L'Année liturgique — Le Temps après la Pentecôte (t. 10-15) (page 13)

Dom Prosper Guéranger · Vie de piété

Texte français, domaine public · Source : archive.org — L'Année liturgique t. 10-15, éd. 1911 (OCR) · 70 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

I. I Petr. II, 4-5. — 2.Eph. II, 20-21. — 3. IbiJ. 22,

— 4. Heb. II, 17. — 5. JoHAN. Il, 21. — 6. S. P. BeNED. Reg. cap. LU. — 7. I Cor. m, 16. — 8. IbU. v:,

II. Resp. fer. Il Pentec. — 12. Psalm. LXiv, lo. — i3. JoHAN. XIX, 34; m, 5 ; vu, 37-39. — 14. Act. 11, 41.

— i5. Matth. m, 16-17.

g 6 Le Temps après la Pentecôte.

trois divines personnes se sont de concert abaissées vers l'onde mystérieuse ; et tandis que l'eau sainte coulait sur les membres des premières conquêtes de l'Esprit du Christ, dans toutes ces âmes, naguère aveugles et pauvres, c'était, nous dit la sainte Liturgie i, comme un débordement de la Divinité les inondant de lumière et d'amour. Non seulement la Trinité se révélait au monde : par la formule toute-puissante du saint baptême, elle prenait possession des hommes régénérés, faisant de chacun comme de tous reunis, dit saint Augustin, son temple véritable 2.

Il était donc bien juste que la fête de la Trinité suivît d'aussi près la glorieuse Pentecôte : ne convenait-il pas que l'Eglise, s'éveillant à la vie dans la pleine conscience de cette habitation merveilleuse, se prosternât tout d'abord pour reconnaître et adorer le Dieu trois fois saint qui la remplissait de sa Majesté ? L'harmonie du Cycle allait d'ailleurs continuer de se montrer, ici comme toujours, pleine de lumière et riche d'enseignements.

La manifestation des trois augustes personnes, la reconnaissance des hommages qui sont dus à leur Unité par toute créature,

Ê récédait en effet la rencontre de l'Hommelieu et de l'Eglise au Sacrement d'amour, et donnait à I'union son vrai caractère. La fête de l'Eucharistie, ainsi placée, devait révéler à l'Epouse que la glorification du Dieu unique en trois personnes était le fruit

Propre du Temps.

attendu des noces divines. Les tils de l'Eglise, les convies de la Sagesse, élevés si haut sar.s mérite de leur part, comprendraient mieux désormais pourquoi le Cnnst n'avait point voulu se donner à ses fidèles autrement que dans l'action mcme du Sacrifice, qui consomme la gloire de la Trinité souveraine. C'est par l'assimilation de l'Epoux et de l'E^pouse, c'est dans la sainteté du Fils de l'homme devenue celle de son Eglise que l'alliance devait s'accomplir. Père, s'écriait l'Homme-Dieu, sanctifie:; ceux que vous m'ave:^ donnés dans la vérité qui est votre Verbe ; car c'est pour eux que je me sanctifie moi-même, afin qu'ils soient, eux aussi, sanctifiés dans la vérité '. Or cette sanctification mystérieuse du Saint de Dieu -, du Verbe divin, qui communique aux siens la sainteté véritable, n'est autre, d'après les Pères ^, que la consécration du Sacrifice par lequel le Christ Jésus, Pontife suprême et Cher du monde, rend à Dieu, pour la création , l'hommage parfait qu'il était en droit d'en attendre. Dans le langage humain, comme dans celui des Ecritures inspirées ^, justice et sainteté se confondent; si donc la suprême sainteté ne fait qu'une même chose avec la souveraine justice, l'acte saint et sanctifiant s par essence n'est-il pas en toute vérité ce Sacrifice du Fils de l'homme qui proclame avec tant d'éloquence, qui restaure si pleinement, qui satisfait jusqu'à l'infini le droit

4. Act. lu, 14. — 5. Rom. m, 26.

g 8 Le Temps après la Pentecôte.

DE DIEU, ce droit éternel d'où découlent tous les autres et qui fonde toute justice i

I e Sacrifice , consommant amsi toute sainteté dans le Chef i et les membres s devait seul aussi par là même consommer ?un1ondu Christ et de son Eglise. Ne soyons point surpris, dès lors, qu'il domine de son imposante et simple unité a période consacrée à représenter, à célébrer, a parfaire toujours plus cette union divine. C est en vahi qu'on espérerait trouver d'une manière su vie^, dans la série des Dimanches après îa Pentecôte, cette gradation voulue et s dramatique, cette marche progr^^^i^;^ ^ui frappait l'attention dans les Pf ';i°'^r' P' w. dentés du cycle liturgique. L'Eglise alors cherchait l'Époux; elle se rapprochait de lui chaque )our par l'incorporation sucÏÏssi'^ de ses mystères, jusqu'à ce qu'enfin toute transformée en lui, rien ne s opposât plus véritablement à .l'union desiree, L'Homme-Dieu, il est vrai, se dérobait a ceueîeure même et paraissait l'abandonner dans la nuit de l'épreuve ; mais au même temps il envoyait sur terre 1 Esprit-Sa nt et celui-ci révélait à l'Eglise le sens de a parole prononcée par l'Epoux au Cantique ^ DHci \ue paraisse le jour et que les ombres se retirent, j'irai au mont de la myrrhe, a la colline de l'encens^. , , „^„^

L'Eglise a compris le sacre rendez-vou.. Elle s'est fixée sur la montagne du Sacr hct, mêlant la myrrhe de ses souffrances et 1 encens de ses, adorations a "^^^^f _^

^^VL^CZio^- 2. Ibid. X, 14- - 3. Cant. iv, 6.

Propre du Temps. gq

Pontife suprême. Là elle complète le Christ inetfahlemcnt i, et reçoit chaque jour une tecondité nouvelle. Ayant donc trouve celui que chercanit son âme, jlle l'a saisi pour jamais 2 ^t ne quittera plus le lieu de la rencontre 'ortunéc. Un jour, elle doit fuir avec lui 3 ji-squ'aux montagnes où les fleurs du ciel mêlent leurs parfums à celui de l'holocauste éternel ; mais dès maintenant l'amour triomphe Car, si éloignées que puissent être encore les splendeurs de la pairie, de ces sommets de la terre d'exil où l'Homme-Dieu continue en elle son immolation réparatrice, l'Eglise peut dire en toute vérité, repvcnani les expressions de l'Epoux lui-même: Mon bien-aimé est à moi et je suis à lui, if ici que paraisse le jour et que les ombres ^' retirent *.

Après ces considérations qui nous ont paru indispensables pour faire ressortir l'importance de cette saison liturgique, et préciser le caractère qu'elle doit revêtir aux yeux des enfants de l'Ejglise, nous reprenons où nous l'avions laisse notre exposé du Propre du Temps. L'œuvre de sanctification qu'opère le divin Esprit dans les âmes et son travail incessant dans l'Eglise auraient pu nous offrir, durant cette période, un vaste champ de commentaires pour chacun des jours de la semaine ; l'expression et la raison liturgiques n'eussent point manqué d'ailleurs à ces réflexions fructueuses, qu'on eût tirées des

100 Le Temps après la Pentecôte.

Epîtres et des Evangiles propres restés longtemps en usage, pour un grand nombre de fériés, dans cette partie de l'année ellemême. Mais il eût fallu, pour cela, dépasser de beaucoup les bornes qui s'imposent à nous dans cet ouvrage. Il convient donc de nous en tenir à l'explication de la liturgie dominicale, suivant, en cela même, la coutume présente de l'Eglise latine ; depuis le xvi» siècle en effet, elle observe comme une règle générale de reprendre simplement pendant l'année la Messe du Dimancne, dans les fériés non occupées par quelque fête. Les fidèles pourront revenir de même, durant la semaine, sur les lectures de chaque Dimanche ; et cette considération nous permettra de développer davantage, quand l'occasion s'en présentera, nos commentaires sur les diverses parties de la liturgie dominicale.

Nous plaçons ici le premier Répons de l'Office du Temps après la Pentecôte, comme la meilleure introduction que nous puissions souhaiter aux enseignements de cette saison liturgique.

pR'EPARATE corda

"■ r vestra Domino, et servite illi soli : ' Et liberabit vos de manibus inimicorum vestrorum.

j^. Convertimini ad eum ja toto corde vestro, et auferte deos aliènes de medio vestri. ' Et liberabit vos.

a p REPAREZ vos cœurs

I pour le Seigneur, et servez-le lui seul : * Et

il vous délivrera des mains

de vos ennemis.

^ . Convertissez-vous à lui de tout votre cœur, et ôtez du milieu de vous les dieux étrangers. * Et il vous délivrera.

|e quatrième Dimamche après la Pentecôte fut longtemps appelé en Occident le Din. ""iche <ie la Miséricorde, parce <., t'on y lisait autrefois le passage de saint Luc commençant par ces mots : « So}'ez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux. » Mais cet Evangile ayant été depuis transféré à la Messe du premier Dimanche après la Pentecôte, on fit de l'Evangile du cinquième Dimanche celui du quatrième ; celui du sixième passa au cinquième, et ainsi de suite jusqu'au vingttroisième. Le changement dont nous parlons n'eut lieu toutefois qu'assez tard dans un certam nombre d'Eglises ', et ne fut même reçu universellement qu'au xvi« siècle.

I. Cf. cum Missali hodierno BerN. AuG. De offic.

Mis. cap. v; Microlog. De eccl. obs. cap. LXi ; Honor. AuGUSTOD. Gemma animae, 1. iv; Rupert. De div. ofF.

