L'Année liturgique — Le Temps après la Pentecôte (t. 10-15) (page 20)

Dom Prosper Guéranger · Vie de piété

Texte français, domaine public · Source : archive.org — L'Année liturgique t. 10-15, éd. 1911 (OCR) · 70 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

404 Le Quin:(, Dimanche après la Pentecôte.

ambulemus. Non efficiamur inaais glorise cupidi, invicem provocantes, invicem invidentes. Fratres, et si prasoccupatus fuerit homo in aliquo delicto, vos, qui spirituales estis, nujusmodi instruite in spiritu lenitatis, considerans te ipsum, ne et tu tenteris. Alter alterius onera portate, et sic adimplebitis legem Christi. Nam si quis existimat se aliquid esse, cum nihil sit, ipse se seducit. Opus autem suum probet unusquisque, et sic in semetipso tantum gloriam habebit, et non in altero. Unusquisque enim onus suum portabit. Communicet autem is, qui catechizatur verbo, ei, qui se catechizat, in omnibus bonis. Nolite errare : Deus non irridetur. Quae enim seminaverit homo, hsec et metet. Quoniam qui seminat in carne sua, de carne et metet corruptionem : qui autem seminat in spiritu, de spiritu metet vitam aeternam. Bonum autem facientes, non deficiamus : tempore enim suo metemus, non déficientes. Ergo dum tempus habemus, operemur bonum ad omnes, maxime

aussi selon l'Esprit. Ne nous laissons point emporter par le désir de la vaine gloire, nous provoquant les uns les autres, nous jalousant les uns les autres. Mes Frères, si un homme tombe par surprise en quelque faute, vous qui êtes spirituels, relevez-le dans un esprit de douceur, chacun de vous faisant réflexion que la tentation peut aussi l'atteindre. Portez les fardeaux les uns des autres, et vous accomplirez ainsi la loi du Christ. Car si quelqu'un s'estime être quelque chose, lorsqu'il n'est rien, il se trompe lui-même. Mais que chacun examine ses œuvres, et ainsi il aura sa gloire seulement en lui-même, et non dans les autres. Car chacun portera son propre fardeau. Que celui à qui l'on enseigne les choses de la foi assiste de ses biens en toute manière celui qui l'instruit. Ne vous y trompez pas : on ne se moque point de Dieu. L'homme recueillera ce qu il aura semé : celui qui sème dans sa chair recueillera de la chair la corruption ; celui qui sème dans l'esprit, recueillera de l'esprit la vie éternelle. Ne nous lassons point de faire le bien : nous recueillerons, le temps venu, sans nous lasser. Donc, tandis que nous en avons ie temps, faisons du bien a tous,

A la Messe. 40 5

mais surtout à nos frères 1 autem ad domeslicos dans !a foi. | fidei.

LA sainte Eglise reprend la lecture de saint Paul où elle l'avait laissée il y a huit jours. C'est la vie spirituelle, la vie produite par l'Esprit-Saint dans nos âmes pour remplacer celle de la chair, qui continue d't^ire l'objet des instructions apostoliques. La chair une fois domptée, nous ne devons pas croire achevé pour cela l'édifice de notre perfection; outre que la lutte doit continuer après la victoire, sous peine d'en voir compromettre les résultats, il faut veiller à ce que l'une ou l'autre des têtes de la triple concupiscence ne profite point du moment où l'effort de l'âme est porte ailleurs, pour se redresser, et faire des blessures d'autant plus dangereuses souvent qu'on songerait moins à s'en préserver. La vaine gloire principalement, toujours prête à infecter de son venin subtil jusqu'aux actes eux-mêmes de l'humilité et de la pénitence, demande à l'homme qui veut servir Dieu, et non se plaire à lui-même dans sa vertu, une surveillance des plus actives.

Quelle folie ne serait-ce pas à un condamné racheté par la flagellation de la peine capitale qu'il avait méritée, de se glorifier des coups marqués dans sa chair par le fouet à châtier les esclaves ? Que cette folie ne soit jamais la nôtre ! Il paraît bien cependant qu'elle pourrait l'être, puisque l'Apôtre fait suivre immédiatement ses avis sur la mortification des passions de la recommandation d'éviter la vaine gloire. Et en effet, nous ne

4o6 Le Qitin::;. Dimanche après la Pentecôte

serons aksurés pleinement de ce côté, qu'autant que l'humiliation physique infligée au corps aura chez nous pour principe l'numiliation réfléchie de l'àme devant sa misère. Les anciens philosophes avaient, eux aussi, des maximes sur la répression des sens; et la pratique de ces maximes célèbres était le marchepied dont s'aidait leur orgueil pour s'élever jusqu'aux cieux. C'est qu'ils étaient loin en cela des sentiments de nos pères dans la foi, lesquels, sous le cilice et prosternés en terre ', s'écriaient du fond de l'humaine bassesse, dans l'intime de leur cœur : « Ayez pitié de moi, ô Dieu, selon « votre grande miséricorde; car j'ai été conçu « dans l'iniquité et mon péché est toujours « devant moi -. »

Imposer des souffrances au corps pour en tirer vanité, qu'est-ce autre chose que ce que saint Paul appelle aujourd'hui semer dans la chair, pour récolter au temps venu, c'est-àdire au jour où seront manifestées les pensées des cœurs 3, non la gloire et la vie, mais la confusion et la honte éternelle ? Parmi les œiivres de la chair énumérées dans l'Epître précédente se trouvent, en effet, non seulement les actes impurs, mais encore les contentions, les dissensions, les jalousies '*, qui naissent trop souvent de cette vaine gloire sur laquelle l'Apotre appelle en ce moment notre attention. La production de ces fruits détestables serait un signe trop certain que

I. I Par. XXI, l6; etc. — 2. Psaltn. l. — 3 I Cor.

A la Messe. 40 y

la sève de la grâce aurait fait place à la fermentation du péché''dans nos âmes, que, redevenus esclaves, il nous faudrait compter avec la loi et ses sanctions terribles. On ne se moque pas de Dieu; et la confiance que donne justement à quiconque vit de l'Esprit la fidélité surabondante de l'amour, ne serait plus, dans ces conditions, qu'une contre-façon hypocrite de la liberté sainte des fils du Très-Haut. Car ceux-là seuls sont ses enfants que l'Esprit-Saint conduit * dans la charité ■■^; les autres sont dans la chair, et ne peuvent plaire à Dieu 3.

Si nous voulons au contraire un signe non moins certain sous les obscurités de la foi

aue l'union divine est notre partage, au lieu e prendre occasion, pour nous enfler vainement, des défauts et des fautes de nos frères, soyons indulgents pour eux dans la considération de notre propre misère; tendons-leur, quand ils tombent, une main secourable et aiscrète; portons mutuellement nos fardeaux dans le chemin de la vie . et alors, ayant ainsi rempli la loi du Christ, nous saurons * que NOUS demeurons en lui et lui en nous. Garces ineffables paroles employées par Jésus pour marquer son intimité futiire avec quiconque mangerait la chair du fils de l'homme et boirait son san^ au banquet divin •'', saint Jean qui les avait rapportées les reprend mot pour mot, dans ses Epîtres, afin d'en faire l'application à quiconque observe dans

40 8 Le Quin:^. Dimanche après la Pentecôte.

l'Esprit-Saint le commandement de l'amour des frères '.

Oh ! puisse-t-elle donc résonner sans cesse à nos oreilles cette parole de l'Apôtre : Tandis que nous en avons le temps, faisons du bien à tous! Car un jour viendra, qui n'est plus éloigné, où l'ange portant le livre mystérieux, un pied sur la terre et l'autre sur la mer, fera retentir dans les espaces sa voix puissante comme celle du lion, et, la main levée au ciel, jurera par Celui qui vit dans les siècles sans fin que le temps n'est plus ^ ! C'est alors que l'homme recueillera dans l'allégresse ce qu'il avait semé dans les larmes 3; il ne s'était point lassé de faire le bien dans les ténébreuses régions de l'exil, il se lassera moins encore de récolter sans fin dans la vivante lumière du jour éternel.

Pensons, en chantant le Graduel, que si la louange agrée au Seigneur, c'est à la condition de s'élever d'une ame où règne l'harmonie des vertus. La vie chrétienne, réglée sur les dix commandements, est le psaltérion à dix cordes * d'où le doigt de Dieu, qui est l'Esprit-Saint ■', fait monter vers l'Epoux des accords qui ravissent son cœur.

Domino : et psallere | 1 gneur, et de chanter des

I. I .loHAN. III, 23-24; IV, I2-l3. — 2. Apoc. X, 1-6.

— 3. Psalm. cxxv, 5. — 4. Psalm. CXLIII, 9. — 5. Cf. Luc. XI, 20 ; Matth. xii, 28.

A la Messe.

40g

psaumes à votre Norn, ô TrèsHaut.

f. Pour publier le matin votre miséricorde et votre vérité durant la nuit.

Alléluia, alléluia.

y. Parce que le Seigneur est le grand Dieu et le grand Roi qui domine sur la terre entière. Âlleluia.

Nomini tuo, Âltissime.

j^. Âd annuntiandum ma ne misericordiam tuam. et veritatem tuam pcr noctem.

Alleluia, alléluia.

f. Quoniam Dcus magnus Dominus, et Rex magnus super omnem terram. Alleluia.

La suite du saint Evangile selon saint Luc. Chap. vu.

Sequentia sancti EvanEN ce temps-là, Jésus allait vers une ville appelée Naïm : et ses disciples allaient avec lui, et une foule nombreuse. Comme il approchait de la porte de la ville, voilà qu'on emportait un mort, fils unique de sa mère; et celle-ci était veuve, et beaucoup de personnes de la ville l'accompagnaient. Le Seigneur l'ayant vue, il fut touché de compassion pour elle, et lui dit : Ne pleurez pas. Et il s'approcha, et toucha le cercueil : ceux qui le portaient s'arrêtèrent. Et il dit : Jeune homme, je te le commande, lève-toi. Et le mort se leva, et commença de parler ; et Jésus le rendit à sa mère. Tous furent saisis [ de crainte, et ils glorifiaient ' Dieu, disant Un grand

prophète s'est levé parmi

gelii secundum Lucam.

