La Farce de Maître Pathelin (page 7)
Le Drapier.
Qu’est-ce encore ? Il ne cessera
De parler ces divers langages.
S’il me baillait au moins des gages
Ou mon argent, je m’en irais.
Guillemette.
Par Dieu ! vous le faites exprès
Pour que je me lasse. Quel homme
Étrange ! Que veut-il ? Ah ! comme
On battrait qui s’obstine ainsi.
Pathelin.
Bé dà, Bé ! Qu’est-ce que ceci ?
Qu’est-ce que je sens ? qui s’attaque
À mes chausses ? Est-ce une vaque ?
Est-ce une mouche ? un escarbot ?
Hé dà ! j’ai le mal saint Garbot !
Le Drapier.
Comment peut-il, sans qu’il affole,
Tant parler ?
Guillemette.
Tant parler ? Son maître d’école
Fut Normand. Vers sa fin, voilà
D’où vient son jargon. Il s’en va.
Le Drapier.
Rien ne me mit, sainte Marie !
Jamais en telle rêverie.
L’aurais-je cru, lorsqu’aujourd’hui
Il vint ?
Guillemette.
Il vint ? Vous vous entêtez ?
Le Drapier.
Il vint ? Vous vous entêtez ? Oui.
Pourtant, je vois bien le contraire.
Pathelin.
Est-ce un âne que j’entends braire ?
Huiz oz bez ou dronc noz badou
Digaut an can en ho madou
Empedit dich guicebnuan
Quez que vient ob dre donchaman
Men ez cachet hoz bouzelou
Eny obet grande canou
Maz rechet crux dan holcon,
So ol oz merveil gant nacon,
Aluzen archet episy,
Har cals amour ha courteisy.
Le Drapier.
Hélas ! pour Dieu, comprenez-y.
Il s’en va. Tredame ! il barbotte,
Barbouille, gargouille et marmotte
Tous ses mots, tant qu’on n’entend rien.
Ce n’est pas langage chrétien
Ce qu’il dit, ni langue approchante.
Guillemette.
Je vois d’où vient ce qu’il nous chante :
De Bretagne était sa mèr’grand.
Ah ! pauvret ! ceci nous apprend
Que bientôt il se peut qu’il meure.
Il faut donc lui donner sur l’heure
Le bon Dieu.
Pathelin.
Le bon Dieu.Soyez ébaubis,
Et bona dies sit vobis,
Magister amantissime,
Pater reverendissime,
Quomodò brûlis ? Quæ nova ?
Parisius non sunt ova.
Quid petit ille mercator ?
Dicat sibi quid trufator
Ille, qui in lecto jacet,
Vult ei dare, si placet,
De oca ad comedendum :
Si sit bona ad edendum,
Pete sibi sine mora.
Guillemette.
Il mourra de parler ; il fume,
Voyez, il crache de l’écume.
Adieu sa pauvre humanité !
Que deviendrai-je, en mon été,
Triste veuve, sans sou ni maille ?
Le Drapier.
Il sera bon que je m’en aille.
Peut-être, avant que trépasser,
Lui plaira-t-il vous confesser
Aucuns secrets qu’on ne doit dire
Devant d’autres. Je me retire
Pour ne gêner. Pardonnez-moy,
Je croyais de très-bonne foi,
Je vous le jure par cette âme !
Qu’il avait mon drap. Adieu, dame.
Pour Dieu ! qu’il me soit pardonné !
Guillemette.
Que le salut vous soit donné,
Ainsi qu’à moi, pauvre dolente !
Le Drapier.
Jamais stupeur si violente
Ne me tint. Le diable, et non lui,
M’enleva ce drap aujourd’hui
Pour me tenter. À ma personne
Qu’il n’attente ! En ce cas je donne
Tout à quiconque me l’a pris.
Scène VI.
PATHELIN, GUILLEMETTE.
Pathelin.
Vous avais-je pas bien appris
Ce qu’il fallait ? Le beau Guillaume !
Il l’a sous le casque, il l’empaume.
Avons-nous emmêlé son fil !
