De rerum natura (De la nature) (page 2)
203. Voici une raison encore pour expliquer la chute des rapides reflets d'or que le feu fluide jette à la terre : c'est qu'il y a dans les nuages eux-mêmes un grand nombre d'éléments ignés ; car lorsqu'ils sont sans humidité aucune, ils ont presque toujours la couleur et l'éclat de la flamme. Il leur faut nécessairement emprunter maints principes à la lumière du soleil pour rougir et répandre leurs feux ; donc, lorsque le vent les chasse, presse et entasse en un même endroit, c'est leur pression mutuelle qui fait jaillir les germes fulgurants.
213. Il y a éclair également lorsque les nuages se raréfient au ciel. Car le vent, les éparpillant doucement, ne peut les désagréger sans que tombent malgré eux les atomes dont se forme l'éclair. En ce cas, la foudre ne provoque pas de sinistre terreur et brille sans bruit ni désordre.
218. Il reste à parler de sa nature : ses coups nous la révèlent, ainsi que les brûlures infligées par ses feux et encore la forte odeur de soufre qu'elle laisse dernière elle. C'est le feu qui se reconnaît à ces signes, non le vent ni la pluie. D'ailleurs la foudre souvent incendie les toits de nos demeures et sa flamme prompte s'empare de ces demeures elles-mêmes. Ce feu-là, la nature l'a fait subtil entre tous, elle l'a formé des éléments les plus menus et les plus rapides, en sorte que rien ne puisse lui être obstacle. La foudre en effet traverse les murs de nos maisons, comme la voix et le son ; elle passe à travers les pierres, à travers les métaux ; elle fond en un rien de temps l'airain et l'or ; elle laisse un vase intact, mais en fait s'évaporer le vin instantanément : c'est que les parois du vase se dilatent, deviennent poreuses par la chaleur ; alors le vin se décompose et disperse ses éléments. Voilà ce que la chaleur du soleil, même avec le temps, ne peut faire malgré la force de ses feux. C'est te dire la rapidité et la puissance irrésistible de la foudre.
242. Maintenant comment naît-elle ? d'où lui vient la force de choc avec laquelle elle lézarde des tours, renverse des maisons, arrache solives et poutres, abat et ruine des monuments humains, tue des hommes, décime des troupeaux ? Ces exploits et tant d'autres du même genre, quelle puissance les lui fait accomplir ? Je vais l'expliquer sans m'arrêter davantage aux promesses.
245. La foudre naît sans aucun doute dans d'épais nuages dont l'amoncellement s'élève à une grande hauteur, car jamais ce n'est d'un ciel serein qu'elle jaillit, jamais de nuages sans épaisseur. La preuve en est fournie par les faits, puisque, lorsque la foudre menace, les nuages s'épaississent dans toute l'atmosphère et que les ténèbres semblent avoir quitté en masse l'Achéron pour combler la grande voûte du ciel ; tant une horrible nuit descend des nuages, tant menace sur nos têtes la noire face de l'épouvante, quand la tempête rassemble les forces de la foudre.
255. Très souvent aussi un nuage sombre plane sur la mer et pareil à un torrent de poix qui se précipiterait du ciel, se jette soudain sur les eaux avec sa masse de ténèbres, entraînant une noire tempête grosse d'éclairs et d'ouragans ; lui-même est gonflé de feux et de vents, au point que jusque sur la terre l'effroi saisit les gens qui courent aux abris. C'est ainsi qu'il faut nous représenter sur nos têtes la hauteur des nuages orageux. Car ils ne pourraient écraser la terre de pareilles ténèbres, si leurs masses ne s'amoncelaient les unes sur les autres de façon à nous séparer du soleil ; et les pluies non plus ne pourraient tomber avec assez d'abondance pour faire déborder les fleuves et pour noyer les plaines, si l'édifice des nuages ne s'élevait très haut dans l'éther.
