Nicomède (page 4)
Madame, et quelques-uns vous diront, au besoin,
Quels dieux du haut en bas renversent les profanes,
Et que même au sortir de Trébie et de Cannes,
925Son ombre épouvanta votre grand Annibal.
Mais le voici, ce bras à Rome si fatal.
Scène III.
NICOMÈDE, LAODICE, FLAMINIUS.
NICOMÈDE.
Ou Rome à ses agents donne un pouvoir bien large,
Ou vous êtes bien long à faire votre charge.
FLAMINIUS.
Je sais quel est mon ordre, et, si j’en sors ou non,
930C’est à d’autres qu’à vous que j’en rendrai raison.
NICOMÈDE.
Allez-y donc, de grâce, et laissez à ma flamme
Le bonheur à son tour d’entretenir Madame :
Vous avez dans son cœur fait de si grands progrès,
Et vos discours pour elle ont de si grands attraits,
935Que sans de grands efforts je n’y pourrai détruire
Ce que votre harangue y vouloit introduire.
FLAMINIUS.
Les malheurs où la plonge une indigne amitié
Me faisoient lui donner un conseil par pitié.
NICOMÈDE.
Lui donner de la sorte un conseil charitable,
940C’est être ambassadeur et tendre et pitoyable.
Vous a-t-il conseillé beaucoup de lâchetés,
Madame ?
FLAMINIUS.
Madame ?Ah ! c’en est trop ; et vous vous emportez.
NICOMÈDE.
Je m’emporte ?
FLAMINIUS.
Je m’emporte ?Sachez qu’il n’est point de contrée
Où d’un ambassadeur la dignité sacrée…
NICOMÈDE.
945Ne nous vantez plus tant son rang et sa splendeur :
Qui fait le conseiller n’est plus ambassadeur ;
Il excède sa charge, et lui-même y renonce.
Mais, dites-moi, Madame, a-t-il eu sa réponse ?
LAODICE.
Oui, Seigneur.
NICOMÈDE.
Oui, Seigneur.Sachez donc que je ne vous prends plus
950Que pour l’agent d’Attale, et pour Flaminius ;
Et, si vous me fâchiez, j’ajouterois peut-être
Que pour l’empoisonneur d’Annibal, de mon maître.
Voilà tous les honneurs que vous aurez de moi :
S’ils ne vous satisfont, allez vous plaindre au Roi.
FLAMINIUS.
955Il me fera justice, encor qu’il soit bon père,
Ou Rome à son refus se la saura bien faire.
NICOMÈDE.
Allez de l’un et l’autre embrasser les genoux.
FLAMINIUS.
Les effets répondront. Prince, pensez à vous.
Scène IV.
NICOMÈDE, LAODICE.
NICOMÈDE.
Cet avis est plus propre à donner à la Reine.
960Ma générosité cède enfin à sa haine :
Je l’épargnois assez pour ne découvrir pas
Les infâmes projets de ses assassinats ;
Mais enfin on m’y force, et tout son crime éclate.
Et, vivant sons remords, marche sans défiance.
J’ai fait entendre au roi Zénon et Métrobate,
965Et comme leur rapport a de quoi l’étonner,
Lui-même il prend le soin de les examiner.
LAODICE.
Je ne sais pas, Seigneur, quelle en sera la suite ;
Mais je ne comprends point toute cette conduite,
Ni comme à cet éclat la Reine vous contraint.
970Plus elle vous doit craindre, et moins elle vous craint ;
Et plus vous la pouvez accabler d’infamie,
Plus elle vous attaque en mortelle ennemie.
NICOMÈDE.
Elle prévient ma plainte, et cherche adroitement
À la faire passer pour un ressentiment ;
975Et ce masque trompeur de fausse hardiesse
Nous déguise sa crainte et couvre sa foiblesse.
LAODICE.
Les mystères de cour souvent sont si cachés,
Que les plus clairvoyants y sont bien empêchés.