102 Le Temps après la Pentecôte.

Pendant que la série des lectures évangéliques remontait ainsi d'un degré dans presque toute sa longueur, les Epîtres , Oraisons et parties chantées des anciennes Messes étaient, à peu d'exceptions près, maintenues en leurs places accoutumées. Le rapport que les liturgistes des xi^, xir et xiii" siècles avaient cru trouver, pour chaque Dimanche, entre l'Evangile primitif et le reste de la Liturgie, ne pouvait donc plus se soutenir comme auparavant. L'Eglise, en écartant des rapprochements parfois trop subtils, n'entendait pas néanmoms condamner ces auteurs, ni détourner ses fils de rechercher dans leurs ouvrages une édification d'autant plus saine qu'elïe est puisée souvent aux sources authentiques des anciennes Liturgies. Nous profiterons de leurs travaux, sans oublier que l'harmonie principale à chercher dans les Messes du Temps après la Pentecôte n'est autre que l'unité du Sacrifice même.

Chez les Grecs, l'absence de toute préoccupation d'agencement méthodique est plus sensible encore. Ilscommencentau lendemain de la Pentecôte la lecture de saint Matthieu, et la continuent, en suivant l'ordre de la narration du livre sacré, jusqu'à la fête de l'Exaltation de la sainte Croix en septembre. Saint Luc succède alors à saint Matthieu, et se lit de la même manière. Leurs semaines et Dimanches n'ont point, en ce temps, d'autre dénomination que celle de l'Evangile de chaque jour ou de l'Evangéliste en cours de lecture ; notre premier Dimanche après la Pentecôte est pour eux le premier Dimanche de saint Matthieu, celui auquel nous

Le Quatr, Dimanche après la Pentecôte, i o3

sommes arrivés le quatrième du même Evangcliste.

Nous avons rappelé, au temps de Pàcjues, la majesté du huitième jour substitue au Sabbat des Juifs, et devenu le jour sacré du nouveau peuple. « La sainte Eglise, qui est l'Epouse, disions-nous •, s'associe à l'œuvre même de l'Epoux. Elle laisse s'écouler le samedi, ce jour que son Epoux passa dans le lugubre repos du sépulcre ; mais, illuminée des splendeurs de la Résurrection, elle consacre désormais à la contemplation de l'œuvre divine le premier jour de la semaine, qui vit tour à tour sortir des ombres et la lumière matérielle, première manifestation de la vie sur le chaos, et celui-là mcme qui, étant la splendeur éternelle du Père, a daigné nous dire : « Je suis la lumière du « monde - ».

Telle est l'importance de la liturgie dominicale destinée a célébrer chaque semaine de si grands souvenirs, que les Pontifes romains se refusèrent longtemps à multiplier au Calendrier les fêtes d'un degré supérieur au rite semi-double, qui est celui du Dimanche, afin de conserver à celui-ci sa prérogative légitime et ses droits séculaires. Leur reserve à cet égard ne s'était point démentie jusque danslaseconde moitié du xvii" siècle. Elle céda enfin devant la nécessité de répondre plus etïicacement aux attaques dont le culte des Saints était devenu l'objet de la part des

I. Mystique du Temps pascal, p. 23. — 2. Johan.

/ 04 Le Qiiair. Dimanche après la Pentecôte.

Protestants et des Jansénistes leurs frères Il devenait urgent de rappeler aux fidèles que l'honneur rendu aux serviteurs n'enlève rien à la gloire du Maître, que le culte des Saints^ membres du Christ, n'est que la suite et le développement de celui qui est dû au Christ leur Chef ; l'Eglise devait à son Epoux une protestation contre les vues étroites de ces novateurs qui n'allaient à rien moins qu'à tronquer le dogme de la divine Incarnation, en le séparant de ses ineffables conséquences Ce ne fut donc point sans une influence particulière du divin Esprit que le Siège apostolique consentit alors à déclarer du rite double plusieurs fêtes anciennes ou nouvelles; pour appuyer la solennelle condamnation des nouveaux hérétiques, il convenait en effet de rendre moins rare la célébration des vertus des Saints en ce jour du Dimanche, réservé tout spécialement aux solennelles démonstrations de la foi catholique et aux'grandes réunions de la famille chrétienne.

La liturgie dominicale ne fut point d'ailleurs complètement déshéritée, dans les jours mêmes où elle dut céder le pas désormais à quelque fcte particulière II n'est pomt en effet de solennité, si élevée soitelle, qui, tombant un Dimanche, n'emprunte du moins à celui-ci, comme Mémoire, ses Oraisons et son Evangile, lequel se dit alors à la fin de la Messe, en place de celui de saint Jean. Rappelons aussi qu'après l'assistance à la Messe solennelle et aux Heures canoniales, l'un des meilleurs moyens d'accomplir le précepte de la sanctification du

A la Messe io5

jour du Seigneur est de méditer et d'approfondir , en notre particulier, les enseignements contenus dans l'Epitre et l'Evangile proposes chaque Dimanche à notre attention par la sainte Eglise

L'Eglise a commencé au lendemain de la Sainte-Trinité, dans l'Office de la nuit, la lecture des livres des Rois, elle est entrée cette nuit même dans l'admirable récit cju triomphe de David sur Goliath, le géant Philistin. Or quel est pour l'Eglise le vrai David, sinon le chef divin qui mène depuis dix-huit cents ans l'armée des saints à la victoire ? N'estelle pas elle-même en toute vérité la tille du roi ' promise au vainqueur de ce combat singulier du Christ et de Satan qui, au Calvaire, sauva le véritable Israël et vengea l'injure faite au Dieu des armées ? Toute pénétrée encore des sentiments que cet épisode de l'histoire sacrée a ranimés en son cœur d'Epouse, elle emprunte dans l'Introït les paroles de David 2 pour chanter les hauts faits de l'Epoux, et proclamer la confiance dans laquelle son triomphe l'a établie pour jamais

LE Seigneur est ma lumière et mon salut; qui craindrai-je ? Le Seigneur est le défenseur de ma vie ; qui me

L/ m

MINUS illuminatio mea, et salus mea, uem tiraebo ? Dominus efensor vitas mes, a

I. I Reg. XVII, 25-27. — 2 Psalm. xxvi.

To6 Le Quatr. Dimanctie après la Pentecôte.

quo trepidabo ? Qui tribulant me inimici mei, ipsi infirmât! sunt, et ceciderunt.

Ps. Si consistant adversum me castra ; non timebit cor meura. Gloria Patri. Dominas.

fera trembler ? Les ennemis qui me persécutent ont été affaiblis eux-mêmes et sont tombés.

Ps. Quand des armées s'élèveraient contre moi, mon cœur serait sans crainte. Gloire au Père. Le Seigneur.

L'Eglise, malgré sa confiance dans le secours du ciel pour les jours inauvais, demande cependant toujours la paix du monde au Dieu très haut. Si, en face du combat, l'Epouse tressaille à la pensée de pouvoir prouver son amour, la Mère commune craint pour ses fils dont plusieurs, qu'une vie tranquille eût sauvés, périroiit dans l'épreuve. Prions avec elle dans la Collecte

jp^ nobis. quœsumus L' Domine, ut et mundi cursus pacifice nobis tuo ordine dirigatur : et Ecclesia tua tranquilla devotione laetetur. Per Dominum nostrum Jesum Christum.

PlTES, nous vous en supplions, Seigneur, que par votre Providence la marche du monde soit pour nous pacifique, et que votre Eglise se réjouisse dans les démonstrations d'une piélé sans alarmes. Par Jésus-Christ notre Seigneur.

ACUNCTis nos, quîesumus Domine , mentis et corporis défende periculis : et intercedente beata et gloriosa semper Virgine Dei Génitrice Maria, cum beato Joseph, beatis Apostolis

plait, Seigneur, de tous les périls de l'âme et du corps ; et vous laissant fléchir par l'intercession de la bienheureuse et glorieuse Mère de Dieu, Marie toujours Vierge, du bienheuA la Messe.

reux Joseph, de vos bienheureux Apôtres Pierre et Paul, du bienneureux N {on nomme ici le Sjint titulaire de l'église) et de tous les Saints, accordez-nous dans votre bonté le salut et la paix, afin que toutes les erreurs et les adversités étant écartées , votre Eglise vous serve dans une liberté tranquille

Le Prêtre ajoute une son choix.

tuis Petro et Paulo, atque beato iV. et omnibus Sanctis, salutem nobis tribue bcnignus et pacem ; ut destructis adversitatibus et erroribus universis, Ecclesia tua secura tibi serviat libertate.

troisième Collecte, à

Lecture de l'Epître du bienheureux Paul, Apôtre, aux Romains. Chap. viji.

MES F rères, j'estime que les souffrances de la vie présente sont sans proportion avec la gloire future qui doit se manifester en nous. Car la création est en suspens dans l'attente de la manifestation des enfants de Dieu. La création en effet est soumise à la vanité, non de son gré, mais à cause de celui qui lui donne dans cette sujétion l'espérance. Un jour, elle aussi, la création sera délivrée de cet asservissement à la corruption, pour participer à la liberté glorieuse des enfants de Dieu. Car nous savons que jusqu'à présent toute créature est en travail et anxieuse. Et ce n'est pas elle seulement , mais nousLectio Epistolae beati Pauli Apostoli ad Romanos. Car. vin.

