La Farce de Maître Pathelin (page 6)
« Ha ! parlez bas ! » et gémirez,
Faisant la plus dolente mine.
« Las ! direz-vous, le mal le mine
Depuis six semaines, deux mois ! »
S’il dit : « Trudaines ! je n’y crois,
« Il vient d’avec moi tout à l’heure.
« — Peut-on railler quelqu’un qui pleure ! »
Ferez-vous. Puis, pour profits clairs,
Je le payerai de quelques airs
De ma façon, non d’autre chose.
Guillemette.
Je ferai ce que l’on propose
De mon mieux, mais ne craignez-vous
D’avoir en ceci du dessous,
Que justice ne vous reprenne,
Et que vous n’ayez de la peine
Au double de l’autre fois ?
Pathelin.
Au double de l’autre fois ? Paix !
Ne sais-je pas ce que je fais ?
Faites ainsi sans plus d’antienne.
Guillemette.
Du samedi qu’il vous souvienne,
Alors qu’on vous piloria,
Et que sur vous chacun cria,
Pour tromperie.
Pathelin.
Pour tromperie.Il passe l’heure.
Paix ! et que son drap nous demeure.
Il le faut. Je me couche.
Guillemette.
Il le faut. Je me couche.Allez.
Pathelin.
Ne riez point !
Guillemette.
Ne riez point ! Si vous voulez,
J’aurai sanglots à perdre haleine,
Et pleurs comme la Madeleine.
Pathelin.
Ferme ! et tous deux jouons si bien
Qu’il ne s’aperçoive de rien.
Scène II.
LE DRAPIER, seul.
Le Drapier.
Je crois qu’il est temps que je sorte,
Mais, avant que fermer la porte,
Buvons un coup. Non, je boirai
Chez maître Pierre, et mangerai
De l’oie, et recevrai pécune.
N’y dussé-je avoir qu’une prune
Sans dépenser, allons chez lui.
Rien d’ailleurs à vendre aujourd’hui !
Hau ! maître Pierre.
Scène III.
LE DRAPIER, GUILLEMETTE. .
Guillemette.
Hau ! maître Pierre.Hélas ! messire,
Dites ce que vous voulez dire
Plus bas !
Le Drapier.
Plus bas ! Dieu vous garde !
Guillemette.
Plus bas ! Dieu vous garde ! Plus bas !
Le Drapier.
Quoi ?
Guillemette.
Quoi ? De grâce !
Le Drapier.
Quoi ? De grâce ! Où le voir ?
Guillemette.
Quoi ? De grâce ! Où le voir ? Hélas !
Où vous savez bien qu’il doit être.
Le Drapier.
Qui !
Guillemette.
Qui ! Peut-on le demander, maître ?
Lui ! qui céans, pauvre martyr,
Resta, Dieu le sait, sans sortir
Onze semaines.
Le Drapier.
Onze semaines.Qui ?
Guillemette.
Onze semaines. Qui ? Je n’ose
Parler hault ; je crois qu’il repose.
Il paraît s’être un peu calmé.
Pauvre homme ! il est tant assommé
Du mal !
Le Drapier.
Du mal ! Qui ?
Guillemette.
Du mal ! Qui ? Maître Pierre
Le Drapier.
Du mal ! Qui ? Maître PierreOuais ! qu’est-ce ?
Ne me prit-il pas, drap en pièce,
Six aunes ?
Guillemette.
Six aunes ? Lui ! quand ?
Le Drapier.
Six aunes ? Lui ! quand ? Maintenant.
Il vint de chez nous, tout venant,
Il n’est pas un demi-quart d’heure.
Acquittez-moi ; ça, je demeure
Beaucoup trop. Sans plus s’amuser,
Mon argent.
Guillemette.
Mon argent.Peut-on s’aviser
De rire ici ?
Le Drapier.
De rire ici ? Vous êtes folle.
Sans perdre ni temps ni parole,
Çà, neuf francs, mon argent…
Guillemette.
Çà, neuf francs, mon argent…Allez,
Avec vos plaisants rigolez !