Lorsque vous n’étiez point ici pour me défendre,
980Je n’avois contre Attale aucun combat à rendre ;
Rome ne songeoit point à troubler notre amour :
Bien plus, on ne vous souffre ici que ce seul jour,
Et dans ce même jour Rome, en votre présence,
Avec chaleur pour lui presse mon alliance.
985Pour moi, je ne vois goutte en ce raisonnement,
Qui n’attend point le temps de votre éloignement,
Et j’ai devant les yeux toujours quelque nuage
Qui m’offusque la vue et m’y jette un ombrage.
Le roi chérit sa femme, il craint Rome ; et pour vous,
S’il ne voit vos hauts faits d’un œil un peu jaloux,
990Du moins, à dire tout, je ne saurois vous taire
Qu’il est trop bon mari pour être assez bon père.
Voyez quel contre-temps Attale prend ici !
Qui l’appelle avec nous ? quel projet ? quel souci ?
Je conçois mal, Seigneur, ce qu’il faut que j’en pense ;
995Mais j’en romprai le coup, s’il y faut ma présence.
Je vous quitte.
Scène V.
NICOMÈDE, ATTALE, LAODICE.
ATTALE.
Je vous quitte.Madame, un si doux entretien
N’est plus charmant pour vous quand j’y mêle le mien.
LAODICE.
Votre importunité, que j’ose dire extrême,
1000Me peut entretenir en un autre moi-même :
Il connoît tout mon cœur, et répondra pour moi
Comme à Flaminius il a fait pour le Roi.
Scène VI.
NICOMÈDE, ATTALE.
ATTALE.
Puisque c’est la chasser, Seigneur, je me retire.
NICOMÈDE.
Non, non ; j’ai quelque chose aussi bien à vous dire,
1005Prince. J’avois mis bas, avec le nom d’aîné,
L’avantage du trône où je suis destiné ;
Et voulant seul ici défendre ce que j’aime,
Je vous avois prié de l’attaquer de même,
Et de ne mêler point surtout dans vos desseins
1010Ni le secours du Roi ni celui des Romains.
Mais ou vous n’avez pas la mémoire fort bonne,
Ou vous n’y mettez rien de ce qu’on vous ordonne.
ATTALE.
Seigneur, vous me forcez à m’en souvenir mal,
Quand vous n’achevez pas de rendre tout égal.
1015Vous vous défaites bien de quelques droits d’aînesse ;
Mais vous défaites-vous du cœur de la Princesse,
De toutes les vertus qui vous en font aimer,
Des hautes qualités qui savent tout charmer,
De trois sceptres conquis, du gain de six batailles,
1020Des glorieux assauts de plus de cent murailles ?
Avec de tels seconds rien n’est pour vous douteux.
Rendez donc la Princesse égale entre nous deux :
Ne lui laissez plus voir ce long amas de gloire
Qu’à pleines mains sur vous a versé la victoire ;
1025Et faites qu’elle puisse oublier une fois
Et vos rares vertus et vos fameux exploits ;
Ou contre son amour, contre votre vaillance,
Souffrez Rome et le Roi dedans l’autre balance :
Le peu qu’ils ont gagné vous fait assez juger
1030Qu’ils n’y mettront jamais qu’un contre-poids léger.
NICOMÈDE.
C’est n’avoir pas perdu tout votre temps à Rome,
Que vous savoir ainsi défendre en galant homme :
Vous avez de l’esprit, si vous n’avez du cœur.
Scène VII.
ARSINOÉ, NICOMÈDE, ATTALE, ARASPE.
ARASPE.
Seigneur, le roi vous mande.
Seigneur, le roi vous mande.Il me mande ?
ARASPE.
Seigneur, le roi vous mande.Il me mande ?Oui, seigneur.
ARSINOÉ.
1035Prince, la calomnie est aisée à détruire.
NICOMÈDE.