IN illo tempore : Ibat Jésus in civitatem qus vocatur Naim : et ibant cum eo discipuli ejus, et turba copiosa. Cum autem appropinquaret portas civitatis, ecce defunctus efferebatur, filius unicus matris sus : et haîc vidua erat et

turba civitatis multa cum illa. Quam cum vidisset Dominus, misericordia motus super eam, di.xit illi : Noli flere. Et accessit, et tetigit loculum (hi autem qui portabant steterunt). Et ait • Adolescens, tihi dico, surge. Et resedit qui erat mortuus, et cœ- pit loqui. Et dédit illum matri suse. Accepitautem " omnes timor " et magnificabant Deum, dicentes:

410 Le Quin:{. Dimanche après la Pentecôte.

Quia Propheta magnus nous, et D'iiu a visité son surrexit in nobis : et quia peuple. Deus visitavit plebem suam.

C'est la seconde fois que la sainte Eglise présente l'Evangile qu'on vient d'entendre à nos méditations, et nous ne devons pas nous en étonner ; car les Pères choisis par elle pour en donner l'interprétation ' nous apprennent, dans les deux circonstances, que cette mère désolée qui suit en pleurs le ccmvoi de son fils est l'Église même.

Nous la vîmes une première fois apparaître à nos yeux, sous ce touchant symbole, dans les jours consacrés à la pénitence quadragésimale 2, lorsqu'elle préparait par ses jeûnes, unis aux souffrances de l'Epoux, la résurrection de ceux de nos frères qui étaient morts et que nous pûmes voir ensuite s'asseoir près de nous pleins de vie au banquet de la Pâque. Quelles ne furent pas, en ce grand jour, les joies maternelles s'unissant dans son cœur aux allégresses de l'Epouse ! Car, du même coup, Jésus, doublement \-ainqueur de la mort, mettait tin à son veuvage en sortant du tombeau et lui rendait ses fils. Et les disciples de Jésus qui le suivent de plus près en s'attachant à sa personne dans la voie des conseils, et toute la foule accompagnant l'Eglise chantaient à l'envi ces étonnants prodiges et célébraient la visite de Dieu à ' son peuple.

La Mère ne pleurait plus. Mais, depuis, i'E-

I. Ambr. in Luc. V ; AuG. Serm. 44, de verb. Dom.

— 2. ter. V post Dom. iv Quadr.

A la Messe. 4 . /

poux a disparu de nouveau, remontant vers son Père ; l'Epouse a repris les sentiers du veuvage, et les souffrances de son exil s'accroissent chaque jour immensément. Gardes pertes nombreuses n'ont point tardé de se produire parmi les tils ingrats qu'elle avait engendrés, une seconde fois ', dans la douleur et les larmes. Ces soins multipliés naguère autour des pécheurs, cet enfantement nouveau sous l'œil de son Epoux expirant avaient fait de chacun d'eux, dans la grande semaine, comme l'enfant unique de l'Eglise. Combien, après la communion de tels mystères, dit saint Jean Chrysostome, n'est-il pas douloureux pour sa tendresse de les voir retourner d'eux-mêmes au péché qui les tue! « Epargnez-moi », a-t-elle bien droit de dire selon la parole que le saint Docteur met en la bouche de l'Apôtre ; a quel autre enfant,

0 une fois au monde, vient imposer derechef

• de telles douleurs au sein maternel? » Car les chutes des fidèles, pour être réparées, ne lui causent pas un momdre travail que l'enfantement de ceux qui n'ont pas cru encore -. Et si nous comparons nos temps à cet âge où la bouche des pasteurs faisait entendre par tout l'univers ses accents respectés, est-il un seul des enfants restés fidèles à l'Eglise, qu'un tel rapprochement ne pousse à se serrer davantage autour d'une Mère si outrageusement délaissée? « Resplendissante alors de tout l'éclat des joyailx spirituels dont l'Epoux l'avait ornée au jour de ses noces, dit saint Laurent Justinien, elle tressaillait de l'accroisI Gai. IV, 19. — 2. Chrvs. De pœnit. Hom. I.

41- Le Qiiiii^. Dimanclie après la Pentecôte.

sèment de ses fils en vertu comme en nombre, les appelant à monter plus haut toujours, les offrant à son Dieu, les portant dans ses bras jusqu'aux cieux. Obéie d'eux, elle était bien la mère du bel amour et de la crainte ', belle comme la lune, éclatante comme le soleil, terrible comme une armée rangée en bataille -. Comme le térébinthe elle étendait ses rameaux 3, et, sous leur ombre, protégeait ceux qu'elle avait engendrés contre la chaleur du jour, la tempête et la pluie. Tant qu'elle put donc elle travailla, nourrissant dans son sein tous ceux qu'elle parvenait à rassembler. Mais son zèle, tout incessant qu'il fiJt, a redoublé depuis qu'elle en a vu plusieurs, et des multitudes, abandonner la ferveur première. Depuis nombre d'années, elle gémit en voyant s'étendre chaque jour l'offense de son Créateur, ses propres pertes et la mort de ses fils. Celle qui se revêtait de pourpre a pris la robe de deuil, et ses parfums n'exhalent plus leur odeur; une corde a remplacé sa ceinture d'or, on ne voit plus sa brillante chevelure, et le cilice tient lieu d'ornement sur son sein *. Aussi ne peut-elle arrêter maintenant ses lamentations et ses pleurs. Sans cesse elle prie, cherchant si par quelque manière elle n'arrivera point à, retrouver dans le présent sa beauté passée, quoiqu'elle défaille presque en sa supplication regardant comme impossible de redevenirce qu'elle était. La parole prophétique s'est accomplie pour elle : Tous ils se sont détournés

I. Eccli. XXIV, 24. — 2. Cant. vi, 9. — 3. Eccli.

x\!v, 22. — 4. IsAi. m, 24.

.4 la Messe. 41 3

de la voie, ensemble ils sont devenus inutiles ; il n'y en a point qui fassent le bien, il n'y en a pas'même un seuH !.. Les œuvres multipliées par les enfants de l'Eglise contre les préceptes divins montrent bien, dans ceux qui les font, des membres pourris et étrangers au corps du Christ. L'Eglise, cependant, se souvient de les avoir engendrés dans le bain du salut ; elle se souv^ient des promesses par lesquelles ils s'étaient engagés à renoncer au démon, aux pompes du siècle et à tous les crimes. Elle pleure donc leur chute, comme étant leur vraie mère, et elle espère toujours obtenir leur résurrection par ses larmes. O quelle pluie de larmes est répandue ainsi tous les jours en présence du Seigneur ! que de prières ferventes cette vierge très pure envoie, par le ministère des saints anges, au Christ salut des pécheurs! Elle crie dans le secret des cœurs, dans les retraites isolées, comme dans ses temples au grand jour, afin que la divine miséricorde rappelle à la vie ceux qui sont ensevelis dans le bourbier des vices. Qui dira son intime allégresse, quand elle reçoit vivants ceux qu'elle pleurait comme morts? Si la conversion des pécheurs réjouit tellement le ciel ~, combien aussi la Mère ! Selon la mesure de la douleur qu'elle avait conçue de leur perte » , la consolation déborde alors en son cœur *. »

Chrétiens préservés de la défection par la miséricorde du Seigneur, il nous appartient de

414 L^ Quin:{. Dimanche après la Pentecôte.

compatir aux angoisses de l'Eglise, et d'aider en tout les démarches de son zèle pour sauver nos frères. Il ne peut nous suffire de n'être point de ces fils insensés qui sont la douleur de leur mère • et méprisent le sein qui les a portés 2. Quand nous ne saurions pas de l'Esprit-Saini lui-même que c'est thésauriser que d'honorer sa mère ^, le souvenir de ce que lui a coûté notre naissance ^ nou^ porterait assez à ne manquer aucune occasion de 5écher ses pleurs. Elle est l'Epouse du Verbe. aux noces duquel prétendent aussi nos âmes ; à'il est vrai que cette union soit la nôtre également, prouvons-le comme l'Eglise, en manifestant dans nos œuvres l'unique pensée, l'unique amour que communique l'Epoux dans ses intimités, parce qu'il n'en est point d'autre en son cœur : la pensée de la gloire de son Père à restaurer dans le monde, l'amour des pécheurs à sauver.

Chantons avec l'Eglise, dans l'Offertoire, ses espérances réalisées ; que notre bouche ne reste jamais muette devant les bienfaits du Seigneur.

XSPECTANS exspectav

Dominum . et pexit me : et exaudivit deprecationem meam, et immisit in os meum canticum novum hymnura Deo nostro.

J'ai attendu patiemment le Seigneur, et il m'a regardé ; il a exaucé ma prière, et il m'a mis dans la bouche un cantique nouveau de louange à notre Dieu.

I. Prov. XVII, 25. — 2. Ibid. xxx, 17. — 3. Ec

A la Messe.

Confions-nous, dans la Secrète, à la garde toute-puissante des divins Mystères.

QUE vos Mystères soient 't- ua nos, Domine, sanotre garde. Seigneur; 1 cramenta c u s t oqu'ils nous protègent toujours diant : et contra diaboli:ontre les attaques des dé- ces semper tueanlur inOBons. Par Jésus-Christ. cursus. Per Dominum.

Les autres Secrètes comme ci-dessus,

La parole de Jésus rappela du trépas le fils de la veuve de Naim ; sa chair est la vie du monde dans le pain sacré que chante l'Antienne de la Communion.

LE pain que je donnerai, c'est ma chair pour la vie

du monde.

PANIS, quem ego dedero, caro mea est pro sEEculi |vita.

L'union divine ne sera parfaite en nous, qu'autant que le Mystère d'amour dominera tellement nos âmes et nos corps qu'ils en soient possédés pleinement, ne trouvant plus leur direction qu'en lui, non dans la nature. C'est ce qu'explique et demande la Postcommunion.

QUE la vertu du don céleste, nous vous en supplions, Seigneur, possède nos âmes et nos corps, afin que ce ne soit pas notre propre sens, mais l'effet de ce SacreENTES nostras et ct:> pora possideat, quœ- suraus Domine, doni cœ- lestis operatio : ut non noster sensus in nobis, sed jugiter ejus prjeve4i6 Le Temps après ia Pentecôte.

niât effectus. Per Domi- 1 ment qui nous dirige en tout, num. I Par notre Seigneur.

Les autres Postcommunions ci-dessus, page 119.

LES Psaumes, les Antifennes, le Capitule, l'Hynnne et leVerset, ci-dessus, pages 52-6i.

ANTIENNE DE Magnificat .