Raillez ! ce n’est pas nous qu’on joue,
Guillaume.
Le Drapier.
Guillaume.Dieu je désavoue
Si je ne l’ai…
Guillemette.
Si je ne l’ai…Chacun n’a pas,
Comme vous, faim de rire, hélas !
Le Drapier.
De bon gré, sans jeu ni manière,
Faites-moi venir maître Pierre.
Moquer est bon, mais c’est assez.
Guillemette.
Mal vous viendra, si ne cessez :
Qui veut trop rire, Dieu l’afflige.
Le Drapier.
Voyons, céans répondez, suis-je
Chez maître Pierre Pathelin ?
Guillemette.
Oui. Peste soit d’un homme enclin
À tant de bruit ! Baissez l’antienne.
Le Drapier.
Craint-on que le diable n’y vienne ?
J’ai bien le droit de demander…
Guillemette.
Et moi de vous recommander :
Bas, tout bas ; sinon il s’éveille.
Le Drapier.
Quel bas ? Voulez-vous en l’oreille,
Ou dans la cave, au fond du puits ?
Guillemette.
Quel bavard ! mais sotte je suis :
Au fait c’est toujours votre guise,
Le Drapier.
Hé ! si vous voulez que j’avise
À votre gré pour parler bas,
Payez. Faut-il tant de débats,
Lorsqu’il est vrai que maître Pierre
Prit tantôt cette pièce entière,
Six aunes…
Guillemette.
Six aunes…Encor ! qu’est ceci ?
Nous n’en finirons, Dieu merci !
Le diable y vient, quel parti prendre ?
Ha ! que l’on ferait bien de pendre,
Messire, quiconque a menti.
Pauvre cher homme, il n’est sorti
Du lit depuis onze semaines,
Et vous chantez ces turlutaines
À cette heure ! en est-ce raison ?
Vous viderez de ma maison,
Par la mordieu ! car je me lasse.
Le Drapier.
Vous demandiez que je parlasse
Si bas, et vous criez !
Guillemette.
Si bas, et vous criez ! C’est vous.
Ici vos propos ne sont tous
Que noises !
Le Drapier.
Que noises ! Bref, que l’on me baille
Mon argent, et que je m’en aille.
Guillemette.
Chut ! jamais vous ne vous tairez ?
Le Drapier.
Mais vous-même l’éveillerez,
Car vous criez plus haut que quatre.
Mes six écus sans rien rabattre
Et sans retarder plus longtemps !
Guillemette.
Êtes-vous ivre, ou hors de sens ?
Le Drapier.
Ivre ? ah ! bien oui !
Guillemette.
Ivre : ah ! bien oui ! Plus bas !
Le Drapier.
Ivre : ah ! bien oui ! Plus bas ! Saint George !
Le prix de mon drap !
Guillemette.
Le prix de mon drap ! On le forge.
Mais à qui l’avez-vous baillé ?
Le Drapier.
À lui-même.
Guillemette.
À lui-même.Il est bien taillé
Pour courir drap gris, noir ou rouge !
Le pauvre cher homme, il ne bouge.
Jamais robe ne vêtira
Que de blanc, et ne sortira
Que les pieds devant…
Le Drapier.
Que les pieds devant…Depuis l’aube
Ce mal le prit donc : qu’on me daube,
S’il ne vint lors !
Guillemette.
S’il ne vint lors ! Par charité,
Parlez plus bas.
Le Drapier.
Parlez plus bas.En vérité,
Plus bas vous-même. Ah ! quelle étrenne,
Et que pour peu l’on a de peine !
Payez et je m’en vais. C’est dit :
Chaque fois que je fais crédit
J’en suis là. Que l’on m’y remette,
On sera bien fin.
Pathelin.
On sera bien fin.Guillemette,
Un peu d’eau rose ! haussez-moy.
Vient-on ? à qui parlai-je ? Quoy ?
Frottez mes pieds, serrez derrière.
À boire ! apportez-moy l’aiguière.
Le Drapier.
Je l’entends.
Guillemette.
Je l’entends.Oui.
Pathelin.