En s’en allant que pense-t-il ?
Que de conclusions menues !
Et que de visions cornues !
Comme il en rêvera couché !
Guillemette.
L’avons-nous assez bien mouché.
Et moi, n’ai-je pas fait…
Pathelin.
Et moi, n’ai-je pas fait…Merveille !
Pour robes de couleur pareille,
Il m’a, je crois, assez auné
Du drap que je me suis donné.
fin du deuxième acte.
ACTE III
Scène I
LE DRAPIER, LE BERGER.
Le Drapier.
On me repaît de tromperie
Partout ; même à la bergerie,
Chacun m’emporte mon avoir,
Et prend ce qu’il en peut vouloir.
Je suis roi de la male chance.
Jusqu’à mon berger, sotte engeance,
À qui j’ai toujours fait du bien,
Qui me joue, oh ! mais non pour rien.
Je veux tantôt qu’il en pâtisse,
Je le fais venir en justice.
Thibault Aignelet, berger.
Hé ! bon vêpre, mon seigneur doux.
Le Drapier.
Ah ! truant, que veux-tu chez nous ?
Quel bon valet ! mais à quoi faire ?
Le Berger.
Ah ! ce n’est pas pour vous déplaire.
C’est qu’un quelqu’un tout bigarré,
Qui par nos champs s’est égaré,
Et qui tenait un fouet sans corde,
M’a dit… Mais je ne me recorde
Au vrai trop bien. Il m’a semblé
Pourtant que de vous m’a parlé,
Mon maître, et d’une ajournerie.
Point ne comprends, sainte Marie !
Par le gros, ni par le menu,
Pourquoi s’en est ainsi venu,
Me brouillant sans y rien connaître,
De relevée, et de mon maître,
Et de brebis, et de boucher…
Le Drapier.
Va, si je ne te fais cracher
La vérité devant le juge,
Qu’il tombe sur moi le déluge !
Souviens-t’en, tu n’assommeras
Plus de moutons, et me rendras
Six aunes… J’ai dit l’assommage
De mes bêtes et le dommage
Que tu m’as fait depuis dix ans.
Le Berger.
Ne croyez pas les médisans,
Mon bon seigneur, car, par cette âme…
Le Drapier.
Moi, j’en jure par Notre-Dame.
Tu rendras avant samedi
Mes six aunes de drap… J’ai dit
Ce que tu m’as pris sur mes bêtes.
Le Berger.
Quel drap ? Ah ! mon seigneur, vous êtes
Pour quelque autre chose en courroux.
Je n’ose plus rien dire à vous,
Par saint Leu ! quand je vous regarde.
Le Drapier.
Paix ! assez ! va-t’en, et prends garde
De manquer l’assignation.
Le Berger.
Venons à composition,
Mon seigneur ; accordons ensemble
Que je ne plaide point.
Le Drapier.
Que je ne plaide point.Bien, tremble !
Va, ton affaire est en bon train,
Je n’en démordrai pas d’un brin.
N’espère pas que je compose
Ni m’accorde en la moindre chose,
Non, mais tiens fait ce que dira,
Appointé ce qu’appointera
Le juge. Il est bon qu’on pourvoie
Contre qui nous trompe…
Le Berger.
Contre qui nous trompe…Ayez joie.
Faut donc que je sois défendu.
Il frappe à la porte de Pathelin.
Oh ! quelqu’un !
Scène II.
PATHELIN, GUILLEMETTE, LE BERGER.
Pathelin.
Oh ! quelqu’un ! Que je sois pendu
S’il ne revient !
Guillemette.
S’il ne revient ! C’est bien le pire
Qui nous puisse arriver.
Le Berger.
Qui nous puisse arriver.Messire,
Dieu vous gard…
Pathelin.
Dieu vous gard…Dis ce qu’il te faut.
Le Berger.
Seigneur, on me pique en défaut
Si tantôt ne vais à ma cause,
Or, défendez-moi. De la chose
Ne sais mot. Je suis mal vêtu,
Mais vous payerai très-bien.