P ROPHETA raagnus surrexit in nobis, quia Deus visitavit pie bem suam.

a visité son peuple. L'Oraison ci-dessus, page 4o3.

UN grand prophète s'est levé parmi nous, et Dieu

'Office du Temps au Bréviaire romain nous donnera cette Antienne.

iBSERVA, fili, prsecepta patris tui, et ne dimittas legem matris tuae, sed liga eam semper in corde tuo.

Nous emprunterons •syrienne maronite un Dimanche.

OBSERVE, 6 mon fils, les préceptes de ion père, et n'abandonne pas la loi de ta mère, mais garde-la toujours en ton cœur.

ensuite à l'Eglise de ses chants du

EA die qua lux exoriens tenebras abstulit et caliginem , te adorant, Domine, coeli et terra

EN ce jour où la lumière se levant repoussa les ténèbres et la nuit, le ciel et la terre à la fois vous adorent,

Le Quin^. Dimanche après la Pentecôte. 4 1

o Seigneur, et rendent à voii^ la louange.

Du Père de lumière a brillé sur nous la clarté ravissante et splendide, chassant les ombres de cotte terre, donnant à tout éclat et vie.

Illuminez nos cœurs de la lumière de vos préceptes, ô miséricordieux ; éloignez des âmes de ceux qui vous servent les ténèbres de l'ignorance, faites que nous soyons agréables à votre gloire.

En ce même jour le Seifneur s'est levé du tombeau ans la vertu, la puissance et la force ; en ce jour aussi l'Eglise sainte a été parée des prêtres, ses ministres.

Qu'ils sont beaux les chœurs des fils de l'Eglise debout dans Id prière! de leurs rangs montent de suaves et loyeuses mélodies comme celles des Anges.

Prophètes qui avez révélé_ les mystères, Apôtres annonçant l'Evangile. Martvrs qui savez mourir, amis du Christ, dans votre sang, aux quatre coins du monde, l'E- glise sainte a été bâtie. Intercédez pour ses enfants qui chantent votre gloire, afin de Kouver grâce.

simul, et dant tibi laudem.

Nobis eifulsit a Pâtre luminis lux décora et splendida, cxpellens lenebras de terra, ut quidquid continet vitam lucemque recipiat.

(]orda nosira lucemandatorum tuorum illumina, misericors ; ignorantia tenebras amove a mentibus cultorum tuorum, et praesta ut honori tuo placeamus.

Hac etiam die de sépulcre Dominus cum virtute, potentia et fortitudine surrexit ; in ipsa quoque, Ecclesia sancta sacerdotibus, qui in ea ministrarent , exornata est.

Quam pulchri sunt chori filiorum Ecclesi», stantium atque orantium, suavesque voces jubilationis, ut angeli, mittentium.

Prophetas in mysteriis suis, Apostoli in Evangeliis, Martyres occisione sua, amici Christi, quorum sanguine Ecclesia sancta in quatuor partibus aedificata est ! Ii.- tercedite pro tlliis ejus, vestrum honorera celebrantibus, ut venia digni habeamur.

Ajoutons quelques traits de la très antique

■ 4,18 Le Temps après la Pentecôte.

formule ea l'honneur du Dimanche, que nous a conservée le Livre vu* des Constitutions apostoliques.

DOMINE omnipotens, tu mundiim per Christutn condidisti , et sabbatum in hujijs fabricoe memoriam dedicasti, in quo ab operibus quievisti, concessum ad leges tuas meditandas ; festaque prxcepisti in laetitiam nostrarum animarum, ad memoriam recolendam oriundœ a te Sapientiae ; quemadmodum propter nos nasci sustinuit ex muliere, apparuit in vlta, se in baptismo declaravit, et patuit Deus et homo, pro nobis passas est, ita te perraittente, et mortuus, et suscitatus tua virtute. Ideo resurrectionis festum célébrantes, in Dominica laetamur, propter eum qui vicit mortem , vitae lucem dédit et immortalitatis, per quem tibi gentes adunasti ut fieret populus acquisitus, a'.ter Israël, Deo carus, Deumque contemplatus. Sabbatum enim est a creatione requies, mundi perfectio, leeum investigalio, grata Dei laus pro iis qus hominibus largiSEIGNEUR tout-puissant, qui avez créé le monde par Jésus-Christ, vous avez consacré le samedi en mémoire de cette œuvre. C'était le jour où vous vous étiez reposé du travail ; vous nous le donniez pour méditer vos lois, pour faire fête dans la joie de nos âmes, à l'honneur de la Sagesse par vous engendrée ; c'est elle aussi qui pour nous voulut naître d'une femme, vivre avec nous, se manifester au baptême : homme et Dieu, souffrant pour nous par votre permission, mort et ressuscite par votre puissance. Célébrant donc la fête de la résurrection, nous donnons le Dimanche à la joie, à cause de celui qui a vaincu la mort , donné la lumière de vie et d'immortalité ; par lui vous avez réuni les nations pour en faire votre peuple acquis, un autre Israël, cher à Dieu et voyant Dieu. Si donc le samedi est le repos après la création, l'achèvement du monde, l'étude des commandements, la louange reconnaissante rendue à Dieu pour ses largesses aux hommes : plus haut que tout cela s'élève le Dimanche

Le QuinÂ^. Dimanche api-ès la Pentecôte. 41g

qui nous révèle ce médiateur, notre législateur et notre guide, auteur de la résurrection, premier-né de toute créature , Dieu Vierbe et homme, seul né de Marie sans concours humain, saint en tout dans sa vie, crucifié pour nous sous Ponce Pilate, mort et ressuscité des morts C'est pourquoi le jour du Dimanche nous excite, ô Seigneur, à une action de grâces universelle . car la grâce qui nous V fut donnée a couvert tout autre bienfait de son imnvensité O vous qui avez ainsi rempli les promesses des Prophètes, qui avez eu pitié de Sion et de Jérusalem, Seigneur Dieu, maintenant encore recevez la prière que formulent les lèvres de votre peuple rassemblé de toutes les nations qui vous invoquent dans la vérités

tus est. Supra quae omnia eminet dominicadiesquse nobis demonstrat illum mediatorem , moderatorem, legislatorem, resurrcctionis auctorcm, primogenitum nmnis creatur;e, Deutn Verbum et hominem, solum de Maria sine viro natum, sancie in vita vcrsatum, cruciljxum pro nobis sub Pontio Pilato et mortuum ac suscitatum a mortuis ; quare dominica dies tibi. Domine, gratiarum actionem pro cunctis offerre suadet : ea est enim a te collala gratia, quœ sua magnitudine omne beneficium operuit. Qui promissa per prophetas implevisti, et misertus es Sion et Hierusalera . ipse quoque nunc, Domine Deus, accipe deprecationem labiorum populi tui, congregati ex gentibus invocantibus te in veritate.

Terminons par cette belle prière du Bréviaire mozarabe.

ENFANTS des hommes espérant à l'ombre de vos ailes, protégez-nous , Seigneur, et couvrez-nous toujours ; comme des poussins qui se préparent au vol des

IN prôtectione alarum tuarum, Domine, filios hominum sperarUes, nequaquam detegas ; sed tamquam pullos,quo possimus supernis volatibus

42 0 Le Temps après la Pentecôte.

préeparari, fovendo enutrias : nec deripi nos laceralione insidiantium sinas ; nec a nido Ecclesiae tuae avolare permittas ; sed dura nos regimine régis paterno, ad ubertatem domus tuae adjuti tuo veniamus auxilio.

cieux , élevez-nous à votre douce chaleur ; que nous ne soyons victimes d'aucune déprédation ni embûche ; que nous ne nous envolions pas du nid de votre Eglise ; mais que sous votre conduite paternelle , fortifiés de votre aide, nous arrivions à l'abondance de votre maison.

|a résurrection du fils de la veuve de Naîm a ravivé Dimanche la confiance de l'Eglise ; sa rpière monte d'autant plus instante vers son Epoux, de cette terre où il laisse pour un temps son amour s'exercer dans la souffrance et les larmes. Entrons avec elle dans ces sentiments, qui lui ont inspiré le choix de l'Introït du jour.

AYEZ pitié de moi, Seigneur . parce que j'ai crié vers vous tout le jour ; car. Seigneur, vous êtes doux et bon, et plein de miséricorde pour tous ceux qui vous invoquent.

Ps. Seigneur, abaissez vers moi votre oreille et exaucezmoi ; car je suis pauvre et

MISERERE mihi, Domine, quoniam ad te clamavi tota die ; quia tu. Domine, suavis ac mitis es, et copiosus in misericordia omnibus invocantibus te.

Ps. Inclina, Domine, aurem tuam mihi, et exaudi me : quoniam

42 2 Le Seizième Dimanche après la Pentecôte.

dans l'indigence. Gloire Père. Ayez pitié.

inops et pauper sum ego. Gloria Patri. Miserere.

Telle est notre impuissance daiis l'ordre iu salut, que, si la grâce ne nous prévenait, nous n'aurions pas môme la pensée d'agir, et que, si elle ne suivait en nous ses inspirations pour les conduire à terme, nous ne saurions jamais passer de la simple pensée jusqu'à l'acte même d'une vertu quelconque. Fidèles à la grâce au contraire, notre vie n'est plus q,u'une trame ininterrompue de bonnes œuvres. Demandons pour nous et tous nos frères, dans la Collecte, la continuité persévérante d'un secours si précieux.

De

nos, quaesumus domine, gratis semper et prseveniat et sequatur ; ac bonis operibus jugiter praestet esse intentos. Per Dominum.

IJE votre grâce, Seigneur, nous prévienne et nous suive toujours, et qu'elle nous rende sans cesse adonnés aux bonnes œuvres. Par notre Seigneur.

Les autres Collectes ci-dessus, page io6.

Lectio Epistolae beat! Pauli Apostoli ad Ephesios. Cap. m.

FRATRES, Obsecro vos, ne deficiatis in tribulationibus meis pro vobis, qux est gloria vestra. Hujus rei gratia flecto genua mea ad Pa'rem Domini nostri Jesu Christi, ex que omnis

Lecture de l'Epître du bienheureux Paul, Apôtre, aux Ephésiens. Chap. m.

MES Frères, je vous supplie de ne point perdre courage en me voyant souffrit tant de tribulations pour vous, puisque c'est là votre gloire. C'est pourquoi je fléchis les genouxdevant le Père de notre Seigneur JésusA- la Messe.