Je l’entends. Oui.Viens me couvrir,
Viens çà. Qui t’a prié d’ouvrir
Cette fenêtre toute grande ?
En avais-tu besoin, truande ?
Ôtez ces gens noirs : Mamara,
Carimari, carimara.
Amène-les-moi, vite, amène,
Va.
Guillemette.
Va.Mal prend à qui se démène
Ainsi. Seriez-vous hors de sens ?
Pathelin.
Tu ne sais pas ce que je sens.
Vois-tu ce moine noir qui vole ?
Prends-le vite, et lui mets l’étole.
Au chat ! au chat !
Guillemette.
Au chat ! au chat ! C’est remué
Trop.
Pathelin.
Trop.Ces médecins m’ont tué
De leurs drogues. Comme de cire
Ils nous travaillent ; sans mot dire
Il faut les croire…
Guillemette.
Il faut les croire… Voyez, rien
Las ! contre un tel mal.
Le Drapier.
Las ! contre un tel mal. L’a-t-il bien,
À bon escient ? Non, de la foire
Dès l’aube il vint.
Guillemette.
Dès l’aube il vint. Lui ?
Le Drapier.
Dès l’aube il vint. Lui ? Voire, voire !
Certe il y fut, en vérité !
Maître, et ce que je vous prêtai,
Ce que vous prîtes.
Pathelin.
Ce que vous prîtes.Ce clystère ?
En prendrai-je un autre ?
Le Drapier.
En prendrai-je un autre ? Ai-je affaire
De cela ? Me faut six écus
Ou neuf francs.
Pathelin.
Ou neuf francs.Ne me baillez plus
De ces pilules toutes noires ;
Elles m’ont gâté les mâchoires.
Rien n’est plus amer, maître Jean.
Pouah ! ni pour or, ni pour argent,
Mordieu ! ne m’en faites plus prendre,
Elles m’ont déjà fait tout rendre.
Le Drapier.
Mes neuf francs ne sont pas rendus.
Guillemette.
Par le col je voudrois pendus
Les gênants et les empêchables !
Allez-vous-en de par les diables,
Puisque de par Dieu n’y fait rien.
Le Drapier.
Si, de par Dieu, j’en jure bien !
N’allez pas croire que je sorte,
À moins que d’ici je n’emporte,
Au choix, mon drap ou mes neuf francs.
Pathelin.
Voyez l’urine que je rends.
Dit-elle qu’il faut que je meure ?
Bas à Guillemette.
Pour Dieu, faites qu’il ne demeure.
Haut.
Dites, passerai-je le pas ?
Guillemette.
Allez-vous-en. Hé ! n’est-ce pas
Mal fait de lui tuer la tête ?
Le Drapier.
Hé ! me croyez-vous à la fête !
Est-ce avenant de perdre ainsi
Ses draps ? Doit-on dire merci ?…
Je veux mes neuf francs, somme ronde.
Guillemette.
Tant tourmenter le pauvre monde !
Vous voyez qu’il n’a l’esprit sain.
Il vous prend pour le médecin.
C’est bien assez de malechance
D’être resté sans allégeance
Du mal onze semaines.
Le Drapier.
Du mal onze semaines.Mais
D’où vint l’accident ? car je sais
Que nous marchandâmes ensemble
Tantôt, — du moins il me le semble, —
Ou j’ignore ce que ce fut.
Guillemette.
Mon doux maître, par mon salut !
Vous n’êtes pas bien en mémoire.
Sans faute, si me voulez croire,
Vous irez un peu reposer.
Sur vous et moi l’on peut gloser.
Les médecins prendront séance
Bientôt ; je ne veux pas qu’on pense
Du mal, quand je n’en pense point.
Le Drapier.
Hé ! maugrebieu ! suis-je en ce point
Moi-même, et tout dispos pour rire ?
J’ai bien d’autres choses à frire…
Hé ! j’y songe, écoutez un peu,
N’avez-vous pas une oie au feu ?
Guillemette.
Une oie ici ! belle demande !
Ah ! messire, ce n’est pas viande
À malade. Allez autre part,
Pour nous vous êtes trop gaillard,
Et mangez de l’oie à votre aise.