Pathelin.
Mais vous payerai très-bien.Qu’es-tu ?
Demandeur ? défendeur ?
Le Berger.
Demandeur ? défendeur ? Doux maître.
Pour un madré longtemps fis paître
— Entendez-vous bien ? — ses brebis,
Et quand je les gardais, je vis
— Tout cela bien vrai, car j’en jure, —
Qu’il me faisait maigre pâture,
Qu’il me payait petitement.
Dirai-je tout ?
Pathelin.
Dirai-je tout ? Assurément :
À son conseil on doit tout dire.
Le Berger.
Le vrai du vrai, c’est que, messire,
J’avisais à les assommer
Tant, que plus d’une en vis pâmer
Maintes fois, et puis tomber morte,
Encor qu’elle fût saine et forte
Et, pour n’être repris après,
À chacune je l’assurais
Que c’était de la clavelée,
« Ah ! qu’elle ne soit plus mêlée
Aux autres, dit-il ; jette-la.
— Volontiers, » fis-je. Mais cela
Se faisait d’une autre manière :
De la première à la dernière.
Comme manger de bon aloi,
Par saint Jean ! je les croquais, moi
Qui savais bien la maladie.
Que voulez-vous que je vous die ?
J’ai ceci tant continué,
J’en ai tant assommé, tué
Tant, qu’il s’est aperçu du conte.
Comme il n’aime point qu’on l’affronte,
Pour lors, il m’a fait épier.
Or, les bêtes, ça veut crier
Quand on les tue : on put entendre
Puisqu’on savait, et puis me prendre
Sur le fait, sans pouvoir nier.
Aussi, je voudrais vous prier,
Mais à bon prix, car j’ai finance,
Pour que prenions sur lui l’avance.
Il a bonne cause, je sais ;
Mais par quelque clause au procès,
S’il vous plaît, il l’aura mauvaise,
Pathelin.
Par ta foi, seras-tu bien aise ?
Mais ensuite que paieras-tu
Si, quand j’aurai bien débattu,
Je te donne gain et renverse
Le droit de ta partie adverse,
Si je fais que tu sois absous ?
Le Berger.
Je ne vous payerai pas en sous,
Mais en bel or à la couronne.
Pathelin.
S’il est ainsi, ta cause est bonne.
Fût-elle pire encor, tant mieux,
Car celles-ci, quand je le veux,
Sont les meilleures. Qu’il s’explique,
Et tu verras à ma réplique
Ce que je ferai de son droit.
Mais viens çà. Tu parais adroit
Et bien entendre la cautelle.
Comment est-ce que l’on t’appelle ?
Le Berger.
Thibault l’Aignelet.
Pathelin.
Thibault l’Aignelet.L’Aignelet,
Tu mangeas maint aigneau de lait
À ton maître…
Le Berger.
À ton maître…Un peu plus de trente
En trois ans.
Pathelin.
En trois ans.Ce sont dix de rente
Pour ta chandelle. On le jouera,
Va, bel et bien. Il lui faudra
D’abord, c’est la clef de la cause,
Quelqu’un qui sur les faits dépose,
Qui prouve…
Le Berger.
Qui prouve…Saints du Paradis ï
Pour un il en trouvera dix
Qui s’en viendront déposer contre.
Pathelin.
Mauvais cas, fâcheuse rencontre
Et qui rompt bien ton fait. Voici
Ce que j’avise : il faut qu’ici
Je ne semble pas te connaître.
Le Berger.
Hé dieux ! que non pas, mon doux maître !
Pathelin.
Patience, et voyons un peu
Ce qui conviendra pour ton jeu :
Si tu parles, on te confesse,
On te fait, sans répit ni cesse,
Questions pleines d’embarras.
Or, confessions, en tels cas,
Sont des plus préjudiciables
Et nuisent tant que ce sont diables.