268. Dans les hautes régions, tout donc s'emplit de vents et de feux ; aussi n'est-ce partout que grondements et éclairs. Beaucoup d'atomes de chaleur, je l'ai déjà enseigné, sont contenus au creux des nuages et les nuages eux-mêmes en empruntent beaucoup, il le faut, aux rayons du soleil et à leur chaleur. Dès que le vent, ayant fait le rassemblement rapide des nuages en une région de l'air, en a arraché beaucoup d'atomes de chaleur et puis s'est combiné avec eux, aussitôt se forme un tourbillon qui envahit la nue, y tourne captif et dans cette fournaise ardente aiguise les traits de la foudre. Car il a deux matières de s'enflammer, s'échauffant par son propre mouvement aussi bien qu'au contact du feu. Quand le vent est échauffé à point ou qu'il a reçu l'impulsion de la flamme, la foudre arrivée pour ainsi dire à maturité crève soudain un nuage et sa flamme jaillit, répandant en tous lieux l'éclat de sa lumière. Un sourd grondement la suit, on croirait entendre soudain l'explosion de la voûte céleste prête à écraser la terre. Puis un tremblement ébranle violemment le sol, des grondements courent à travers les hauteurs du ciel, c'est la nuée orageuse qui est secouée presque tout entière et qu'agitent des frémissements. Alors cette secousse déclenche une lourde et abondante pluie ; l'éther tout entier semble vouloir se résoudre en eau et, se précipitant sur la terre, la prendre dans un nouveau déluge ; tant la nue se déchire, tandis que l'ouragan souffle et que le bruit du tonnerre retentit avec l'éclat de la foudre !
294. Il arrive aussi qu'une grande violence de vent fond sur une nue épaisse et grosse d'une foudre qui va naître. Elle la déchire et tout aussitôt surgit le jet de feu auquel nous donnons chez nous le nom de foudre. Le même phénomène se renouvelle plus loin, là où porte le vent.
299. Parfois encore le vent parti sans feu s'enflamme par longue durée de sa course, pendant laquelle il a perdu certains éléments trop lourds qui n'ont pu le suivre dans les airs ; en revanche il draine dans l'éther des éléments minuscules qui, mêlés à lui, produisent du feu dans leur vol. C'est à peu près ainsi qu'une balle de plomb s'échauffe de sa course ; elle perd nombre d'atomes froids dans les airs et s'y charge de feu.
308. Il arrive aussi que c'est la force du choc qui fait jaillir le feu, quand l'impulsion provient d'un vent froid qui marche sans atomes ignés. Car sous la violence du coup certains éléments de chaleur peuvent jaillir du vent lui-même ainsi que du corps heurté : c'est ainsi que si l'on bat une pierre avec le fer, une étincelle s'envole ; le métal a beau être froid, les éléments de l'étincelle brûlante n'en ont pas moins répondu à 'appel du coup. II n'est donc pas de corps que le souffle des vents ne doive enflammer, s'il s'y prête, s'il est capable de flammes. Il est d'ailleurs impossible que le vent soit absolument froid, lorsqu'il se précipite de si haut avec tant de force ; si la course ne l'a pas enflammé, il arrive du moins attiédi et imprégné de feu.
322. La mobilité de la foudre, la force de ses coups, la vitesse de sa chute viennent de ce qu'avant de surgir elle a rassemblé toutes ses forces dans les nuages et pris un grand élan pour s'échapper. Aussi suffit-il que le nuage ne puisse plus contenir son impétuosité croissante pour qu'elle jaillisse et prenne un vol d'une rapidité prodigieuse, pareille à ces projectiles que lancent de puissantes machines.
329. Ajoute qu'elle est formée d'atomes menus et lisses et qu'une substance de cette nature ne se laisse guère arrêter. Car elle se glisse et s'insinue par les moindres fissures. Il n'y a donc pas beaucoup de chocs qui soient capables en la retardant de ralentir son cours. Et c'est pour cette raison qu'elle glisse d'un vol si rapide. De plus, il n'y a pas de corps pesant que la nature ne fasse tomber et quand un choc s'ajoute à la pesanteur, la vitesse double et l'élan croît. Le corps dans ce cas ne met que plus de violence et de rapidité à culbuter tous les obstacles qui le retardent ; puis il poursuit sa route.