Le Drapier.
Ah ! que cela ne vous déplaise :
Je croyais, et je crois savoir
Encor, par Dieu !… Je dois avoir
Six aunes tout en une pièce.
Mais cette femme me dépèce
Brin à brin mon entendement.
Oui, chez nous il les eut vraiment.
Non ! Tout cela ne se peut joindre,
J’ai vu la mort qui le vient poindre,
Ou du moins il la contrefait.
Ne les a-t-il pas pris ? Si fait,
Et, par sainte Vierge la belle,
Il les mit dessous son aisselle.
Oui !… Non, cela ne se peut pas,
Non ! jamais a-t-on vu mes draps
Se livrer, que je veille ou dorme,
Même aux amis, sans autre forme ?
Ils ne les ont qu’argent dessus,
Et lui de moi les aurait eus
Sans payer qu’en argent de singe !
Non ! si pourtant, car pourquoi vins-je
Et pourquoi suis-je encore ici ?
Sortirai-je de tout ceci,
Et quelqu’un pourra-t-il me dire
Qui tient le meilleur ou le pire
D’eux ou de moi ? Plus que jamais
Je n’y vois goutte.
Scène IV.
PATHELIN, GUILLEMETTE.
Pathelin.
Je n’y vois goutte.Est-il loin ?
Guillemette.
Je n’y vois goutte. Est-il loin ? Paix !
Laissez un peu que je l’écoute.
Il part, et le long de la route
Il me semble aller flageolant
Chanson piteuse, et grommelant
Je ne sais quoi dont il endêve.
Pathelin.
N’est-il pas temps que je me lève ?
Comme à point il est arrivé !
Guillemette.
S’il revient et vous voit levé,
Tout est perdu ; restez…
Pathelin.
Tout est perdu ; restez…Saint George !
Qu’il vint céans à bonne forge !
Ladre, si dur à lâcher pied
Pour le crédit, cela lui sied
Comme un crucifix chez des nones !
Guillemette.
Oui, c’est — par mes saintes patronnes —
Comme bon lard en méchants pois.
Le vilain, qui pas une fois
Ne donna rien, fête ou dimanche,
Nous avons élargi sa manche
Quoi qu’il en eût.
Pathelin.
Quoi qu’il en eût.Ne riez pas.
S’il revenait, que de débats !
Et ne doutez pas qu’il ne vienne
Encor !
Guillemette.
Encor ! Qui pourra se retienne.
Je ne puis.
Scène V.
LE DRAPIER, GUILLEMETTE, PATHELIN.
Le Drapier, seul chez lui.
Je ne puis.Oui, tout aussi vrai
Qu’il fait jour, je retournerai
Sans plus de retard, qui qu’en glousse,
Chez ce bel avocat d’eau douce.
Comme il me la voulut chanter
Avec sa rente à racheter
De ses parents ou ses parentes !
Tudieu ! quel racheteur de rentes !
Est bien nigaud qui le croira !
Mais, le trompeur, il a mon drap.
Il le reçut en cette place.
Guillemette, chez elle.
Quand me souvient de la grimace
Qu’il faisait en vous regardant,
Je ris ! Comme il était ardent
À demander…
Pathelin.
À demander…Il peut entendre.
Paix, rieuse ! Il nous faudrait prendre
La fuite : il est rébarbatif
Plus que pas un.
Le Drapier.
Plus que pas un.Ce plumitif,
À trois leçons et triple psaume,
Il a voulu moquer Guillaume ;
Il est à pendre, vertu Dieu !
Il a pris mon drap à son jeu,
Il va frapper à la porte de Pathelin.
Êtes-vous cachée ou perdue ?
Holà !
Guillemette.
Holà ! M’aurait-il entendue ?
Il me parait bien endêver.
Pathelin.
Je ferai semblant de rêver.
Allez !
Guillemette, ouvrant au drapier.
Allez ! Est-ce ainsi que l’on crie ?
Le Drapier.
Et vous ? est-ce ainsi que l’on rie ?
Mon argent !
Guillemette.