Voici donc ce qu’il nous faudra :
Tantôt, quand on t’appellera
Pour comparoir au plaid, renonce
À rien dire ; que ta réponse
Unique à ce qu’on te dira
Soit : Bée ; ainsi : Bée ; on criera :
« Vous moquez-vous de la justice,
Truand ? » Dis : Bée. « Il est novice
Et pense à ses bêtes parler »,
Ferai-je. En dût-on affoler,
Qu’il ne te sorte de la bouche
Que Bée.
Le Berger.
Que Bée.Allez, le cas me touche :
Sur mes gardes je me tiendrai,
Soyez sûr, et très-bien ferai
Tout.
Pathelin.
Tout.Même à moi, pour quelque chose
Que je te die ou te propose,
Pas d’autre réponse !
Le Berger.
Pas d’autre réponse ! C’est dit.
Tenez-moi pour un interdit,
Si, quoi qu’on me chante ou me sonne
Aujourd’hui, je dis à personne,
Même à vous, que le mot appris :
Bée.
Pathelin.
Bée.Ainsi, saint Jean ! sera pris
Ton adversaire. Quelle moue
Il fera ! Mais que je me loue
De ta paye après : il le faut.
Le Berger.
Si je ne paye à votre mot,
Ne croyez, maître, aucune chose
De moi. Mais voyez à ma cause
Diligemment.
Pathelin.
Diligemment.Vers cinq ou six,
Chaque jour le juge est assis.
Viens après moi, par une voie
Opposée…
Le Berger.
Opposée…Afin qu’on ne voie
Que vous me conseillez ? Bien dit.
Pathelin.
Puis paye amplement, sans crédit,
Ou gare !
Le Berger.
Ou gare ! À votre mot : nul doute
N’ayez.
Pathelin, seul.
N’ayez.S’il ne pleut, il dégoutte.
J’aurai, si tout va bien au plaid.
Quelque épinoche en mon filet :
Un ou deux écus pour ma peine.
Scène III.
PATHELIN, LE JUGE.
Pathelin
Sire, ayez de Dieu bonne étrenne ;
Vos souhaits, qu’il les comble tous.
Le Juge.
Bien venu soyez. Couvrez-vous,
Messire, et céans prenez place.
Pathelin.
Je suis bien là, sauf votre grâce ;
J’aurai plus aise et mouvement.
Le Juge.
N’est il pas quelque ajournement ?
Qu’on fasse vite, ou je me lève.
Scène IV.
LES MÊMES, LE DRAPIER, puis LE BERGER.
Le Drapier.
Mon avocat vient ; il achève
Quelques affaires qu’il faisait,
Monseigneur, et, s’il vous plaisait,
Vous m’obligeriez de l’attendre.
Le Juge.
Mais ailleurs il me faut entendre.
Si votre adversaire est présent
Lui-même ici, finissons-en,
Sans autres délais ni défaites.
Le demandeur, c’est vous qui l’êtes ?
Le Drapier.
Oui.
Le Juge.
Oui.Le défendeur est-il là ?
Çà, qu’on réponde.
Le Drapier.
Çà, qu’on réponde.Le voilà,
Monseigneur, en propre personne,
Tout près, dans ce coin, qui ne sonne
Mot ; mais il en pense Dieu sait !
Le Juge.
Tous les deux étant présens, c’est
L’instant. Qu’on demande et défende.
Le Drapier.
Voici ce que je lui demande.
Monseigneur : Il est vérité
Qu’autant pour Dieu que charité,
Je l’ai nourri dans son enfance,
Et quand je vis qu’il eut puissance
D’aller au champ, pour abréger,
Je le fis être mon berger
Et le mis à garder mes bêtes.
Mais, aussi vrai comme vous êtes
Là, messire, il a de brebis
Et moutons fait tel abatis…
Le Juge.
Écoutons : vous l’aviez à gage
Et loué ?
Pathelin.
Et loué ? Prendre sans louage !
Il ne s’y serait pas joué,
Car…
Le Drapier., reconnaissant Pathelin, qui se couvre le visage avec la main.
Car…Dieu me soit désavoué
Si ce n’est pas vous, vous sans faute !
Le Juge.
Comme vous tenez la main haute
Aux dents, maître Pierre ! Est-ce un mal ?