Christ, de qui relève toute famille au ciel et sur la terre, afin que, dans les richesses de sa gloire, il vous donne d'être fortifiés par son Esprit quant à l'homme intérieur, qu'i' fasse habiter le Christ par la foi dans vos cœurs, et qu'étant enracinés et fondés dans la charité, vous puissiez comprendre avec tous les saints quelle est la largeur, la longueur, la hauteur et la profondeur de ce mystère, connaître aussi l'amour du Christ qui surpasse toute connaissance, afin que vous soyez comblés de toute la plénitude de Dieu. A celui qui peut tout faire, bien au delà de ce que nous demandons ou comprenons, par la Tertu qui opère en nous : à lui gloire dans l'Eglise et le Christ Jésus dans toute la suite des siècles. Amen.

paternitas m cœlis. et in terra nominatur, ut det vobis secundum divitias gloriœ suce, virtute corroborari per Spiritum ejus in interiorem hominem, Christum habitare per fidem in cordibus vestris : in charitate radicati, et fundati, ut possiti-. comprehendere cum omnibus sanctis, quae sit latitudo, et longitudo, et sublimitas, et profundum : scire etiam supereminentem scientixcharitatein Christi, ut impleamini in omnem plenitudinem Dei. Ei autem, qui potens est omnia facere superabundanter quam petiraus, aut intelligimus, secundum virtutem, quse operatur in nobis : ipsi gloria in Ecclesia, et in Christo Jesu in omnes generationes sœculi sajculorum. .Vmen.

MON cœur a proféré une parole excellente ; c'est au Roi que je dédie mes œuvres i. L'enthousiasme du Psalmiste chantant l'épithalame sacré est passé dans l'âme du Docteur des nations, et lui inspire cette lettre merveilleuse qui résume les sublimités de son enseignement comme un hyrnne d'amour. Devenu le prisonnier de Néron, Paul

I. Psaltn. XLiv, 2.

4"^ 4 ^^ Seizième Dimanche après la Pentecôte.

montre bien que la parole de Dieu n'est pas arrêtée sous les liens qui retiennent l'apotre captif ' .

L'Epître aux Ephésiens n'est pas, de beaucoup, la plus longue de ses lettres ; il n'en est point pourtant auxquelles soient faits de plus nombreux emprunts dans toute la série des Dimanches après la Pentecôte : nous devons en conclure qu'elle présente, mieux qu'aucune autre, la pensée dominante à laquelle l'Eglise voudrait ramener ses fils dans cette partie de l'Année liturgique. Apprenons donc le mystère de l'Evangile -, en écoutant le héraut qui reçut pour mission spéciale d'annoncer aux nations ce trésor reste caché en Dieu depuis les siècles éternels 3. C'est comme ambassadeur qu'il vient vers nous '* ; les chaînes qui chargent ses bras, loin d'affaiblir l'autorité' de son message, sont l'insigne glorieux qui l'accréditent auprès des disciples du Dieu du Calvaire.

Dieu seul au reste, il le déclare, peut fortifier suffisamment en nous les sens de l'homme intérieur pour nous permettre de connaître, avec les saints, les dimensions du grand mystère du Christ habitant l'homme afin de le remplir de la plénitude de Dieu. C'est pourquoi, fléchissant les genoux devant Celui de qui découle tout don parfait et qui nous a engendrés dans la vérité par son amour ^, il lui demande d'ouvrir par la foi et la charité les yeux de notre cœur, afin que nous comprenions les richesses glorieuses de

1. II Tim. n, 9. — 2. Eph. vi, 19. — 3. Ibid. m, 8-9.

— 4. Ibid. VI, 20. — 5. Jac. I, 17-18.

A la Messe. 42 d

l'héritage qu'il réserve à ses fils et le déploiement de puissance dont sont l'objet nos âmes ici-bas morne '.

Mais si la sainteté est nécessaire pour obtenir l'épanouissement complet ae la vie divine dont parle l'Apôtre, observons également que le désir de saint Paul et sa prière étant pour tous, il s'en suit que personne n'est exclu de cette vocation sublime. Et par le fait, selon la remarque de saint Jean Chrysostome 2, les chrétiens auxquels il s'adresse vivent au milieu du monde, ayant femme, enfants et serviteurs, puisqu'il leur trace des règles de conduite sur tous ces points 3. Les saints d'Ephèse, comme de partout, ne sont autres que les fidèles du Christ Jésus *, c'est-à dire ceux qui suivent fidèlement l'impulsion du Seigneur dans la condition cjui leur est propre. Or il ne tient qu'à nous de suivre la grâce ; nos résistances seules empêchent l'Esprit de faire de nous des saints. L'accès des régions supérieures où le mouvement progressif de la sainte Liturgie a, depuis la Pentecôte, introduit l'Eglise est ouvert à tous. Si, peut-être, le nouvel ordre d'idées amené par ce mouvement a semblé plus d'une fois dépasser nos forces, peut-être aussi ne pourrions-nous point nous rendre le tén^oignage d'avoir mis à profit comme il convenait, depuis l'Avent et Noël, les enseignements, les grâces de tout genre, qui devaient développer en nous concurremment la vie chrétienne et la lumière. L'Eglise s'est

426 Le Seizième Dimanche après la Pentecôte.

mise à la portée de tous au commencement du Cycle ; mais elle ne pouvait rester stationnaire, et, par égara pour nos tiédeurs, négliger de conduire les hommes de bonne volonté à cette union divine qu'on leur avait annoncée comme devant « couronner à la fois le Cycle et l'âme sanctifiée par le Cycle '. » Gardons-nous cependant de perdre courage. Le Cycle de la Liturgie ne se déroule pas une fois seulement au ciel de la sainte Eglise. Bientôt, revenant à son point de départ, il adaptera de nouveau la puissance de ses rayons à notre faiblesse. Si alors, instruits par l'expérience, nous ne nous contentons pas d'admirer comme à distance la gracieuse poésie, la douceur et les charmes de ses débuts ; si nous voulons sérieusement grandir avec cette lumière qui n'est autre que le Christ 2, en profitant des grâces de croissance qu'elle répandra de nouveau dans les âmes : l'œuvre de notre sanctification, déjà ébauchée, a pourra recevoir le complément que l'infirmité humaine avait suspendu 3. »

Dès maintenant, si peu complètes que puissent être nos dispositions, l'Esprit de miséricorde, qui règne sur cette partie du Cycle, ne refusera pas à notre humble prière de suppléer en quelque chose à ce qui nous manque. C'est déjà beaucoup, d'ailleurs, que l'œil de notre foi ait vu s'élargir devant lui les horizons surnaturels, qu'il ait pénétré dans les régions sereines où, loin du regard hébété de T homme animal *, la Sagesse

I. Le Temps de Noël. Chap. m. — 2. JoHAN. i, 5.

— 3. Temps ap. la Pentec. Chap. m. —4. I Cor, II, 14.

.4 la Meise. 427

révèle aux parfaits ce secret de l'amour que ne connaissent point les puissants et les sages de ce monde, que l'œil n'avait point vu, ni l'oreille entendu, ni le cœur même soupçonne ou compris'. Nous comprendrons mieux désormais les divines réalités qui remplissent la vie des serviteurs de Dieu ; elles nous apparaîtront comme dépassant mille fois, par leur importance et leur grandeur, les vaines futilités ou les occupations au sein desquelles s'écoule l'existence prétendue ;jositive des hommes de plaisirs ou d'atTaires, Méditons sans fin le bienfait de cette élection divine qui nous a désignés, avant les siècles, pour être comblés de toutes les bénédictions spirituelles'-, dont les bénédictions temporelles de l'ancien peuple^ étaient la figure. Le monde n'était point encore, et déjà Dieu nous voyait dans son Verbe*; il assignait à chacun de nous la place qu'il devait occuper dans le corps de son Christ'*; par avance, son regard paternel nous contemplait revêtus de cette grâce" qui Itti fait trouver dans l'Homme-Dicu ses complaisances, et il nous prédestinait ', comme étant les membres de ce Fils bien-aimé, à nous asseoir avec lui à sa droite au plus haut des cieux *. Combien grandes ne sont pas nos obligations envers 'le Père souverain dont la bienveillance^ a décrété d'accorder de tels dons à la terre! Sa volonté est son seul conseil ^^^,

I. I Cor. II, 6-g. — 2. Eph. i, 3. — 3. Deut. xxviii,

1-14. — 4. Eph. I, 4. — 5. I Cor. XII, i2-l\ , Eph. IV, 4, l2-i6. — 6. Ibid. I, 6. — 7. Ibid. 4-5. — 8. Ibid. 20-23 ; II, 6. — 9. Ibid. 1, g. — 10. Ibid. II.

42 À' Le Sei:^ième Dimanche après la Pentecôte.

l'unique règle de ses actes; et sa volonté n'est qu'amour. C'est de la mort coupable du péché ' qu'il nous appelle à cette vie qui n'est autre que la sienne à lui-même; c'est de l'abîme ignominieux des vices, qu'après nous avoir lavés dans le sang de son Fils *, il nous élève à cette gloire dont le spectacle étonne les anges et les plonge dans un saint tremblement 3.

Soyons donc saints * à Vhonneur de sa grâce '". Le Christ est, dans sa divinité, la splendeur substantielle du Père et sa louange éternelle 6; s'il a pris un corps, s'il s'est fait notre chef, ce n'a été que pour chanter sur un rythme nouveau le cantique des cieux : non content de présenter dans son humanité sainte aux regards de son Père le rayonnement créé des perfections infinies, il a voulu que la création entière renvoyât à l'adorable Trinité l'écho des divines harmonies. C'est pourquoi, rompant dans sa chair l'ancienne inimitié du gentil et du juif et rassemblant les*hommes ennemis, il fait d'eux tous un même esprit, un seul corps, dont les mille voix s'unissent par lui dans l'unité de l'amour aux concerts angéliques, pour entourer sans fin le trône de Dieu d'une harmonie en accord avec le Verbe infini. Ainsi seronsnous à jamais pour Dieu, comme ce \'^erbe divin, la louange de sa gloire, selon l'expression qu'affectionne l'Apôtre dans le début de cette Epître aux Ephésiens ^ ; ainsi doit être

I. Eph. 1, 7 ; II, 1-5. — 2. }bid. i, 7. — 3. Hymn Ascens, ad Mat. — 4. Eph. I, 4. — 5. Ibid. 6. — 6. Heb, I, 3 - 7. Eph. II, 14-18. — 8. Ibid. I, 6, 12, 14.