Uratres, Existimo ' quod non sunt condignre passiones hujus temporis ad futuram gloriam, quae revelabitur in nobis. Nam exspectatio creaturae revelationem filiorum Dei exspectat. Vanitati enim creatura subjecia est non volens, sed propter eum qui subjecit eam in spe : quia et ipsa creatura liberabitur a servitute corruptionis in libertatem glorise fiHorum Dei. Scimus enim quod omnis creatura ingemiscit, et parturit usque adhuc. Non solum autem illa, sed et nos ipsi priraitias Spiritus habentes, et

joS Le Qttatr, Dimanche après la Pentecôte.

ipsi intra nos gemimus, adoptionem filiorum Dei exspectantes, redemptionem corporis nostri : in Christo Jesu Domino nostro.

mêmes qui possédons les prémices de l'Esprit, nous soupirons nous aussi dans nos cœurs, attendant la pleine adoption des enfants de Dieu, la rédemption de nos corps dans le Christ Jésus notre Seigneur.

LES prémices de l'Esprit sont la grâce et les vertus qu'il a déposées dans nos âmes comme le gage du salut et le germe de la gloire future. Affermie par la foi dans la possession de ces arrhes divines, l'humanité régénérée garde comme réconfort, au sein des misères dont sa vie est remplie, la conscience de ses nobles destinées. C'est en vain que Satan prétend reprendre sur elle de haute lutte les droits al>olis de ses anciennes victoires : si laborieuse que puisse être la défense d'une terre une première fois saccagée par l'ennemi, l'espérance chrétienne revêt l'homme ici-bas d'une force céleste. Pénétrant pour lui jusqu'à l'intérieur du voile ', elle lui rappelle sans cesse la disproportion signalée par l'Apôtre entre les fatigues de la route et la consommation des vrais biens qui l'attendent dans la lumière béatifique de la patrie. Les promesses de son Dieu, les merveilleuses avances du Paraclet dans le passé et le présent lui assurent l'avenir. Bien plus ; la terre qui le porte, cette terre fangeuse et obscure qui l'enchaîne aujourd'hui sous les sens, excite elle-même directement ses aspirations supérieures et

A la Messe. i oii

les partage à sa manière. C'est la doctrine de saint Paul dans notre Epître: les changements désordonnés, les vicissitudes inquiètes de la création matérielle appellent, avec la destruction du péché, le triomphe final ei universel sur la corruption qui en fut la suite. L'état présent du monde fournit donc, lui aussi, son spécial et très sûr motif à la sainte vertu d'espérance. Ceux-là seuls poilrraient s'en trouver étonnés qui ne sauraient pas jusqu'à quel point l'élévation de l'homme à l'état surnaturel a fait, dès le commencement, la vraie noblesse du monde soumis à son empire. Mais leur science incomplète prétendrait vainement chercher ailleurs l'explication de l'œuvre divine et la raison de toute chose. La vérité qui explique tout sur la terre et au ciel, l'axiome divin, principe et fondement des mondes, est que Dieu, qui nécessairement fait tout pour sa gloire, a librement placé la consommation de cette gloire souveraine dans le triomphe de son amour par l'ineffable mystère de l'union divine réalisé dans sa créature. L'union, divine à conquérir étant donc par la volonté de Dieu le seul but, est aussi l'unique loi, la loi vraiment vitale et constitutive de la création. Lorsque l'Esprit, planant sur le chaos, adaptait aux vues de l'amour infini la matière informe, les éléments divers et les atomes sans nombre du monde en préparation puisaient donc bien réellement dans cet amour infini le principe de leurs développements et mouvements ultérieurs; ils recevaient pour piission unique d'aider l'Esprit en leur mesure à conduire l'homme, l'élu de

1 1 0 Le Qiiatr. Dimanche après la Pentecôte.

la Sagesse éternelle, au terme suprême des noces divines. Le péché, brisant l'alliance, eût du même coup détruit le monde en lui enlevant sa raison d'être, sans l'incompréhensible patience du Dieu outragé et les merveilleuses retouches apportées au plan premier par l'Esprit d'amour. Mais l'état violent de la lutte et de l'expiation remplaçait désormais la marche sans contrainte du roi de la création, l'épanouissement spontané du dieu en fleurs ; l'union divine ne devait plus être pour le monde que le fruit d'un enfantement douloureux, où les gémissements et les pleurs allaient précéder longtemps les chants du triomphe et de l'épithalame.

Les hommes qui ne connaissent d'autre loi que celle de la chair auront beau néanmoins s'obstiner à fermer aux enseignements de la révélation positive leurs oreilles et leurs cœurs : la matière même condamnera toujours leur matérialisme; la nature, qu'ils invoquent comme unique autorité, prêche par ses mille voix le surnaturel aux quatre vents du monde ; la création bouleversée, dévoyée par la chute, proclame plus haut que jamais, dans sa misère anxieuse, la fin sublime du roi tombé dont elle est l'apanage. Mystérieuses souffrances des éléments, gémissements ineffables dont parle l'Apôtre, larmes des choses, soupirs sans nom qu'ont chantés les poètes i, vous êtes bien en effet la vraie poésie de cette terre de l'épreuve ; car vous ramenez qui sait vous comprendre et se laisse pénétrer de votre suave et douA la Messe. iii

loureuse harmonie, jusqu'à la source même de toute beauté et de tout amour ! L'antiquité vous connut; mais l'intelligence faussée de ses prétendus sages dénatura vos accents, et ne fit plus de vous que la voix stérile d'un hideux panthéisme. Le règne du Paraclet ne s'était point encore levé sur le monde ; lui seul devait donner à l'humanité, on même temps que la connaissance distincte de l'Esprit créateur, la clef de cette langue mystérieuse de la nature, de ces aspiràtion/S puissantes et universelles dont le secret vient de lui tout entier. Mais nous le savons aujourd'hui : l'Esprit du Seigneur a rempli l'univers * ; le témoin divin qui atteste à nos âmes que nous sommes les fils de Dieu ~ a porté jusqu'aux extrémités de la création son précieux témoignage, et la création entière tressaille, impatiente de voir se lever le grand jour qui montrera ces fils de Dieu dans leur gloire. Car, ayant à cause d'eux partagé leurs souffrances, elle sera délivrée comme eux, et participera des splendeurs de leurs trônes. « Comme en effet, dit saint Jean Chrysostome, la nourrice d'un enfant royal, lorsqu'il entre en possession du royaume paternel, voit elle-même s'élever sa fortune, ainsi fera la création... Gomme encore les hommes, lorsque leur fils doit paraître dans l'éclat d'une dignité nouvelle, revêtent en son honneur les serviteurs euxmêmes d'une robe plus brillante, ainsi Dieu revêtira d'incorruption toute créature au jour

112 Le QiiaU-. Dimanche après la Pentecôte, de la délivrance et de la gloire de ses fils '. »

Le Graduel fait monter jusqu'à Dieu la voix des chrétiens trop souvent pécheurs qui, se sentant indignes de secours, implorent néanmoins son intervention pour sa gloire à lui-même ; car ils n'en sont pas moins les soldats du Dieu des armées, et leur cause est la sienne. Le Verset alléluiatique nous montre l'Eglise, ici-bas pauvre et persécutée, dirigeant sa prière confiante vers le trône des justices de son Epoux.

PROPITIUS esto, Domine, peccatis nostris, nequando dicant gentes : IJbi est Deus eorum ?

f. Adjuva nos, Deus salutaris noster : et propter honorem Nominis tui, Domine, libéra nos.

Alléluia, alléluia.

"p. Deus, qui sedes super thronum, et judicas aequitatem, esto refugium pauperum in tribuk"'one. Alléluia.

PARDONNEZ nos péchés. Seigneur, de peur que les nations ne disent : Où est leur Dieu ?

i^. Aidez-nous, ô Dieu notre Sauveur : et pour l'honneur de votre Nom, Seigneur, délivrez-nous.

AUeluia, alléluia.

j^. O Dieu assis sur votre trône et jugeant dans l'équité, soyez le refuge des pauvres en leur tribulation. AUeluia.

Sequentia sancti Evangelii secundum Lucam. Cap. V

IN illo tempore : Cum turbae irruerent in Jesum, ut audirent verbum

La suite du saint Evangile selon saint Luc. Chap. v.

EN ce temps-là, il arriva que Jésus se tenant près du lac de Génézareth et la foule

A la Messe.

se précipitant vers lui pour entendre la parole de Dieu, il vil sur le bord deux barques dont les pêcheurs étaient descendus et lavaient leurs filets. Montant donc sur l'une d'elles qui était à Simon, il le pria de s'éloigner un peu déterre; et s'étant assis, il enseignait la foule de dessus la barque. Lorsqu'il eut cessé de parler, il dit à Simon ; Avance en pleine mer, et jetez vos filets pour la pêche. Et Simon répondant, lui dit : Maître, nous avons travaillé toute la nuit sans rien prendre ; mais sur votre parole je jetterai le filet. Et l'ayant fait, ils prirent une quantité de poissons si grande que leur filet se rompait. Ils firent donc signe à leurs compagnons qui étaient dans l'autre barque de venir les aider ; ils y vinrent et remplirent tellement les deux barques qu'elles étaient presque submergées. Ce que voyant Simon Pierre, il se précipita aux genoux de Jésus, disant ; Retirez-vous de moi. Seigneur, parce que je suis un homme pécheur. Car il avait été saisi de stupeur ainsi que tous ceux qui étaient avec lui, à la vue de cette pêche qu'ils avaient faite; et il en avait été de même pour Jacques et Jean fils de Zébédée, qui étaient les compagnons ae Simon. Or, Jésus dit à

Dei, et ipse stabat secus stagnum Genezareth. Et vidit duas naves stantes secus stagnum : piscatores autem doscenderant, et lavabant retia. Ascendens autem in unam navim, quîE erat Simonis, rogavit eum a terra reducere pusillum. Et sedens, docebat de navicula nirbas. Ut cessavit autem loqui, dixitad Simonem : Duc in altum, et laxate retia vestra in capturam. Et respondens Simon, dixit illi : Praeceptor, per totam noctem laborantes, nihil cepimus : in verbo autem tuo laxabo rete. Et cum hoc fecissent, concluserunt piscium multitudinem copiosam; rumpebatur autem rete eorum. Et annuerunt socHs, qui erant in alia navi, ut venirent, et adjuvarent eos. Et venerunt, et impleverunt ambas naviculas, ita ut pêne mergerentur. Quod cum videret Simon Petrus, procidit ad genuaJesu, dicens : Exi a me, quia homo peccator sum. Domine. Stupor enim circuradederat eum, et omnes qui cum illo erant, in captura piscium quamceperant : similiterautem Jacobum et Johannem, filios Zebe1 14 Le Quatr. Dimanche après la Pentecôte.