Mon argent ! Qu’avez-vous dit là ?
Rire ! quand pauvre homme il s’en va.
La frenaisie est dans sa tête ;
On n’a pas vu telle tempête.
Il rêve et chante des fatras
En langages qu’on n’entend pas.
Il ne vivra plus demie heure.
Quand il parle, je ris et pleure
Ensemble.
Le Drapier.
Ensemble.Allez ! rire ou pleurer,
Tout cela n’est que pour leurrer ;
Mais c’est vainement qu’on l’essaye
Avec moi. Çà, bref, qu’on me paye !
Guillemette.
Quoi ! recommencez-vous encor ?
Le Drapier.
Mon drap se paye en écus d’or,
Sachez-le, non en facéties.
Je ne prendrai plus des vessies
Pour des lanternes…
Pathelin.
Pour des lanternes…Eh ! voilà !
Des lanternes ! Leur reine est là.
Vite, qu’elle soit approchée.
Je sais bien qu’elle est accouchée
De vingt et quatre lanterneaux,
Enfans de l’abbé d’Ivernaux.
Il me faut être son compère.
Guillemette.
Hélas ! songez à Dieu le père,
Non aux lanternes.
Le Drapier.
Non aux lanternes.Qu’est-ce ici ?
Pour vos balivernes merci !
Or tôt, payez-moi d’autre sorte,
En or ou monnaie, il n’importe ;
Mais de mon drap je veux le prix.
Guillemette.
Déjà vous vous êtes mépris !
N’est-ce pas assez ?
Le Drapier.
N’est-ce pas assez ? Me méprendre !
Belle amie, oh ! non, je fais rendre
Ou pendre. Eh ! quoi ? Chacun son bien.
Si je viens demander le mien,
Quel tort vous fais-je ?
Guillemette.
Quel tort vous fais-je ? Le pauvre homme !
C’est que, hélas ! tout ceci l’assomme.
Vous-même, à la mine, je sens
Que vous devenez hors de sens.
Oui, vous êtes dans la folie.
J’appellerai pour qu’on vous lie,
Tant vous me semblez forcené.
Le Drapier.
Je tombe en rage si je n’ai
Tôt mon argent !
Guillemette.
Tôt mon argent ! Rage ! autre signe !
Quand vient le malin on se signe.
Signez-vous.
Le Drapier.
Signez-vous.Pour vrai, je l’ai dit,
Si de deux ans je fais crédit,
Que Dieu me damne ! Hen ! quel malade !
Pathelin.
Mère de Diou ! la Coronade,
Par fyé, y m’en voul anar,
Or renague biou, outre mar !
Ventre de Diou ! zen dict gigone,
Cestuy carrible, et res ne donne
Ne cavrillaine, fuy ta none ;
Que de l’argent il ne me sonne.
Au Drapier.
Avez entendu, beau cousin ?
Guillemette.
Il eut un oncle Limousin
Qui fut frère à sa belle tante,
Et c’est ce qui fait qu’il nous chante
En ce jargon limousinois.
Le Drapier.
Mais il partit en tapinois
Avec mon drap sous son aisselle.
Pathelin.
Venez ci, belle damiselle…
Hé ! que veut ce vilain crapaud ?
Arrière ! bran ! c’est ce qu’il vaut.
Je suis prêtre en la prêterie ;
Faut toujours que le prêtre rie.
Qu’il chante…
Guillemette.
Qu’il chante…Son enterrement.
Pauvre homme !
Le Drapier.
Pauvre homme ! Il parle proprement
Picard. D’où cette comédie ?
Guillemette.
Sa mère fut de Picardie ;
Pour ce, le parle maintenant.
Pathelin.
D’où viens-tu, carême prenant ?
Wacarme lief Gonedman,
Tel bel bighod gheveran,
Henriey, Henriey, ne que maignen,
Grile, grile, schohehonden,
Zilop, zilop, en nom que bouden,
Disticlen unen desen versen
Mat groet festal ou truit den herzen.
Hau, Wattewille ! come trie.
Cha, à dringuer, je vous en prie !
Tantôt qui me confessera ?