A la Messe.

consommé le mystère qui fut, dès avant tous les temps, l'objet des desseins éternels: le mystère de I'union divine réalisée par le Christ Jésus rassemblant en lui, dans l'amour, et la terre et les cieux '.

L'iiglise, qui s'élève au milieu des nations, porte avec soi la marque de son divin architecte : Dieu se montre en elle danssa majesté; sa crainte s'impose par elle à tous les rois. Chantons, dans le Graduel et le Verset, les merveilles du Seigneur.

LES nations craindront votre Nom, Seigneur, et tous les rois de la terre connaîtront votre gloire.

f. Parce que le Seigneur a bâti Sion, et qu'il y paraîtra dans sa majesté.

Alléluia, alléluia.

f. Chantez au Seigneur un cantique nouveau ; car le Seigneur a fait des merveilles. Alléluia.

TIMEBUNT gentes Nomen tuum, Domine : et omnes reges terrr.; glorîam tuam.

f. Quoniam aîdificaviî Dominus Sion : el videbitur in majestate sua.

Alléluia, alléluia.

f. Cantate Domino canticum novum : quia mîrabilia fecit Dominus. Alléluia.

La suite du saint Evangile selon saint Luc. Chap. xiv.

Sequentia sancti Evangelîî secundum Lucam.

EN ce temps-là, Jésus entra dans la maison d'un des principaux pharisiens pour y manger, et ceux qui étaient là l'observaient. Or un homaae hydropique se trouvait

IN illo tempore : Cutn intraret Jésus in domum cujusdam prîncipis Pharisasorum sabbato manducare panem, et ipsi observabant eutn.

Et eccfc horao quidam hydiopicus erat ante iUum. Et responjens Jésus, dixit ad Legisperitos, et Pharisaeos, dicens : Si licet sabbato curare ? At illi tacuerunt. Ipse vero apprehensum sanavit eum, ac dimisit. Et respondens ad illos, dixit : Cujus vestrum asinus, aut bos in puteum cadet, et non continue extrahet illum die sabbati ? Et non poterant ad hase respondere illi. Dicebat autem et ad invitâtes parabolam, intendens quomodo primos accubitus eligerent, dicens ad illos : Cum invitatus fueris ad nuptias, non discumbas in primo loco, ne forte honoratior te sit invitatus ab illo, et veniens is, qui te et illum vocavit, dicat tibi : Da huic locum : et tune incipias cum rubore novissimum locum tenere. Sed cum vocatus fueris, vade, recumbe in novissimo loco : ut, cum venerit qui te invitavit, dicat tibi : Amice, ascende superius. Tune erit tibi gloria coram simul discumbentibus : quia omnis qui se exaltât, humiliabitur : et qui se humiliât, exaltabitur.

devant lui. Jésus, s'adressant aux docteurs de la loi et aux pharisiens, leur dit ; Est-il permis de guérir au jour du sabbat ? Alais ils se turent. Pour lui, prenant cet homme, il le guérit et le renvoya. Et s'adressant à eux, il leur dit : Qui est celui d'entre vous qui, voyant son âne ou son bœuf tomber dans un puits, ne l'en retirera pas aussitôt, même le jour du sabbat ? Et ils ne pouvaient rien répondre à cela. Il disait aussi aux invités cette parabole, en voyant comment ils choisissaient les premières places. Lorsque vous serez invité à des noces, ne prenez point la première place, de peur qu'il ne se trouve parmi les conviés quelqu'un de plus considérable, et que celui qui vous aura invités l'un et l'autre ne vienne vous dire ■ Donnez votre place à celuici ; et qu'alors vous ne soyez obligé de prendre en rougissant la dernière place. Mais quand vous aurez été invité, allez, mettez-vous à la dernière place, afin que, lorsque viendra celui qui vous a convié, il vous dise : Mon ami. montez plus haut. Alors ce sera pour vous une gloire devant ceux qui seront à table avec vous. Car quiconque s'élève sera abaissé, ei quiconque s'abaisse sera élevé.

A la Messe. 43 1

LA sainte Eglise découvre aujourd'hui le but suprême qu'elle poursuit en ses fils depuis les jours de la Pentecôte, l.es noces dont il est question dans notre Evangile sont celles du ciel, qui ont ici-bas pour prélude l'union divine consommée au banquet sacré. L'appel d'w in s'adresse à tous; et cette invitation ne ressemble point à celles delà terre, où l'époux et l'épouse convient leurs proches comme simples témoins d'une union qui leur reste d'ailleurs étrangère. L'Epoux est ici le Christ, et l'Eglise est l'Epouse i ; comme membres de l'Eglise, ces noces sont donc aussi les nôtres; "et c'est pourquoi la salle du banquet n'est autre aussi que la chambre nuptiale, où n'entrent point les invités des noces vu!,gaires.

Mais si' l'on veut que l'umon soit féconde autant quelle doit l'être à l'honneur de l'Epoux, il faut que l'âme apporte à celuici, dans le sanctuaire de la conscience, une tîdclité qui ne soit pas d'un moment, un amour qui dure au delà de la rencontre sacrée des Mystères. L'union divine, quand elle est vraie, domine l'existence; elle la fixe dans la contemplation persévérante du Bien-.\imé, dans la poursuite active de ses intérêts, lors môme qu'il semble se dérober au regard de l'âme et à son amour. L'Epouse mystique doit-elle moins faire pour Dieu, que celles de ce monde pour un époux terrestre • ? C'est à cette condition seulement que l'âme peut être considérée comme étant dans les

I . Apoc. .xix, 7. — 2. i Cor. vu, 34.

4^2 Le Seizième Dimanche après la Pentecôte.

voies de la vie unitive, et qu'elle en porte les fruits.

Mais pour en arrivera cette pleine domination du Christ sur l'âme et ses mouvements qui la rend véritablement sienne, qui la soumet à lui comme l'épouse à l'époux ', il est nécessaire que toute compétition étrangère soit définitivement écartée. Or, nous ne le savons que trop : le Fils très noble du Père 2, le Verbe divin dont la beauté ravit les cieux 3, le Roi immortel dont les hauts faits, la puissance et les richesses sans prix dépassent tout ce que peut rêver l'imagmation des enfants d'Eve *, trouve ici-bas des prétentions rivales qui lui disputent le cœur des créatures rachetées par lui de l'esclavage et conviées à partager l'honneur de son trône. Dans celles-là même chez qui son amour finit enfin par l'emporter pleinement, combien de temps, presque toujours, n'est-il pas déplorablement tenu en échec? Et cependant sans perdre patience, sans s'éloigner dans le sentiment d'un trop juste froissement, il continue durant des années son pressant appel s, attendant miséricordieusement que les touches secrètes de sa grâce et le labeur de son Esprit-Saint aient triomphé d'inconcevables résistances.

Ne nous étonnons point que l'Eglise dispose tout de son côté, dans l'ordonnance de sa Liturgie, pour amener un résultat si précieux ; car chaque conquête du Christ en ce genre resserre le lien qui l'attache à l'Epoux. C'est pourquoi nous l'avons vue appeler notre

I. I Cor. XI, 8-IO. — 2. Sap. viii, 3. — 3. Acta S.

Agn. — 4- Pbalm. xliv. — ■ 5. Apoc. m, 20.

A la Messe. 4:^3

attention, dans les Dimanches précédents, sur les etVoris de la triple concupiscence ; la volupté, la superbe et la cupiuité sont en eftét les conseillères pertides qui suscitent en nous, contre Dieu, ces rivalités indignes dont nous parlions tout à l'heure. Aujourd'hui, confuintc dans la bonne volonté de ses rils, l'Kglisc espère qu'ils auront réduit à l'impuissance l'ennemi amsi démasqué ; et c'est avec moins de crainte de rester incomprise ou de les voir de nouveau rebuter le Seigneur, qu'elleleurproposCjSous le voile de l'allégorie évangélique, le grand mystère dont l'HommeDieu disait : Le royaume des cieux est semblable à un roi qui fait les noces de son fils '. Toutefois sa double sollicitude de Mère et d'Epouse ne lui permet pas de se tenir pour assurée au sujet des parfaits eux-mêmes, tant qu'ils sont en ce monde. Afin de les maintenir en garde contre un retour sans cesse possible des plus viles passions, saint Ambroise, interprète de l'Eglise en ce jour, signale derechef au guerrier vieilli dans les combats du salut - les multiples embûches dressées contre lui par la concupiscence. Il peut encore, hélas ! s'écarter de la voie, et, bien que l'ayant suivie longtemps sans broncher, ne point parvenir au royaume de Dieu ; il peut se faire exclure pour toujours du bienheureux festin des noces, avec les hérétiques, le> païens et les juifs •'■. Qu'il veille donc soigneusement à ne point contracter les vices dont il s'est gardé jusqu'ici par l'aide de

436 Le Seizième Dimanche après la Pentecôte.

s'imprégner en maintes rencontres leurs pensées, leurs paroles ou leurs actes. Pour une part plus ou moins grande, plus ou moins inconsciente peut-être, l'estime de soi forme la base de l'édifice de leurs vertus ; à coup sûr donc, les illuminations, les douceurs mystiques dont ces âmes se prétendent gratifiées n'ont rien de commun avec l'EspritSaint. Quand se lèvera l'authentique lumière du Soleil de justice dans la vallée du jugement, la contre-façon apparaîtra au grand jour ', et ces chrétiens aousés verront s'évanouir en vaine fumée les fantômes qui remplirent leur vie. Heureux encore si, bien au- ^ dessous du rang qu'ils s'attribuaient , se.j trouve pour eux quelque place au banquet"' divin ; si la confusion de voir passer en grand ' honneur au-dessus d'eux tant d'hommes qui furent de leur part l'objet d'appréciations peu bienveillantes ici-bas, doit être alors tout leur châtiment !

A mesure que s'étendent les conquêtes de l'Eglise, à mesure aussi l'enfer redouble de rage autour d'elle pour lui enlever l'âme de ses fils. L'Antienne de l'Offertoire nous fournit l'expression des ardentes prières qu'une telle situation lui inspire.

p^ OMiNE , in auxilium \j raeum respice : confundantur et revereantur, qui quserunt anitnam

SEIGNEUR, veillez pour me secourir ; qu'ils soient confondus et remplis de crainte, ceux qui cherchent

ma vie pour me I oter : Sei-| meam ut auferant eac., gneur, veillez pour me se- Domine . in auxilium '■°"''"' I meum respice.