339. Enfin la foudre, puisqu'elle prend de loin son élan, acquiert nécessairement une vitesse qui va toujours croissant, augmente d'autant ses forces et intensifie ses coups. Car l'effet de la vitesse est de faire converger tous les éléments de la foudre qui se précipitent en un seul point, tous entraînés dans une course unique.
345. Peut-être aussi la foudre en marche arrache-t-elle à l'air certains éléments qui augmentent encore la rapidité de ses coups.
347. Il existe une infinité de corps qu'elle traverse sans leur causer de dommage, parce que son feu est assez fluide pour passer le long de leurs canaux intérieurs. Il en est beaucoup d'autres au contraire qu'elle brise, parce que ses atomes eux-mêmes se sont heurtés à ceux de ces corps. Elle n'a pas de peine à dissoudre l'airain, à mettre l'or en fusion, parce qu'elle est faite d'atomes minuscules et d'éléments lisses qui s'insinuent aisément et qui, une fois dans les corps, y dénouent soudain tous les nœuds, y relâchent tous les liens.
356. C'est pendant l'automne que la voûte où étincellent les étoiles et la terre tout entière sont le plus souvent ébranlées par la foudre ; mais c'est aussi quand s'épanouissent les fleurs du printemps. La saison froide en effet n'a pas de feux, la saison chaude n'a pas de vents ni de nuages assez denses. Aussi est-ce les saisons intermédiaires qui réunissent toutes les conditions nécessaires à la foudre. Ce sont des époques où viennent se rencontrer le froid et la chaleur, tous deux indispensables à produire la foudre, à déchaîner la discorde dans la nature, à mêler dans un combat terrible feux et vents, à soulever de fureur les flots de l'air. Car le printemps apporte les premières chaleurs et les derniers froids ; aussi ces deux principes doivent-ils nécessairement entrer en lutte et troubler toutes choses de leur bataille. D'autre part, les dernières chaleurs se mêlent aux premiers froids dans la saison qu'on appelle automne et là aussi l'âpre hiver est aux prises avec les chaleurs de l'été. Voilà pourquoi les deux saisons sont pour ainsi dire les temps critiques de l'année ; et il n'est pas étonnant que dans ces temps surgissent les foudres en grand nombre, que la tempête déchaînée bouleverse le ciel, puisque la lutte est engagée des deux parts, ici par le feu et là par l'eau mêlée aux vents. Telle est la théorie qui explique la nature même des feux de la foudre et montre la puissance qui les dirige ; mais tu lirais en vain les formules tyrrhéniennes pour y chercher le secret des volontés divines ; tu n'apprendrais pas davantage en observant de quel point du ciel le feu s'est envolé, vers quelle région il s'est élancé, par' quel moyen il s'est glissé à l'intérieur des murailles, comment en maître il en est sorti et quels malheurs sa chute peut apporter.
386. Pense-t-on que c'est Jupiter et les autres dieux qui ébranlent la voûte lumineuse du monde avec un bruit terrifiant, pense-t-on qu'ils lancent l'éclair partout où il leur plaît ? Alors pourquoi ne frappent-ils pas les mortels qui osent commettre des crimes odieux ? Pourquoi n'est-ce pas les scélérats qui vomissent le feu de leur poitrine transpercée ? Cela ferait pourtant un exemple redoutable pour les autres hommes. Pourquoi au contraire celui à qui sa conscience ne fait jamais honte se trouve-t-il enveloppé dans les flammes, tout innocent qu'il est, et pourquoi est-ce lui que le tourbillon céleste entraîne tout à coup, lui que le feu dévore ?