Simon: Ne crains point, désormais tu seras pécheur d'hommes. Ramenant donc leurs barques à terre et laissant tout, ils le suivirent.

daei, qui erant socii Simonis.. Et ait ad Simonem Jcsus : Noli timere : ex hoc jam homines eris capiens. Et subductis ad terram navibus, relictis omnibus secuti sunt eura.

A prophétie de Jésus à Simon fils de Jean est maintenant accomplie. Au jour où descendit l'Esprit-Saint, nous avons admiré la puissance des premiers coups de filet du pécheur d'hommes amenant Télite d'Israël aux pieds du Christ Sauveur. Mais la barque de Pierre ne devait pas rester longtemps confinée dans les eaux juives. L'humble nacelle a gagné la haute mer; elle vogue désormais sur les eaux profondes qui sont, nous dit saint Jean, les nations et les peuples i. Le vent' violent, les vagues houleuses et la tempête n'effraient plus le batelier de Tibériade ; il sait qu'il porte à son bord le maître des flots, celui dont l'abîme est comme le vêtement^. Pénétré de la force d'en haut 3, il a jeté sur l'Océan immense le filet de la prédication apostolique , vaste comrne le monde, et qui seul doit amener les fils du grand poisson ^, de I'Ichthus céleste *, à la rive éternelle. 11 est grand ce rôle de Pierre qui, encore bien qu'il ait des compagnons dans sa divine entreprise, les domine tous cependant comme leur chef incontesté, comme le maître de la barque où Jésus

I. Apoc. xvn, i5. — 2 Psalm. cm, 6. — 3. Luc.

XXIV, 49. — 4. "Titul. S. Abercii. — 3. Inscript. Auaustod.

A la Messe. 1 1 b

commande en sa personne et dirige les opérations du salut universel. L'Evangile d'aujourd'hui prépare donc ou résume très opportunément les enseignements de la fête du Prince des Apôtres, toujours voisine du quatrième Dimanche après la Pentecôte. Mais cette proximité même nous permet de laisser à ce grand jour la considération plus détaillée des gloires inhérentes au vicaire du Christ, et d'msister en ce moment sur les autres mystères contenus dans le récit qui nous est proposé par la sainte Eglise.

Les Evan^clistcs nous ont conservé le souvenir de lîeux pèches miraculeuses faites far les Apôtres en présence de leur Maître : une décrite par saint Luc, et qui vient de nous être rappelée ; l'autre dont le disciple bien-aimé nous invitait à scruter, au Mercredi de Pâques, le profond symbolisme. Dans la première, qui se rapporte au temps de la vie mortelle du Sauveur, le hlet, jeté au hasard, se rompt sous la multitude des poissons captifs, sans que leur nombre ou leurs qualités soient marqués autrement par TEvangéliste ; dans la seconde, le Seigneur ressuscité indique aux disciples la droite de la barque, et, sans rompre le filet, cent cinquante-trois gros poissons abordent au rivage où Jésus les attend pour les joindre au pain et au poisson mystérieux d'un festin préparé par lui-même. Or, expliquent d'une .commune voix tous les Pères, ces deux pèches figurent l'Eglise : l'Eglise dans le temps d'abord, et plus tard dans l'éternité. Maintenant l'Eglise est multitude, elle englobe sans compter bons et mauvais ; après

7/6 Le Qiiatr. Dimanche après la Pentecôte,

la résurrection,- les bons seuls formeront l'Eglise, et leur nombre sera précisé, tîxé pour jamais. « Le royaume des cieux, nous dit le Sauveur, est semblable à un filel jeté dans la mer et rassemblant des poissons de toutes sortes ; lorsqu'il est plein, on le retire pour choisir les bons et rejeter les mauvais '. » Les pêcheurs d'hommes ont lancé leurs filets, dit saint Augustin ; ils ont pris cette multitude de chrétiens que nous contemplons dans l'admiration ; ils en ont rempli les deux barques, figures des deux peuples Juif et Gentil. Mais "qu'avons-nous entendu ? La multitude surcharge les barques, et les met en danger de naufrage : ainsi voyonsnous aujourd'hui que la foule hâtive et confuse des baptisés alourdit l'Eglise. Beaucoup de chrétiens vivent mal, et ils troublent, ils retardent les bons. Mais pire encore font ceux qui rompent le filet par leurs schismes ou leurs hérésies : poissons impatients du joug de l'unité qui ne veulent point venir au festin du Christ, ils se complaisent en eux-mêmes ; prétextant qu'ils ne peuvent vivre avec les méchants, ils brisent les mailles qui les retenaient dans le sillage apostolique et périssent loin du bord. En combien de lieux n'ont-ils pas brisé de la sorte l'immense filet du salut? Les Donatistes en Afrique, les Ariens en Egypte, en Phrygie Montan, Manès en Perse, et depuis combien d'autres ont excellé dans l'œuvre de rupture ! N'imitons point leur démence orgueilleuse. Si la grâce nous fait bons, prenons en patience

I. Matth. XIII, 47-

.1 la Messe.

la compagnie des mauvais dans les eaux de ce siècle.^ Que leur vue ne nous pousse ni à vivre comme eux, ni à sortir de l'Eglise : la rive est proche où ceux de la droite, où les bons seuls seront admis, et d'où les méchants seront rejetés à l'abîme '.

Dans l'Offertoire, l'armée des chrétiens demande cette lumière de la foi qui seule peut lui assurer la victoire, en lui découvrant l'ennemi et ses multiples embûches. Pour le fidèle la nuit n'a point d'ombre, et la clarté du céleste tiambeau chasse de ses yeux le sommeil funeste qui bientôt amènerait la défaite et la mort.

de

ILLUMINA oculos meos, ne unquatn obdormiam in morte : nequando iicat inimicus meus : i-',-~valui adversus eum.

ILLUMINEZ mes yeux, peur que je ne m'endorme dans la mort, de peur que mon ennemi ne dise un jour : J'ai prévalu contre lui.

Les dons offerts sur l'autel pour la transformation toute-puissante du Sacrifice sont la figure des fidèles eux-mêmes. C'est pour3U0Ï l'Eglise, dans la Secrète, prie le Seignjsur 'attirer et de changer en même temps que ces dons nos volontés indociles. Rappelonsnous que de tous les poissons rassemblés dans le filet mystique, ceux-là seuls, nous disent les Pères, seront les élus de la rive éternelle, « qui vivent de façon à mériter d'être présentés par les pécheurs de l'Eglise au festin du Christ • ».

. AUG. Serm. 248-252, pjssim. — 2. Bruno Ast. Expos, in Gen. c. i.

OBl.ATlONiBus nostris, quEBSumus Domine, placare susceptis : et ad te nostras etiam rebelles compelle propitius voluntates Per Dorainum nostrum Jesum Christum.

LAISSEZ-VOUS toucher par nos offrandes, nous vous en supplions, Seigneur; et soumettez miséricordieusement à votre empire nos rebelles volontés. Par JésusChrist notre Seigneur.

EXAUDi nos, Deus Salutaris noster : ut per hujus Sacramenti virtutem, a cunctis nos mentis et corporis hostibus tuearis, gratiam tribuens in praesenti, et gloriam in futuro.

EXAUCEZ-NOUS, ô Dieu notre Sauveur, et, par la vertu de ce Sacrement, défendeznous de tous les ennemis de l'âme et du corps, nous accordant votre grâce en cette vie et votre gloire en l'autre.

Le Prêtre ajoute une troisième Secrète, à son choix

Le Dieu qui fit triompher la faiblesse de David du géant philistin se donne à nous dans les sacrés Mystères. Chantons, avec le Psaume d'où l'Antienne de la Communion est tirée, sa force miséricordieuse qui se fail nôtre au Sacrement.

OMINUS firmamentum

LE Seigneur est mon appui, mon refuge et mon libé<

rateur aide.

mon Dieu est mcn

U meum, et refugium meum, et liberator meus, Deus meus adjutor meus

Saint Augustin * donne le nom de SacrC'

I Contra Faust. L. xil, 20.

A la Messe.

ment de l'espérance au mystère divin dans lequel l'Eglise proclame et restaure chaque jour ici-bas son unité sociale. L'union réelle, quoique voilée encore, du Chef et des membres au banouet de la Sagesse éternelle dépasse en effet ae beaucoup, comme ga^c des gloires futures de l'humanité régénérée, cette attente douloureuse des éléments dont nous parlait l'Apôtre en l'Epître du jour. Demandons, dans la Postcommunion, que nos souillures soient effacées et n'empêchent point la plénitude de l'effet de ce Sacrement, dont la vertu peut nous conduire jusqu'à la perfection consommée du salut.