La Secrète nous montre comment le Sacrihce qui va se consommer tout à l'heure par es paroles de la Consécration, est lui-même la plus directe et la plus efficace des préparations immédiates à la Communion du Corps et du bang divins qu'il produit sur l'autel.

^us vous en prions, Sei- 1 Uundahos, quœsumus

'■^ gneur. punriez-nous par ^" Domine .sacrificii

la vertu du présent Sacrifice ; pra;sentis effectu, et per

et ^ dans votre miséricorde tice miseratus in nnhi.

et aans votre miséricorde tice miseratus in nohis, agissez en nous de manière ut eius mereamur essè

?""°D-I"fr'"°"^.'*>'P"''-|p'^"i':ip«- Per Dominum.

ciper. Par Jésus-Christ.

Les autres Secrètes comme ci-dessus, jp^,o-e

ii8

^ L Eglise, remplie substantiellement dans la -communion de la Sagesse du Père, promet à "• f^^'^po" de grâces, de garder ses iusiccs et de taire fructifier en elle les divins ;nseignements.

^Ôm^vI^' ' "^.g^'-'ie"' ry°»"^^. tnemorabor

-'que votre seule ,ustice en l-'^justiti* tu« solms :

on cœur : c est vous. 6 Deus, docuisti me a ju•leu. qui m avez enseigné ventute mea, et usque in

es mon )eune âge, et jusqu'à senectam et senium :

-rs in'f l-^' '^""t "!' ''"- ^'="^' "^ derelinquasme. ers ans. ISe m abandonnez s, ô Dieu. I

Demandons avec l'Eglise, dans la Postcom.

438 Le Temps après la Pentecôte.

munion, le renouvellement qu'opère la pureté du divin Sacrement, et dont l'effet se fait sentir également sur la vie présente et le siècle futur.

DANS votre bonté , nous vous en supplions, Seigneur, purifiez nos âmes et renouvelez-les par ces célestes Mystères, de telle sorte que nos corps eux-mêmes en reçoivent secours pour la vie présente et la vie future. Par notre Seigneur.

Les autres Postcommunions ci-dessus, page

-sePtJRiFiCA , quaesumus Domine, mentes nostras benignus, et renova cœlestibus sacramentis : ut consequenter et corporum praesens pariter, et futurum capiamus auxilium. Per Dominum.

ES Psaumes, les Antiennes, le Capitule, l'Hymne et le Verset, ci-dessus, pagesS2-^\.

ANTIENNE DE Magnificat.

CUM vocatus fueris ad nuptias, recumbe in novissimo loco, ut dicat tibi qui te invitavit : Amice , ascende superius ; et erit tibi gloria coram simul discumbentibus. Alléluia.

LORSQUE vous serez invité aux noces, asseyez-vous à la dernière place, afin que celui qui vous a convié vous dise : Mon ami, montez plus haut ; et ce sera pour vous une gloire devant ceux qui seront à table avec vous. Alléluia.

L'Oraison ci-dessus, page 422.

Le Seizième Dimanche après la Pentecôte. 43 f)

Cn ce jour où retentit l'appel aux noces *-' sacrées et où déjà l'éternité s'annonce, nos frères du Liban vont nous donner cette Hymne.

(Dominica, in Officio vespertino.)

Olaph. pRÈRES allumez vos lampes : voici que l'Epoux approche et qu'il vient.

Beth. Au jour de la récompense, il établira les justes dans le paradis des Esprits bienheureux.

GoMAL. Il leur ouvrira les splendides demeures, et ils le loueront sur leurs harpes.

DoLATH. A.u-devantde lui, à sa venue, tressaillira quiconque l'aura attendu gardant l'espérance en son Nom.

He. Voici l'Epoux ; il arrive . bienheureux qui l'attend 1

\Va\v. Aux justes il tressera une couronne de gloire, à ceux qui espèrent dans son Nom et dans son salut.

Zain. Le Premier-né s'est avancé, il est descendu aux enfers pour réveiller les morts dans leurs tombeaux.

Heth. Les justes ont vu sa lumière dans l'abîme ; en allégresse ils sont venus à la rencontre du Fils du Trèsclément.

accendite, fratres : ecce appropinquat et adcst Sponsus.

Beth. In beatorum Spirituum paradiso justos in retnbutionis die constituet.

GoMAL. Lucidaseis sedes aperiet, et citharis suis illum laudabunt.

DoLATH. Ad ejus occursum, ut advenerit, exsultabunt quicumque eum exspectaverint et in ejus Nomine spem habuerint.

He. En instat Sponsus, en adest; beatus qui eum prœstolatur.

Waw. Laudis coronam justis nectet, qui in Nomine ejus et in salutari ejus speraverint.

Zain. Primogenitus prodiit atque ad inferos descendit, ut mortuos e sepulcris eorum suscitaret.

Heth. Cémentes justi splendorem ejus in infernis, gestierunt Filio Clemantissimi occurrere.

niunion. le renouvellement qu'opère la pureté du divin Sacrement, et dont l'effet se fait sentir également sur la vie présente et le siècle futur.

PURIFICA , quaesumus Domine, mentes nostras benignus, et renova cœlestibus sacramentis : ut consequenter et co«rporum prœsens pariter, et futurum capiamus auxilium. Per Dominum.

DANS votre bonté , nous vous en supplions, Seigneur, purifiez nos âmes et renouvelez-les par ces célestes Mystères, de telle sorte que nos corps eux-mêmes en reçoivent secours pour la vie présente et la vie future. Par notre Seigneur.

Les autres Postcommunions ci-dessus, page

LES Psaumes, les Antiennes, le Capitule, l'Hymne et le Verset, ci-dessus, pagesb2Si.

ANTIENNE DE Magnificat.

CUM vocatus fueris ad nuptias, recumbe in novissimo loco, ut dicat tibi qui te invitavit : Amice , ascende superius ; et erit tibi gloria coram simul discumbentibus. Alléluia.

LORSQUE vous serez invité aux noces, asseyez-vous à la dernière place, afin que celui qui vous a convié vous dise : Mon ami, montez plus haut ; et ce sera pour vous une gloire devant ceux qui seront à table avec vous. Alléluia.

L'Oraison ci-dessus, page 422.

Le Seizième Dimanche après la Pentecôte. 43 q

Cn ce jour où retentit l'appel aux noces *-' sacrées et où déjà l'éternité s'annonce, nos frères du Liban vont nous donner cette Hymne.

{Dominica, in Officio vespertino.)

Olaph. P«ères allumez q L

vos lampes : voici que l'Epoux approche et qu'il vient.

Beth. Au jour de la récompense, il établira les justes dans le paradis des Esprits bienheureux.

GoMAL. Il leur ouvrira les splendides demeures, et ils le loueront sur leurs harpes.

DoLATH. A.u-devantde lui, a sa venue, tressaillira quiconque l'aura attendu gardant l'espérance en son Nom.

He. Voici l'Epoux ; il arrive . bienheureux qui l'attend 1

Waw. Aux justes il tressera une couronne de gloire, à ceux qui espèrent dans son Nom et dans son salut.

Zain. Le Premier-né s'est avancé, il est descendu aux enfers pour réveiller les morts dans leurs tombeaux.

Heth. Les justes ont vu sa lumière dans l'abîme ; en allégresse ils sont venus à la rencontre du Fils du Trèsclément.

accendite , fratres : ecce appropinquat et adest Sponsus.

Beth. In beatorum Spirituum paradiso justos in retributionis die constituet.

GoMAL. Lucidas eis sedes aperiet, et citharis suis illum laudabunt.

DoLATH. Ad ejus occursum, ut advenerit, exsultabunt quicumque eum exspeclaverint et in ejus Nomine spem habuerint.

He. En instat Sponsus. en adest; beatus qui eum praestolatur.

W.4\v. Laudis coronam justis nectet, qui in Nomine ejus et in salutari ejus speraverint.

Zain. Primogenitus prodiit atque ad inferos descendit, ut mortuos e sepulcris eorum suscitaret.

Heth. Cémentes justi splendorem ejus in infernis, gestierunt Filio Clemontissimi occurrere.

440 Le Temps après la Pentecôte.

Teth. Transieruntdrlores eorum. et quas perfercbant lormenta, ubi Dominum suum ligno suspensum conspexerunt.

luD. Vitam nobis propter suam misericordiam largitus est, et mortalitatem nostram Angelis sociavit.

Caph. Mors hoininibus paraverat insidias ; ipse autem pietate sua venit, ut inde nos eriperet.

LoMAD. Tibi laus, Angelnrum Domine, cujus ©rtus mœstos inferorum incolas exhilaravit.

MlM. Tuncaufugit nox et dllapsa est, illiusque lux apparuit creaturae.

NuN. De excelso descendit, saivavit nos, et rursus ascendit ; et ad dexteram Patris ecce iterum sedet.

Semcat. Redeunti obviamexoptant procedere, qui eum exspectaverint et in eju3 Nomine speraverint.

Ain. Adiit infernum, suaque lux effulsit, et tenebras a mortuis depulit.

Pe. Fructu quem comederat Adam interfeclus est ; fructus autem ex alto delapsus nos saivavit.

Teth. Leurs douleurs ont passé, plus de tourments pour eux, des qu'ils virent leur Seigneur suspendu au bois.

luD. 11 nous a donné la vie dans sa miséricorde, il associe aux Ange* notre mortaCaph. Aux hommes la mort avait dressé des embijches ; dans son amour il est venu lui-même pour nous en arracher.

LoMAD. A vous la gloire, Seigneur des Anges, dont le lever réjouit les tristes habitants des enfers.

MiM. Alors la nuit s'envole, elle s'évanouit, et sa lumière à lui paraît sur les créatures.

NuK. Descendu des cieux il nous a sauvés, et de nouveau est remonté ; voici que derechef il siège à la droite du Père.

Semcat. A sa rencontre en son retour brûlent d'aller ceux qui l'attendirent, espérant en son Nom.

Ain. Dans les sombres profondeurs sa splendeur a brillé, chassant la nuit du séjour des morts.

Pe. Le fruit qu'Adam mangea l'avait fait mourir ; le fruit tombé d'en, haut nous a sauvés.

Le Sei:{ihne Dimanche après la Pe>itecôte. 44 1

Sade. Celui qui réveille les morts n brisé les tombeaux ; le signe de son grand jour a paru sur nous.