395. Pourquoi encore les dieux visent-ils les lieux déserts, ce qui est perdre leur peine ? Est-ce pour exercer leurs bras et fortifier leurs muscles ? Pourquoi souffrent-ils que les traits du père des dieux viennent s'émousser contre terre ? Et pourquoi le père lui-même dépense-t-il ainsi sa foudre au lieu de la mettre en réserve pour ses ennemis ?
399. Enfin pourquoi Jupiter ne lance-t-il jamais sa foudre sur la terre, ne répand-il jamais les grondements de son tonnerre, quand le ciel s'étend pur de toutes parts ? Saisit-il le moment où des nuages se forment pour y descendre en personne et de là ajuster de plus près ses traits ? S'il les lance dans la mer, quelle en est la raison ? que reproche-t-il aux ondes, à la masse liquide, aux plaines flottantes ?
405. D'ailleurs, ou bien il veut que nous nous garions de la foudre, et alors pourquoi hésite-t-il à nous laisser voir le coup partir ? ou bien il veut nous surprendre pour nous accabler de son feu, et alors pourquoi tonne-t-il là d'où il le lance, de telle sorte que nous puissions l'éviter ? Pourquoi l'annoncer par des ténèbres, des bruits sourds, des grondements ?
416. Et comment concevoir qu'il lance un trait de plusieurs côtés à la fois ? Qui oserait soutenir que jamais plusieurs coups de foudre n'ont éclaté en même temps ? C'est bien souvent que le fait s'est produit et se produit encore c'est une loi ; et de même que par temps de pluie maintes régions reçoivent l'eau, de même la foudre en un seul moment tombe en multiples traits.
422. Enfin pourquoi Jupiter renverse-t-il les temples sacrés des dieux, ses propres demeures, monuments superbes qu'un trait de foudre détruit ? Pourquoi brise-t-il les statues des dieux, ces oeuvres d'art, infligeant d'horribles blessures au prestige de ses propres images ? et pourquoi est-ce presque toujours les hauts lieux qu'il attaque ? pourquoi est-ce aux sommets des montagnes que ses feux laissent voir le plus de traces ?
430. Tout cela aide à comprendre ce qui va suivre et notamment comment les trombes, qu'en raison de leurs effets les Grecs ont nommé prestères, s'abattent du haut du ciel sur la mer. Il arrive parfois qu'une sorte de colonne semble descendre du ciel sur la mer, tandis qu'autour d'elle les flots bondissent sous les coups du vent tempétueux ; tous les vaisseaux pris alors dans la tourmente se trouvent en face du plus grand péril. Ce phénomène est dû au vent, lorsque sa force prisonnière d'un nuage n'arrive point à le briser ; alors elle l'abaisse, elle lui donne cette forme de colonne descendant du ciel sur la mer, lentement : on dirait une masse cédant à des coups de poing reçus d'en haut et qui s'allongerait jusqu'à toucher les flots ; puis, quand il a déchiré la nue, le vent fait irruption, s'engouffre dans la mer et y excite un prodigieux bouillonnement. En tourbillonnant, la trombe en effet descend et entraîne du même mouvement la nuée au corps souple ; aussitôt que cette masse a touché la surface de la mer, elle s'y plonge tout entière, la soulève en tous ses flots et la fait retentir d'un bruit formidable.
445. Il arrive aussi qu'un tourbillon de vent draine dans l'air des éléments de nuages, s'en enveloppe lui-même et imite sur terre un prestère descendu du ciel sur la mer. Dès qu'il s'est abattu sur le sol et s'y est brisé, il vomit un gigantesque ouragan, une tempête effroyable. Mais un tel phénomène est rare et doit trouver sur terre l'obstacle des montagnes : aussi se produit-il plus souvent au large de la mer, sous une vaste étendue du ciel.
450. Les nuages se forment quand un grand nombre d'atomes, dans leur vol céleste, se rassemblent soudain grâce à leurs aspérités et se combinent de façon souple mais cohérente. Ils composent ainsi tout d'abord des flocons aériens ; puis ceux-ci se réunissent, s'agrègent, se condensent et sont ensuite portés par les vents jusqu'à ce qu'une tempête furieuse s'élève.