J’ignore à quel sujet vous m’en venez instruire,
Moi qui ne doute point de cette vérité,
Madame.
ARSINOÉ.
Madame.Si jamais vous n’en aviez douté,
Prince, vous n’auriez pas, sous l’espoir qui vous flatte,
1040Amené de si loin Zénon et Métrobate.
NICOMÈDE.
Je m’obstinois, madame, à tout dissimuler ;
Mais vous m’avez forcé de les faire parler.
ARSINOÉ.
La vérité les force, et mieux que vos largesses.
Ces hommes du commun tiennent mal leurs promesses ;
1045Tous deux en ont plus dit qu’ils n’avoient résolu.
NICOMÈDE.
J’en suis fâché pour vous ; mais vous l’avez voulu.
ARSINOÉ.
Je le veux bien encore, et je n’en suis fâchée
Que d’avoir vu par là votre vertu tachée,
Et qu’il faille ajouter à vos titres d’honneur
1050La noble qualité de mauvais suborneur.
NICOMÈDE.
Je les ai subornés contre vous à ce conte ?
ARSINOÉ.
J’en ai le déplaisir, vous en aurez la honte.
NICOMÈDE.
Et vous pensez par là leur ôter tout crédit ?
ARSINOÉ.
Non, Seigneur : je me tiens à ce qu’ils en ont dit.
NICOMÈDE.
1055Qu’ont-ils dit qui vous plaise, et que vous vouliez croire ?
ARSINOÉ.
Deux mots de vérité qui vous comblent de gloire.
NICOMÈDE.
Peut-on savoir de vous ces deux mots importants ?
ARASPE.
Seigneur, le Roi s’ennuie, et vous tardez longtemps.
ARSINOÉ.
Vous les saurez de lui, c’est trop le faire attendre.
NICOMÈDE.
1060Je commence, Madame, enfin à vous entendre :
Son amour conjugal, chassant le paternel,
Vous fera l’innocente, et moi le criminel.
Mais…
ARSINOÉ.
Mais…Achevez, Seigneur ; ce mais, que veut-il dire ?
NICOMÈDE.
Deux mots de vérité qui font que je respire.
ARSINOÉ.
1065Peut-on savoir de vous ces deux mots importants ?
NICOMÈDE.
Vous les saurez du Roi, je tarde trop longtemps.
Scène VIII.
ARSINOÉ, ATTALE.
ARSINOÉ.
Nous triomphons, Attale ; et ce grand Nicomède
Voit quelle digne issue à ses fourbes succède.
Les deux accusateurs que lui-même a produits,
1070Que pour l’assassiner je dois avoir séduits,
Pour me calomnier subornés par lui-même,
N’ont su bien soutenir un si noir stratagème.
Tous deux m’ont accusée, et tous deux avoué
L’infâme et lâche tour qu’un prince m’a joué.
1075Qu’en présence des rois les vérités sont fortes !
Que pour sortir d’un cœur elles trouvent de portes !
Qu’on en voit le mensonge aisément confondu !
Tous deux voulaient me perdre, et tous deux l’ont perdu.
ATTALE.
Je suis ravi de voir qu’une telle imposture
1080Ait laissé votre gloire et plus grande et plus pure ;
Mais pour l’examiner et bien voir ce que c’est,
Si vous pouviez vous mettre un peu hors d’intérêt,
Vous ne pourriez jamais, sans un peu de scrupule,
Avoir pour deux méchants une âme si crédule.
1085Ces perfides tous deux se sont dits aujourd’hui,
Et subornés par vous, et subornés par lui.
Contre tant de vertus, contre tant de victoires,
Doit-on quelque croyance à des âmes si noires ?
Qui se confesse traître est indigne de foi.
ARSINOÉ.
1090Vous êtes généreux, Attale, et je le voi ;
Même de vos rivaux la gloire vous est chère.
ATTALE.