CoPH. Voici qu'arrive, voici qu'est proche ce lour de la résurrection ; heureux qui vit dans ^on attente !

RiSH. Il est grand ce jour où il doit venir, où les choses les plus secrètes seront révélées.

Shin. -Ceux qui dorment dans la poussière entendront sa voix au jour de la résurrection, et ils sortiront à sa rencontre.

ThaW. Que de merveilles pour l'homme à sa résurrection I et il se rendra là où sont rassemblés tous les biens.

Sade. Mortuorum suscitator perrupit sepulcra, nobisque diei suœ magna; signum expressit.

CoPH. lïcce adventat et in propinquo est dies haec resurrectionis : beatus qui eam opperitur.

RiSH. Magna est dies in qua veniet. in qua etiam occulta quxque revelabuntur.

Shin. Qui in pulvere dormiunt . vocem ejus audient in resurrectionis die, et in occursum ejils exiijunt.

Thaw. Homo ut resurre.xerit mirabitur, atque ad locum perget omnibus bonis refertum.

Enfin, pour entrer dans les dispositions qui nous aideront à comprendre la sublime doctrine de l'Apôtre en son Epître aux Ephésiens dont commence aujourd'hui la lecture, faisons nôtres ces antiques formules de l'Eglise mère et maîtresse. La Préface est tirée du Sacramentaire léonien, les Oraisons de celui de saint Gélase.

OUI. il est juste de vous louer, vous qui étant la souveraine Raison nous avez faits raisonnables : en sorte que autant nous quittons le sentier de l'équité, autant nous dévions de votre vie ; et

■\7ERE'dignum. Qui cura ' summa sis Ratio, nosque rationales effeceris, certum est, tantum nos a tua participatione discedere, quantum ab asquitatis tramite dévia44^ ^^ Temps après la Pentecôte.

mus ; et tantum in tua similitudine permanere, quantum non divellimur ab ordine veritatis.

autant nous restons fidclc-- aux règles de la vérité, autant nous gardons votre ressemblance.

TlMENTiUM , Domine, * salvator et custos, averte ab Ecclesia tua mundanas s a p i e n t i ae oblectaraenta fallaciae : ut Spiritus tui eruditione forma nobis Prophetica. et Apostolica potius instituta quam Philosophiae verba délectent : ne vanitas mendaciorum decipiat, quos eruditio veritatis inluminat.

Omnipotens et misericors Deus, ad cujus beatitudinem sempiternam non fragilitate carnis, sed alacritate mentis ascenditur ; fac nos atria supernae civitatis, et, te inspirante, semper ambire, et tua indulgentia fideliter introire. Fer Dominum.

Ceign'eur, sauveur et gardien de ceux qui vous craignent, écartez de votre Eglise les fallacieuses délectations de la sagesse mondaine ; élevés par votre Esprit, il faut que nous portions l'empreinte des Prophètes, et les leçons des Apôtres doivent nous délecter plus que les paroles de la Philosophie : de peur que ne soient déçus par la vanité du mensonge ceux qu'éclaire l'enseignement de la vérité. Dieu tout-puissant et miséricordieux, ce n'est point la faiblesse de la chair, mai"; l'ardeur de l'esprit qui monte à votre béatitude éternelle . faites que par votre inspiration nous recherchions toujours les parvis de la cité des cieux, et que nous les gagnions sûrement par votre indulgence.

l

'Evangile qu'on lit aujourd'hui à la Messe du dix-septième Dimanche, lui a fait donner le nom de Dimanche de l'amour de Dieu, depuis que l'Evangile de Vhydropique et des conviés aux noces a été transfère huit jours plus tôt. Plus anciennement encore et primitivement, on y lisait un autre passage du livre sacré qui ne se retrouve plus dans la série des Dimanches après la Pentecôte ; c'était le récit de la difficulté proposée par les Sadducéens à l'Homme-Dieu contre la résurrection des morts, et la réponse" du Seigneur *.

ES décisions de Dieu sont toujours équitables, soit que, dans sa justice, il conI. Matth. xxn, 23-33.

444 ^^ Dix-Sept. Dim. après la Pentecôte.

fonde les orgueilleux, soit que, dans sa miséricorde, il exalte les humbles. Nous avons vu cet arbitre souverain à l'œuvre, il y a huit jours, dans la distribution des places réservées pour les saints au banquet ae l'union divine. Rappelons-nous les prétentions et le sort différents des invités aux noces sacrées, en chantant l'Introït de ce jour, et ne nous réclamons que de la miséricorde.

lUSTUS es, Domine, et J rectum judicium tuura : fac cum servo tuo secundum misericordiam tuam.

Ps. Beati immaculati in via : qui ambulant in lege Domini. Gloria Patri. Justus es.

\7ous êtes juste, Seigneur, ' et votre jugement est équitable ; agissez avec votre serviteur d'après votre miséricorde.

Ps. Heureu.K ceux qui sont sans tache dans leur voie, qui marchent dans la loi du Seigneur. Gloire au Père. Vous êtes juste.

L'obstacle le plus odieux que rencontre l'amour divin sur la terre est la jalousie de Satan qui cherche à remplacer dans nos âmes, par une usurpation monstrueuse, le grand Dieu pour qui elles sont faites. Unissons-nous à l'Eglise pour implorer, dans la Collecte, l'assistance surnaturelle qui nous est nécessaire afin d'éviter le contact impur du hideux serpent.

rv, quaesuraus Domi*-' ne, populo tuo diabolica vitare contagia :

et te solum Deum pura

Accordez, nous vous en •* supplions, Seigneur, à votre peuple d'éviter le contact du diable, et de vous

A la Messe.

suivre d'un cœur le seul Dieu. Christ.

pur Par

comme Jcsusmenlc sectari. minum.

DoLes autres Collectes ci-dessus, page io6.

Lecture de l'Epître du bienheureux Paul, Apôtre, aux Ephésiens. Chap. iv.

MES Frères, je vous conjure, moi qui suis enchainé pour le Seigneur, de vivre d une manière digne de la vocation à laquelle vous avez été appelés, en toute humilité, mansuétude et patience, vous supportant mutuellement dans la charité. ayant souci de conserver l'unité de l'esprit dans le lien de l;i paix. Soyez un seul corps et un seul esprit, comme vous ave^ été appelés à une même espérance qui est celle de votre vocation. Il n'y a qu'un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême. Il n'y a qu'un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tous, et dans toutes choses, et en nous tous : béni est-il dans les siècles des siècles ! Ainsi soit-il !

L'Eglise reprend avec saint Paul, dans la lettre aux Ephésiens, l'exposition des grandeurs de ses enfants '; elle les supplie, aujourd'hui, de répondre dignement à leur vocation sublime.

Lectio Epistoix beati Pauli Apostoli ad Ephesios. Cap. iv.

FRATRES, Obsecro vos ego vinctus in Domino, ut digne ambuletis vocatione , qua vocati estis, cum omni humilitate. et mansuetudine, cum patientia, supportantes invicem in charitate. solliciti servare unilatcm spiritus in vinculo pacis. Unum corpus, et unus spiritus, sicut vocati estis in una spe vocationis vestrx. Unus Dominus, una fides, unum baptisma. Unus Deus et Pater omnium, qui est super omnes, et per omnia, et in omnibus nobis Qui est benedictus in sascula sa;culorum. Amen

44^ ^^ Dix-Sept. Dim. après la Pentecôte.

Cette vocation, cet appel de Dieu, nous les connaissons en effet ; c'est l'appel du genre humain aux noces sacrées , la vocation pour nos âmes à régner dans les cieux sur le trône du Verbe, devenu leur Epoux et leur Chef i. Jadis plus rapproché de l'E- pître qu'on vient de lire, l'Evangile précédent trouvait en elle son brillant commentaire, et lui-même expliquait parfaitement le terme de l'Apôtre. « Lorsque vous serez appelé aux noces, disait le Seigneur, quum vocATus fueris, prenez la dernière place » ; — « en toute humilité, dit l'Apôtre, montrezvous dignes de l'appel que vous avez entendu : digne ambuletis vocatione qua vocATi estis. »

Quelle est donc maintenant la condition dont l'accomplissement doit nous montrer dignes de l'honneur suprême qui nous est fait par le Verbe éternel ? Uhumilité, la mansuétude et la patience sont les moyens recornmandés pour arriver au but. Mais le but luimême, c'est l'uNiTÉ de ce corps immense que le Verbe fait sien dans la célébration des noces mystiques ; la condition qu'exige l'Homme-Dieu de ceux qu'il appelle à devenir, en participation de l'Eglise son Epouse, os de ses os, chair de sa chair 2, est de maintenir entre eux une telle harmonie, qu'elle fasse de tous véritablement mm même esprit et un seul corps, dans le lien de la paix.

« Lien splendide ! s'écrie saint Jean Chrysostome; lien merveilleux qui nous réunit

I. Eph. H, 5. — 2. Ibid v, 3o.

A la Messe. 44 j

tous mutuellement, et, tous rassemblés, nous unit à Dieu ' ! » Sa puissance est celle de l'Esprit-Saint lui-même, toute de sainteté et d'amour ; car c'est l'P^sprit qui forme ses nœiids immatériels et divins, l'Esprit faisant l'ortice, au sein de la multitude baptisée, de ce souffle vital qui, dans le corps humain, anime à la fois et rallie tous les membres. Par lui jeunes gens et vieillards, pauvres et riches, hommes et femmes, distincts de race et de caractère, ne sont plus qu'un seul tout comme en fusion dans l'immense embrasement dont brûle sans fin l'éternelle Trinité. Mais pour que l'incendie de l'amour infini puisse s'emparer ainsi de l'humanité régénérée, il faut qu'elle soit purgée des rivalités, des rancunes, des dissensions qui montreraient qu'elle est encore charnelle 2, et peu accessible dès lors à la divine tlamme comme à l'union qu'elle produit. De même en effet, selon la belle comparaison de saint Jean Chrysostome ', de même que le feu, quand il trouve les diverses variétés des bois qu'on offre à son action préparés par une dessiccation suffisante, ne fait de tous qu'un seul bûcher, mais ne peut, s'ils sont encore humides, ni prendre sur eux isolément, ni les unir ^ensemble : ainsi en est-il dans l'ordre du s'alut ; l'humidité malsaine des passions ne laisse point prise à l'Esprit sanctificateur, et l'uNioN, condition et but de l'amour, est dès lors impossible. Lions-nous donc à nos frères par cette

I. Chrys. in F,p. ad Eph. Hom. ix, 3. — 3^ I Cor.

m, 3 — 3. Chrvs. ubi supra.