DAIGNEZ faire , Seigneur, que ces Mystères nous fmrifient, et nous gardent par eur vertu. Par Jesus-Christ notre Seigneur

YSTERIA nos , Domine , quaîsumus ,

sumpta purificent, et suc munere tueantur. Per Dotninum nostrum Jesum Christum.

OUE l'oblation du divin , Sacrifice nous purifie et nous protège, Seigneur, nous vous en supplions ; et par l'intercession de la bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu, du bienheureux Joseph, de vos bienheureux Apôtres Pierre et Paul, du bienheureux jV. et de tous les Saints, qu'elle soit pour nous l'expiadon de tous nos péchés, et la délivrance de toute adversité.

MUNDET et muniat nos, quJEsumus Domine, divini Sacramenti munus oblatum, et intercedente beata Virgine Dei Génitrice Maria , cum beato Joseph, beatis Apostolis tuis Petro et Paulo, atque beato JV. et omnibus Sanctis, a cunctis nos reddat et perversitatibus expiâtes, et adversitatibus expedi* tos.

120 Le Temps après Ca Pentecôte.

Le Prêtre ajoute une troisième Postcommunion, à son choix.

T ES Psaumes, les Antiennes, le Capitule,

I noctem ' laborantes nihil cepimus, in verbo autem tuo laxabo rete.

•««AÎTRE, nous avons traiVl vaille toute la nuit sans rien prendre ; mais sur votre parole je jetterai le filet.

L'Oraison est la Collecte de la Messe, cidessus, page io6.

1 'Antienne et les Répons qui suivent, emL pruntés par l'Office de ce jour au premier Livre des Rois, nous aideront à pénétrer dans l'ordre de considérations où l'Église se plaît à voir entrer ses fils.

antienne et répons.

Ant DR-ï^^'-^luit ANT. Y' Oavid in Philistha;um in funda et lapide, in nomine Domini.

Amt r>^'^'° l'emporta ^^^- U sur le Phifîstin

avec une fronde et une pierre

au nom du Seigneur.

'Bf. Deus omnium exauditor est : ipse misit Angelum suum et tulit me de ovibus patrisraei : , * Et unxit me unciione miseiiccrdiae suae.

'Bf. Dieu exauce tous ceux qui l'invoquent ; c'est lui qui a envoyé son Ange et m'a pris du milieu des brebis de mon père : * Pour m'oindre de l'onction de sa miséricorde.

Le Qiiatr. Dimanche après la Pentecôte.

^. C'est le Seigneur qui m'a délivré de la gueule du lion et de la griffe des fauves. * Pour m'oindre.

Ç. Le Seigneur qui m'a délivré de la gueule du lion el de la griffe des fauves . ' M'arrachera de même aux mains de mes ennemis.

f . Dieu a envoyé sa miséricorde et sa vérité, il a arraché mon âme du milieu des petits du lion * Il m'arrachera.

^ Saiil en a tué mille, et David dix mille: * Parce que la main du Seigneur était avec lui, il a frappé le Philistin et enlevé l'opprobre d'Israël.

f. N'est-ce pas là ce David dont on chantait dans les chœurs . Saiil en a tué mille, •t David dix mille ? * Parce que.

Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit. * Parce que.

f. Domiaus qui eripuit me de ore leonis, et de manu bestiae liberavit me. * Et unxit.

^ Dominusqui eripuit me de ore leonis, et de manu bestix liberavit me : * Ipse me eripiet de manibus inimicorum me» orum.

^. Misit Deus misericordiam suam et veritatem suam, animam meam eripuit de medio catulolorum leonum. * Ipse.

fl. Percussit Saul mille, et David decem millia : * Quia manus Domini erat cum illo, percussit Philisthaîum et abstulit opprobrium ex Israël.

f . Nonne iste est David de quo canebant in choro, dicentes : Saul percussit mille et I)avid decem millia ? * Quia.

Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto. * Quia.

Ajoutons la Préface très ancienne de l'E- glise Romaine pour ce jour. On doit savoir en effet qu'autrefois les Préfaces étaient bien plus multipliées que de nos jours, et qu'en particulier chaque Dimanche avait la sienne.

122 Le Temps après la Pentecôte.

•mj ERE dignum tibi graV tias agere, aeterne Deus. Quoniarn illa festa rémanent, quibus nostrae mortalitati procuratur immortale commercium, ac temporali vitae subrogatur œternitas, et de peccati pœna peccatà mundantur, mirifîcisque modis conficitur de perditionesalvatio, ut status conditionis humanae, qui per felicitatis insolentiam venit ad tristitiam, humilis et modestus ad aeterna gaudia redeat per mcerorem.

C'est une chose vraiment digne de vous rendre grâces. Dieu éternel. Car voici que sont à nous ces jours solennels où notre mortalité se voit offrir un commerce immortel : à la vie du temps se substitue l'éternité, la peine du péché purifie les péchés, et, par un procédé merveilleux, de la perte sort le salut ; ainsi l'état de l'humaine condition qu'une arrogante félicité avait conduite à tristesse, est ramené dans une humble retenue par la douleur aux joies éternelles.

Terminons par cette Oraison qui revient

Elus d'une fois dans les formules de la iturgie ambrosienne à cette époque de l'année, et se retrouve aussi au Sacramentaire gélasien.

DEUS qui te in rectis ac sinceris manere pectoribus asseris r da nobis tua gratia taies exsistere, in quibus habitare disneris. Per DoODlEU qui assurez demeurer dans les cœurs droits et sincères ; accordeznous d'être tels par votrgrâce, que vous daigniej habiter en nous. Par Jésus Christ.

E Dimanche est le cinquième de saint Matthieu pour les Grecs ; il était connu chez les Latins sous le nom de Dimanche de la Pèche, avant que l'Eglise eût transféré au Dimanche précédent l'Evangile d'où, lui était venue cette dénomination. La semaine qu'il commence est désignée comme première après la fête des Apôtres ou de saint Pierre en d'anciens lectionnaires, en d'autres comme deuxième ou troisième après la même fête ; ces divergences et d'autres semblables, qu'il n'est pas rare de rencontrer dans les livres liturgiques du moyen âge, tiennent à la date plus ou moins tardive de la Pâque dans les années où furent dressés ces documents.

L'Eglise a commencé cette nuit la lecture du second livre des Rois, qui débute par le récit de la fin malheureuse de Saûl et l'avènement de David au trône d'Israël. L'exaltation du fils de Jessé marque le point culmi124 ^^ Cinq. Dimanche après la Pentecôte.

nant de la vie prophétique de l'ancien

Eeuple ; en lui Dieu trouvait son serviteur dèîe 1, et il allait le montrer au monde comme la plus complète figure du Messie à venir. Un serment divin garantissait au nouveau roi l'avenir de sa race ; son trône devait être éternel ~ : car il devait devenir un jour le trône de celui qui serait appelé le Fils du Très-Haut, sans cesser d'avoir David pour père 3.

Mais au moment où la tribu de Juda acclamait dans Hcbron l'élu du Seigneur, les circonstances n'étaient pas toutes, il s'en faut, à l'allégresse et à l'espoir. L'Eglise, hier à Vêpres, empruntait une des plus belles Antiennes de sa Liturgie au chant funèbre inspiré à David par la vue de ce diadème ramassé dans la poussière ensanglantée du champ de bataille où venaient de succomber les princes d'Israël : « Montagnes « de Gelboé, que la rosée ni la pluie ne « descendent point sur vous; car c'est là « qu'a été jeté le bouclier des forts, le bou« clier de Saûl. comme si l'huile sainte n'eût « point marqué son front. Comment les forts « sont-ils tombés dans l£ combat ? Jonathas « a été tué sur les hauteurs; Saûl et Jona« thas, aimables et beaux durant leur vie, « n'ont point non plus été divisés dans la « mort. »

Inspirée par le voisinage de la solennité des Apôtres, au 29 juin, et du jour où l'Office

I. Psalm. Lxxxviii, 21. — 2. Ibid. 36-38. — 3. Luc

A la Messe. / 2 5

du Temps ramène chaque année cette Antienne, l'Eglise en applique les derniers mots à saint Pierre et à saint Paul durant l'octave de leur fête : « Glorieux princes de la terre, (( ils s'étaient aimés pendant leur vie, s'é« crie-t-elle ; ils n'ont point davantage éic « séparés dans la mort 1 ! » Comme le peuple hébreu à cette époque de son histoire, plus d'une fois l'armée chrétienne n'a salué l'avènement de ses chefsque sur une terre humide du sang de leurs prédécesseurs.

DE même que Dimanche dernier, l'Eglise semble s'être plue à rattacher aux lectures de la nuit l'entrée du Sacrifice. L'Introït est tiré en effet du Psaume xxvi, composé par David à l'occasion de son couronnement dans Hébron. Il exprime l'humble et confiante supplication de celui à qui tout fait défaut ici-bas, mais dont le Seigneur est la lumière et la force. Dans les circonstances que nous avons rappelées, il ne fallait rien moins qu'une foi aveugle aux promesses divines pour soutenir le courage de l'ancien berger de Bethléhemet de la nation qui devenait son peuple. Mais comprenons en même temps ciue la royauté du fils de Jessé et de sa descendance , dans l'ancienne Jérusalem , représente pour l'Eglise une royauté plus sublime, une dynastie plus haute, qui sont la

I. Ant. Oct. Apost. ad Benedict, si quid patimini propter justitiam, beati. Timorem autem eorum ne timueritis, et non conturbetnini. Dominum autem Christum sanctificate in cordibus vestris.

souffrir quelque chose pour la justice, heureux serezvous ! ne craignez point leurs menaces, n'en soyez point troublés; mais sanctifiez le Seigneur Christ en vos cœurs.