458. Plus les sommets des montagnes approchent du ciel, plus elles semblent dégager sans arrêt une fumée qui est produite par l'épaisseur d'un sombre nuage : c'est qu'au moment où les nuages se forment, avant de pouvoir se rendre visibles, tant ils sont encore légers, les vents qui les portent les rassemblent autour des hauteurs. Là, réunis en plus grand nombre, condensés, ils deviennent visibles et ils semblent alors surgir du sommet humide pour s'élancer dans les airs. En effet, les lieux les plus élevés sont le domaine des vents, l'expérience nous le montre, ainsi que le témoignage des sens lorsque nous faisons l'escalade de hautes montagnes.
469. Un très grand nombre d'éléments sont ravis par la nature à toute la surface de la mer : la preuve en est dans les vêtements exposés sur le rivage et qui s'imprègnent d'humidité. Il est donc évident que si les nuages grossissent, ils le doivent pour une bonne part aux vapeurs qui s'élèvent des flots salés en mouvement. D'autre part, tous les cours d'eau et la terre elle-même dégagent des brouillards et des vapeurs ; on dirait l'haleine de la terre ; ils répandent les ténèbres dans le ciel et forment en se rassemblant peu à peu les hautes nuées. En effet, ils supportent la pression des flots de matière éthérée qui, en les condensant, aident les nuages à se former dans l'azur.
481. Il se peut aussi que des régions étrangères envoient à notre ciel les éléments des nuages et des tempêtes aériennes. Innombrable en effet est le nombre des atomes, infini est l'espace, je te l'ai appris, et à quelle vitesse inouïe s'envolent les éléments, quelles distances indicibles ils ont coutume de franchir en peu de temps. Il n'est donc pas étonnant qu'en un instant la tempête et les ténèbres couvrent souvent les hautes montagnes, ainsi que les mers et les terres auxquelles, du haut des airs, elles font sentir leur poids ; puisque de tous c«tés, par tous les pores de l'éther et pour ainsi dire par tous les soupiraux ouverts autour du vaste monde, tous les éléments ont sortie libre et libre entrée.
493. Maintenant écoute : comment les eaux de la pluie s'amassent dans les gros nuages et retombent à terre sous forme d'averses, c'est ce que je vais expliquer. Tout d'abord de nombreux atomes d'eau, je l'établirai, se dégagent de tous corps en même temps que les nuages eux-mêmes ; ainsi les nuages et l'eau qu'ils renferment s'accroissent réciproquement : notre corps ne s'accroît-il pas en même temps que le sang et pareillement la sueur et enfin tout ce qu'il y a de liquide dans l'organisme ? Et les nuages aussi se chargent en abondance de l'humidité marine lorsque, semblables à des flocons de laine suspendus, ils sont emportés par les vents au-dessus de la vaste mer. Par un phénomène semblable tous les fleuves envoient aux nuages leur humidité. Une fois que les atomes d'eau multipliés de tant de façons se trouvent rassemblés et que le souffle des vents les a condensés en nuages, alors une double force détermine la chute de la pluie : la furie des vents qui les bat et la masse des nuages accumulés, d'où une pression de haut en bas qui force la pluie à tomber. Quand les vents raréfient les nuages ou que la chaleur du soleil dardée sur eux les dissout, ils laissent tomber une humidité pluvieuse et fondent goutte à goutte comme une cire exposée à l'ardeur du feu se liquéfie et coule.
515. Mais violente se fait la pluie, lorsque les nuages se trouvent soumis à la double pression de leur propre entassement et du vent furieux. Elle tombe avec persistance lorsqu'il y a afflux considérable d'atomes d'eau, que nuages et nuées pressés les uns par les autres se déversent en torrents et arrivent en masse de partout, qu'enfin la terre fumante leur renvoie toute son humidité.