44^ ^^ Dix-Sept. Dim. après la Pentecôte.

chaîne bienheureuse de la charité, qui n'immobilise que nos petites passions et dilate nos âmes au contraire, en permettant à l'Esprit de les conduire sûrement à la réalisation de l'unique espoir de notre commune vocation, qui est de nous unir à Dieu dans l'amour. Sans doute, même entre les saints ici-bas, la charité reste une vertu laborieuse, parce que, chez les meilleurs eux-mêmes, la grâce arrive rarement à restaurer sans défectuosité aucune l'équilibre des facultés rompu parle péché d'origine ; il en résulte que l'inhrmité, les excès ou les fuites de la pauvre nature se font sentir, non seulement à l'humilité du juste, mais encore quelquefois, il ne l'ignore pas, à la patience bienveillante de ceux qui l'entourent. Dieu le permet pour accroître ainsi le mérite de tous, et raviver en nous le désir du ciel. Là seulement en effet, nous retrouverons facile autant que pleine harmonie avec nos semblables, par la pacification complète de nous-mêmes sous l'empire absolu du Dieu trois fois saint devenu tout en tous '. Dans cette patrie fortunée, Dieu même séchera les pleurs de ses élus sur leurs misères, en renouvelant leur être à aa source infinie -. Le Fils éternel, ayant en chacun de ses membres mystiques aboli l'empire des puissances ennemies et vaincu la mort ^, apparaîtra, dans la plénitude du mystère de son incarnation, comme la tête véritable de l'humanité, sanctifiée, restaurée et développée en lui * ; il tressaillira de voir arrivées à

I. 1 Cor. XV, 28. — 2. Apoc. XXI, 4-5. — 3. I Cor.

A la Messe. 440

la mesure qui leur convenait, grâce aux soins de l'Esprit sanctificateur, les diverses parties de ce corps merveilleux i qu'il voulut s'agréger par le lien de l'amour, pour célébrer à jamais, dans le concert du Verbe et de la création, la gloire de la Trinité souveraine. Combien alors seront dépassées les harmonies de la terre d'exil ! combien l'accord des cliœurs les plus parfaits de ce monde paraîtra discordant, auprès de cet ensemble, de cette harmonie, de cet accord éternel ! Préparons-nous pour le céleste concert ; prenons soin d'ajuster nos voix, en disposant dès maintenant nos cœurs à cette plénitude de l'amour, qui n'est point d'ici-has, mais que nous devons mériter par nos efforts et le support patient des défauts de nos frères et des nôtres.

On dirait que l'Eglise, dans l'extase où la plongent les notes de ce concert admirable qui ^ s'échappent prématurément du ciel aujourd'hui par la bouche de Paul, se voit déjà transportée au delà du temps, pour y mêler en liberté ses inspirations au chant de l'Epoux. Car elle ajoute, en manière de conclusion, au texte de l'Epître, une expression de louange qui ne fait point partie de l'Ecriture, et qui forme comme la doxologie des accents inspirés du grand Apôtre.

Nous connaissons désormais les dons sans prix faits par l'Homme-Dieu à la terre - ; grâce aux prodiges de puissance et d'amour opérés par le Verbe divin et l'Esprit sanctitiI. Eph. IV, i3-i6. — 2. JbU. 8.

45o Le Dix-Sept. Dim. après la Pentecôte.

cateur, l'âme du juste est véritablement un ciel. Chantons, au Graduel, la félicité du peuple chrétien choisi par Dieu pour son héritage.

BEATA gens, cujus est Dominus Deus eorum : populus, quem elegit Dominus in haereditatem sibi.

f. Verbo Domini cœli firmati sunt : et spiritu oris ejus omnis virtus eorum.

Alléluia, alléluia.

y. Domine, exaudi orationem meam : et clamer meus ad te perveniat. Alléluia.

HEUREUSE la nation dont le Seigneur est le Dieu, le peuple que le Seigneur a choisi pour son héritage.

j^. Les cieux ont été affermis par la parole du Seigneur, et toute leur vertu vient du souffle de sa bouche.

Alléluia, alléluia.

j^. Seigneur, exaucez ma prière, et que mes cris parviennent jusqu'à vous. Alléluia.

Sequentia sancti Evangelii secundum Matthaeum. Cap. xxii.

- N illo tempore : AccesI serunt ad Jesum Pharisaei, et interrogavit eum unus ex eis legis doctor, tentans eum : Magister, quod est mandatum magnum in lege ? Ait illi Jésus : Diliges Dominum Deum tuum ex toto corde tuo, et in tota anima tua, et in tota mente tua. Hoc est maximum, et primum mandatum. Secundum autem simile

La suite du saint Evangile selon saint Matthieu. Chap. xxii.

_ N ce temps-là, les PhariP siens s'approchèrent de Jésus, et l'un d'eux qui était docteur de la loi l'interrogea pour le tenter, disant : Maître, quel est le grand commandement de la loi ? Jésus lui d^t : Vous aimerez le Seigneur votre Dieu de tout votre cœur, de toute votre âme et de tout votre esprit. C'est là le plus grand et le premier commandement. Kt le second ressemble

A la Messe.

à celui-là . Vous aimerez voire prochain comme vousmême. Dans ces deux commandements sont renfermés toute la loi et les prophètes. Les Phaiisiens étant donc assemblés, Jésus les interrogea, disant : Que vous semble du Christ ? de qui est-il fils ? Ils lui répondirent : De David. Il leur dit : Comment donc David l'appelle-t-il dans l'Esprit Seigneur, diss»nt : Le Seigneur a dit à mon Seigneur . Asseyezvous à ma droite, jusqu'à ce que j'aie fait de vos ennemis

1 escabeau de vos pieds } Si donc David l'appelle Seigneur, comment est-il son hls ? Et aucun ne pouvait lui répondre, et personne, depuis ce jour, n'osa l'interroger davantage.

est huic ■ Diliges proximum tuum sicut teipsum. In his duobus mandatis universa lex pcndet, et prophetae. Congregatis autem Pharisasis, interrogavit eos Jésus, dicens : Quid vobis videtur de Christo ? cujus fîlius est ? Dicunt ei : David. Ait illis : Quomodo ergo David in Spiritu vocat eum Dominum, dicens : Dixit Dominus Domino meo : Sede a dextris meis, donec ponam inimicos tuos scabellum pedum tuorum ? Si ergo David vocat eum Dominum, quomodo fîlius ejus est ? Et nemo poterat ei respondere verbum ; neque ausus fuit quisquam ex illa die eum amplius interrogare.

L'Ho.M.\iE-DiEu laissa la tentation approcher de sa personne sacrée au désert ', et ne dédaigna point de subir les attaques que la ruse haineuse du démon lui suggère depuis le commencement pour perdre les hommes; Jésus voulait apprendre aux siens la manière dont ils devaient repousser les assauts de l'esprit du mal. Aujourd'hui notre Chef adoré, qui veut être le modèle de ses membres en toutes leurs épreuves 2, nous apparaît aux prises, non plus avec la perfidie de Satan, mais avec l'hypocrisie de ses pires ennemis,

I. Matth. IV, i-ii.— 2. Heb. II, 17-18; IV, i5.

4^2 Le Dix-Sept. Dim après la Pentecôte.

les Pharisiens. Ils cherchent à le perdre en le surprenant dans ses paroles •, ainsi que le feront jusqu'à la fin des temps, contre son Eglise, les représentants du monde ennemi qu'il a condamné -.

Mais de même que son Epoux divin, l'Eglise, assistée par lui pour continuer son œuvre sur la terre au milieu des mêmes tentations et des mêmes embûches, trouvera dans sa fidélité aussi simple qu'inébranlable à la loi de Dieu et à la vérité le secret de toutes les victoires. Les hérétiques, suppôts de Satan, les princes du monde, rongeant le frein impose par le christianisme à leur ambition et à leurs convoitises, tenteront \ainement de circonvenir la dépositaire des oracles divins par leurs propositions ou leurs questions captieuses. Mise en demeure de parler, elle parlera toujours; qu'est-elle, en effet, comme Epouse de ce Verbe divin qui est la parole éternelle du Père ? que peut-elle être, qu'une voix pour l'annoncer aux hommes ou le chanter dans les cieux? Mais aussi, non seulement sa parole, revêtant la force et la pénétration de Dieu môme, ne sera jamais sujette à surprise; comme un glaive à deux tranchants, presque toujours elle ira plus loin que n'eussent aouIu les questionneurs hypocrites de l'Eglise, en confondant leurs sophismes et en mettant à nu les intentions criminelles de letirs cœurs 3. De leur tentative sacrilège il ne restera pour eux que la honte, avec le dépit d'avoir amené la glorifiI. Matth. xxn, i5. — 2. Johan xvi, 8-11. — 3.Heb.

A la Messe. 453

cation de la vérité sous un nouveau jour et accru la lumière pour les enfants soumis de la Mère commune.

Ainsi advint-il aux Pharisiens de notre Evangile. Ils voulaient voir, dit l'Homélie du jour, si le Sauveur, qui se proclamait Dieu, n'ajouterait point à cause de cela quelque chose au commandement de l'amour divin, afin de pouvoir ensuite le condamner comme ayant tenté de corrompre la lettre du plus grand des préceptes de la loi '. Mais l'HommeDieu déjoue leurs pensées; il rappelle à ceux qui l'interrogent sur le ^rand commandement le texte même du decalogue, et continuant la citation, il montre qu'il n'ignore f)oint le mobile secret qui les pousse, en eur rappelant aussi le second commandement semblable au premier, le commandement, de l'amour du prochain qui condamne leurs homicides menées. Ils sont ainsi convaincus de n'aimer ni le prochain, ni Dieu même, puisque le premier commandement ne peut être observe sans le second qui en découle et le complète.

Cependant le Seigneur achève de les confondre et les contraint à reconnaître euxmêmes implicitement la divinité du Messie. Interrogés à leur tour, ils avouent que le Christ doit descendre de David ; mais, s'il est son fils, comment David l'appelle-t-il son Seigneur aussi bien qu'il le fait pour Dieu même, dans le psaume cix où il chante les grandeurs du Messie ? La seule explication possible est que le Messie, qui devait dans le

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