1 'Evangile nous faisait assister, il y a huit

*^ jours, au travail apostolique amenant du sein des eaux les pierres vivantes dont le Christ Jésus bâtit son Eglise. Aujourd'hui c'est le chef de la pèche mystérieuse, Simon tils de Jean, qui, prenant la parole dans notre Epître, s'adresse aux éléments divers qui doivent former la cité sainte , matériaux sacrés rassemblés du fond des abîmes pour resplendir désormais comme autant de perles brillantes à l'admirable lumière du Sauveur des saints '. Le Fils de Dieu, en effet, n'est point venu des cieux dans un autre but que de fonder sur terre une ville merveilleuse où Dieu lui-même pût habiter dignement -, que d'élever à son Père un temple incomparable où la louange et Tamour, s'exhalant sans fin des pierres mêmes qui composeraient ses murs, désignassentnoblement l'enceintedu grand Sacrifice 3. Lui-même s'est fait le fondement de l'édifice trois fois saint où doit brûler l'holocauste éternel * ; et cette qualité de fondement du nouveau temple, il l'a communiquée à Simon son vicaire s, voulant que ce titre de Pierre, devenu le nom unique de son repréI. I Petr. II, 9. — 2. Apoc. XXI, 2-i. — 3. I Petr. Il, 4-b. — 4. Ibid. 6-7. — 5. Matth. XVI, iS.

A la Messe.

i2q

sentant ici-bas, rappelât jusqu'au dernier jour à tous les siens l'unique but de ses divins travaux. Ecoutons avec une reconnaissance respectueuse, de la bouche même du vicaire de l'Homme-Dieu, les avis pratiques qui découlent pour nous de cette grande vérité ; et suivons pieusement la sainte Eglise qui, en cette saison dominée sur le cycle sacré par l'astre radieux du prince des Apôtres, ramène sans cesse ses fils vers le pasteur et l'évéque de leurs âmes •.

L'union d'une vraie charité, la concorde et la paix à maintenir à tout prix comme condition de leur félicité présente et future: tel est l'objet des recommandations adressées par Simon devenu Pierre à ces autres pierres choisies qui s'appuient sur lui, et forment les assises du temple élevé par le Fils de l'homme à la gloire du Très-Haut. La solidité et la durée des palais de la terre eux-mêmes ne dépendent-elles pas, en effet, de l'union plus ou moins persistante et intime des matériaux qui les composent ? C'est l'union encore qui fait ia force et la splendeur des mondes; vienne à cesser l'attraction mutuelle qui harmonise leurs mouvements dans un vaste concert, vienne à se briser pour chacun d'eux la cohésion qui lie leurs atomes, et l'univers ne sera plus qu'une poussière ténébreuse, impalpable et sans nom. Le Créateur a fait régner dans les célestes sphères une concorde admirable 2, et lui-même il s'écrie : « Qui donc endormira le concert des cieux s ? » Et cependant,

1. 1 Petr. II, 2 3.— 2.J0B.XXV, 2.-3. /*ii. XXXVIII, 37.

i3o Le Cinq. Dimanche après la Pentecôte.

de même que la terre périra dans sa forme présente, les cieux aussi passeront comme un vêtement usé '. Quel sera donc l'élément de stabilité, le ciment sans pareil du palais préparé pour demeure au Dieu dont les mondes se déclareront impuissants à porter la durée ? Car l'Eglise alors même restera stable, embaumant sans fin des parfums de l'Epoux le trône de la Trinité souveraine établi dans ses murs.

C'est à l'Esprit sanctificateur qu'ici encore il appartient de nous expliquer le mystère de cette union qui fait la cité sainte^, et dont la persévérance défie les siècles. La charité versée dans nos cœurs au sortir des eaux est empruntée à l'amour même qui règne au sein de l'adorable Trinité; car les opérations de l'Esprit dans les saints n'ont point d'autre but que de les faire entrer en participation des divines énergies. Devenu la vie de l'âme régénérée, le feu divin la pénètre de Dieu tout entière ; il communique à son amour créé et fini la direction et la puissance de la flamme éternelle. Le chrétien doit donc aimer comme Dieu désormais ; la charité n'est vraie en lui qu'autant qu'elle atteint, dans la simplicité de sa flamme divine, l'objet complet de l'amour infini. Or tel est l'ineffable commerce d'amitié véritable établi par l'ordre surnaturel entre Dieu et ses créatures intelligentes, qu'il daigne les aimer de l'amour dont il s'aime lui-même ; la charité doit donc embrasser elle aussi, dans l'unité de ses actes d'amour, non seuleI. Psalm. Cl, 26-28. — 2. Psalm. cxxi, 3.

A la Messe. i3i

ment Dieu, mais tous les êtres appelés par lui en participation de sa vie bienneureuse. Comprenons maintenant l'incomparable puissance de l'union dans laquelle l'EspritSaint établit l'Eglise : rien d'étonnant aue ses liens soient plus forts que la mort, sa cohésion plus résistante que l'enfer ' ; car le ciment qui joint les pierres vivantes de ses murailles possède la force de Dieu même et la stabilité de son amour éternel. L'Eglise est bien cette tour bâtie sur les eaux, qui apparut à Hermas formée de pierres resplendissantes et si intimement assemblées, que l'oeil ne découvrait point leurs jointures 2.

Mais comprenons aussi l'importance pour tous les chrétiens de l'union mutuelle, de cet amour des frères, si fréquemment, si fortement recommandé par la voix des Apôtres, ces coopérateurs de l'Esprit dans l'editication de la sainte Eglise. L'abstention du schisme et de l'hérésie, dont l'Evangile rappelait, il y a huit jours, les excès désastreux , la répression même des passions haineuses ou des aigreurs jalouses, ne suffiraient point à faire de nous des pierres utiles dans ce grand œuvre; il y faut un amour effectif, dévoué , persévérant, qui joigne véritablement et harmonise comme il convient les âmes et les coeurs; il y faut cette charité débordante et seule digne de ce nom qui, nous montrant Dieu même en nos frères, fait vraiment nôtres leur bonheur et leurs maux. Loin de nous la somnolence

I. Cant. vin, 6. — 2. Herm. Past. L. i, Visio ni, 2.

i3o Le Cinq. Dimanche après la Pentecôte.

de même que la terre périra dans sa forme présente, les cieux aussi passeront comme un vêtement usé '. Quel sera donc l'élément de stabilité, le ciment sans pareil du palais préparé pour demeure au Dieu dont les mondes se déclareront impuissants à porter la durée ? Car l'Eglise alors même restera stable, embaumant sans fin des parfums de l'Epoux le trône de la Trinité souveraine établi dans ses murs.

C'est à l'Esprit sanctificateur qu'ici encore il appartient de nous expliquer le mystère de cette union qui fait la cité sainte^, et dont la persévérance défie les siècles. La charité versée dans nos cœurs au sortir des eaux est empruntée à l'amour même qui règne au sein de l'adorable Trinité; car les opérations de l'Esprit dans les saints n'ont point d'autre but que de les faire entrer en participation des divines énergies. Devenu la vie de l'âme régénérée, le feu divin la pénètre de Dieu tout entière ; il communique à son amour créé et fini la direction et la puissance de la flamme éternelle. Le chrétien doit donc aimer comme Dieu désormais ; la charité n'est vraie en lui qu'autant qu'elle atteint, dans la simplicité de sa flamme divine, l'objet complet de l'amour infini. Or tel est l'ineffable commerce d'amitié véritable établi par l'ordre surnaturel entre Dieu et ses créatures intelligentes, qu'il daigne les aimer de l'amour dont il s'aime lui-même ; la charité doit donc embrasser elle aussi, dans l'unité de ses actes d'amour, non seuleI. Psalm. CI, 26-28. — 2. Psalm. cxxi, 3.

A la Messe. i3i

ment Dieu, mais tous les êtres appelés par lui en participation de sa vie bienheureuse. Comprenons maintenant l'incomparable puissance de l'union dans laquelle l'EspritSaint établit l'Eglise : rien ci'étonnant que ses liens soient plus forts que la mort, sa conésion plus résistante que l'enfer > ; car le ciment qui joint les pierres vivantes de ses murailles possède la force de Dieu même et la stabilité de son amour éternel. L'Eglise est bien cette tour bâtie sur les eaux, qui apparut à Hermas formée de pierres resplendissantes et si intimement assemblées, que l'œil ne découvrait point leurs jointures 2..

Mais comprenons aussi l'importance pour tous les chrétiens de l'union mutuelle, de cet amour des frères, si fréquemment, si fortement recommandé par la voix des Apôtres, ces coopérateurs de l'Esprit dans l'édification de la sainte Eglise. L'abstention du schisme et de l'hérésie, dont l'Evangile rappelait, il y a huit jours, les excès désastreux , la répression même des passions haineuses ou des aigreurs jalouses, ne suffiraient point à faire de nous des pierres utiles dans ce grand œuvre ; il y faut un amour effectif, dévoué , persévérant, qui joigne véritablement et harmonise comme il convient les âmes et les cœurs ; il y faut cette charité débordante et seule digne de ce nom qui, nous montrant Dieu même en nos frères, fait vraiment nôtres leur bonheur et leurs maux. Loin de nous la somnolence

I. Cant. vni, 6. — 2. Her.m. Past. L. i, Visio m, 2.

i32 Le Cinq. Dimanche après la Pentecôte.