Pathelin.
Qui m’est un tourment sans égal.
Jamais ne sentis telle rage ;
Je n’ose lever le visage.
Pour Dieu, faites les procéder.
Le Juge.
Avant qu’acheviez de plaider,
Sus, concluez de façon claire.
Le Drapier.
C’est lui, vraiment, qui le vint faire,
Et pas un autre. — Je le dis :
Oui, c’est à vous que je vendis
Six aunes de drap, maître Pierre.
Le Juge.
Qu’est-ce qu’il dit de drap ?
Pathelin.
Qu’est-ce qu’il dit de drap ? Il erre.
À son propos il veut venir,
Et ne sait comment y fournir,
Il ne fut pas à bonne école.
Le Drapier.
Par tous les saints des gens qu’on vole !
On m’a pris mon drap, et c’est vous.
Pathelin.
Voyez quels raisonnements fous,
Et comme ce méchant les tire
De loin pour sa cause ! Il veut dire
— Est-ce assez gauche, assez tordu ? —
Que son berger avait vendu
— Nous l’avons tous compris sans peine
N’est-ce pas, monseigneur ? — la laine
Avec laquelle fut tissu
Le drap de ma robe ; or, deçu,
Volé, prétend-il par cet homme…
Le Drapier.
Que je sois maudit, qu’on m’assomme,
Si ce n’est pas vous qui l’avez !
Le Juge.
Paix, diantre ! vous extravaguez.
Voyons, sans troubler davantage
La cour par un tel bavardage,
Ne sauriez-vous, l’esprit dispos,
Revenir à votre propos ?
Pathelin, ayant toujours sa main au visage.
Je souffre et ris. De glose en glose,
Trop de hâte égara sa cause !
Cherchons vite, et l’y remettons.
Le Juge.
Sus ! revenons à ces moutons.
Qu’en fit-il ?
Le Drapier.
Qu’en fit-il ? Il en prit six aunes
De neuf francs.
Le Juge.
De neuf francs.Sommes-nous béjaunes,
Sots et niais. Où vous croyez-vous ?
Le Drapier.
Sangbieu ! je pense, il nous fait tous
Bons à paître, bêtes de somme.
On dirait pourtant un bon homme,
Mais la mine n’est pas le jeu.
Si vous examiniez un peu
L’adversaire ?
Le Juge.
L’adversaire ? Bien dit. Peut-être
Il pourra le faire connaître,
Le voyant tous les jours. Viens çà,
Dis…
Le Berger.
Dis…Bée !
Le Juge.
Dis… Bée ! Eh ! qu’est-ce là ?
Quel bée ? Autre ennui. Suis-je chèvre ?
Parle.
Le Berger.
Parle.Bée !
Le Juge.
Parle. Bée ! Encor ! quelle fièvre
Te prend-il là ? Te moques-tu ?
Pathelin.
Croyez qu’il est fol ou têtu,
Ou qu’il croit être entre ses bêtes.
Le Drapier, à Pathelin.
Que Dieu me damne si vous n’êtes
Celui, sans autre, qui m’avez
Eu mon drap. Ha ! vous ne savez,
Monseigneur, par quelle malice.
Le Juge.
Taisez-vous. Le bon sens vous glisse.
Cet accessoire m’est égal ;
Laissez-le pour le principal.
Le Drapier.
Oui, Monseigneur. Le cas me touche ;
Cependant, j’en jure, ma bouche
Aujourd’hui, plus mot n’en dira.
Il en sera ce qui pourra
Une autre fois. Qu’il me régale
Ou non, sans mâcher je l’avale.
Or, je baillai six aunes… Non,
Mes bêtes, ai-je dit. Pardon,
Messire ! Donc, ce gentil maître…
Mon berger, quand il devait être
Aux champs… Il me dit que j’aurais
Six écus d’or quand je viendrais.
Non, si fait, non. Suffit, j’abrége.
Depuis trois ans en ça, disais-je,
Mon berger convint avec moi
Qu’il garderait de bonne foi,
Sans dommage ni vilenie,