Si je suis son rival, je suis aussi son frère ;
Nous ne sommes qu’un sang, et ce sang dans mon cœur,
A peine à le passer pour calomniateur.
ARSINOÉ.
1095Et vous en avez moins à me croire assassine,
Moi dont la perte est sûre, à moins que sa ruine ?
ATTALE.
Si contre lui j’ai peine à croire ces témoins,
Quand ils vous accusoient je les croyois bien moins.
Votre vertu, Madame, est au-dessus du crime.
1100Souffrez donc que pour lui je garde un peu d’estime :
La sienne dans la cour lui fait mille jaloux,
Dont quelqu’un a voulu le perdre auprès de vous ;
Et ce lâche attentat n’est qu’un trait de l’envie
Qui s’efforce à noircir une si belle vie.
1105Pour moi, si par soi-même on peut juger d’autrui,
Ce que je sens en moi, je le présume en lui.
Contre un si grand rival j’agis à force ouverte,
Sans blesser son honneur, sans pratiquer sa perte.
J’emprunte du secours, et le fais hautement ;
1110Je crois qu’il n’agit pas moins généreusement,
Qu’il n’a que les desseins où sa gloire l’invite,
Et n’oppose à mes vœux que son propre mérite.
ARSINOÉ.
Vous êtes peu du monde, et savez mal la cour.
ATTALE.
Est-ce autrement qu’en prince on doit traiter l’amour ?
ARSINOÉ.
1115Vous le traitez, mon fils, et parlez en jeune homme.
ATTALE.
Madame, je n’ai vu que des vertus à Rome.
ARSINOÉ.
Le temps vous apprendra par de nouveaux emplois
Quelles vertus il faut à la suite des rois.
Cependant, si le Prince est encor votre frère,
1120Souvenez-vous aussi que je suis votre mère ;
Et malgré les soupçons que vous avez conçus,
Venez savoir du Roi ce qu’il croit là-dessus.
FIN DU TROISIÈME ACTE.
ACTE IV.
Scène PREMIÈRE.
PRUSIAS, ARSINOÉ, ARASPE.
PRUSIAS.
Faites venir le prince, Araspe.
(Araspe rentre.)
Faites venir le prince, ArEt vous, Madame,
Retenez des soupirs dont vous me percez l’âme.
1125Quel besoin d’accabler mon cœur de vos douleurs,
Quand vous y pouvez tout sans le secours des pleurs ?
Quel besoin que ces pleurs prennent votre défense ?
Douté-je de son crime, ou de votre innocence ?
Et reconnoissez-vous que tout ce qu’il m’a dit
1130Par quelque impression ébranle mon esprit ?
ARSINOÉ.
Ah ! Seigneur, est-il rien qui répare l’injure
Que fait à l’innocence un moment d’imposture ?
Et peut-on voir mensonge assez tôt avorté
Pour rendre à la vertu toute sa pureté ?
1135Il en reste toujours quelque indigne mémoire
Qui porte une souillure à la plus haute gloire.
Combien en votre cour est-il de médisants ?
Combien le Prince a-t-il d’aveugles partisans,
Qui sachant une fois qu’on m’a calomniée,
1140Croiront que votre amour m’a seul justifiée ?
Et si la moindre tache en demeure à mon nom,
Si le moindre du peuple en conserve un soupçon,
Suis-je digne de vous, et de telles alarmes
Touchent-elles trop peu pour mériter mes larmes ?
PRUSIAS.
1145Ah ! c’est trop de scrupule, et trop mal présumer
D’un mari qui vous aime et qui vous doit aimer.
La gloire est plus solide après la calomnie,
Et brille d’autant mieux qu’elle s’en vit ternie.
Mais voici Nicomède, et je veux qu’aujourd’hui…
Scène II.
PRUSIAS, ARSINOÉ, NICOMÈDE, ARASPE, Gardes.
ARSINOÉ.