égoïste où se complaît l'àme paresseuse, où trop souvent des âmes faussées croient satisfaire d'autant mieux à la première des vertus qu'elles se désintéressent plus complètement de ce qui les entoure. Sur de telles âmes le ciment di\in ne peut avoir prise: pierres impropres à toute construction, que rejette le céleste ouvrier, ou qu'il laisse sans emploi au pied des murailles, parce qu'elles ne s'adaptent pas à l'ensemble et ne sauraient s'appareiller. Malheur à elles cependant, si l'édifice s'achève sans qu'elles aient mérité de trouver place en ses murs ! Elles comprendraient alors, mais trop tard, que la charité est une, que celui-là n'aime pas Dieu qui n'aime pas son frère i, et que celui qui n'aime pas demeure dans la mort^. Plaçons donc, avec saint Jean, la perfection de notre amour pour Dieu dans l'amour de nos frères •' : alors seulement nous aurons Dieu en nous^; alors seulement nous pourrons jouir des ineffables mystères de l'union divine avec Celui qui ne s'unit aux siens que pour faire de tous et de lui-même un temple auguste à la gloire de son Père.

Le Graduel, rentrant dans l'ordre d'idées qui inspire l'Introït du jour, demande la protection divine pour le peuple rangé sous le sceptre de l'oint du Seigneur. Le \'erset annonce les victoires du Christ Roi, et le salut qu'il apporte à la terre.

I JoHA>f. IV, 21. — 2. IbiJ. III, 14. — 3 IbiJ. IV.

- 4- itid.

.1 lit Messe.

i33

Vous qui êtes notre protecteur, regardez-nous,

6 Dieu ! et jetez les yeux sur vos serviteurs.

t. Seigneur Dieu des armées, exaucez les prières de vos serviteurs.

Âlleluia, alléluia.

'f. Seigneur, le Roi se réjouira dans votre force, et il tressaillira grandement dans le salut que vous lui donnerez. Alleluia.

p ROTECTOR noster as* pice, Deus : et respice super servos tuos.

j^. Domine Deusvirtutum, exaudi preces servorum tuorum.

Alleluia, alleluia.

j^. Domine, in virtute tua laetabitur Re.x : et super salutare tuum exsullabit vehementer. Alleluia.

La suite du saint Evangile selon saint Matthieu. Chap. v

EN ce temps-là. Jésus dit à ses disciples : Si votre justice n'est plus grande que celle des Scribes et des Pharisiens, vous n'entrerez point dans le royaume des cieux. Vous avez appris qu'il a été dit aux anciens : Vous ne tuerez point, et quiconque tuera méritera d'être condamné par le jugement. Mais moi, je vous dis que quiconque se met en colère contre son frère méritera d'être condamné par le jugement ; celui qui aura dit à son frère : Raca, méritera d'être condamné par le conseil ; celui qui lui dira : Vous êtes un fou, méritera d être conSequentia sancti Evangelii secundum Matthaeum. Cap. v.

IN illo tempore : Dixit Jésus discipulis suis : Nisi abundaverit justitia vestra plusquam Scribarum et Pharisaeorum, non intrabitis in regnum coelorum. Audistis quia dictum est antiquis : Non occides : qui autem occiderit, reus erit judicio. Ego autem dico vobis : quia omnis qui irascitur fratri suo, reus erit judicio. Qui autem dixerit fratri suo, raca : reus erit concilie. Qui autem dixerit, fatue : reus ent gehennas ignis. Si ergo ofFers munus tuum aJ altare, et ibi recordalus

i34 J^e Cinq. Dimanche après la Pentecôte.

fueris quia frater tuus habet aliquid adversum te : relinque ibi munus tuum ante altare, et vade prius reconciliari fratri tuo : et tune veniens offeres munus tuum.

damné à la géhenne de feu. Si donc lorsque vous présentez votre offrande à l'autel, vous vous rappelez que votre frère a quelque chose contre vous, laissez là votre offrande devant l'autel, et allez, d'abord vous réconcilier avec votre frère ; et venant ensuite, vous présenterez votre offrande.

LES jours s'écoulent rapidement pour l'ancienne Jérusalem ; dans moins d'un mois, la ruine affreuse de la cité qui ne connut point le temps de la visite de son Seigneur ^, aura passé sous nos yeux. C'est au neuvième Dimanche après la Pentecôte, dans ces mois de juillet et d'août qui virent sous Vespasien les dernières convulsions du peuple déicide, que la sainte Liturgie a placé la mémoire de ce terrible accomplissement des prophéties du Sauveur. En attendant, l'ancien temple, toujours debout, continue de fermer aux nations ses portes intérieures, et prétend retenir encore la Divinité sous les voiles du vieux Testament, dans son sanctuaire impénétrable aux fils mêmes d'Israël. Depuis cinq semaines déjà cependant, l'Eglise a commencé d'élever en Sion ses immortelles assises. En face du monument de l'alliance restreinte et imparfaite du Sinai, l'EspritSaint l'a fondée comme le rendez-vous de l'allégresse de la terre entière -, comme la ville du grand Roi, où tous désormais conI. Luc. XIX, 44. — 2. Psalm. xlvii, 3.

A la M es ne.

i3i

naîtront Dieu' ; aussi n'a-t-elle cessé de se montrer à nous, depuis le commencement, comme le lieu des délices de la Sagesse éternelle -' et le vrai sanctuaire de l'union divine.

La loi de crainte et de servitude 3 est donc définitivement abrogée par la loi d'amour. Un reste d'égards pour l'institution autrefois agréée, qui fut la dépositaire des oracles divins '*, laisse encore à la première génération des convertis de Juda la libre observation des coutumes de leurs pères ; mais cette tolérance doit elle-même disparaître avec le temple, dont la chute prochaine scellera pour jamais le tombeau de la synagogue. Dès maintenant, les prescriptions du code mosaïque ne suffisent plus à justifier devant Dieu les enfants de Jacob. Les ordonnances rituelles, qui avaient pour but d'entretenir par un ensemble de représentations figuratives l'attente du Sacrifice à venir, ont perdu leur objet depuis l'accomplissement des mystères qu'elles annonçaient. Les commandements eux-mêmes du décalogue, ces lois nécessaires qui sont de tous les temps et ne peuvent changer, parce qu'elles tiennent à l'essence des rapports existants entre les créatures et leur auteur, ont brillé d'un éclat si nouveau sous les feux du Soleil de justice, que leur portée s'en est trouvée, pour la conscience humaine, immensément agrandie.

Indépendamment du précepte positif concernant le fruit de l'arbre de la science,

3. Rom. vni, i3. — 4. IbiJ. ui. 2 vni, 3i ; IX, i. —

i36 Le Cinq. Dimanche après la Pentecôte.

l'homme, dans Eden, avait reçu de Dieu, en même temps que la vie, la connaissance de ces lois éternelles. Cette connaissance depuis lors, il n'aurait pu s'en dégager ou la perdre entièrement, sans cesser d'être homme ; car elle lui avait été donnée comme son être lui-même, comme la règle naturelle de ses jugements pratiques, et elle formait ainsi, pour une part, sa raison même. Mais la raison de l'homme s'étant obscurcie grandement par le fait de la chute, l'ombre désastreuse gagna dans son âme jusqu'à la notion, d'abord si complète et si claire, des obligations morales résultant pour lui de sa propre nature. La malice de la volonté dépravée, mettant à profit d'autre part cet affaiblissement originel de la raison, accrut bientôt en d'effrayantes proportions des ténèbres qui favorisaient ses excès. On vit les peuples, victimes volontaires ou insouciantes d'aberrations étranges, régler leurs mœurs sur des maximes faussées, tellement contraires parfois aux principes de la plus élémentaire morale, que nos générations redressées par la foi se refusent à y croire. Les descendants des patriarches, préservés plus que d'autres par la bénédiction donnée à leurs pères, furent loin toutefois d'échapper entièrement à l'universelle déviation. Lorsque Moïse, envoyé par Dieu, les constitua en corps de nation sûr la base même de la fidélité à cette loi écrite qui venait restaurer la loi de nature, plus d'un point que le libre essor de cette dernière eût réclamé dut rester dans l'ombre; le Seigneur nous l'apprend, Muïse fut obligé d'accorder quelque cnose à la duA la Messe. i3j

reté de leur cœur '. Il ne put faire surtout qu'après sa mort, les docteurs privés et les sectes particulières qui s'élevèrent dans la nation n'arrivassent à corrompre, sous l'eftbrt de vaines traditions et d'interprétations erronées, l'esprit, sinon toujours la lettre même de la loi du Sinai.

La loi de Dieu, revotant pour le Juif le caractère d'une charte nationale, était placée en cette qualité sous la sauvegarde du pouvoir public; des tribunaux, plus ou moins élevés suivant rimp)ortance des causes qui leur étaient déférées, jugeaient les infractions commises ou les crirnes accomplis contre elle. Mais, en dehors du tribunal sacré de la loi de grâce où Dieu même agit et parle en la personne du prêtre, tout jugement exercé par des hommes, si imposante que soit leur autorité, ne saurait avoir pour objet que des faits extérieurs; Moise, dans sa législation, n'avait donc point assigné de sanction pénale pour ces fautes intimes de la conscience, qui, toutes graves qu'elles puissent être, échappent néanmoins, par leur nature, à l'appréciation comme à la connaissance des sociétés et des pouvoirs humains qui les régissent. C'est ainsi qu'aujourd'hui, l'Eglise elle-même n'applique point ses censures aux crimes de l'âme qui ne se manifestent pas dans un acte quelconque tombant sous les sens; comme Moïse l'avait fait, sans mettre en doute la culpabilité des pensées ou désirscriminels, elle laisse à Dieu le jugement de causes dont lui seul peut connaître.

