 1565

Et j’en étois, Seigneur, la cause et le salaire.

Tous les livres