1150Grâce, grâce, seigneur, à notre unique appui !
Grâce à tant de lauriers en sa main si fertiles !
Grâce à ce conquérant, à ce preneur de villes !
Grâce…
NICOMÈDE.
Grâce…De quoi, Madame ? est-ce d’avoir conquis
Trois sceptres que ma perte expose à votre fils ?
1155D’avoir porté si loin vos armes dans l’Asie,
Que même votre Rome en a pris jalousie ?
D’avoir trop soutenu la majesté des rois ?
Trop rempli votre cour du bruit de mes exploits ?
Trop du grand Annibal pratiqué les maximes ?
1160S’il faut grâce pour moi, choisissez de mes crimes :
Les voilà tous, Madame ; et si vous y joignez
D’avoir cru des méchants par quelque autre gagnés,
D’avoir une âme ouverte, une franchise entière,
Qui dans leur artifice a manqué de lumière,
1165C’est gloire et non pas crime à qui ne voit le jour
Qu’au milieu d’une armée et loin de votre cour,
Qui n’a que la vertu de son intelligence,
Et vivant sans remords, marche sans défiance.
ARSINOÉ.
Je m’en dédis, Seigneur ; il n’est point criminel.
1170S’il m’a voulu noircir d’un opprobre éternel,
Il n’a fait qu’obéir à la haine ordinaire
Qu’imprime à ses pareils le nom de belle-mère.
De cette aversion son cœur préoccupé
M’impute tous les traits dont il se sent frappé.
1175Que son maître Annibal, malgré la foi publique,
S’abandonne aux fureurs d’une terreur panique ;
Que ce vieillard confie et gloire et liberté
Plutôt au désespoir qu’à l’hospitalité :
Ces terreurs, ces fureurs sont de mon artifice.
1180Quelque appas que lui-même il trouve en Laodice,
C’est moi qui fais qu’Attale a des yeux comme lui ;
C’est moi qui force Rome à lui servir d’appui ;
De cette seule main part tout ce qui le blesse ;
Et pour venger ce maître et sauver sa maîtresse,
1185S’il a tâché, Seigneur, de m’éloigner de vous,
Tout est trop excusable en un amant jaloux.
Ce faible et vain effort ne touche point mon âme.
Je sais que tout mon crime est d’être votre femme ;
Que ce nom seul l’oblige à me persécuter ;
1190Car enfin, hors de là, que peut-il m’imputer ?
Ma voix, depuis dix ans qu’il commande une armée,
A-t-elle refusé d’enfler sa renommée ?
Et lorsqu’il l’a fallu puissamment secourir,
Que la moindre longueur l’aurait laissé périr,
1195Quel autre a mieux pressé les secours nécessaires ?
Qui l’a mieux dégagé de ses destins contraires ?
A-t-il eu près de vous un plus soigneux agent
Pour hâter les renforts et d’hommes et d’argent ?
Vous le savez, Seigneur, et pour reconnoissance,
1200Après l’avoir servi de toute ma puissance,
Je vois qu’il a voulu me perdre auprès de vous ;
Mais tout est excusable en un amant jaloux :
Je vous l’ai déjà dit.
PRUSIAS.
Je vous l’ai déjà dit.Ingrat ! que peux-tu dire ?
NICOMÈDE.
Que la Reine a pour moi des bontés que j’admire.
1205Je ne vous dirai point que ces puissants secours
Dont elle a conservé mon honneur et mes jours,
Et qu’avec tant de pompe à vos yeux elle étale,
Travailloient par ma main à la grandeur d’Attale ;
Que par mon propre bras elle amassoit pour lui,
1210Et préparoit dès lors ce qu’on voit aujourd’hui :
Par quelques sentiments qu’elle aye été poussée,
J’en laisse le ciel juge, il connoît sa pensée ;
Il sait pour mon salut comme elle a fait des vœux ;
Il lui rendra justice, et peut-être à tous deux.