I. Matth. XIX, 8.

i38 Le Cinq. Dimanche après la Pentecôte.

Mais s'il n'est personne aujourd'hui, parmi les enfants de l'Eglise, qu'une distinction si simple et si conforme à la nature de tout droit social puisse induire en erreur, il n'en fut pas de la sorte au sein du peuple hébreu. Longtemps la voix des propriétés s'évertua sans relâche à porter au delà du monde présent la pensée alourdie de cette race si gratuitement privilégiée ; mais alors même l'esprit étroit, exclusif, de la nation ne put jamais se faire à l'idée que les principes divinement inspirés de sa constitution politique et la forme extérieure de sa législation recouvrissent une réalité immatérielle, bien autrement vivante et profonde. Aussi lorsaue, peu après le retour de la captivité, les erniers représentants du ministère prophétique, disparaissant, laissèrent le champ libre à l'éclosion de systèmes en rapport avec ces tendances mesquines, les casuistes Juifs eurent bientôt trouvé la formule de cette morale étrange des circoncis, dont saint Paul nous apprencf qu'elle faisait le scandale des nations i. Confondant le domaine intime de la conscience avec le théâtre forcément restreint de la justice publique, ils apprécièrent les obligations du for intérieur à la mesure des règles établies pour guider cette dernière, et s'habituèrent promptement, dans cette voie, à n'estimer que ce qui était vu des hommes, à négliger tout ce qui ne tombe pas sous les yeux. L'Evangile est rempli des malédictions du Sauveur contre ces guides aveugles étouffant sous l'écorce de la

A la Messe. i3g

lettre, dans les âmes qu'ils prétendent conduire, la loi, la justice et l'amour; l'HommeDieu dénonce en toute occasion, il flagelle, il flétrit sans pitié ces Scribes et ces Pharisiens hypocrites purifiant sans fin le dehors du vase, et pleins au dedans d'impureté, d'homicide et de rapine '.

Le Verbe divin descendu pour sanctifier les hommes dans la vérité, c'est-à-dire en luimême -, devait en eftet rendre avant tout leur splendeur première, ternie par le temps, aux immuables principes de justice et de droit

aui reposent en lui comme en leur centre. 'est ce cju'il fit tout d'abord et avec une solennité mcomparable, après l'appel de ses disciples et l'électicn des douze, dans le passage du Sermon sur la montagne où l'E- glise a choisi l'Evangile de ce jour. En cela il venait, déclarait-il, non point condamner ou détruire la loi ^, mais rétablir contre les Scribes et les Pharisiens son vrai sens, et lui donner cette plénitude que les anciens du temps de Moïse eux-mêmes n'avaient pu porter II faut lire en entier, dans saint Matthieu, cet important passage dont les explications qui précèdent suffiront à donner l'intelligence.

Dans les quelques lignes que l'Eglise en a empruntées, la pensée du Sauveur est qu'on ne doit point estimer à la mesure des tribunaux d'ici-bas le degré de justice nécessaire à l'entrée du royaume des cieux. La loi juive déférait l'homicide au tribunal crimiI. MaTTH. XXIII, etc. — 2. JOHAN. XVII, 17, IQ. —

140 Le Cinq. Dimanche après la Pentecôte, nel dit du jugement ; et lui, le Maître et l'auteur de la loi, il déclare que la colère, ce premier pas vers l'homicide, fût-elle restée dans les replis les plus secrets de la conscience, peut amener à elle seule la mort de l'âme, encourant ainsi véritablement, dans l'ordre spirituel, la peine capitale réservée dans l'ordre social de la vie présente à l'homicide accompli. Si, sans même en venir aux coups, cette colère s'échappe en paroles méprisantes, comme l'expression syriaque de raca, homme de rien, la faute devient si grave, qu'appréciée à sa valeur réelle devant Dieu, elle dépasserait la juridiction criminelle ordinaire pour ne relever que du conseil suprême (ie la nation. Si du mépris on passe à l'injure, il n'est plus rien dans la gradation des procédures humaines qui puisse donner une idée de l'énormité du péché commis. Mais les pouvoirs du juge souverain ne s'arrêtent point, comme ceux des hommes, à une limite donnée : la charité fraternelle, foulée aux pieds,jtrouvera toujours au delà du temps son vengeur. Tant est grand le précepte de la sainte dilection qui unit les âmes ! tant s'oppose directement â l'œuvre divine la faute qui, de près ou de loin, vient compromettre ou troubler l'harmonie des pierres vivantes de l'édifice qui s'élève ici-bas, dans la concorde et l'amour, à la gloire de l'indivisible et pacifique Trinité!

A mesure que les années se succèdent pour le peuple élu, il comprend toujours mieux son bonheur d'avoir choisi les vrais biens pour la part de son héritage. Avec son

A la Messe.

Roi, dans l'Offertoire, il chante les célestes faveurs et la présence continue du Dieu qui s'est fait son soutien.

JE bénirai le Seigneur qui m'a donné l'intelligence. Je voyais Dieu continuellement en ma présence ; car il est à ma droite, empêchant que je ne sois ébranlé.

ENEDICAM Dominum qui tribuit mihi intellectum : providebam Deum in conspectu meo semper : quoniam a dextris est mihi. ne commovear.

Demandons à Dieu, dans la Secrète, qu'il daigne recevoir favorablement, en guise des anciennes oblations, l'offrande de nos cœurs. Mais si nous voulons que cette prière ait son effet, rappelons-nous la recommandation qui termine l'Evangile du jour: les cœurs de ceux-là seuls seront agréés du Très-Haut qui sont en paix, autant du moins qu'il dépend d'eux, avec tous leurs frères.

SOYEZ propice, Seigneur, à nos prières : et recevez favorablement ces offrandes de vos serviteurs et de vos servantes, afin que ce que chacun d'eux offre ainsi pour l'honneur de votre Nom, profite au salut de tous. Par Jésus-Christ notre Seigneur.

PROPITIARE, Domine, supplicatiooibus nostris : et has oblationes famulorum famularumque tuarum benignus assume, ut, quod singuli obtulerunt ad honorem Nominis tui, cunctis proficiat ad salutem. Per Dominum nostrum Jesum Christum.

Les autres Secrètes comme ci-dessus, page

14^ Le Temps après la Pentecôte.

La secourable présence de Dieu, que célébrait l'Antienne de l'Offertoire, ne marquait point le terme des divines condescendances. Conquis par l'amour infini dans l'ineffable union des Mystères sacrés, le peuple saint ne désire plus, ne demande plus que d'être admis à se fixer pour jamais dans la maison du Seigneur.

UNAM petii a Domino, hanc requiram : ut inhabitem in domo Domini omnibus diebus vitaj meas.

J'ai demandé une seule chose au Seigneur, je ne veux qu'elle : c'est d'habiter dans la maison du Seigneur tous les jours de ma vie.

L'effet des sacrés Mystères est multiple : ils purifient jusqu'aux retraites les plus cachées des âmes, et nous protègent au dehors contre les embûches dressées sur la \oie du salut. Disons donc avec l'Eglise, dans la Postcommunion :

Ouos cœlesti, Domine, dono satiasti, praesta quaesumus : ut a nostris mundemur occultis, et ab hostium liberemur insidiis. Per Dominum nostrum Jesum Christum.

Les autres page 119,

ACCORDEZ , nous vous en supplions, Seigneur, à ceux que vous avez rassasiés du don céleste, d'être purifiés de leurs souillures cachées et délivrés des embûches de l'ennemi. Par Jésus-Christ notre Seigneur.

Postcommunions ci-dessus ,

Le Cinq. Dimanche après la Pentecôte. 143

ES Psaumes, les Antiennes, le Capitule, l'Hymne et le Verset, ci-dessus, pages 52-

ANTIENNE DE Alîignificat.

SI lorsque vous présente^ voire olfrande à Tautel. vous vous rappelez que votre frère a quelque chose contre vous, laissez là votre offrande devant l'autel, et allez d'abord vous réconcilier avec votre frère ; et venant ensuite, vous présenterez votre offrande, alléluia.

C I offers munus tuum

■ ' ad altare, et recordatus fueris quia frater tuus habet aliquid adversus te, relinque ibi munus tuum ante altare, et vade prius reconciliari fratri tuo, et tune veniens offeres munus tuum, alléluia.

L'Oraison ci-dessus, /^îg^e 126.

VOICI l'Antienne des premières Vêpres et les Répons qui concordent avec les lectures de l'Office de la nuit.

Gelboé, que la rosée ni la pluie ne descendent point sur vous ; car c'est la qu'a été jeté le bouclier des forts, le bouclier de Saiil, comme si l'huile sainte n'eût point marqué son front. Comment les torts sont-ils tombés dans le combat ? JoDathas a été tué sur les hauteurs ; Saûl et Jonathas, aiAnt. ^

boe , nec ros nec pluvia veniant super vos : quia in te abjectus est clypeus fortium , clypeus Saul , quasi non esset unctus oleo. Quomodo ceciderunt fortes in bello ? Jonathas in excelsis inlerfectus est : Saul et Jonathas, amabiles et decori

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